Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: Le baril a perdu plus de 30$ depuis octobre
– France: Les gilets jaunes bousculent le gouvernement
– OPEP: La Russie pourrait se joindre au cartel
– Techno: Un taxi sans chauffeur vient vous chercher
– Australie: Le Premier Ministre se frite avec les écoliers
– Russie: Le pays relie la Turquie et la Chine avec ses gazoducs
– Japon: Les déchets de Fukushima balancé dans le Pacifique
– USA: Le schiste américain bientôt à 7 millions de barils/jour.
– Iran: Le chinois CNPC remplace le français Total


Très grosse grosse gamelle du pétrole. Depuis le début octobre, il a presque perdu 30$. Tout le monde le voyait passer de 87 à 100$. Badaboum, on le retrouve à 59,46$ à Londres (75,91$ fin octobre) et à 50,93$ à New York (66,18$ fin octobre).

L’Uranium se stabilise après de fortes hausses suite à des problèmes d’extraction. Il passe la barre des 28 à 28,4$ (27.60$ fin octobre).

 

Graphique du mois: Impact de la hausse du prix des carburants en France

Planète

En 2017, le taux d’émission de CO2 est reparti à la hausse pour arriver au niveau record de 405 ppm.

Nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz ou de charbon. Sur cette note, la Xème Conférence sur le Climat a débuté en Pologne. Voilà, tout est dit sur cette rencontre. Celle de 2019, prévue au Brésil, a été annulée par le nouveau président Bolsonaro.

Les océans ont emmagasiné 60% de chaleur de plus que les estimations précédentes.

 

OPEP+

La réunion du 6 décembre pourrait déboucher sur un tour de vis de la production. L’Arabie Saoudite et la Russie ont atteint des niveaux record d’extraction pendant que les prix se sont pris les pieds dans le tapis pour baisser de 30$ en quelques semaines.

En parallèle et dans l’ombre, l’accord entre Trump et le Prince Héritier MbS : «je ne dis pas que tu as ordonné le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et tu continues à pomper du pétrole afin de garder les prix bas» apporte de la confusion. Les deux hommes vont se rencontrer à la réunion du G20 à Buenos Aires.

L’idée, qui flotte dans l’air, est de retirer, petit à petit, 1 million barils/jour (b/j) des marchés. Cependant Riyad ne veut pas être seul à faire des efforts.

Moscou pourrait officialiser une alliance avec l’OPEP. Du coup, Moscou et Riyad pourraient prendre les décisions pour l’ensemble du groupe. L’ambiance risque d’être optimale.

Le Département de la Justice Américaine est en train de revisiter les règles anti-trust concernant l’OPEP. Nom de code de l’opération: «No Oil Producing and Exporting Cartels Act». En gros, l’idée est de démanteler l’OPEP.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

Pétrole

La baisse des prix du baril convient au pickup truck de Joe America et aux gilets jaunes. Cependant,  ce nouveau yoyo ne va pas apporter les centaines de milliards $ nécessaires à l’industrie pétrolière afin de garantir l’offre face à la demande d’ici à 2020.

Même si la situation actuelle constate une légère surproduction, la tendance générale pointe vers une pénurie dès 2020.

Les pays qui ont atteint le peak oil : Algérie 2015, Angola 2016, Australie 2000, Azerbaïdjan 2009, Chine 2015, Equateur 2014, Guinée Equatoriale 2005, Indonésie 2016, Mexique 2013, Hollande 1987, Oman 2016. Reste USA, Russie, Arabie Saoudite, Brésil, Libye, Irak, Iran, Venezuela et Canada pour faire durer le rêve.

Une grande partie des nouvelles extractions pétrolières proviennent des champs de schiste aux USA, +7 millions de barils/jour (b/j). Si les promesses du schiste ne seront pas tenues, vaudra mieux passer directement au chapitre ci-dessous.

 

Voitures Electriques

Les capacités des batteries ne cessent d’augmenter. Si les limites du Li-ion semblent approcher, NantEnergy a annoncé la commercialisation de sa air-zinc batterie.

Dès 2020, Kia Motors et Hyundai vont introduire des toits solaires afin d’accroitre l’efficacité de leurs modèles hybrides et électriques.

25 villes concentrent 1,4 millions de voitures électriques sur les 3,1 en circulation. Les villes chinoises sont largement en tête avec 11 villes dans le top 25. La tendance est d’offrir des places spécifiques et des bâtiments pour effectuer les recharges.

 

Charbon

Si l’Europe et les USA réduisent la quantité de centrales à charbon pour la production d’électricité, l’Asie surcompense largement cette baisse avec 2’000 GW en opération ou en construction.

La moyenne d’âge des centrales à charbon européennes et américaines est de 42 ans. En Asie, elle est de 11.

On vit une époque formidable. L’équipe de foot américain d’Alabama
a fait appel à 2 hélicoptères, pendant 2 heures, pour sécher la pelouse avant leur match.

 

 

Dans les pays hit du mois:

USA

La production pétrolière américaine a atteint 11,3 millions b/j en août. En une année, les USA ont ajouté 2 millions b/j.

Le département de l’intérieur américain étudie l’ouverture prochaine de l’Arctique pour l’exploitation pétrolière.

Les bénéfices d’ExxonMobil ont grimpé à 6,24 milliards $ au 3ème trimestre, cependant la production pétrolière a diminué de 3% à 3,8 millions b/j. L’extraction de gaz a diminué de 4%. Durant les 10 derniers trimestres, c’est le 9ème trimestre qui voit la production d’Exxon reculer.

Les citoyens de la Floride ont voté à 68% contre l’exploitation pétrolière et gazière dans les eaux territoriales. De leur côté, les citoyens du Colorado ont refusé à 58% de garder une distance de sécurité de 1’000 m. des écoles, parcs et sources d’eau pour les forages de schiste. Les producteurs ont mis sur la table un budget marketing de 30 millions $ pour obtenir ce résultat.

Waymo, la start-up de Google-Alphabet, a obtenu l’autorisation d’utiliser ses taxis autonomes sans chauffeur. Oui, un taxi qui vient vous chercher et vous conduit à destination sans chauffeur! Le permis est donné pour tester le système dans les villes et sur les autoroutes à une vitesse maximale de 100 km/h.

La production d’énergie par l’éolien et le solaire représente 1,5% de la demande américaine.  La Virginie a exporté 3,71 millions de tonnes de charbon en octobre, +20,2%.

General Motors va fermer 7 usines dont 4 aux USA et se séparer de 14’000 employés. Les modèles les plus vendus restent les pickups truck et les SUVs soit les deux types de véhicules les plus gourmands.

Un mois après le passage de l’ouragan Florence, l’Etat de la Caroline du Nord a décidé de respecter l’accord sur le climat de Paris et de réduire ses émissions de 2005 de 40% d’ici à 2025. 16 autres Etats américains ont déjà rejoint cette alliance. Les villes et les régions ont moins d’inertie que les pays afin de prendre des décisions sur le climat.

Les conditions climatiques comme l’ouragan Harvey, les inondations et les feux de forêts ont généré pour 306 milliards $ de dégâts en 2017. L’ancien record a été battu de 90 milliards. Avec les incendies qui viennent de ravager la Californie, le millésime 2018 devrait être un bon cru.

Le Minnesota pourrait produire 70% de son électricité grâce au soleil et au vent d’ici à 2050. Les investissements seraient identiques à une solution basée sur le gaz. Aujourd’hui l’Etat produit 20% d’éolien et 1% de solaire.

General Motors, le constructeur automobile, élargit sa gamme en proposant un vélo électrique pliable! Bon, la bête n’est pas vraiment sexy, mais c’est déjà bien pour un constructeur auto. La compagnie recherche un nom. Vous pouvez y participer  eBikeBrandChallenge.com histoire qu’ils utilisent votre adresse e-mail pour vous refiler ce vélo une fois en vente.

Arabie Saoudite

Sous pression de Donald Trump, l’Arabie a extrait une quantité record de pétrole à presque 11 millions b/j. Le concept de base voulait que Riyad compense la diminution de pétrole iranien à cause de l’embargo américain.  En cours de route, Trump a changé d’avis et autorisé l’Iran a exporter plus de pétrole que prévu. Aujourd’hui, c’est un double effet Kisscool avec une chute de 30$ du baril.

Riyad pourrait retourner à un niveau normal de production. Cependant, une baisse de production couplée à la baisse des prix du baril pourrait voir les budgets du pays virer au rouge vif.

Selon le FMI, le train de vie de la famille royale nécessite un baril à 88$.

Le Prince héritier Mohammed bin Salman (MbS) est sous les feux des projecteurs suite à sa décision d’éliminer le journaliste Khashoggi. Grâce à la situation géopolitique et à sa puissance financière, il a obtenu les faveurs du président Trump. (voir la parfaite illustration de Chappatte) . Pour redorer son aura, MbS effectue une tournée mondiale pour réaffirmer l’importance du pétrole dans l’économie mondiale. On le retrouvera au G20 en Argentine.

Le ministre du pétrole, Khalid al-Falih, a suggéré de diminuer les extractions de pétrole de 1,4 million b/j. Bon, ça c’était avant que Trump envoie un Tweet et tienne les coudes MbS.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

D’ici à 2030, le Parlement Européen a confirmé les objectifs: 32% d’énergie renouvelable et 32,5% d’efficience énergétique.

Les émissions de CO2 de l’aviation ne sont toujours pas comprises dans les calculs.

 

Espagne

Le gouvernement a supprimé la possibilité d’exploiter du pétrole ou du schiste sur son territoire.

Le pays ambitionne d’avoir 100% d’électricité renouvelable d’ici à 2050 et d’abandonner les énergies fossiles. Les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 90%.

Madrid prévoit d’installer 3’000 MW/an d’énergie solaire ou éolienne durant les 10 prochaines années.

 

Russie

La production Russe continue à croitre à 11,5 millions b/j. Moscou pourrait rejoindre l’OPEP+ avec un partenariat qui restera à définir. Est-ce que Vladimir Poutine acceptera de diminuer sa production pour faire regrimper les prix du baril ?

La croissance Russe a atteint 2,5% en novembre. L’agriculture, le gaz et le pétrole, l’industrie et la construction soutiennent cette croissance. Avec la chute du baril, cette tendance sera remise en cause.

Gazprom a cessé ses ventes aux enchères de gaz. Toute la production 2018 est vendue. En septembre, Gazprom avait lancé ce système pour vendre au meilleur prix son gaz à l’Europe.

L’ambiance entre l’Ukraine et la Russie est montée d’un ton grâce à l’accrochage entre navires militaires dans la mer d’Azov. Difficile de dire qui a fait quoi et où mènera cet incident.

 

Turquie

La Turquie et la Russie ont célébré l’inauguration d’une partie du gazoduc Turkstream qui relie les deux pays en traversant la Mer Noire. Le gazoduc permettra de créer un hub énergétique en Turquie et de court-circuiter l’Ukraine pour les livraisons de gaz en Europe. A partir de la fin 2019, 31,1 milliards m3/an pourront y transiter.

La Turquie consomme actuellement 16 milliards m3 et à terme, il n’est pas impossible qu’Ankara aspire l’entier de ce gazoduc, laissant des miettes à l’Europe. La Bulgarie, qui importe 100% de son gaz à la Russie, s’est proposée comme porte d’entrée pour l’Europe.

Le gazoduc Nordstrean II qui contourne l’Ukraine et livre le gaz à l’Allemagne aura à terme une capacité de 55 milliards m3/an et 121 milliards kg de CO2.

L’éolienne O-Wind a gagné le James Dyson Award 2018

 

France

Les gilets jaunes ont pulvérisé toutes les prévisions. Sans aucune stratégie énergétique solide sur le chauffage au fioul, au gaz et la sortie du pétrole, le gouvernement s’est fait tirer, à juste titre, les oreilles par les citoyens.

Le gouvernement a demandé à EDF de réfléchir sur son avenir et d’éventuellement d’embrasser la production d’énergie verte au lieu de résister. Le géant va tenter d’imaginer une transition de ces vieux réacteurs nucléaires. Dans l’air, flotte l’idée de séparer l’entreprise en deux parties comme les allemands E-on et RWE. Une partie polluante et risquée (fossile et nucléaire) l’autre verte.

Les prix du gaz naturel ont augmenté de 2% pour la cuisine et de 6% pour le chauffage. Si on peut se féliciter de l’augmentation de cette énergie fossile destructrice pour le climat notamment pour ses émissions de méthane, il est à souligner que les marges des fournisseurs sont impressionnantes. Elles représentent entre 5 à 8 fois le prix d’achat. Quand un fournisseur achète son gaz entre 1,5 euro le kWh il le revend entre 7 et 10 € aux citoyens. Pour réconforter nos amis français, les marges des fournisseurs suisses sont encore plus confortables.

Le gouvernement a donné son feu vert à l’exploitation de 2 parcs éoliens. C’est le chouchou de la classe, Engie, qui bénéficie de cette bénédiction. Ainsi, 62 éoliennes vont émerger aux îles d’Yeu et de Noirmoutier (Vendée) et l’autre au large du Tréport. Engie devrait produire 1’900 GWh d’électricité par an soit pour  790’000 personnes.

Pour sa part, le projet de Dieppe-le Tréport doit rassembler lui aussi 62 éoliennes. Le parc sera supervisé par…. surprise! Engie! Il produira 2’000 GWh par an, ce qui représente la consommation électrique annuelle d’environ 850 000 personnes, soit environ les deux tiers de la population de la Seine-Maritime.

Le géant du voyage de croisière, l’américain Carnival a été condamné à Marseille pour pollution de l’air. Le capitaine de l’Azura a été condamné à 80’000 € d’amende pour «utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air».

 

Allemagne

Vattenfall, propriété du gouvernement suédois, propose de transformer ses centrales à charbon allemandes en centrale à gaz. La centrale de Moorburg, ouverte il y a 3 ans pour alimenter Hambourg, est incluse dans ce plan. Cependant, le méthane du gaz naturel n’offre pas une bonne alternative pour le climat.

En décembre 2018, l’Allemagne va annoncer son plan pour sortir entièrement du charbon d’ici à 2030. Le pragmatisme allemand pourrait inspirer la France.

Les ventes de voitures sont en baisse et l’Economie s’est contractée de 0,2% depuis septembre. L’objectif de croissance annuel devrait se situer vers les 1,6% pour 2018.

Volkswagen tente d’éparpiller plus de 200’000 voitures neuves dans différents parking à travers l’Europe. Plus de 80%, sont vendues mais ne sont toujours pas capable de respecter les standards de pollution.

D’ici à 2030, VW annonce vouloir investir 50 milliards $ dans les voitures électriques autonomes. Le géant allemand va collaborer avec l’américain Ford. Est-ce que cela sera suffisant face à la progression des nouveaux constructeurs automobiles chinois ?

 

Angleterre

Des trains à hydrogène pourraient être mis en circulation dans les années à venir. Le mois dernier, l’Allemagne a initié cette tendance. Actuellement, les trains à hydrogène sont plus onéreux à l’utilisation mais nettement moins polluant que les trains diesel. Il ne faudra certainement que quelques années pour les rendre financièrement avantageux.

 

Suisse

La banque Crédit Suisse a de nouveau été pointée du doigt pour ses investissements dans les énergies fossiles très sales comme les sables bitumineux ou le schiste. Des citoyens ont occupé les succursales de Genève, Lausanne et Bâle et ont mimé des matchs de tennis. «On veut informer Federer des investissements de la banque dans les énergies fossiles, et on l’invite à s’en distancier».

Plus de 20 économistes des hautes écoles condamnent les investissements de la Banque Nationale Suisse dans les énergies fossiles. La BNS possède plus de 7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines actives dans le charbon, le pétrole ou le gaz. On pourrait argumenter que la rentabilité n’a pas de prix. Même pas! La BNS a déjà perdu plus de 1,5 milliards $ dans ce domaine.

Si on ajoute l’implication soutenue de l’UBS dans le pétrole, c’est tout le système bancaire suisse qui est gangréné par les industries fossiles.

C’est dans la ville de Bienne, que la mini-voiture/vélo en partage Enuu a débuté sa vie. Le véhicule est doté de quatre roues et d’une coque intégrale qui protège le conducteur des intempéries. Il dispose non pas d’un volant mais d’un guidon et pèse moins de 200 kg. Il peut utiliser les pistes cyclables et se garer sur les places vélos. La localisation, l’ouverture de la porte et le démarrage se font avec une connexion internet via un smartphone. Les 10 premières minutes sont gratuites.

Mi-vélo, mi-voiture

 

Moyen Orient

Iran

Le chinois CNPC a remplacé le français Total dans le plus grand champ gazier du monde South Pars 11. Total avait prévu d’investir plus de 5 milliards $ avant de se retirer suite aux menaces de Trump. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie française. Le président Macron, comme Bruxelles, n’ont pas osé soutenir les entreprises européennes face à Trump. Les chinois ont immédiatement saisi l’occasion.

Pour les 6 prochains mois de l’embargo, les USA ont offert des laisser-passer pour l’exportation de pétrole iranien à l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie, la Grèce, Taïwan et la Turquie.

Ainsi, l’Iran pourrait exporter 1,4 million b/j au lieu des 2,9 millions durant l’été.

La diminution des exportations et la chute des prix vont certainement propulser l’Iran dans une récession économique voulue par Washington. Est-ce que cela sera suffisant pour que Téhéran accepte de renégocier avec Trump? La question reste ouverte.

 

Irak

Bagdad espère pouvoir extraire 5 millions b/j en 2019 et exporter 3,8 millions. L’enthousiaste ministre du pétrole, Thamir Ghadhban, vise une production à 8,5 millions b/j dans les années à venir.

Le ministre pousse également à la création d’une major pétrolière nationale, la Iraqi National Oil Company, afin de gérer l’entier du pétrole du pays. Cette compagnie avait déjà été créée en 1964 mais démantelée par Saddam Hussein en 1987.

Après des mois de sécheresse, le nord et le sud du pays ont été noyés sous des trombes d’eau.

L’Irak va pouvoir encore importer du gaz iranien pendant 45 jours grâce à une permission spéciale des USA. Le gaz est essentiel pour la production électrique du pays et éviter les émeutes.

 

A Dubaï, les Emirats Arabes Unis teste un drone pour la police

 

Asie

Chine

Le russe Gazprom est sur le point de terminer son gazoduc qui relie la Sibérie à la frontière chinoise. Des livraisons annuelles de 38 milliards m3 (85 milliards kg de CO2 et sans compter le méthane) de gaz naturel sont prévues sur une période de 30 ans.

La Chine travaille sur un soleil artificiel afin de récolter l’énergie de la fusion. Elle a réussi une avancée en obtenant 100 millions de degrés Celsius et une génération théorique de 10 MW.

Depuis que la Chine a installé un système d’évaluation de ces citoyens en leur donnant des points, plus de 9 millions de chinois n’ont plus droit à l’accès aux avions, aux trains rapides ou aux transports en commun.

Dans la ville de Zhengzhou, certains robots ont été équipés de caméras à reconnaissance faciale afin de traquer les personnes recherchées. Les robots de  1m60 sont également équipés de tasers pour neutraliser les citoyens. A Tianenmen, Pékin, les tasers sont remplacés par des armes. Ca donne vraiment envie d’y aller.

 

Inde

Les importations de pétrole ont grimpé à 5 millions b/j en octobre.

Les villes indiennes sont parmi les plus polluées du monde. Neuf des dix villes les plus polluées sont indiennes. On estime à 7 millions/an le nombre de décès dû à cette pollution.

Comme la Chine, l’Inde est en train de travailler sur des drones capable de transporter des personnes dans le cadre de la mobilité urbaine.

 

Japon

Le gouvernement a dévoilé des plans afin de déverser dans le Pacifique l’eau radioactive utilisée pour refroidir les 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Comme les capacités de stockage de l’eau radioactive et les budgets sont atteints, il s’agit de l’alternative simple et bon marché.

Le gouvernement étudie la relance du nucléaire sur l’île avec une production électrique de 20% d’ici à 2030.

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, 64 ans, est accusé de malversations fiscale. C’est étonnant, car l’éthique est au centre des préoccupations des managers de l’industrie automobile. Ce n’est pas le CEO de VW-Audi, Rupert Stadler, qui vient de sortir de prison suite aux scandales des moteurs truqués, qui nous contredira.

 

Corée du Sud

Le pays est leader dans la construction de bateaux transportant du gaz liquide (LNG). Plus de 50 tankers sont en construction pour les 3 années à venir pour une valeur de 9 milliards $.

La demande pétrolière du pays a diminué de 8,5% en une année soit 2,37 millions b/j.

 

Australie

Les écoliers de toute l’Australie ont organisé des grèves afin de protester contre le laisser-aller du gouvernement au sujet du réchauffement climatique. Un peu comme en France, mais à l’inverse.

Les têtes blondes demandent l’utilisation à 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2030 ainsi que l’abandon de nouveaux projets gazier et charbonnier. Le climato-sceptique premier Ministre Scott Morrisson l’a mal pris et la passe d’armes intéressante. Le premier ministre a commenté : «Nous ne supportons pas l’idée que les élèves n’aillent pas à l’école pour des choses qui peuvent se résoudre en dehors de l’école.» La réponse des élèves : Vous ne résolvez rien c’est pour cela que nous sommes en grève. @StrikeClimate

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

En décembre, la production de schiste américain va atteindre un sommet à 7,94 millions b/j.

Le Bassin Permien, Texas, produit 3,7 millions b/j. Pratiquement tous les gisements ont vu leurs chiffres augmenter. Les producteurs ont profité des prix élevés pour accélérer le rythme. Avec la baisse des courts, une réaction inverse devrait se produire.

Du côté du gaz de schiste, les records sont également atteints avec 2,2 milliards m3.

L’épuisement des gisements du Bakken et Eagle Ford contraignent les producteurs de passer des forages de première qualité, à ceux de deuxième moins prolifiques et plus chers.

Le pétrole de schiste américain s’est accordé la priorité sur les marchés mondiaux. Paradoxalement, les USA demandent à l’Arabie Saoudite et à la Russie de réduire leur production, alors que le pays écoule son pétrole à perte.

L’administration Trump fait de son mieux pour stimuler un deuxième boom des extractions de pétrole de schiste en annulant les restrictions environnementales posées par Obama.

Cheniere , Dominion et Sempra Energy vont exporter leur gaz de schiste par cargo, sous forme de gaz liquide, LNG, en Asie et en Europe.

Le MIT dévoile un avion propulsé par un vent ionic, sans moteur

 

Canada

La production pétrolière devrait diminuer de 5% en 2019 selon la Petroleum Services Association of Canada. Les projets de construction de pipeline échouent les uns après les autres et l’Alberta n’arrive plus à augmenter ses exportations de pétrole des sables bitumineux.

Le prix de vente du crude canadien vers les USA atteint des bas non rentables à 35-45$ le baril.

Cenovus Energy a annoncé une diminution de ses extractions dans les sables de schiste de l’Alberta en attendant que les prix remontent.

 

Argentine

En dehors des USA, le bassin de la Vaca Muerta, Mendoza, est le seul gisement de gaz/pétrole de schiste avec un potentiel d’industrialisation.

La Vaca Muerta est trois fois plus étendu que le bassin Permien aux USA. Il pourrait devenir une source importante de gaz et de pétrole. Actuellement, la production est de 60’000 b/j et pourrait augmenter à 200’000 b/j en 2021.

D’ici à l’été 2019, l’entreprise belge, Exmar, va déployer une flotte de bateaux pour exporter le gaz liquide des gisements de la Vaca Muerta au port de Bahia Blanca. L’entreprise espère exporter 500’000 tonnes de LNG par année.

 

Brésil

Entre août 2017 et 2018, le niveau de déforestation de l’Amazonie a atteint un record de 7’900 km2 pour laisser place au soja.

Le nouveau président, Jair Bolsonaro, a annoncé son envie d’augmenter ce rythme. A ce titre, il va fusionner les départements de l’agriculture et de l’environnement.

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,197 millions b/j en septembre. La probabilité n’est pas nulle que la production soit actuellement passée sous le million.

Les exportations vers les USA ont diminué de 19% en octobre.

 

Brésil, un bulldozer pour les mines entièrement autonome. Etonnant.

 

Afrique

Libye

La situation semble s’apaiser et des élections pourraient avoir lieu l’année prochaine.

La Libye est certainement le pays qui possède la plus grande quantité de brut conventionnel exploitable à bas prix. Avant l’intervention française, pour démettre le Général Kadhafi, le pays produisait 1,8 millions b/j. Aujourd’hui la production varie entre 700’000 et 1 million b/j.

 

Sud Soudan

Le Russe Gazprom Neft va explorer 4 blocs pétroliers dans le pays. La China National Petroleum Corporation et le Malaysien Petronas sont déjà actif dans le pays.

La production nationale a atteint 135’000 barils/jour et espère atteindre 350’000 soit son niveau de production avant 2011 et la guerre civile.

 

Phrases du mois

«Tous les gouvernements promettent la croissance sans expliquer d’où elle vient. On assume que la croissance du PIB provient du capital et du travail. Cependant, les économistes Reiner Kummel et Robert Ayres ont démontré que l’énergie, en particulier le pétrole, est la force principale derrière la croissance du PIB. Ils ont conclu que notre société consumériste se base sur une énergie bon marché. Une corrélation historique entre croissance et énergie, et particulièrement le pétrole, supporte leur conclusion.»  Mathieu Auzanneau

Interrogé sur la note qu’il se donnerait s’il devait juger son travail en tant que président, M. Trump a opté pour la plus élevée qui soit. «Ecoutez, je n’aime pas faire cela, mais je vais le faire quand même: je me donnerais à moi-même un A». (s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer!)

« La production pétrolière du Venezuela est en chute libre. »  Fatih Birol, Executive Director de l’IEA.

 

Le Livre du Mois

Comment l’hyperpuissance d’une élite financière met Etats et citoyens à genoux. Un excellent livre de Liliane Held-Khawam.

Ce livre vous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance financière globale. Cette enquête d’une précision inédite vous montre la dématérialisation, l’abolition des frontières et la démission des institutions politiques.

 

 

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Badaboum! Le pétrole repasse sous les 70$

Début octobre, le pétrole atteignait 86,74$. Un baril à 100$ était un coup sûr, d’autant que les sanctions du président Trump envers l’Iran auraient dû retirer des marchés plus d’un million de barils par jour.

Cependant, à la bourse, à chaque fois qu’une évidence est trop évidente (et que le 20Minutes en parle), c’est exactement le contraire qui se produit.

L’or noir vient de perdre plus de 20% et se retrouve à 69,13$ à Londres et 59,28$ à New York.

 

 

Un homme influence les prix: Donald Trump

Dans une situation tendue de l’offre et de la demande, les sanctions américaines contre les exportations pétrolières iraniennes ont déjà retiré des marchés plus de 1 million de barils par jour. L’objectif était de stopper les 2,8 millions de barils exportés chaque jour par Téhéran.

Pris dans les élections de mi-mandat et la hantise de voir grimper les prix de l’essence de Joe America, Donald Trump a exercé une pression maximale sur les pays producteurs afin d’augmenter leurs exportations avec l’objectif de maintenir les prix dans une fourchette acceptable. Ainsi la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA ont démultiplié leurs efforts pour combler ce manque. Toutes voiles dehors, les trois pays ont atteint des niveaux records d’extraction.

Devant l’urgence de la situation et en surréagissant, le Président américain a rétropédalé en accordant à 8 pays sa bénédiction et l’autorisation d’acheter du pétrole iranien.

Dans le même temps, le gouvernement irakien a réussi à trouver un accord avec les Kurdes du Nord de l’Irak afin d’exporter entre 200’000 et 400’000 barils supplémentaires par jour.

 

Le yoyo et la roulette russe

D’une pénurie, nous sommes passés dans phase de surproduction. Il n’en fallait pas plus pour se retrouver aujourd’hui devant un alignement de planètes compliqué pour l’industrie.

Le pétrole de schiste américain, fortement déficitaire, pourrait être sur le point de creuser sa tombe. En début d’année, les producteurs Yankees avaient juré, la main sur le cœur, que leurs entreprises allaient être profitable et générer des dividendes d’ici à décembre. Incapable de générer des profits à 70$ le baril, la douloureuse devrait éloigner les investisseurs téméraires floués par ce mirage.

Ce yoyo des prix est un véritable cauchemar pour les producteurs et les financiers. Il rend les investissements et les revenus aléatoires. Si par le passé, la stabilité des cours pétroliers assurait une rente connue, aujourd’hui ce jeu est aussi prévisible qu’une roulette russe.

 

Découplage Economie/Pétrole

Cette chute des cours semble temporaire. Elle ne remet pas en cause le manque d’investissement chronique pour l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements. L’amplitude des variations (+/-20% en quelques semaines) n’est, en tout cas pas, la bonne prescription.

Les fondamentaux et les questions restent les mêmes: comment extraire 102 millions de barils d’ici à 2020 et où se situera son prix?

Pour fuir ces secousses, la stabilité des énergies renouvelables devient une valeur refuge. Les pays, qui sauront le plus rapidement découpler leur Economie du pétrole, auront une longueur d’avance.

Pour les autres, la grève des carburants prévue en France le 17 novembre, pourrait devenir une norme.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: La main de fer du Prince déborde en Turquie
– USA: TESLA annonce un bénéfice ainsi qu’un français pour remplacer Elon Musk
– Chine: Importations record de pétrole iranien avant l’embargo
– Australie: “Irresponsable” de sortir du charbon selon le gouvernement
– Israël: Plus de voitures thermiques dès 2030. Place à l’électricité
– Iran: Le pays met en vente son pétrole à la bourse pour contourner les USA
– Pétrole: Hausse de la demande prévue pour 2019
– Allemagne: Audi et Amazon s’allient pour recharger les voitures électriques
– Nigeria: Une grande partie du pétrole volé transite par le Cameroun.


 

Le pétrole fait des bonds de kangourou sans trop savoir où il va. A Londres, Il est passé de 86$ à 75$ en quelques jours. A New York, il perd presque toutes ses plumes, ce qui est paradoxal pour un kangourou. On le retrouve à 75,91$ (82,72$ fin septembre) à Londres et à 66,18$ à New York (73,25$ fin septembre).

Après une belle grimpette, l’uranium reprend son souffle et s’arrête net. On le retrouve assis sur un banc à méditer à la page 27.60$ (27.35$ fin septembre).

 

Graphique du mois: Utilisation de l’Energie dans les principales économies

Nous consommons toujours plus d’Energie.
Si l’efficience énergétique et l’utilisation des technologies propres gagnent du terrain,
l’accroissement de l’activité efface largement le tout.   Source IEA

 

Planète

Selon l’assureur Swiss Re, l’année 2017 a été la plus dispendieuse de tous les temps. Plus de 144 milliards $ ont été versés pour les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique. Selon Edi Schmid, les pertes économiques se montent à 337 milliards $ et plus de la moitié des dégâts n’ont pas été couverts par les assurances.

Mammifères, oiseaux, poissons… sous la pression de l’homme, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014, selon le WWF.

 

OPEP

Le cartel pense que la demande de pétrole va augmenter +1,54 millions barils/jour (b/j) cette année, et de +1,36 millions en 2019. Selon l’OPEP, les marchés sont bien alimentés en pétrole. L’Arabie Saoudite et la Russie (non membre du cartel) auraient encore une marge de manœuvre pour augmenter leur production et faire face à la demande.

D’ici à 2040, le Secrétaire Général, Mohammad Barkindo, estime qu’il faudra 11’000 milliards $ d’investissements pour que l’industrie pétrolière puisse suivre la demande dont 8’300 milliards avant la production.

En septembre, la production pétrolière de l’OPEP a augmenté de 132’000 b/j à 32,76 millions b/j. Les pays non membre de l’OPEP ont augmenté leur production de 2,2 millions b/j en 2018 (majoritairement les USA et la Russie).

Pour 2019, l’OPEP devrait livrer à 31,8 millions de barils par jour.

 

Pétrole

Les investissements pétroliers vont atteindre 500 milliards $/an en 2019 et 2020. En comparaison selon WoodMac, les investissements furent de 460 milliards $ en 2016, loin des 750 milliards de 2014. Selon WoodMac, il serait nécessaire d’investir 600 milliards $/an pour pouvoir assurer l’offre pétrolière et gazière pour les 10 prochaines années.

Du côté de Wood Mackenzie pense également que 100 milliards $ de plus sont nécessaires aux investissements actuels. L’OPEP et l’IEA demandent des investissements à hauteur de 1’000 milliards $. En résumé, il manque une coquette somme pour que nous puissions assurer l’approvisionnement pétrolier dès 2020.

Le FMI et l’Agence Internationale de l’Energie se soucient de la cherté de l’énergie avec un baril à 80$ ainsi que de son influence négative sur la croissance mondiale. Le Fond Monétaire International a revu sa croissance à 3,7% pour 2019 (-0,2%).

Le débat sur le peak oil se focalise souvent entre voitures électriques et thermiques. Cependant, la pétrochimie représente le tiers de la croissance pétrolière mondiale. Les besoins en plastiques, détergents, plastiques durs pour les tv ou ordinateurs et pesticides augmentent rapidement. Les USA et l’Europe consomment 20 fois plus de plastiques et 10 fois plus de fertilisants que les autres pays.

 

Transport maritime

Les nouvelles règles sur les émissions de souffre et autres polluants dans la marine marchande devraient entrer en vigueur dès 2020. Les armateurs peuvent soit installer des systèmes de nettoyage des fumées soit ralentir la vitesse de leurs bateaux. La seconde option est celle qui a retenu le plus d’attention.

L’utilisation des déchets de pétrole brut, comme carburant pour les bateaux, sera réglementée. Ce rebut des raffineries sera remplacé par une qualité qui se trouve entre le diesel et le kérosène. Ce changement va mettre une forte pression sur l’industrie de l’Aviation qui pourrait voir les prix du kérosène augmenter.

L’administration Trump cherche à ralentir l’introduction de cette mesure adoptée par tous les pays.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

 

Sous les projecteurs, les 3 pays du mois

Iran

L’embargo pétrolier et économique des USA va débuter le 5 novembre. Quel sera l’impact de la décision du président Trump sur un marché pétrolier qui a déjà de la peine à satisfaire la demande? La réponse viendra dans quelques mois.

Pour contrer l’embargo, l’Iran a tenté de vendre du pétrole à des acheteurs privés via une bourse de l’énergie. Seuls 280’000 barils ont été vendus à un acheteur, sur le million qui avait été proposé aux enchères avec un prix du baril à 79,16 $. Téhéran compte proposer son pétrole à la Bourse de l’énergie une fois par semaine. L’Iran espère que la vente de son pétrole à des acheteurs privés, plutôt qu’à des pays, rendra plus difficile la surveillance et le blocage de ses exportations par les Etats-Unis.

Les exportations pétrolières ont déjà diminué  (1,7 million b/j) dans des proportions inespérées pour Washington. Du coup, l’administration Trump pourrait autoriser quelques exceptions afin de ne pas faire trébucher le marché mondial du pétrole.

Selon Reuters, une quantité record de pétrole est arrivée dans le port chinois de Dalian. 20 millions de barils seraient en route au lieu des 1-3 millions de barils par mois. La Chine pourrait réduire ses importations iraniennes dès l’entrée des sanctions américaines.

Pour la première fois en 6 ans, la Corée du Sud n’a pas importé de pétrole de l’Iran.

 

Arabie Saoudite

L’assassinat du journaliste Khashoggi a vu éclore quelques réprimandes internationales. Est-il judicieux de se fâcher avec un royaume qui met 10 millions b/j de pétrole sur la table? Le président Macron a clairement répondu: non.

Dans les réseaux sociaux, le jeune Prince Mohammed bin Salmane, s’est bien offert quelques buzz gratifiants comme l’autorisation de conduire accordée aux femmes. Pour le reste, son management ressemble à une dictature traditionaliste hyper musclée.

Le ministre du pétrole, Khalid al Falih confirme que le pays extrait 10,7 millions b/j (+700’000 b/j) en quelques mois.

Pour contourner un éventuel blocage par l’Iran du détroit d’Hormuz, qui voit transiter 18,5 millions b/j, l’Arabie Saoudite a ajouté des capacités d’exportation de 3 millions b/j via la Mer Rouge.

Donald Trump pense que le roi d’Arabie Saoudite ne pourrait rester en place plus de 2 semaines sans l’aide militaire des USA. Il suggère que Riyad mette la main à la poche pour cette protection.

Lors de la dernière visite de Trump début 2018, le roi Salman bin Abdulaziz Al Saud avait acheté pour 110 milliards $ d’armements aux américains.

Saudi Aramco va installer une raffinerie de 400’000 b/j en Chine. L’objectif est de garantir la livraison de pétrole dans le pays du milieu.

Dessin:  Chappatte

 

USA

L’administration Trump a supprimé les règles de sécurité pour les forages pétroliers en haute mer. Ces règles avaient été édictées suite à la catastrophe de BP Deepwater Horizon en 2011. L’administration va également remettre sur le marché, des concessions pour forer en haute mer dans le Golfe du Mexique.

Après s’être fait remis à l’ordre par la bourse et démis de ses fonctions de Président de Tesla, Elon Musk continue de tweeter autant que Trump. C’est le français Jérôme Guillen qui a été nommé pour remplacer et épauler Elon Musk. Bonne nouvelle pour “the fixer”, Tesla a publié des bénéfices: 311,5 millions $.

Les élections de mi-mandat brassera, ou pas, les cartes du Sénat et de la Chambre. Les américains devront choisir entre un Trump droit dans ces bottes et des démocrates “progressistes” avec une sensibilité à fleur de peau sur le moindre sujet. Le taux d’abstention s’annonce élevé. In fine, le choix d’un l’un ou l’autre va déterminer la stratégie énergétique du pays (et du monde).

La croissance américaine a atteint 3,5% au 3ème trimestre. Elle était de 4,2% au 2ème trimestre.

La Maison Blanche a nommé Neil Chatterjee à la tête de la Commission Fédérale de l’Energie. Le brave homme est un ardent supporter des subventions pour le charbon et le nucléaire.

A l’approche des élections de mi-mandat, début novembre, l’une des craintes de l’administration Trump était l’envolée des prix du baril. So far so good.

Les habitants du Colorado vont voter pour augmenter la distance de sécurité des forges de schistes, notamment par rapport aux écoles et aux habitations. Les lobbies du pétrole ont déversé plus de 20,3 millions $ en publicité pour éviter que cette proposition passe. Réponse le 6 novembre.

ExxonMobil a fait une donation de 1 million $ pour un comité qui soutient les taxes sur le CO2. Le mois dernier, Exxon avait accepté de mettre 100 millions $ pour réduire ses émissions de CO2.

L’Etat de New York a porté plainte contre ExxonMobil au motif que “l’entreprise a trompé les investisseurs” au sujet du réchauffement climatique. Le fonds de pension de l’Etat de New York détient 1,5 milliard $ d’actions. Exxon connaissait depuis les années 80 l’influence du pétrole sur le climat mais avait tout fait pour cacher la vérité.

General Electric a passé l’achat d’Alstom dans pertes et profits pour une valeur de 23 milliards $. GE avait acheté le français Alstom pour 10,1 milliards $ et repris les dettes. Au total GE a affiché une perte de 22,8 milliards $ au 3ème trimestre. La division énergie de GE sera scindée en 2: les services gaziers dans la première partie et les générateurs et le nucléaire dans l’autre.  L’entreprise a distribué plus de 150 milliards $ de dividendes depuis 2000.

Boeing, JetBlue et Zunum Aero ont choisi Safran Helicopter Engines comme fournisseurs de turbines pour le prochain avion hybride/électrique, le ZA10. L’avion de 12 places aura une capacité de 1’000 km. Les coûts de fonctionnement de l’avion devraient être inférieurs de 60-80% par rapport à un avion à kérosène.

 

Zunum Aero, avion électrique hybride

 

Europe

L’essence diesel et le sans-plomb 98 ont changé de nom dans toute l’Europe. Le Diesel s’appelle «B». Le B7 indique qu’il s’agit de Diesel avec 7% de biodiesel (céréales ou huile de palme). Le Sans-Plomb 98 s’appelle «E5». Les fans de la Guerre des Etoiles espéraient R2D2, mais Bruxelles a tenu bon.

Le système installé par la Commission Européenne afin de contourner l’embargo américain sur l’Iran est un fiasco. Selon Kpler, agence de tracking pétrolier, l’Europe a diminué ses importations de pétrole iranien de 843’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 

Russie

La production du pays pourrait monter à 11,4 millions b/j. Après avoir augmenté de 400’000 b/j durant cet été, Moscou annonce une augmentation de 300’000 b/j dans les mois qui viennent. Les gisements russes sont âgés et on peut se questionner sur l’ardeur de la production actuelle et l’influence sur la production future.

La Russie et l’Arabie sont devenus de bons amis depuis leur collaboration réussie afin de faire remonter les prix du pétrole début 2018. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, les deux compères planchent maintenant sur les prix du gaz liquide. Cela pourrait mettre de la pression sur le gaz américain.

 

Suisse

L’entreprise germano-suisse Innolith a développé un nouveau type de batterie, supérieure au lithium-ion. Cette batterie non organique ne prend pas feu et possède un cycle de vie 50 fois plus grande que sa collègue à 50’000 recharges.

A ce rythme, un I-Phone pourrait durer 100 ans (pour autant qu’Apple ne fasse pas une mise à jour). La solution sera offerte aux villes pour le stockage d’électricité. Pour l’instant, cette batterie n’est pas assez puissante pour équiper les voitures électriques.

A cause d’une sécheresse particulièrement sèche, le niveau du Rhin a bloqué pendant quelques jours la livraison de pétrole par bateaux.

Pour des raisons “stratégiques” mais surtout pour générer des liquidités, le producteur d’électricité Alpiq désire se séparer de ses deux centrales à charbon à Kladno et Zlin en Tchéquie.

Le canton du Jura ambitionne l’installation de 3 parcs éoliens. Le processus pourra durer une dizaine d’années.

 

France

Renault lance son programme «Advanced Battery Storage» qui utilisera les batteries usagées de voitures électriques afin de créer une méga batterie de 60 MWh. Ce système sera le plus puissant en Europe. En 2019, il sera installé en France et en Allemagne.

Lors du mondial de l’auto à Paris, le patron de Mercedes, Dieter Zetsche, a annoncé que « le diesel a encore de l’avenir car les moteurs sont devenus presque aussi propre que les moteurs à essence. » Il devait certainement se référer aux moteurs à diesel avec des logiciels “made in Germany”. Les rappels et les mises à jour de logiciels sur des voitures diesel Mercedes ont coûté 453 millions € à son entreprise.

Total devrait ajouter 500’000 b/j de pétrole d’ici à 2025 suite à des résultats positifs au Brésil et dans le Golfe du Mexique.

Suite à l’augmentation du baril de 30% et les taxes françaises, les prix des carburants ont augmenté de 25% à la pompe. Quelques 300’000 ont liké  (67 millions n’ont pas liké) une page Facebook, qui demande au gouvernement de diminuer les taxes sur le pétrole. En réalité, la grande partie de la hausse des carburants provient de la hausse des prix du baril.

Si ça coince à 80$, attendons de voir la réaction avec un baril à 100$. Il est pourtant assez facile de réduire sa facture d’essence. Il suffit de ralentir. A 100 km/h au lieu de 120 sur autoroute, et à 80km/h sur les nationales au lieu de 90, vous économisez  20% à 30% sur la douloureuse à la station d’essence.

 

Allemagne

BMW Northvolt et Umicore ont formé consortium afin de réaliser des batteries pour voitures électriques. L’Union Européenne a également décidé de soutenir financièrement la réalisation de batteries européennes afin de diminuer la totale dépendance des livraisons chinoises.

Le secteur automobile emploie 13 millions d’européens. Si la Chine continue sur le rythme actuel, une grande partie de ces emplois disparaîtront.

Audi a annoncé son nouveau SUV électrique le E-Tron. Aux USA, la firme allemande s’est alliée à Amazon pour les recharges électriques. Amazon entre dans la liste des distributeurs d’électricité.

Des milliers de militants, venus de toute l’Europe, ont bloqué la plus grande mine à ciel ouvert d’Europe à Hambach. L’entreprise RWE y exploite la lignite pour ses centrales à charbon. L’agrandissement du site a connu un revers au début du mois après le dépôt d’un recours par l’organisation environnementale allemande Bund. La justice a en effet estimé qu’un effet suspensif était pertinent jusqu’au verdict, d’ici 2020.

 

Siemens a inauguré le premier tram autonome à Postdam

 

Angleterre

Cuadrilla Resources a reçu l’autorisation d’effectuer des forages de gaz de schiste. Cependant, Schlumberger, l’entreprise contractée, devra faire des simulations pendant 3 mois afin d’éviter un tremblement de terre. Aux USA, cette procédure prend quelques jours pour des résultats souvent catastrophiques. Cuadrilla ne semble pas prêt à approcher un retour sur investissement d’autant qu’après quelques jours, des premiers tremblements de terre ont été ressentis.

Trois protestants contre les forages de schiste au Lancashire ont été condamnés à 16 mois de prison. C’est la première fois que des manifestants sont condamnés à la prison. Plus de 200 professeurs académiques ont signé une lettre pour que le système judiciaire révise cette absurdité.

Les USA ont mis en garde l’Angleterre que la Chine utilise le partenariat EDF-Areva pour construire les centrales nucléaires EPR d’Hinkley Point, afin de transférer du savoir-faire à des fins militaires. Selon les USA, la China General Nuclear profite de sa position dans le consortium franco-chinois pour un transfert de technologie. Ce message d’alerte intervient alors que Theresa May désire apporter de la lumière sur les investissements chinois en Angleterre.

Le timing de cette annonce surprend. Areva a construit 2 centrales EPR en Chine dont l’une entièrement construite par les chinois. Pékin a donc déjà effectuer ce transfert de technologie.

 

Europe: Le budget de l’Italie ne sera pas équilibré

 

Asie

Inde

Des subsides de 10 milliards $ sont prévus pour aider les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix du pétrole.

Delhi active également des subsides afin de limiter l’impact de la hausse du baril pour les automobilistes. L’effort proviendra également des pétroliers qui acceptent de réduire leurs marges.

Le gouvernement planifie l’installation de 175 GW d’énergies renouvelables d’ici à 2022 dont 100 GW de solaire et 75 GW d’éolien.

 

Australie

Le gouvernement a rejeté la proposition de sortir le pays du charbon d’ici à 2050. Le plus grand exportateur mondial de charbon pense qu’il serait irresponsable de se conformer aux engagements sur le climat de Paris. Canberra donne la priorité à la réduction des prix de l’électricité au lieu diminuer ses émissions qui grimpent depuis quatre années consécutives.

Paradoxalement, Canberra prévoit plusieurs milliards $ de dédommagements aux agriculteurs qui subissent une sécheresse dévastatrice.

 

Le plus long pont du monde relie la Chine à Hong Kong

 

Chine

Pékin a lancé un plan de secours de 175 milliards $ pour relancer son Economie. Le tout est fait via des prêts bancaires obtenus en diminuant les réserves bancaires.

Les chinois sont très attaché au cash et représente le 70% de leur épargne privée.

Le bras de fer avec Donald Trump s’enlise. Pékin ne prend même plus la peine de répondre aux questions de l’administration US. Les chinois utilisent à merveille leur patience et leur capacité à calmer les ardeurs des entreprises locales et de la population. A ce petit jeu, qui va céder en premier?

Le Président chinois a demandé à son armée de se ternir prêt pour une guerre. Quand on connait la retenue des chinois, on peut s’interroger sur cette annonce. La vente d’armement américain à Taïwan irrite de plus plus en plus Pékin.

Selon S&P Global, la dette chinoise pourrait se monter à 6’000 milliards $.

La pollution en particules fines, 2,5 PM, a chuté d’un tiers grâce au remplacement du charbon par du  gaz. L’année dernière la Chine est devenue le 2ème plus grand importateur de gaz liquide mondial avec 38 millions de tonnes (+46% en un an).

En 2017, les chinois avaient acheté 29 millions de nouveaux véhicules (17 millions aux USA). Pour la première fois depuis 1990, les ventes sont en baisse. Les voitures importées représentent le 62% du marché chinois. L’arrivée sur le marché des voitures de seconde-main et le succès des véhicules en partage expliquent cette tendance.

Pékin annonce une augmentation du PIB de 6,5% au 3ème trimestre. La solidité des chiffres du gouvernement est admirablement synthétisée dans le dessin ci-dessous:

 

Les Amériques

Schiste américain

Le Secrétaire de l’Intérieur, Ryan Zinke, annonce que la production pétrolière grimpera à 14 millions b/j d’ici à 2020. Vicki Hollub, PDG de Occidental Petroleum Corp, pense que le Bassin Permien pourra produire de très larges quantités de pétrole pendant 10 à 20 ans. Autant d’enthousiasme fait plaisir à voir.

L’Agence Américaine de l’Energie a enfin annoncé que le manque d’infrastructure va ralentir l’augmentation du pétrole de schiste même si elle annonce une progression de 98’000 b/j pour le mois de septembre.

Les managers de fonds financiers s’insurgent contre les rémunérations stratosphériques des cadres des entreprises de schiste et demandent des dividendes. Si en début d’année, les producteurs parlaient de profitabilité et de dividendes, il est peu probable que ce veut se réalise d’ici à décembre. Est-ce que les investisseurs continueront à déverser leur argent dans ce qui ressemble au jeu de l’avion, la question reste ouverte.

Même avec une production de 700 barils/jour un forage de schiste n’est pas rentable. Quand après 1-3 mois, quand sa production descend à 300 ou 150 barils la situation s’empire. Faut-il continuer ? Jusqu’à présent les pétroliers ont allongé les forages utilisant 4 fois plus d’eau, de sable et de produits chimiques.  Cette stratégie a permis de doubler la capacité des forages mais à des coûts non rentables.

Le CEO de Schlumberger, Paal Kibsgaard, pense que le défi actuel est de mesurer la performance des gisements et des forages de schiste. «L’industrie doit comprendre comment les gisements réagissent lorsque nous continuons à déverser des milliards de litres d’eau et des tonnes de sable dans le sol. La capacité du plus grand champ de pétrole de schiste des USA, le Bakken, pourrait être bien moindre qu’espéré. Si la demande reste soutenue au niveau mondial, nous allons devoir trouver de nouvelles technologies

 

HES Energy Systems Element One planche sur la construction d’un avion à hydrogène
capable de transporter 4 personnes sur 500 ou 5’000 km.

 

Brésil

Jair Boslason a été élu nouveau président du Brésil. Il semble n’y avoir aucune casserole en forme de corruption sur son chemin. Sa stratégie pétrolière est attendue car le Brésil possède de larges champs pétroliers sur ses côtes. Du côté de l’environnement, il semble être aligné sur la position de Trump.

Pour 1,7 milliards $, Shell et Chevron ont gagné les mises aux enchères de droits de forages sur les côtes du Brésil.

 

Mexique

Pour la première fois depuis des décennies, le Mexique importe du pétrole pour sa propre consommation. Il y a 14 ans, le Mexique atteignait son peak oil. Durant les deux dernières semaines, les USA ont livré plus de 1 million b/j au Mexique.

 

Venezuela

Citgo, la compagnie pétrolière basée à Houston Texas, mais propriété du Venezuela depuis 1990, est ciblée par les créanciers étrangers. Si l’entreprise est saisie afin de rembourser les créanciers notamment américains, le pays perdra une grande source de revenus. Les tribunaux américains et européens rendront leurs décisions d’ici à décembre.

 

Argentine

Le pays est à nouveau dans une crise économique alors que sa monnaie a reculé de 40% contre le $. La Banque Centrale a relevé ses taux à 60% pour contrer une inflation de 30%. La demande de gaz naturel est en chute libre et le pétrolier national YPF a diminué sa production pétrolière.

Jusqu’en 2022, YPF va investir entre 4 et 5 milliards $ par année pour tenter d’augmenter de 5-7% sa production pétrolière et gazière notamment dans les gisements de schiste de la Vaca Muerta proche de de la région viticole de Mendoza.

 


Dessin: Chappatte

 

Moyen-Orient

Irak

Le nouveau ministre du pétrole, Jabar al-Luaibi, a issu un décret pour transférer les actifs de plusieurs compagnies pétrolières dans une seule unité : la National Oil Company.

La production a augmenté de 1% à 4,86 millions b/j.

Le gouvernement espère augmenter sa production de gaz notamment pour sa production interne d’électricité. Les sanctions américaines bloquent les livraisons de gaz iraniennes qui permettent de générer 1’200 MG d’électricité.

 

Qatar

Les coûts d’extraction du pétrole est passé de 47,10$ aujourd’hui à 24,20$ le baril il y a 10 ans.

 

Israël

Le ministre de l’Energie aimerait terminer les ventes de voitures à essence et diesel d’ici à 2030 et les remplacer par des véhicules électriques. Les camions pourraient utiliser le gaz naturel produit par les nouveaux gisements du pays. L’objectif est de diminuer la dépendance pétrolière.

Le premier train à hydrogène en Allemagne

 

Afrique

Libye

La situation est toujours chaotique. La National Oil Corporation a dû suspendre la production à la raffinerie de Zawiya pour des raisons de menace sur son personnel par les milices.

 

Nigeria

De manière répétitive, le Nigeria subit un désastre pétrolier. En général, c’est une brèche réalisée dans un pipeline, des villageois qui se rassemblent pour récolter le pétrole jusqu’à ce qu’une étincelle explose le tout. Ce mois, 150 personnes ont péris brûlés.

Deutsche Welle, la radio allemande, a investigué sur les 10 milliards $ de pétrole nigérien disparu durant les 2 dernières années. Il semble qu’une grande partie du pétrole se trouve au Cameroun ou certains membres du gouvernement, de la police, de l’armée sont impliqués. Le Cameroun produit 30’000 b/j en comparaison avec les 1,8 million du Nigeria. Le vol de ce pétrole devient une tradition et une source de revenus important pour ce pays de 25 millions d’habitants.

 

Phrases du mois

«Donald, si vous voulez trouver le coupable de l’augmentation des prix du baril de pétrole, vous devez vous regarder dans le miroir.» Vladimir Poutine

There’s a healthy price for oil and energy… it’s somewhere between $50 and $65 a barrel.  The world can live with this.” CEO of BP, Bob Dudley

Au 2 trimestre, deux-tiers des producteurs américains de pétrole ont vécu au-dessus de leur capacité financière bien que les prix du baril ont augmenté de 40% en une année et qu’il se trouvait sur les 70$. Cinquante majors US ont dépensé 2 milliards $ de plus que leurs revenus.» FactSet

«Le consensus du marché que le Bassin Permien de schiste peut continuer accroitre de 1,5 million b/j dans un avenir prévisible commence à être remis en question.» Paal Kibsgaard, PDG Schlumberger

We protect Saudi Arabia. Would you say they’re rich? And I love the King … King Salman but I said ‘King, we’re protecting you. You might not be there for two weeks without us. You have to pay for your military.'” Donald Trump

«Dans le capitalisme, les hommes exploitent les hommes. Dans le communisme, c’est exactement le contraire.» John Kenneth Galbraith

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Le pétrole à 100$: Un retour vers un passé connu ou un futur différent?

Le pétrole continue sa hausse au-dessus de 80$. Sans un ralentissement mondial de l’Economie, la barrière des 100$ sera bientôt franchie. Sous le poids du baril, la croissance pliera pour replonger dans une nouvelle crise. Une impression de «déjà vu» qui rappelle la dernière crise.

Avec du recul, on constate qu’au lieu d’imaginer un futur différent, les politiques, les financiers et les banques centrales se sont focalisés afin de reconstruire à l’identique le monde d’avant 2008.


 

L’économiste John Keynes écrivit en 1942 «Je suis de retour comme ministre de l’Economie, mais avec une grande différence. En 1918, la plupart des gens n’avaient qu’une idée en tête : revenir à  la situation d’avant 1914. Aujourd’hui, personne n’a ce sentiment. Cela fera une énorme différence quand nous allons nous y attaquer.» Après les deux guerres et la Grande Dépression, un changement drastique était nécessaire.
Les Trente Glorieuses suivirent.

 

Aujourd’hui, nous retrouvons une grande partie des ingrédients qui ont déclenché
la crise de 2008.

 

Retour vers un passé connu,

Pour sortir de cette passe, les changements structurels se sont dirigés vers une diminution des impôts, la variation des taux d’intérêts, ainsi qu’une dérégulation du marché du travail et une baisse des salaires. De plus, les Etats n’ont pas mesuré l’ampleur de leur dépendance envers l’augmentation de leurs dettes.

Dans ces conditions, qui favorisent la pauvreté et les inégalités, ce n’est pas une surprise de voir une montée du populisme et l’arrivée des Donald Trump, Matteo Salvini et prochainement, peut-être, Jair Bolsano au Brésil.

Dans l’ambiance actuelle, les chiffres ont inlassablement grimpé. Notre consommation de pétrole est passée de 92 à 100 millions de barils par jour. Les bourses atteignent artificiellement des sommets inégalés. Nous n’avons jamais autant consommé de gaz, de charbon, de matières premières, d’eau et de nourriture. Les banques ont retrouvé leur liberté et les bonus extravagants. Les dettes publiques et privées, comme la température de la planète, atteignent des niveaux inquiétants.

La stagflation des années 70 a apporté une contre révolution. Sous l’impulsion de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Les années 80 ont apporté un changement radical sur le rôle de l’Etat, des marchés et des Banques Centrales.

 

Ou inventer un nouveau futur

Les chiffres et les faits étant têtus, ils indiquent que l’offre pétrolière est sur le point de ne plus pouvoir suivre la demande. L’obligation de découpler le PIB et le pétrole va se faire de plus en plus pressante. Nous avons toujours remis à demain cette alternative et ce processus douloureux, compliqué et imprévisible.

Le réchauffement climatique rend certaines parties de notre planète invivable. Il contraint à une migration humaine vers le nord ou le sud. La crise syrienne débutée par une sécheresse ne fait que d’effleurer la problématique. L’Iran, l’Irak et les autres monarchies pétrolières ainsi que l’Afrique vont emboiter le pas.

Tous ces éléments vont nous forcer à plus de créativité et à explorer de nouveaux chemins, comme l’avait fait Keynes au sortir de la deuxième guerre mondiale. L’absence d’idée n’est pas une option.

Prenons pour exemple les entreprises. Pour qu’elles passent à travers les années, elles ont besoin de quelques employés innovants, futuristes, visionnaires qui secouent les certitudes, remettent en question les dogmes et permettent d’évoluer, de s’adapter, d’avancer, de reculer, d’être agile. Sans ces fous, toute structure diminue ses chances de survie.

C’est vers un meilleur futur que nous devons imaginer, forger et travailler. Pas vers un passé connu.

A tous les fous du monde, unissons-nous!

 

(photo Elon Musk, Tesla)

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2018

Tous les mois, vous êtes plus de 25’000 à lire cette revue! Merci pour votre fidélité.
Bref, le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Chine: Les glaciers se vident. Le pic d’eau dès 2020?
– USA: Le charbon US s’exporte bien. 2’200 emplois créés depuis l’arrivée de Trump
– Iran: Grosse pression sur les exportations pétrolières
– France: A peine Hulot parti, 6 nouvelles centrales nucléaires EPR sont réclamées
– Russie: Le gazoduc Nord Stream II a reçu le feu vert pour sa construction vers l’Allemagne
– Australie: Le premier ministre viré pour avoir présenté sa loi sur le climat
– Afrique: La Chine et l’Inde ratissent large pour avoir accès aux matières premières
– Rwanda: Pour du pétrole, Total exproprie 15’000 personnes sans indemnisations


Après la baisse consécutive à l’annonce de la hausse de la production de l’OPEP, le mois d’août termine fort. Le baril atteint 77.77$ (74.06$ fin juillet) à Londres et 70,25$ à New York  (69.30$ fin juillet).

Houps! L’uranium s’est réveillé d’un coup. Est-ce l’annonce de l’envie française de construire 6 nouvelles centrales nucléaires…  il grimpe de 4$ depuis juin et termine ce mois à 26.20$ (23.35$ fin juillet).

 

Graphique du mois:  Consommation d’énergie depuis 1850, par personne

 


Monde

En 10 ans, le nombre de passagers aériens a augmenté de 64% pour atteindre 4,08 milliards en 2017.

Le PIB de l’Economie mondiale croit à un rythme de 4,3%. La demande de pétrole augmente de +1,4 million barils/jour (b/j) pour arriver à 99,4 millions b/j. (+1,1 million par rapport à 2017). En 2019, la production devrait augmenter de +1,5 million b/j.

Selon, le Directeur de l’IEA, Fatih Birol, les investissements dans l’exploration pétrolière sont insuffisants pour répondre à la demande à venir.

En 2017, les membres de l’OPEP ont encaissé 567 milliards $ de pétrodollars. (+29% par rapport à 2016). A elle-seule, l’Arabie Saoudite a engrangé 167 milliards $. Cette année, les pays importateurs de pétrole vont verser 736 milliards $ à l’OPEP.

Les températures prennent l’ascenseur à travers le monde. Lire l’excellent article de Sylvestre Huet sur la canicule et la fonte des glaces.

 

Les pays clés du mois

Chine

Le bras de fer, sur les taxes douanières avec les USA, influence le baril et l’Economie mondiale. Pour l’instant la Chine répond du tac au tac aux impulsions de Trump. Cependant, des deux côtés de la frontière, le seuil de douleur émerge. Cette partie de poker menteur débute sur une mise à 100 milliards $.

La Chine avait initialement mis le pétrole sur la liste des produis à taxer. Elle est revenue sur ce choix privilégiant la diversification de ses fournisseurs. De plus, un litre pris aux USA est un litre qu’ils n’auront plus à l’avenir.

Depuis le début de l’année, la Chine a augmenté ses importations pétrolières à 8,98 millions b/j (+5,6%). Pour le gaz, l’augmentation est de +28,3% à 7,38 millions de tonnes. La croissance du PIB et la volonté de générer 10% de l’électricité avec du gaz expliquent ces augmentations.

En juillet, la Chine a augmenté de 14% ses importations de charbon (au plus haut depuis 4 ans). Les températures de 40 degrés et les besoins d’air conditionné ont poussé la demande d’électricité.

Le réchauffement climatique va sérieusement impacter les quantités d’eau à disposition en provenance des glaciers. Leur fonte accélérée diminue les réserves d’eau contenues dans la glace et le pic d’eau (peak water) pourrait arriver dès 2020. Ce pic influencera la quantité d’électricité hydraulique ainsi que l’agriculture.

La Yuan a perdu 7% par rapport au dollar américain ce qui est excellent pour les exportations chinoises.

Tesla Motors aimerait construire une usine à Shanghai pour un montant de 5 milliards $. La Model 3 devrait y être produite courant 2020.

 

Iran

La grande question est: “dès novembre 2018, de combien de barils les exportations iraniennes vont-elles baisser?“. Les exportations iraniennes seraient déjà en baisse de 700’000 b/j alors que les sanctions ne sont pas encore entrées en force. Washington table sur une baisse d’au moins 1 million b/j.

L’agence Platts estime la production iranienne de juillet à 3,72 millions b/j au plus bas depuis 18 mois et les exportations de 2,32 millions b/j (-7%).

Les raffineries, qui s’accommodent du brut iranien, sont localisées en Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Turquie et en Europe. Les alternatives de remplacement de cette qualité de pétrole ne sont pas triviales. Il est difficile pour les raffineries de changer si facilement de crèmerie.

Avant l’imposition des sanctions en novembre, l’Inde fait le plein. Les raffineurs indiens redoutent de se faire couper l’accès au dollar américain s’ils continuent d’importer le brut iranien. Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une image plus précise de la situation.

Le Président Trump a proposé de rencontrer sans conditions les leaders iraniens. La réponse iranienne a été immédiate en qualifiant la proposition de Trump de «sans aucune valeur et un rêve». Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de froide.

Téhéran a mentionné que «les sanctions cruelles imposées à l’Iran vont affecter les fonctions pétrolières du Détroit d’Hormuz». La Navy américaine a confirmé une plus forte présence armée iranienne dans le détroit stratégique. Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de chaude.

L’Economie du pays souffre. Depuis mai, le Rial a perdu la moitié de sa valeur face au dollar US. Il faudra garder un œil sur la réaction des citoyens. Le commandant des Gardes de la Révolution, le général Mohammad Ali Jafari souligne que «les faiblesses de la situation interne sont plus sérieuses que la menace militaire américaine».

Sous pression américaine, le français Total quitte Téhéran et renonce à plusieurs milliards de dollars d’investissements en Iran. En contrepartie, l’Arabie Saoudite a offert un juteux contrat à Total en Inde.

British Airways, Air France et KLM suspendent leurs vols vers l’Iran.

USA

La croissance américaine atteint les 4,2% durant le deuxième trimestre 2018. Corolaire à ce boom, la consommation d’essence est repartie à la hausse (+1,5% en 12 mois) et pourrait être en passe de battre de nouveaux records.

Le nombre de forages pétroliers s’élève à 860 (759 il y a 12 mois).

En juin, les USA ont exporté 9,2 millions de tonnes de charbon (+38,6% par rapport à juin 2017) selon la US Census Data. L’Inde a été friande de ce charbon notamment pour la sidérurgie et la production d’électricité pour les systèmes d’air conditionné. Durant les 12 derniers mois, la production de charbon américain a augmenté de 7,8%.

Depuis l’arrivée de Trump, 2’200 emplois ont été créés dans l’industrie du charbon pour atteindre 52’900 employés. Le charbon US est revigoré par de fortes exportations +61% en 12 mois.

Pour combler la diminution des exportations pétrolières iraniennes, Trump va relâcher 11 millions de barils dans sa réserve stratégique. De quoi compenser le manque iranien pendant 11 jours. Le Congrès a accepté une diminution de 240 millions de barils jusqu’en 2027. Actuellement la réserve stratégique se monte à 660 millions de barils, soit la consommation d’un mois.

L’administration Trump va aider financièrement les centrales à charbon et augmenter les niveaux de pollution afin de réduire les coûts de production.

Pour produire leur électricité, les américains ont brûlé 661 millions de tonnes de charbon en 2017, au plus bas depuis 1983. Le peak de consommation a été atteint en 2008 avec 1’037 millions de tonnes.

La production pétrolière américaine a atteint 10,68 millions b/j. L’EIA estime que les USA pourraient augmenter de 1,02 millions b/j en 2019 à 11,7 millions b/j. Cependant, comme les chiffres de l’EIA sont systématiquement corrigés, il y a de bonne chance que les USA ne produisent pas autant de brut.

La Californie compte 4’819 véhicules à hydrogène et 36 stations de recharge.

Le postier UPS va collaborer avec le constructeur Thor Truck pour réaliser des camionnettes de livraisons entièrement électriques avec un rayon d’action de 160 km. Les premiers tests seront réalisés à Los Angeles.

Les dettes des étudiants américains s’élèvent à 1’300 milliards $. Certains pensent qu’elles pourraient être la prochaine bombe qui fera dérailler l’Economie mondiale.

Le Hoover Dam, Las Vegas, pourrait être équipé d’un système de pompage/turbinage via des éoliennes et du solaire. Objectif : faire remonter l’eau dans le barrage et produire de l’électricité à la demande. Le coût du projet est estimé à 3 milliards $.

De mai à juillet, la température moyenne des USA a battu tous les records depuis la création des mesures en 1895. (70,9 fahrenheit)

Ce mois, Elon Musk, le fantasque CEO de TESLA Motos, a conforté son statut. Dans un tweet, il avait annoncé qu’un fond d’Arabie Saoudite était prêt à investir dans son entreprise et sortir TESLA de la bourse. Après une séance de psychanalyse avec le New York Times, il a rétropédalé.

Le numéro un mondial des services parapétroliers, Schlumberger, a vendu pour 600millions $, au norvégien Shearwater, sa flotte de 10 navires spécialisés dans l’échographie des  fonds sous-marins pour la recherche pétrolière. Cerise sur le gâteau, le géant américain annonce une nette amélioration du marché des services parapétroliers en 2018, avec un chiffre d’affaires semestriel en hausse de +12,4 %, à plus de 16 milliards $.

 

 

Europe

Durant l’été et contre toute attente, les prix de l’électricité ont pris l’ascenseur. Une conjonction de facteurs ont paralysé la production. Les trop fortes chaleurs ont freiné la production solaire (quand un panneau solaire et trop chaud, sa production diminue), l’eau des rivières trop chaude pour refroidir les centrales nucléaires et un manque chronique de vent. Si les étés passés, l’électricité était pratiquement gratuite, elle est montée à des niveaux inconnus depuis le début de la décennie à plus de € 9ct le kWh.

 

Russie

La production pétrolière touche 11,2 millions b/j soit à deux doigts de son record d’octobre 2016 (+265’000 b/j en 12 mois). Le ministre du pétrole a souligné que la production devrait rester à ce niveau jusqu’à la fin de l’année. Il semble que le pays aurait atteint sa capacité maximale. A confirmer.

Pour pouvoir augmenter ou maintenir sa production, la Russie a besoin de développer ses réservoirs en Arctique et ses gisements de schiste. Dans les deux cas, les sanctions américaines et européennes bloquent l’accès aux fonds et à la technologie. Tiens, en parlant de sanctions, les américains ont rajouté une couche en bloquant une grande partie des exportations russes vers les USA ainsi que d’utilisation du dollar pour certaines banques russes.

Le gazoduc South Stream II a reçu l’aval du Danemark pour la traversée de son espace territorial. Il s’agissait du dernier obstacle à sa construction. La visite de Vladimir Poutine à Angela Merkel marque le début de sa réalisation. Gazprom va pouvoir doubler ses livraisons de gaz à l’Allemagne tout en évitant l’Ukraine et la Pologne.

 

France

Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie a démissionné du gouvernement Macron. Il n’aura fallu attendre que 2 jours pour qu’un rapport du lobby du nucléaire demande la construction de 6 centrales  de type EPR. (Dans une négociation, il faut bien commencer quelque part). Objectifs: maintenir les compétences industrielles, donner des perspectives aux salariés et assurer la relève du nucléaire français. Une tartine de 50 milliards € que l’ancien directeur des affaires publiques d’Areva, Edouard Philippe, actuel premier ministre, doit savourer.

Au 2ème trimestre, la croissance française grimpe de 0,2%.

Avec l’ouverture des marchés depuis 2007, les citoyens peuvent librement changer de fournisseur d’électricité. Onze années ont passé et malgré l’arrivée de nouveaux acteurs, 81 % des ménages sont fidèles à EDF. Pour les prix, la différence porte sur un tiers de la facture seulement. Les deux autres tiers sont identiques pour tous les fournisseurs, et servent à payer les taxes et le transport d’électricité. L’arrivée des mini-grids et l’autoconsommation devraient pouvoir modifier la donne, même si le mot: “autoconsommation” est encore un gros mot dans le pays.

Allemagne

Pendant que la France roupie avec son nucléaire et tente de mettre en service sa première centrale EPR sans faire exploser tout le continent, en Allemagne un groupe de travail a été instauré afin d’élaborer la sortie du charbon électrique d’ici à 10 ans. Le rapport sera rendu d’ici à décembre 2018.

Berlin compte sur le renouvelable et le gaz pour effectuer la transition sans nucléaire et sans charbon. Cependant, les nouvelles études montrent que les émanations de méthane, dégagées lors de la combustion et de l’extraction du gaz, sont plus néfastes pour le climat que le charbon.

Le pays a ajouté 2 GW d’électricité solaire durant les 12 derniers mois. Un plus haut depuis 2013. Depuis le début de l’année 2018, l’augmentation est de 40% par rapport à 2017. De 2010 à 2012, l’Allemagne avait ajouté 20 GW.

Angela Merkel s’est rendue en Azerbaïdjan pour évaluer l’opportunité de créer un gazoduc en passant par la mer Caspienne. La réunion souligne l’envie (en tout cas devant les médias) de la chancelière de diminuer la dépendance de l’Allemagne face au gaz russe.

 

Angleterre

Suite à une douzaine de tremblements de terre dans la région du Surrey, les citoyens appellent à l’arrêt des forages de schiste responsables de ces secousses.

 

Suisse

Les niveaux du Rhin sont tellement bas que les barges pétrolières ne peuvent pas dépasser certaines limites de chargement ce qui augmente les coûts. C’est en tout cas l’excuse donnée par l’Union Pétrolière pour justifier la solide hausse des prix de l’essence à 1,71 frs le litre.

Le géant Alpiq a réalisé un bénéfice de 93 millions de francs (85 millions €) avant les amortissements. Au final, le producteur d’électricité présente une dette car ce serait ballot de payer des impôts. A l’avenir, Alpiq va se recentrer sur son cœur du métier : la production d’électricité.

Depuis les 6 premiers mois de l’année, le Suisse Glencore a généré plus de 2,5 milliards $ de bénéfices grâce à l’extraction de charbon et à la hausse des cours. Le CEO pense que les bénéfices charbonniers vont représenter la plus grande source de revenus de la multinationale et dépasser les profits du cuivre. Son concurrent BHP Billiton, la plus grande entreprise minière du monde, focalise également ses efforts dans l’extraction de charbon thermique utilisé pour la production d’électricité.

Le Suisse a également acheté le 49% des parts dans la construction d’une nouvelle centrale à charbon en Australie. Il est à noter que Glencore s’est établi dans le canton de Zoug dans des buts d’optimalisation fiscale.
A ranger dans le dossier: ->polluer -> esquiver les impôts.

 

Portugal

Plusieurs forages pétroliers pourraient émerger dans le pays. Les citoyens s’inquiètent de l’impact de ces forages sur les plages et le tourisme. De plus, le Portugal produit 44% de son électricité avec du renouvelable. Certains s’inquiètent de la place que pourrait prendre le pétrole face à l’éolien et le solaire.

La Chine investit dans les infrastructures électriques européennes notamment dans le domaine stratégique du transport par lignes à haute tension. Aujourd’hui, China Three Gorges (CTG) désire acquérir Electricité du Portugal (EDP).

Depuis 2011, 34,5 milliards de dollars ont été investis dans des entreprises du secteur, selon Bloomberg. A tel point que l’énergie est la deuxième industrie dans lequel les capitaux chinois ont le plus afflué ces dix dernières années en Europe, derrière la chimie.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

La production du pays a plafonné à 10,29 millions b/j en juillet. Si le marché n’arrive pas à satisfaire la demande pétrolière mondiale, notamment après novembre, Riyad devra dévoiler ses capacités réelles. Nous pourrons ainsi juger l’écart entre la réalité et les communiqués de presse.

L’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national, a été mis sur pause et continuera « quand les conditions seront optimales ». Le Prince héritier désirait lever entre 100 et 200 milliards $ mais les investisseurs ont montré un enthousiasme limité.

Parallèlement le Prince Mohammed bin Salman a ordonné à Saudi Aramco d’acheter le 70% des actions de l’entreprise pétrochimique saoudienne Sabic: un jeu de vases communicants évalué à 70 milliards $. Pour payer la douloureuse, Saudi Aramco va emprunter auprès des banques internationales. Ce tour de passe-passe permet au Prince d’obtenir presque le même résultat que l’IPO de Saudi.

 

Yémen

Selon CNN, la bombe, Mark 82 (Mk 82) à guidage laser de précision, (qui a tué 51 personnes, dont 40 enfants, larguée sur un bus dans un raid aérien attribué à la coalition menée par l’ Arabie saoudite dans le nord du  Yémen), a été commercialisée par les Etats-Unis et conçue par l’entreprise de défense américaine Lockheed Martin. La coalition a remis ça quelques jours plus tard en tuant à nouveau 20 enfants. L’ONU a ouvert des enquêtes.

La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts depuis l’intervention de la coalition sous commandement de l’actuel Prince Héritier MBS selon l’ONU.

Malgré la guerre le pays a réussi à exporter 500’000 barils de pétrole à la Chine. La première livraison par tanker depuis 2015.

 

Irak

Trois mois après les élections, la victoire a consacré Moqtada Al-Sadr, le dirigeant populiste chiite. En deuxième position se trouve la liste des anciens du Hachd al-Chaabi, qui ont combattu l’Etat islamique. Quant au premier ministre, Haider Al-Abadi, soutenu par la communauté internationale, il arrive en troisième position.

En juillet, les exportations ont atteint des records à 3,54 millions b/j et 7,5 milliards $. Ce brut provient exclusivement des régions du sud. La région du nord, Kirkuk n’aurait pas exporté de pétrole.

Chômage, corruption, coupures d’eau et d’électricité, la région pétrolifère de Bassora est le théâtre de manifestations depuis plusieurs semaines. Alors que cette région apporte la quasi-totalité des revenus du pays via son pétrole, l’argent part et reste à Bagdad. La malédiction du pétrole frappe à nouveau. Les manifestants demandent l’autonomie de la région dans le but de faire revenir des pétrodollars. Des blocus des champs pétroliers commencent à émerger.

Bassora est la plus importante province économique du pays. Avec 1,5 million d’habitants et ses nombreux gisements pétroliers, elle apporte 100 millions de barils par mois (7 milliards $)

Asie

Japon

Honda lance un programme de recharge «Smart Charge» de voitures électriques. La recharge de la voiture se réalisera selon la disponibilité d’électricité verte et les habitudes des conducteurs.

 

Inde

India Coal Ltd a augmenté l’extraction de charbon à 40,56 millions de tonnes en juillet (+10,6% par rapport à juillet 2017).

Le gouvernement approuve l’exploration de gaz et de pétrole de schiste dans le pays, dans le but de réduire les importations.

Le pays fait face à une mousson meurtrière. Avec plus de 400 victimes, l’Etat du Kerala est particulièrement touché. Plus de 10’000 kilomètres de routes ont été endommagés et les vannes de 34 barrages et réservoirs où l’eau a atteint un niveau jugé dangereux ont été ouvertes.

 

Pakistan

En plus d’avoir un nouveau premier ministre champion de Cricket, ExxonMobil pourrait avoir découvert un énorme réservoir de pétrole (plus grande que les réserves du Koweit) à sa frontière avec l’Iran.

 

Corée du Sud

Le pays va réduire les taxes de gaz liquide de 74% et augmenter les taxes sur le charbon de 27%. Objectif: réduire la consommation de charbon pour sa production d’électricité.

 

Australie

L’Australie est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. La Barrière de Corail (Great Barrier Reef) est en train de mourir, les incendies dévastent les forêts et la sécheresse secoue le pays et surtout les paysans. Bref, on pourrait penser que les australiens soient prêts à prendre leur survie en main.

Premier ministre depuis septembre 2015, Malcolm Turnbull s’était engagé à respecter l’Accord de Paris sur le climat et à implémenter des règles contre la pollution et limiter les émissions des producteurs d’électricité. Cette proposition a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il a été contraint à renoncer à ce projet et à démissionner!

Avec un sens certain de la formule, l’ancien premier ministre Tony Abbott avait torpillé cette loi en disant : «nous ne faisons pas assez pour diminuer les prix de l’énergie et nous devons mettre nos retraités avant Paris». Le brave homme demande de diminuer les prix de l’électricité et de maintenir le charbon dans le mix énergétique du pays. Visiblement les épisodes climatiques et les impacts extrêmes dans le pays ne sont pas encore suffisants. Patience.

Malcolm Turnbull a été remplacé par son ministre des finances Scott Morrison.

Les Amériques

USA Schiste

Dans la région du Bakken, l’utilisation d’eau pour les forages de schiste devient un problème. En temps normal, les besoins en eau augmentent en même temps que les quantités de pétrole. Selon le North Dakota Department of Mineral Resources, le Bakken a produit 201 millions de barils de pétrole et 268 millions de barils d’eau contaminée. Il faut donc toujours plus d’eau pour extraire moins de pétrole ce qui pourrait indiquer un balancement vers peak oil. Le traitement de l’eau contaminée coûte entre 4-5$ le baril.

Pour 10,5 milliards $, BP a acheté les terrains de schiste de BHP Billiton.

 

Canada

A cause de la capacité réduite de transport, les pétroliers canadiens vendent leur brut aux alentours de 40$ le baril au lieu de 70$. Les producteurs canadiens ont mis tous les œufs dans le même panier et n’ont qu’ un seul acheteur: les USA.

Le PIB du pays a augmenté de 0,5% en mai poussé par les ventes de brut. Les pétroliers ont vu une progression de +2,5% et les sables bitumineux de +5,3%.

Le Canada s’est retrouvé au milieu d’une tempête avec l’Arabie Saoudite. Sur Twitter, la ministre canadienne des affaires étrangères, Chrystia Freeland, s’inquiétait de l’arrestation en Arabie saoudite de la militante des droits des femmes Samar Badawi. Curieusement, Riyad a sur-réagit comme si le gouvernement donnait un signal d’alarme aux autres pays et de ne pas toucher à ce problème.

Il est fort à parier que le choix du Canada n’est pas anodin. La faiblesse du premier ministre Justin Trudeau fait du Canada une cible privilégiée.

 

Venezuela

La production est tombée au plus bas depuis 30 ans. Le pays est en totale déliquescence. On passe pour ce mois.

 

Mexique

Après avoir atteint son peak oil en 2005 avec 3,5 millions b/j, la production atteint aujourd’hui 1,87 millions b/j soit un déclin de 50% en 13 ans. Cette chute souligne la rapidité du déclin après le pic.

Afrique

Les présidents indiens et chinois ont sillonnés l’Afrique afin de resserrer les liens entre les deux géants et surtout bénéficier des matières premières. La Chine propose d’étendre sa «Route de la Soie» au contiennent africain. Pékin propose de l’argent facile avec des prêts généreux. En temps voulu et le couteau sous la gorge, les pays rembourseront avec des matières premières bradées.

Melania Trump a annoncé qu’elle organise un voyage en Afrique sans son président de mari.

 

Nigeria

La Nigerian National Petroleum Corporation a perdu 663 millions $ en une année. Avec seulement 4 raffineries d’une capacité de 650’000 b/j, le Nigeria doit exporter le brut et importer de l’essence qu’elle vend à perte à 0,40$ le litre.

En un mois, le pays consomme 80 millions litres d’essence.

Une nouvelle raffinerie est en construction et devrait entrer en service dès 2022.

La production pétrolière avoisine le 2,3 millions b/j.

 

Libye

La production de juin, 670’000 b/j est au plus bas depuis avril 2017. Le pays fait face à des problèmes de sécurité interne.

 

Rwanda

Plus de 15’000 personnes ont été déplacées, souvent sans indemnisation, pour permettre au pétrolier français Total de commencer l’extraction pétrolière dans des champs prometteurs.

 

Soudan

Le pays va exporter une partie de son pétrole en Chine.

 

Phrases du mois

«Le gaz naturel est une énergie qui possède un effet de serre incroyablement puissant et émet d’énormes quantités de méthane, qui produit un effet de réchauffement beaucoup plus rapide que le carbone. Une grande partie du gaz naturel que vendent des sociétés comme Shell est du gaz de schiste, ce qui génère encore plus de fuites de méthane et crée également toutes sortes d’autres problèmes environnementaux pour l’eau, etc. Non, je ne pense pas que le gaz naturel soit une énergie de transition.» Naomi Klein

Nous nous sommes trompés dans l’évaluation du changement climatique. Ce qui se passe aujourd’hui, nous l’avions prévu pour 2030-2040.” Martin Beniston, climatologue suisse

According to the IEA’s executive director, Fatih Birol, “The overall trend of energy investment remains insufficient for meeting energy security, climate, and air quality goals, and is not spurring an acceleration in technologies needed for the clean energy transition.

«Je quitte le gouvernement pour ne plus avoir à me résigner à une politique des «petits pas» insuffisante à mes yeux face aux enjeux environnementaux.» Nicolas Hulot

«Pour moi, c’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou à un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne?» Nicolas Hulot.

«A l’échelle cosmique, l’eau est un élément plus rare que l’or». Hubert Reeves

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– OPEP: 700’000 barils de plus pour stabiliser les prix
– Venezuela: La production pétrolière du pays s’effondre
– USA: Trump demande à l’Arabie Saoudite d’ajouter 2 millions b/j
– Allemagne: L’industrie automobile secouée par l’électricité
– Vatican: Le Pape convie les pétroliers à se pencher sur le réchauffement climatique
– Jordanie: L’augmentation des prix de l’essence crée des manifestations
– Iran: Total va se retirer d’un projet à 4 milliards $
– Libye: Les milices se battent, les exportations toussent.


 

L’OPEP a annoncé une augmentation de la production, mais rien n’y fait. Le baril grimpe à 79.44$ (77.59$ fin mai) à Londres et surtout il prend des gallons dans le monde merveilleux de Donald à 74.15$ (67.09$ fin mai).

L’uranium fait comme Neymar dans les 16 mètres. Il tombe tout seul et perd 10 centimes 22.55$ (22.65$ fin mai).

 

Graphique du mois
Evolution du CO2 par pays entre 1965-2017

Si l’Europe et les USA stabilisent leurs émissions de CO2,
le teste du monde fait grimper les statistiques

 

Monde

La fonte des glaces de l’Antarctique ont plus que doublé depuis 2012. Le continent contient entre 60 et 90% de l’eau potable dans le monde. Si toute cette glace devait fondre, le niveau des océans augmenterait de 60 mètres.

En 1920, le monde comptait 10 millions de véhicules à moteur. 36 ans après, une multiplication par 10, amena les 100 millions en 1956. Il n’aura fallu que 44 ans revoir une augmentation de 10 et attendre 1 milliard en 2010. En juste 5 ans, nous avons ajouté 300’000 unité pour arriver à 1,3 milliard en 2015.

D’ici à 2025, Volvo Cars pense que le 50% de ses ventes proviendront des voitures électriques et 1/3 seront autonomes.

A eux deux, la Chine et l’Inde sont responsable à 69% de l’augmentation de la demande pétrolière mondiale.

 

OPEP

L’OPEP+ va compenser les pertes de production de ses pays membre, dont le Venezuela, et augmenter la production de 1 million barils/jour (b/j). En réalité 9 des 14 membres de l’OPEP ont atteint le peak oil et seuls la Russie (non membre de l’OPEP), l’Arabie Saoudite, le Koweit, les Emirats Arabes Unis et l’Irak ont les capacités d’extraire plus de barils.

Après cette annonce, le baril est légèrement descendu pour remonter comme un bouchon de liège.  Visiblement les soucis du Venezuela, du Nigeria, de la Libye et les sanctions de l’Iran pèsent trop lourdement sur l’offre/demande.

A cause de problèmes de production, l’OPEP délivre 700’000 barils de moins que les quotas qui avait été déjà amputés de 1,8 millions b/j.

Selon l’IEA la demande devrait augmenter de 1,3 million b/j en 2019 et l’offre de 2 millions b/j. Le schiste américain devrait amener 1,4 millions b/j. Il semble que le marché puisse être équilibré en 2019, mais la prévision est à verifier.

Quelques heures avant de terminer l’écriture de cette rubrique, le Roi Trump a demandé au Roi bin Salman d’Arabie Saoudite d’augmenter sa production de 2 millions b/j. En novembre prochain, les USA vont élire leur parlement et un litre d’essence élevé fait tâche dans le CV républicain. L’Arabie Saoudite a immédiatement relativisé le tweet de @realDonaldTrump car il est peu probable que le pays ait la capacité d’extraire 2 millions de barils supplémentaires. De plus, les autres membres de l’OPEP verraient d’un mauvais oeil une baisse d’entrée de pétrodollars.

 

 

Les pays du Mois

Venezuela

Sans aucune discussion, le Venezuela est le pays le plus important de ce mois. La production mondiale est sur le fil du rasoir avec une marge maximale de 2% pour augmenter l’offre. Si le Venezuela s’écroule, on voit mal comment combler cette perte.

Ainsi, la compagnie pétrolière, PDVSA, a annoncé à 8 clients internationaux (Nynas, Tipco, Chevron, CNPC, Reliance, Conoco, Valero et Lukoil) son incapacité de livrer les quantités de pétrole promises. En juin, PDVSA devrait exporter 1,49 millions b/j mais elle n’aurait que 694’000 b/j à disposition.

L’International Energy Agency pense que la production du Venezuela pourrait descendre à 800’000 bj au lieu des 2,5 millions il y a quelques mois encore.

Les employés de PDVSA continuent de démissionner par milliers. Les ouvriers désespérés pillent les derniers outils, véhicules et équipements qu’ils échangent contre de l’argent et de la nourriture.

Les tankers pétroliers pourraient charger 24 million de barils, mais une dispute juridique/financière avec l’américain ConocoPhillips empêche les tankers de s’approvisionner dans certains ports. PDVSA doit utiliser ses propres terminaux, qui sont incapable d’accueillir des grands tankers.

Pour contourner ce problème, PDVSA transvase le pétrole de tanker à tanker, en haute mer, pour éviter le blocus des ports.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a pesé de tout son poids au sein de l’OPEP pour augmenter les quotas de 700’000 b/j  (400 pour l’Arabie, 300 pour la Russie non membre de l’OPEP). Depuis l’annonce Riyad a déjà augmenté sa production de 100’000 b/j, mais  Donald Trump insiste pour pousser la machine à 2 millions b/j. Objectif: maîtriser les prix de l’essence aux USA avant les élections du mid-term en novembre prochain. C’est que Joe America, accessoirement électeur de Trump, a besoin d’un gallon d’essence bon marché pour son pickup truck. Après ce cap, les prix pourront augmenter.

Avant le retrait des USA de l’accord avec l’Iran, Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de compenser les éventuelles pertes pétrolières sur les marchés. Par le passé, Riyad a souvent résisté aux demandes américaines. Mais si cela permet d’affaiblir l’Iran, on comprend le geste de la famille Royale.

Il reste encore des dizaines de membres de la famille royale en prison et de nombreuses personnes interdites de quitter le pays. Alors que le Prince bin Salman tente donner un peu d’air aux règles sociales strictes, il garde une main de fer sur les dissidents.

Au palais royal, une fusillade a éclaté entre des membres de la famille et les gardes du corps. Plusieurs personnes ont été tuées. Si cette information est confirmée, cela souligne deux points : A) la capacité des saoudiens à couvrir les informations B) la division entre les 15’000 membres de la famille et les 2’000 membres de l’élite. De la volonté de fer du Prince dépend la stabilité du pays.

L’Arabie Saoudite voudrait organiser un sommet mondial du pétrole avec les membres et non membres de l’OPEP afin de réguler les prix sur les marchés. 60 ans après sa création, l’OPEP pourrait ainsi disparaître.

Dans le but de rendre la mariée encore plus belle, Saudi Aramco a investi plusieurs milliards $ en Chine, en Inde et en Malaysie. 44 milliards $ ont été investi dans 3 raffineries en Inde. Les capacités de raffinage d’Aramco vont monter à 10 millions b/j. (5 actuellement).

Les femmes sont autorisées à conduire une voiture. Il s’agit d’une ouverture importante depuis le séisme du siège de la Mecque, par Juhayman al-Utaybi en 1979 qui a forcé la famille royale à des règles religieuses conservatrices radicales.

Les 2/3 des Saoudiens n’ont pas 30 ans. Cette jeunesse impose une grande pression sur le régime dictatorial.

 


Le pétrole, le gaz, le charbon continuent leurs progressions
alors que les énergies renouvelables sont à la traine

 

USA

Donald Trump propose de soutenir financièrement les centrales à charbon et les centrales nucléaires qui accumulent les déficits. De son côté, Xcel Energy, le plus grand producteur d’électricité du Colorado, va mettre à la retraire 2 centrales à charbon pour les remplacer par des sources renouvelables. Xclel espère économiser 215 millions $ d’ici à 2054.

A la dernière minute, l’administration Trump, a retiré sa proposition de diminuer l’aide fédérale pour les biocarburants (essence à base de céréales). Les milieux agricoles (et électeurs blancs) ont réussi à faire plier le gouvernement.

Trump a rencontré Kim Jong Un. A part des communiqués de presse dithyrambiques et de belles photos pour la galerie, il ne s’est strictement rien passé.

Darren Woods, CEO d’Exxon Mobil Corp, veut s’acheter une virginité. Après avoir noyé le monde de CO2, Exxon veut devenir «un acteur de la solution» contre le changement climatique. Pour ce faire, Exxon étudie la possibilité de faire de l’essence à base d’algue et de diminuer de 15% les émissions de méthane. Là, il faut penser à quelque chose de très triste pour ne pas hurler de rire.

Chevron et Exxon Mobil refusent de divulguer les informations comptables afin de combattre la corruption pétrolière au niveau mondial.

General Motors et Honda collaborent à un nouveau composant chimique pour les batteries de voitures électriques. Les objectifs sont d’augmenter la capacité, diminuer la dimension et de réduire le temps de charge. Ces batteries sont prévues pour le marché US.

Sous la pression de l’administration Trump, les installations solaires stagnent aux USA. Le marché US avait déjà reculé de 30%. Les nouvelles taxes sur les importations de panneaux solaires auraient gelé pour 2,5 milliards $ d’investissements.

La ville de Chicago va investir 32 millions $ pour acheter 20 nouveaux bus électriques de la firme Proterra. À quelques km de là, au Canada, la ville de Toronto a également acheté 10 bus Proterra Catalyst E2.

La Californie va investir 78.7 millions $ pour remplacer ses vieux bus d’école par des bus électriques et 13 millions pour les infrastructures.

Elon Musk, le PDG de Tesla Motors, a licencié 9% de ses employés et si la production du nouveau Model 3 augmente, l’entreprise fait face à une pénurie de batteries. Tesla commence à ressembler au Venezuela. On sait que tout va s’écrouler, mais on ne sait pas quand.

 

Russie

Gazprom aimerait construire un gazoduc en direction de la Corée du Sud en passant par la Corée du Nord. Le relâchement des tensions dans la région pourrait également permettre à la Russie d’alimenter l’ami Kim.

L’italien Enel et la compagnie russe des trains vont collaborer pour développer une batterie de stockage afin de stabiliser le réseau électrique russe. Enel va coupler un système avec le système de freinage des trains afin d’optimaliser la consommation.

La Russie va supprimer les taxes sur l’exportation de pétrole et la remplacer par une imposition sur les bénéfices des majors. Ce genre de tour passe-passe bénéficie toujours à quelqu’un et l’on peut imaginer que ce quelqu’un va se faire une fortune.

Gazprom aurait reçu la permission de la Suède pour le passage du gazoduc Nord Stream 2 qui relie la Russie à l’Allemagne. Le petit frère du Nord Stream 1 a toujours besoin de l’accord du Danemark qui aimerait voir l’Europe diversifier ses sources énergétiques. Cependant au rythme où la Chine siphonne le gaz russe, on peut se demander s’il en restera pour l’Europe.

L’entreprise ukrainienne Naftogaz a demandé à la cours hollandaise de geler les actifs de Gazprom en Hollande afin de rembourser 2,6 milliards $.  Les gazoducs de Naftogaz font transiter le gaz de la Russie à l’Europe. On comprend mieux l’empressement de Moscou pour trouver des alternatives de transports gazier.

L’Europe va continuer ses sanctions contre le gouvernement Russe durant les 6 prochains mois.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

La Commission européenne a proposé d’atteindre 32% d’énergies renouvelables d’ici à 2030. En pratique, l’objectif n’est pas contraignant. On ne peut que s’incliner devant aussi peu d’enthousiasme et de prise de risque. On en vient presque à espérer que la crise pétrolière, qui s’annonce d’ici à 2020, soit d’une telle virulence qu’elle secoue tout ce beau monde.

La Commission autorise l’importation d’huile de palme d’Indonésie et de Malaisie pour l’intégrer aux carburants pour nos voitures par «souci de protéger les intérêts des industriels et des agriculteurs déjà engagés dans cette filière!»

 

Vatican

Le Pape François a rencontré les CEO de plusieurs majors pétrolières comme Bob Dudley, CEO BP, Eldar Saetre, CEO Equinor (anciennement Statoil), Larry Fink du fonds BlackRock et des managers d’ExxonMobil pour les entretenir sur les changements climatiques.

«Le réchauffement climatique est un problème global avec de graves implications environnementales, sociales, économiques, politiques ainsi que pour la distribution des marchandises » a souligné le Pape François.

 

France

La France est totalement immunisée contre les accidents nucléaires. Dans le cadre de la «programmation pluriannuelle de l’énergie» qui fixe les scénarios énergétiques pour 2025, 2030, 2050, aucun incident d’une centrale nucléaire est prévu. C’est étrange, il y a 10 ans, le Japon tenait exactement le même langage.

Les 100 élus du comité du Syndicat Autolib Paris ont décidé de terminer l’expérience Bolloré. Le Groupe du Magnat, demande une somme abracadabrantesque (233,7 millions €), selon Mme Hidalgo, pour combler le déficit d’Autolib d’ici à 2023.

A Bar-le-Duc, alors que des déchets nucléaires ne sont pas encore enfuis, ça chauffe déjà. Plus d’un millier d’opposants se sont opposés à l’enfouissement des déchets à Bure, Meuse. L’Agence ANDRA vise à enfuir à 500 m. sous terre, les éléments les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Le groupe General Electric, qui avait racheté il y a 4 ans la branche énergie d’Alstom, ne tiendra pas son engagement de créer 1’000 emplois. Si une multinationale américaine tenait sa parole, ça se saurait.

Les prix du gaz vont augmenter de 7% : motif les prix du gaz sur les marchés augmentent. En réalité, ce ne sont que les prix du pétrole qui grimpent, pas ceux du gaz. Quant aux revendeurs de gaz, ils multiplient de 6 à 8 fois les tarifs de vente par rapport au prix d’achat sur les marchés.

La vitesse sur les routes va passer de 90 à 80 km/h. C’est une excellente initiative pour réduire la pollution et augmenter la sécurité. L’expérience n’a pas commencé, mais comme prévu, ça gueule déjà.

 

Allemagne

Après Volkswagen et Audi, c’est au tour de Mercedes d’être pris la main dans le sac. Ainsi 774’000 voitures Mercedes diesel équipées de logiciels pour contourner les émissions de CO2 sont rappelées. Même le modèle Vito est concerné. Etrange car ce moteur est préparé par…. le français Renault.

Dans le cadre de l’enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués, le PDG d’Audi, Rupert Stadler a été arrêté et mis en prison en raison du risque de le voir supprimer des preuves.

Le retard des constructeurs automobiles allemands dans l’électrification de leurs modèles pourraient coûter 75’000 emplois d’ici à 2030. La prévision semble assez optimiste quand l’on voit la vitesse à laquelle les chinois ont saisi l’opportunité. L’industrie automobile allemande emploie 840’000 personnes dont 210’000 pour les moteurs thermiques.

Le géant allemand E-On va installer une ferme solaire de 100 MW aux Texas, USA.

 

Suisse

Le géant américain General Electric, GE, va biffer 1’200 et non plus 1’400 emplois comme annoncé il y a quelques mois. En 2015, GE avait acheté Alstom et avait promis de ne pas licencier.

Les BKW ont prévu 925 millions frs pour la désaffection de la post exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg et 1,25 milliards pour les déchets radioactifs. Pour la désaffection elle-même, les BKW n’ont prévu que 550 millions alors que la Confédération estime la douloureuse à 611 millions. Le Tribunal Fédéral devra départager les deux acteurs. La centrale fonctionnera jusqu’au 31 décembre 2019 et le chantier devrait se terminer en 2034.

L’institut fédéral de surveillance nucléaire va acquérir des drones et des robots en cas de catastrophe nucléaire.

 

Angleterre

Le pays n’a pratiquement pas produit d’électricité éolienne pendant 9 jours consécutifs. Cette sécheresse de vent a poussé les prix du marché à un plus haut depuis 10 ans.

 

Accord entre Trump et Kim:
On va voir ce qu’il va se passer

 

Asie

Corée du Nord

La quantité d’air brassée avant, pendant et après la rencontre entre Kim et Donald aurait pu produire autant d’électricité que les éoliennes du Danemark pendant une journée. Au final, le document signé par les deux zozos ressemble à l’Accord sur le Climat de Paris : pas d’engagement ferme, pas de contrôle et pas de limite dans le temps.

 

Chine

La Chine et l’Inde étudient la possibilité de grouper leurs achats pétroliers afin de mieux négocier les prix du pétrole. Les deux pays importent entre 13-14 millions b/j (11,6 millions pour l’Europe et 7,9 pour les USA). On imagine les maux de têtes des vendeurs qui devront négocier avec les chinois et les indiens en même temps.

Le pays s’impose comme le leader mondial des véhicules électriques. General Motors va proposer 10 nouveaux modèles électriques jusqu’en 2020 et doubler le nombre de véhicules vendus dans ce pays.

Il n’aura fallu qu’une heure pour que la Chine riposte au Tweet de Donald Trump déclarant des taxes sur 50 milliards $ de produits chinois importés. Pékin a immédiatement annoncé une réplique équivalente dont une possible taxe sur les 360’000 b/j de pétrole importés des USA. La chine va également taxer là où ça fait mal : les paysans américains. Ainsi le soja, la viande de bœuf sont dans le viseur.

La Chine devait importer plus de gaz de schiste ainsi que des produits agricoles des USA. La commande est sur le mode «pause». Pékin aimerait mêler ces achats avec la diminution de la balance commerciale entre les USA et la Chine.

La Chine continue d’importer à grande vitesse du pétrole et du gaz. Les importations de pétrole ont augmenté de 7,8% durant les 12 derniers mois à 9,6 million b/j. Les importations de charbon restent stable à 22 millions de tonnes. Trump espère que Pékin achète du charbon «made in USA» pour compenser les 375 milliards $ de la balance commerciale entre les deux pays. Cependant, il ne reste pas assez de charbon américain pour faire pencher sensiblement cette balance.

Le montant des dettes des entreprises et des consommateurs dépasse de 168% le PIB. Depuis la crise de 2008, Pékin a conduit une politique monétaire très relax en créant pour des milliers de milliards $ de dettes. Le gouvernement tente de réduire ces excès mais l’opération est délicate pour ne pas faire exploser ces deux bulles.

 

Dessin Chappatte
Epargnez moi les détails. Où est-ce se trouvent les caméras?

 

Les Amériques

Schiste USA

A cause du manque de capacité de transport, les producteurs de schiste vendent leur pétrole avec un rabais qui va jusqu’à 20$ le baril. Ainsi alors que le WTI indique 65-70$, le prix réel de vente avoisine les 55$.

Les investisseurs de Wall Street se lamentent sur les retours du boom de schiste du bassin Permien, le plus juteux des USA. Malgré la hausse des prix du baril du marché, les producteurs n’arrivent financièrement pas à s’en sortir.

Selon le BP World Energy Review, la productivité des puits du bassin Permien diminue fortement.

Alors que l’EIA (Energy Information Administration) pense qu’un part grandissante des véhicules américains va utiliser du pétrole de schiste, l’agence oublie que les faibles niveaux d’octane du schiste sont trop bas pour les moteurs. Pour produire du diesel, les producteurs doivent ajouter du kérosène pour augmenter la lubrification. Du coup, les prix du kérosène à disposition des avions grimpent.

L’EIA annonce que la production de schiste augmenté de 80’000 b/j en juin et 1 million b/j supplémentaire devraient arriver courant 2019. La production pétrolière US atteindrait 11,8 millions b/j.

 

Brésil

Après 10 jours de grève, le PDG de la major pétrolière nationale, Pretrobras a démissionné.

Le géant pétrolier Equinor (anciennement Statoil) prendra 25% des actions dans le champ du bassin de Campos. Petrobras recevra un chèque de 2 milliards $.

 

Canada

Un train de wagons-citernes a déraillé dans l’Iowa et relâché presque 1 million litres. Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

Désirez-vous une leçon de schizophrénie?  Qui de plus naturel que le premier ministre canadien comme professeur?
«Le Canada peut faire d’avantage pour s’attaquer au problème mondial du réchauffement climatique, et nous le ferons» Justin Trudeau, Paris Climate Change 2015
«Le Canada a approuvé le projet d’expansion de l’oléoduc Kinder Morgan. Le projet va multiplier par trois notre capacité de production pétrolière pour le marché international.» Justin Trudeau, premier ministre du Canada,  Juin 2018.

 

Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

 

Moyen Orient

Jordanie

Le pays fait face à des troubles et des manifestations suite à la hausse de 5,5 % des carburants ainsi que de 19% électricité. Plus tôt dans l’année, le prix du pain avait également été augmenté.

Le gouvernement a fait marche arrière.

 

Egypte

Sous la pression du FMI, l’Egypte a augmenté de 50% le prix des carburants. Le pays, qui subventionne lourdement l’essence, n’arrive plus à supporter ce fardeau. Est-ce que la population va se rebeller comme en Jordanie ? Les jours qui viennent vont le montrer.

 

Iran

Téhéran s’inquiète de plus en plus de l’impact des nouvelles sanctions américaines sur son économie. Si les iraniens devraient recevoir le support de la Chine et de la Russie, l’Europe va probablement suivre les instructions données par Donald Trump. Les importations de pétrole iranien sont déjà en baisses.

Comme plus grand importateur de pétrole iranien, la Chine va ignorer les sanctions américaines. On imagine que les chinois vont demander « un rabais » pour ce geste.

La plus grande banque indienne ne va plus effectuer les transactions pétrolières dès novembre. Les raffineries indiennes utilisent l’euro et désirent passer à la Rupee. Pour la Chine, l’Iran va utiliser le Yuan chinois. En avril dernier, la Banque Centrale Iranienne a ouvert une ligne de crédit avec la Turquie pour continuer le commerce avec ce pays.

Les iraniens vont tenter d’augmenter la production de 29 gisements avec leurs propres industries. Cette décision souligne l’inquiétude de Téhéran de voir ses revenus diminuer et son incapacité à rajeunir son parc pétrolier vieillissant.

Le leader religieux Khamenei a prévenu que si les sanctions devaient être réactivées, le pays recommencera l’enrichissement nucléaire à des buts militaires.

Le français Total va se retirer de ses projets de 4 milliards $ en Iran. En échange, l’Arabie Saoudite a offert aux français une joint-venture de 44 milliards $ avec Saudi Aramco pour un projet en Inde.

Washington a demandé à SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) de couper ses liens avec les banques iraniennes d’ici à novembre. Ce système est utilisé pour les échanges bancaires. Dans une humeur alarmiste, le gouverneur iranien de l’OPEP, Ardebili, annonce que le pétrole pourrait monter à 140$ à cause du Venezuela et de l’Iran.

 

Irak

En mai, les exportations ont augmenté de 5% à 3,8 millions b/j (3,62 en avril) avec un prix moyen de 69,93$ le baril. Les revenus pétroliers se montent à 7,56 milliards $.

La production pétrolière du pays a grimpé à 4,59 millions b/j (4,325 en avril) selon les données de Bagdad. Cependant, les chiffres officieux montrent une production supérieure.

Le ministre du pétrole dément l’activation d’un accord de livraison du brut de Kirkuk vers l’Iran alors que de plus en plus de camions citernes traversent la frontière.

 

Afrique

Libye

Ca bastonne dans les ports pétroliers de Ras Lanuf et Es Sider entre les milices du commandant Khalifa Haftar et ses opposants. Deux réservoirs de stockage de 440’000 barils ont été incendiés. Les forces de Haftar avaient pris contrôle de ces deux ports en 2016 afin d’assurer les exportations pétrolières. Les livraisons pétrolières ont dû être coupées.

La situation en Libye a influencé l’OEPP+ à contrecarrer cette perte.

 

Nigeria

Les sabotages des pipelines freinent les exportations pétrolières et le pays n’arrive plus à produire ses 1,8 millions b/j. et stagne à 1 million b/j.

L’augmentation de la pauvreté dans le Delta du Niger, lieu de production pétrolière, souligne l’incapacité du gouvernement à redistribuer la rente pétrolière au peuple, mais au talent pour remplir les comptes bancaires de ses dirigeants.

 

Phrases du mois

Si nous voulons que tout reste comme tel que c’est, il faut que tout change.

Climate change is a global problem with grave implications: environmental, social, economic, political and for the distribution of goods.” Pape Francois

45 % des 13-17 ans reconnaissent être connectés presque toute la journée. «Les comportements et les états émotionnels des adolescents ont brutalement changé à partir de 2012. Plus un adolescent passe du temps devant un écran et plus il est probable qu’il devienne malheureux.»  Jean Twenge

«Pour imposer leur pouvoir les régimes autoritaires ont choisi la force, nos démocratie ont inventé les relations publiques.» La Fabrication du consentement, Edouard Bernays.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

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Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Des tests de pollution sur des singes par VW, BMW, Mercedes
– France: AREVA change de nom et efface 7 milliards € de dettes
– USA: Trump taxe les panneaux solaires chinois
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ récupérés auprès des Princes
– Hydrogène: L’Allemagne se lance dans les trains. La Hollande dans les bus
– Chine: Le pays devient le plus grand importateur de gaz, de pétrole et de charbon
– Guyane: De larges champs offshores prêts à être exploités


Durant le mois, le baril est passé à 70,37$ à Londres, au plus haut depuis décembre 2014. A la fin de ce premier mois 2018, on le retrouve à 69.02$ à Londres (66.60$ en décembre) et à 64.50$ à New York (60.42$ en décembre).

L’uranium continue d’hiberner à 23.15$ (23.75$ fin décembre).

 

Graphique du Mois
Exportations de pétrole brut et condensé de la Russie vers la Chine  2002-2017

Source: EIA

Pétrole

En 2018, les investissements pétroliers exploratoires touchent un bas historique à 37 milliards $. Du jamais vu en 70 ans (-60% par rapport à 2014).

A l’heure actuelle, il semble que la production de schiste ne va pas être capable de compenser la hausse de la demande ainsi que la déplétion des gisements conventionnels. Un grincement pourrait se produire dès 2020.

Planète

2017 est la 3ème année la plus chaude après 2015 et 2016 selon la NASA. Le mois de Janvier 2017 a été le plus chaud en Suisse depuis 1880.

Du côté des Grands Acteurs:

 

Russie

Le Président Russe Vladmir Poutine a été réélu le 18 mars prochain!

Un deuxième pipeline russe en direction de la Chine a été mis en service entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Pékin importe 600’000 b/j avec ces pipelines.

La production pétrolière russe a atteint un niveau record depuis 30 ans à 10,98 millions b/j.

Gazprom a explosé ses exportations +8,1%, à 193 milliards m3, selon son CEO Alexey Miller. La production de Gazprom est de 471 milliards m3 et le double en kg de CO2. Les deux pays les plus friands du gaz russe sont l’Allemagne et la Turquie.

L’Allemagne a augmenté sa consommation de gaz russe de 7,1% en 2017. Depuis les soucis avec l’Ukraine et les sanctions européennes, les importations de gaz russe en direction de l’Europe ont augmenté de 25%!

USA

L’administration Trump vogue toute voile dehors pour éradiquer les lois concernant les forages offshores établies après la marée noire BP Deepwater Horizon. Ainisi, la Maison Blanche veut autoriser ces forage sur le 90% des côtes US, contre 6% actuellement. Après l’aventure BP, les compagnies pétrolières hésitent à se lancer dans cette galère. En cas de problèmes, elles feront face à de lourdes pénalités légales, les boycottes, les protestations et surtout que l’ami Trump risque de faire ses bagages dans 3 ans.

La marée noire DeepWater Horizon aura finalement coûté à BP plus de 60 milliards $ à la compagnie.

Avec l’arrivée du renouvelable, le nombre d’emplois pour générer de l’électricité diminue. Il faut 5 fois plus d’employés avec le charbon et le nucléaire par rapport aux énergies renouvelables selon BW Research Partnership.

Depuis l’arrivée de Trump, dans le charbon 771 emplois supplémentaires ont été créés pour un total de 54’819.

Washington va instaurer des taxes de 30% sur les panneaux solaires chinois.

Le Gouverneur Andrew Cuomo de l’Etat de New York a créé une force de travail sur le style californien pour combattre le réchauffement climatique et éviter les interférences de la Maison Blanche. Paradoxalement, cela risque de chauffer pour diminuer le réchauffement

La CEO de General Motors, Mary Barra, a promis aux investisseurs, que dès 2021, le fabricant de voitures va générer des profits avec les voitures électriques. GM sera le premier constructeur à générer du cash avec ce type de voitures. Elle n’a pas détaillé son plan d’attaque d’autant que les ventes record de pickups et de SUVs ont battu des records en 2017.

Avec l’essence bon marché et surtout les publicités à base de testostérone, les automobilistes ont acheté plus de pickup trucks que de voitures de tourisme. La consommation US stagne à 8,5 lt/100 km (identique à 2016).

Deux producteurs d’uranium ont demandé au Président Trump de renoncer à utiliser l’uranium russe ou d’Asie centrale pour la confection d’armes ou pour les centrales. Presque 50% de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

La major pétrolière ConocoPhillips va vendre entre 5 et 8 milliards $ d’actifs, principalement dans le secteur du gaz ainsi que racheter 3 milliard $ de ses propres actions pour faire remonter les cours et le bonus de son PDG. ConocoPhillips traine une dette de 20 milliards $.

En Alaska, Conocco Phillips planifie 5 nouveaux forages dont 4 dans la Réserve Naturelle NPR-A nouvellement ouverte par Trump.

La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3% que s’est fixé Donald Trump.

Publicité réalisée et publiée par Donald Trump.
Imaginez un président européen réaliser une pub pour défendre ses projets!

 

Arabie Saoudite

En quelques mois, le Gouvernement a récolté 100 milliards $ auprès des notables du Royaume suite aux arrestations pour motif de corruption.

Les prix de l’essence ont augmenté à 0.40$ le litre. Par rapport au 6 centimes d’il y a quelques années, l’envolée est remarquable. Le Gouvernement désire stopper les subsides dans le domaine énergétique.

L’Arabie Saoudite tente de reprendre le leadership de l’OPEP en proposant d’inclure les pays hors OPEP dans la régulation de la production mondiale. Moscou a précisé que les inventaires pétroliers, et non les prix du pétrole, seront décisifs pour fixer les prix du marché.

Le Prince milliardaire Alwaleed bin Talal, détenu depuis 2 mois pour cause de corruption, a proposé un accord financier. Le Prince a offert une «donation» au Gouvernement afin d’effacer l’ardoise. Riyad semble tergiverser sur le montant de la douloureuse. Tout ne semble être qu’une question de temps.

L’Arabie Saoudite va choisir l’heureux élu qui aura le privilège de construire sa première centrale nucléaire. La France, les USA, la Corée du Sud et la Russie sont en lice. Riyad ne cache plus le désire de créer une bombe atomique avec le plutonium généré par cette centrale pour un concept à 360 degrés.

Le choix tombera d’ici à décembre. D’ici là, on devrait voir une belle collection de présidents aller se plier à l’exercice prévente du côté de Riyad.

Les exportations de l’Arabie Saoudite en direction des USA touchent un bas à 415’000 b/j.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Europe

France

AREVA synonyme de difficultés, d’échecs commerciaux et de démêlés judiciaires change de nom. La nouvelle princesse s’appelle ORANO. L’équipe marketing a pêché ce nom dans les livres de Latin: “le dieu Uranus” qui a donné son nom à la planète puis à l’uranium.  Le Prince sera d’autant plus charmé que les 7 milliards € de dettes d’AREAVA ont été effacées… par enchantement.

Quarante ans après son ouverture, la centrale nucléaire de Fessenheim vit ses derniers mois. Elle devrait être fermée d’ici à la fin de l’année 2018 ou le début de 2019. L’Etat français a commencé les négociations avec les travailleurs.

La consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.

 

Suisse

Depuis le 1 janvier, les Suisses peuvent autoconsommer l’électricité produite par leurs panneaux solaires. Mieux, ils peuvent vendre leur électricité à leurs voisins et ceux-ci peuvent acheter les électrons solaires produit localement sans passer par un grand groupe électrique.

Ce changement pourrait pousser les grands groupes électriques à se soucier (pour une fois) de leurs clients. Des initiatives intéressantes sont en train de se créer. La Coopérative Robin des Bois semble bien porter son nom surtout qu’il s’agit de redonner aux citoyens la place qui leur revient.

 

Allemagne

Le groupe énergétique allemand E.ON cède 46,65 % de ses actions dans Uniper au finlandais Fortum. Créée en 2016 par E.On pour déverser tous ces actifs à risques comme les centrales à gaz et au charbon, Uniper a ainsi totalement quitté les mains d’E.ON.

Alstom a été choisi pour réaliser le premier train à hydrogène en Allemagne. La Basse-Saxe a commandé 14 trains pour remplacer les locomotives à diesel. D’une autonomie de 1’000 km. Ils pourront circuler à une vitesse maximale de 140 km/h et emporteront environ 300 voyageurs.

Selon le le New York Times, Volkswagen, BMW, Daimler Mercedes et l’équipementier Bosch ont mené des tests aux Etats-Unis sur dix singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. En Allemagne, un institut hospitalier d’Aix-la-Chapelle a fait inhaler de 2013 à 2014 du dioxyde d’azote (NO2) à des étudiants pour voir l’impact sur leur santé.

Le plus choquant, c’est qu’ils ont utilisé des singes pour leurs tests!!! Pour les humains, rien de neuf, cela fait des années qu’ils le font en grandeur nature.

 

Belgique

oBike Bruxelles Gobee.bike  va abandonner les vélos en libre services sans station. Problème le vandalisme coûte trop cher à la société alors que ses vélos coûtent 28 euros à la production.

 

Angleterre

Avec des vents venteux, des éoliennes en pleine forme et une demande électrique en baisse, l’Angleterre a de nouveau vécu des périodes où l’électricité se vend à des prix négatifs (en-dessous de zéro).

Le démantèlement des infrastructures pétrolières offshores dans la mer du Nord est estimé à 77,3 milliards $.

2017 fut une année record pour les énergies renouvelables dans le réseau anglais avec 13 records dont 1 journée d’avril entière sans charbon. Une première depuis la révolution industrielle.

 

Norvège

Le pays a accordé un record de 75 permis d’exploration pétrolière : 45 dans la Mer du Nord, 22 dans la Mer de Norvège et les 8 autres dans la Mer de Barents.

 

Hollande

Après l’Allemagne et sa commande de trains à l’hydrogène, c’est la Hollande qui pourrait se lancer dans les Bus à Hydrogène à base de solaire et d’éoliennes.

Une usine d’électrolyse de 20 mégawatt capable de produire 3’000 tonnes d’hydrogène/an et 300 bus serait la plus grande en Europe.

L’hydrogène pourrait prendre le pas l’électricité surtout dans les domaines plus volumineux et lourds que les voitures (bus, bateau, camions).

Les Amériques

Venezuela

Difficile de prévoir l’avenir du pays tant les signes indiquent des zones de tempêtes. Le pays produit encore 1,5 million b/j de pétrole et la tendance est à la baisse. Dans les coulisses, la Chine, la Russie et les USA préparent le terrain pour se partager les restes et surtout les réserves pétrolières.

Oscar Perez, le rambo Vénézuélien, a été abattu ou assassiné par les militaires du régime. Selon les images qu’il a filmées lors de ses derniers instants, la deuxième option est privilégiée.

En effet, les Vénézuéliens ont suivi en direct, par le biais des réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. En juin 2017, il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes.

La production pétrolière du Venezuela a diminué de 15% en décembre pour toucher un bas à 1,5 millions b/j. (-29% sur une année). Les sanctions américaines ne font qu’amplifier les difficultés du pays. La production 2018 pourrait fortement diminuer.

Canada

L’opérateur de pipeline TransCanada annonce que des contrats pour 500’000 barils/jour pendant 20 ans (60% de la capacité) peuvent suffire pour couvrir les frais du pipeline Keystone XL. Même sans boule de cristal, il semble peu probable que ces chiffres soient atteints.

Le nombre de forages est en forte hausse à 185 (+87).

 

USA Schiste

L’EIA pense que la production de schiste va augmenter de 1,8 million b/j d’ici à la fin de l’année ou début 2019. La production américaine pourrait atteindre 11 millions b/j et dépasser l’Arabie Saoudite et la Russie.

Les chiffres n’indiquent aucune progression des gisements du Bakken, di Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste repose sur le Bassin Permien et d’Eagle Ford.

Si les agences de communication, le gouvernement et les pétroliers usent clairons et trompettes, un autre regard apporte justement un autre regard. Ainsi 7’500 puits attendent d’être forés. A une moyenne de $2,2 millions/pce ,il faut trouver 17 milliards $ pour les mettre en service. Comme les investisseurs n’ont jamais eu de retour sur investissement, une certaine dose de courages est nécessaire.

Un autre grain de sable dans les estimations américaines. Le Bassin Permien devrait augmenter de 900’000 b/j d’ici à la fin 2019. Cependant avec les rapides taux de déplétion, il va falloir fortement augmenter le rythme pour couvrir la perte des forages actuels et améliorer la rentabilité économique pour extraire d’avantage de pétrole de schiste.

 

Mexique

Les cartels de la drogue ont trouvé une nouvelle manne financière: le vol de pétrole. Les différentes raffineries du pays estiment leur manque à gagner à 5 milliards de dollars.

 

Guyane

Le spot offshore le plus intéressant au monde se trouverait sur les côtes de la Guyane. Depuis qu’ExxonMobil a trouvé une grande quantité de pétrole début 2017, Washington aimerait donner une priorité à ses investisseurs pour l’extraction.

 

Argentine

La compagnie pétrolière nationale YPF va travailler avec le norvégien Statoil pour développer les champs de schiste de la Vaca Muerta et du Bajo del Toro dans la province du Neuquen.

 

Brésil

Le producteur pétrolier national, Petrobras, va payer 2.95 milliards $ de dédommagements à des investisseurs américains, qui avaient porté plainte contre les pertes dues à la corruption de l’entreprise.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

En mer de Chine orientale, le pétrolier iranien Sanchi, a sombré après avoir heurté un bateau chinois. Le tanker a pris feu et coulé en laissant derrière lui une marée noire. Le bateau gît par une profondeur de 115 mètres.

Les froids glacials dans le nord du pays augmentent la consommation de charbon pour le chauffage et l’électricité.

En 2018, la Chine va remplacer le Japon à la place du plus grand importateur de gaz mondial. La Chine est déjà le plus grand importateur de pétrole et de charbon.

En 2018, la Chine va importer 70% de son pétrole. La Chine a remplacé les USA comme plus grand importateur de pétrole mondial.

D’ici à 2020, Pékin veut créer des «méga » compagnies minières de charbon afin de regrouper toutes les forces et moderniser le secteur. Chaque structure devra extraire 100 million de tonnes de charbon par année.

Les chinois ont acheté 777’000 véhicules électriques ou plug-in en 2017, +53% par rapport à 2016. Cette hausse est attribuée aux subsides accordés aux modèles réalisés par les entreprises chinoises. Les voitures sont au nombre de 579’000. Le solde représente les bus et véhicules commerciaux sous la houlette du Gouvernement.

Le 23 février, la Chine va lancer ses premiers contrats pétroliers à sa bourse. On perçoit comme une envie de s’émanciper des USA.

 

Kazakhstan

La production pétrolière du pays a augmenté de 180’000 b/j en 2017 pour atteindre 1,74 million b/j.

Il est probable que l’OPEP aille tirer les oreilles du président pour lui demander de diminuer sa production afin de maintenir la hausse des prix.

Moyen Orient

Emirats Arabes Unis

Comme tous les pays du Moyen-Orient l’eau commence à faire cruellement défaut. Actuellement le pétrole ou le gaz servent au dessalement de l’eau des mers environnantes. De nouveaux systèmes, à base d’énergie solaire, sont mis en service pour générer cette eau potable.

 

Iran

Les manifestations ont été contenues et le calme retrouvé. Cela ne veut pas dire pour autant que les solutions ont été trouvées. Aucun impact sur la production pétrolière ou gazière n’a été mesuré.

Téhéran va combattre toutes les nouvelles sanctions si Washington va de l’avant. Trump a donné à l’Europe ainsi qu’à l’Iran un ultimatum final pour réparer «les points désastreux » de l’accord nucléaire.

Le ministre des affaires extérieures russes, Lavrov, a précisé qu’il ne supportera pas les tentatives de l’administration Trump de modifier ce traité.

 

Irak

L’américain Chevron aimerait retourner au Kurdistan pour tenter de nouveaux forages. BP va tenter de d’augmenter la production des champs de Kirkuk. Le gouvernement irakien a demandé à la major de doubler la production soit +700’000 b/j.

La tâche sera compliquée par les vues des Kurdes sur les gisements de Kirkuk dont ils étaient en possession pendant 3 ans. L’armée irakienne avait délogé les Kurdes en octobre après le référendum d’indépendance lancé par les Kurdes.

De son côté, Shell abandonne l’Irak et son dernier champ West Qurna 1.

Afrique

Ghana

Exxon Mobile Corp a signé directement avec le gouvernement pour l’extraction exclusive du champ Deepwater Cape Three Point. Il n’y a pas eu d’appel d’offre et le montant de la petite enveloppe à l’attention du président n’a pas été dévoilé. Les forages offshores devront aller entre 2’000 et 4’000 m sous le niveau de la mer pour extraire le pétrole.

 

Phrase du Mois

La question à plus long terme, est: Est-ce 2018 sera la dernière grande augmentation de la production pétrolière américaine? Si vous regardez les chiffres économiques de la plupart des grands acteurs du Bassin Permien, peu d’entre eux génèrent des bénéfices“.  Ian Taylor, CEO, Vitol.

“In the US shale oil, cash required per barrel metric has been rising for several consecutive quarters, hitting an average $64 per barrel in the third quarter of 2017”. Al Rajhi Capital

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Trump taxe le Solaire Chinois. Pour le Meilleur ?

L’annonce de Donald Trump, d’instaurer des droits de douane antidumping sur les machines à laver le linge ainsi que sur les panneaux solaires chinois, suscite de nombreuses réactions.

Instinctivement, les questions du changement climatique, du trio pétrole/gaz/charbon et de la Chine viennent à l’esprit. Et si cette décision pouvait redonner vie au solaire américain?
Grand communicateur, Trump appuierait-il là où ça fait mal?


Désinhibé des problèmes climatiques le président Américain, s’attaque à une commodité qui bénéficie d’un fort capital sympathie: le solaire. Il est évident que si la mesure n’avait touché que les lave-linge, le nombre de retweets aurait frisé le ridicule. Ici, l’impact est maximal!

Ainsi, Washington va imposer, sur les panneaux chinois, une taxe de 30% pendant 3 ans et ensuite la diminuer à 15%.

En réalité avec un peu de retard, Donald Trump ne fait que copier l’Europe. Ainsi en 2013, l’Union Européenne avait imposé une taxe antidumping de 47,7% sur les composants solaires chinois afin de protéger son industrie. Sous une pression intense de Pékin, les européens vont l’abolir cette année.

De son côté, en 2012 déjà, le président Obama avait, lui aussi, imposé des tarifs douaniers sur les mêmes panneaux.

 

La Chine a stratégiquement créé un marché intérieur et soutenu ses entreprises

Du côté commercial, Pékin se gausse des règles du jeu. En toute transparence, elle joue carte sur table avec sa stratégie «Made in China 2025». Qu’importe l’OMC, il faut acquérir des technologies, des brevets et des entreprises stratégiques, tuer la concurrence et soutenir financièrement son industrie.

Le secteur des énergies renouvelables en est la parfaite illustration. Pékin a porté à bout de bras ses industries solaires et éoliennes pour détrôner les européens et devenir le leader mondial incontesté.

Meyer Burger, qui fabrique des scies à wafer de silicium pour les panneaux solaires, donne une parfaite illustration de ce mécanisme. Sous pression financière, l’entreprise Suisse a dû délocaliser sa production et céder son savoir-faire à Pékin. Fins stratèges, les chinois ont demandé à Meyer Burger de garder la recherche et le développement en Suisse afin de bénéficier des aides financières de la Confédération. In fine, l’argent du contribuable helvète génèrera de nombreux emplois en Chine et de moins en moins en Suisse.

La Chine n’a pas seulement porté à bras le corps ses entreprises. Elle a également instauré un robuste marché intérieur. Les ambitieux objectifs solaires fixés pour 2020 ont été atteints en 2017 déjà. S’appuyant sur ce marché interne, la surproduction a pu être commercialisée dans le monde entier.

 

Importations américaines des panneaux solaires. Source Bloomberg
Pour éviter les taxes, les entreprises chinoises ont délocalisé en Thaïlande ou au Vietnam

 

Trump sauvera-t-il involontairement l’industrie solaire américaine?

Aux USA, 80% des panneaux solaires sont importés via des entreprises chinoises. Dans ce marché de 28 milliards $, qui compte 260’000 employés dont 38’000 dans l’industrialisation de panneaux solaires, l’impact de ces taxes pourra être mesuré et commenté dans plusieurs mois seulement.

Pour le citoyens, cette mesure devrait renchérir de seulement 3% une nouvelle installation. Pour une unité plus grande, le hausse pourrait atteindre 10%.

Sous l’impulsion d’Elon Musk, activateur de Tesla Motor et de SolarCity, les américains vont devoir faire preuve de génie pour remonter la pente. Ce qui peut faire penser à un geste de Trump pour tuer l’énergie solaire et favoriser le charbon, peut se transformer en une opportunité de stimuler le marché interne avec ses entreprises locales face à la compétition chinoise.

L’exercice a été tenté en Europe. Trop tardive et timorée, elle se termine sur le constat que l’industrie des panneaux solaires a été abandonnée et balayée.

Sur ses cendres, les Européens ont construit la version 2.0 du solaire avec des systèmes «smart» à haute valeur ajoutée. Ainsi il devient possible de partager localement l’énergie renouvelable et d’améliorer l’efficience de chaque kWh produit dans un concept de smart city.

Cette avance Européenne et Suisse doit être protégée et soutenue sans naïveté. Cette fois, la menace pourrait venir de Chine et des USA.
La décision de Trump pourra peut-être nous donner le d’énergie.

 

 

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Pétrole de Schiste Américain: La tempête avant le calme

La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.

Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.


Les années folles du schiste

Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.

Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.

Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.

On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.

 

Peak oil de schiste ?

Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.

Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.

Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.

Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.

Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.

 

Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA

Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.

Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.

 

Le Schiste Russe gagnant ?

Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.

C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.

A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.

D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.