Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela

La malédiction du pétrole s’illustre une fois de plus. Cette fois c’est le Venezuela qui en fait les frais. Si pour le grand public, l’image d’un gouvernement incapable et corrompu a été vendue, la partie non visible de l’iceberg révèle un enjeu pétrolier extrême. Actuellement dans les mains de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis ont la cruelle nécessité de s’approprier cet or noir.

Même si les USA sont devenus les plus grands producteurs pétroliers au monde, la mauvaise qualité de leur pétrole les oblige à incorporer le brut extra lourd du Venezuela pour produire du kérosène ou du diesel.

Sans ce pétrole, qui s’épuise, la suprématie énergétique des USA ne tient qu’à un fil.


Le Dilemme Américain

Grâce au pétrole de schiste, les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier au monde. Si la légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500’000 barils/jour de brut extra lourd du Venezuela.

Le Canada pourrait venir en aide à Washington, mais les capacités limitées des transports et les coûts importants des sables bitumineux de l’Alberta freinent le processus.

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied avec les lourdes sanctions financières, imposées par le président Trump au régime Maduro, les USA continuent d’accepter les livraisons de brut mais déposent les payements sur des comptes bloqués. Qui entre Caracas et Washington pourra tenir le plus longtemps, la question est posée.

 

26% du pétrole américain peut être raffiné.
Le restant 74%, doit être mélangé avec du brut lourd ou exporté.
Source: EIA

 

Trump : une pierre plusieurs coups

La stratégie du Président Trump repose sur plusieurs piliers : l’opinion publique, les élections de 2020 et l’argent.

Donald Trump fustige les dérives et l’incapacité d’un gouvernement «socialiste» en soulignant la précarité du peuple vénézuélien et le manque d’investisseurs. Ce message fait une pierre deux coups. A l’interne, il permet d’entrer en frontal avec les candidats démocrates «ouvertement socialistes» aux élections de 2020 et à l’externe de scinder le monde entre les méchants et les gentils.

Cette perception est renforcée par l’envoi d’une aide humanitaire, qui a pris une tournure de communication hollywoodienne, alors qu’elle devrait être organisée de manière neutre et indépendante. Cette suspicion de Cheval-de-Troie a été renforcée par, John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale. Son bloc-notes a dévoilé : “5’000 soldats américains en Colombie.”

 

Sur le bloc notes de John Bolton:
“5’000 soldats américains en Colombie.”

 

De manière plus discrète, le même John Bolton travaille sur le véritable objectif d’un renversement du président Maduro par son protégé Juan Guaidó : le pétrole.

ExxonMobil et Chevron devraient reprendre les installations pétrolières du Venezuela et assurer l’approvisionnement des raffineries américaines. Les Français, Total, Anglais BP et Espagnol Repsol sont également impliqués dans cette réflexion d’où la coopération immédiate du Président Emmanuel Macron et des Premiers Ministres Theresa May et Pedro Sánchez.

Nous discutons actuellement avec de grandes entreprises pétrolières américaines. Cela ferait une différence si nous pouvions faire en sorte que des entreprises américaines produisent le pétrole au Venezuela. Nous avons tous les deux un large intérêt. Ce serait une bonne chose pour le Venezuela et les habitants des États-Unis.” – John Bolton, Conseiller à la sécurité nationale (voir la vidéo sur Twitter)

 

Voir 5min40 secondes pour le pétrole

 

Peak Oil

A lui seul, le pays est en train d’illustrer le paradoxe pétrolier actuel. Le pétrole bon marché s’épuise et il devient de plus en plus onéreux d’extraire un baril.

Membre de l’OPEP, le Venezuela possède potentiellement les réserves pétrolières les plus importantes au monde et ses rentrées économiques sont à 96% assurées par cette manne.

Historiquement, le Venezuela ne s’est jamais remis de la crise de sa monnaie et de sa dette des années 80-90. Les régimes drastiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale n’ont finalement réussi qu’à monter la population appauvrie contre le président de droite Rafael Caldera.

Le libéralisme porté par les américains devait permettre de revitaliser le secteur privé et attirer les investisseurs internationaux. Pour tenter d’augmenter la production pétrolière, Caldera privatisa le secteur pétrolier. Malgré les efforts, le Venezuela a atteint son peak oil en 1997 avec 3,5 millions b/j.

Quand Hugo Chavez prit le pouvoir en 1999, la production avait déjà diminué de 1 million b/j. et la corruption ravageait le pays.

Aujourd’hui, avec l’illusion d’être assis sur une richesse pétrolière, le blâme se porte essentiellement sur le modèle économique socialiste des gouvernements Chavez et Maduro.

Il n’y a aucun doute que les erreurs de casting et la corruption ont endommagé l’extraction du précieux liquide. Mais la grande partie de l’or noir vénézuélien nécessite d’énormes quantités d’argent, des techniques avancées et un management professionnel. Tant que le baril tenait au-dessus de 100$, l’équation pouvait se résoudre. Avec la chute du baril en 2008 et en 2014, le Venezuela subit le même sort que l’Union Soviétique dans les années 1990.

Si aux USA, le pétrole de schiste ou les sables de schiste canadiens ont vu affluer, à perte, des milliards $ d’investisseurs étrangers comme des fonds de pension européens, les banques privées ou la Banque nationale Suisse, le Venezuela n’a pas eu autant de chance.

Au contraire, Caracas a dû continuellement se battre contre la justice et les fonds vautours (ex: Crystallex ou Pharo Gaia Fund Ltd) d’investissements américains pour rembourser, avec des taux indécents, les prêts effectués. Dans ce désastre financier, de Bush à Obama, Washington aura tout fait pour tendre vers la situation actuelle.

Ainsi, de 1998 à 2013, Chavez n’a pas réussi à saisir l’importance d’injecter de l’argent dans le système pétrolier. Il a dévié cet argent pour son usage propre mais aussi pour réduire la pauvreté en passant de 55 à 34%, à instruire 1,5 million d’adultes et avec l’aide de docteurs cubain à d’offrir là 70% de la population un système de santé gratuit.

Dès que le baril à chuté en juin 2014, le gouvernement s’est retrouvé à court d’argent pour soutenir la production pétrolière et ses programmes sociaux.

Le retour de manivelle fut édifiant avec plus de 3,5 millions de vénézuéliens obligés de s’expatrier pour simplement manger. En quelques années, le pays est tombé en ruine.

 


Moyenne de la Production pétrolière Venezuela depuis son peak oil en 1997.
Source EIA

 

Indépendance pétrolière

Demain, celui qui sera en charge du Venezuela héritera d’un pays dont l’agonie n’égalera que la vitesse de la baisse de sa production pétrolière.

Si pour la Russie et la Chine les risques se résument par la perte de plusieurs dizaines de milliards $ de créances et d’actifs ainsi que d’influence en Amérique Latine, le président Trump doit absolument garantir l’importation de brut conventionnel ou très lourd pour assurer la production de carburants pour ses camions et ses avions.

On pensait les petites nations plus vulnérables aux variations pétrolières. La position très inconfortable des USA démontre ce changement de paradigme. Nous produisons de plus en plus de pétrole, de moins en moins bonne qualité mais de plus en plus cher. L’équation n’a pas de solution dans le système économique actuel.

La vitesse à laquelle le Venezuela s’est écroulé, ne peut que nous inciter à trouver une indépendance pétrolière sous peine de subir le même sort.

Serions-nous tous en passe de devenir Vénézuéliens?

 

Les 3 plus grandes importations de pétrole, des raffineries américaines du Sud des USA
en milliers de barils par jour


Source: RBC Capital Markets

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: Le baril a perdu plus de 30$ depuis octobre
– France: Les gilets jaunes bousculent le gouvernement
– OPEP: La Russie pourrait se joindre au cartel
– Techno: Un taxi sans chauffeur vient vous chercher
– Australie: Le Premier Ministre se frite avec les écoliers
– Russie: Le pays relie la Turquie et la Chine avec ses gazoducs
– Japon: Les déchets de Fukushima balancé dans le Pacifique
– USA: Le schiste américain bientôt à 7 millions de barils/jour.
– Iran: Le chinois CNPC remplace le français Total


Très grosse grosse gamelle du pétrole. Depuis le début octobre, il a presque perdu 30$. Tout le monde le voyait passer de 87 à 100$. Badaboum, on le retrouve à 59,46$ à Londres (75,91$ fin octobre) et à 50,93$ à New York (66,18$ fin octobre).

L’Uranium se stabilise après de fortes hausses suite à des problèmes d’extraction. Il passe la barre des 28 à 28,4$ (27.60$ fin octobre).

 

Graphique du mois: Impact de la hausse du prix des carburants en France

Planète

En 2017, le taux d’émission de CO2 est reparti à la hausse pour arriver au niveau record de 405 ppm.

Nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz ou de charbon. Sur cette note, la Xème Conférence sur le Climat a débuté en Pologne. Voilà, tout est dit sur cette rencontre. Celle de 2019, prévue au Brésil, a été annulée par le nouveau président Bolsonaro.

Les océans ont emmagasiné 60% de chaleur de plus que les estimations précédentes.

 

OPEP+

La réunion du 6 décembre pourrait déboucher sur un tour de vis de la production. L’Arabie Saoudite et la Russie ont atteint des niveaux record d’extraction pendant que les prix se sont pris les pieds dans le tapis pour baisser de 30$ en quelques semaines.

En parallèle et dans l’ombre, l’accord entre Trump et le Prince Héritier MbS : «je ne dis pas que tu as ordonné le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et tu continues à pomper du pétrole afin de garder les prix bas» apporte de la confusion. Les deux hommes vont se rencontrer à la réunion du G20 à Buenos Aires.

L’idée, qui flotte dans l’air, est de retirer, petit à petit, 1 million barils/jour (b/j) des marchés. Cependant Riyad ne veut pas être seul à faire des efforts.

Moscou pourrait officialiser une alliance avec l’OPEP. Du coup, Moscou et Riyad pourraient prendre les décisions pour l’ensemble du groupe. L’ambiance risque d’être optimale.

Le Département de la Justice Américaine est en train de revisiter les règles anti-trust concernant l’OPEP. Nom de code de l’opération: «No Oil Producing and Exporting Cartels Act». En gros, l’idée est de démanteler l’OPEP.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

Pétrole

La baisse des prix du baril convient au pickup truck de Joe America et aux gilets jaunes. Cependant,  ce nouveau yoyo ne va pas apporter les centaines de milliards $ nécessaires à l’industrie pétrolière afin de garantir l’offre face à la demande d’ici à 2020.

Même si la situation actuelle constate une légère surproduction, la tendance générale pointe vers une pénurie dès 2020.

Les pays qui ont atteint le peak oil : Algérie 2015, Angola 2016, Australie 2000, Azerbaïdjan 2009, Chine 2015, Equateur 2014, Guinée Equatoriale 2005, Indonésie 2016, Mexique 2013, Hollande 1987, Oman 2016. Reste USA, Russie, Arabie Saoudite, Brésil, Libye, Irak, Iran, Venezuela et Canada pour faire durer le rêve.

Une grande partie des nouvelles extractions pétrolières proviennent des champs de schiste aux USA, +7 millions de barils/jour (b/j). Si les promesses du schiste ne seront pas tenues, vaudra mieux passer directement au chapitre ci-dessous.

 

Voitures Electriques

Les capacités des batteries ne cessent d’augmenter. Si les limites du Li-ion semblent approcher, NantEnergy a annoncé la commercialisation de sa air-zinc batterie.

Dès 2020, Kia Motors et Hyundai vont introduire des toits solaires afin d’accroitre l’efficacité de leurs modèles hybrides et électriques.

25 villes concentrent 1,4 millions de voitures électriques sur les 3,1 en circulation. Les villes chinoises sont largement en tête avec 11 villes dans le top 25. La tendance est d’offrir des places spécifiques et des bâtiments pour effectuer les recharges.

 

Charbon

Si l’Europe et les USA réduisent la quantité de centrales à charbon pour la production d’électricité, l’Asie surcompense largement cette baisse avec 2’000 GW en opération ou en construction.

La moyenne d’âge des centrales à charbon européennes et américaines est de 42 ans. En Asie, elle est de 11.

On vit une époque formidable. L’équipe de foot américain d’Alabama
a fait appel à 2 hélicoptères, pendant 2 heures, pour sécher la pelouse avant leur match.

 

 

Dans les pays hit du mois:

USA

La production pétrolière américaine a atteint 11,3 millions b/j en août. En une année, les USA ont ajouté 2 millions b/j.

Le département de l’intérieur américain étudie l’ouverture prochaine de l’Arctique pour l’exploitation pétrolière.

Les bénéfices d’ExxonMobil ont grimpé à 6,24 milliards $ au 3ème trimestre, cependant la production pétrolière a diminué de 3% à 3,8 millions b/j. L’extraction de gaz a diminué de 4%. Durant les 10 derniers trimestres, c’est le 9ème trimestre qui voit la production d’Exxon reculer.

Les citoyens de la Floride ont voté à 68% contre l’exploitation pétrolière et gazière dans les eaux territoriales. De leur côté, les citoyens du Colorado ont refusé à 58% de garder une distance de sécurité de 1’000 m. des écoles, parcs et sources d’eau pour les forages de schiste. Les producteurs ont mis sur la table un budget marketing de 30 millions $ pour obtenir ce résultat.

Waymo, la start-up de Google-Alphabet, a obtenu l’autorisation d’utiliser ses taxis autonomes sans chauffeur. Oui, un taxi qui vient vous chercher et vous conduit à destination sans chauffeur! Le permis est donné pour tester le système dans les villes et sur les autoroutes à une vitesse maximale de 100 km/h.

La production d’énergie par l’éolien et le solaire représente 1,5% de la demande américaine.  La Virginie a exporté 3,71 millions de tonnes de charbon en octobre, +20,2%.

General Motors va fermer 7 usines dont 4 aux USA et se séparer de 14’000 employés. Les modèles les plus vendus restent les pickups truck et les SUVs soit les deux types de véhicules les plus gourmands.

Un mois après le passage de l’ouragan Florence, l’Etat de la Caroline du Nord a décidé de respecter l’accord sur le climat de Paris et de réduire ses émissions de 2005 de 40% d’ici à 2025. 16 autres Etats américains ont déjà rejoint cette alliance. Les villes et les régions ont moins d’inertie que les pays afin de prendre des décisions sur le climat.

Les conditions climatiques comme l’ouragan Harvey, les inondations et les feux de forêts ont généré pour 306 milliards $ de dégâts en 2017. L’ancien record a été battu de 90 milliards. Avec les incendies qui viennent de ravager la Californie, le millésime 2018 devrait être un bon cru.

Le Minnesota pourrait produire 70% de son électricité grâce au soleil et au vent d’ici à 2050. Les investissements seraient identiques à une solution basée sur le gaz. Aujourd’hui l’Etat produit 20% d’éolien et 1% de solaire.

General Motors, le constructeur automobile, élargit sa gamme en proposant un vélo électrique pliable! Bon, la bête n’est pas vraiment sexy, mais c’est déjà bien pour un constructeur auto. La compagnie recherche un nom. Vous pouvez y participer  eBikeBrandChallenge.com histoire qu’ils utilisent votre adresse e-mail pour vous refiler ce vélo une fois en vente.

Arabie Saoudite

Sous pression de Donald Trump, l’Arabie a extrait une quantité record de pétrole à presque 11 millions b/j. Le concept de base voulait que Riyad compense la diminution de pétrole iranien à cause de l’embargo américain.  En cours de route, Trump a changé d’avis et autorisé l’Iran a exporter plus de pétrole que prévu. Aujourd’hui, c’est un double effet Kisscool avec une chute de 30$ du baril.

Riyad pourrait retourner à un niveau normal de production. Cependant, une baisse de production couplée à la baisse des prix du baril pourrait voir les budgets du pays virer au rouge vif.

Selon le FMI, le train de vie de la famille royale nécessite un baril à 88$.

Le Prince héritier Mohammed bin Salman (MbS) est sous les feux des projecteurs suite à sa décision d’éliminer le journaliste Khashoggi. Grâce à la situation géopolitique et à sa puissance financière, il a obtenu les faveurs du président Trump. (voir la parfaite illustration de Chappatte) . Pour redorer son aura, MbS effectue une tournée mondiale pour réaffirmer l’importance du pétrole dans l’économie mondiale. On le retrouvera au G20 en Argentine.

Le ministre du pétrole, Khalid al-Falih, a suggéré de diminuer les extractions de pétrole de 1,4 million b/j. Bon, ça c’était avant que Trump envoie un Tweet et tienne les coudes MbS.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

D’ici à 2030, le Parlement Européen a confirmé les objectifs: 32% d’énergie renouvelable et 32,5% d’efficience énergétique.

Les émissions de CO2 de l’aviation ne sont toujours pas comprises dans les calculs.

 

Espagne

Le gouvernement a supprimé la possibilité d’exploiter du pétrole ou du schiste sur son territoire.

Le pays ambitionne d’avoir 100% d’électricité renouvelable d’ici à 2050 et d’abandonner les énergies fossiles. Les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 90%.

Madrid prévoit d’installer 3’000 MW/an d’énergie solaire ou éolienne durant les 10 prochaines années.

 

Russie

La production Russe continue à croitre à 11,5 millions b/j. Moscou pourrait rejoindre l’OPEP+ avec un partenariat qui restera à définir. Est-ce que Vladimir Poutine acceptera de diminuer sa production pour faire regrimper les prix du baril ?

La croissance Russe a atteint 2,5% en novembre. L’agriculture, le gaz et le pétrole, l’industrie et la construction soutiennent cette croissance. Avec la chute du baril, cette tendance sera remise en cause.

Gazprom a cessé ses ventes aux enchères de gaz. Toute la production 2018 est vendue. En septembre, Gazprom avait lancé ce système pour vendre au meilleur prix son gaz à l’Europe.

L’ambiance entre l’Ukraine et la Russie est montée d’un ton grâce à l’accrochage entre navires militaires dans la mer d’Azov. Difficile de dire qui a fait quoi et où mènera cet incident.

 

Turquie

La Turquie et la Russie ont célébré l’inauguration d’une partie du gazoduc Turkstream qui relie les deux pays en traversant la Mer Noire. Le gazoduc permettra de créer un hub énergétique en Turquie et de court-circuiter l’Ukraine pour les livraisons de gaz en Europe. A partir de la fin 2019, 31,1 milliards m3/an pourront y transiter.

La Turquie consomme actuellement 16 milliards m3 et à terme, il n’est pas impossible qu’Ankara aspire l’entier de ce gazoduc, laissant des miettes à l’Europe. La Bulgarie, qui importe 100% de son gaz à la Russie, s’est proposée comme porte d’entrée pour l’Europe.

Le gazoduc Nordstrean II qui contourne l’Ukraine et livre le gaz à l’Allemagne aura à terme une capacité de 55 milliards m3/an et 121 milliards kg de CO2.

L’éolienne O-Wind a gagné le James Dyson Award 2018

 

France

Les gilets jaunes ont pulvérisé toutes les prévisions. Sans aucune stratégie énergétique solide sur le chauffage au fioul, au gaz et la sortie du pétrole, le gouvernement s’est fait tirer, à juste titre, les oreilles par les citoyens.

Le gouvernement a demandé à EDF de réfléchir sur son avenir et d’éventuellement d’embrasser la production d’énergie verte au lieu de résister. Le géant va tenter d’imaginer une transition de ces vieux réacteurs nucléaires. Dans l’air, flotte l’idée de séparer l’entreprise en deux parties comme les allemands E-on et RWE. Une partie polluante et risquée (fossile et nucléaire) l’autre verte.

Les prix du gaz naturel ont augmenté de 2% pour la cuisine et de 6% pour le chauffage. Si on peut se féliciter de l’augmentation de cette énergie fossile destructrice pour le climat notamment pour ses émissions de méthane, il est à souligner que les marges des fournisseurs sont impressionnantes. Elles représentent entre 5 à 8 fois le prix d’achat. Quand un fournisseur achète son gaz entre 1,5 euro le kWh il le revend entre 7 et 10 € aux citoyens. Pour réconforter nos amis français, les marges des fournisseurs suisses sont encore plus confortables.

Le gouvernement a donné son feu vert à l’exploitation de 2 parcs éoliens. C’est le chouchou de la classe, Engie, qui bénéficie de cette bénédiction. Ainsi, 62 éoliennes vont émerger aux îles d’Yeu et de Noirmoutier (Vendée) et l’autre au large du Tréport. Engie devrait produire 1’900 GWh d’électricité par an soit pour  790’000 personnes.

Pour sa part, le projet de Dieppe-le Tréport doit rassembler lui aussi 62 éoliennes. Le parc sera supervisé par…. surprise! Engie! Il produira 2’000 GWh par an, ce qui représente la consommation électrique annuelle d’environ 850 000 personnes, soit environ les deux tiers de la population de la Seine-Maritime.

Le géant du voyage de croisière, l’américain Carnival a été condamné à Marseille pour pollution de l’air. Le capitaine de l’Azura a été condamné à 80’000 € d’amende pour «utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air».

 

Allemagne

Vattenfall, propriété du gouvernement suédois, propose de transformer ses centrales à charbon allemandes en centrale à gaz. La centrale de Moorburg, ouverte il y a 3 ans pour alimenter Hambourg, est incluse dans ce plan. Cependant, le méthane du gaz naturel n’offre pas une bonne alternative pour le climat.

En décembre 2018, l’Allemagne va annoncer son plan pour sortir entièrement du charbon d’ici à 2030. Le pragmatisme allemand pourrait inspirer la France.

Les ventes de voitures sont en baisse et l’Economie s’est contractée de 0,2% depuis septembre. L’objectif de croissance annuel devrait se situer vers les 1,6% pour 2018.

Volkswagen tente d’éparpiller plus de 200’000 voitures neuves dans différents parking à travers l’Europe. Plus de 80%, sont vendues mais ne sont toujours pas capable de respecter les standards de pollution.

D’ici à 2030, VW annonce vouloir investir 50 milliards $ dans les voitures électriques autonomes. Le géant allemand va collaborer avec l’américain Ford. Est-ce que cela sera suffisant face à la progression des nouveaux constructeurs automobiles chinois ?

 

Angleterre

Des trains à hydrogène pourraient être mis en circulation dans les années à venir. Le mois dernier, l’Allemagne a initié cette tendance. Actuellement, les trains à hydrogène sont plus onéreux à l’utilisation mais nettement moins polluant que les trains diesel. Il ne faudra certainement que quelques années pour les rendre financièrement avantageux.

 

Suisse

La banque Crédit Suisse a de nouveau été pointée du doigt pour ses investissements dans les énergies fossiles très sales comme les sables bitumineux ou le schiste. Des citoyens ont occupé les succursales de Genève, Lausanne et Bâle et ont mimé des matchs de tennis. «On veut informer Federer des investissements de la banque dans les énergies fossiles, et on l’invite à s’en distancier».

Plus de 20 économistes des hautes écoles condamnent les investissements de la Banque Nationale Suisse dans les énergies fossiles. La BNS possède plus de 7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines actives dans le charbon, le pétrole ou le gaz. On pourrait argumenter que la rentabilité n’a pas de prix. Même pas! La BNS a déjà perdu plus de 1,5 milliards $ dans ce domaine.

Si on ajoute l’implication soutenue de l’UBS dans le pétrole, c’est tout le système bancaire suisse qui est gangréné par les industries fossiles.

C’est dans la ville de Bienne, que la mini-voiture/vélo en partage Enuu a débuté sa vie. Le véhicule est doté de quatre roues et d’une coque intégrale qui protège le conducteur des intempéries. Il dispose non pas d’un volant mais d’un guidon et pèse moins de 200 kg. Il peut utiliser les pistes cyclables et se garer sur les places vélos. La localisation, l’ouverture de la porte et le démarrage se font avec une connexion internet via un smartphone. Les 10 premières minutes sont gratuites.

Mi-vélo, mi-voiture

 

Moyen Orient

Iran

Le chinois CNPC a remplacé le français Total dans le plus grand champ gazier du monde South Pars 11. Total avait prévu d’investir plus de 5 milliards $ avant de se retirer suite aux menaces de Trump. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie française. Le président Macron, comme Bruxelles, n’ont pas osé soutenir les entreprises européennes face à Trump. Les chinois ont immédiatement saisi l’occasion.

Pour les 6 prochains mois de l’embargo, les USA ont offert des laisser-passer pour l’exportation de pétrole iranien à l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie, la Grèce, Taïwan et la Turquie.

Ainsi, l’Iran pourrait exporter 1,4 million b/j au lieu des 2,9 millions durant l’été.

La diminution des exportations et la chute des prix vont certainement propulser l’Iran dans une récession économique voulue par Washington. Est-ce que cela sera suffisant pour que Téhéran accepte de renégocier avec Trump? La question reste ouverte.

 

Irak

Bagdad espère pouvoir extraire 5 millions b/j en 2019 et exporter 3,8 millions. L’enthousiaste ministre du pétrole, Thamir Ghadhban, vise une production à 8,5 millions b/j dans les années à venir.

Le ministre pousse également à la création d’une major pétrolière nationale, la Iraqi National Oil Company, afin de gérer l’entier du pétrole du pays. Cette compagnie avait déjà été créée en 1964 mais démantelée par Saddam Hussein en 1987.

Après des mois de sécheresse, le nord et le sud du pays ont été noyés sous des trombes d’eau.

L’Irak va pouvoir encore importer du gaz iranien pendant 45 jours grâce à une permission spéciale des USA. Le gaz est essentiel pour la production électrique du pays et éviter les émeutes.

 

A Dubaï, les Emirats Arabes Unis teste un drone pour la police

 

Asie

Chine

Le russe Gazprom est sur le point de terminer son gazoduc qui relie la Sibérie à la frontière chinoise. Des livraisons annuelles de 38 milliards m3 (85 milliards kg de CO2 et sans compter le méthane) de gaz naturel sont prévues sur une période de 30 ans.

La Chine travaille sur un soleil artificiel afin de récolter l’énergie de la fusion. Elle a réussi une avancée en obtenant 100 millions de degrés Celsius et une génération théorique de 10 MW.

Depuis que la Chine a installé un système d’évaluation de ces citoyens en leur donnant des points, plus de 9 millions de chinois n’ont plus droit à l’accès aux avions, aux trains rapides ou aux transports en commun.

Dans la ville de Zhengzhou, certains robots ont été équipés de caméras à reconnaissance faciale afin de traquer les personnes recherchées. Les robots de  1m60 sont également équipés de tasers pour neutraliser les citoyens. A Tianenmen, Pékin, les tasers sont remplacés par des armes. Ca donne vraiment envie d’y aller.

 

Inde

Les importations de pétrole ont grimpé à 5 millions b/j en octobre.

Les villes indiennes sont parmi les plus polluées du monde. Neuf des dix villes les plus polluées sont indiennes. On estime à 7 millions/an le nombre de décès dû à cette pollution.

Comme la Chine, l’Inde est en train de travailler sur des drones capable de transporter des personnes dans le cadre de la mobilité urbaine.

 

Japon

Le gouvernement a dévoilé des plans afin de déverser dans le Pacifique l’eau radioactive utilisée pour refroidir les 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Comme les capacités de stockage de l’eau radioactive et les budgets sont atteints, il s’agit de l’alternative simple et bon marché.

Le gouvernement étudie la relance du nucléaire sur l’île avec une production électrique de 20% d’ici à 2030.

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, 64 ans, est accusé de malversations fiscale. C’est étonnant, car l’éthique est au centre des préoccupations des managers de l’industrie automobile. Ce n’est pas le CEO de VW-Audi, Rupert Stadler, qui vient de sortir de prison suite aux scandales des moteurs truqués, qui nous contredira.

 

Corée du Sud

Le pays est leader dans la construction de bateaux transportant du gaz liquide (LNG). Plus de 50 tankers sont en construction pour les 3 années à venir pour une valeur de 9 milliards $.

La demande pétrolière du pays a diminué de 8,5% en une année soit 2,37 millions b/j.

 

Australie

Les écoliers de toute l’Australie ont organisé des grèves afin de protester contre le laisser-aller du gouvernement au sujet du réchauffement climatique. Un peu comme en France, mais à l’inverse.

Les têtes blondes demandent l’utilisation à 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2030 ainsi que l’abandon de nouveaux projets gazier et charbonnier. Le climato-sceptique premier Ministre Scott Morrisson l’a mal pris et la passe d’armes intéressante. Le premier ministre a commenté : «Nous ne supportons pas l’idée que les élèves n’aillent pas à l’école pour des choses qui peuvent se résoudre en dehors de l’école.» La réponse des élèves : Vous ne résolvez rien c’est pour cela que nous sommes en grève. @StrikeClimate

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

En décembre, la production de schiste américain va atteindre un sommet à 7,94 millions b/j.

Le Bassin Permien, Texas, produit 3,7 millions b/j. Pratiquement tous les gisements ont vu leurs chiffres augmenter. Les producteurs ont profité des prix élevés pour accélérer le rythme. Avec la baisse des courts, une réaction inverse devrait se produire.

Du côté du gaz de schiste, les records sont également atteints avec 2,2 milliards m3.

L’épuisement des gisements du Bakken et Eagle Ford contraignent les producteurs de passer des forages de première qualité, à ceux de deuxième moins prolifiques et plus chers.

Le pétrole de schiste américain s’est accordé la priorité sur les marchés mondiaux. Paradoxalement, les USA demandent à l’Arabie Saoudite et à la Russie de réduire leur production, alors que le pays écoule son pétrole à perte.

L’administration Trump fait de son mieux pour stimuler un deuxième boom des extractions de pétrole de schiste en annulant les restrictions environnementales posées par Obama.

Cheniere , Dominion et Sempra Energy vont exporter leur gaz de schiste par cargo, sous forme de gaz liquide, LNG, en Asie et en Europe.

Le MIT dévoile un avion propulsé par un vent ionic, sans moteur

 

Canada

La production pétrolière devrait diminuer de 5% en 2019 selon la Petroleum Services Association of Canada. Les projets de construction de pipeline échouent les uns après les autres et l’Alberta n’arrive plus à augmenter ses exportations de pétrole des sables bitumineux.

Le prix de vente du crude canadien vers les USA atteint des bas non rentables à 35-45$ le baril.

Cenovus Energy a annoncé une diminution de ses extractions dans les sables de schiste de l’Alberta en attendant que les prix remontent.

 

Argentine

En dehors des USA, le bassin de la Vaca Muerta, Mendoza, est le seul gisement de gaz/pétrole de schiste avec un potentiel d’industrialisation.

La Vaca Muerta est trois fois plus étendu que le bassin Permien aux USA. Il pourrait devenir une source importante de gaz et de pétrole. Actuellement, la production est de 60’000 b/j et pourrait augmenter à 200’000 b/j en 2021.

D’ici à l’été 2019, l’entreprise belge, Exmar, va déployer une flotte de bateaux pour exporter le gaz liquide des gisements de la Vaca Muerta au port de Bahia Blanca. L’entreprise espère exporter 500’000 tonnes de LNG par année.

 

Brésil

Entre août 2017 et 2018, le niveau de déforestation de l’Amazonie a atteint un record de 7’900 km2 pour laisser place au soja.

Le nouveau président, Jair Bolsonaro, a annoncé son envie d’augmenter ce rythme. A ce titre, il va fusionner les départements de l’agriculture et de l’environnement.

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,197 millions b/j en septembre. La probabilité n’est pas nulle que la production soit actuellement passée sous le million.

Les exportations vers les USA ont diminué de 19% en octobre.

 

Brésil, un bulldozer pour les mines entièrement autonome. Etonnant.

 

Afrique

Libye

La situation semble s’apaiser et des élections pourraient avoir lieu l’année prochaine.

La Libye est certainement le pays qui possède la plus grande quantité de brut conventionnel exploitable à bas prix. Avant l’intervention française, pour démettre le Général Kadhafi, le pays produisait 1,8 millions b/j. Aujourd’hui la production varie entre 700’000 et 1 million b/j.

 

Sud Soudan

Le Russe Gazprom Neft va explorer 4 blocs pétroliers dans le pays. La China National Petroleum Corporation et le Malaysien Petronas sont déjà actif dans le pays.

La production nationale a atteint 135’000 barils/jour et espère atteindre 350’000 soit son niveau de production avant 2011 et la guerre civile.

 

Phrases du mois

«Tous les gouvernements promettent la croissance sans expliquer d’où elle vient. On assume que la croissance du PIB provient du capital et du travail. Cependant, les économistes Reiner Kummel et Robert Ayres ont démontré que l’énergie, en particulier le pétrole, est la force principale derrière la croissance du PIB. Ils ont conclu que notre société consumériste se base sur une énergie bon marché. Une corrélation historique entre croissance et énergie, et particulièrement le pétrole, supporte leur conclusion.»  Mathieu Auzanneau

Interrogé sur la note qu’il se donnerait s’il devait juger son travail en tant que président, M. Trump a opté pour la plus élevée qui soit. «Ecoutez, je n’aime pas faire cela, mais je vais le faire quand même: je me donnerais à moi-même un A». (s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer!)

« La production pétrolière du Venezuela est en chute libre. »  Fatih Birol, Executive Director de l’IEA.

 

Le Livre du Mois

Comment l’hyperpuissance d’une élite financière met Etats et citoyens à genoux. Un excellent livre de Liliane Held-Khawam.

Ce livre vous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance financière globale. Cette enquête d’une précision inédite vous montre la dématérialisation, l’abolition des frontières et la démission des institutions politiques.

 

 

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole: Arabie Saoudite, le canari dans la mine

Mohammad bin Salman bin Abdulaziz Al-Saud (photo), Prince héritier d’Arabie Saoudite, a lancé son pays dans un ambitieux programme «Vision 2030». Parmi les objectifs: diminuer la dépendance pétrolière du pays (70% du budget de l’Etat) et construire l’après-pétrole. Même la Russie de Vladimir Poutine s’oriente dans cette direction.

Alors que les plus grands producteurs mondiaux annoncent des mesures pour assurer leur après-pétrole, cette volonté soulève une question: et nous ?


La rente pétrolière s’amenuise

L’industrie pétrolière manque de transparence, c’est un fait. L’Arabie Saoudite ne déroge pas à la règle et joue avec ses statistiques. Ses chiffres font souvent froncer les sourcils.

Ainsi, depuis 32 ans, le Royaume annonce des réserves pétrolières à hauteur de 268 milliards de barils, alors que depuis 1986, l’entreprise nationale Saudi Arabia a extrait plus de 130 milliards de barils dans ses sols. Il faut se baser sur des indiscrétions pour en savoir plus.

En 2011, Wikileaks avaient publié des conversations diplomatiques avec les USA pour révéler que «les réserves ne représentaient plus que 160 milliards de barils dont à peine 50% récupérables». Ce genre d’information, couplé avec l’empressement actuel du Prince Héritier, tend à démontrer que la réalité, impose au Royaume, d’activer la clause d’urgence.

 

Réserves pétrolières déclarées par l’Arabie Saoudite et le Venezuela

 

Et nous ?

Du côté des pays importateurs de pétrole, l’insouciance règne en maitre. La demande continue de grimper et vient de dépasser les 100 millions barils par jour (16 milliards de litres). Le baril a franchi les 81$ pour la première fois en 4 ans. La probabilité n’est pas nulle de revoir les prix grimper à 100$, seuil de douleur pour l’Economie mondiale.

Les données transmises à nos politiques proviennent exclusivement des lobbies pétroliers ou des majors. La France, l’Italie, la Norvège ou l’Angleterre font confiance à leurs champions nationaux comme Total, ENI, BP, Shell. De son côté ExxonMobil fait partie intégrante de l’administration Trump.

En Suisse, les effectifs de la Confédération ne compte aucun expert pétrolier indépendant et neutre. Rien, nada! Même la protection du loup possède un effectif plus étoffé! Et comme un loup dans la bergerie, le rôle de «conseiller» revient à l’Union Pétrolière Suisse qui en profite pour généreusement financer l’autre puissant lobby: EconomieSuisse.

 

L’audace des lobbies est si grande qu’elle conduit à une situation de plus en plus cocasse.

La Confédération Helvétique prélève 1,5 centime par litre d’essence afin de favoriser des projets qui diminuent la consommation de pétrole et les émissions de CO2. C’est l’Union Pétrolière Suisse qui a été chargée de piloter ce programme. Tant le processus mit au point est machiavélique et ubuesque, qu’il est rare de voir un projet passer la rampe.

Plus d’un milliard de francs, collectés mais non utilisés, trône dans ses coffres. Malgré ce fiasco, la Confédération vient de prolonger la concession de l’Union Pétrolière jusqu’en 2030!

La Suisse n’est pas un cas unique, chaque pays possède son lot de projets aussi rocambolesques.

Les données erronées de l’industrie pétrolière n’impactent pas uniquement les politiques. La Banque Nationale Suisse, qui a investi plus de 7 milliards $ dans le schiste américain et perdu plus de 2 milliards, peut en témoigner.

 

La confiance, la crédibilité et les bonnes décisions sont inséparables.

Le pétrole est intimement corrélé à la croissance économique (4% de croissance mondiale augmente la demande pétrolière de 1,5 million b/j) et il couvre 50% de nos besoins énergétiques.

Il en va de la sécurité économique des pays importateurs d’or noir d’étudier et d’analyser la situation. Certes, les chiffres ne seront certainement pas précis à la virgule près, mais ils seront toujours plus utiles que les communiqués de presse des pétroliers.

Les citoyens et les entreprises ont besoin d’être informés sur les quantités de fioul, de mazout, de kérozène ou d’essence qui restent à disposition et sur les impacts financiers.

Les démarches et les stratégies actuelles des pétromonarchies du Moyen-Orient sifflent comme le canari dans la mine. L’actuel rétropédalage des Agences Pétrolières semblent également indiquer des changements majeurs. Auraient-ils des informations que nous n’avons pas encore pris en compte?

Poser la question et observer leurs comportements, c’est y répondre.

L’Arabie Saoudite se prépare, et nous?

 

Marketing Climatique: Les Banques à la pointe

A l’image de la Banque Nationale Suisse, les chartes éthiques ou environnementales sont devenues “très tendance” auprès des institutions financières. Qu’importe si les directives ne sont pas respectées ou mises en pratique, le marketing climatique sonne toujours très bien auprès du public et du politique.

Si la BNS est championne dans sa catégorie, la concurrence est féroce. Dans cette compétition, il faut souligner les efforts de la Société Générale.

Ainsi, la banque française a publié son «rôle dans la lutte contre le changement climatique». Le texte veut faire penser que la banque est désormais un modèle d’écologie et de sobriété.


 

Une orientation pétrolière et gazière marquée

En réalité, la Société Générale joue un rôle important dans le financement de l’industrie gazière au niveau mondial ainsi que dans les exportations de gaz de schiste américain vers la France et le reste de l’Europe.

Avec 2,4 milliards de dollars investis dans les entreprises développant des projets de gaz de schiste en Amérique du Nord, elle est la 7e banque internationale et la 1ère française dans ce secteur.

En même temps, elle est encore loin des 5 milliards $ investis par la Banque Nationale Suisse pour soutenir le programme de Donald Trump dans les énergies fossiles.

 

Un conseil d’administration dévoué aux énergies fossiles

Ainsi le conseil d’administration de la Société générale est représenté par son nouveau président Lorenzo Bini Smaghi, également président du conseil d’administration d’Italgas, le leader italien de la distribution urbaine de gaz, et ancien président du groupe italien Snam, l’un des principaux exploitants de gazoducs d’Europe.

S’y ajoutent Robert Castaigne, ancien cadre pétrolier de Total et administrateur de Novatek, l’entreprise gazière russe qui développe Yamal LNG, et Gérard Mestrallet, ancien PDG d’Engie, l’entreprise héritière de Gaz de France.

On ajoute Alexandra Schaapveld, également membre du conseil de surveillance de deux entreprises parapétrolières, la française Vallourec et la malaisienne Bumi Armada Berhad.

La Société Générale affiche 46,4% de sources renouvelables dans les énergies et des projets d’électricité qu’elle finance. Pour arriver à ce chiffre, elle comptabilise l’énergie nucléaire comme une énergie «renouvelable». Ce raccourci est certainement dû à la présence dans son conseil d’administration de Jean-Bernard Lévy, l’actuel PDG d’EDF et à la tête de plus de 50 centrales nucléaires.

 

Ainsi, sur les 12 membres du Conseil d’Administration, on peut aisément imaginer l’importance donnée à la charte environnementale du groupe par les 5 représentants des énergies fossiles. Mais tant que le public y croit…

 

Aves les sources et les recherches de Mathieu Paris et Olivier Petitjean sur MultiNationales.org

La BNS en phase avec le “tout Pétrole, Gaz et Charbon” de Donald Trump

Le président Trump a fait de l’utilisation des énergies fossiles le cœur de sa doctrine. L’objectif est ambitieux: exercer la «Dominance Energétique» américaine sur le reste du monde en produisant un maximum de gaz, de pétrole et de charbon pour stimuler son Economie.

Pour mettre son projet à exécution, le Président a besoin d’énormes ressources financières. Pour se faire, il s’est attaché les services de nombreux pétroliers et de banquiers de Goldman Sachs. Il peut également compter sur des alliés de poids qui adhèrent pleinement à cette stratégie comme… la Banque Nationale Suisse!

Les investisseurs? C’est justement ce qui fait cruellement défaut au projet Trump. En 2016, les compagnies pétrolières américaines avaient réussi à vendre pour 34,2 milliards $ d’actions. Durant les 9 premiers mois de cette année, le montant grimpe à peine 5,7 milliards $ selon l’agence américaine Dealogic.

                                                                             .

La BNS passe de 2,2 à presque 5 milliards $ d’investissements dans le fossile nord américain!

Dans ses coffres, la Banque Nationale Suisse détient un montant record qui frise les 5 milliards de dollars d’actions dans des entreprises pétrolières, de charbon, d’uranium, de sables bitumineux, de gaz et de pétrole de schiste, basées en Amérique du Nord!

Depuis l’arrivée de Donald Trump en janvier 2017, la Direction de la Banque a encore injecté plus de 400 millions $ pour acheter 10 milliards d’actions dans les entreprises recommandées par le Président Américain.

Les investissements d’énergies sales de la BNS avaient été dévoilés par votre serviteur en juin 2015. Le sujet avait également été soumis aux Assemblées Générales 2016 et 2017 de la Banque, sans qu’aucun Canton Suisse (tous actionnaires de la BNS) ne trouve matière à redire.

Si en décembre 2015, la BNS cumulait 2,270 milliards $ pour 50 milliards d’actions dans ces domaines d’activités, elle arrive, à fin juin 2017, à 90,17 milliards d’actions (+180%) pour un montant de 4,915 milliards $ (+216%).

Suite à la chute des prix du baril de pétrole, les pertes liées aux investissements de la BNS dépassent 1,5 milliards $. La Banque n’a jamais confirmé ou contesté les chiffres présentés.

Il est à relevé que dans sa directive d’investissements, la Banque Nationale Suisse indique ne pas vouloir “investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement”.

Thomas Jordan, Fritz Zurbrügg et Andréa Maechler, les trois membres de la direction générale de la BNS, ont touché au total 2,75 millions de francs de salaire en 2016.

 

Investissements de la BNS dans les entreprises américaines
Pétrole, Charbon, Uranium, Gaz aux USA

Montants en US$

Une Chance : Trump n’est pas Smart

En focalisant sa stratégie sur l’exploitation des énergies fossiles, Trump a pris une décision d’une portée magistrale.

Certes, cette erreur stratégique est une malédiction pour le climat, mais elle offre l’opportunité à la Chine d’imposer son leadership industriel dans les énergies du futur et à l’Europe son intelligence dans les technologies «Smart».


Rêver du rêve américain

Miser sur le charbon et le pétrole sent bon les fabuleuses années 50-60 ainsi que sur la grandeur du rêve américain.

Cependant, depuis 5 ans le charbon a perdu 36’000 postes pour rester sur la barre des 50’000 employés. Au temps de la splendeur du charbon en 1980, les USA comptaient 130’000 mineurs.

Le secteur pétrolier dénombre 187’000 emplois directs avec une tendance à la hausse grâce à la seconde vie du schiste. Le lobby soutient qu’avec les emplois indirects, plus d’un million de personnes sont impliqués dans l’or noir.

Alors que les USA comptent 152 millions d’emplois, on perçoit la légèreté des arguments du président Trump. L’essentiel n’est pas là.

En coulisse Wall Street, Goldman Sachs et les pétroliers se frottent les mains car des fortunes devraient être déversées dans ce jeu de l’avion. Pilier de cette opération, la Banque Nationale Suisse, qui soutient à coup de milliards $ le schiste et le charbon américain.

 

La Chine industrielle. L’Europe de l’intelligence

Au début des années 2000, l’Europe et les USA étaient les moteurs mondiaux du solaire et de l’éolien.

Après la crise de 2008, l’arrivée de Pékin, avec son soutien financier illimité et un protectionnisme assumé de ses industries ont permis à la Chine de baisser ses coûts de production et d’écraser la quasi totalité de la concurrence internationale.

En 10 ans, la Chine a créé plus de 3,5 millions d’emplois dans les énergies renouvelables selon l’Irena (agence des énergies renouvelables). On peut espérer que cette Blitzkrieg aura laissé des traces en Europe et en Suisse pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

Nombre d’emplois dans les énergies renouvelables, en milliers

Source: IRENA

Les nouvelles technologies Smart: La peur des USA

L’histoire se répète aujourd’hui avec les technologies intelligentes où l’Europe et la Suisse possèdent une certaine avance technologique.

Ces outils permettent, par exemple, d’intégrer et de stocker l’électricité des énergies renouvelables dans le mix de production, d’augmenter l’efficience énergétique, d’intégrer la mobilité électrique ou les voitures autonomes. La liste est longue.

Si les USA sont maîtres dans le marketing et la communication, en réalité les PME et start-up américaines «Smart» n’arrivent pas à rivaliser avec l’ingéniosité du Vieux Continent. Peut-être que l’objectif premier des entrepreneurs et des investisseurs, «se faire racheter à prix d’or par Facebook, Amazon, Apple, IBM, HP, Google ou Microsoft», leur fait oublier les besoins de leurs vrais clients.

L’opportunité Suisse et Européenne réside dans la peur du Monde d’avoir maille à partir avec l’équipe Trump. Depuis quelques mois, un mot d’ordre revient constamment. Ne pas stocker ses données aux USA ou collaborer avec une entreprise américaine, de peur de voir ses data décortiquées par Big Brother.

La décision de la semaine dernière renforce encore plus le besoin de se distancier de Washington et de privilégier la prudence.

 

Local is beautiful

A l’opposé des monstres de la Silicone Valley, les mondes de l’internet des objets et du Smart City sont en train de se faire une place auprès des entreprises et des citoyens locaux.

En Suisse, les cantons de Genève, Vaud, Zurich et Neuchâtel sont à la pointe avec une myriade d’entreprises qui offrent des solutions innovantes et souvent surprenantes. Les emplois se créent et le monde académique y voit un débouché pour la jeune génération qui peine à trouver un premier emploi.

De plus ces nouvelles technologies vont aider l’implémentation de la stratégie énergétique 2050 auprès des communautés publiques ainsi que des citoyens qui sont de plus en plus nombreux à y voir leurs avantages.

Donald Trump nous donne une fenêtre d’opportunité de 4 ans. Est-ce la Suisse et l’Europe sauront la saisir et la conserver?

Dans tous les cas, le climat et la planète ont besoin de notre innovation et de notre enthousiasme.

 

 

A voir cette semaine, la conférence:  IoTWeek /Smart City Geneva 2017

 

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
– Suisse: Greenpeace s’invite au Crédit Suisse.
– Russie: Le pays en route sur l’indépendance agricole
– Inde: 1,3 milliard d’habitants dont 50% en dessous de 25 ans
– Iran: Les stocks de pétrole à zéro. Passons aux choses sérieuses
– Trump: 100 jours et déjà le cafard
– Nigeria: Eni et Shell: les mains dans le sac de la corruption
– Angleterre: 1er jour sans électricité au charbon en 130 ans!


Le pétrole va n’importe où, mais pas là où les producteurs veuillent qu’il aille. Il est repassé sous les 50$ et termine le mois à 51,73$ à Londres (52,96$ mars) et 49.33$ à New York (50.35$ mars).

L’uranium se la joue blasé après la hausse de janvier-février-mars. Il redescend à 22.75$ (24,5$ mars).

Photo du mois: le Crédit Suisse investi dans le schiste américain.
Greenpeace intervient durant l’assemblée générale.

OPEP

Le cartel avait l’ambition de diminuer de 1,8 million barils/jour la production mondiale. Mais les chiffres de l’OPEP dévoilent une tendance inverse: + 1,2 million b/j depuis le mois de janvier et un retour au niveau de 2016. Il passe directement sous les 50$, sans passer par le Start et ne touche point de prime.

 

Boule de cristal et Marc de café

Où va le pétrole dans les mois à venir? Voici un très bref inventaire des liseurs d’avenir mais qui n’en savent pas plus que vous et moi.

Citi Bank prédit un baril à 65$ d’ici à Noël.

Goldman Sachs soutient Trump (et vis versa). La pieuvre pense que l’industrie pétrolière va à merveille et que les prix vont gentiment remonter dans les semaines à venir pour le plus grand bonheur du monde de la finance.

Le CEO de Total lit que le pétrole de schiste américain va faire à nouveau couler le prix du baril d’ici à Noël.

Cependant, on peut compter sur certains pays pour apporter un peu de piment aux prévisionnistes.
A) Le Venezuela est sur le point de s’écrouler emportant sa production pétrolière.
B) La Libye fluctue aux envies des milices entre 500 et 700’000 b/j. Elle a les capacités de viser le million de b/j.
C) Le Nigeria devrait extraire 2,2 millions b/j mais se cantonne à un misérable 1,3 million à cause d’explosions, de manque d’électricité et des vols.

Russie

Vladimir Poutine remet en question la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique.  «Le réchauffement a commencé dans les années 1930», selon le maître du Kremelin, lors du Forum sur l’Arctique à Arkhangelsk, dans le Grand nord russe.  De son côté Donald Trump promet de prendre position «d’ici fin mai» au sujet de l’accord de Paris sur le climat. Décidément, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !

Moscou se félicite d’avoir diminué sa production pétrolière de 250’000 b/j avec l’objectif de 300. A vrai dire, la Russie n’a pas eu à faire un gros effort puisque qu’elle partait d’un niveau de production record atteint en octobre 2016 à 11 millions b/j.

L’Américain ExxonMobile, dont l’ancien chef est devenu chef du clan Trump, demande une levée des sanctions américaines à l’encontre de la Russie. Objectif: aider les russes à forer en Arctique. Pour ExxonMobile, l’accès à l’Arctique Russe, qui grâce au réchauffement climatique devient plus facilement accessible, est l’une des rares opportunités de croissance à travers le monde.

De plus, cette partie de l’Arctique est garantie “100% sans écologiste”. La dernière fois que Greenpeace s’était approché d’une barge, l’équipage avait été inculpé de piratage et détenu dans les geôles russes le temps que la leçon soit apprise. Pour l’instant Trump a refusé cette autorisation.

Les sanctions Européennes et Américaines ont permis de démultiplier la production agricole de la Russie. L’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire de ses 146 millions d’habitants d’ici à 2020 est déjà en vue. Grands perdants, les agriculteurs européens.

Moscou a misé sur l’augmentation des subventions aux agriculteurs, des incitations fiscales, des aides de l’Etat et l’autorisation aux étrangers de louer les terres. Ainsi, Poutine se proclame autosuffisant en production céréalière, mais aussi en légumes, volailles, porcs et pour la première fois, les exportations agricoles ont rapporté davantage… que les ventes d’armes, soit environ 15 milliards $.

Infographie: Les Echos

USA

Le jour de son intronisation, une interrogation flottait sur les capacités du personnage Trump à diriger la plus grande puissance nucléaire au monde. L’homme est-il un génial visionnaire au service de la classe moyenne ou un impulsif égocentrique qui favorise sa caste, Wall Street et ses amis? Les 100 premiers jours ont apporté une esquisse de réponse.

Après 100 jours et 14 parties de golf, le président Trump estime avoir sous-estimé l’ampleur de la tâche et qu’il préfère sa vie d’avant. Nous aussi, on préfère sa vie d’avant.

Depuis la première fois depuis 2014, les investissements pétroliers sont à la hausse sur l’île. La production US devrait augmenter de 5% durant 2017.

Le lobby du charbon US demande à Trump que les USA restent à la table des négociations de l’accord sur le Climat de Paris.
Cloud, Peak Energy et Peabody Energy pensent que les USA peuvent mieux défendre les intérêts du charbon en restant dans l’arène. Aussitôt dit, aussitôt-tôt fait: lors du G7 les charbonniers américains ont débuté leur lobby pour dire tout le bien que le charbon procure à la planète.

Le président Trump a signé un décret ordonnant un réexamen des restrictions dans l’exploration et l’exploitation offshore de pétrole et de gaz. «Notre pays a la chance d’avoir des ressources naturelles incroyables, parmi lesquelles des réserves abondantes de gaz et de pétrole offshore“. Le gouvernement Obama avait interdit l’exploration et la production dans 94% de ces zones notamment en Arctique ou au large des côtes californiennes. «Cela prive potentiellement notre pays de milliers d’emplois et de milliards de dollars de richesse» a ajouté Trump.

L’Etat pétrolier du Texas a consommé 25% d’électricité à base d’éoliennes texanes durant le mois de mars.

Le prix moyen de l’essence est de 2,39$ le gallon (3,8 lt). Le seuil de douleur pour l’automobiliste américain est estimé à 3$ le gallon.

Le gaz produit 34% de l’électricité US contre 32% avec le charbon.

La gouverneure Républicaine de l’Oklahoma Mary Fallin a aboli, 3 ans à l’avance, toutes les aides à l’énergie éolienne. L’éolien représente 25% de l’électricité produite dans l’Etat entièrement tourné sur le gaz de schiste. Comme punition, l’Oklahoma Thunder et Westbrook ont été virés des play-off de la NBA.

Dessin Chappatte

Arabie Saoudite

Le Roi Salman bin Abdulaziz a nommé l’un de ses fils le Prince Khaled bin Salman ambassadeur pour les USA. Le roi a également réintroduit les avantages financiers pour les membres du royaume et les militaires. Ces bonus avaient été suspendus suite à la baisse des revenus pétroliers.

Les réserves financières du pays ont fondu de 737 milliards $ en 2014 à 500 milliards aujourd’hui. Forcement, les Ferrari, les Yachts, un gratte-ciel de 1’000m ou la guerre avec le Yémen, c’est dispendieux.

Ryad espère que la vente, de 5% des actions de son champion pétrolier Saudi Aramco, rapporte 100 milliards $.

L’Arabie, le Koweit et Oman ont pu obtenir 24,2 milliards $ sur les marchés financiers internationaux. Le seul espoir de ces pays est que le baril repasse sur la barre des 100$ sinon l’avenir risque d’être compliqué. Dans une première étape, l’Arabie Saoudite, le Koweit et l’Irak aimeraient voir le baril remonter assez rapidement à 60$. Dans cet optique, l’Arabie Saoudite porte presque entièrement les coupes de production pétrolières de l’OPEP.

Le Royaume aimerait développer 30 projets solaires et éoliens pour un montant de 50 milliards $ durant les 10 prochaines années. Le ministre de l’Energie Khalid Al-Falih espère produire 10% de l’électricité d’ici à 2023. Les premières offres proposent la construction de 700 Mégawatts de solaires et éoliens. Le prix du solaire devrait descendre sous les 2 centimes le kWh.

Une piscine un peu particulière à Houston, USA

Europe

Alors que les coûts des installations solaires et éoliennes plongent, Drax Group Plc, Steag GmbH et Uniper SE accélèrent la fermeture de leurs centrales à charbon en Autriche et en Angleterre. Une page se tourne plus rapidement que prévu.

 

France

La Banque Française, BNP Paribas, participe au financement d’un terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz de schiste aux Etats-Unis, d’un coût d’environ 2 milliards de dollars

L’énergéticien français Engie a cédé la totalité de ses actifs dans le gaz de schiste en Grande-Bretagne. Engie a récolté 15 milliards $ d’actifs dans toute la branche exploration et production et n’investira plus sur les opérations de recherche et d’exploitation de gisements de gaz naturel onshore ou offshore.

Les banques sont-elles les faiseurs de Présidents ? Si aux USA, Goldman Sachs est incontournable, en France c’est la Banque Rothschild qui tire son Macron du feu.

 

Angleterre

Le français ENGIE (ex : GDF Suez) a activé une clause qui lui permet de vendre ses parts dans le consortium NuGen à son ancien partenaire Toshiba. Ce consortium devait construire 3 centrales nucléaires Westinghouse AP1000 à Moorside, Angleterre.

Toshiba, propriétaire de Westinghouse, a mis sa succursale américaine en protection de faillite. On comprend immédiatement pourquoi Engie a préféré se débarrasser de cet encombrant projet. Cerise sur le gâteau, Engie recevra un chèque de 138.7 millions $ par Toshiba.

C’est la première fois en 130 ans que l’Angleterre a pu vivre une journée entière (21 avril) sans électricité au charbon. Il y a 2 ans, le charbon représentait encore le 23% de la production électrique contre 9% aujourd’hui.

 

Suisse

Les Suisses devront voter sur une loi sur l’énergie édulcorée par les producteurs d’électricité. Dans les grandes lignes, cela permettra aux suisses de se hâter très lentement en direction des énergies renouvelables. L’autre alternative est de ne rien faire et d’espérer que nos enfants trouveront une solution dans quelques années. Dans les deux cas, les solutions arriveront trop tard et en quantité insuffisantes.

Il débordait d’Energie pour gravir en un temps record les montagnes les plus difficiles. Ueli Steck est décédé dans l’Himalaya.

L’actu suisse est très branchée « Banque » durant ce mois d’avril. Historiquement, le banquier Suisse était réputé pour son éthique et la confiance. Les nouveaux mercenaires arrivés à la tête de ces institutions ont remplacé ces valeurs par celles identifiées dans ce fameux film. A vous de les trouver.

Bande annonce Seven

Le Crédit Suisse a tenu son assemblée générale. Au milieu des bonus décalés et démesurés ainsi que des purges d’employés, Greenpeace a apporté un peu de bonne humeur. L’ONG a souligné la passion du Directeur Tidjane Thiam, pour les énergies fossiles comme le charbon, le pétrole, le gaz et le schiste. En pleine session, une banderole a été déployée pour confirmer l’implication de la banque dans le financement de la construction du pipeline du Dakota du Nord pour plus d’un milliard $.

Greenpeace aurait également pu intervenir à l’Assemblée Générale de la Banque Nationale Suisse. La BNS soutient à bout de bras toutes les formes d’énergies les plus polluantes comme le pétrole et gaz de schiste, les sables bitumineux ou le charbon.

 

Les Amériques

Schiste Américain

Wall Street recommence à déverser de l’argent dans le schiste américain. En fait, les institutions financières comme Goldman Sachs, UBS, Crédit Suisse, Bank of America, JP Morgan, Wells Fargo ou BlackRock incorporent à nouveaux ce genre d’actifs pourris dans des produits structurés.

Grâce à l’augmentation des prix du baril, JPMorgan Chase & Co., Wells Fargo & Co. et Citigroup Inc. ont pu sortir de leurs livres pour 370 millions $ d’actifs de schiste douteux.

La production du Dakota du Nord a repassé sur la barre du million de barils/jour. La production est transportée par camions-citernes.

L’industrie pétrolière, notamment de schiste, clame à tout va que les innovations technologiques permettent de se satisfaire d’un baril à 50$. En fait, la raison principale de la baisse des coûts est que les entreprises de services travaillent à la limite ou en-dessous de leurs marges. Elles espèrent rester en vie jusqu’à ce que le baril remonte.

Le pipeline Keystone XXL, qui a reçu l’aval du Président Trump, fait face à une fronde plutôt coriace notamment au Nebraska. Une marche de protestation aura lieu la veille de la présentation publique le 3 mai.

 

Dessin Chappatte

Venezuela

La situation semble sur le point de basculer. Après de longs mois de quasi famine, la population n’a plus que la violence pour survivre et sortir de la crise. Plus de 30 personnes sont décédées lors des manifestations contre le régime du président Maduro.

En plus des problèmes civils et de nourriture, le gouvernement fait face à une montagne de dettes et de prêts qui arrivent à terme. Dans ses poches, Caracas n’aurait plus que 10 milliards $ dont 7 milliards en or. Dans les 8 prochains mois, le pays doit rembourser 6 milliards $ et plusieurs milliards de dettes privées.

Le constructeur automobile General Motors a décidé de fermer son usine et de se séparer de ses 2’700 employés. Ironiquement, le Venezuela avait contribué à hauteur de 500’000$ à la cérémonie d’intronisation du Président Trump dans l’espoir de recevoir un traitement de faveur.

Membre de l’OPEP, le Venezuela est un grand producteur pétrolier. Son effondrement pourrait retirer plusieurs millions de barils sur les marchés. Combien de temps faudra-t-il aux créanciers russes et chinois pour remettre la production sur les rails et quelle sera l’influence sur les cours mondiaux ?

Il n’y a plus d’information sur les quantités de pétrole exportées. Le brut est stocké dans des tankers de plus en plus nombreux. Les eaux des ports sont tellement souillées de pétrole que bateaux doivent être nettoyés avant de partir en haute-mer en direction de la Chine qui importe la quasi totalité des exportations. Même ce service est en panne et compte plusieurs mois de retard.

 

Argentine

ExxonMobil va débuter ses explorations de pétrole de schiste dans la formation de Vaca Muerta dans la province de Neuquen. Le premier forage devrait atteindre 2’500 à 3’000 m. de profondeur.

Exxon a déjà dépensé 750 millions $ pour ce projet.

 

Canada

Les compagnies pétrolières canadiennes adorent le sable bitumineux de l’Alberta. Si en 2006, elles étaient 6, elles sont aujourd’hui 20 à se partager la production alors que de nombreuses entreprises étrangères ont quitté les lieux.

Le président Trump propose de taxer le bois canadiens de 3 à 24% sous prétexte que le gouvernement canadien subventionne les exploitants forestiers. Le marché est évalué à 4,6 milliards $ et compte 145’000 emplois canadiens. Le Canada a annoncé qu’il allait combattre cette taxe douanière.

 

Brésil

Après le scandale de corruption par l’entreprise pétrolière Petrobras, c’est au tour de l’entreprise de construction Odebrecht de démontrer les avantages de la solution.

Notamment active dans la construction de barrages hydroélectriques, Odebrecht a copieusement arrosé tous ceux qui pouvaient potentiellement se mettre au travers de sa route. La liste de petites enveloppes est impressionnante. Elle remonte jusqu’au Président Michel Temer, passe par les élus locaux, les membres des syndicats et des opposants.

 

Asie

Chine

La stratégie gouvernementale « Made in China 2025 » est en train d’être déployée à large échelle dans des domaines stratégiques comme l’énergie, les batteries ou les énergies renouvelables. Par ce biais, Pékin se saisit délibérément des technologies qu’elles ne possèdent pas encore soit par des achats d’entreprises ou des brevets soit par la copie ou le vol de données avec le soutien de l’Etat. De nombreuses PME Suisses et Européennes en font les frais. Est-ce si compliqué de ne pas y aller?

Suite à la visite du Roi Salmon d’Arabie Saoudite, la Chine serait intéressée d’acquérir une partie des actions de l’entreprise pétrolière Saudi Aramco. L’Arabie évalue sa pépite à 2’000 milliards $ ce qui semble pousser le bouchon un peu loin. On peut faire confiance aux chinois pour négocier tout ça.

La Chine a lancé son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et réalisé dans le pays. Pékin a annoncé en début d’année une hausse de 7% de son budget militaire à 143 milliards d’euros. Si la Chine a multiplié par 10 son budget de défense en 15 ans, il reste loin derrière celui des Etats-Unis, qui atteint 575 milliards d’euros.

Le PIB chinois serait remonté à 6,9% durant les 3 premiers mois (6,7% en 2016) bien que les statistiques procurées par Pékin ne brillent pas toujours par leur véracité

La production pétrolière chinoise aurait baissé de 6,8% durant les 12 derniers mois. L’augmentation des importations de pétrole bon marché a remplacé une partie de la production locale un plus onéreuse.

Ford Motor Co annonce un énorme plan pour lancer sa Mondeo plug-in hybrid avec un nouveau SUV électrique de 400 km. La firme de Détroit espère que la Chine va ingurgiter 70% de ses voitures électriques. L’objectif est ambitieux surtout avec la stratégie Made in China 2025 dont l’objectif est de s’emparer du marché de la voiture électrique.

 

Inde

La population indienne a augmenté de 1,2% en 2016 (+0,54% Chine).

La population indienne devrait dépasser le nombre de chinois d’ici à 2022. Lors de l’indépendance indienne en 1947, le pays comptait 330 millions d’habitants contre 1,3 milliards aujourd’hui dont le 50% à moins de 25 ans !

 

Corée du Nord

La Corée du Nord dépend à 90% de la Chine pour ses importations de carburants. L’arrêt de ces importations pourrait facilement paralyser le pays.

La Chine a cessé ses importations de charbon de la Corée du Nord ce qui prive le pays de revenus importants.

Moyen Orient

Irak/Syrie

L’indépendance du Kurdistan est une priorité depuis la fin de l’Empire Ottoman il y a plus de 100 ans. Aujourd’hui les Kurdes aimeraient planifier un référendum auprès des Kurdes de Turquie, Syrie, Irak et d’Iran. Inutile de dire que tous ces pays n’ont pas l’intention de laisser ces territoires et le pétrole qui s’y trouve, partir dans un nouveau pays.

Bagdad espère atteindre 5 millions b/j d’ici à la fin de l’année (+600’000) même si le pays tente de respecter la demande de l’OPEP qui limite sa production à 4,5 millions b/j. On devrait y voir plus clair une fois que Mossul tombera et que les Kurdes, qui contrôlent le pétrole du Nord du pays, feront part de l’envie de créer un pays.

Le pétrole et le réchauffement climatique impliqués dans la guerre en Syrie. A lire.

 

Iran

Les russes vont réaliser 2 centrales nucléaires de 1000 MW. La construction va débuter prochainement.

Le gouvernement iranien réalise que leur viabilité à long terme ne peut reposer sur le pétrole et le gaz. Depuis la levée des sanctions, les exportations hors pétrole-gaz ont augmenté de 30%, mais les chiffres de départ sont relativement bas.

Les exportations pétrolières iraniennes ont diminué à 2,35 millions b/j (2,41 en février) alors que le pays continue de puiser dans les réserves de 30 millions de barils accumulées sur ses tankers pétroliers durant les sanctions. Téhéran pourrait avoir terminé ce processus et ne va pouvoir compter que sur sa production actuelle pour générer du cash. Les prochains mois donneront une indication sur la capacité iranienne à extraire son pétrole.

Pas de nouvelle sur de nouveaux accords avec des majors pétrolières étrangères pour développer la production locale.

L’élection du nouveau président aura lieu durant le mois de mai.

Le constructeur américain Boeing va vendre 60 avions 737s dès 2022. C’est la première fois depuis l’arrivée de Donald qu’un accord entre américain et iranien est annoncé.

L’astuce du mois. Si vous désirez visiter l’Iran (tourisme ou business), vous pouvez obtenir une copie de votre passeport. Ce passeport bis pourra être utilisé pour visiter l’Iran et les autres pays de la région. Ainsi vous ne serez pas bloqué si vous devez aller aux USA après votre voyage en Iran. Vous connaissez les types de l’immigration américaine aux aéroports : difficile de faire plus sympa et aimable.

Afrique

Nigeria

Shell et l’italien ENI ont toujours écarté toute idée de corruption envers le gouvernement afin d’extraire l’or noir du pays. A l’image de Fillon, ce comportement fait beaucoup rire. Cependant les dirigeants des deux entreprises ont un peu moins le sourire depuis que leurs e-mails ont été publiés et ont révélé l’ampleur des malversations. C’est la cours de Milan, Italie qui va devoir dire s’il y a eu des combinaziones ou pas.

De son côté, le directeur général et son directeur juridique d’Addax Petroleum basé à Genève, propriété du Chinois Sinopec depuis 2009, ont été interpellés par la justice Suisse. Plus de 20 millions de dollars de frais juridiques seraient allés à des conseillers au Nigeria et aux Etats-Unis et 80 millions ont été payés à une société d’ingénierie pour des travaux de construction au Nigeria.

Pour Deloitte, le volume de cette transaction est louche. Selon des lanceurs d’alerte internes et externes qui ont contacté Deloitte, les versements ont pu profiter à des responsables gouvernementaux et des membres de la direction d’Addax Petroleum.

 

Libye

La production joue au yo-yo au grès des attaques des milices et de la fermeture des pipelines. 490’000 barils/jour ont été extraits en mars.

Le Général Haftar a évoqué avec la Russie la possibilité d’établir une base militaire russe en Libye. Mais cette probabilité est écartée pour l’instant. La présence de conseillers militaires semble être une option plus légère et acceptable dans la géopolitique mondiale actuelle. Mais la Russie garde l’espoir que le Général puisse augmenter son influence sur le pays.

 

Afrique du Sud

Le gouvernement donne son feu vert au développement du gaz de schiste dans la région de Karoo. Selon les études préliminaires, il y aurait jusqu’à 16 trillions m3 de gaz de schiste récupérables dans en particulier dans les provinces de l’Est, du Nord et de l’Ouest du Cap.

L’Afrique du Sud disposerait, selon l’administration américaine de l’Energie, de 11’000 milliards m3 techniquement récupérables de gaz de schiste. Mais l’agence ne précise pas la quantité de gaz financièrement récupérable.

 

Phrases du mois

« Suivez la piste de l’argent, certes. Mais suivez aussi celle des mensonges. Quand le mensonge se combine au secret, nous avons une bonne feuille de route devant nous »  Carl Bernstein,  ancien journaliste qui a révélé le Watergate.

The future is foreign markets, so the last thing you want to do if you are a coal company is to give up a U.S. seat in the international climate discussions and let the Europeans control the agenda. The USA can’t afford for the most powerful advocate for fossil fuels to be away from the table.” Coal Lobby USA

Per Magnus Nysveen, head of analysis, Rystad Energy: Last year, 10 billion barrels of oil were discovered, around one third of global consumption, including well-appraisal activity. The supply could fall short by up to 2 million barrels per day within seven to eight years.

It’s clear that wind energy’s time has come. My message is a very simple one: our government is committed to addressing climate change, and we know that wind power will play a critical role in those efforts.
Canadian Natural Resources Minister Jim Carr.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Climat – Energie: Si Trump s’inspirait de l’Europe?

donald-trumpAlors que les programmes énergétiques et environnementaux du prochain président élu américain, Donald Trump, sont toujours inconnus, les spéculations vont bon train. Des pistes sont évoquées, mais rien n’est officiel.

En attendant que le Président Trump dévoile son plan, que se passerait-il, s’il s’inspirait de certaines actions menées en Suisse et en Europe ?

 

En Suisse

La Banque Nationale Suisse a déversé plus de 3 milliards $ pour soutenir les entreprises américaines actives dans le charbon, les sables bitumineux, le pétrole et le gaz de schiste.

Depuis la COP21 de Paris sur le Climat et l’annonce de la participation Suisse, la Confédération Helvétique n’a pas encore initié la moindre stratégie. Rien, nada “comme s’il serait préférable que ce dossier dorme” se plaignent les fonctionnaires en attente d’une direction.

Si en 2012, un élan prometteur dans les technologies propres “cleantech” fleurissait, l’organe officiel de la Confédération, Cleantech Switzerland, est passée de vie à trépas comme d’ailleurs la quasi-totalité des initiatives cleantech cantonales. En 2016, seul CleantechAlps survit à cette razzia. Le peuple a enfoncé le clou en enterrant l’initiative Cleantech 2050 lors de la votation de juin dernier.

La Confédération Suisse a mandaté les pétroliers pour diminuer la consommation de carburants et de fioul. Le système installé est tellement abracadabrant que des millions inutilisés dorment dans les coffres de la Fondation Klik de l’Union Pétrolière Suisse. Même s’il paraît logique de confier la construction d’une usine à gaz à des pétroliers, c’est un peu comme demander au renard de s’occuper du poulailler.

 

Et en Europe

Les premières importations de gaz et de pétrole de schiste sont arrivées en Europe par tankers. Avant 2016, les importations de schiste étaient interdites.

Dans son accord avec le Canada (CETA), l’Europe va autoriser les importations de pétrole des sables bitumineux.

L’accord promulgué par Bruxelles autorise également les entreprises canadiennes à venir explorer le sol européen à la recherche de gaz et de pétrole de schiste.

 

Des Idées pour Trump

Ainsi, si le président élu Trump devait s’inspirer des exemples ci-dessus, il pourrait :
– demander à ExxonMobil et Chevron de mettre au point une stratégie pour diminuer la consommation de carburants et de protéger le climat
– prier la Banque Fédérale Américaine de déverser des milliards pour soutenir le charbon, le pétrole et le gaz
– encourager les ventes de pétrole de schiste et construire un pipeline pour amener le pétrole bitumineux du Canada dans son pays
– développer les exploitations de schiste.

 

Effet Miroir

Comme l’effet miroir, les défauts qui nous dérangent le plus chez un ami, ce sont les défauts que nous avons.

Serait-il possible que ce qui nous gêne dans les probables plans climatiques et énergétiques de Trump, c’est qu’ils mettent le doigt sur les problèmes que nous n’avons pas encore réglés et qui trainent dans nos chaussures comme des grains de sable ?

Le jour où le président élu Trump dévoilera son plan, avant de bondir ou de tomber de notre chaise, il serait peut être opportun de regarder le chemin qui nous reste à parcourir et de se demander: c’est grave Docteur ?

Energies et Economie: Revue Mondiale Mai 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Inde: Le pays avale de plus en plus de pétrole
– USA: 14 entreprises font faillites dans le schiste en avril
– USA: 1 million d’installations solaires à travers le pays
– Arabie Saoudite: changement du Ministre du Pétrole
– Brésil: Dilma Roussef éjectée pour couvrir le nouveau président?
– Monde: 383 milliards $ de dettes pour les majors pétrolières
– Nigeria: Le pays est sur le point de s’écrouler.

 

Le pétrole imite la petite bête et il monte, monte, monte!  A New York nous le retrouvons à 45.92$ le baril (45.92$ fin avril) et à Londres 48.13 $ (48.13$ à la fin avril).

L’uranium ne sait pas quoi faire. Le voilà qu’il remonte un peu et passe discrètement à 28.50$  (27.5$ à fin avril 2016).

 

Monde

Selon Graves & Co, 351’000 emplois ont disparu dans le monde pétrolier depuis juin 2014. 152’000 dans l’exploration, 80’000 dans l’extraction et 52’000 dans les forages.

Les 15 plus importantes majors pétrolières européennes et américaines accumulent 383 milliards $ de dettes à la fin mars 2016 (97 milliards $ en mars 2015).

L’Agence américaine de l’Energie  (EIA) ne voit aucune limite à la croissance. Un pareil optimisme fait plaisir à voir! Dans son Energy Outlook 2016, l’EIA prévoit une augmentation de 48% de la consommation énergétique d’ici à 2040 (par rapport à 2012). Le pétrole devrait augmenter de 35%, le gaz de 75%, charbon de 18%, le nucléaire 50% et le renouvelable +50%. L’enthousiasme de l’EIA doit être tempéré par sa capacité à fournir des estimations traditionnellement… erronées.

Dessin Chappatte

Le Vieux Continent

France

Ségolène Royal aimerait interdire les importations de gaz de schiste made in USA  ainsi que le gaz liquéfié qui contient 40% de ce gaz à l’extraction très polluante.

Le gouvernement a proposé de payer 100 millions d’euros de dédommagement à EDF pour la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire française. EDF crie au scandale et espérait 2-3 milliards €. Le chiffre final se trouvera quelque part entre les 2. Paradoxalement, l’Etat français possède 85% d’EDF ! Donc l’Etat se versera de l’argent pour appliquer sa décision.

 

Suisse

L’assemblée de la Banque Nationale Suisse a été chahutée. La questions des investissements douteux dans le gaz de schiste, le charbon et le pétrole américain a été abordé par des actionnaires.

Démocratiquement, le président de la BNS, Jean Studer, a balayé de la main l’interpellation sans même y répondre, c’est dire si le sujet fâche! Même les Cantons Suisses, actionnaires majoritaires, n’ont pas bronché alors que plusieurs centaines de millions de francs ont été perdus dans l’aventure.

 

Angleterre

Le géant français EDF hésite toujours à investir 25 milliards € pour la construction de 2 centrales nucléaires de type EPR sur le sol anglais. Bien que le ministre Macron ait annoncé son feu vert, les syndicats et le personnel attirent l’attention sur les risques liés à la construction et aux retards possibles.

 

Hollande

Shell va couper 2’200 emplois supplémentaires. L’entreprise a besoin d’un baril à 70$ pour couvrir ses frais d’investissements (capex).

 

Allemagne

Les actions du géant de l’énergie E-on / Uniper ont chuté après que l’entreprise a annoncé qu’elle devra emprunter pour payer le traitement de ses déchets nucléaires. E-on avait provisionné 8 milliards € et devra rajouter 2 milliards supplémentaires. Les 4 grands propriétaires de centrales nucléaires allemands devront contribuer à hauteur de 23,3 milliards € et à un montant inconnu pour démanteler leurs centrales.

 

Le Nouveau Continent

USA

Un million d’installations solaires ont généré 27 GigaWh en 2015 ce qui représente le 1% de la consommation du pays. Cette année 16 GWh devraient être mis en ligne. L’objectif est de grimper à 100 GWh d’ici à 2020. Selon le prochain Président, cet objectif pourrait être ambitieux, ou pas.

Donald Trump a choisi Kevin Kramer afin de l’aider dans sa politique énergétique. Le brave homme du Dakota du Nord est connu pour ses positions contre le réchauffement climatique et un chaud partisan du pétrole et du gaz. Kramer souligne les dangers des investissements étrangers dans les actifs énergétiques américains  ainsi que les réglementations environnementales. Tout un programme !

Le hollandais Shell, l’italien Eni, le norvégien Statoil et l’américain ConocoPhillips ont renoncé à renouveler leurs licences au gouvernement US pour exécuter des forages en Arctique.

Durant les 5 à 10 prochaines années, 15 à 20 centrales nucléaires pourraient fermer aux USA pour cause de rentabilité insuffisante. Le pays en possède une centaine.

Schiste

Selon Haynes and Boone, de Dallas, en avril, 14 compagnies pétrolières ont demandé la protection du chapitre 11 sur les faillites pour des dettes dépassant les 15 milliards $. Elles étaient 7 au mois de mars pour 1,9 milliards $.

Voici une liste des faillites les plus importantes. Si vous avez des actions dans ces entreprises, well:  SandRidge Energy Inc, Swift Energy Co, Samson Resources Corp et American Eagle Energy Corp Co. Penn Virginia, une entreprise vieille de 134. Le producteur pétrolier et gazier et laisse une casserole de 1 milliard $ dans les mains des actionnaires.
Linn Energy part également en faillite avec une dette de 8,3 milliards $ et a trouvé 2,2 milliards $ de refinancement.
Si comme la Banque Nationale Suisse, vous avez parié sur Penn Virginia et Linn Energy, vous aurez fait un carton plein.

Halcon Resources Corp part également en faillite. Total de la perte : 1,8 milliards $.

Pour la route, en voici encore deux:  Pacific Exploration & Production avec 5,3 milliards $ perdus.
Osage Exploration and Development est un petit joueur avec seulement 43 millions de pertes.

Le Texas constate que les forages horizontaux fracturés par des injections de sables, eaux et produits chimiques contaminent l’eau des nappes phréatiques avec une variété de métaux lourds et de produits chimiques dont les quantités évoluent avec le temps.

Canada

Les incendies à Fort MacMurray ont retiré 1 million de barils/jour des sables bitumineux. Le réchauffement climatique (forte température, sécheresse) est le premier suspect pour expliquer cette catastrophe qui a vu l’évacuation de 90’000 personnes. La production pourrait retrouver sa cadence normale durant l’été.

 

Brésil

Dilma Rousseff a été écartée du gouvernement pour une période de 6 mois. La compagnie pétrolière nationale Petrobras se débat toujours dans une situation économique non prévue lors du choix de Rio aux Jeux Olympiques.

Le nouveau Président Temer pourrait avoir renversé Dilma afin de se protéger et de protéger son parti des problèmes de corruption avec l’entreprise pétrolière nationale PetroBras. Déjà deux ministres ont dû démissionner de son gouvernement dont le Ministre de la Corruption!

Venezuela

Le pays est sur la voie de l’effondrement et il est difficile d’envisager le maintien de la production pétrolière qui représente la quasi-totalité de son budget.

Asie

Chine

Par semaine, 83 supertankers contenants 166 millions de barils de pétrole entrent dans le pays. Cette quantité semble dépasser les besoins de la Chine et sert à remplir ses réserves stratégiques.

Pékin a de la peine à passer du gaz au charbon car le gaz coûte 3 fois plus que le charbon. Les problèmes de pollution pourraient persister.

 

Inde

L’Inde est la nouvelle Chine. Les ventes de pétrole ont augmenté de 10% en avril (en comparaison avec avril 2015). La demande de carburant a augmenté de 11% durant les 12 derniers mois.

L’Inde est sur le point de ravir au Japon la 3ème place sur le podium des plus grands importateurs de pétrole derrière les USA et la Chine avec 4,39 millions b/j.

Record de chaleur battu en Inde : 51 degrés à l’ombre. Et nous ne sommes pas encore en été.

https://youtu.be/c1JEJpWhbU4
51 degrés en Inde, le goudron fond

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Ministre du pétrole depuis 20 ans, Ali al-Naimi a été remplacé par Khalid al Falih le CEO de l’entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco.

Les nouvelles constructions sont en baisse de 50% dans le pays et provoquent le chômage de milliers d’employés étrangers. Pendant que le fils du Roi le Prince Mohammed, 30 ans, prend de plus en plus de place au sein du gouvernement, certains membres de la famille royale se posent des questions.

Comme les iraniens, les saoudiens font également face à l’augmentation des températures qui nécessite de plus en plus de pétrole pour pouvoir survivre durant l’été.

 

Emirats Arabes Unis

Un nouveau record va être battu à Dubaï ou une offre à 2,99$ le kWh solaire a été gagnée -15% par rapport à l’ancien record détenu par Mexico. L’installation est gigantesque avec 800 MW, mais à ce prix là, il doit y avoir pas mal de bidouillages financiers.

 

Iran

Les iraniens sont en train d’exploser les compteurs. Les exportations de pétrole pour mai atteindraient 2,1 millions b/j (+60% 1,3 million b/j en mai 2015). Les ventes pour l’Europe représentent 400’000 b/j ce qui représente la moitié des livraisons d’avant les sanctions. La rapide augmentation des exportations montre que Téhéran a trouvé des tankers qui veulent bien prendre son pétrole.

 

Irak

La production pétrolière de Basra, Sud du pays, reste constante à 3,3 millions b/j. et à 4,5 millions nb/j pour tout le pays.

L’optimiste ministre du pétrole espère augmenter la production à 6 millions b/j d’ici à 3 ans. Les coupures électriques et les conditions politiques du pays pourraient en décider autrement. Les habitants de Basra demandent de l’eau, de l’électricité et du travail. Ils ont été dispersés par les forces de sécurité en faisant des morts.

 

Koweit

Le pays planifie des investissements de 42 milliards $ d’ici à 2022 pour augmenter sa production pétrolière, améliorer ses raffineries et explorer des projets de carburants propres. Le tout est certainement pour répondre à la COP21 de Paris.

Le deuxième Etat le plus riche du Moyen-Orient répond à sa manière à la crise pétrolière en injectant du cash dans l’économie ce qui réjouirait l’économiste Keynes. Le premier ministre Anas Al-Saleh poursuit la stratégie inverse de l’Arabie Saoudite.

Afrique

Libye

Le pays fait des progrès dans l’exportation de pétrole. La National Oil Company peut utiliser le port de al-Hariga et espère ouvrir le port de Ras Lanuf et Es Sider. Les exportations pourraient passer de 100’000 à 300’000 b/j.

 

Nigeria

Avec le Venezuela, le Nigeria fait figure d’épouvantail parmi les pays producteur de pétrole de l’OPEP et leurs productions pourraient s’écrouler.

Les attaques du groupe Niger Delta Avengers contre les installations pétrolières sont devenues quotidiennes. L’objectif est de stopper la production pétrolière dans le pays qui touchait les 1,6 million b/j. Les barges en haute mer, qui représentent le 50% de l’exploitation, ne sont pas touchées.

Les pénuries d’essence continuent et l’Etat doit importer la quasi-totalité de sa consommation, ce qui est paradoxal pour le plus grand producteur de pétrole d’Afrique.

 

Phrases du mois

Il est clair que les véhicules électriques sont le futur. Une transition du pétrole est une évolution naturelle et c’est notre objectif de l’encourager le plus rapidement possible” Simon Bridges, New Zealand’s Energy and Transport Minister

Bruce Zagaris, Berliner, Corcoran & Rowe, Washington: “Les comptes financiers offshore américains sont bien plus important que l’imagine les gens. Les USA sont déjà la plus grande place offshore du monde. Ils ont réalisé un excellent travail pour annuler la compétition des banques suisses.”

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète

 

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Inde: sur les traces énergétiques de la Chine
– USA: Tesla renonce à ses grandes batteries maisons
– Arabie Saoudite: ça devient rock&roll
– Monde: 200 tankers pétroliers bouchonnent les ports
– Venezuela: Après le pétrole, le manque d’électricité menace
– Nigeria: L’armée postée devant les stations d’essences

 

Après l’échec de la conférence de Doha sur le gel de la production de pétrole, le baril est étrangement remonté comme vous avez pu le voir dans votre station d’essence préférée: à New York, 45.92$ le baril (38.32$ mars) et à Londres 48.13 $ (39.26$ à la fin mars).

Pour fêter les 30 ans de Tchernobyl, l’uranium descend les escaliers quarte par quatre:  27.5$  (29.15$ à fin mars 2016).

 

Monde

Il y aurait 200 millions de barils stockés dans 100 à 200 tankers pétroliers qui se trouvent en attente dans les ports du monde entier. Imaginez un bouchon de 75 km de bateaux. Les ports du Moyen Orient sont particulièrement congestionnés par des tankers qui patientent plusieurs semaines avant d’être chargés. L’encombrement est tout aussi important en Chine, mais cette fois pour le déchargement.

La dette mondiale de l’industrie pétrolière se monte à 3’000 milliards $ dont 1’000 milliards $ dans des projets non rentables. Goldman Sachs pense que 2/3 es 400 plus grands projets mondiaux ont besoin d’un baril à 70$ pour être rentable. Si vous ajoutez à l’équation la quantité de CO2 contenue dans ces projets non rentable, est-ce que le jeu en vaut la chandelle? De plus en plus d’investisseurs désinvestissent des énergies fossiles et le charbon semble être la première victime aux USA, en Chine et en Europe.

Un rapport publié par l’AAPG anglais (All-Party Parliamentary Group) pense que le peak oil sera atteint en 2025 et prévoit l’effondrement de l’économie dû à l’épuisement des ressources. A part cette annonce un tantinet dépressif, le rapport a le mérite de pointer du doigt le fait que le risque d’effondrement ne repose pas sur l’épuisement des ressources mais sur le fait qu’il devient de plus en plus onéreux d’extraire des matières premières de moins en moins bonne qualité.

175 pays se sont réunis à New York pour signer l’accord sur le climat. Les 3 premiers mois de 2016 ont été de loin les plus chauds depuis le début des mesures il y a 136 ans.

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Europe

L’Europe est noyée dans une surproduction de diesel. N’allez pas penser que les constructeurs automobiles ont réussi à concocter des véhicules diesel peu gourmands. Après les Allemandes, c’est au tour de Nissan d’avouer une tricherie lors des contrôles.

Angleterre

Le géant pétrolier BP s’est fait chahuter lors de sa traditionnelle Assemblée Générale annuelle. L’augmentation de salaire de son CEO, Bub Dudley, qui voit son chèque passer de 16,4 à 20 millions $ a été remis en question par les actionnaires alors que l’entreprise a perdu 5,2 milliards $ en 2015. C’est ballot de s’offrir une augmentation de 20% alors que vous devez licencier des milliers d’employés pour diminuer vos coûts. In fine, l’obole est passée.

 

France

L’Etat doit injecter 3 milliards d’euros pour la recapitalisation d’EDF d’ici à février 2017. Pour Areva, l’augmentation de capital est chiffrée à 5 milliards d’euros des français soit 285 € par ménage ou une augmentation de 6,5 centimes € le kWh. Comme cela passe via les impôts, la France peut toujours se targuer d’offrir des factures d’électricité allégées en comparaison européenne.

Paris a vécu son premier Grand Prix de Formule E (voiture électrique). Une formule E consomme au maximum 56 kilowattheures (kWh) en course avec une puissance du moteur limitée à 200 kW. Belle évolution depuis les débuts du championnat.

 

Suisse

La Banque Nationale Suisse a vécu une Assemblée Générale mouvementée. Parmi les questions des actionnaires, les investissements dans le schiste américain ont été soulevés. Pour l’instant, la question est balayée d’un revers de main, mais devant l’impopularité de ces investissements, les Cantons actionnaires vont devoir réagir surtout que la Banque a déjà perdu plusieurs centaines de millions $ et la facture finale pourrait avoisiner le milliard et demi.

GreenPeace lance une pub originale contre les vieilles, très vieilles centrales nucléaires suisses. Un énorme panneau de signalisation a été créé dans un champ à l’approche de l’Aéroport de Zürich.

2016_04_Beznau_GreenpeaceLe plus vieux réacteur nucléaire au monde: 22 km

Russie

La Russie a encore augmenté sa production pétrolière à 10,91 millions b/j en mars. Ce chiffre pourrait marquer le pic de production du pays, mais depuis le temps que je le dis, je commence à vraiment avoir l’air bête! Ils sont vraiment taquins ces russes.

Le rouble a repris des muscles et remonte à 66 roubles pour 1$ (80 il y a quelques mois). L’économie devrait mieux s’en sortir cette année mais les investissements étrangers font défauts et les dépenses en Syrie n’aident pas.

Les efforts de Moscou, pour doubler la capacité du gazoduc Nord Stream qui transporte le gaz de la Mer Baltique en Europe de l’Ouest, rencontrent l’opposition de l’Europe qui aimerait diminuer sa dépendance envers la Russie.

 

Hollande

Ben van Beurden, CEO de Royal Dutch Shell, a perçu 24,2 millions € en 2014 et seulement 5,6 en 2015 car l’entreprise est à la peine.

ExxonMobil et Royal Dutch Shell ont dépensé 115 millions $ par an pour obstruer les politiques de changement climatique selon Influence Map

2016_04_Depense_Lobby_ClimatPour voir le graphique

Les Amériques

USA

Le lobby pétrole, gaz, pétrole du pétrole ont contribué à hauteur de 5.3 millions $ à la campagne d’Hillary Clinton. Sur les 57 entreprises, 43 ont donné le montant maximum autorisé par le règlement américain.

Le Département de la Justice américain pourrait empêcher la fusion entre Haliburton et Baker Hughes pour des raisons monopolistiques.

Discrètement, Tesla a retiré de son catalogue sa batterie de stockage d’énergie solaire de 10 kWh pour les particuliers. Trop compliqué ou trop cher? Pas de réponse d’Elon Musk. Par contre la batterie de 7 kWh est sur les rails.

Schiste américain
Alors que les faillites continuent, les entreprises possèdent de nombreux puits forés mais pas encore en exploitation. En faillite, mais sous la protection du Chapter 11 qui protège des créanciers, cela vaut toujours le coup de tenter sa chance et d’exploiter un puits. Avec la quantité d’argent reçu par Wall Street et les grandes banques/fonds comme UBS, Wells Fargo, JP Morgan, Bank of America, BlackRock les entreprises sont assises sur des montagnes d’argent.

Halliburton va couper 6’000 postes.

Schlumberger a déjà sabré 36’000 emplois depuis juin 2014 et ça continue.

 

Canada

PetroChina va débuter l’exploitation de sables bitumineux à MacKay River dans l’Alberta. Le projet avait été lancé quand le baril frisait les 100$. Pour l’instant, l’extraction tourne au minimum pour ne pas trop perdre d’argent surtout que 3,9 milliards $ ont déjà été engloutis.

Le Canada a exporté 3,2 millions b/j aux USA en 2015 (+10%) alors que les USA importent 7,4 millions b/j. Washington est encore assez loin de l’indépendance énergétique.

 

Mexique

Le Gouvernement va injecter 4,2 milliards $ dans son champion pétrolier Pemex afin de payer les retraites des employés. La 8ème majors pétrolière mondiale se trouve dans une situation délicate avec la chute des prix et l’assèchement des gisements qui réduisent ses revenus. Pemex reporte une perte de 32 milliards $ en 2015.

 

Brésil

La présidente Roussef a été priée de regarder les Jeux Olympiques à la maison. Certains annoncent un coup d’Etat et pointent du doigt les USA qui voient d’un bon œil un revirement à droite de l’Amérique Latine. Ce qui est sûr c’est que le Président ad’interim, Michel Temer, possède lui aussi des casseroles via la compagnie pétrolière PetroBras.

Statoil (Norvège), Repsol Sinopec Brasil (Chine) et Petrobras ont réussi leurs forages dans le bassin de Campos. Le consortium pourra extraire 4’000 barils par jour en passant à travers l’épaisse couche de sel des profondeurs de l’Océan. A cette profondeur et à travers le sel qui détruit les instruments de forage, c’est à la fois une prouesse technologique et un gouffre financier.

 

Venezuela

Le pays est financièrement le plus mal en point de tous les pays de l’OPEP. La grande partie des 2,3 millions b/j extraits sont exportés vers la Chine pour rembourser la dette détenue par Pékin.

L’inflation devrait atteindre les 500% en 2016.

Le barrage hydraulique Guri n’a plus que 2 m d’eau au-dessus de ses turbines et les coupures d’électricité pourraient paralyser le pays. Le président Maduro a imposé une coupure de 4h par jour dans 10 des 23 Etats du pays. La surproduction du barrage serait la cause et s’il ne devait plus produire, une grande partie du pays serait concernée. Un pays sans électricité ne peut plus fonctionner normalement pendant bien longtemps.

2016_04_TTIP_MickeyLe traité TransAtlantique TTIP – TAFTA entre les USA et l’Europe

Asie

Chine

Bien qu’en baisse de 4,5%, la production chinoise de charbon s’est élevée à 294 millions de tonnes en mars. Durant le premier trimestre 2016, la Chine a produit 1’355 milliards kWh et 77% à base de charbon.

La Russie est devenue le plus grand fournisseur pétrolier de la Chine avec 1.09 million b/j pour 1.03 pour l’Arabie Saoudite.

Saurez-vous compléter la suite de la série? Le PIB chinois des 7 derniers trimestres selon Pékin : 7,1% ;  7,2% ;  7,0% ; 7,0% ; 6,9% ; 6,8% et 6,7%.

La consommation d’électricité a augmenté de 1,8% durant les 12 derniers mois au lieu de +10% dans lors périodes précédentes.

 

Inde

Niveau consommation d’énergie, l’Inde est la nouvelle Chine. Tous les indicateurs sont à la hausse, y compris ceux de l’économie.

Le pays a importé +6,7% de pétrole en 2015 et consomme 4,05 millions b/j. Les nouvelles voitures économiques et l’électrification sont en train de faire exploser la demande de pétrole dans le pays.

L’Inde aimerait investir 20 milliards $ dans l’industrie énergétique iranienne afin d’importer du pétrole et du gaz avec des conditions favorables. On se réjouit de voir les négociations entre des indiens qui peinent à respecter des accords signés et les iraniens champions de la négociation.

2016_04_dessin-kakIf you want que je reste, il faudrait faire a litte plus d’efforts, my friends
Dessin KAK

Moyen Orient

Iran

Si quelqu’un à une boule de cristal pour découvrir si Téhéran a les capacités d’augmenter sa production à 4 millions b/j d’ici à la fin de l’année. Mais pour l’instant, l’Iran a de la peine à trouver des tankers disponibles. La moitié de sa flotte de 60 tankers est utilisée pour stocker le surplus et les autres trainent dans les files d’attentes dans les différents ports dans l’espoir d’être vidé.

Le PIB de l’Iran devrait augmenter de 4% cette année. Téhéran tente de rapatrier l’argent de ses ventes de pétrole. A cause des sanctions, 6,5 milliards $ sont encore bloqués à l’étranger.

Le problème de l’Iran est de trouver des investisseurs qui désirent prendre le risque d’investir dans les installations pétrolières et gazières surtout que la question d’autoriser des compagnies étrangères à participer au partage des revenus n’est pas encore tranchée au sein du Gouvernement.  Les dernières propositions faites aux majors étrangères sont tellement défavorables que même un labrador refuserait de ronger cet os.

Arabie Saoudite

La débâcle de la conférence de Doha reposerait sur les épaules du Roi Salman d’Arabie Saoudite. Avant la conférence, les ministres du pétrole de la Russie et de l’Arabie Saoudite avaient trouvé un accord. Pas de bol, le Roi et son Prince de fils auraient mis leur véto et demandé que l’Iran gèle également la production.

Un « Plan National de Transformation » a été mis au point pour diminuer la dépendance du pays face au pétrole avec la mise sur pieds d’un fonds de 2’000 milliards $ et la création d’emplois autre que dans l’or noir.

La famille Royale espère augmenter les revenus non pétrolier à 100 milliards $ d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, la vente de 5% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, est sur le tapis.

Pour y arriver, le pays commence par affronter les vents contraires. Pour l’instant, les prix du baril ne permettent pas à Ryad de réaliser ce matelas. La diminution des subsides généreusement versés aux citoyens et l’augmentation des taxes ne vont pas renforcer la côte d’amour du nouveau roi.

Son Prince de fils pense que le pays est capable d’augmenter la production pétrolière de 10 millions b/j à 11,5 immédiatement et à 12,5 dans les 6 mois. Info ou Intox?

Les USA menacent de publier les 28 pages de rapport sur l’implication du gouvernement d’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Si Washington le fait, l’ambiance va être chaude surtout que les Saoudiens menacent de retirer leurs pétrodollars investis dans la dette américaine. Heureusement que Trump va régler tout ça.

 

Irak

Les efforts pour créer un nouveau cabinet dans le gouvernement se poursuit surtout que la corruption de 20 officiels via la Northern Oil Company n’arrange pas les affaires. La corruption est le plus grand frein à la création d’un nouveau gouvernement pendant que le puissant chef religieux Muqtada Sadr s’impatiente.

Les revenus pétroliers de l’Etat Islamique semblent diminuer.

Dans le Sud pétrolifère du pays, les esprits s’échauffent. Le Sud montre une envie certaine de garder ses revenus pétroliers et d’arrêter de financer le gouvernement de Badgad. Une division du pays en plusieurs parties revient dans les agendas.

 

Lybie

Les américains et les Européens ne laisseront pas tomber la Lybie. Il y a trop de pétrole en jeu. L’Etat Islamique a rencontré quelques victoires dans le pays mais l’opposition n’est pas féroce. Les opérations ont également touché les infrastructures pétrolières dont le port de Brega. Ca c’est plus agaçant.

Pour simplifier la donne, un 3ème gouvernement s’est déclaré Gouvernement officiel. La Libya National Oil Company semble être sous le contrôle de ce nouveau gouvernement, mais c’est la Banque National qui collecte les revenus pour les distribuer aux 3 différents gouvernements. Pas facile à expliquer et encore moins à vivre.

 

Afrique

Nigéria

La police et les soldats ont été déployés aux stations d’essence pour maintenir l’ordre car les carburants se font de plus en plus rares alors que le pays est le plus grand producteur pétrolier africain.

Cette pénurie a doublé les prix dans le pays le plus peuplé de l’Afrique. La pénurie de diesel impact encore plus le pays car une grande partie de l’électricité est générée avec du diesel.

 

Phrases du mois

Le ministre du pétrole saoudien Ali Al-Naimi suggère à l’industrie mondiale “d’enlever sa « Dark Side » (face sombre) et de montrer une image de bien «force of good». Comme industrie, nous devrions célébrer ce fait et mieux expliquer l’importance de cette ressource précieuse.

L’incursion de la banque américaine Wells Fargo dans le schiste montre combien Wall Street a mal évalué les risques cachés d’un type de production pétrolier ésotérique et financé en pensant qu’il était imparable.   Asjylyn Loder, Bloomber News, pétrole de schiste

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde