Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:

– Venezuela: Maduro réélu, mais la production pétrolière chute
– Iran: Le bras de fer avec l’Administration Trump débute
– Brésil: Les grèves des camionneurs et des employés du pétrole paralysent le pays
– Japon: 44 nouvelles centrales à charbon pour produire l’électricité
– USA schiste: Verrons-nous le peak oil de schiste dès 2023?
– Chine: Solaire: le pays possède 60% des emplois dans le monde
– Russie: La première centrale nucléaire flottante est en route
– Angola: Réduction des taxes pour trouver de nouveaux gisements pétroliers.


Le baril de pétrole est brièvement passé sur les 80$. Un petit coup de mou, le laisse à 77.59$ (75.17$ fin avril) à Londres et à 67.09$ à New York (68.57$ fin avril).

L’uranium est en vie!  On l’a vu bouger. Il termine mai à 22.65$ (20.85$ fin avril).

 

Graphique du mois
Production pétrolière du Venezuela 2008-2018

Source: Bloomberg, OPEP; graphique Financial Times

Monde

Selon l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable (IRENA), le renouvelable compte 10 millions d’employés dans le monde.

L’effondrement de la production pétrolière du Venezuela et les sanctions américaines contre l’Iran pourraient être un parfait cocktail pour boire un baril à 100$. Cependant les avis divergent. Le PDG de Total penche pour 100$, alors que le PDG de BP pense que le pétrole de schiste américain va réduire le baril à 50$. L’IEA suppose que la demande va être détruite par les tarifs élevés. Morgan Stanley assure que les nouvelles régulations maritimes vont pousser le baril à 90$ et Westbeck Capital parie sur un baril à 100$ puis 150$ sur le modèle de 2008. Forcément, quelqu’un a raison, mais qui? La patience apportera la réponse.

Dès 2020, l’organisation mondiale du transport maritime va mettre en vigueur de nouvelles règles pour l’utilisation de pétrole lourd. L’industrie navale avale 5 millions barils/jour (b/j) de déchet de brut (résidu des raffineries). Le diesel pourrait compenser ce vide, mais il est bien plus cher que les 1 à 5 ct le litre des résidus.

Les 2’500 milliards $ de dettes des producteurs de pétrole et de gaz inquiètent les marchés financiers. Ce mois, l’américain Energy XXL a fait une faillite XXL à 4 milliards $. JPMorgan Chase, Well Fargo et Bank of America s’inquiètent de l’augmentation de l’augmentation des dettes pourries dans leurs comptes.

 

OPEP

Sous la pression de Donald Trump et de la Chine, l’OPEP pourrait remonter sa production de 1 million b/j. En réalité l’augmentation de la production de l’Arabie Saoudite et de la Russie (non membre de l’OPEP) compensera simplement la baisse du Venezuela, de l’Angola, de l’Equateur et du Nigeria.

Il aura suffi d’une suspicion d’augmentation des quotas de l’OPEP pour que le baril passe de 80 à 75$. In fine, cette décision pourrait être prise le 22 juin à Vienne lors de leur prochaine réunion.

Selon Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Pour l’instant, il y a encore de la marge pour atteindre le peak oil. Cependant, ces deux mots pourraient redevenir «très tendance» dans les moteurs de recherche.

 

Les Acteurs du Mois

USA

La production pétrolière a atteint le record de 10,543 millions b/j en avril. Même si les prix de l’essence grimpent à 2,90$ le gallon, la demande interne a également augmenté de 750’000 b/j, au plus haut depuis 2007.

Depuis l’élection de Donald Trump, le nombre d’employés dans le charbon a augmenté de 800 unités. De 80’000 employés en 2013, ils sont un peu plus de 55’000 aujourd’hui. La spirale baissière a été interrompue.

Le président Orange a coupé les budgets de la NASA pour évaluer la quantité de gaz à effet de serre. Cette coupe met en péril le calcul des émissions prévu dans l’accord de Paris.

Selon l’administration américaine, la diminution des taxes sur les entreprises a généré 1’000 milliards $ de dividendes supplémentaires pour les actionnaires. Pour le simple citoyen, la ristourne aura été de 900$ en moyenne, en grande partie mangée par l’augmentation des prix de l’essence.

Le constructeur de bus Motor Coach Industries (MCI) annonce que son bus J4500E “tout électrique” est capable de rouler à 113 km/h et sera commercialisé dès 2020.  La batterie de 450 kWh se recharge en 3 heures pour une autonomie de 8 à 10h.

L’Université de Stanford annonce des succès dans l’utilisation de batteries au manganès et eau pour les voitures électriques ou le stockage de l’électricité.  Ce type de batterie serait une alternative plus efficace et moins chère aux solutions actuelles.

En Californie, les nouvelles maisons et constructions devront avoir des panneaux solaires. La Californie exporte déjà une partie de son énergie solaire dans les autres Etats. Le temps est loin où l’Etat avait des coupures électriques sur son réseau.

Eric Schneiderman, l’avocat général de New York, a dû démissionner. Il est accusé de violences sur des femmes. Eric Schneiderman est connu pour avoir poursuivi Exxon Mobil sur le réchauffement climatique ainsi que les excès de Wall Street dans les high frequence trading.

Les dettes de subprimes dans le marché de l’automobile a atteint 300 milliards $. Cette bulle est notamment soutenue par la plus grande entreprise de private equitiy: Blackstone. Il semble que les leçons de la crise de 2008 soient oubliées.

Lors des mauvais résultats trimestriels, le CEO de Tesla Motors, Elon Musk, s’est copieusement gaussé des investisseurs et de Wall Street. Même Trump aurait déployé plus de tact. Ce moment de solitude pourrait soit révéler le succès futur de l’entreprise soit son effondrement.

 

Venezuela

Moscou et Pékin demandent au président Maduro de remplacer le Général Manuel Quevedo promu CEO de l’entreprise nationale de pétrole PDVSA. Depuis son arrivée, en novembre dernier, plus de 25’000 employés sur 140’000 sont partis. Au plus bas depuis 70 ans, la production pétrolière a déjà diminué de 450’000 b/j et elle pourrait encore chuter de 500’000 d’ici la fin de l’année.

Le président Maduro a été réélu, mais l’avalanche de créanciers qui réclament leurs avoirs, n’améliore pas la situation. De plus, les USA pourraient revenir à la charge avec des sanctions notamment en limitant les importations de pétrole et l’utilisation du dollar. Si Washington a toujours évité cette option, c’est que les raffineries américaines raffolent du brut lourd vénézuélien.

A en juger le nombre de tankers qui ont quitté le pays, PDVSA n’aurait extrait que 1,1 million b/j en avril.

 

Russie

La Russie a mis à l’eau sa première centrale nucléaire flottante. La barge, Akademik Lomonosov, a appareillé à Saint-Pétersbourg tractée par des remorqueurs. Les 2 réacteurs ont une puissance de 35 MW soit 20 fois moins qu’une centrale nucléaire standard. La barge sera amenée à Pevek, dans l’Arctique. Elle pourra produire de l’électricité pour les forages pétroliers ainsi que pour désaliniser l’eau de mer et alimenter en courant des plateformes pétrolières.

Vladimir Poutine se satisfait d’un baril à 60$ et pense qu’il est nécessaire de maintenir les prix en-dessous de 100$.

Le ministre du pétrole Novak confirme son accord avec l’Arabie Saoudite afin de remonter les niveaux de production, même s’il est prématuré d’avancer un chiffre précis.

Les USA pensent que la construction du gazoduc Nord Stream II, entre la Russie et l’Allemagne, pose un problème de sécurité nationale. Ca ne s’invente pas. Washington étudie des sanctions contre les entreprises impliquées dans sa construction. De l’autre côté, les USA tentent d’écouler leur gaz de schiste en Europe.

Suite à la construction d’un gazoduc entre les deux pays, la Russie va livrer du gaz à la Turquie avec un rabais de 10,25%. Ce gazoduc permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons au sud de l’Europe.

 

La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov

 

Iran

Trump a dénoncé l’accord sur le nucléaire. La partie entre les joueurs de poker américains et les joueurs d’échec iraniens va débuter.

Les nouvelles sanctions ont ravivé la partie la plus extrême du régime iranien qui désire revisiter la doctrine actuelle sur l’arme atomique.

L’Europe, qui achète 2,4 millions b/j à l’Iran, a déjà commencé à limiter ses importations de pétrole afin de respecter les volontés américaines. Téhéran compte sur l’Inde et la Chine pour prendre le relais.

Total a 60 jours pour négocier avec le gouvernement américain pour obtenir que le géant puisse continuer l’extraction gazière en Iran. En vertu de l’accord conclu en juillet 2017, d’un montant de 4,8 milliards $, Total détient 50,1% des parts du consortium pour le développement du champ gazier No 11 de Pars Sud. Le groupe chinois CNPC détient 30% des parts et l’Iranien Petropars 19,9%.

Malgré la rhétorique du gouvernement, il sera difficile pour l’Iran d’atteindre une production 4,2 million b/j. Cependant, la hausse des prix du baril compensera la baisse de la production.

La monnaie locale le Rial a perdu plus de 22% contre le dollar américain durant les 12 derniers mois.

Goldman Sachs pense que le pétrole de schiste américain ne pourra pas compenser la diminution probable de la production iranienne si les sanctions américaines devraient entrer en force.

 


L’excellent Chappatte

 

Europe

France

Total va fabriquer du biocarburant à base… d’huile de palme. Ce n’est pas une typo. Le pétrolier français percevra même des subventions de l’Etat français. Et ce n’est toujours pas une typo.

Le gouvernement annonce la création d’un fonds de 100 millions € afin d’activer la filière de l’hydrogène dans la mobilité.

La sortie du glyphosate d’ici 2021, supportée par le Président Macron, a de la peine à sortir du sol. Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert tente de sulfater la proposition.

La France du Nucléaire est secouée par la chute des prix des énergies renouvelables et par l’ambition du gouvernement de diminuer à 50% la part d’électron atomique. Le bras de fer s’est engagé et le lobby du nucléaire déroule son plan de communication. Ce mois, c’est une déferlante activée par Areva et EDF qui s’est propagée dans les médias. L’importance du plan pub est à la hauteur des sommes en jeu.

 

Suisse

L’UBS pense que le prix du baril va continuer sur sa lancée et dépasser les 100$. Le manque d’investissements dans les nouveaux gisements va se faire cruellement sentir dès 2019. Parole d’une banque qui investit lourdement dans le pétrole et le schiste US.

La Banque Suisse pense que l’inflation mondiale devrait grimper de 3,1 à 4% notamment grâce à la hausse du baril de pétrole.

 

Allemagne

Audi prévoit d’écouler jusqu’à 800’000 voitures électriques d’ici à 2025. L’objectif de la marque est de vendre 30% de ses voitures en mode électrique ou hybride.

De son côté, Mercedes espère lancer 10 modèles électriques d’ici à 2022, de la petite au gros SUV. Le géant allemand prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 15 à 25% d’ici à 2025 avec ses véhicules électriques.

Mercedes Daimler est soupçonné d’avoir équipé certains de ses modèles diesel de logiciels «capables de fausser les niveaux d’émissions». Mais nooon! L’agence fédérale de l’automobile KBA a ordonné le rappel de près de 5000 Mercedes Vito pour inspection.

La ville de Hambourg a interdit les véhicules diesels les plus polluants, qui ne respectent pas la norme Euro6, sur deux tronçons de 1’600m et de 580m. D’autres secteurs vont être ajoutés. Stuttgart et Dusseldorf devraient en faire de même.

Donald Trump étudie l’imposition d’une taxe de 25% sur les voitures européennes vendues aux USA (2,5% actuellement). De son côté, l’Europe impose déjà une taxe de 10% sur les importations de voitures américaines. Pour se défendre, les constructeurs allemands ont souligné qu’ils emploient 115’000 employés sur le sol US (y compris les fournisseurs) et exportent vers l’Europe une partie de cette production américaine. Wait a minute! Ne serait-ce pas à l’Europe de taxer les constructeurs allemands qui exportent les emplois européens vers les USA?

 

Angleterre

Le distributeur de gaz Cadent va investir 1,2 milliard $ dans une station d’hydrogène afin de stocker l’énergie du solaire et de l’éolien.

Le gouvernement va faciliter l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire afin de tenter de compenser la baisse de production de la Mer du Nord.

 

Chypre et Turquie

Les problèmes économiques de la Turquie sont en train de gâcher les nuits du président Erdogan au point de passer sa mauvaise humeur sur l’île de Chypre. Le petit Etat continue ses explorations de gaz et de pétrole dans ses eaux territoriales. Mais comme les gisements ne s’arrêtent pas à la frontière, la marine turque a menacé de couler un bateau de prospection affrété par l’Italien ENI.

Le nord de l’île, la République turque de Chypre du Nord, est gérée par des turques. Cet Etat non reconnu a justement été reconnu par la Turquie.

 

Dessin Chappatte

Asie

Chine

L’agence internationale de l’énergie renouvelable estime que le 60% des nouveaux emplois dans ce domaine sont réalisés sur les marchés asiatiques. Pour le solaire, la Chine compte 60% des emplois dans le monde (2,2 millions). Dans le domaine éolien, la Chine détient 44% des employés au niveau mondial. A vrai dire, Pékin a fait le nécessaire dans des domaines qui ont été abandonnés par les européens et les américains. L’heure des dividendes est arrivée pour la Chine.

La Chine devrait vendre 1 million de voitures électriques en 2018 (50% des voitures mondiales). Durant les 4 premiers mois de l’année, 225’310 véhicules électriques ont été écoulés. Est-ce que l’hégémonie des constructeurs européens arrive à son terme ?

Donald Trump a envoyé 7 émissaires pour débuter les négociations sur les échanges commerciaux entre les 2 pays. Les menaces ont débuté à 50 puis 200 milliards du côté US. Sans tamtam sur Twitter, les chinois ont fortement diminué leurs achats de soja (un marché de 12 milliards $). Le bras de fer est à suivre.

Depuis l’ouverture des exportations américaines de pétrole et de gaz en 2015, la Chine n’a cessé d’augmenter ses achats de gaz à Washington afin de réduire sa consommation de charbon. “Dans le but de réduire la balance commerciale avec les USA“, Pékin va augmenter ses importations de gaz US. L’excuse est bien trouvée.

La Chine a lancé sur les océans sont deuxième porte-avions militaire le «Type 001A». A contrario du Liaoning, qui était un bateau russe entière reconstruit par les chinois, le Type 001A a été réalisé par les chinois. Sans propulsion nucléaire et plus maniable que les monstres américains, il pourra transporter jusqu’à 38 avions. Il fait partie d’une stratégie chinoise de maîtrise des mers.

 

Inde

Le pays vient de terminer la construction d’un nouveau centre de stockage de pétrole à Mangaluru. La réserve stratégique du pays atteint 41 millions de barils.

L’Inde a fait face à une nouvelle vague de pollution assez percutante. Il ne serait pas étonnant que le pays décide de prendre en main ce problème récurrent.

 

Japon

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon se tourne vers le charbon. Le pays a ouvert 8 nouvelles centrales en 2 ans et 36 supplémentaires sont prévues dans les 10 prochaines années.

 

Vietnam

L’un des forages de Rosneft sur les côtes du Vietnam pose des soucis à l’entreprise russe. Il pourrait fâcher Pékin. Le gouvernement vietnamien confirme que le bloc est bien sous la juridiction et dans le périmètre du pays. Il demande à la Chine de respecter son droit souverain.

 

J’ai décidé de me retirer d’un accord avec la Corée du Nord que je n’ai pas fait. Fort. Décisif
Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Etats-Unis : Schiste

Le Wall Street Journal reporte que les pétroliers de schiste ont perdu 2 milliards $ depuis le début de l’année. En moyenne ils dépensent 1,13$ pour chaque dollar gagné.

Grâce aux taux d’intérêt proche de zéro, les pétroliers de schiste ont pu emprunter plus de 1’000 milliards $ entre 2006 et 2014 et perdre plusieurs centaines de milliards dont 7 ont été payés par la Banque Nationale Suisse. Avec l’augmentation des intérêts, certains pourraient avoir de la peine à rembourser leurs échéances.

Deux des trois plus gros exploitants des gisements d’Eagle Ford et du Bakken terminent l’exploitation de leurs meilleurs gisements de catégorie 1. Les résultats financiers du 2ème trimestre donneront une indication sur la rentabilité des catégories 2 et 3.

Le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste US, voit le ratio gaz/pétrole augmenter. Ce détail indique que les poches se vident de pétrole. Comble de malchance, les exploitants n’arrivent pas à commercialiser ce gaz, par manque de moyen de transports. Ils doivent ainsi le brûler sur place.

Quand un forage de schiste entre en fonction, le ratio eau/pétrole varie de 3:1 à 11:1. Le stockage et de traitement de cette eau mélangée aux produits chimiques devient une source de coûts importante pour les producteurs.

Le peak oil du schiste américain pourrait arriver d’ici à 2023. Cette bulle aura duré un peu plus de 10 ans.

 

Brésil

Le grand producteur pétrolier est en panne d’essence. Les routiers ont paralysé le trafic. Ils protestent contre l’augmentation de 21% des prix du diesel depuis juillet 2017 à cause de la remontée des cours et de la nouvelle politique de tarifs de pétrolier national Petrobras.

Comme le pays ne compte pas de réseau ferroviaire, les habitants et les marchandises sont entièrement dépendants des axes routiers. Du coup, les prix des denrées alimentaires ont flambé. Petrobras et le Président ont dû faire un geste. Le litre de diesel de 3,788 réais (88 ct €), baissera de 0,46 réais (-12%). Cependant, les grèves persistent.

Suite à la grève des routiers, le secteur pétrolier est également entré en grève. Les employés de PetroBras réclament une réduction des prix des carburants et du gaz de ville, la fin de la politique de vente d’actifs de Petrobras et la démission du président de cette compagnie pétrolière publique, Pedro Parente.

 

Dessin Chappate

 

Moyen Orient

Irak

Le gouvernement a signé un contrat de 25 ans avec la China ZhenHua Oil pour le développement d’un champ à proximité de Badgad.

Le Russe Rosneft a trouvé un nouveau champ pétrolier dans le sud du pays. Jusqu’à présent, Rosneft était surtout présent dans le nord et la partie Kurde de pays.

 

Arabie Saoudite

L’IPO sur la major pétrolière nationale, Saudi Aramco n’aura pas lieu cette année. Le gouvernement tente de vendre 5% des actions de son joyau, mais les investisseurs ne semblent pas se bousculer.

L’Arabie Saoudite a proposé à la Russie et aux membres de l’OPEP de remonter les quotas afin de compenser la perte de production du Venezuela et du Nigeria.

Plusieurs séries de missiles, tirés depuis le Yémen, ont été interceptés par Riyad. L’ambiance est toujours aussi chaude entre les différentes parties. Pour autant, aucune raffinerie et champ pétrolier n’ont encore été touchés.

Boston Dynamics, vendue par Google à l’Arabie Saoudite via la banque japonaise SoftBank, vient de sortir un nouveau robot assez effrayant.

 

«Les robots peuvent faire peur» Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics, propriété de l’Arabie Saoudite

 

Afrique

Libye

Une unité de la Libyan National Oil Corporation a dû fortement réduire sa production (-120’000 b/j). Les fortes chaleurs ont arrêté les turbines.

Plusieurs milices ont débuté des discussions pour redonner une certaine stabilité au pays. Depuis la chute de Kadhafi, la production pétrolière n’a jamais réussi à remonter à son niveau initial.

 

Nigeria

Le pays semble jouer continuellement la même partition. Les producteurs extraient du pétrole et les milices locales sabotent les pipelines ou détournent du pétrole alors que les pétrodollars finissent dans de petites enveloppes destinées aux membres du gouvernement.

Bref, la production nationale peine à dépasser les 2 millions b/j.

Pour apporter un peu de bonne humeur, 60 tankers pétroliers sont bloqués au terminal de Forcados. Ils n’ont pas trouvé preneur et alors que les coûts d’expéditions augmentent et que la Chine et l’Inde ont diminué leurs importations de pétrole nigérien.

 

Angola

Le président Joao Lourenco a réduit de moitié les taxes sur l’exploration pétrolière dans le pays. L’objectif, de ce membre de l’OPEP, est d’accélérer les investissements car les gisements en activité sont sur le point de rendre l’âme. Il ne resterait que 300 millions de barils dans le sol du pays.

 

Soudan

A cause d’une pénurie importante, le litre de diesel ne coûte plus de 5,6$ au marché noir. Inutile de préciser qu’à ce prix, une grande partie de la population doit se déplacer à pieds ce qui cause d’importants problèmes de transport.

 

Phrases du mois

«La Chine attend les demandes que les Etats-Unis vont mettre sur la table. Mais s’ils sortent un revolver et le pointe sur nous, ils peuvent terminer leur thé et partir.» Lü Xiang, Accadémie Chinoise des Sciences Sociale.

There is a lack of machines, there is a lack of tools, there is a lack of everything.” Patrick Pouyanne sur l’exploitation pétrolière au Venezuela

«Nous devons prendre très au sérieux la possibilité d’un pic des prix du pétrole, ne serait-ce que parce que ces pics ont précédé cinq des six dernières récessions.» UBS

How did we go from a president who could not tell a lie to politicians who cannot tell the truth?” Former New York City Mayor Michael Bloomberg

History suggests that financial abuses tend to multiply at the end of an economic boom. We are in the eighth year of an upcycle, yet President Donald Trump’s administration is loosening the rules on banks.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Démantèlement: le futur du Nucléaire

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabriquant de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.


Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

 

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

 

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le future du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

 

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à ces frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

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Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

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Le Dossier complet sur Fukushima

 

250 milliards € pour fermer les Centrales Nucléaires

250 milliards pour fermer les Centrales Nucléaires

A l’heure où les Forces Motrices Bernoises vont fermer leur centrale nucléaire de Mühleberg en 2019 et qu’Axpo et Alpiq veulent donner une impression de faiblesse financière, la Commission Européenne estime qu’il faudra plus de 250 milliards € pour fermer et désaffecter les 129 réacteurs nucléaires en activité actuellement dans 14 Etats de l’Europe.

Dans une Europe endettée, cette nouvelle n’arrive pas au moment opportun et l’on comprend l’envie de certains de repousser le moment de passer à la caisse et de refiler le dossier aux générations futures.

A ce jour 89 réacteurs nucléaires fermés sont en phase de décontamination et 3 réacteurs ont jusqu’ici été complètement démantelés.

La Commission estime à 123 milliards euros pour le démantèlement des centrales et 130 milliards euros pour la gestion des déchets nucléaires. Par rapport à la précédente estimation de 2008, les chiffres ont progressé de 47%.

 

Une équation à plusieurs inconnues

Cependant, la grande question est: est-ce que ces chiffres sont fiables car il y a très peu d’expérience dans le démantèlement des réacteurs nucléaires et aucun pays n’a encore trouvé de solution au niveau des déchets.

Les propriétaires de Centrales auraient couvert le 50% de ces investissements mais de nombreuses centrales vont arriver en fin de vie dans les années à venir. Il n’est pas improbable que les Etats vont devoir puiser dans les impôts pour couvrir l’imprudence des propriétaires de centrales.

L’âge moyen des réacteurs est de plus de 30 ans. La question devient de plus en plus brûlante.

 

La France en grande difficulté

Du côté français, la Cour des Comptes a estimé à 100 milliards euros la remise en forme des centrales d’ici à 2025. Il faudra également 100 autres milliards euros à EDF pour décommissionner ces centrales alors que seuls 23 milliards euros sont provisionnés.

L’exercice se complique quand l’on découvre que la dette actuelle d’EDF se monte à 37 milliards euros, que le gouvernement Hollande propose de baisser les prix de l’électricité et que le géant français pourrait dépenser 25 milliards € pour la construction de deux centrales en Angleterre. On a beau tourner les chiffres dans tous les sens, ça ressemble à une mission impossible.

 

L’Allemagne est la première à faire face à cette montagne et ce défrichage est observé de très prêt. En tout cas, cette étape fait peur et il pourrait être un frein de plus pour remplacer les vieilles centrales par des nouvelles unités. En tout cas cette étape devra être réalisée avec transparence même si les mots “transparence” et “nucléaire” sont rarement utilisés dans la même phrase.

Mais tout évolue!