Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Même un 1 avril, vous n’y trouverez pas de poisson!
– Allemagne: VW se lance dans la distribution d’électricité
– Chine: Le président en Europe pour promouvoir sa route de la soie
– Norvège: Le fonds souverain sort du pétrole de schiste
– Monde: La consommation des énergies fossiles en hausse, comme le CO2
– USA: Les Majors achètent les petits producteurs pétroliers
– Algérie: Le président Bouteflika se retire. L’armée montre ses muscles
– Japon: 8 bougies sur le gâteau d’anniversaire de Fukushima.


Comme les ours, le pétrole va terminer son hibernation pour déployer toute sa force durant les mois d’été. Pour l’instant, le réveil est calme. Comme le changement d’heure en Europe, personne ne sait où il va aller dans les mois à venir. A Londres, il termine ce mois à 68,39$ (fin février 66,39$). A New York, il pointe à 60.14$ (56,94$ fin février).

 

Graphique du mois

Consommation d’Energie Primaire dans le monde en 2017
Le gaz et le pétrole: 57% et avec le charbon: 85%
Source: BP World of Energy 2018

 

Planète

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,3% à 33 milliards de tonnes, indique l’Agence Internationale de l’Energie. Une augmentation record depuis 2010.

Pour son directeur, Fatih Birol, c’est une “surprise pour beaucoup” et une hausse exceptionnelle due aux énergies fossiles. “Nous avons vu une augmentation extraordinaire de la demande d’énergie, au plus haut depuis 10 ans. Toutes les énergies fossiles sont en hausse : charbon, gaz, pétrole.

La hausse annuelle de 560 millions de tonnes équivaut aux émissions de l’industrie de l’aviation. Si l’Europe baisse, c’est en Chine, en Inde et aux USA que l’augmentation fut la plus forte.

 

Monde

La santé de l’Economie mondiale montre des signes de fatigue. Une petite toux ou un virus? Le médecin va se pencher sur le malade, même si dans certains pays l’on parle déjà de récession. Du coup, le prix du baril de pétrole ne sait pas trop où aller. Dans le doute, l’Arabie Saoudite va continuer à diminuer sa production pour espérer voir les prix grimper.

Après avoir abreuvé en carburants nos chers véhicules, les grandes majors pétrolières s’embarquent dans la production et la livraison d’électricité notamment pour les voitures. Le mouvement des pétroliers ressemble à la transition effectuée par l’industrie du tabac dans la e-cigarette.

Ainsi Total et Shell opèrent des achats stratégiques. Si le gaz devrait générer l’électricité vendue par les géants du pétrole, Shell mise sur les énergies renouvelables et espère un retour sur investissement de 8 à 12%.

La capacité des majors à trouver des fonds pourraient faire trembler les producteurs traditionnels d’électricité comme E-On, RWE, EDF, Axpo ou Alpiq.

 

Peak Oil

Dès l’arrivée du pétrole de schiste en 2008, les discussions sur le peak oil ont été reléguées aux oubliettes. Depuis quelques mois, la tendance est en train d’évoluer.

A court terme, l’avenir du pétrole offre deux visages. Certains penchent sur une hausse des prix et une baisse de la production notamment dans le schiste américain. D’autres, comme le président Trump, tablent sur une hausse modérée des prix et une production qui suit la demande.

Un indice pourrait provenir des investissements et des tendances de ce début d’année. Voir le graphique ci-dessous, avec les intentions d’investissements dans les 5 principaux gisements de schiste aux USA.

 

En noir foncé: la production pétrolière
En gris: les intentions d’investissements

 

Depuis 2008, le boom du pétrole de schiste a été financé par des prêts et des actions dans des entreprises qui n’ont jamais dégagé de bénéfice. Les producteurs avaient promis des dividendes et des bénéfices pour fin 2018. Il n’en est rien et Wall Street est en train de serrer les cordons de la bourse. Les données chiffrées montrent que les investissements sont en chute libre depuis le début de l’année et devraient impacter la production dans les mois à venir.

 

Les pays à la Une du mois de mars

Venezuela

Suite à une panne totale d’électricité d’une semaine, la production pétrolière du pays a été sérieusement impactée. Il est encore trop tôt pour évaluer la capacité du pays à pouvoir faire redémarrer sa production ou si elle va totalement s’écrouler, et le pays avec. Pour ne rien arranger, une nouvelle série de pannes est venue secouer le pays à la fin du mois.

Avant ces incidents, la production pétrolière reculait de 50’000 b/j par mois et avait passé sous la barre du million de barils. De son côté, les USA, qui importaient plus de 500’000 b/j, ont réussi à réduire leurs importations à néant. Pour le coup, Caracas dévie ses livraisons vers Moscou. Il reste à déterminer les entrées financières pour le régime Maduro.

Deux avions militaires russes ont atterri à Caracas avec une centaine de militaires et 35 tonnes de matériels. Le président Maduro a précisé qu’un prochain vol apportera des médicaments et de l’aide humanitaire.

PetroChina prévoit une baisse de 33% des livraisons de pétrole du Venezuela à 186’000 barils par jour.

Du côté politique, le bras de fer entre le président Maduro et son opposant Juan Guaido, continue. Le vainqueur devra imaginer un futur qui s’évapore de plus en plus avec l’effondrement des installations pétrolières.

 

Production pétrolière du Venezuela
Source: Ron Patterson’s Peak Oil Barrel.

Algérie

Sous la pression des militaires, la situation se tend. Le chef des armées, Gaïd Salah, a demandé la destitution du président Abdelaziz Bouteflika.

En 2018, les ventes de pétrole et de gaz représentaient le 40% du budget du pays. Si l’arrivée du président Bouteflika a coïncidé avec la hausse des prix du baril au début des années 2000, une grande partie des pétrodollars ont servi à la corruption, à la construction de constructions inutiles et à de généreux versements pour maintenir la paix sociale.

La chute des prix du pétrole a fortement pesé sur les réserves du pays qui ont fondu de 178 milliards $ en 2014 à 88,6 en juin de l’année dernière.

Alors que les gisements pétroliers et gaziers vieillissent, la consommation interne augmente fortement notamment pour la production d’électricité. Basé sur le modèle français, l’Etat subventionne fortement le kWh. Il est facturé à 3 ct € alors que son prix de revient est à 8,9ct €.

Comme beaucoup de pays pétrolier/gazier, l’Algérie va devoir effectuer une transition rapide hors des énergies fossiles et tenter de diversifier les revenus du pays.

Le géant pétrolier ExxonMobil retarde ses explorations de gaz de schiste en Algérie. Les compagnies étrangères évaluent les risques d’un changement de régime au pouvoir.

En Algérie, l’humour a toujours été utilisé pour taquiner le pouvoir, en particulier dans les moments difficiles. Cette tradition s’est confirmée ce mois.


Manifestation et humour en Algérie

 

Arabie Saoudite

Malgré la hausse des prix du baril depuis le début de l’année, l’Arabie Saoudite va maintenir ses coupes de production pétrolière, au moins jusqu’en juin, à un niveau de 6,9 millions b/j.

Le ministre de l’Energie, al-Falih ne désire pas changer cette stratégie lors de la prochaine rencontre de l’OPEP. D’abord prévue en Avril, la rencontre de l’OPEP a été repoussé de 3 mois.

Pour équilibrer son budget, le pays compte sur un baril à 70$.  Même si les USA vont continuer à extraire du pétrole de schiste très léger, idéal pour produire du plastique, le royaume sait que le monde ne dépend pas du schiste, mais de pétrole lourd nécessaire aux avions, camions, bateaux et voitures.

Riyad pense que la demande de brut va rester solide cette année, notamment grâce à la Chine avec 11 millions b/j.

Toujours selon le ministre al-Fahih, d’importants gisements gaziers auraient été trouvés dans la Mer Rouge. L’Arabie semble séduite par le gaz et Aramco pourrait acheter des gisements aux USA.

Les exportations vers les USA ont chuté à 1,6 million b/j en février contre 5,75 il y a une année. Paradoxalement, les USA se tournent vers la Russie pour acheter le pétrole lourd dont ils ont cruellement besoin notamment après l’abandon des importations du Venezuela.

L’administration Trump est en train d’examiner la demande de l’Arabie Saoudite afin de s’équiper de centrales nucléaires civiles.

L’Europe a effectué un rétropédalage magistral après avoir mis l’Arabie Saoudite sur la liste noire des pays qui privilégient le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Riyad a menacé “de sévères et négatives conséquences” sur les flux du royaume vers l’Europe. Le Prince a également prononcé la formule magique «ulahup Barbatruc» pour immédiatement revenir dans le monde des gentils. Si l’on se rappelle la gymnastique effectuée par la Suisse pour éviter de figurer sur cette liste noire, la décision européenne laisse perplexe.

 

Chine

L’agence Xinhua annonce la découverte «massive» de réserve de pétrole de schiste dans la municipalité de Tianjin. Selon les désirs du parti, CNPC et Sinopec augmentent fortement leurs investissements d’explorations pétrolières et gazières. Jusqu’à présent, la Chine n’a pas encore réussi à percer les mystères du pétrole de schiste américain.

Le président Xi Jinping a débuté une tournée en Europe. Aucun doute, à la table, c’est lui le patron. Quand il parle, il engage son pays. Quand Macron, Merkel et Junker parlent au nom de l’Europe, ils n’engagent que leur parole. Les Chinois savent qu’ils peuvent contourner les menaces européennes en jouant sur les intérêts nationaux divergents. Pour garantir l’ambiance, il a débuté sa visite en Italie.

Stratégiquement en Europe, Pékin s’intéresse à l’énergie dont le premier producteur d’électricité portugais ainsi qu’à l’accès aux ports afin de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises. L’utilisation de l’arme financière et la création de des dettes, aux conditions draconiennes et difficilement remboursables, fait merveille en Asie et en Afrique. C’est au tours de l’Europe de profiter de ce privilège.

Xi Jinping a souligné les défis qui attendent le pays : chômage, politique internationale, commerce et prix de l’immobilier. Il espère que son pays ne soit pas pris dans cette spirale notamment pour éviter tous mouvements sociaux.

 

USA – Pétrole de Schiste

Faute de rentabilité financière depuis plus de 10 ans, Wall Street est en train de couper les vivre aux petits producteurs de schiste. Ceux-ci se font avaler par les majors comme ExxonMobil, Chevron et Conoco. BP et Shell ont rejoint le mouvement même si les préoccupations climatiques des investisseurs pèsent sur les acteurs européens.

Gretchen Watkins, Présidente de Shell USA, a demandé à la Maison Blanche de conserver les règlementations sur la limitation des émanations de méthane dans les extractions de gaz et de pétrole de schiste. Paradoxalement, l’administration Trump désire justement les abolir. Les émanations de méthane pénalisent fortement l’attrait du gaz de schiste qui est plus dangereux que le charbon au niveau des gaz à effet de serre.

Chevron et Exxon sont en train d’industrialiser les procédures de forages de schiste dans le Bassin Permien. Après avoir injecté 10 milliards $, Exxon ambitionne de réduire ses coûts à hauteur de 15$ le baril soit au niveau des prix d’extraction du pétrole conventionnel au Moyen-Orient. Si ce vœux devait se réaliser, il restera plus qu’à ExxonMobil à d’identifier de nouveaux gisements à travers le monde. Paradoxalement, la major ne s’aventure pas dans les autres champs de schiste aux USA.

Durant le mois de décembre, les gisements de schiste du Bakken ont généré 40 millions de barils de pétrole et 55 millions de barils d’eau. L’eau extraite des forages vient soit des gisements soit de l’injection d’eau qui favorise la fracturation des roches. Avec un coût de 4$ le baril d’eau, le traitement de l’eau usée s’élève à 2 milliards $ par année.

Durant la conférence CERA WEEK à Houston, l’IEA a annoncé que le pétrole de schiste pourrait ajouter 4 millions b/j de plus d’ici à 2024. L’Agence pense que la production pétrolière (pétrole, gaz liquide et les hydrocarbures) américaine pourrait grimper à 19,6 millions b/j d’ici à 2024, contre 15,5 aujourd’hui.

Cependant, les données sur les émissions de titres de créance et d’actions par les sociétés de schiste et sur leurs positions sur les marchés à terme montrent de gros nuages dans le ciel et un frein de la production. Cette tendance est à confirmer dans les mois qui viennent.


33% des compagnies de pétrole de schiste on eu un cash flow positif au 3è trimestre 2018

 

Europe

Les prévisions de la croissance du PIB pour 2019 diminuent à 1,1% au lieu de 1,7. Du coup, la Banque Européenne pourrait recommencer un Quantitative Easing. Les banques privées vont ainsi bénéficier d’argent à taux négatif où le simple fait d’emprunter, permet de gagner de l’argent.

 

Norvège

Le Fond de Pension du Gouvernement va diminuer ses participations financières dans les entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière car “ces investissements sont volatiles, risqués et imprévisibles.” Le GPFG est le plus grand investisseur mondial avec plus de 1’000 milliards $ d’actifs.

Le gouvernement a demandé au GPFG de sortir graduellement de l’actionnariat des entreprises pétrolières actives dans l’extraction et la production pétrolière. Les investissements dans les grandes majors comme BP, Exxon, Shell qui s’occupe également de la distribution ne seront pas impactés. Le fonds possède actuellement pour 37 milliards $ d’actifs pétroliers dans son compte.

Ce revirement de situation risque de remettre en question les autres institutions financières comme la Banque Nationale Suisse qui investit dans le même index énergétique et qui fait également face à des pertes financières importantes.

 

Russie

Selon le ministre de l’Energie, la Russie va respecter les quotas pétroliers discutés avec l’OPEP+. Moscou va diminuer ses extractions dans le mois qui vient.

Suite au réchauffement climatique et la fonte des glaces de l’Arctique, Moscou a identifié de nouvelles routes de transports maritimes dans la Mer du Nord ainsi que des opportunités d’extractions pétrolières et gazières. La région pourrait contenir 90 milliards de barils et 47’000 milliards m3 de gaz.

Les taux d’approbations du président Poutine est passé de 80 à 64% durant les 6 derniers mois.

Malgré la pression de Donald Trump, la Russie continue l’installation du gazoduc Nordstream 2 afin de livrer du gaz à l’Allemagne. De son côté, Washington annonce des sanctions contre les entreprises qui participent à la réalisation de Nordstream 2 et parallèlement Gazprom étudie un moyen de contourner ces sanctions. Le monde de l’énergie est extraordinaire. L’objectif est de créer une compagnie qui gèrera les 50 km sur le sol Allemand et qui tombera sur le coup des sanctions. Cela permettra d’éviter de mettre en danger les 9,5 milliards $ d’investissements sur les 1’200 km du gazoduc.

 

Allemagne

VW se lance dans la production et la distribution d’électricité via sa société Elli.  Elli fournira des bornes de recharge de véhicules électrique et les services associés aux clients résidentiels et aux entreprises mais fournira également de l’électricité verte, que le consommateur soit déjà client de Volkswagen ou non, qu’il soit propriétaire d’un véhicule électrique ou non. Cette offre entre en concurrence avec les producteurs traditionnels d’électricité ainsi que Shell et Total qui se lancent également dans ce créneau.

Paradoxalement, jugé cancérigène, le pesticide Roundup, à base de glyphosate, continue d’empoisonner Bayer-Montsanto. Le géant allemand de la pétrochimie avait déboursé 63 milliards $ pour avoir le privilège de faire face à 11’200 actions en justice sur le sol américain. Ce mois, elle vient de perdre un nouveau procès au niveau fédéral avec une pénalité de 81 millions $. Bayer pourrait débourser jusqu’à 20 milliards $. Le chiffre d’affaires de Bayer-Montsanto atteint les 40 milliards $ par année.

Avec l’arrivée des voitures électriques, l’industrie Allemande pourrait perdre 80’000 emplois dans le secteur.

 


Dessin Chappatte

France

Soutenues par deux millions de signataires de la pétition “L’Affaire du Siècle“, quatre ONG ont déposé plainte contre le gouvernement français pour inaction climatique.

Le film Le couvercle du soleil, sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, a été censuré par EDF qui possède la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire non lieu de la salle de cinéma qui désirait le projeter. EDF a mis demandé au cinéma de renoncer à passer ce film s’il voulait continuer à recevoir des aides financières.

En toute discrétion, le gouvernement Macron a décalé de 3 ans l’interdiction de la production de certains pesticides interdits par l’Union européenne.

Pour ceux qui ont Twitter, découvrez un compte qui apporte la bonne humeur: Le Journal de l’Elysée. C’est parodique et très décalé.

 

Bande Annonce Le Couvercle du Soleil, Fukushima

 

Hollande

Maarten Wetselaar, Directeur du gaz et des nouvelles énergies à Royal Dutch Shell, annonce que d’ici à 2030, le géant pétrolier désire devenir l’un des plus grands producteurs et distributeur d’électricité.

Poussé par ses investisseurs, Shell va se fixer un objectif de réduction de gaz à effet de serre. D’ici à 2021, l’entreprise espère réduire son emprunte carbone de 2 à 3% par rapport à 2016.

 

Suisse

Contrairement au fond souverain de la Norvège, la Banque Nationale Suisse a explosé ses investissements dans les énergies fossiles aux USA (charbon, pétrole, gaz, nucléaire) passant de 1,5 milliards $ en 2013 à plus de 6,3 aujourd’hui. La BNS n’a pas hésité à acheter des actions dans 183 entreprises américaines, dont pratiquement tous les acteurs du schiste. La vénérable dame est en passe de devenir l’une des entreprises la plus polluante de la Suisse.

Les fonds prévus pour la désaffection des centrales nucléaires n’est pas suffisant car le rendement du capital des fonds pourrait être revisité à la baisse. Si la demande est validée par la Confédération, les exploitants devront puiser dans leurs poches pour trouver les milliards manquants.  Du côté de l’Allemagne, qui a déjà débuté l’exercice, les budgets prévus sont insuffisants.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

En mars, les exportations pétrolières semblent être en diminution entre 1,1 et 1,3 million b/j contre 1,3 en février.

Selon l’OPEP, la production iranienne reste stable à 2,75 millions b/j après avoir chuté de 1 million b/j depuis l’activation des sanctions américaines.

Les USA ont donné à 8 pays l’autorisation d’importer du pétrole iranien. Washington ne sait pas encore si elle va lever cette faveur. Cependant avec les problèmes d’extractions au Venezuela et dans d’autres pays dans le monde, une rupture d’exportations iraniennes pourraient faire augmenter l’arrêt à la station d’essence pour le SUV de Joe America. Quand l’essence est chère, Joe pourrait hésiter à voter pour Donald en 2020.

 

Irak

Les exportations pétrolières irakiennes ont atteint 3,996 millions b/j en février, presque un record.

Augmentation du PIB Chinois.  J’aime les contes de fées.

 

Les Amériques

USA

Le jeu “Qui va récolter des millions” a débuté. Le vainqueur aura le droit de devenir Président et de prendre demeure à la Maison Blanche. A ce jeu, Trump a déjà amassé 130 millions $ et caracole en tête d’autant que le rapport Mueller l’a blanchi dans l’affaire russe.

Les effets de la réforme fiscale sur les entreprises émergent. Les recettes ont diminué de 1,5% sur un an (-34% pour l’impôt sur les sociétés) et le déficit fédéral avoisine le 4,5% du PIB pour un total de 22’000 milliards $ soit 107% du PIB. Il devrait manquer 1’000 milliards $ dans le budget en 2019.

Pour des raisons économiques et de flexibilité, BP va produire de l’énergie solaire afin de l’injecter dans ses divers lieux de productions pétrolières. Il y a 2 ans, BP avait acheté la compagnie Lightsource avec des investissements prévus de 200 millions $ sur 3 ans.

 

Canada

ExxonMobil va retarder ses investissements de 1,9 milliards $ dans les pétroles bitumineux en Alberta. Son entreprise locale, Imperial Oil avait prévu d’extraire 75’000 b/j d’ici à 2022. Exxon va revisiter son objectif notamment à cause du manque de pipelines pour transporter le brut vers les USA.

Durant les 12 derniers mois, le nombre de forages de pétrole et de gaz a reculé de 56 unité à 105. L’industrie fait face à une pénurie de pipelines et gazoducs pour transporter ces matières premières.

 

Mexique

Le gouvernement propose d’utiliser le «Fonds de Stabilisation» pour rembourser une partie des dettes de son géant pétrolier Pemex. Actuellement, la valeur de ce fonds public est estimé à 15,4 milliards $. La dette totale de Pemex dépasse les 100 milliards $.

Dessin: Chappatte

 

Asie

Japon

Le 8ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima démontre la patience nécessaire afin de tenter de stabiliser la situation.

TEPCO, le propriétaire de la centrale, a proposé de vidanger dans l’Océan Pacifique, toute l’eau contaminée utilisée lors du refroidissement quotidien des réacteurs. L’entreprise est incapable de traiter cette eau qui s’accumule de jour en jour.

Du côté technique, cette dernière année, un robot a réussi à retirer quelques grammes du corium (combustible nucléaire fondu). C’est un bon début. Il n’en reste plus que 500 tonnes.

Du côté de la santé, les études réalisées depuis la catastrophe documentent une exposition des cas de cancers notamment chez les enfants. Normalement, tous ces détails seront réglés d’ici au 24 juillet 2020 date de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo.

Les coûts de la décontamination de la centrale pourraient atteindre plus de 640 milliards $ (voir vidéo ci-dessous)

À Fukushima, le coût faramineux de la décontamination nucléaire. France24

 

Afrique

Libye

Au moins 19 personnes ont été tuées dans le Sud de la Libye dans des combats avec le Khalifa Haftar (Armée Nationale Libyenne, LNA) pour la possession de champs pétroliers. A Murzuq, la LNA a gagné sa première bataille pétrolière. Si cette information est vérifiée, elle pourrait expliquer le temps nécessaire afin de reprendre l’extraction de 300’000 b/j.  La fermeture aurait coûté 1,8 milliard $ au pays.

Le Général Haftar, 75 ans, semble prendre l’ascendant sur le pays notamment grâce à l’aide des Emirats Arabes Unis et l’Egypte. L’objectif est refaire régner l’ordre dans un pays divisé oar une multitude de milices et de peuplades.

 

Phrases du mois

En arrivant il y a 6 ans au conseil d’Etat vaudois au département des infrastructures, je m’attendais à gérer des réseaux routiers, ferroviaires et des navettes lacustres mais pas des questions telles que la voiture autonome ou les drones ambulance“. Nuria Gorrite, Conseillère d’Etat Vaudoise.

The full impact of the shale revolution is yet to be seen. It is now coming. Because the first wave of oil and gas shale was mainly used domestically, to replace imports. The second wave of production is going to be used to export US oil and gas [to] several nations around the world. And this will have a major impact on the established oil and gas market order.”  Fatih Birol, Director IEA

While most forecasts see peak oil demand at some point in the 2030s, the oil industry still sees itself as being relevant for decades to come.” Amin Nasser, PDG Saudi Aramco.

L’assertion de la maîtrise de l’humain sur le Monde est pratiquement balayée par la montée des eaux et des tempêtes d’une puissance sans précédent.” Stephanie Wakefield.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Février 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Hollande: Pédalez et injectez votre électricité dans les réseaux
– USA: L’extraction de pétrole américain coûte très cher à ExxonMobil
– Suisse: Le parti politique PLR secoué par les jeunes et le climat
– Allemagne: Shell achète l’allemand Sonnen et ses batteries
– Europe: L’EU va acheter du biocarburant américain
– Algérie: Manifestations contre un 5ème mandat de Bouteflika
– Chine: Une station spatiale solaire pour générer de l’électricité
– Chine: Une application pour réviser les citations du président Xi Jinping.


Le pétrole est d’humeur haussière au point d’agacer le Sieur Trump, qui a sauté sur son compte Twitter, pour pointer du doigt l’OPEP.   A Londres, il (le pétrole pas Trump) termine ce mois à 66,39$  (fin janvier 60,86$). A New York, il pointe à 56,94$  à un cheveux de la barre des 57. (53,74$ fin janvier).

 

Graphique du mois

Il n’y a pas que les températures qui grimpent sur notre brave planète. En 2018, les dividendes mondiaux versés aux actionnaires ont grimpé de 9,3% à 1’370 milliards $. Parmi les généreux donateurs, les entreprises pétrolières et énergétiques. Dans le pétrole, les dividendes sont obligatoires pour appâter les investisseurs. Pour 2019, ils devraient encore grimper de 3,3%. Deviendrait-il plus agréable d’être un actionnaire qu’un travailleur?

Selon l’American Geophysical Union, la quantité de méthane dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis 2014. Le méthane est l’un des gaz à effet de serre le plus efficace. L’extraction et l’exploitation de gaz contribuent à cette hausse. La mauvaise nouvelle: la demande de gaz liquide (LNG) pourrait doubler d’ici à 2030 à 550 millions de tonnes.

 

Pétrole

Le pétrole repart à la hausse. Malgré l’augmentation de la production du schiste américain, les disruptions du Venezuela et de la Libye ainsi que la demande chinoise donnent une poussée de fièvre à l’or noir. De son côté, la consommation européenne diminue au rythme de son économie.

Selon Bank of America et Merill Lynch, le pic de la demande (demand peak) pourrait être atteint en 2030. D’ici à 2024, la hausse de la demande freinerait à 0.6 million de barils par jour (b/j), (1,2 million pour 2019). Comme l’Economie mondiale est strictement corrélée à la quantité de pétrole consommée, il n’est pas impensable d’assister à un pic de la croissance.

A l’opposé de cette prévision, BP pense que la demande pétrolière sera résiliente durant les 20 prochaines années, même avec l’adoption des accords sur le Climat de Paris et l’arrivée des énergies renouvelables.

Cette année, la production pétrolière en eau très profonde va atteindre un record de 10,3 millions b/j, grâce à de nouveaux gisements du Brésil, du Golfe du Mexique, de l’Angola, de la Norvège et du Nigeria.

 

OPEP

Afin de soutenir les prix, l’OPEP+ avait décidé de diminuer de 1,2 million b/j sa production. Sans surprise, l’Arabie Saoudite porte le plus gros fardeau avec une baisse de 550’000 b/j et des exportations limitées à 7,687 millions b/j.

De son côté, la Russie (non membre de l’OPEP) traine les pieds et annonce qu’il est impossible de réduire sa production durant l’hiver.<insérer un éclat de rire ici>.

Moscou et Riyad ont un besoin de pétrodollars pour équilibrer leurs budgets. Est-ce que l’alliance Russie/Arabie pourra tenir encore longtemps? Un effondrement de la production pétrolière du Venezuela pourrait parfaitement faire l’affaire et arranger toutes les parties.

De son côté, Donald Trump, n’a pas pu s’empêcher de maintenir la pression sur l’OPEP: “Les prix du pétrole vont trop haut. OPEP, soyez relax et prenez-le calmement. Le Monde ne peut pas supporter une hausse de prix. Fragile!

 

Les pays du Mois

Arabie Saoudite

Le budget de l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 80$ pour couvrir son budget. On comprend l’envie de revoir le baril rôder dans ce quartier.

L’encre d’un bateau a coupé le câble électrique de la barge pétrolière offshore de Safaniyah. La production a été totalement arrêtée. En temps normal, l’incident aurait passé inaperçu. Mais avec la baisse de la production mondiale du brut lourd, cette coupure souligne la pénurie de cette qualité de pétrole nécessaire à la production de diesel et de kérosène.

Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale, va développer son business à l’étranger selon le Ministre de l’Energie, Khalid al Falih. Ce changement pourrait apporter un indice sur la diminution possible de la production du pays dans les années à venir. Saudi Aramco va ainsi jouer dans la cours des BP, Shell ou ExxonMobil. Comment cette décision va s’aligner sur les plans de MbS et « la dangereuse addiction pétrolière du pays » dixit le Prince, cela reste à voir.

Saudi Aramco a formé une joint-venture de 10 milliards $ avec le chinois Norinco pour développer un complexe pétrochimique et de raffinerie à Panjin city. La Huajin Aramco Petrochemical Co produira 300’000 b/j de carburants et annuellement 1,5 million de tonnes d’éthylène.

Afin de redorer son blason, le Prince Mohammed bin Salman (MbS) a effectué une tournée d’investissements en Asie. En Chine, il a promis 28 milliards $, 20 milliards avec le Pakistan ainsi que de la menue monnaie dans des raffineries en Inde. L’Histoire montrera si l’argent peut acheter des amis.

L’Europe a publié sa liste de pays peu recommandables, financièrement parlant, notamment pour des raisons d’aide au blanchiment et de manque de transparence. L’un des nouveaux venus est l’Arabie Saoudite, qui a adoré apprendre la nouvelle, eux qui ne sont pas susceptible du tout. Le Nigeria, autre membre de l’OPEP, fait également sont entrée. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi il n’y était pas avant ?

Très joli coup de communication effectué par le Gouvernement. Pour la première fois, il a nommé une femme en tant qu’ambassadrice. La princesse Rima bint Bandar va succéder au frère cadet du prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Arabie Saoudite a choisi la plus grande caisse de résonance pour montrer patte-blanche: les USA. De là à dire: “Vive le Prince ouvert et réformateur” il y a encore du chemin.

 

Presque…
Dessin: Chappatte

 

Russie

En janvier, la Russie a diminué sa production de 35’000 b/j à 11,38 millions. Le Ministre des finances, Alexei Sazanov a souligné que le peak oil Russe n’est pas d’actualité. Moscou prendra les mesures nécessaires pour maintenir la production pétrolière. Ce message entre en opposition avec le Ministre de l’Energie qui avait annoncé une baisse signifiante de la production dans les années à venir.

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, pense que la Russie ne rejoindra pas l’OPEP d’autant que les USA étudient des sanctions contre le cartel. Selon Reuters, les membres de l’OPEP ont défini les contours d’une nouvelle alliance tout en évitant soigneusement une référence sur les prix du baril.

Nouveau sommet Trump-Kim
Dessin Chappatte

Venezuela

Depuis que les sanctions imposées par les USA sont entrées en vigueur, la production pétrolière a chuté, de 1,17 millions b/j à moins de 800’000.

PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, ne peut plus importer des solvants et des diluants pétroliers pour diluer ses extractions de pétrole extra-lourd. La compagnie est dans l’impossibilité de produire 300’000 b/j sans l’injection de ces produits afin de liquéfier le pétrole dans le but de le transporter.

Le gouvernement Maduro a commencé à rationner les ventes d’essence dans le pays. La Russie, qui porte à bout de bras le gouvernement, devient de plus en plus pessimiste sur les chances de Maduro à sortir de cette crise. La conjonction entre le peak oil et les prix relativement bas du pétrole n’arrivent pas à équilibrer les budgets du pays qui dépendent à 96% du pétrole. Son successeur fera face au même dilemme. (Lire: Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela)

Le trader Trafigura, qui collaborait avec PDVSA pour des livraisons en Chine et aux USA, a décidé d’arrêter ses services.

Grâce à l’utilisation du dollar, les sanctions paralysent les payements vers l’entreprise pétrolière nationale PDVSA. L’argent déposé sur un compte bloqué sera à disposition du nouveau président soutenu par Washington.

Pékin a pris langue avec le parti d’opposition. On n’est jamais assez prudent. La Chine détient plus de 20 milliards $ de dettes ainsi que des gisements pétroliers dans le pays.

 

Explications ci-dessous
Source: ExxonMobil

USA

En 2018, ExxonMobil a investi 12,524 milliards $ en investissements (CAPEX) afin de produire 1,7 millions b/j. Rien qu’aux USA, la major a utilisé 7,67 milliards $ pour extraire seulement 551’000 b/j. Les 4,8 milliards restants ont généré 1,149 million b/j. Ainsi, Exxon dépense 3 fois plus pour extraire chaque baril de pétrole américain. Les résultats financiers montrent une tendance claire. Si les grandes majors n’arrivent pas à générer du cash avec le pétrole de schiste, qui pourra le faire ?

L’administration Trump veut annuler les limitations de consommation d’essence pour l’industrie automobile. Cette stratégie permettra au pays de consommer 500’000 barils de pétrole en plus par jour.

L’américain Bye Aerospace continue son chemin dans la création d’un avion électrique pour 4 personnes. Le Sun Flyer 2 est réalisé avec des moteurs électriques de 90 kW à 120 chevaux de Siemens. L’avion est également nettement plus silencieux qu’un avion thermique.

La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island va cesser son activité le 30 septembre prochain. Trois autres centrales nucléaires devraient fermer cette année.

Pour 218 millions $, Tesla Motor a acheté le fabricant californien de batteries Maxwell Technologies. Maxwell compte dans ses clients le chinois Volvo-Geely, Lamborghini et General Motors. Elon Musk désire réduire les coûts de production pour faire face à la concurrence chinoise. Maxwell travaille également sur une batterie au lithium sans solvant et avec des capacités supérieures.

VW va installer 100 stations de recharge PowerBack de Tesla aux USA. Suite au scandale des moteurs truqués, VW a dû créer une entreprise, Electrify America, avec une enveloppe de 2 milliards $ pour offrir des services de recharge aux automobilistes.

La National Oceanic and Atmospheric Administration annonce que les ouragans sur l’Atlantique deviennent de plus en plus violents et le changement climatique est l’une des raisons. L’étude s’est focalisée sur l’intensification et le passage rapide de la catégorie 1 à 4 ou 5.

La dette américaine vient de dépasser les 22 billions. Soit 22 fois 1’000 milliards $. C’est là que ça se complique, parce qu’aux USA, ils disent trillion, mais en Europe, nous disons billion. Mais aux USA un billion c’est un milliard. Par contre ici; un billion, c’est mille milliards. Bref, pour faire simple, ça fait: 22’000’000’000’000 $.

 

 

Europe

La Commission Européenne plie devant les USA. Du biocarburant à base de soja OGM américain sera importé par l’Europe pour alimenter les voitures européennes et voir les avions.

Le marché automobile européen est stable avec 15,6 millions de voitures (identique par rapport à 2017). La Norvège possède le plus grand parc de voitures électriques avec une part de marché de 31% sur son territoire.

 

Allemagne

La major pétrolière Shell a racheté l’entreprise allemande Sonnen, spécialisée dans le stockage d’électricité solaire pour les particuliers et les entreprises. Shell vend déjà de l’électricité en Angleterre et le transfert de son business, pétrole vers électricité, s’amplifie à petit pas. Les majors marchent ainsi sur les plates-bandes des fournisseurs d’électricité.

Shell se positionne également sur la livraison d’électricité pour les voitures électriques.

 

Belgique

Comme tous les jeudis, jusqu’à 90’000 étudiants se mettent en grève pour soutenir le climat. La réponse du gouvernement est cocasse. Des coaches climatiques ont été envoyés pour visiter les écoles afin de désamorcer le mouvement.

Une question un peu bête: Si en Belgique, 100 entreprises émettent 45% des gaz à effet de serre du pays, pourquoi ne pas envoyer ces coaches dans les entreprises ?

 

Angleterre

Le production de schiste Cuadrilla et le géant de la chimie Ineos pensent que l’extraction de gaz de schiste en Angleterre ne peut pas se faire avec les règles environnementales proposées par le gouvernement et signées par les industriels. L’entreprise américaine demande de relâcher les normes relatives aux tremblements de terre causés par les forages.

Cuadrilla tente de terminer un premier test à Preston dans le Lancashire. Elle n’a été capable d’injecter que 14% de sable avant qu’un tremblement de terre n’intervienne. Aux USA, la limite pour les tremblements de terre causés par le fracking sont autorisée jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter. L’entreprise suggère de monter à 1,5 pour l’Angleterre.

BP reporte un bénéfice de 12,7 milliards $ pour 2018. Sa production pétrolière a augmenté de 2,4% à 3,7 millions b/j.

Dans son BP Outlook 2019, l’entreprise pense que la guerre contre le plastique va être le principal facteur pour diminuer la demande pétrolière. Le plastique représente 13% du pétrole. C’est la première fois que BP prévoit un peak oil.

 

Amsterdam, pédalez, produisez de l’électricité que vous injectez dans le réseau

 

France

Dès 2021, le constructeur Airbus arrêtera la production de l’avion géant A380. Les compagnies préfèrent les modèles plus petits. L’aventure avait commencé au début des années 2000.

Airbus annonce son premier prototype de Drone capable de transporter des personnes. Le mois passé, Boeing avait brûlé la politesse aux européens avec une annonce identique. A terme, ce type de drones-passagers pourront être propulsés par l’hydrogène en lieu et place du pétrole.

La dernière mouture du projet de loi «Energie France 2050» ne divise plus par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Pour déguiser ce recul, le gouvernement Macron propose une «neutralité carbone». C’est drôle comme l’on sent immédiatement l’entourloupe!

Ainsi le Président compte sur les forêts, les prairies, les sols agricoles ou les zones humides pour faire le travail qu’il ne fait pas. Ce tour de passe-passe permettra au gouvernement Macron d’augmenter ses émissions de CO2 jusqu’à la fin de son mandat et de passer la patate chaude à son successeur. Il est intéressant de noter que ce sujet passe de président en président.

En 2016, la France émettait 463 millions de tonnes équivalent CO2.

 

Suisse

Ivan Glasenberg, président de géant minier Glencore a annoncé qu’il allait plafonner ses extractions de charbon à 150 millions de tonnes/an. L’élan «écologiste» de Glencore provient du fait que le Suisse a acquis plusieurs mines en 2018 et que les prochaines opportunités d’achats se font rares. Du coup, la multinationale en a profité pour reverdir son image.

Est-ce que les manifestations des jeunes pour le climat pourraient faire plier le parti politique de droite PLR (Libéral-Radical)? Les jeunes ont détourné le logo du parti FDP en «Fuck de Planet». La tête du parti a pris conscience que pour l’opinion publique le PLR se moque du défi climatique autant que Donald Trump. Le rétropédalage est édifiant à quelques mois d’élections et il souligne la potentielle puissance de la mobilisation des jeunes.

Lors d’une votation, le canton de Berne a décidé à 50,6%, de ne pas interdire la construction de nouvelles maisons avec du chauffage à mazout (diesel-fioul).

Depuis que Nestlé a arrêté de produire des bouteilles en verre et abandonné un système de recyclage performant, Nestlé Suisse produit 200 millions de bouteilles en PET à base de pétrole. Le système permet à la multinationale de passer les coûts

En moyenne par an, un suisse consomme 186 bouteilles en PET soit 1,4 milliards de bouteilles pour la Suisse. Le PET est réalisé à base de pétrole. Le 27% termine dans la nature ou sont brûlées. Le reste est broyé pour tenter d’être réutilisé.

Manifestation des jeunes pour le climat à Zurich
Le logo du parti politique, FPD en allemand, a été détourné en “Fuck de Planet”

 

Moyen-Orient

Iran

Les exportations sont supérieures aux attentes. En février le pays a exporté 1,3 millions b/j. contre 1 million en décembre. Ceci est dû aux exemptions accordées par les USA. Elles devraient s’arrêter à la fin du mois de mars.

Le ministre du pétrole, Bijan Zangeneh, a annoncé la fin de la 3ème phase de la construction de la raffinerie New Persian Gulf Star qui couvrira la consommation interne. Depuis des années, Téhéran devait importer des carburants de l’Inde ou l’Asie.

 

Irak

En janvier, la production irakienne a atteint son deuxième plus haut niveau à 4,081 millions b/j.

Dans la région de Basra, Basra Oil Co. va forer 40 nouveaux puits dans le but de doubler sa production de 240’000 b/j d’ici à 2021.

 

Qatar

Qatar Petroleum et ExxonMobil Corp annoncent un projet de 10 milliards $ pour la construction d’un centre d’exportation de gaz liquide (LNG).

 

Yémen

Le gouvernement soutenu par l’Arabie Saoudite espère augmenter la production de pétrole à 110’000 b/j en 2019. Abd-Rabbu Mansour Hadi contrôle le port de la ville de Aden et une région pétrolière.

Dans la capitale Sanaa, les groupes Houthi soutenus par l’Iran, contrôlent toujours le terminal de Ras Issa. Depuis 2015 et l’arrivée de l’armée Arabie Saoudite pour soutenir le gouvernement de Hadi, la production pétrolière a chuté.

 

Le Mur et l’Etat d’Urgence aux USA.  Dessin Chappatte

 

Les Amériques

USA pétrole de schiste

Selon l’EIA, Drilling Productivity Report, la production par forage est de 1’400 b/j dans le Bakkeen et Eagle Ford. Dans le Permian, l’extraction est de seulement 600 b/j. Cette différence implique qu’il faut deux fois plus de forages pour obtenir la même quantité de pétrole.

Les chiffres du schiste américain sont impressionnants mais la croissance d’extraction semble ralentir. L’EIA prévoit 12,4 millions b/j pour cette année et 13,2 pour 2020.

La pression des investisseurs demande de réaliser des bénéfices au lieu de se focaliser sur des records de production. Selon Cowen & Co, les investissements de production pourraient diminuer de 6% en 2019. Depuis le mois de janvier, l’on observe déjà une baisse du nombre de forages en activité (-32 unités).

 

Canada

Très mauvaise nouvelle pour le premier Ministre Justin Trudeau. La Cour Suprême a confirmé qu’une compagnie pétrolière ou gazière en faillite doit nettoyer et fermer ses forages abandonnés avant de payer ses créditeurs.

Cette annonce ne résout pas la crise de l’abandon des vieux forages dans une industrie qui croule sous les dettes. Il faudrait 260 milliards $ pour désaffecter, les forages, les pipelines et les mines des sables bitumineux.

 

Mexique

Le Mexique a produit 1,62 million b/j en janvier, au plus bas depuis 30 ans. Le nouveau président Lopez Obrador a offert à la compagnie pétrolière nationale Pemex un cadeau fiscal de 3,5 milliards $ pour les 6 prochaines années.

Comme c’est Noël avant l’heure, il a ajouté une couche avec 3,9 milliards $ d’investissements dans l’entreprise.

Pemex cumule une dette de 106 milliards $ mais elle n’est pas la seule compagnie énergétique à faire payer ses dettes par les citoyens. En France, EDF, qui bénéficie encore de 37 milliards € de dettes, a déjà épongé une partie de ce gouffre avec le même mécanisme.

Le président Obrador tente également de diminuer la dépendance du Mexique au gaz américain qui comble 50% de la demande. Le Mexique génère 60% de son électricité avec le gaz.

 

Le discours de Donald Trump devant les scénateurs
Dessin Chappatte

Asie

Inde

La demande d’électricité devrait doubler d’ici à 20 ans. Par le passé, le pays s’était tourné vers le charbon. Avec la chute des prix des énergies renouvelables, l’Inde se détourne de la lignite.

Au Cachemire, l’ambiance entre le Pakistan et l’Inde, qui possèdent tous les deux l’arme nucléaire, se réchauffe. Au niveau des avions abattus, le Pakistan clame un 2-0. De son côté l’Inde indique qu’elle gagne 1-0. L’arbitre du match est en train de regarder les images de la VAR pour en savoir un peu plus.

 

Chine

Les équipes des présidents Xi Jinping et Trump auraient trouvé un accord sur leurs relations commerciales. La Chine est en passe de devenir la plus grande puissance mondiale et la passation de pouvoir avec les USA est intéressante.

La Chine a importé 10,07 millions b/j (+5,1% en comparaison annuelle) de pétrole. Du côté du gaz, la croissance est de +26,8% à 9,81 millions de tonnes.

PetroChina extrait 733 b/j de pétrole de schiste dans le réservoir Jimsar, dans la province du Xinjiang. Le sol de la Chine n’est pas propice aux gisements de schiste.

Dans l’univers merveilleux du président Xi Jinping, l’application Xuexi Qiangguo permet de calculer la durée passée par les internautes à réviser les citations du président ou à visionner des vidéos consacrées à ses discours. Des points sont à gagner. Plus vous avez de points, plus il vous sera facile de trouver ou garder un job. L’application a été téléchargée 44 millions de fois depuis janvier.

La Chine aimerait construire une station spatiale solaire afin de capturer les rayons du soleil 24h/7. Pékin a déjà débuté la construction une tour expérimentale dans la ville de Chongquing. Cette technologie pourrait livrer de l’énergie à 99% avec des ratios 6 fois plus élevé que les fermes solaires actuelles.

 

La station solaire chinoise afin de générer de l’électricité

 

Afrique

Algérie

Un sursaut populaire, inédit et spectaculaire contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika a eu lieu dans le pays gazier contre le cinquième mandat du président actuel (et non pas en fonction).

Cela fait quelques années, que le brave homme est maintenu en vie pour permettre à son frère, Saïd Bouteflika, de diriger le pays dans l’ombre en accord avec une grande partie des généraux de l’armée. Abdelaziz Bouteflika a effectué un cours séjour à Genève, Suisse pour se remettre en forme.  Paradoxalement, son frère Saïd serait également malade.

Par la taille de ses réserves annoncées, l’Algérie est le 11ème plus grands pays gazier au monde.

 

Libye

Le pétrole attise toujours plus les milices. Cette fois, les forces libyennes de l’Est ont repris le contrôle du plus grand champ pétrolier: El Sharara (315’000 b/j). La compagnie pétrolière nationale, NOC, espère pouvoir redémarrer les extractions quand la sécurité sera garantie.

Si une baguette magique pouvait régler les bisbilles entre les différents groupes, la production pourrait remonter de 1 million b/j.

 

Nigeria

Le pays de 191 millions d’habitants a élu un nouveau président. Le choix se portait entre Atiku Abubakar qui possède une bonne réputation dans le crime organisé ou Muhammadu Buhari, 76 ans dans un état de santé précaire. Ce dernier a gagné. Il est rassurant de voir qu’un pays aussi important au point de vue du pétrole et du nombre d’habitants soit dans des mains solides.

Le gouvernement a trouvé une source de financement très lucrative. Elle consiste à exiger le payement de taxes par les majors comme Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total, Equinor pour un montant total de 20 milliards $.

Le Nigeria produit actuellement 1,8 million b/j de pétrole.

 

Afrique du Sud

Le français Total aurait trouvé du pétrole au large des côtes de l’Afrique du Sud. Le réservoir contiendrait 1 milliard de baril dont 30-40% récupérable.

 

Manifestations en Algérie: 5

 

Phrase du mois

A la question sur le climat, aux jeunes :  « Si on met une bouteille à la mer et qu’on la retrouve en 2050 ou 2100, si jamais il y a quelqu’un qui la retrouve, le message sera «désolé les gars, on est parti trop vite, on n’a pas rangé et remis les choses en place. On a foutu un bordel monstre et bon courage”.» Pablo Servigne

«Donald Trump est un homme qui a brigué la présidence pour faire grandir sa marque, pas pour la grandeur de notre pays. Il n’avait ni désir ni intention de diriger cette nation – il voulait seulement se vendre lui-même et accroître sa richesse et son pouvoir. M. Trump disait souvent que sa campagne serait «la plus grande infopublicité de l’histoire politique.» Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Le Pétrole de schiste Américain nous sauvera-t-il?

La puissance d’un pays est souvent mesurée par sa capacité à générer de l’énergie. Le Gouvernement Obama (photo) avait pris à la lettre ce principe en portant à bout de bras le pétrole de schiste. Donald Trump a dignement repris le flambeau.

Depuis 2009, l’industrie de schiste a perdu des centaines de milliards $. En faisant miroiter une abondance à venir Washington et Wall Street ont réussi le tour de force à faire supporter les pertes par les banques et les investisseurs souvent étrangers.

Corolaire de cette communication, le monde a fini par croire que le schiste allait apporter une réponse définitive à nos besoins pétroliers. Qu’en est-il ?


Une demande qui arrive à 100 millions de barils par jour (b/j)

La demande pétrolière mondiale est en passe de toucher les 100 millions de barils/jour (16 milliards de litres par jour ou 5’000 piscines olympiques).

Depuis 2014, la chute des investissements d’exploration a poussé les découvertes à un plus bas jamais vu depuis 70 ans. Les pétroliers s’inquiètent de leurs capacités à satisfaire les marchés d’ici à 2020.

Si l’OPEP et la Russie semblent encore avoir une certaine marge de progression, pour 2018 et 2019, la quasi-totalité de l’augmentation de la production pétrolière hors-OPEP repose sur les USA. A eux seuls, les gisements de schiste du Bassin Permien devraient garantir les 70% de la hausse américaine.

Découvertes pétrolières depuis 1952.
Les trois moins bonnes années: 2014-15-16
Source: Bloomberg

 

Le pétrole de schiste du Bassin Permien

Aux USA, la croissance pétrolière continue avec un niveau record de 808 forages, au plus haut depuis 2015.

Aujourd’hui, le pétrole de schiste représente le tiers des 10,4 millions b/j extrait dans le pays et son plus grand gisement, le Bassin Permien, contiendrait 35 milliards de barils.

C’est sur cette nouvelle mine d’or que tablent les pétroliers américains même si l’on ne connaît pas la quantité de pétrole qui pourra être effectivement extraite en tenant compte des considérations techniques et économiques.

Cette année, la production du Bassin Permien pourrait augmenter de 40% passant de 3,15 millions à 4 millions b/j. Cette course pousse les acteurs à exploiter les gisements les plus prometteurs et à vendre les terrains de seconde zone pour maintenir leur cash flow.

Voilà pour le tableau idyllique peint par l’industrie.

 

Certains signaux passent au rouge

Si le Bassin Permien n’arrive pas à concrétiser une progression mensuelle de 80’000 b/j, dès 2020 l’impact se fera sentir sur les marchés.

Dans les indicateurs, un ratio est à regarder de très près. Alors que les champs de pétrole conventionnel (Arabie, Russie) ont une durée de vie qui se calcule en décennies, la production d’un forage de schiste se limite entre 1 et 3 ans.

A l’image d’une bouteille de champagne bien secouée, la capacité d’un forage peut diminuer de 60% dès le premier mois. Dans le Bassin Permien, cette déplétion se monte aujourd’hui à 75%. Il y a une année, ce taux était encore de 62%.

L’EIA projette qu’en avril, la déplétion du Bassin Permien atteindra 195’000 barils/jour. Elle sera compensée par l’arrivée de nouveaux gisements à hauteur de 275’000 b/j.  (+80’000). En comparaison, dans le Dakota du Nord, la déplétion mensuelle est de 59% soit une perte de 59’000 b/j compensée par une nouvelle production de 72’000 soit un surplus de 12’000 b/j.

La raison de cette chute brutale du Bassin Permien pourrait s’expliquer par la proximité des forages qui cannibalisent le même pétrole.

Autre signe d’inquiétude, l’augmentation de la quantité de gaz dans le pétrole. Quand le pétrole est extrait, la pression dans le réservoir diminue et le gaz contenu dans le pétrole se sépare et fini par remonter. Dans le bassin Permien, la production de gaz est cinq fois plus importante que dans le Bakken alors que sa production n’est que de 3 fois supérieure.

Finalement, alors que les exploitants se sont focalisés sur les gisements les plus prolixes, l’année à venir va pouvoir déterminer si les puits moins prometteurs pourront augmenter ou maintenir la production américaine.

C’est à ce jeu du chat et la souris que joue le schiste US et sur lequel nous planifions notre avenir.

 

Réactions de Donald Trump

La Maison Blanche tente bien d’anticiper le plafonnement ou l’effondrement du schiste en ouvrant les côtes américaines aux forages en haute mer, plus onéreux mais plus consistants sur la durée. Depuis cette annonce, peu d’acteurs ont marqué un intérêt. La catastrophe DeepWater Horizon et les 60 milliards $ déboursés par BP fonctionne toujours comme une piqure de rappel pour les pétroliers téméraires.

Jusqu’à la fin de son premier mandat, est que le schiste suffira à maintenir le statu de “dominance énergétique” voulu par le président Trump? Il est trop tôt pour y répondre.

Ces signaux devraient également nous interpeler. Mais comme le souligne le directeur de l’IEA, International Energy Agency, Fatih Birol, le monde n’arrive pas à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles. Dans les années 80, la consommation énergétique provenait à 83% des énergies fossiles. Nous en sommes à 81% aujourd’hui.

Nous pourrions bientôt voir radicalement évoluer ces indicateurs.

Paradoxalement, c’est justement à cause du manque d’énergie à empoigner de ce problème, qui nous conduira au manque d’énergie.

Pour l’instant, tous nos oeufs sont dans le même panier. Les années à venir souligneront ou pas la justesse de cette stratégie.

 

Sources: IEA (agence internationale de l’énegie), EIA (agence américaine de l’énergie), Bloomberg, Financial Times, Tom Whipple, David Hughes ASPO-USA

 

Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

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Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Pétrole ou Renouvelable? Les majors ont choisi, pour l’instant…

Depuis 2014 et la chute des prix du baril, l’industrie pétrolière traverse une crise féroce avec d’innombrables mises en faillite, plus de 440’000 emplois perdus et quelques centaines de milliards $ passés à la trappe.

De l’autre côté de la table, les énergies renouvelables ont le vent en poupe d’autant que les considérations environnementales pointent le bout du nez.

On pourrait imaginer que les majors pétrolières se trouvent devant un dilemme cornélien. Faut-il investir dans le pétrole ou le renouvelable?


L’objectif des majors n’est pas d’extraire du pétrole mais de générer des dividendes.

La survie des majors repose sur leur capacité à générer des dividendes. Qu’importe le moyen. L’objectif est de pérenniser les investisseurs et d’en trouver de nouveaux. Aujourd’hui, une matière première continue de remplir cette condition: le pétrole.

Dans une optique à court terme, cette stratégie est gagnante. En effet, il manque presque 1’000 milliards $ d’investissements dans l’exploration et l’exploitation pétrolière pour assurer que l’offre puisse suivre la demande à l’aube des années 2020.

De manière mécanique, nous devrions voir une forte augmentation des prix du baril dans les 2-3 années à venir.

Les vaches maigres débutées en 2014, ont enseigné aux pétroliers l’austérité et une gestion rigoureuse des coûts de production. Ils ont réussi à descendre leur ROI (retour sur investissement) du baril à 50$ alors qu’il atteignait 80-90$ en 2014. Si le pétrole repasse sur les 100$, on peut imaginer des profits stratosphériques.

C’est sur ce scénario que planchent les majors.

 

Faire perdurer le Mythe

Si la hausse à venir du baril est prévisible, c’est au-delà de 2023 que les interrogations se focalisent.

Les majors doivent également rassurer les investisseurs sur le moyen terme. Comme un seul homme, les CEO des différentes entreprises ont repris en cœur le refrain de l’abondance pétrolière à venir.

John Watson, CEO de Chevron, voit une augmentation de la demande pour les 20 années à venir et exclu tout «peak oil» de l’offre ou de la demande. Idem pour ExxonMobil.

L’Agence Internationale de l’Energie enfonce le clou et étend cette tendance jusqu’en 2040.

Seul Shell et son CEO, Ben van Beurden, raccourcit le délai du pic de la demande à 2027. Pour assurer ses arrières, il a acheté pour 54 milliards $ le gazier BG Group. Le gaz devrait reprendre la main dans les années à venir.

ExxonMobil a cassé sa tirelire pour acheter des gisements de pétrole de schiste pour 6,5 milliards $ dans le Bassin Permien aux Texas. Leurs dirigeants pensent qu’en 2040, l’industrie du transport sera propulsée à 90% par le pétrole.

Dans la boule de cristal de BP, 1,8 milliard de voitures circuleront d’ici à 2035 (un peu plus de 1 milliard actuellement) dont 75 millions de voitures électriques (4,1%).

Ce consensus fait plaisir à voir.

 

Les Gouvernements misent également sur le pétrole

Si les Gouvernements ont de la peine à imaginer l’Economie avec moins d’or noir, c’est que l’évolution du PIB est intimement corrélée à la consommation d’énergie.

La Chine en fait l’expérience. Pour garder le taux de croissance de son PIB à 6,5%, elle compense chaque kg de charbon économisé par du gaz.

Avec l’augmentation continue du niveau d’endettement, les Etats se sont inscris dans une hausse obligatoire de leur croissance afin de financer cette stratégie. Là aussi, le pétrole joue un rôle majeur. Mais paradoxalement, la remontée des prix du baril va faire rebondir l’inflation et les taux d’intérêts, qui à leur tour, freineront l’Economie.

Un vrai casse-tête.

 

Energies Renouvelables

Devant cette perspective alléchante, on peut comprendre que sur un total de 100 milliards $ d’investissements, les 5 majors pétrolières, Total, Shell, BP, Chevron et Exxon Mobil n’utilisent que 3 milliards $ pour développer leurs actifs dans les énergies renouvelables, selon l’agence pétrolière Wood Mackenzie.

Même si les voitures thermiques ne représentent que le 20% de la consommation mondiale de pétrole, une baisse de la demande pourrait dans le meilleur des cas, compenser la diminution de la production, ou pire pour les majors, faire retomber le prix du baril dans les eaux actuelles.

Cette vision pousse les pétroliers à timidement flirter avec les énergies vertes.

Annuellement, Shell dépense une enveloppe de 1 milliard $ pour les nouvelles énergies. De son côté Total budgétise 500 millions $. Ce chiffre est à mettre en relation avec le rachat de Maersk Oil pour 7,5 milliards $ pour du pétrole de la Mer du Nord.

Mais comme pour garder un pied dans un nouveau domaine, en Angleterre, Shell a commencé à vendre de l’électricité à ses clients.

 

Arrivons-nous à un tournant?

Si la doctrine de Trump propose la «Dominance Energétique Fossile» des USA sur le monde, les chinois parient sur la «Dominance Energétique des Energies Renouvelables».

Les pétroliers font actuellement le même pari que le Président Américain et les pays Européens. Comme la nature a horreur du vide, cette place ouvre une voix royale aux entreprises et aux investisseurs “durables” qui peuvent ainsi se développer sans la menace de cette concurrence.

Cependant, rien ne dit que les majors ne retournent pas rapidement leur veste. N’oublions pas que l’objectif d’une major pétrolière n’est pas d’extraire du pétrole, mais de produire des dividendes… avec où sans pétrole.