Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Irak: La production pétrolière menacée par la sécheresse et les manifestations
– France: Encore 400 millions € d’augmentation pour l’EPR d’Areva/Orano
– Iran: Les USA veulent réduire à zéro les exportations pétrolières de l’Iran
– USA: Trump utilise les réserves pétrolières pour faire baisser les prix
– Europe: Junker propose d’acheter du gaz de schiste américain
– Inde: Forte augmentation de la demande pétrolière et abandon de la Nano
– Laos: Un barrage hydraulique s’effondre
– Yémen: Des drones pour incendier les raffineries de l’Arabie Saoudite.


 

Yoyo du baril de pétrole avec les pressions de Trump et de l’augmentation de l’OPEP et de la Russie. En attendant novembre, le baril reste dans la moyenne des 70$ à 74.06$ (79.44$ fin juin) à Londres et à New York à 69.30$  (74.15$ fin juin).

L’uranium reprend un peu de vigueur pour monter un peu à 23.35$ (22.55$ fin juin).

 

Graphique du mois:  Croissance Mondiale
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait progresser à un rythme soutenu, proche de 3.8%, cette année et de 3,9% en 2019.
La progression de la demande de pétrole devrait augmenter +1,8 millions b/j (barils/jour) d’ici à la fin 2019.

 

Monde

Le parallèle entre”la folie du climat et celle des dirigeants qui nous dirigent” est intéressant à relever.

Les canicules secouent l’hémisphère nord. La Suède et la Grèce font face à des incendies importants. La Suisse subit une vague de chaleur plus importante que celle de 2003. Le Japon (+40 degrés), le Canada, les USA et la Grèce comptent leurs morts par centaines. L’Irak et tout le Moyen-Orient voient les problèmes d’eau empirer (+53 degrés).

Au Groenland, un gigantesque iceberg de 100 mètres de haut, 200 mètres de large et 11 millions de tonnes s’est approché du village d’Innersuit. L’iceberg s’est créé après la dislocation d’un pan d’un glacier. Au total, le Groenland perd 300 gigatonnes de glaces par an.

 

 

Pétrole

Entre Trump qui a besoin d’offrir de l’essence bon marché à ses supporters avant les élections de novembre, les sanctions contre l’Iran, le Venezuela qui s’effondre, les manifestations en Irak et la Libye qui se cherche, bien malin qui peut prédire l’évolution du baril dans les mois à venir.

L’IEA (International Energy Agency) pense que le manque d’investissements dans l’exploration pétrolière, nous amène devant une pénurie de l’offre d’ici à 2020, à moins qu’une crise économique survienne et réduise la demande. L’Agence s’inquiète que seuls la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont la capacité d’augmenter leur production.

La dernière fois que ce scénario s’était présenté, nous étions en 2008 avec une poussée de fièvre du baril à 147$ avec comme corollaire le déclenchement de la crise.

Source: OCDE

 

Pays Clés

La production pétrolière mondiale semble se trouver à un moment charnière. Il reste assez de pétrole, mais les pays qui possèdent l’or noir sont en difficulté et les autres se trouvent entre le marteau et l’enclume de Donald Trump. Ce dernier va certainement “manipuler” ou “influencer” les prix du baril jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre. Après les bêtes pourront être lâchées.

 

Iran

Avec un certain succès, Washington freine les exportations de pétrole iranien avec l’objectif de couper les entrées en pétrodollars. L’Iran pourrait être forcé de diminuer sa production pétrolière de 500’000 à 1 million b/j d’ici à la fin de l’année. Les versions les plus pessimistes penchent pour 2 millions b/j. Les élections de mi-mandat américaines se dérouleront en novembre juste avant que les sanctions américaines entrent en force.

Durant sa visite en Suisse, le président Rouhani a menacé de fermer le détroit d’Hormuz. «S’ils veulent arrêter les exportations pétrolières iraniennes, nous ne permettrons pas aux tankers pétroliers de passer par Hormuz ». Le détroit voit défiler 17 millions de barils par jour en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Koweit et du Qatar. La US Navy a fait savoir qu’elle était prête à confronter l’armée iranienne pour garder le détroit ouvert. Même la Chine a marqué l’opposition à la fermeture du détroit. Cette option ne sera certainement pas activée par l’Iran, tant elle est explosive.

Est-ce que les autres pays producteurs de pétrole auront la capacité de compenser les baisses des exportations iraniennes afin de maintenir les prix du baril dans une fourchette raisonnable?

Le secrétaire du trésor américain, Steven Mnuchin, a présenté au Congrès US les sanctions prévues pour tous les pays qui achèteront du pétrole à l’Iran (inclus Chine, Europe et Russie). D’ici au 4 novembre 2018, ils devront avoir supprimés leurs importations iraniennes. Actuellement la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et quelques pays européens ont accepté les volontés de Trump. Le français CMA-CGM, l’un des plus grands transporteurs maritimes avec 445 bateaux, va s’aligner sur la volonté américaine tout comme Total.

Le président Rouhani avait appuyé sa présidence sur l’accord nucléaire et les investissements occidentaux. Sa survie politique et la stabilité du pays sont en jeux. L’histoire montre que lorsqu’un pays producteur de pétrole se fait renverser, sa production pétrolière n’arrive jamais à revenir à son niveau antérieur.

Suite aux paroles de Hassan Rouhani «Ne jouez pas avec la queue du tigre, cela ne vous amènera que des regrets » ainsi que « les américains doivent bien comprendre que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Donald Trump a réagi avec un tweet dont il a le secret.

«NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE
PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT.
NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE
ET DE MORT. FAITES ATTENTION !

 

Ce tweet peut questionner les connaissances historiques de Trump.

Pour améliorer l’ambiance, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsia l’attention du peuple iranien qu’il appelle à se soulever contre le régime actuel. On se rappelle qu’en décembre dernier, des manifestations avaient éclaté dans 80 villes et 25 personnes avaient été tuées.

Actuellement la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien avec 650’000 b/j. Sa position sera déterminante pour le pays. Les Européens n’ont pu obtenir aucune concession de Washington sur les sanctions économiques. De facto, les entreprises européennes se plieront aux volontés de la Maison Blanche

L’Iran se tourne vers les entreprises russes afin de développer ses champs pétroliers et gaziers. Ayatollah Ali Khamenei a annoncé 4 milliards $ d’investissement de la part de Rosneft et Gazprom. Cependant, Moscou est sur la corde raide, financièrement parlant. Si les termes ne sont pas très favorables, on imagine mal investir les 50 milliards $ demandés par l’Iran.

 

Détroit d’Hormuz

 

Irak

La relative stabilité de l’Irak assurait les marchés pétroliers. Depuis quelques mois, il est judicieux de se demander si l’Irak ne va pas devenir la prochaine Syrie. La genèse de la guerre syrienne fait suite à des sécheresses et des récoltes catastrophiques. L’Irak est confronté à la même situation.

Le Moyen-Orient voit ses températures augmenter deux fois plus rapidement qu’ailleurs sur la planète. Avec des chaleurs de plus de 50 degrés, des pénuries d’électricité, le manque d’emplois ainsi que  la sécheresse des fleuves du Tigre et de l’Euphrate, des manifestations ont d’abord éclaté dans la région pétrolière de Bassorah pour remonter vers Najaf, Aminah et Bagdad. Plusieurs morts après, le gouvernement a proposé des promesses intenables pour l’emploi, l’eau, de l’électricité et la diminution de la corruption. Des promesses qui ressemblent à un mirage.

La production pétrolière du sud du pays aurait été impactée durant ces manifestations et l’eau est un élément clé pour extraire le pétrole.

La raffinerie de Bassorah a dû être mise à l’arrêt à cause de l’augmentation de quantité de sel causée par les marées du golfe Persique dans le Chatt-el-Arab et le faible niveau d’eau des fleuves.

L’Iran a refusé de livrer de l’électricité à son voisin. Bagdad s’est tourné vers l’Arabie Saoudite.

Au nord du pays, c’est le barrage turc d’Ilisu qui retient les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Avant la mise en service de ce barrage, le 80% de l’eau de ces fleuves était destinée à l’agriculture et donnait du travail à 10 des 37 millions d’irakiens. Ces dernières années, le Tigre et l’Euphrate offraient le service minimal avec des niveaux d’eau à 40%. Aujourd’hui, ce nouveau barrage va stocker l’eau du côté Turque. Le ministre de l’agriculture a demandé de ne plus cultiver le riz et les autres plantes gourmandes en eau.

En Syrie, il aura fallu 4 années de sécheresse pour que la guerre civile éclate. Dans le cas de l’Irak, 3,5 millions de barils de pétrole sont en jeu.

 

Arabie Saoudite

Le président Trump tweeta que “l’Arabie Saoudite accepte d’augmenter sa production de 2 millions b/j.”  Le royaume a immédiatement tempéré cet optimisme et précisé que +600’000 barils/jour serait un chiffre plus adéquat et proche de la réalité.

Durant les mois d’été, 3 millions b/j sont brûlés pour la production d’air conditionné et la consommation interne. L’Arabie Saoudite a exporté 6,98 millions b/j en avril et 7,2 en juin.

La vente de 10% de l’entreprise pétrolière nationale, Saudi Aramco, pourrait être abandonnée. Le Prince Moammed bin Salman espérait obtenir entre 100 et 200 milliards $. Vu l’augmentation du baril, le budget de l’Etat s’équilibrera sans la vente ce joyau a précisé Amin Nasser, CEO de Saudi Aramco.

Les USA et l’Arabie Saoudite espèrent pouvoir combler la baisse de production iranienne quand les sanctions de Washington entreront en force.

Au Yémen, les Houthis ont utilisé un drone de type Sammad 2, pour toucher les installations pétrolières de Saudi Aramco. Les Houthis qualifient ce test comme une “expérience réussie et qualitative“. Saudi Aramco a confirmé que les pompiers de l’entreprise ont pu contrôler un «incendie mineur sans impact sur les opérations». On peut supposer que durant les mois qui viennent la fonction de pompiers de Saudi Aramco ne va pas être de tout repos.

Toujours au Yémen, les Houthis ont attaqué un tanker pétrolier d’Arabie Saoudite et l’ont légèrement endommagé. La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts, dont de nombreux civils depuis l’intervention il y a trois ans de la coalition militaire sous commandement saoudien pour repousser l’avancée des Houthis.

 

Venezuela

La production serait descendue à 1,34 million b/j en juin alors que le gouvernement présente les mêmes chiffres qu’en mai à 1,531. Certains pensent que la barre des 1 million pourrait être atteinte d’ici à décembre. Quoi qu’il en soit, le pays a déjà perdu 1 million de barils en 2 ans.

Malgré la famine, le manque de soins médicaux et un régime qui s’effondre, le président Nicolas Maduro continue d’offrir 55’000 b/j de pétrole à des tarifs imbattables à Cuba. Montant: 1,2 milliards $/an.

La China Development Bank va injecter 250 millions $ pour assurer l’exportation de pétrole vers la Chine. Dans les mois à venir, la Chine pourrait signer un chèque de 5 milliards $ alors qu’elle reçoit plusieurs centaines de milliers b/j en repaiement. Cependant, les prêts chinois pourraient ne jamais être remboursés.

Plus de 9 milliards $ de prêts arrivent à échéance cette année. L’inflation pourrait atteindre 1 million% d’ici à la fin de l’année et le PIB pourrait diminuer de 15% (50% depuis 2013). D’ailleurs Nicolas Maduro a décidé de retirer 5 zéros à la monnaie nationale. Ainsi 100’000 Bolivars n’en feront plus que 1.

 

Russie

La Russie se prépare à augmenter de manière «significative» sa production pétrolière. Le ministre de l’énergie Alexander Novak annonce +200’000 barils dès septembre. Les revenus pétroliers supplémentaires devraient atteindre 40,14 milliards $.

Si les prix du pétrole devaient s’effondrer, la Russie se retrouvera dans la même situation qu’en 1991 ou 2008 avec une dislocation de l’économie. Cette perspective est la grande crainte de Moscou d’où son empressement à maintenir l’offre mondiale au niveau de la demande pour stabiliser le baril vers les 70$.

L’augmentation des exportations russes pourraient provenir de la vente des réserves pétrolières du pays.

Le Kremlin annonce une production de 11,215 millions b/j en juin.

La Banque Centrale Russe maintient ses taux à 7,25% avec la perspective que l’entrée de pétrodollars vienne soutenir l’économie.

Les exportations de gaz Russe vers l’Europe ont atteint des niveaux record en 2016 et 2017, grâce notamment à un hiver particulièrement froid. Au premier trimestre 2018, Gazprom a encore annoncé une augmentation de 6,6% de ces exportations sur un an. Le géant couvre environ 35% de la consommation de gaz du continent européen.

Deux bateaux russes Arc7 de gaz liquéfié ont pu livrer leur cargaison en Chine via le Pôle Nord et sans l’assistance d’un brise-glace.

 

 

Dessin: Chappatte
La planète foot a fait battre le coeur du monde durant ce mois de juillet 2018

 

Les Amériques

USA

Pour les élections de mi-mandat, Donald Trump est prêt à tout pour faire baisser les prix du pétrole et maintenir les prix de l’essence sous les 3$ le gallon. Joe America n’aime pas conduire son pick-up quand l’essence est chère.

Après avoir demandé à l’OPEP+ (Arabie Saoudite et Russie) d’augmenter la production, Trump envisage d’écouler une partie des réserves stratégiques américaines pour maintenir les prix sous les 70$. Entre 5 et 30 millions de barils de pétrole américain supplémentaires pourraient ainsi se retrouver artificiellement sur les marchés. Les réserves stratégiques des États-Unis s’élèvent à 660 millions de barils (2 mois de consommation). Et après novembre ? Aucune importance, les électeurs auront voté.

Scott Pruitt, directeur de l’Agence sur la protection de l’Environnement (EPA) a dû démissionner suite à une série de scandales liés à son train de vie. L’homme, ouvertement opposé à des mesures sur le réchauffement climatique, a été remplacé par un ancien lobbyiste du charbon: Andrew Wheeler.

Une nouvelle étude publiée dans Nature, annonce que les émissions de méthane dues au pétrole et au gaz se montent à 13 millions m3 par an, soit 60% de plus que les estimations de l’EPA. Le gaz de schiste est plus dangereux pour le climat que le charbon. Cela sonne drôle, mais les chiffres sont explicites.

Sur les 99 centrales nucléaires du pays, 34 sont en phase de décontamination et de destruction. Deux nouveaux réacteurs sont en constructions. Les autres centrales arrivent en bout de vie.

Elon Musk, CEO de Tesla Motors, a signé la construction d’une usine à Shanghai, Chine.

Elon Musk a trouvé un moyen simple et bon marché de développer son projet de train hyper rapide HyperLoop. Sous le contrôle de sa société privée SpaceX, il a organisé la Hyperloop Pod Competition. Des étudiants du monde entier se sont réunis en Californie pour étaler et offrir gratuitement leurs compétences. Les universités allemandes, hollandaises et suisses sont arrivées en tête. Nul doute que le grand vainqueur est: SpaceX. L’entreprise bénéficie gratuitement du travail et du savoir-faire des universités. Une question titille. Pourquoi les universités européennes se démènent pour soutenir des entreprises et des fonds de pensions américains alors que le concept pourrait être réalisé en Europe?

L’administration Trump désire ouvrir les côtes américaines pour des installations éoliennes offshores. L’administration veut également mettre aux enchères les côtes de l’Alabama, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane et du Texas qui contiendraient 48 milliards de barils de pétrole et 3’000 milliards m3 de gaz.

La production pétrolière offshore des USA se monte à 1,7 million b/j soit le 18% de l’offre américaine.

Les bio-carburants pour les véhicules sont en baisse de 147 à 140 million de gallons en avril. L’huile de soja produit le 48% de part de marché.

Une vague de chaleur a enveloppé une grande partie des Etats-Unis avec des températures dépassants les 40 degrés. Plus de 60 millions d’habitants ont été sous l’alerte température.

En Arizona, le barrage du lac Mead est descendu de 50 mètres sur la moyenne des 20 dernières années. Il se trouve à 50 cm d’une zone limite ou il ne sera plus possible d’y puiser de l’eau.

La patrouille française le 14 juillet 2018
Le fil bleu sur le bouton bleu et le fil rouge sur le bouton rouge!

 

USA Schiste

La production de pétrole de schiste du Bassin Permien plafonne à cause du manque de capacité de transport du brut. D’ici à la fin de l’été, les pipelines fonctionneront à 100% et il faudra 18 mois pour que de nouveaux tuyaux entrent en fonction. Entre temps, le transport se réalise par camions et pour écouler leur pétrole de schiste, les exploitants offrent des rabais entre 15 à 25$ le baril.

Corolaire à cette situation, après avoir augmenté ses extractions de 1,5 million b/j durant la dernière année, (à 10,9 millions b/j), le schiste américaine stagne. Il faudra quelques mois pour voir s’il s’agit de problèmes structurels d’extraction ou de transport.

Morgan Stanley pense que la production du bassin Permien pourrait diminuer de 2/3 d’ici à l’année prochaine alors que l’Agence de l’Energie Américaine voit grimper l’offre US à 11,8 millions b/j (actuellement 10,9). Peut-être que le chiffre exact se trouvera entre ces deux estimations.

Pour être rentable, Wall Street tablait sur une augmentation de la production de schiste à 634’000 b/j pour 2019, mais avec les limitations de pipelines, la capacité ne dépasserait pas 360’000 b/j.

La voracité des besoins en sable, afin de fracturer les roches des forages de schiste, ont permis d’ouvrir 11 champs d’extractions et 10 autres sont sur le point de voir le jour dans le Texas. Pour cette année, on prévoit 22 millions de tonnes de sable pour le bassin Permien soit le quart de la demande pour tout le pays. Si l’on corrobore les prédictions d’extractions pétrolières de l’EIA, il faudra 50 millions de tonnes sable/an pour les forages de schiste.

 

Haiti

La population proteste contre l’augmentation des carburants. L’essence et le diesel coûtent jusqu’à 4$ le litre alors que le revenu journalier est de 2€.

 

Mexique

Le nouveau président Andrés Manuel López Obrador est le nouveau président du pays. Il s’oppose à la libéralisation de l’entreprise pétrolière Pemex et de la libéralisation du secteur de l’énergie.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Jean-Claude Junker a rencontré le président Trump pour clarifier la situation aux niveaux des tarifs douaniers. Les deux compères ont réalisé un magnifique accord “gagnant-gagnant” ou “win-win”.

Ainsi les consommateurs européens vont pouvoir manger du Soja OGM et du Boeuf aux hormones américains et participer pleinement au réchauffement climatique avec du gaz de schiste US. De leur côté, les consommateurs américains auront le privilège de continuer à acheter des automobiles allemandes aux moteurs truqués!

 

Allemagne

Pour la première fois, les énergies solaires, éoliennes et hydro (36.3%) ont dépassé la part de charbon (35,1%) durant tout le mois de juin.

Après VW, Audi, Porsche, c’est Mercedes qui s’est fait attrapé à truquer les moteurs de ses diesels.

La Commission européenne soupçonne maintenant que les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations. La nouvelle tricherie consiste à «gonfler» les émissions de CO2, et permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.

 

Angleterre

Rolls Rolls va bientôt homologuer un premier avion hybride électrique/kérosène. L’entreprise penche également sur un drone totalement électrique.

BP a avalé la plus grande entreprise de recharge de voitures électriques sur le sol anglais: Chargemaster. BP changera le nom de l’entreprise et pourra opérer 6’500 points de recharge. Les pétroliers entrent en frontal avec les entreprises productrices d’électricité.

La Commission de l’Infrastructure conseille de construire qu’une seule centrale nucléaire après la réalisation des deux réacteurs EPR à Hinkley Point C d’ici à 2025. La Commission demande d’utiliser les énergies renouvelables.

 

France

EDF a annoncé que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, France, apporteront une année de retard supplémentaire et un dépassement de 400 millions d’euros. Le réacteur ne pourrait démarrer qu’à la fin 2019 ou durant le premier trimestre 2020. Le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros. Initialement l’EPR devait couter 3,5 milliards €. Cette nouvelle contre-performance résonne sur le chantier de Hinkley Point en Angleterre ou Areva (Orano) construit 2 centrales EPR.

En France en 2017, 4,5% de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2% de panneaux solaires.

Les magasins Leclerc se lance dans la fourniture d’électricité aux particuliers et vise 3 millions de clients d’ici à 2025 (10% de part de marché). Michel-Edouard Leclerc promet l’électricité verte la moins chère du marché. 200 emplois seront créés. C’est une concurrence de plus pour EDF. Un autre distributeur, Casino, s’est déjà positionné sur ce marché en collaboration avec GreenYellow et offre des tarifs inférieurs à 15% par rapport à EDF.

Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris. Sans attendre, les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique Autolib à Paris.
PSA aimerait mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault est également dans les starting-blocks.

Un drone en forme de Superman, piloté par des militants de Greenpeace, a survolé, la centrale nucléaire EDF du Buget Saint-Vulbas, près de Lyon pour s’y écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Le même jour, une commission d’enquête parlementaire énumère les failles du parc nucléaire français et recommander de renforcer sa sécurité.

Le recours excessif à la sous-traitance est mis en lumière. La filière du Nucléaire emploie près de 220’000 salariés, dont 160’000 travaillent pour des sous-traitants.

La première centrale pilote de fusion nucléaire à Cadarache, qui a débuté en 2017, est à 55% terminée. La collaboration entre la Chine, le Japon, l’Inde, les USA, la Corée du Sud, la Russie et l’Europe.

Un drone “superman” de Greenpeace dans la centrale nucléaire du Buget

 

Suède

Les températures dépassent de 15 degrés la moyenne. De nombreux incendies de forêts ont éclaté et une alarme canicule a été déclenchée pour des valeurs supérieures à 35 degrés. L’été dernier, la Suède était noyée sous la pluie.

 

Hollande

Le réseau électrique du stade et les panneaux solaires de l’Ajax d’Amsterdam vont fonctionner en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe constitué de 148 batteries de voitures électriques recyclées. Ces dernières, dont la capacité est descendue au-dessous de 70%, trouveront ainsi une seconde vie.

 

Incendies en Grèce

 

Moyen Orient

A cause du réchauffement climatique, la température moyenne du Moyen-Orient augmente deux fois plus rapidement que dans le reste du monde. Les températures de cet été dépassent souvent les 50 degrés ce qui tend à rendre cette région invivable pour l’homme.

Washington annonce des sanctions contre les transactions liées au pétrole et avec la banque centrale iranienne à partir du 4 novembre. L’équipe de Trump a menacé de punir les entreprises étrangères qui feront affaire avec Téhéran. Les Etats-Unis sont «confiants qu’il existe une capacité mondiale suffisante pour la production supplémentaire de pétrole».

 

Egypte

La Banque Mondiale va aider le pays dans ses projets pétroliers et gaziers notamment dans le développement du gisement de Zohr. La Banque Mondiale, comme la Banque Européenne, sont plus confortable dans l’octroi de supports pour les énergies fossiles traditionnelles que pour les énergies renouvelables et l’innovation.

 

Une pause de pub en hommage à Neymar

 

 

Asie

Inde

La demande pétrolière de l’Inde a augmenté de 9% en juin à 4,7 millions b/j. notamment de diesel (+7,8%) et d’essence (+15%). La demande pétrolière et les ventes de voitures explosent dans le pays. Rien que pour 2018, le pays va engloutir 300’000 b/j de plus qu’en 2017.

La voiture la moins chère du monde, la Tata Nano va être retirée du marché. Vendue dès 2011 pour 1’500€, à destination de la classe moyenne, elle est devenue l’image de la voiture du pauvre. Aujourd’hui, les indiens préfèrent les voitures plus grandes.

 

Chine

Alors que les taxes illuminent les relations entre la Chine et les USA, Pékin affiche un excédent record de 28,97 milliards $ en juin (+ 18% par rapport à mai 2018). Ce record mensuel depuis 1999 va certainement inspirer le chef de la Maison Blanche.

Le Yuan, a perdu 8% par rapport au dollar US depuis le début de la bisbille avec les USA en mars. Cette dépréciation arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser en partie les hausses des taxes américaines et de stimuler les exportations.

Le PIB chinois est de 6,7% au 2ème semestre (-0,1% par rapport aux 3 trimestres précédents.)  La bourse de Shanghai a perdu 17% depuis janvier.

La ville de Shenzhen va remplacer ses 12’000 taxis thermiques en version électrique.

La Chine a importé 146 millions de tonnes de charbon durant les 6 premiers mois de l’année (+9.9%).

Baidu va industrialiser son bus entièrement autonome. Il utilisera le système Apollo de Baidu. L’entreprise pilote déjà plus de 100 bus en circulation.

La Chine et l’Inde pourraient coopérer afin d’acheter du pétrole et du gaz. Les deux géants représentent le 17% de la demande mondiale. Le duo pourrait avoir plus de poids pour négocier les prix auprès de l’OPEP et des autres producteurs.

 

Vietnam

Les exportations atteignent 1,88 millions de tonnes de pétrole depuis le début de l’année, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière. Le pays a largement atteint son peak oil et la chute va continuer.

 

Azerbaïdjan

Le groupe britannique BP a lancé l’exploitation d’un gisement gazier, qui doit constituer le premier maillon d’un «corridor gazier» géant («Southern Gas Corridor»), permettant à l’Europe de s’approvisionner via la Turquie, la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique.

Il devrait être terminé en 2020 et ne couvrira à terme 2% de la demande européenne en gaz.

 

Ouzbékistan

Le russe Rosatom va construire la première centrale nucléaire afin de remplacer l’exploitation de gaz en constante diminution dans le pays. La centrale de 1,200 MW sera terminée en 2028. Actuellement 85% de l’électricité est générée avec du charbon et du gaz (69 milliards kWh).

 

Laos, un barrage hydraulique s’effondre dans la province d’Attapeu.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur africain de pétrole arrive bientôt à 190 millions d’habitants. Une infime part des revenus des 2 millions b/j arrivent jusqu’à la population alors que des milliards $ disparaissent dans les poches des élites. Il n’est pas étonnant que le niveau de vandalisme sur les installations pétrolières ainsi que la vétusté des installations fassent perdre 754’000 b/j.

 

Libye

La production pétrolière se trouve quelque part vers les 700’000 b/j. Le général Haftar de la  Libyan National  Army, qui contrôlait 75% des exportations du pays, a transvasé le tout dans une nouvelle société concurrente à la compagnie pétrolière nationale la Libyan National Oil Company.

L’agence anglaise National Crime reporte que 700’000 migrants attendent en Libye pour traverser la Méditerranée.

 

Afrique du Sud

Le Cap et ses 4 millions d’habitants souffrent d’une terrible sécheresse. Une idée a été lancée afin de remorquer les icebergs, qui flottent en plein Antarctique à 2’000 km des côtes sud-africaines.

Les prix des carburants vont encore augmenter de 26 ct $/litre. Depuis le mois de juin, l’essence a augmenté de 82 centimes à cause de la hausse des cours et la baisse de la monnaie locale.

 

Phrases du mois

«Depuis plus d’un siècle, la collaboration entre les pétroliers et les architectes, est l’une des sources les plus importantes du réchauffement climatique. Les premiers extraient le pétrole et le gaz. Les deuxièmes ont totalement modifié leurs principes afin d’utiliser la plus grande quantité d’énergie pour construire, chauffer et refroidir leurs oeuvres.»

[About climate-related class action lawsuits against Big Oil:] “It’s sort of bizarre that the users of our petroleum products say: ‘Well actually we didn’t want your product. So why did you force it on us?’ I don’t think also that in the end it will solve anything other than maybe redistributing wealth to a certain class of the economy.” Ben van Beurden, CEO, Royal Dutch Shell

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Pétrole: Rester sous les 100$ pour ne pas détruire l’Economie mondiale
– Arabie Saoudite: 33.8 milliards $ de bénéfices en 6 mois pour Saudi Aramco
– Chine: 9’500 nouveaux bus électriques mis en service tous les mois
– Irak: Le pays a doublé ses réserves pétrolières et devient No1 mondial
– France: EDF a perdu 1 million de clients en une année
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ dans l’énergie solaire
– Venezuela: 25’000 employés ont quitté la compagnie pétrolière nationale
– Libye: De fortes craintes sur la production pétrolière de 1 million de barils/jour.


 

Les T-shirts “Le baril à 80$, j’y étais” sont en train d’être imprimés au cas où le pétrole garde sa forme olympique. A Londres, il grimpe à 75.17$ (70.27$ fin mars) et à 68.57$ à New York (64.94$ fin mars).

L’uranium n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus personne ne le regarde ou lui envoie une carte pour son anniversaire. En pleine dépression, il dort à 20.85$ (21.10$ fin mars).

 

Graphique du mois
Facteurs déclencheurs de la crise de 2008 vs situation actuelle

 

OPEP: Pétrole

L’Arabie Saoudite collabore avec la Russie (qui n’est pas membre du cartel) pour tenter de maîtriser les prix du baril sur une période de 10 ans. L’objectif est de le maintenir dans une fourchette de 80 à 100$. Juste assez pour remplir les caisses des pays producteurs et pas assez pour détruire l’Economie.

Dès 2020, un peak de production pourrait défier cet objectif. Ce rapprochement serait une première pour Moscou qui a toujours voulu garder son indépendance.

Avec 50 millions barils/jour (b/j), le poids de l’alliance pèserait 50% de la production mondiale ce qui pourrait crisper les importateurs comme les USA, la Chine et l’Europe. Donald Trump s’est d’ailleurs fendu d’un tweet sur le sujet.

Depuis janvier 2017, le surplus des réserves pétrolières mondiales est passé de 332 à 12 millions de barils!

 

 

Gaz

L’International Maritime Organisation tente de réduire de 50% d’ici à 2050 l’utilisation de pétrole lourd pour les transports maritimes. Initialement prévu à 70% l’Arabie Saoudite, les USA et l’Argentine ont fait pression pour diminuer les ambitions de l’organisation.

Le gaz naturel a été perçu pour remplacer le pétrole brut lourd (déchets de raffinage) utilisé traditionnellement par les bateaux/tankers. Fausse bonne idée, même le pétrole lourd, voir le charbon, est moins dangereux pour le climat que l’utilisation du gaz naturel. Causes: les émanations de méthane lors de l’extraction du gaz et lors de son utilisation. Lire l’étude de la commission européenne.

 

Dessin Chappatte

 

Les Acteurs Clés

Russie

Moscou exerce un lobby tout aussi féroce que les USA et Bruxelles sur le gouvernement Danois afin d’obtenir (ou pas) l’autorisation de construire du gazoduc Nord Stream 2 qui reliera l’Allemagne et la Russie. Le projet de 11,7 milliards $ crispe. De leur côté, les américains militent pour la livraison de gaz de schiste en Europe afin de diminuer la part de marché du gaz russe en Europe.

L’IEA pense que la Russie va atteindre son peak oil dans les 3 années à venir. En 2017, Moscou a extrait 11,2 millions b/j, au plus haut depuis 29 ans. En 2021, elle devrait atteindre son pic à 11,7 millions.

Toujours selon l’Agence Internationale de l’Energie, en 2035, la Russie produira 6 millions b/j de quoi satisfaire sa consommation interne sans pouvoir exporter. En même temps, cela fait 10 ans que l’on annonce que la Russie va peaker et les gisements de schiste n’ont pas encore été exploités.

 

USA

L’administration Trump s’est fortement investie dans la promotion de nouveaux champs pétroliers offshores (en mer). Malgré les appels aux majors pétrolières, seul 1% des lots mis aux enchères ont trouvé preneur. Les coûts d’investissements et le risque de marée noire refroidissent les potentiels acquéreurs.

En moyenne en 2018, les foyers américains vont dépenser 400$ de plus pour acheter leur essence. En contraste, la classe moyenne bénéficie d’une ristourne de 930$ de déductions fiscales votées en fin d’année 2017. Le prix moyen de l’essence est de 3$ le gallon (3,7 lt) contre 1,75 en février 2016.

Citi et Wells Fargo ont trouvé un nouveau moyen de refaire du «subprime» via des prêts à des sociétés «non-financières». Ce concept avait créé la crise de 2008. Imaginer que les «grosses banques» s’y remettent, ça fait froid dans le dos. Remettre une couche dans le «subprime», c’est un peu comme retourner dans le réacteur de la centrale de Fukushima en maillot de bain pour voir «si tout se passe bien.»

L’organisation environnementale EDF, Environmental Defense Fund va lancer un satellite capable de mesurer les émissions et les fuites de méthane reliées aux forages gaziers et pétroliers.

L’administration Trump a décidé d’assouplir les normes de pollution pour les voitures particulières. Les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants. Les SUV et les «pickup» représentent désormais plus de 60% du marché.

Momentum Dynamics a développé un système de recharge sans fil pour bus BYD K9S. La recharge, par induction, s’effectue en 5 minutes et peut également recharger les voitures électriques. Ce système remplace les bornes de recharge avec prises. Sympa.

L’énergie éolienne a représenté 6,3% de la production américaine. Pour les Etats de l’Iowa, le Kansas, l’Oklahoma et le Dakota du Sud, l’éolien a représenté le 30% de leur consommation.

Le raffineur Marathon Petroleum rachète son rival Andeavor pour la modique somme de 36 milliards $. La nouvelle entité pourra raffiner 3 millions b/j, soit le 15% des capacités du pays et devient le No1 aux USA.

 

Recharge par induction: Momentum Dynamics

 

Arabie Saoudite

Le Prince héritier bin Salman est de retour au pays après 3 semaines passées aux USA, en France et en Angleterre pour assurer le service après-vente de son projet de réformes. La “Vision 2030” du pays exige 500 milliards $ d’investissements et le Royaume recherche des investisseurs étrangers. Une certaine dose d’audace est nécessaire pour investir dans un pays qui se dirige vers le peak oil, qui manque cruellement d’eau et qui devient invivable à cause du réchauffement climatique.

L’IPO de Saudi Aramco pourrait se faire dès septembre 2018 selon Armin Nasser son CEO. A la question, quels dividendes seront versés aux investisseurs? Le Ministre de l’Energie al-Falih s’est fendu d’un laconique: «on verra ça en temps voulu». L’IPO pourrait se faire à New York ou Londres même si aux USA des menaces de poursuites face aux attaques du 11 septembre 2001 sont sur la table.

Bloomberg pense que Saudi aurait gagné 33.8 milliards $ durant les 6 premiers mois de 2017. Si cette information est vraie, la major serait la plus profitable au monde et engrangerait plus de profit que Exxon, Shell, Chevron, Total et BP réunis.

Toujours selon Bloomberg, les coûts d’extraction du pétrole de Saudi Aramco avoisinent les 4$ le baril. Shell et Exxon tournent à 20$ le baril. Le schiste américain à plus de 60$.

L’Arabie Saoudite a lancé une campagne de communication qui a pour but de rassurer les importateurs de pétrole. Le Royaume annonce pouvoir maitriser les prix du baril entre 80 et 100$. Au-delà, l’Economie mondiale pourrait entrer en récession et/ou reproduire le schéma de 2008.

Le fond souverain du pays et la banque japonaise SoftBank ont annoncé le lancement du plus grand projet solaire au monde. Cette année, SoftBank Vision Fund sortira de sa poche 1 milliard $ sur les 200 milliards $ prévus d’ici à 2030 pour produire 200 Gigawatts soit bien plus que la consommation du pays.

Afin de construire, la nouvelle ville Neom voulue par le Prince héritier, l’Arabie Saoudite a acheté les terres du Sinaï à l’Egypte pour 10 milliards $. En manque de cash, le Président Abdel Fattah el-Sisi a également lâché deux îles de la Mer Rouge: Tiran et Sanafir.

 

Chine

La Chine a instauré une bourse pétrolière basée sur le Yuan. L’indice de Shanghai pourrait apporter un avantage financier à la Chine dont l’importation dans sa monnaie. Le Yuan pourrait obtenir une reconnaissance internationale par rapport à la monnaie de Trump d’autant que le pétrole brasse 14’000 milliards $ par année.

Au premier trimestre la croissance chinoise fut de 6,8% (objectif the 6,5%) alors que le gouvernement a pris des mesures pour combattre la bulle immobilière.

Avec 385’000 bus électriques, le parc chinois détient le 99% du parc mondial. Chaque mois 9’500 bus de plus sont mis en service notamment par le constructeur BYD.  Les 275’000 barils/jour de pétrole économisé commencent à heurter l’industrie pétrolière.

La Chine pourrait ajouter 700 forages de gaz de schiste d’ici à 2020 sur 3 gisements opérés par PetroChina et Sinopec. Pékin a l’objectif d’extraire 30 milliards m3 d’ici à 2020 pour remplacer le charbon. Le charbon est plus polluant pour l’air alors que le gaz est plus dangereux pour le réchauffement climatique. Quand il faut choisir entre deux poisons.

L’énergie éolienne a atteint 163,7 GW soit le 10% de la production nationale. Certaines régions comme dans la province du Shaanxi est capable de fournir bien plus d’éolien mais l’infrastructure électrique n’arrive pas à suivre.

 

Dessin: l’Excellent Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Le 12 mai, Donald Trump pourrait revisiter les sanctions contre l’Iran. Alors que les prix du baril augmentent, cette décision pourrait pousser le baril encore plus haut. Donal Trump n’est pas sans savoir que les automobilistes cherchent toujours un coupable pour justifier une hausse de l’essence. Comme les élections de mi-mandat arrivent à l’automne, le maître du Monde a certainement ce paramètre en tête. Pour s’émanciper de la hausse, il a envoyé un tweet accusant l’OPEP.

Si le baril devait remonter sur les 100$, les risques de récession pourraient mettre à mal les ambitions économiques de Trump.

La Russie et l’Iran ont démarré un programme de troc: “pétrole/marchandises” afin d’éviter les transactions en dollar américain. Moscou recevra 100’000 barils/jour en échange de marchandises et des produits agricoles russes.

 

Irak

Selon le ministre du pétrole al-Luaibi, les réserves du pays sont plus élevées que les estimations de 153 milliards de barils. En fait, le brave homme a doublé et passé les réserves à 310 milliards de barils. Avec cette règle de trois, l’Irak prend le leadership mondial devant le Venezuela à 300 milliards et l’Arabie avec 260 milliards de barils. Tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes et un certain scepticisme.

L’objectif du pays est d’augmenter sa production pétrolière de 5 à 6,5 millions b/j d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, le pays va devoir pomper d’importantes quantités d’eau de la mer et la dessaler afin de l’injecter dans les forages. Une usine est en train d’être construite. Sa mise en service est prévue en 2022.

Europe

La part de marché des ventes de voitures diesel est descendue à 39% en février (46% en 2017).

France

Comme Shell, le pétrolier Total continue sa transition de pétrolier à électricien. Le géant a acheté 75% de Direct Energie pour 1,4 milliards €. Direct Energie livre de l’électricité aux particuliers. Sur ce marché, Total se retrouve en 3ème position après Engie et EDF dans la livraison de gaz et d’électricité avec 3,1 millions de clients.

En 2016, Total avait déjà acheté le Belge Lampiris avec 6 millions de clients en France et 1 million en Belgique.

De son côté Engie compte 4 millions de clients et EDF 25.6. En 2017, EDF a perdu plus de 1 million de clients.

Engie et EDF importent de plus en plus de gaz de schiste américain. Ce comportement amène la question : est-ce que les citoyens veulent vraiment du gaz aussi sale ?

Le PDG de Direct Energie (donc Total) Xavier Caïtucoli, a annoncé: “le compteur électrique Linky, ce n’est pas Facebook!” On ne voudrait pas mettre sa parole en doute, mais côté transparence, ça reste opaque. Avec la nouvelle loi DGPR sur la protection des données, l’entreprise devra demander l’autorisation à ses usagers pour les traquer et de passer à une prise de données toutes les 30 minutes.

Plus de sept millions de ces compteurs numériques ont déjà été installés en France, mais ils sont contestés dans environ 300 villes et communes.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont planté un chêne dans le jardin de la Maison-Blanche pour afficher l’amitié entre les deux rois du marketing. Cinq jours plus tard, le chêne a déjà été retiré de la pelouse de la Maison Blanche.

 

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Hollande

Sous la pression de l’association Friends of the Earth, Shell a publié sa “Transition Energétique” et explique comment elle va réduire ses émissions de carbone. Shell désire s’insérer dans l’électricité générée de manière renouvelable.

Le rapport arrive alors que Friends of the Earth avait menacé légalement la major pétrolière avant son assemblée générale.

 

Allemagne

Berlin demande à ses constructeurs automobiles d’effectuer une rapide transition vers la voiture électrique et les batteries afin de sauvegarder les emplois dans le pays. L’Allemagne a produit 16,5 millions de voitures en 2017 avec 825’000 travailleurs. Les constructeurs devraient mettre 50 milliards $ sur la table pour développer leurs voitures électriques.

Herbert Diess a remplacé Matthias Müller au poste de président de Volkswagen. Matthias Müller a eu droit à une augmentation de 40% de son salaire à 10 millions €. Le mois dernier, il avait prédit un grand retour du Diesel. Quant à Herbert Diess, il s’est régulièrement heurté aux syndicats. On peut imaginer que l’ambiance au sein de la multinationale va être intéressante.

 

Norvège

Les norvégiens de InterWell ont réussi à trouver un moyen pour condamner définitivement un puits pétrolier ou gazier. L’injection de Thermite, un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde de fer, permet de brûler et de faire fondre à 3000 degrés les tuyaux ainsi que les roches alentours en créant un magma artificiel. Ce système permet de stopper les émanations de méthane dans les puits abandonnés.

 

Suisse

Vous n’allez jamais le croire. Le Département fédéral de l’énergie Suisse a revu à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. La douloureuse devrait se monter à 24,581 milliards $, soit 1,097 milliard $ de plus que l’estimation de décembre dernier et le double d’il y a quelques années. Certains parlent d’une facture à 40 milliards. Qu’importe le montant final, nos enfants s’en chargeront.

La Banque Nationale Suisse annonce une perte de 6,5 milliards francs. Coïncidence, la BNS a justement perdu 7 milliards $ dans ses investissements dans le pétrole et gaz de schiste aux USA. L’institution, qui fait preuve d’autant de transparence et d’ouverture que le KGB, aurait déclaré «c’est injuste, c’est vraiment trop injuste

 

Déclaration du Président de la Banque Nationale Suisse sur les pertes de 6,5 milliards francs

 

Les Amériques

Venezuela

La production pétrolière plonge à 1,6 millions b/j (2,4 en 2015). Selon Reuters, les employés quittent massivement l’entreprise nationale pétrolière PDVSA sous le contrôle du Général Manuel Quevedo. A son arrivée, le Général a licencié une grande quantité d’employés et les a remplacés par des militaires. Sur les 146’000 employés, 25’000 sont partis depuis janvier 2017. Si PDVSA devrait s’écrouler, le prix du baril pourrait secouer l’Economie mondiale.

L’inflation atteint les 13’000% et l’Economie a chuté de 15%.

Le pays doit honorer une dette de 8 milliards $ cette année et un défaut n’est pas exclu.

Le Venezuela est l’un des plus grands exportateurs de pétrole vers Washington et livre 41% sa production. Ce chiffre est en baisse alors que les USA préfèrent le Mexique et le Canada. Les raffineries US apprécient le brut très lourd de Caracas et d’éventuelles sanctions de Trump pourraient mettre à mal des unités de raffinage.

Le Président Nicolas Maduro espérait rembourser 3,15 milliards $ de dettes à la Russie via sa nouvelle crypto monnaie. Evidemment, Moscou a décliné l’offre.

 

Chili

Le gouvernement chilien étudie la possibilité d’interdire la vente de 32% du plus grand producteur national de lithium SQM au chinois Tianqi Lithium. Le montant de la transaction est  estimée à 5 milliards $. Le lithium est un composant essentiel pour les batteries de voitures électriques.

Le Président Sebastián Piñera fait face à une pression et aux menaces chinoise. Si Tianqi arrive à exécuter cette transaction, il détiendra une place dominante sur le marché mondial. Tianqui possède déjà la mine de Talison Lithium en Australie. La décision pourrait intervenir en août.

 

Argentine

Le président Mauricio Macri, l’ami des multinationales, propose d’étendre la prospection pétrolière et gazière en Patagonie.

Omar Gutierrez , gouverneur de la province de Neuquen, estime qu’il faut maintenant lever les règles sur l’extraction de schiste dans la formation de la Vaca Muerte. L’extraction est actuellement deux fois moins chère et représente le 22% de la production nationale.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Corée du Nord et du Sud

Les leaders des deux pays se sont rencontrés lors d’une rencontre… historique.

La Russie a proposé de construire un gazoduc pour relier la Corée du Sud via la Corée du Nord.

Les syndicats de Hyundai Motor préviennent que 70% des employés pourraient perdre leurs emplois à cause de l’arrivée des voitures électriques. Ces véhicules ne nécessitent pas de boites de vitesses et de moteurs compliqués.

 

Afrique

Libye

L’homme fort du pays, le Général Khalifa Hifter, 75 ans, a été emmené en France pour se faire soigner d’une possible attaque.

Les efforts du général pour maintenir la production pétrolière du pays ont été essentiels. Aidé par les forces militaires, la Libye est passée de 300’000 à 1 million b/j. depuis la chute de Kadhafi. Si Hifter ne devait pas retourner au pays, on peut imaginer que les fractions rivales redeviennent rivales.

Les amabilités n’ont d’ailleurs pas tardé. A al Waha, un pipeline a explosé perdant 100’000 b/j. Il reste à espérer que le chaos ne reviendra pas dans tout le pays.

 

Algérie

L’italien ENI a signé une série d’accords pour développer l’exploitation gazière dans le pays. L’Algérie est le 10 ème plus grand producteur de gaz mondial et le 3ème fournisseur pour l’Europe.

Anadarko, Total, et Statoil sont également dans les parages, mais la bureaucratie et l’inertie du pays réfrènent les ardeurs des pétroliers et gaziers.

 

Nigeria

La production du pays plafonne à 2,022 millions b/j au lieu des 2,3 du budget. Alors que le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole, il est le plus grand importateur d’essence.

 

Phrases du Mois

We are working to shift from a year-to-year agreement to a 10 to 20-year agreement. We have agreement on the big picture with Russia, but not yet on the detail.” Mohamed bin Salman, prince Héritier de l’Arabie Saoudite.

« Les USA présente une solide candidature pour la Coupe du Monde de Football en 2026 avec le Canada et le Mexique. Ce serait une honte si les pays que nous  avons toujours financièrement aidés feraient du lobby contre la candidature américaine. Pourquoi devrions-nous supporter ces pays, s’ils ne nous supportent pas (inclus les Nations Unies). » Donald Trump

The military guys arrive calling the engineers thieves and saboteurs,” un cadre vénézuélien de PDVSA.

Le pessimisme de l’intelligence face à l’optimisme de la volonté. Au point de vue purement intellectuel, ce n’est pas facile d’être optimiste, mais nous avons besoin d’être optimiste.”  Antonio Gramsci.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Russie: Vladimir Poutine prend sa place au Moyen-Orient
– Arabie Saoudite: Un méga projet à 500 milliards $
– Monde: Nouveaux records de CO2 et de Méthane
– USA: Le pétrole de schiste peine à convaincre les investisseurs
– Chine: La Dominance Mondiale des Energies Renouvelables
– Angleterre: A Hinkley Point, EDF évite la grève avec une hausse des salaires
– Voitures électriques: La Chine se positionne de plus en plus et achète du lithium


 

Bonnes nouvelles pour l’Arabie Saoudite et la Russie qui ont ressorti l’artillerie lourde avec leurs agences de communication. Le manque d’investissement va pousser les prix du baril à la forte hausse selon Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco. Bref, l’avis des traders a changé et le baril passe sur les 60$. La prouesse est à saluer. Cette hausse est à confirmer durant le mois à venir.
Pour l’instant le baril termine le mois à 60.90$ à Londres (57.41 septembre) et 54.15$ à New York (51.56 septembre).

L’uranium joue à 1-2-3… Soleil. Il n’a pas perdu car il n’a presque pas bougé. Il termine le mois à 20.15$ (20.50$ septembre).

 

Graphique du Mois


Evolution des forages actifs de schiste pétrole et gaz aux USA. Source Baker Hughes. Graphique FT.com

 

Monde

Ce mois, les maires de Paris, Londres, Barcelone, Quito, Vancouver, Mexico, Copenhague, Seattle, Le Cap, Los Angeles, Auckland, Curitiba et Milan se sont engagés à faire de leurs villes des zones à zéro émission. Des zones où tous les véhicules thermiques – essence comme diesel – seront interdits de circulation.

Selon Chris Watling CEO de Longview Economics, l’adoption des voitures électriques pourrait créer un peak oil de la demande d’ici à 2023-2025. Pour l’instant, la tendance est à l’augmentation de la demande et nous frisons les 100 millions barils/jour (b/j).

Après avoir sciemment avoir menti sur le niveau de pollution de leurs voitures, les constructeurs automobiles remettent le métier à l’ouvrage avec les voitures électriques. Ainsi, les promesses de 400 à 500 km d’autonomie se divisent souvent par deux! (voir l’étude de A bon Entendeur). Seul Tesla indique des chiffres qui frisent la réalité.

Le Club des Milliardaires a vu sa fortune atteindre les 6’000 milliards de dollars l’an dernier, +17% par rapport à 2015. Leur nombre de milliardaires asiatiques a grimpé d’un quart à 637, comparé aux 563 milliardaires américains. En Europe, ils sont 342. En France 8 milliardaires possèdent le 90% des médias et de la presse.

Selon Lancet Commission on Pollution and Health, la pollution est la plus grande cause de mortalité dans le monde. En 2015, 9 millions de décès ont été enregistrés soit une part de marché de 16%!

Dans le monde, les concentrations de CO2 ont augmenté à 403,3 parties par million (ppm), +3 unités par rapport à 2015.
Outre le CO2, le méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important, a également atteint un record dans l’atmosphère, à 1’853 parties par milliard. Il est désormais à plus de 250% du niveau de la période préindustrielle. On retrouve notamment le méthane dans l’extraction du gaz “naturel” ainsi que le gaz de schiste.

OPEP

La prochaine réunion du cartel du pétrole aura lieu le 30 novembre. Un consensus semble avoir été trouvé pour maintenir les quotas actuels jusqu’à la fin 2018, mais certains pensent que la situation devrait se stabiliser dès mars 2018. Le cartel montre un bel optimisme dans la hausse prochaine des prix.

Si le manque d’investissements devrait pousser les prix à la hausse dès 2019-2020, les boules de cristal peinent toujours à trouver la tendance pour 2018. La demande mondiale a augmenté de 1,6 million b/j en 2017.

 

Possession d’armes par 100 habitants/pays

Chine

La Chine va utiliser le Yen ou l’or à la place du dollar américain pour effectuer ses achats en pétrole notamment avec la Russie. Le plus grand importateur de pétrole mondial met la pression sur le dollar.

Le Président Xi a été réélu pour 5 années supplémentaires. A l’opposé de son alter-égo américain, rusé comme un renard et excellent négociateur, le Président Xi a dû jouer des coudes pour se frayer une place dans le système.

Les années à venir devraient dévoiler le vainqueur entre la «dominance énergétique fossile» des USA et de la «dominance des Energies Renouvelables» de la Chine.

La Chine pourrait autoriser les constructeurs automobiles à créer de nouvelles usines sans devoir passer par un partenaire local. Le clin d’œil est donné à Tesla Motor.

Les importations pétrolières chinoises ont grimpé de 1 million b/j en septembre à plus de 9 millions b/j. L’EIA pense que Pékin comble l’assèchement de ses puits et complète sa réserve stratégique. Les bruits de couloirs rapportent que la Chine vise l’objectif d’atteindre 1 milliard de barils de réserve pour se protéger contre une éventuelle rupture des livraisons. Pékin s’alimente dans des zones risquées comme le Moyen-Orient et le vacillant Venezuela.

Les nouvelles inspections environnementales ont mené à la fermeture de plusieurs dizaines de milliers d’entreprises chimiques, cimentières et de plastiques. Ce choix souligne l’envie du Gouvernement de nettoyer l’air de certaines villes quitte à sacrifier certaines entreprises. Plus de 7’000 entreprises ont fermé, au moins temporairement, dans la province du Sichuan.

Taiyuan, la capitale de la province de Shanxi, a banni la vente, le transport et l’utilisation du charbon. La cité charbonnière va diminuer de 90% sa consommation.

Sinochem, le groupe chimique chinois, participe à l’offre d’achat du Chilien SQM pour un montant de 4 milliards $. Pourquoi autant d’argent sur la table? Sociedad Quimica y Menera de Chile (SQM) est l’un des plus grand producteur de lithium, source indispensable aux batteries des voitures électriques. Dans la course, l’on retrouve GSR Capital, Ningbo Shanshan et Tianqi Lithium, tous de Chine!

La vente intervient alors que les entreprises chinoises ratissent au niveau mondial le lithium qui propulsera les voitures du pays dans les années à venir.

Le fabriquant de voitures, Great Wall Motor, a signé un accord avec l’australien Pilbara Minerals pour la livraison de lithium pour les 5 prochaines années.

Les discussions sur l’impact du marché du pétrole, à cause du remplacement des voitures à pétrole/électriques, ne font que débuter. Les producteurs pétroliers craignent de devoir laisser leur pétrole dans le sous-sol et de perdre des pétrodollars.

Combattre la pollution et maintenir une croissance du PIB à 6,5% est le plus grand casse-tête du gouvernement. Les chinois continuent de fermer des centrales à charbon alors qu’ils arrivent à 77 GW d’électricité solaire et que le gaz remplace petit à petit le charbon.

 

Russie

L’année passée, la Russie a dépassé l’Arabie Saoudite pour les exportations de pétrole. Les Russes vont maintenant doubler les livraisons grâce au Kazakhstan.

Les chinois ont acquis 14% de la compagnie russe Rosneft pour 9 milliards $.

Le Roi Salman ben Abdelazizu Al Saoud s’est rendu à Moscou dans un rapprochement entre la Russie et de l’Arabie Saoudite.

Moscou recherche des financements saoudiens et Riyad s’intéresse au nucléaire, à l’armement et la production agricole de Vladimir Poutine. Le vide, laissé par l’administration Obama et Trump au Moyen-Orient, offre une fenêtre d’opportunité à Vladimir Poutine.

Moscou continue ses efforts et gagne de l’influence au Moyen-Orient via son industrie pétrolière. Rosneft a pris le contrôle du pipeline du Kurdistan Irakien pour 3,5 milliards $. Initialement, Rosneft avait prêté 1,2 milliards $ aux Kurdes pour construire ce pipeline avec un remboursement en pétrole. Avec la perte des gisements de Kirkuk, les kurdes sont dans une position économique moins favorable. Rosneft en a profité pour proposer 400 millions $ supplémentaires pour 5 gisements pétroliers dans la partie Irakienne kurde.

En Iran, Rosneft est en discussion pour livrer le pétrole iranien en Asie et pour contourner l’embargo américain.

La Russie a averti l’Ukraine de se tenir à distance respectable des installations pétrolières proches de la Crimée. Si l’Ukraine désire s’en emparer, les russes suggèrent l’intervention de son aviation.

Le premier Ministre Medvedev a signé 11 accords bilatéraux avec le Maroc dans les domaines de l’agriculture, militaire, culture, énergie et le nucléaire. Dans les années à venir, la Russie livrera du gaz liquide au Maroc via Gazprom.


Dessin Chappatte

USA

Le nouveau Directeur de l’Energie, Rick Perry, désire donner des subventions aux matières premières qui peuvent être stockées au moins pendant 90 jours avant de générer de l’électricité. Le brave homme a trouvé la dénomination sexy de «fuel-secure resources» «énergies sécurisées» alors que le reste du monde appelle cela: charbon et nucléaire. Cette entourloupette permettra à Washington de soutenir les industries du charbon et nucléaire actuellement à l’agonie. Les lobbies du pétrole et du gaz s’opposent fortement à cette proposition.

En Virginie, Facebook va construire un nouveau data center entièrement propulsé à l’énergie solaire. C’est l’américain Dominion Energy qui est chargé du projet. Aux USA, plus de 100 multinationales désirent utiliser 100% d’énergies renouvelables dont Walmart, Coca-Cola, Nestlé ou Ikea. Dans beaucoup de cas, il faut tempérer cette ardeur par des motivations de communication et de buzz.

General Motors sera le premier constructeur à tester une voiture autonome dans la ville de New York avec une Chevy Bolt électrique.

La demande pétrolière du pays a grimpé à 20,2 millions b/j en septembre (+2,4% par rapport à septembre 2016) selon l’American Petroleum Institute. La production indigène se monte à 9,5 millions b/j. (+11,3%).

De 2012 à 2016, 43 GW de capacités électriques au charbon ont été retirées. Des nouvelles unités de gaz pour 40 GW, 56 GW d’éolien et de solaire et 4,7 de centrales à charbon. Cinq centrales nucléaires ont fermé depuis 2013,  -5 GW.

Georges W. Bush a prononcé un discours dans lequel il balance sur Trump, bien qu’il ne l’ait pas nommé. Si même W pense que Trump est nul… alors qu’il avait lui-même déjà mis la barre très haute…

Le «Model 3» de Tesla devrait permettre au groupe de produire environ 500’000 véhicules en 2018 et 1 million à l’horizon 2020. Tesla n’a produit que 84’000 voitures en 2016.

Puerto Ricco a reçu l’aide du CEO de Tesla, Elon Musk. Un mois après le passage de l’ouragan Irma, une centrale solaire off grid a été réalisée pour les besoins d’un hôpital et d’une école.

Suite à la fusillade de Las Vegas, le Président Trump a utilisé à merveille la stratégie des 3 temps:
1) Reporter à plus tard
Ce n’est pas le moment de polémiquer sur cette tragédie. C’est le temps du recueillement et de la prière.
2) Renverser la situation
Ce n’est pas les armes qui tuent les gens, ce sont les méchants.  Peindre l’auteur de la fusillade comme un malade.
3) Proposer une solution logique

Les personnes gentilles doivent se protéger contre les méchants et les malades en achetant des armes.

On se souvient de la même approche le mois dernier par le Directeur de l’Environnement et l’Ouragan Harvey.
Ce n’est pas le temps de parler de réchauffement climatique… car ce n’est pas le changement climatique qui cause des dégâts, c’est l’eau! Il faut donc construire des digues plus hautes.

Dessin de l’excellent Chappatte

Arabie Saoudite

Les revenus pétroliers 2016 se sont élevés à 133 milliards $ en 2016 contre 301 en 2014.

Le prince héritier Mohammed bin Salmane d’Arabie saoudite a annoncé la création d’une zone de 26’500 km2 pour le développement économique sous le doux nom de NEOM. Les investissements projetés s’élèvent à plus de 500 milliards $. Le concept s’appuie sur l’énergie, l’eau, la biotechnologie, l’alimentation, le numérique, les médias et les divertissements. Il devrait permettre au Royaume de s’émanciper du pétrole. Le changement de paradoxe tient dans la volonté du Royaume à chercher des capitaux étrangers au lieu d’investir lui-même la totalité de la facture.

Le flou est en train d’envelopper l’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national. La vente de 5% d’actions pourrait rapporter en 100 et 200 milliards $. La Chine ou de riches investisseurs chinois pourraient s’emparer du lot. Cette option a l’avantage d’éviter à Saudi Aramco de se lister à la bourse de Londres ou de New York et de dévoiler des informations sensibles sur ses prétendues réserves.

L’Arabie Saoudite pourrait n’exporter que 7,2 millions b/j en novembre soit 650’000 b/j en-dessous de la demande de ses clients.

La vision Arabie Saoudite 2030: La méga ville NEOM

Europe

France

BNP Paribas renonce à financer des entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière notamment dans le schiste et les sables bitumineux. Cette stratégie supporte les efforts de la banque à participer à la transition énergétique.

Alors que les investisseurs ont perdu de grandes sommes dans le schiste, ce revirement ne pourra qu’améliorer les rendements des placements.

 

Suisse

Au 30 juin 2017, les actifs de la Banque Nationale Suisse dans le pétrole, charbon, uranium, gaz, sables bitumineux, pétrole et gaz de schiste en Amérique du Nord se montèrent à 4,917 milliards $ (+216% depuis 2015). La BNS s’implique fortement et supporte totalement la stratégie de Donald Trump dans les énergies fossiles alors que paradoxalement, la Suisse se veut exemplaire dans le climat.

Si l’on continue dans le chapitre de l’exemplarité de la Suisse dans le climat, on note des protestations qui ont visé le Crédit Suisse dans les villes de Lausanne, Berne, Zurich et Bâle. Elles dénonçaient «le financement de pipelines pétroliers» notamment en Amérique du Nord et demandaient «le respect des droits indigènes». En avril dernier, Greenpeace avait perturbé l’assemblée générale du Crédit Suisse avec des critiques contre le financement du Dakota Access Pipeline.

Le plus grand opérateur pétrolier offshore, Transocean Ltd, basé à Zoug pour des questions d’optimisation fiscale, a décidé d’apporter à la casse son Pathfinder, sa plus fameuse barge d’exploration pétrolière. Après 2 années d’inactivité et des coûts de stockage de 15’000$ par jour, la décision est tombée. La compagnie de services pétroliers va se défaire de 1,4 milliards $ d’actifs. 5 autres bateaux de ce type vont être retirés du catalogue de Transocean.

Ancien Fleuron: Le Deepwater Pathfinder.
Le bateau d’exploitation pétrolière en haute mer sera mis hors d’usage par Transocean

 

Hollande

Royal Dutch Shell a acheté l’une des plus grande entreprise mondiale active dans la recharge de voitures électriques : l’hollandais NewMotion.

Constituée en 2009, NewMotion possède plus de 30’000 points de recharges pour les privés et les entreprises en France, Angleterre, Pays-Bas et Allemagne.

 

Angleterre

EDF a évité la grève sur le site de la construction des 2 EPR à Hinkley Point. Les syndicats ont indiqué qu’ils avaient obtenu une augmentation de 36% par rapport au tarif minimal.

EDF a également annoncé que le projet avait déjà pris 15 mois de retard et seulement 2 milliards € d’augmentation par rapport au devis initial. Dans l’industrie nucléaire, 2 milliards, c’est encore dans la marge d’erreur.

 

Irlande

Pour les 15 prochaines années, Microsoft a acheté à General Electric la totalité des 37 MW de la production éolienne du la ferme Tullahennel dans le comté de Kerry. Microsoft utilise 600 MW d’énergies vertes à travers le monde.

 

Finlande

TVO, qui avait commandé la première centrale nucléaire EPR à Arva pour son site de Olkiluoto, annonce un nouveau retard dans sa mise en service. La production devrait débuter en mai 2019 au lieu de décembre 2018. Ce report permettra à Areva d’avoir pile poil 10 ans de retard dans la livraison. Si au départ, le réacteur devait coûter 3,2 milliards €, une réaction en chaîne a propulsé l’unité à plus de 10 milliards €.

TVO se plaint qu’EDF a envoyé ses meilleurs ingénieurs sur le chantier anglais de Hinkley Point en Angleterre ou l’Etat Français construit 2 centrales nucléaires EPR.

 

Allemagne

VW développe un bolide électrique qui participera à la Pike Peak International Hill Climb au Colorado USA en juin 2018. Le constructeur désire battre le record de cette course de côte. VW espère proposer 23 modèles électriques d’ici à 2025.

 

Norvège

Suite à l’espoir de trouver de grandes quantités de pétrole dans la Mer de Barrent, Statoil a effectué plusieurs forages exploratoires. Les résultats 2017 sont très décevants et sur les 37 forages seuls 2 ont donné un résultat positif.

Le nouveau gouvernement en place désire diminuer ou supprimer les exemptions de taxes pour l’achat des grandes voitures électriques comme la Tesla X.

Asie

Inde

Le Premier Ministre Narendra Modi désire que dès 2030 toutes les voitures vendues dans le pays fonctionnent à l’électricité. Il peut mesurer le chemin à parcourir. Selon l’IEA en 2016, la Chine a immatriculé 336’000 voitures électriques et l’Inde 450.

La croissance du PIB de l’Inde pourrait passer de 6,7% actuellement à 7,4% en 2018. Comme le PIB est intimement lié à la consommation d’énergie, l’Inde va devoir multiplier son approvisionnement énergétique dont le 50% est assuré par le pétrole et le gaz. L’Inde est active sur les marchés afin de sécuriser l’achat de pétrole notamment avec l’Iran.

 

Corée du Nord

Les livraisons de pétrole, de charbon et de matières premières stratégiques continuent discrètement en provenance de Russie et d’Afrique.

50’000 ouvriers nord-coréens travaillent en Russie mais leurs salaires sont perçus directement par Pyongyang.

Un deuxième accès à l’internet via le russe Rostelecom a été mis en service. Jusqu’ici, la Toile passait exclusivement par la Chine

Le Président Nord Coréen a réussi à faire impliquer personnellement le Président Trump dans la négociation. A chaque Tweet, la Corée du Nord voit ses actions monter. En coulisse, les négociations ont débuté à un prix maximal pour les USA.

 

Japon

Mitsubishi a annoncé sa première voiture électrique capable de charger et décharger le réseau électrique (vehicle to grid). La Mitsubishi Outlander PHEV sera capable de stocker l’énergie et d’en restituer une partie pour les besoins de la maison et cela sans diminuer les capacités et la durée de vie de la batterie. La Nissan Leaf est déjà capable de cette prouesse, qui va devenir un standard dans les années à venir.

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste USA

L’exploitation de pétrole et de gaz aux USA n’est toujours pas rentable. Ainsi pour le 3ème trimestre 2017, ExxonMobil annonce des pertes de 238 millions $ et Chevron de 26 millions $ pour leur production américaine. Exxon compte sur une augmentation de 20% de l’exploitation de schiste et de 40% dans le bassin Permien.

Après avoir utilisé de nouvelles techniques de forages pour permettre des percements plus long à l’horizontal, des puits à plusieurs têtes, augmenter la quantité de sable pour améliorer le fracking et licencié de nombreux employés, les producteurs semblent avoir épuisé toutes les solutions pour diminuer les coûts. La productivité stagne. De plus, comme les fruits les plus simples à cueillir ont été récoltés, l’avenir semble compliqué pour certaines entreprises.

L’utilisation d’une plus grande quantité de sable permet, dans un premier temps, d’extraire des quantités plus importantes de pétrole, mais cette technique assèche plus rapidement les puits.

Wall Street et les investisseurs dans le schiste américain font pression pour changer le business model des majors ainsi que les bonus des Directeurs. Actuellement basé sur la production, les investisseurs demandent que les bonus se basent sur les dividendes versés aux actionnaires!

En 2016, les compagnies d’exploration et de production pétrolières ont levé 34,3 milliards $ avec la vente de leurs actions. Pour les 9 premiers mois de l’année, seuls 5,7 milliards $ ont trouvé preneur selon Dealogic.

Depuis janvier 2009, 100 milliards $ ont été investis dans la production de schiste dans le Bakken. A la fin juillet 2017, il manquait encore 35 milliards $ pour couvrir les dettes.

 

Canada

Hydro-Quebec va construire une série de barrages hydrauliques dans le golfe du Saint-Laurent. Le projet de 5,2 milliards $ devrait alimenter en électricité 1 million de foyers.

 

Venezuela

Le producteur national de pétrole, PDVSA, manque cruellement de financement pour traiter et stocker le but ainsi que pour acheter les produits chimiques. Conséquence, le pétrole livré est de très mauvaise qualité avec de grandes quantités d’eau, de sels et de métaux. Dans l’incapacité de traiter ce brut, Phillips Oil a dû refuser la livraison de 8 tankers pour un montant de 200 millions $.

Le Fonds Monétaire International estime à 30 milliards $ les besoins du pays pour restructurer ses dettes.

 

Argentine

Pour 800 millions $, le transporteur TGS, propose la construction d’un gazoduc et pipeline pour acheminer le gaz de schiste de la Vaca Muerta proche de Mendoza. Actuellement ExxonMobil, BP, Wintershall, Total et Statoil ont annoncé des investissements dans ce gisement de schiste.

Publicité CNN : délicat clin d’oeil à Donald Trump

Moyen-Orient

Iran

Le président Trump a décidé de ne pas supporter l’accord Iranien sur le nucléaire. La patate chaude est maintenant dans les mains du Congrès.

A Téhéran, la ligne dure du Gouvernement utilise la décision de Trump pour freiner la modernisation du pays poussé par le Président Rouhani. Si le Congrès ne fait rien et si l’Iran durcit le ton, cela permettra de continuer ce feuilleton dans cette revue.

Tant que l’Iran ne recommence pas son programme nucléaire, il est peu probable que la Chine, la Russie, l’Europe et les autres pays, qui ne sont pas gênés par la politique iranienne, coopèrent avec Washington. On peut imaginer que les pays vont trouver des solutions pour court-circuiter les sanctions américaines. La production pétrolière du pays ne devrait pas subir le choc espéré par Trump.

Dans le même temps, l’Iran continue à promouvoir les investissements dans ses champs pétroliers et gaziers. Cette situation permet à la Russie et la Chine de conforter leurs relations d’affaires avec l’Iran.

 

Syrie – Irak

Bagdad a repris aux Kurdes les champs pétroliers de Kirkuk. Les Kurdes sont furieux contre les américains qui ont laissé faire alors que ces mêmes américains ont compté sur les Kurdes pour combattre l’Etat Islamique.

Les deux champs pétroliers de Kirkuk, d’une capacité de 275’000 b/j, sont toujours fermés. Il se pourrait que les Kurdes aient endommagés quelques installations avant de fuir.

Bagdad a demandé à BP de redévelopper les champs de Kirkuk et espère une production de 1 million b/j. Sur sa lancée Bagdad a menacé de poursuivre les Kurdes s’ils continuaient à exporter leur pétrole via les pipelines existants. L’entreprise russe Rosneft pourrait mettre tout le monde d’accord en exportant le pétrole des deux parties.

La prise de Kirkuk par Bagdad change la donne dans le nord de l’Irak. Les Kurdes rêvent de créer un pays indépendant et historiquement Kirkuk était peuplé par des kurdes avant que le Régime ne fasse venir des arabes et des turques. La perte de la ville diminue également la capacité financière des kurdes. Le temps dira si les capacités pétrolières pourront être rétablies.

Dessin Chappatte

 

Afrique

Nigeria

Le gouvernement explore la possibilité de remettre en service de vieilles raffineries ou d’en construire de nouvelles. Le plus grand producteur pétrolier africain doit importer son essence par manque de capacité de raffinage. L’importation de carburants est une source importante de corruption.

 

Phrase du mois

«À la fin du mois d’octobre on passe à l’heure d’hiver pour faire des économies d’énergie et le 1er novembre, la mairie de ta ville installe des décorations lumineuses pour Noël que l’on peut voir depuis la lune.»  Anonyme

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.

 

 

France: bientôt un Divorce Nucléaire?

Le mariage entre l’Etat Français et l’industrie du nucléaire traverse une crise sans précédent. Si la mariée continue d’être dispendieuse, l’argent du ménage ne suffit plus.

Le basculement est d’autant plus foudroyant que les robots allemands et son Industrie 4.0 inquiètent les tricolores. Ils pourraient perdre la maîtrise du démantèlement des centrales ainsi que les milliards € et les emplois promis aux vainqueurs.

Ainsi l’annonce de Nicolas Hulot, sur la fermeture possible de 17 réacteurs, tient d’une logique autant financière que stratégique. Paradoxalement pour garder des emplois, Paris doit agir.


Un Mariage coup de foudre

Pendant des décennies, Paris a porté à bout de bras son industrie nucléaire quitte à imposer artificiellement des prix du kWh au-dessous de la moyenne européenne et d’utiliser l’argent des contribuables pour combler la différence.

Mais la/les centaine(s) de milliards nécessaires pour maintenir en vie certaines centrales, démanteler les plus dangereuses, trouver des solutions pour les déchets et couvrir les dettes monstrueuses du duo EDF-Areva sont totalement hors de proportion avec le budget de l’Etat.

De manière surréaliste et pratiquement le même jour, les français ont découvert le gel du budget de l’armée de 850 millions € et de leurs retraites, alors que le Gouvernement annonce le versement de 1,5 milliards € pour recapitaliser Areva et que 2 milliards € supplémentaires devront être ajoutés à la construction de 2 réacteurs AREVA-EPR sur le sol anglais.

Comme le proposait l’ancien directeur d’EDF, Henri Proglio, “le prix de l’électricité doit doubler afin de permettre l’assainissement des comptes et de faire face aux défis à venir”. Nicolas Sarkozy, en campagne électorale, avait humblement refusé cette décision impopulaire et laissé la patate chaude à son successeur.

 

L’Allemagne ouvre les hostilités

Avec l’arrêt de ses 17 centrales d’ici à 2022, les entreprises germaniques se sont mises au travail pour réaliser les robots et les outils spécifiques aux démantèlements de leurs réacteurs. A cet effet, les propriétaires de centrales ont provisionnés plus de 40 milliards € pour ces opérations ainsi que 22 milliards € pour s’occuper des déchets. Il est évident que Berlin désire utiliser la plus grande partie de ce pactole pour ses entreprises locales.

Le Japon s’est également lancé dans la course au démantèlement suivi par la Corée du Sud et les USA. Si dans ces pays les doses sont encore homéopathiques, Berlin, a l’avantage de s’attaquer à un nombre important d’unités afin «d’industrialiser les processus» et de remporter la guerre des coûts.

L’expérience acquise permettra aux Allemands d’exporter leur savoir-faire. C’est justement sur ce terrain que la France est attaquée.

 

France : l’efficience énergétique oubliée

Aussi cruel que cela puisse paraître, il devient de plus en plus évident que financièrement la France n’a pas les moyens de garder la totalité de son parc nucléaire.

Elle se retrouve dans la même situation que cet entrepreneur en faillite qui soulignait avec humour: «Je perds de l’argent sur chaque produit vendu, mais je me rattrape sur la quantité».

Poussée à utiliser un maximum d’électricité, la France n’a jamais activé un programme d’efficience énergétique et la marge de manœuvre est immense. Le gaspillage s’élève à 40% pour les particuliers et 45% pour les entreprises. Même avec un frein atomique, le français pourrait théoriquement et mathématiquement passer ce cap simplement en améliorant son efficience. De son côté, les entreprises françaises, très actives dans les technologies smart city, pourraient y trouver des opportunités d’emplois et de croissance.

Stratégiquement, l’arrêt de plusieurs centrales permettra à l’industrie française de ne pas perdre trop de terrain sur ses concurrents étrangers et de garder sa main d’œuvre qualifiée.

Cependant ce choix logique va se heurter à une culture du nucléaire ancrée profondément dans la fierté hexagonale et la crainte du changement.

La Suisse, l’Allemagne et bientôt la Corée du Sud ont fait ce pari. Pour Paris, ce divorce permettra peut-être la survie de sa mariée.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Dans cette revue:

– Trump: Restera, restera pas dans l’Accord sur le climat?
– Arabie Saoudite: des promesses d’achats pour 348 milliards $ aux USA
– OPEP: encore 9 mois de réduction de la production
– France: Le premier ministre, un ancien d’Areva
– Chine: Objectif 50 millions d’utilisateurs de vélos libres
– Danemark: Dong Energy propose un éolien sans subvention
– USA: Le dernier réacteur nucléaire de Three Mile Island va fermer


Suite à la rencontre de l’OPEP  et la tentative de faire remonter le baril, rien ne se passe. Le pétrole termine le mois à 51,84$ à Londres (51,73 avril) et 49.66$ à New York (49.33 avril).

L’uranium boude. Il redescend à 21.50$ (22.75$ avril).

Le thème de l’interro du mois est:  Si une nation ne produit pas assez d’énergie locale afin de supporter la demande de ces citoyens, alors elle doit mendier, acheter, échanger ou la voler à quelque part, ou faire face à son écroulement ou la famine jusqu’à ce que le nombre d’habitants atteigne un niveau durable. Loi fondamentale sur la survie nationale.

 

La France a un nouveau Président

Monde

Le monde attend la décision de Donald Trump: sortira ou sortira pas de l’Accord sur le Climat de Paris? Si les USA devaient se retirer, cela pourrait être une excellente nouvelle pour l’Europe et la Chine qui auraient l’occasion de profiler leurs entreprises dans le secteur des énergies du futur. Si les USA restent, les puissants lobbys du charbon, du pétrole et du gaz pèseront de toutes leurs forces sur le frein. A choisir, mieux vaut partir avec des gens motivés, les autres suivront.

Annuellement, la demande mondiale de pétrole est de 34 milliards de barils soit 5’400 milliards de litres ou 2 millions de piscines olympiques. Alors que le peak oil est tourné en dérision par certains, il n’y a pas besoin de faire plus de mathématique pour comprendre qu’à ce rythme, cette matière première s’épuise gentiment, mais sûrement.

L’Agence Internationale des Energies Renouvelables dénombre 9,8 millions d’emplois dans les énergies renouvelables à travers le monde en 2016 soit deux fois plus qu’en 2012 où l’on en comptait déjà 5 millions.

 

OPEP

Les pays membres ont décidé de reconduire pour 9 mois la réduction de production entamée en novembre. La baisse de 1,8 million b/j (barils/jours) durera jusqu’en mars 2018 et pour l’instant cette diminution est compensée par l’augmentation de la production américaine, de la Libye et du Nigeria.

La nouvelle aurait dû faire remonter les prix, mais comme “chat craint l’eau froide”, les investisseurs demandent pour voir.

Magnifique et hilarant dessin de Chappatte

Justement… les USA

Si les réalisateurs des séries West Wind ou de House of Card avaient décrit le Bronx qui règne à Washington, tout le monde aurait roulé les yeux. Là, on roule les yeux, mais ce n’est pas une série.

Après 100 jours à la présidence du pays, Donald Trump a réussi l’exploit de faire passer Georges W. Bush Junior pour un type intelligent. La grande crainte est de voir Mike Pence, l’actuel vice-président et futur Président, de faire passer Trump pour un gars brillant.

Durant le premier trimestre, la capacité des nouvelles éoliennes ont atteint 2’000 MW. Le Texas est le lieu de prédilection. L’éolien produit le 8% de l’électricité des USA.

Le pape François a réservé un geste fort pour les caméras lors de la visite du Président Trump au Vatican. Il a en effet offert à Donald Trump son encyclique Laudato Si’, «sur la sauvegarde de la maison commune», un texte marquant l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre le changement climatique.
François a également demandé à Mélania: “qu’est-ce que vous lui donnez à manger”? Trop fort ce Pape !

En 30 ans, les USA ont importé 91,2 milliards de barils de pétrole de 80 pays différents dont le Canada qui tient la tête du palmarès avec 17,3 milliards de barils.

La consommation électrique du pays stagne. L’arrivée des LED, des appareils moins énergivores et la baisse de la production industrielle sont les principaux facteurs. De son côté la consommation pétrolière a diminué de 2,4% sur les 12 derniers mois.

Murray Energy va fermer l’une de ces centrale et mine à charbon ainsi que licencier 255 employés dans l’Illinois. Les prix du gaz font des ravages parmi le charbon.

Puis que l’on parle de fermeture. La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island fermera en 2019 selon son propriétaire l’entreprise Exelon. La centrale, qui n’a plus qu’un réacteur en service depuis l’accident qui a vu le coeur de son autre réacteur fondre partiellement le 28 mars 1979, emploie 675 personnes.  Le groupe exploite 23 réacteurs nucléaires aux Etats-Unis et fait face à des problèmes de rentabilité à cause du gaz de schiste et aux énergies renouvelables bien plus économiques.

Douze centrales nucléaires américaines ont fermé ces dernières années et il reste 99 réacteurs en activité. Le business du nucléaire réside dans son démantèlement.

 

France

La puissante industrie du nucléaire a réussi à placer une pièce maitresse au sein du Gouvernement. Édouard Philippe, le premier ministre, est un ancien employé d’Areva. Son activité principale était de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome  Il avait voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité.

Total pense qu’un tiers des voitures produites d’ici à 2030 seront électriques. La demande pour le pétrole devrait atteindre son pic en 2030.

Avec 5,6 millions de véhicules vendus en 2016, le marché de l’occasion français est, en volume, deux fois et demi plus important que celui des voitures neuves.

La Commission européenne autorise EDF à prendre le contrôle d’Areva NP, la filiale du groupe nucléaire, rebaptisée New NP, qui assure la conception et la fabrication des réacteurs français (EPR, Atmea), mais aussi la maintenance de plus de la moitié des centrales dans le monde. En pratique, l’Etat français a simplement transvasé les actifs d’une entité à une autre. Aucun concurrent ne s’est offusqué de la transaction tant les comptes d’Areva sont dans le rouge et que le géant français ne fait peur à plus personne.

Le président Macron a croisé le fer avec Trump. Il n’y avait tellement rien à dire sur cette rencontre que les médias se sont focalisés sur une poignée de main digne des bacs à sable quand on était gamin.

 

Chine

On dénombre 16,9 millions d’utilisateurs de vélos partagés en Chine, un chiffre qui devrait grimper à 50 millions d’ici à la fin de l’année. Le vélo regagne des parts de marché face aux voitures engluées dans les bouchons.

Les clowns de l’agence de notation Moody ont mis leur nez rouge avant de descendre le niveau de rating de la Chine de A1 à Aa3. Motif : la croissance chinoise est en baisse.

On parle beaucoup de l’OPEP pour la stabilisation des cours du pétrole, mais la Chine pourrait être le facteur le plus influent. Sur la croissance de la demande pétrolière mondiale de +1,3 million b/j cette année, la Chine gobe 400’000 barils/jour.

Avec une consommation de 12,3 millions b/j, le pays du milieu s’est lancé sur les traces des USA tandis que sa production interne ne fait que de chuter -500’000 b/j en 12 mois. La Chine aurait-elle atteint son peak oil?

Cependant, les problèmes de dettes pourraient pourrir la croissance du pays. A vrai dire, sans la consommation de la Chine, le marché pétrolier ne peut pas survivre.

 

Arabie Saoudite

Lors du World Economic Forum en janvier, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih avait annoncé que grâce aux coupes de l’OPEP et de la Russie, la situation serait sous contrôle d’ici à juin 2017. Visiblement, le grain sable dans la machine s’appelle pétrole de schiste américain.

Afin de résoudre les tensions militaires aux Moyen-Orient, Donald Trump a une solution : vendre pour 100 milliards $ d’armes à l’Arabie Saoudite. Rien que le dire, ça va déjà beaucoup mieux.

Le Royaume a déjà fortement puisé dans ses réserves financières pour survivre. Des coupes dans le budget sont effectuées pour freiner la tendance. Les promesses de dépenses de plus de 348 milliards $ faites à Trump tombent de nulle part et pourraient simplement être un effet de communication sans lendemain, le temps d’un tweet.

Europe

Allemagne

La ville de Stuttgart, cœur de l’automobile allemande et la ville la plus polluée du pays, a confirmé son intention de restreindre sous conditions et les jours de pics de pollution, l’accès au centre-ville à tous les véhicules diesel antérieurs à la norme Euro 6.

En campagne pour sa réélection, Angela Merkel se positionne comme la seule à pouvoir faire face à Trump. Du coup, elle en a rajouté des tonnes avec la main sur le coeur de l’Europe. Est-ce que cette stratégie de communication lui permettra de lui donner une victoire?

 

Suisse

L’industrie Hydroélectrique avait demandé des subsides sous prétexte d’une baisse du chiffre d’affaires. L’opacité de la comptabilité des acteurs de la branche ne permet pas de vérifier si effectivement les grands producteurs perdent de l’argent ou pas. Pour l’instant, le parlement a refusé cette aide ce qui a déclenché une nouvelle vague de larmes de certains politiciens très (trop) proche des milieux concernés.

Un sondage des banques souligne que 95% des Suisses font confiance à ces mêmes banques. Ils les estiment solides avec du personnel compétent et bien formé.
C’est plus qu’avant la crise de 2008 (juste avant qu’une des banques «solide» se fasse sauver par les impôts des mêmes gens qui ont été sondés…) Pas rancunier le Suisse quand même. Les amendes records du Crédit Suisse et de l’UBS pour tricheries ne semblent également pas perturber les helvètes.

Glencore compte 155’000 collaborateurs et a choisi de s’établir en Suisse. Bref, ce serait ballot de détruire la planète et de devoir, en plus, payer des impôts!
L’entreprise minière traite plus de 90 matières premières dont le cuivre, le cobalt, le charbon et le pétrole. Mais ce géant est sous le feu des critiques pour prendre des largesses au niveau environnemental, des violations des droits humains et sur la santé notamment dans ses mines en Colombie, en Argentine, au Pérou et en Bolivie. Son CEO, Ivan Glasenberg, écarte tout ça de la main avec un «Nous sommes une entreprise responsable et non des spéculateurs». Autant de sincérité de la part d’un personnage aussi éthique que Glasenberg est touchant !

 

Danemark

L’entreprise danoise Dong Energy vient de céder ses activités de production d’hydrocarbures au pétrochimiste suisse Ineos pour 1,16 milliard d’euros. Ainsi, le leader mondial de l’éolien offshore se désengage totalement des énergies fossiles.

Dong propose la réalisation de fermes d’éoliennes avec des systèmes de stockage sans demander des subsides et montre que cette énergie devient concurrentielle face au charbon et à toutes les énergies fossiles.

 

Russie

Moscou respecte la diminution de production suggérée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP) et a diminué de 300’790 barils sa production par rapport à octobre 11,247 millions b/j. La prouesse russe réside plus dans sa capacité à monter sa production à 11 millions b/j qu’à revenir à une production normale de 10,9 millions b/j.

Gazprom Neft souligne ses progrès dans le développement du champ pétrolier Novoportovskoye situé dans le cercle Arctique. Un peu plus de 35 millions de barils ont été produits avec 85 forages. On ne connait pas le prix de revient du baril.

 

Dessin Chappatte

Les Amériques

Les USA: Schiste

Le nombre de forages continue à augmenter : 885 (449 il y a une année).

La production pétrolière de schiste continue de croître aux USA. Si le Bassin Permien attire tous les investissements, les autres régions voient une déjà une diminution des quantités extraites et les entreprises ont du mal à s’adapter à la rapide chute de production des puits.

 

Venezuela

La pieuvre, Goldman Sachs, a acheté pour 2,8 milliards $ d’obligations de l’entreprise pétrolière nationale Petroleos de Venezuela SA. La Banque Centrale du pays a vendu ces obligations pour 865 millions $. Les fonds vautours américains sont de retour.

La résilience du président Maduro crée de plus en plus le chaos dans le pays. Les chiffres d’exportations pétrolières ne sont plus publiés.

La National Oil Company n’arrive plus à acheter les diluants et produits chimiques qui permettent de liquéfier le pétrole très lourd du pays pour le transporter jusque dans les terminaux pétroliers.

La Russie a commencé à livrer du pétrole à Cuba pour remplacer les livraisons qui n’arrivent plus depuis le Venezuela.

De 1960 à 1989, Cuba recevait l’essentiel de son or noir de la Russie. Depuis Caracas et la Havane avaient trouvé un accord de troc médecins/pétrole. Dans la situation actuelle, Caracas n’arrive plus à honorer son accord.
De son côté, les USA exportent des quantités records vers les Caraïbes ce qui suggère que les pays qui importaient le crude vénézuélien ont quelques problèmes de livraisons.

 

Brésil

Ca sent de plus en plus le roussi pour le Président actuel qui pourrait devoir démissionner pour de sombres histoires de corruption.

La Chine s’intéresse de plus en plus au pétrole situé aux larges des côtes du Brésil.

 

Fonte du Glacier Larsen C dans l’Antarctique

Asie

Inde

Comme la grande majorité des pays, l’Inde ne va pas atteindre ses objectifs de réduction de CO2. Il y a deux ans le ministre de l’environnement avait introduit des niveaux de pollutions limites pour les centrales à charbon qui génèrent presque 80% de l’électricité du pays.

Ce mois, le ministre de l’énergie, Piyush Goyal, a annoncé que les 132 centrales à charbon, à 75% la propriété du gouvernement, n’atteindront pas ces limites et que pour l’instant rien n’a été fait. Motif: ce n’est pas à nous à faire des efforts, mais aux pays riches! On perçoit toute l’énergie positive dégagée par ce point de vue.

Par personne, l’Inde émet 1,59 tonne de CO2, 7,55 tonnes pour les chinois et 16,39 tonnes pour les fans de Trump.

 

Malaisie

Pour se conformer aux coupes de l’OPEP, la Malaisie stocke son pétrole dans une douzaine de tankers pétroliers au large de ses côtes.

Avec le prolongement de la diminution des quotas, l’équation semble détenir plusieurs inconnues.

 

Kazakhstan

Le pays pourrait produire 250’000 b/j de plus en développant de nouveaux forages d’ici à 2022. Le gisement de Kashagan, qui aura coûté la bagatelle de 50 milliards $, propulse actuellement la production du pays à 370’000 b/j.

 

Nouvelle publicité de Donald Trump: 100 jours

Moyen Orient

Iran

Les élections ont confirmé le président Hassan Rohani avec une majorité de 58% contre 37% pour son opposant un peu plus extrême.

Depuis la levée des sanctions, l’Iran a augmenté de 34% ses ventes de pétrole. Cependant une part de cette hausse provient de la vente de barils stockés sur des tankers durant les années de vaches maigres. Aujourd’hui, l’Iran n’a plus que sa production quotidienne à vendre et il semble que ses vieux forages trainent les pieds. Pour des raisons techniques, l’Iran ne devrait pas avoir de peine à limiter la production comme le demande l’OPEP.

Le ministre du pétrole, Bijan Zanganeh, annonce la mise aux enchères des gisements d’Azadegan, à la frontière avec l’Irak. Il pourrait être les plus juteux du pays. L’Iran espère attirer des investisseurs étrangers ainsi que des majors pour tenter de faire remonter la production et faire entrer des devises. Cependant, l’utilisation du dollar et la peur des banques européennes de faire du business avec l’Iran bloquent les ardeurs de chacun même si Dubaï permet de contourner les restrictions américaines.

 

Irak

Les norvégiens de DNO désirent doubler leurs activités pétrolières dans le nord du pays dans le territoire Kurde.

De nouvelles explosions ont fait de nombreux morts à Bagdad alors que la ville de Mossoul est toujours dans les mains de l’Etat Islamique.

La Dette, une explication de la Barbe

Afrique

Nigeria

Le gouvernement vient de fêter 3 mois sans exposition et sabotage des installations pétrolières par les milices. Il semble que la taille et le contenu des petites enveloppes soient suffisants pour maintenir la trêve. Le Nigeria pourrait augmenter ses exportations si la situation perdure.

Pour la deuxième fois, le pays a réussi à échapper aux quotas de l’OPEP afin de limiter la production du pays.

 

Phrases du mois

Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. Mayer Amschel Rotchschild, Le fondateur de la Banque Rotchschild

In the Energy sector, optimism is more important than facts. And, it’s essential for attracting investors. Alice Friedmann

The US will shoot itself in the foot if it quits the Paris climate accord because China, India and Europe will snap up the best power sector jobs in future, U.N. Environment chief Erik Solheim

On vous retrouve à la même place, même heure le mois prochain!

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

Sur le même sujet

Le Dossier complet sur Fukushima

 

Nucléaire : Au bord du gouffre, EDF fait un grand pas en avant

EPR-FlamanvilleLe Conseil d’Administration d’EDF a finalement donné son approbation au financement et à la construction des deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, Angleterre. L’entreprise française surendettée va devoir récolter plus de 15 milliards € auprès des contribuables français pour débuter ce chantier.

De son côté, le gouvernement du Royaume-Unis a pesé sur le bouton « pause » afin de réévaluer les termes d’un accord qui produirait le kWh le plus cher du marché : 12,5 ct € et qui permettrait à la Chine d’entrer sur son marché et in fine de contrôler une énergie hautement stratégique.

 

Comment est-il possible que les 60 milliards € de dettes partagées entre EDF et Areva n’incitent pas le gouvernement français à plus de réalisme et de prudence financière, d’autant qu’il faudra, selon la Cour des Comptes, proche de 100 milliards € pour remettre à niveau les centrales françaises et pour trouver une solution aux déchets?

Faut-il aller chercher une explication dans l’histoire d’un peuple qui adule le panache des projets pharaoniques à la hauteur du prestige tricolore comme l’étaient le canal de Panama, le Concorde ou Eurotunnel? Des prouesses technologiques dont le fiasco économiques ont été à la hauteur des investissements.

Où alors cette décision montre l’impossibilité pour le Gouvernement d’abandonner ce projet sous peine de condamner la filière du nucléaire française pourtant débordée sa complexité technologique.

 

La Chine met une pression virulente sur l’Angleterre

Pendant que les membres du board approuvaient les 24 milliards € d’investissement partagés 2/3  1/3 avec son partenaire chinois, la China General Nuclear Power Corporation (CGN), ils ont été pris à revers par la nouvelle Première Ministre Anglaise Theresa May qui « se donne le temps de se pencher sur un dossier complexe et délicat » et retarde la signature de l’accord.

Sa réponse devrait arriver avant l’automne avec en arrière fond des questions cruciales: est-il raisonnable de laisser des capitaux chinois financer un projet aussi stratégique qu’une centrale nucléaire, EDF a-t-elle les capacités techniques de réaliser ce projet et faut-il renégocier les tarifs excessifs promis par David Cameron ?

Le chef du cabinet de la Première ministre, Nick Timothy, a exprimé de profondes réticences, jugeant “incompréhensible” que le Royaume-Uni accepte des investissements chinois dans son réseau d’électricité compte-tenu des risques en matière de sécurité industrielle.

De son côté, Pékin a déjà montré ses muscles en mettant une pression virulente sur la Première Ministre afin d’accepter l’invasion chinoise. L’accord propose aux Chinois d’investir 6,5 milliards € avec l’option de construire des centrales nucléaires 100% made in China sur le sol anglais.

Cette pression insupportable confirme les craintes que la Chine n’hésitera pas à s’ingérer dans les décisions du Gouvernement Anglais grâce à l’arme énergétique.

Ce comportement est un signal d’alarme fort, non seulement pour la Grande-Bretagne, mais pour tous les autres pays en passe de vendre leurs actifs énergétiques au pays du milieu.

 

Une énergie trop chère

La question fondamentale pour l’Angleterre est de savoir si le pays est prêt à payer 12,5 centimes € le kWh pendant 35 ans, alors que le coût marginal de l’énergie renouvelable est de zéro ?

Cet accord, négocié par le gouvernement Cameron avant la chute des prix de l’électricité et de l’arrivée massive du renouvelable, inquiète l’industrie et les consommateurs anglais qui seraient financièrement pénalisés.

L’Angleterre est l’un des seul pays membre de l’Europe à avoir totalement privatisé son marché électrique et se trouve déjà dans une position plus qu’inconfortable à la merci d’EDF, E-On ou d’autres géants étrangers qui maîtrisent l’électricité dans l’île.

 

France: La puissante Ecole des Mines

Pour la France, le choix du nucléaire est autant stratégique que philosophique.

Le puissant lobby de l’Ecole des Mines a érigé le secteur nucléaire au rang de Religion. Après des années de matraquages médiatiques et publicitaires, le peuple français a fini par plier et reste amorphe face aux dérives du secteur.

A ce jeu-là, aucun politique n’ose s’y affronter sous peine d’être immédiatement disqualifié. L’arrêt d’une centrale s’identifie trop à la fermeture d’une usine et à son cortège de chômage même si l’activation de l’énergie verte créerait bien plus d’emplois.

Sans courage politique et sans vision, le Gouvernement n’a qu’une seule option : la fuite en avant.

 

Un Employé du nucléaire a plus de poids qu’un employé de l’industrie

Alors qu’EDF et Areva sont en faillite, c’est l’Etat français qui va devoir ratisser dans ses actifs pour redresser la barre. Il a déjà annoncé qu’il allait vendre ses actions dans Peugeot/PSA et ses grands fleurons de l’industrie française, pour payer l’ardoise. L’employé nucléaire semble avoir plus d’importance que le salarié de l’automobile.

Une autre option serait d’ajuster les tarifs de l’électricité sur les coûts réels de production, mais là encore, aucun homme politique ne semble avoir le courage d’affronter la révolte assurée, même si in fine c’est le contribuable qui passe à la caisse. En réalité, la France peut se targuer de produire l’électricité parmi la plus chère d’Europe.

 

Nul ne sait si les EPR fonctionnent

A contre-pied de ses concurrents, Areva a conçu un réacteur surpuissant capable de produire le double d’une centrale conventionnelle. Aujourd’hui, l’agilité des petites installations sont préférées surtout que la pénurie d’uranium menace et que les énergies renouvelables, le gaz ou le pétrole sont financièrement bien plus avantageux.

Le plus surréaliste dans cette histoire, c’est que l’EPR n’a encore jamais été testé alors que les chantiers de Finlande et de Flamanville, France restent enlisés.

Les deux premiers réacteurs pourraient être démarrés en Chine, à Taishan. Le premier réacteur a été construit par Areva et le deuxième par les chinois avec tout le sérieux du « made in China ». A ce jour, aucun test avec du combustible nucléaire n’a été réalisé. Personne ne sait si ce système fonctionne et encore moins à quels coûts !

Au bord du gouffre, EDF fait un grand pas en avant: pour le meilleur ou pour le pire?

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Inde: sur les traces énergétiques de la Chine
– USA: Tesla renonce à ses grandes batteries maisons
– Arabie Saoudite: ça devient rock&roll
– Monde: 200 tankers pétroliers bouchonnent les ports
– Venezuela: Après le pétrole, le manque d’électricité menace
– Nigeria: L’armée postée devant les stations d’essences

 

Après l’échec de la conférence de Doha sur le gel de la production de pétrole, le baril est étrangement remonté comme vous avez pu le voir dans votre station d’essence préférée: à New York, 45.92$ le baril (38.32$ mars) et à Londres 48.13 $ (39.26$ à la fin mars).

Pour fêter les 30 ans de Tchernobyl, l’uranium descend les escaliers quarte par quatre:  27.5$  (29.15$ à fin mars 2016).

 

Monde

Il y aurait 200 millions de barils stockés dans 100 à 200 tankers pétroliers qui se trouvent en attente dans les ports du monde entier. Imaginez un bouchon de 75 km de bateaux. Les ports du Moyen Orient sont particulièrement congestionnés par des tankers qui patientent plusieurs semaines avant d’être chargés. L’encombrement est tout aussi important en Chine, mais cette fois pour le déchargement.

La dette mondiale de l’industrie pétrolière se monte à 3’000 milliards $ dont 1’000 milliards $ dans des projets non rentables. Goldman Sachs pense que 2/3 es 400 plus grands projets mondiaux ont besoin d’un baril à 70$ pour être rentable. Si vous ajoutez à l’équation la quantité de CO2 contenue dans ces projets non rentable, est-ce que le jeu en vaut la chandelle? De plus en plus d’investisseurs désinvestissent des énergies fossiles et le charbon semble être la première victime aux USA, en Chine et en Europe.

Un rapport publié par l’AAPG anglais (All-Party Parliamentary Group) pense que le peak oil sera atteint en 2025 et prévoit l’effondrement de l’économie dû à l’épuisement des ressources. A part cette annonce un tantinet dépressif, le rapport a le mérite de pointer du doigt le fait que le risque d’effondrement ne repose pas sur l’épuisement des ressources mais sur le fait qu’il devient de plus en plus onéreux d’extraire des matières premières de moins en moins bonne qualité.

175 pays se sont réunis à New York pour signer l’accord sur le climat. Les 3 premiers mois de 2016 ont été de loin les plus chauds depuis le début des mesures il y a 136 ans.

2016_04_TTIP_Renard

Europe

L’Europe est noyée dans une surproduction de diesel. N’allez pas penser que les constructeurs automobiles ont réussi à concocter des véhicules diesel peu gourmands. Après les Allemandes, c’est au tour de Nissan d’avouer une tricherie lors des contrôles.

Angleterre

Le géant pétrolier BP s’est fait chahuter lors de sa traditionnelle Assemblée Générale annuelle. L’augmentation de salaire de son CEO, Bub Dudley, qui voit son chèque passer de 16,4 à 20 millions $ a été remis en question par les actionnaires alors que l’entreprise a perdu 5,2 milliards $ en 2015. C’est ballot de s’offrir une augmentation de 20% alors que vous devez licencier des milliers d’employés pour diminuer vos coûts. In fine, l’obole est passée.

 

France

L’Etat doit injecter 3 milliards d’euros pour la recapitalisation d’EDF d’ici à février 2017. Pour Areva, l’augmentation de capital est chiffrée à 5 milliards d’euros des français soit 285 € par ménage ou une augmentation de 6,5 centimes € le kWh. Comme cela passe via les impôts, la France peut toujours se targuer d’offrir des factures d’électricité allégées en comparaison européenne.

Paris a vécu son premier Grand Prix de Formule E (voiture électrique). Une formule E consomme au maximum 56 kilowattheures (kWh) en course avec une puissance du moteur limitée à 200 kW. Belle évolution depuis les débuts du championnat.

 

Suisse

La Banque Nationale Suisse a vécu une Assemblée Générale mouvementée. Parmi les questions des actionnaires, les investissements dans le schiste américain ont été soulevés. Pour l’instant, la question est balayée d’un revers de main, mais devant l’impopularité de ces investissements, les Cantons actionnaires vont devoir réagir surtout que la Banque a déjà perdu plusieurs centaines de millions $ et la facture finale pourrait avoisiner le milliard et demi.

GreenPeace lance une pub originale contre les vieilles, très vieilles centrales nucléaires suisses. Un énorme panneau de signalisation a été créé dans un champ à l’approche de l’Aéroport de Zürich.

2016_04_Beznau_GreenpeaceLe plus vieux réacteur nucléaire au monde: 22 km

Russie

La Russie a encore augmenté sa production pétrolière à 10,91 millions b/j en mars. Ce chiffre pourrait marquer le pic de production du pays, mais depuis le temps que je le dis, je commence à vraiment avoir l’air bête! Ils sont vraiment taquins ces russes.

Le rouble a repris des muscles et remonte à 66 roubles pour 1$ (80 il y a quelques mois). L’économie devrait mieux s’en sortir cette année mais les investissements étrangers font défauts et les dépenses en Syrie n’aident pas.

Les efforts de Moscou, pour doubler la capacité du gazoduc Nord Stream qui transporte le gaz de la Mer Baltique en Europe de l’Ouest, rencontrent l’opposition de l’Europe qui aimerait diminuer sa dépendance envers la Russie.

 

Hollande

Ben van Beurden, CEO de Royal Dutch Shell, a perçu 24,2 millions € en 2014 et seulement 5,6 en 2015 car l’entreprise est à la peine.

ExxonMobil et Royal Dutch Shell ont dépensé 115 millions $ par an pour obstruer les politiques de changement climatique selon Influence Map

2016_04_Depense_Lobby_ClimatPour voir le graphique

Les Amériques

USA

Le lobby pétrole, gaz, pétrole du pétrole ont contribué à hauteur de 5.3 millions $ à la campagne d’Hillary Clinton. Sur les 57 entreprises, 43 ont donné le montant maximum autorisé par le règlement américain.

Le Département de la Justice américain pourrait empêcher la fusion entre Haliburton et Baker Hughes pour des raisons monopolistiques.

Discrètement, Tesla a retiré de son catalogue sa batterie de stockage d’énergie solaire de 10 kWh pour les particuliers. Trop compliqué ou trop cher? Pas de réponse d’Elon Musk. Par contre la batterie de 7 kWh est sur les rails.

Schiste américain
Alors que les faillites continuent, les entreprises possèdent de nombreux puits forés mais pas encore en exploitation. En faillite, mais sous la protection du Chapter 11 qui protège des créanciers, cela vaut toujours le coup de tenter sa chance et d’exploiter un puits. Avec la quantité d’argent reçu par Wall Street et les grandes banques/fonds comme UBS, Wells Fargo, JP Morgan, Bank of America, BlackRock les entreprises sont assises sur des montagnes d’argent.

Halliburton va couper 6’000 postes.

Schlumberger a déjà sabré 36’000 emplois depuis juin 2014 et ça continue.

 

Canada

PetroChina va débuter l’exploitation de sables bitumineux à MacKay River dans l’Alberta. Le projet avait été lancé quand le baril frisait les 100$. Pour l’instant, l’extraction tourne au minimum pour ne pas trop perdre d’argent surtout que 3,9 milliards $ ont déjà été engloutis.

Le Canada a exporté 3,2 millions b/j aux USA en 2015 (+10%) alors que les USA importent 7,4 millions b/j. Washington est encore assez loin de l’indépendance énergétique.

 

Mexique

Le Gouvernement va injecter 4,2 milliards $ dans son champion pétrolier Pemex afin de payer les retraites des employés. La 8ème majors pétrolière mondiale se trouve dans une situation délicate avec la chute des prix et l’assèchement des gisements qui réduisent ses revenus. Pemex reporte une perte de 32 milliards $ en 2015.

 

Brésil

La présidente Roussef a été priée de regarder les Jeux Olympiques à la maison. Certains annoncent un coup d’Etat et pointent du doigt les USA qui voient d’un bon œil un revirement à droite de l’Amérique Latine. Ce qui est sûr c’est que le Président ad’interim, Michel Temer, possède lui aussi des casseroles via la compagnie pétrolière PetroBras.

Statoil (Norvège), Repsol Sinopec Brasil (Chine) et Petrobras ont réussi leurs forages dans le bassin de Campos. Le consortium pourra extraire 4’000 barils par jour en passant à travers l’épaisse couche de sel des profondeurs de l’Océan. A cette profondeur et à travers le sel qui détruit les instruments de forage, c’est à la fois une prouesse technologique et un gouffre financier.

 

Venezuela

Le pays est financièrement le plus mal en point de tous les pays de l’OPEP. La grande partie des 2,3 millions b/j extraits sont exportés vers la Chine pour rembourser la dette détenue par Pékin.

L’inflation devrait atteindre les 500% en 2016.

Le barrage hydraulique Guri n’a plus que 2 m d’eau au-dessus de ses turbines et les coupures d’électricité pourraient paralyser le pays. Le président Maduro a imposé une coupure de 4h par jour dans 10 des 23 Etats du pays. La surproduction du barrage serait la cause et s’il ne devait plus produire, une grande partie du pays serait concernée. Un pays sans électricité ne peut plus fonctionner normalement pendant bien longtemps.

2016_04_TTIP_MickeyLe traité TransAtlantique TTIP – TAFTA entre les USA et l’Europe

Asie

Chine

Bien qu’en baisse de 4,5%, la production chinoise de charbon s’est élevée à 294 millions de tonnes en mars. Durant le premier trimestre 2016, la Chine a produit 1’355 milliards kWh et 77% à base de charbon.

La Russie est devenue le plus grand fournisseur pétrolier de la Chine avec 1.09 million b/j pour 1.03 pour l’Arabie Saoudite.

Saurez-vous compléter la suite de la série? Le PIB chinois des 7 derniers trimestres selon Pékin : 7,1% ;  7,2% ;  7,0% ; 7,0% ; 6,9% ; 6,8% et 6,7%.

La consommation d’électricité a augmenté de 1,8% durant les 12 derniers mois au lieu de +10% dans lors périodes précédentes.

 

Inde

Niveau consommation d’énergie, l’Inde est la nouvelle Chine. Tous les indicateurs sont à la hausse, y compris ceux de l’économie.

Le pays a importé +6,7% de pétrole en 2015 et consomme 4,05 millions b/j. Les nouvelles voitures économiques et l’électrification sont en train de faire exploser la demande de pétrole dans le pays.

L’Inde aimerait investir 20 milliards $ dans l’industrie énergétique iranienne afin d’importer du pétrole et du gaz avec des conditions favorables. On se réjouit de voir les négociations entre des indiens qui peinent à respecter des accords signés et les iraniens champions de la négociation.

2016_04_dessin-kakIf you want que je reste, il faudrait faire a litte plus d’efforts, my friends
Dessin KAK

Moyen Orient

Iran

Si quelqu’un à une boule de cristal pour découvrir si Téhéran a les capacités d’augmenter sa production à 4 millions b/j d’ici à la fin de l’année. Mais pour l’instant, l’Iran a de la peine à trouver des tankers disponibles. La moitié de sa flotte de 60 tankers est utilisée pour stocker le surplus et les autres trainent dans les files d’attentes dans les différents ports dans l’espoir d’être vidé.

Le PIB de l’Iran devrait augmenter de 4% cette année. Téhéran tente de rapatrier l’argent de ses ventes de pétrole. A cause des sanctions, 6,5 milliards $ sont encore bloqués à l’étranger.

Le problème de l’Iran est de trouver des investisseurs qui désirent prendre le risque d’investir dans les installations pétrolières et gazières surtout que la question d’autoriser des compagnies étrangères à participer au partage des revenus n’est pas encore tranchée au sein du Gouvernement.  Les dernières propositions faites aux majors étrangères sont tellement défavorables que même un labrador refuserait de ronger cet os.

Arabie Saoudite

La débâcle de la conférence de Doha reposerait sur les épaules du Roi Salman d’Arabie Saoudite. Avant la conférence, les ministres du pétrole de la Russie et de l’Arabie Saoudite avaient trouvé un accord. Pas de bol, le Roi et son Prince de fils auraient mis leur véto et demandé que l’Iran gèle également la production.

Un « Plan National de Transformation » a été mis au point pour diminuer la dépendance du pays face au pétrole avec la mise sur pieds d’un fonds de 2’000 milliards $ et la création d’emplois autre que dans l’or noir.

La famille Royale espère augmenter les revenus non pétrolier à 100 milliards $ d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, la vente de 5% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, est sur le tapis.

Pour y arriver, le pays commence par affronter les vents contraires. Pour l’instant, les prix du baril ne permettent pas à Ryad de réaliser ce matelas. La diminution des subsides généreusement versés aux citoyens et l’augmentation des taxes ne vont pas renforcer la côte d’amour du nouveau roi.

Son Prince de fils pense que le pays est capable d’augmenter la production pétrolière de 10 millions b/j à 11,5 immédiatement et à 12,5 dans les 6 mois. Info ou Intox?

Les USA menacent de publier les 28 pages de rapport sur l’implication du gouvernement d’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Si Washington le fait, l’ambiance va être chaude surtout que les Saoudiens menacent de retirer leurs pétrodollars investis dans la dette américaine. Heureusement que Trump va régler tout ça.

 

Irak

Les efforts pour créer un nouveau cabinet dans le gouvernement se poursuit surtout que la corruption de 20 officiels via la Northern Oil Company n’arrange pas les affaires. La corruption est le plus grand frein à la création d’un nouveau gouvernement pendant que le puissant chef religieux Muqtada Sadr s’impatiente.

Les revenus pétroliers de l’Etat Islamique semblent diminuer.

Dans le Sud pétrolifère du pays, les esprits s’échauffent. Le Sud montre une envie certaine de garder ses revenus pétroliers et d’arrêter de financer le gouvernement de Badgad. Une division du pays en plusieurs parties revient dans les agendas.

 

Lybie

Les américains et les Européens ne laisseront pas tomber la Lybie. Il y a trop de pétrole en jeu. L’Etat Islamique a rencontré quelques victoires dans le pays mais l’opposition n’est pas féroce. Les opérations ont également touché les infrastructures pétrolières dont le port de Brega. Ca c’est plus agaçant.

Pour simplifier la donne, un 3ème gouvernement s’est déclaré Gouvernement officiel. La Libya National Oil Company semble être sous le contrôle de ce nouveau gouvernement, mais c’est la Banque National qui collecte les revenus pour les distribuer aux 3 différents gouvernements. Pas facile à expliquer et encore moins à vivre.

 

Afrique

Nigéria

La police et les soldats ont été déployés aux stations d’essence pour maintenir l’ordre car les carburants se font de plus en plus rares alors que le pays est le plus grand producteur pétrolier africain.

Cette pénurie a doublé les prix dans le pays le plus peuplé de l’Afrique. La pénurie de diesel impact encore plus le pays car une grande partie de l’électricité est générée avec du diesel.

 

Phrases du mois

Le ministre du pétrole saoudien Ali Al-Naimi suggère à l’industrie mondiale “d’enlever sa « Dark Side » (face sombre) et de montrer une image de bien «force of good». Comme industrie, nous devrions célébrer ce fait et mieux expliquer l’importance de cette ressource précieuse.

L’incursion de la banque américaine Wells Fargo dans le schiste montre combien Wall Street a mal évalué les risques cachés d’un type de production pétrolier ésotérique et financé en pensant qu’il était imparable.   Asjylyn Loder, Bloomber News, pétrole de schiste

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

250 milliards € pour fermer les Centrales Nucléaires

250 milliards pour fermer les Centrales Nucléaires

A l’heure où les Forces Motrices Bernoises vont fermer leur centrale nucléaire de Mühleberg en 2019 et qu’Axpo et Alpiq veulent donner une impression de faiblesse financière, la Commission Européenne estime qu’il faudra plus de 250 milliards € pour fermer et désaffecter les 129 réacteurs nucléaires en activité actuellement dans 14 Etats de l’Europe.

Dans une Europe endettée, cette nouvelle n’arrive pas au moment opportun et l’on comprend l’envie de certains de repousser le moment de passer à la caisse et de refiler le dossier aux générations futures.

A ce jour 89 réacteurs nucléaires fermés sont en phase de décontamination et 3 réacteurs ont jusqu’ici été complètement démantelés.

La Commission estime à 123 milliards euros pour le démantèlement des centrales et 130 milliards euros pour la gestion des déchets nucléaires. Par rapport à la précédente estimation de 2008, les chiffres ont progressé de 47%.

 

Une équation à plusieurs inconnues

Cependant, la grande question est: est-ce que ces chiffres sont fiables car il y a très peu d’expérience dans le démantèlement des réacteurs nucléaires et aucun pays n’a encore trouvé de solution au niveau des déchets.

Les propriétaires de Centrales auraient couvert le 50% de ces investissements mais de nombreuses centrales vont arriver en fin de vie dans les années à venir. Il n’est pas improbable que les Etats vont devoir puiser dans les impôts pour couvrir l’imprudence des propriétaires de centrales.

L’âge moyen des réacteurs est de plus de 30 ans. La question devient de plus en plus brûlante.

 

La France en grande difficulté

Du côté français, la Cour des Comptes a estimé à 100 milliards euros la remise en forme des centrales d’ici à 2025. Il faudra également 100 autres milliards euros à EDF pour décommissionner ces centrales alors que seuls 23 milliards euros sont provisionnés.

L’exercice se complique quand l’on découvre que la dette actuelle d’EDF se monte à 37 milliards euros, que le gouvernement Hollande propose de baisser les prix de l’électricité et que le géant français pourrait dépenser 25 milliards € pour la construction de deux centrales en Angleterre. On a beau tourner les chiffres dans tous les sens, ça ressemble à une mission impossible.

 

L’Allemagne est la première à faire face à cette montagne et ce défrichage est observé de très prêt. En tout cas, cette étape fait peur et il pourrait être un frein de plus pour remplacer les vieilles centrales par des nouvelles unités. En tout cas cette étape devra être réalisée avec transparence même si les mots “transparence” et “nucléaire” sont rarement utilisés dans la même phrase.

Mais tout évolue!