Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

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Le Dossier complet sur Fukushima

 

Nucléaire Suisse: les barons de l’électricité agacent

marillerstaiblinschweickardt_tcm97-108431Les Suisse vont voter pour la fin du nucléaire d’ici à 2030. Pris de panique, les 3 producteurs d’électricité nucléaire, Alpiq-Axpo-FMB, montrent dans ce débat autant d’aisance que des éléphants dans un magasin de porcelaine.

Au lieu de tenter d’amadouer les citoyens, ils font preuve d’une arrogance qui est de moins en moins en phase avec le monde actuel. Ce comportement encourage à donner une bonne leçon à ces enfants gâtés.

 

Menaces d’enfants gâtés

Dans leur modèle d’affaires monopolistique, Alpiq, d’Axpo et les BKW-FMB (Forces Motrices Bernoises), l’intérêt des clients captifs n’a jamais pesé bien lourd dans leur balance. Il n’est pas étonnant que le capital sympathie des barons de l’électricité auprès de la population soit réduite. Opacité des factures, pertes abyssales, manque de transparence et salaires démesurés de ses dirigeants, rien n’incite à la confiance.

Ainsi Axpo et Alpiq ont d’abord menacé d’exiger de puiser des sommes astronomiques dans les impôts des suisses pour les indemniser, au cas où. Au lieu d’inquiéter, ces chiffres ont déclenché l’hilarité et mis à jour une stratégie de communication basée sur la peur.

Cette semaine c’est au tour des BKW-FMB d’annoncer que tous les propriétaires d’installations solaires allaient être unilatéralement punis. Avec des explications peu claires, l’entreprise basée à Berne a diminué le prix du rachat de l’électricité solaire passant de 11 à 4,5 ct le kWh.

Il ne fait aucun doute que les propriétaires lésés vont chercher à se retourner vers des solutions de stockage sur batteries et d’autoconsommation et tout faire pour court-circuiter les BKW. Cela tombe bien car les fabricants de batteries arrivent dès 2017 sur le marché, Tesla en tête.

Même la Conseillère Fédérale Doris Leuthard, qui est d’habitude très précise et méticuleuse dans ses dossiers, commence à être soupçonnée de collusion avec les 3 géants. Ses faux pas à répétition s’expliquent par la difficulté de naviguer entre sa fonction actuelle de Ministre de l’Energie et les intérêts de son potentiel futur employeur. Alors qu’elle devrait quitter son poste en 2018, la probabilité n’est pas nulle, qu’elle retrouve un poste d’administratrice au sein de l’un des 3 géants. Les BKW semblent avoir les faveurs de la côte.

Ces derniers jours, elle a dû se rétracter après avoir annoncé un black out électrique sur le modèle Belge. Elle a également plié sur son argument qui prétendait que l’électricité nucléaire suisse sera remplacée par de l’énergie entièrement produite à base d’énergies fossiles. Finalement, elle a admis avoir surestimé la production électrique allemande à base de charbon.

 

Des salaires imposants

Alors qu’Alpiq est en situation financière délicate, sa CEO allemande, Jasmin Staiblin, a puisé dans les caisses 1,54 million de francs dont un bonus de Frs. 580’000 malgré une perte financière de 830 millions.

De plus, la rémunération moyenne des quatre autres membres de la direction d’Alpiq a connu une hausse sensible en 2015. Ils ont perçu 950’000 francs (880’000 francs en 2014).

Le manque de sensibilité et d’étique suisse d’Alpiq peut s’expliquer par la composition des 5 membres de sa Direction composée de 3 allemands. Dans le Conseil d’Administration, la CEO allemande est entourée par 4 représentants d’EDF tous venus d’Autriche, d’Allemagne ou de France. Il est intéressant de noter qu’actionnaire à hauteur de 25%, EDF détient 31% des sièges du conseil d’administration.

Dans une situation toute aussi délicate, Axpo, a rétribué son CEO, Andrew Walo, avec un chèque de 1,13 million de francs en 2015, tandis que Suzanne Thomas, la directrice générale du groupe énergétique bernois BKW, a empoché 1,05 million en 2014.

Il est compréhensible que les menacent de ces patrons millionnaires passent mal dans une population qui voit de plus en plus le fonds du porte-monnaie à chaque fin des mois.

 

Les électriciens remplacés par des spéculateurs

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Alpiq et Axpo ne génèrent qu’une infime partie de leurs revenus par la production électrique. La grande part de leur chiffre d’affaires provient du «Commerce & Trading» comme le négoce de produits standardisés et structurés dans les bourses de l’Energie pour l’électricité, le gaz, les droits d’émission et des certificats.

Le cas d’Aliq est révélateur. Ses centrales nucléaires, barrages hydroélectriques et autres unités de production ont généré Frs 372 millions de chiffre d’affaires (5%) en 2015. La grande part des revenus provient du Trading et de la spéculation soit 4,7 milliards de francs ! Le solde de 1,5 milliard provient des services énergétiques.

alpiq_informations-par-domaine-operationnel-alpiqSource: Rapport annuel Alpiq 2015 et Liliane Held-Khawam

In fine, Alpiq affiche des pertes de Frs 830 millions pour l’année 2015 liées aux amortissements et au trading. De leur côté, les deux centrales nucléaires d’Alpiq: Gosgen et Leibstadt auraient perdu Frs 340 millions. Comme l’a révélé la Sontags Zeitung Alpiq a bien tenté de vendre ses deux centrales au français EDF, mais sans succès. Elle s’est ensuite retournée vers la Confédération Suisse et proposé les 2 unités pour 1 francs symbolique. Là aussi, Alpiq s’est heurtée à un mur.

Les centrales nucléaires Suisse ne sont plus dans des mains d’électriciens mais de financiers et d’experts fiscaux qui font dériver ces géants dans une croissance non maîtrisée et entièrement spéculative dans l’espoir de redresser la barre, de camoufler les errances de leurs investissements et accessoirement de justifier les salaires pompeux de leurs dirigeants.

On constate la même dérive opérée dans le domaine bancaire dans les années 80-90. Ce système fait planer une énorme menace sur la sécurité d’approvisionnement électrique de la Suisse si la chute d’un géant « too big to fail » devait survenir.

20161103-bli-akw-verlusteSource: blick.ch, étude Rechsteiner. Pertes en frs des centrales nucléaires suisses:
Total des pertes annuelles: Frs 637 millions

Pas tous les producteurs suisses d’électricité dans le même panier

Le style agressif imposé par les BKW, Axpo ou Alpiq n’est pas la seule voie possible. Ainsi, à l’opposé de ces entités, les Services Industriels de Genève (SIG) ou des Services Industriels de St-Gall montrent qu’il est parfaitement possible d’être à l’écoute de ses clients, d’intégrer les nouvelles technologies, de générer de la valeur économique en Suisse et d’avoir une gestion financière et humaine saine même, dans ces temps difficile. Bien que les SIG ne produisent pas, en quantité, autant d’électricité que les géants suisses, la contribution au chiffre d’affaires de ses unités de production électrique avoisine, comme pour Alpiq, les 5%.

Depuis que les SIG ont tourné la page des projets pharaoniques, l’institution en main des communes genevoises et du Canton, prouve qu’il est parfaitement possible d’améliorer l’efficience énergétique, d’innover, d’intégrer les énergies renouvelables et d’être très rentable.

 

De Prédateurs à Bienfaiteurs

L’arrêt de la production nucléaire pourra non seulement permettre à l’économie Suisse d’accélérer le processus d’innovation énergétique bénéficiaire aux entreprises et à la création d’emplois, mais également de développer ses propres technologies notamment dans l’internet des objets et des smart city, outils essentiels à l’efficience énergétique. L’Allemagne a déjà pris une longueur d’avance, mais la Suisse peut compter sur une base d’entrepreneurs innovants et créatifs pour saisir l’opportunité.

Elle demandera également aux barons de l’énergie de changer leur fusil d’épaule et de passer du rôle de prédateur à celui de bienfaiteur. Tout le monde en ressortira gagnant. Qui s’en plaindra ?

 

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Les inexactitudes de Doris Leuthard dans la campagne sur le nucléaire: Radio Suisse Romande

Alpiq will ihre Atomkraftwerke verschenken, Sontags Zeitung, en Allemand sur la vente pour 1 francs symbolique à la Confédération Suisse

Prix de l’électricité: les électriciens sous le choc

Salaire Andew Walo

Listes des solutions de stockage d’électricité pour les maisons et les particuliers (voir sous Suisse)

Les pertes d’Alpiq seraient dues à la production. Vraiment?

Energies et Economie: Revue Mondiale Octobre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Tesla: La Nouvelle Batterie Powerwall arrive en 2017
– Russie: Une nouvelle centrale nucléaire flottante
– Suisse: Le pays vote sur sa sortie du nucléaire
– Chine: Redevient le premier pays importateur de pétrole
– Nigeria: Retour à une production normale
– USA: Un des deux zigotos sera le Président
– OPEP: La baisse de production: info ou Intox?


L’OPEP a profité de son annonce avec un baril qui est monté jusqu’à 53$ durant le mois. Depuis, il a un coup de mou et retourne à la case départ, sans toucher de prime: il termine le mois à 49,71$ à Londres (49,24$$ à la fin septembre) et à New York 48.70$  (47.83$ fin septembre).

L’uranium dégringole. Belle chute à 20$  (23.75$ fin août).

Elon Mush présente ses nouveaux panneaux solaires en forme de tuiles et la Powerall 2, solution de stockage pour les particuliers

Monde

La dette mondiale dépasse les 152 trillions $ soit 2 fois le PIB mondial selon le FMI. C’est un paradoxe entre les taux d’intérêts qui tendent vers l’infiniment petit, voir négatif, et les dettes records du côté des pays et des entreprises (pour les 2/3). Si vous ajoutez que le prix du baril de pétrole est à la hausse, on devrait avoir un cocktail explosif dans les années à venir.

L’accord sur le climat de Paris a été adopté par plus de 140 pays. Il entre en vigueur dès le mois de novembre 2016.

Traditionnellement, les grandes entreprises du Fortune 1000 achetaient leur électricité aux producteurs. Ce modèle semble être maintenant dépassé. De plus en plus de compagnies réalisent les avantages stratégiques de produire leur propre électricité renouvelable et de la consommer directement. Après un investissement Capex (coûts d’achat), l’Opex (coûts de production) à prix marginal proche de zéro, procure un avantage stratégique sur celles qui continuent à acheter leur électricité.

Selon Bloomberg, d’ici à 2040, les voitures électriques auront compensé 13 millions barils/jour (b/j) de pétrole.

 

OPEP

Après l’annonce de l’OPEP sur la tentative de réduction de la production, le baril a gagné 10$ soit 320 millions $ par jour pour les producteurs de l’OPEP ou 9,6 milliards $ sur le mois.

Paradoxalement, l’OPEP a produit une quantité record de 33,24 millions b/j en septembre. La Libye, l’Irak et le Nigéria ont enregistré les plus fortes hausses durant le mois.

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Europe

Russie

C’est à ni rien comprendre. La production russe continue d’augmenter: 11,11 millions b/j en septembre +4%. Comment réussir cette prouesse avec de vieux gisements qui s’épuisent? Le record à battre est 11,48 millions b/j en 1988 avant la chute de l’URSS. De plus, les Russes ne profite pas encore des gisements exploratoires de l’Arctique.

La compagnie russe : Zapsibgidrostroy (imaginez le calvaire de la réceptionniste) a débuté la construction des docks qui vont porter la première centrale nucléaire flottante au large de Chukutka. La centrale devrait fournir de l’électricité pour les installations pétrolières et gazières offshores basées dans l’Arctique. La centrale débutée en 2007 nommée Akademik Lomonossov devrait entrer en production en 2019.

Comme l’Arabie Saoudite, la Russie est à son niveau record alors que les deux pays sont les fers de lance dans la réduction pétrolière mondiale.

Rosatom, le champion national du nucléaire, discute avec le Chili pour de possibles collaborations dans l’extraction de lithium.

 

Pologne

La course au gaz de schiste vient de se terminer alors que les deux entreprises d’état PGNiG et PKN Orlen ont finalement jeté l’éponge. Avant eux, ExxonMobil, Chevron, Total, etc. s’étaient déjà retirés d’un marché qui aurait dû rendre le pays riche comme Crésus depuis 2014 déjà.

 

Allemagne

L’Allemagne pourrait interdire la vente de voiture à essence/diesel d’ici à 2030, c’est en tout cas le souhait du Bundesrat.

La Deutsche Bank a reçu un coup de pousse de la Banque Européenne pour passer en douce le stress test selon le FT.com. Il aura fallu que quelques mois pour s’apercevoir de ce subterfuge.

L’histoire dira si Angela Merkel est une bombe à retardement ou une visionnaire pour l’Europe. Dans ses aventures du mois, la chancelière a poussé à la signature de l’accord de libre-échange CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) entre l’Europe et le Canada. Détail croustillant, l’Allemagne, via la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, s’est réservé le droit de sortir de l’accord et de laisser les autres pays européens patauger dans cet accord.

Le ministère de la mobilité aimerait interdire la vente de voiture Tesla en Allemagne. En cause : le pilote automatique jugé peu fiable. Tesla souligne avec délicatesse le retard important pris par les constructeurs automobiles allemands. Mercedes, Audi et VW ont annoncé l’arrivée prochaine de leurs modèles électriques d’ici à janvier 2020 déjà.

Audi va quitter le championnat du monde d’endurance pour se consacrer aux Championnats du monde de Formule Electrique.

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Deutsche Bank: ils avaient l’habitude d’être honnête, sûr et solide, comme… comme….
comme une VW
Dessin Chappatte

France

Les voitures électriques Mercedes, VW et autres présentées à la presse lors du salon de l’automobile de Paris ne seront restées qu’un seul jour : celui où les journalistes étaient présents. Les voitures à essence les ont immédiatement remplacées lors de l’ouverture au public.

Le président français s’illustre dans le livre “Un Président ne devrait pas dire ça”. En effet, un Président ne devrait pas dire ça.

 

Suisse

Durant le mois de novembre, les suisses vont voter sur la sortie d’ici à 2030 du nucléaire. Cela permettra de fermer la plus vieille centrale nucléaire du monde qui est dans un état catastrophique. Cela permettra à la Suisse d’enfin se lancer dans les énergies renouvelables et de se projeter dans l’avenir.

Inutile de préciser que les propriétaires de centrales nucléaires mettent une pression folle et articulent des chiffres qui ont le mérite de faire hurler de rire. Axpo et Alpiq voudraient demander plusieurs milliards de compensation si l’initiative devait passer. Ces chiffres tirés au hasard ont pour but d’effrayer le bon peuple qui doit commencer à en avoir marre de ces dinosaures.

Les Forces Motrices Bernoises (BKW), propriétaire d’une centrale nucléaire, ont fortement dévalué le prix de rachat de l’électricité photovoltaïque produite par les particuliers habitants le Jura. Le tarif de rachat est passé de 14ct à 4,5ct. L’arrivée sur le marché de la nouvelle PowerAll 2 d’Elon Musk (batterie qui permet de consommer directement l’électricité des panneaux solaires) devrait aider les citoyens à se passer des services des BKW.  Pour nos amis jurassiens qui recherchent des solutions de stockage voici des pistes: LG Chem Resu, SonnenBatterie Eco compact et la Tesla Powerwall 2 qui sera en vente fin 2017 pour 5’500$ et une capacité de 14 kWh.


Dessin Chappatte

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le 5% de la compagnie pétrolière nationale Saoudi Aramco est à vendre. Le prix n’est pas connu, mais une chose semble acquise Bolloré ne pourra l’acheter et refaire le coup de Canal+. La grande nouveauté est que l’entreprise va devoir ouvrir ses comptes dont la valeur est estimée entre 1’000 milliards et 10 trillions $. Perso avant d’investir dans cette nébuleuse, qui en 35 ans n’a jamais pipé mot sur ses chiffres et surtout montré ses réserves pétrolières, il serait judicieux de vérifier le potentiel futur. Si Ryad décide de lâcher les bijoux de la couronne, c’est que le tout pourrait être sur une pente descendante.

L’Arabie Saoudite désire racheter la raffinerie Motiva basée au Texas, USA. Ca tombe bien car Motiva est justement en train de racheter la raffinerie Lyondell Basell également au Texas. Du coup l’Arabie Saoudite pourrait acquérir l’ensemble des raffineries texanes.

L’annonce d’un accord entre Moscou et Ryad pour réduire la production pétrolière a donné de bons résultats. Malgré des tonnes de surplus, les traders ont la trouille de shorter le pétrole qui est passé sur la barre des 50$ durant le mois. Le ministre du pétrole a rajouté de l’huile sur le feu en annonçant l’arrivée prochaine d’un baril à 60$. 10$ de plus et c’est 70 millions $/jour de plus-value pour le Royaume. Mais la réalité du terrain est en train de rattraper la rhétorique.

L’Arabie a lancé une vente d’obligations pour un montant de 15 milliards $ afin de renflouer ses caisses. Le taux de 3,75% est jugé comme très sexy dans un monde où les intérêts négatifs mangent l’épargne.

Le Roi a coupé 71% des dépenses dans le budget annuel du Gouvernement, mais il reste encore de la marge pour agrandir le parking de Ferrari et autre babioles.

 

Egypte

L’Arabie Saoudite a cessé de livrer son or noir à prix réduit en l’Egypte. Le Caire dément qu’il s’agirait d’une mesure de rétorsion de l’Arabie Saoudite suite à un vote défavorable à l’ONU. Des excuses techniques ont été avancées alors qu’il est également possible que les retards de paiements en soient la cause.

 

Iran

Les compagnies pétrolières étrangères sont toujours un peu craintives pour investir dans le pays. Pour les convaincre, Téhéran a réalisé un «nouveau business model» qui devrait les rassurer.

En septembre, 2,8 millions b/j ont été exportés. La hausse de production de 300’000 barils provient de condensés extraits du gaz et qui sont utilisés par la pétrochimie.

 

Koweït

Le gouvernement a donné son ok pour que la compagnie pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation (KPC) fusionne avec la Kuweit Intergrated Petrochemical Industries Company (KIPIC). L’idée est de transformer une partie des 615’000 b/j extrait chaque jour en produits pétrochimique à plus forte valeur ajoutée.

 

Emirats Arabes Unis

L’Emirat se lance dans la construction du nouveau bâtiment le plus haut du monde à Dubai. La Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde déjà sise à Dubai, aura une petite sœur encore plus grande. Voilà de l’argent bien dépensé ! Ouverture : 2020 pour l’exposition mondiale.

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Les Amériques

USA

Elon Musk, le fondateur de Tesla, a annoncé la réalisation de sa nouvelle batterie Powerall 2 à l’usage des particuliers pour stocker leur énergie photovoltaïque. La batterie vendue pour 5’500$ a une capacité de 14 kWh soit le double de l’ancienne version. Elle sera commercialisée fin 2017.

L’accord de l’OPEP va fortement être influencé par la reprise de la production de schiste aux USA. Alors que le baril remonte, les frémissements ont augmenté du côté US. Mais il est encore difficile de convaincre les investisseurs de passer à la caisse.  Les USA importent actuellement 8 millions barils/jour de pétrole et le nombre de forages sur le sol US est de 428.

Le lobby de l’éthanol aimerait doubler la production d’additifs à base de céréales pour la production d’essence. Aux USA, l’éthanol peut s’élever à 10% dans l’essence. Ce marché représente 5 milliards $ de revenus pour les fermiers US avec une production de 60 milliards de litres. Les américains aimeraient exporter au Mexique, au Japon et en Inde. Comme la faim dans le monde a totalement disparu, faire avancer les voitures avec de la nourriture est tout à fait opportun. Il faut env 5kg de céréales pour produire 1 lt d’éthanol.

Le gaz a produit 448 gigawatts d’électricité en juillet 2016 +25% par rapport à  2012.

L’Etat d’Alaska a décidé de supprimer les avantages fiscaux accordés aux producteurs pétroliers. En cause le déficit de 3,5 milliards $ dans son budget. Avec cette mesure, 1 milliard $/an devraient entrer dans les caisses.

Dans les bonnes nouvelles. La pieuvre Goldman Sachs a réalisé un bénéfice de 2,1 milliards $ au 3ème trimestre. Et là, tenez-vous bien. La banque a supprimé 1’900 emplois alors que la masse salariale a augmenté de 36%!!!! En termes de trading, on appelle ça une prise de bénéfice !

Fracking – Schiste
En plus de s’être ramassé un sérieux bouillon dans ses investissements dans le gaz de schiste américain, la Banque Wells Fargo, est prise dans un scandale sans précédent pour avoir ouvert des comptes bidons et traficotage de sa compta. Le CEO, John Stumpf, s’est violemment défendu, remettant la TOTALITÉ de la faute sur son petit personnel. Le brave homme a finalement décidé de se quitter son poste, non sans encaisser ses indemnités de départ qui se montent à, full package, la modique somme de 137 millions $. Comme quoi au niveau des Banques, il y a une relation entre la taille de la connerie et les indemnités du boss. Je ne vous dis même pas ce que va ramasser le CEO de la Deutsche Bank le jour où il va s’en aller. Quand je pense à mon voisin qui s’est fait choper à 48 km/h dans une rue à 30 et qu’il risque la prison.

Le Texas, qui a fortement contribué à l’explosion de schiste jusqu’en 2014, a perdu 91’000 emplois dans ce secteur. L’Etat est le dernier au niveau national pour la création d’emploi pour le 11 mois consécutif.

Le débat sur le prix d’extraction du schiste continue. Il aura fallu un baril à 100$ pour voir son émergence même si 100 milliards $ ont été perdus dans des faillites. Le pétrole de schiste pourrait atteindre son peak oil d’ici à 3 ans indépendamment de la hausse des prix du baril. Les nouveaux gisements se trouvent encore dans des endroits prometteurs, mais pour les suivants la donne sera différente. D’ici à 2020, nous devrions avoir une meilleure vue sur la production.

 

Canada

Le premier ministre, Justin Trudeau aimerait implémenter une taxe sur les émissions de carbone d’ici à 2018.

Les producteurs de sable bitumineux s’inquiètent de l’émergence des voitures électriques selon Deloitte LLP. Parmi plusieurs scénarii, les producteurs risquent une transition forcée de ce pétrole financièrement très cher par les panneaux solaires et l’éolien pour la recharge des voitures.

Comme un pied de nez à aux pétroliers qui ont gouverné l’Alberta pendant des années, le nouveau gouvernement de la province étudie la faisabilité de produire la moitié de ses besoins en électricité avec du solaire.

 

Brésil

Le Congrès voudrait ouvrir l’exploitation pétrolière à des entreprises internationales au lieu de garder le monopole de Petrobras l’entreprise nationale. Les côtes du Brésil contiennent d’importantes réserves situées 3’000 m sous le niveau de la mer et à travers des couches de sel.

Selon les chiffres de l’ONG Forum brésilien de sécurité publique, le Brésil a dénombré près de 300’000 victimes d’homicides entre 2011 et 2015. Soit 160 par jour et une toutes les 9 minutes. Plus de personnes sont mortes au Brésil qu’en Syrie!

 

Venezuela

Le plus grand billet de banque : 100 Bolivars vaut un peu moins de 10 centimes € et coute plus cher à imprimer que ça valeur nominale. C’est ballot.

Le litre d’essence est vendu 6 Bolivar le litre (0,6 ct) ce qui ne génère pas un profit monstrueux pour la compagnie pétrolière nationale qui ne produit plus que 450’000 b/j.

Bien que le gouvernement tente de nourrir sa population avec le peu d’argent qu’il lui reste, la perte moyenne de poids durant les 5 derniers mois est de 7 à 15 kg par personne. A ce niveau, on peut imaginer que le mécontentement gronde. Il semble de plus en plus évident que le pays va s’écrouler tout comme la production pétrolière. Le président a réussi à reporter les élections et restera au pouvoir encore pour 3 ans.

Asie

Inde

La banque de développement Asiatique propose 500 millions $ pour aider à l’installation de panneaux photovoltaïques dans le pays. Il faut relever le geste. Pour une fois que la Banque de Développement ou la Banque Mondiale soutiennent autre chose que la construction de centrales à charbon ou des générateurs à diesel.

 

Chine

La Chine a importé une quantité record de pétrole en septembre : 8,08 millions b/j ou 38,5 milliards de litres durant le mois. La Chine redevient le premier importateur de pétrole devant les USA.

Pékin a ouvert de nouvelles raffineries et a exporté 2.37 millions b/j de carburants. La plus grande partie des importations sert à remplacer la perte de production des gisements onéreux. Le gouvernement préfère mettre en veille ses puits et acheter du pétrole bon marché. Les puits seront réactivés une fois que le pétrole remontera. La stratégie, à l’opposé de la totalité des producteurs mondiaux, semble géniale.

La bulle immobilière continue de gonfler sous l’impulsion de nouvelles constructions. Le gouvernement est de plus en plus inquiet sur l’atterrissage forcé bientôt en vue.

La balance du commerce montre une baisse de 10% en Septembre 2016 en comparaison de 2015. Cela renforce le sentiment que le PIB chinois sera un peu plus bas que les 6,9% espérés.

 

Kazakhstan

Le champ pétrolier de Kashagan, dans la mer Caspienne, est en construction depuis 16 ans. Il a déjà dévoré 53 milliards $ au lieu des 38 initialement prévu. Il aura fallu construire un pipeline en titane pour résister à la corrosion du pétrole très abrasif. La production devrait débuter d’ici à la fin de l’année avec 375’000 b/j prévus pour fin 2017.

 

Afrique

Nigeria

Le pays est sur le point de sécuriser un prêt de 4 milliards $ de la Chine. La Chine, qui a coupé une partie de sa production pétrolière locale (trop chère), diversifie ses sources d’approvisionnement. Le Nigeria, noyé sous la corruption et les attaques de ses installations pétrolières, propose un environnement difficile pour les majors étrangères mais cela n’inquiète pas trop les chinois habitués à ces détails.

Le Gouvernement poursuit judiciairement les compagnies pétrolières actives dans le pays : Shell, Eni et Chevron auraient exporté du pétrole sans payer de taxe et de royalties. Entre 2011 et 2014, quelques 12,7 milliards $ auraient passé entre les mailles du filet. C’est étonnant car ce n’est pas le style de ces entreprises de piquer dans la caisse sans rien dire. Elles se défendent en suggérant que le gouvernement tente de les extorquer.

Le pays produirait 1,9 millions b/j proche des 2,2 de l’année passée.

 

Libye

La Libye a réussi à pousser sa production à 600’000 b/j soit le double d’il y a quelque mois mais loin des 1,8 millions b/j des années Kadhafi. C’est une bonne nouvelle pour le pays qui a besoin de liquidités mais un peu moins pour la surproduction actuelle.

 

Tchad

ExxonMobil a été condamné à payer 75 milliards $ pour des royalties non payées dans le pays. Si les entreprises américaines commencent à se faire aussi lourdement extorquées que les entreprises étrangères qui font du business aux USA, l’ambiance va chauffer.

 

Phrase du mois

Armin Nasser, CEO Saudi Aramco
Just as the reliable oil produciton we’ve been seeing over the past coupld of years has happenend because of healthy investment, I am concerned that we will have the opposite effect over the next decade. “  It is crucial that long-term investment is not blocked by “environmental, regulatory and social pressures” particularly because remaining resources are increasingly challenging and expensive to develop”.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

250 milliards € pour fermer les Centrales Nucléaires

250 milliards pour fermer les Centrales Nucléaires

A l’heure où les Forces Motrices Bernoises vont fermer leur centrale nucléaire de Mühleberg en 2019 et qu’Axpo et Alpiq veulent donner une impression de faiblesse financière, la Commission Européenne estime qu’il faudra plus de 250 milliards € pour fermer et désaffecter les 129 réacteurs nucléaires en activité actuellement dans 14 Etats de l’Europe.

Dans une Europe endettée, cette nouvelle n’arrive pas au moment opportun et l’on comprend l’envie de certains de repousser le moment de passer à la caisse et de refiler le dossier aux générations futures.

A ce jour 89 réacteurs nucléaires fermés sont en phase de décontamination et 3 réacteurs ont jusqu’ici été complètement démantelés.

La Commission estime à 123 milliards euros pour le démantèlement des centrales et 130 milliards euros pour la gestion des déchets nucléaires. Par rapport à la précédente estimation de 2008, les chiffres ont progressé de 47%.

 

Une équation à plusieurs inconnues

Cependant, la grande question est: est-ce que ces chiffres sont fiables car il y a très peu d’expérience dans le démantèlement des réacteurs nucléaires et aucun pays n’a encore trouvé de solution au niveau des déchets.

Les propriétaires de Centrales auraient couvert le 50% de ces investissements mais de nombreuses centrales vont arriver en fin de vie dans les années à venir. Il n’est pas improbable que les Etats vont devoir puiser dans les impôts pour couvrir l’imprudence des propriétaires de centrales.

L’âge moyen des réacteurs est de plus de 30 ans. La question devient de plus en plus brûlante.

 

La France en grande difficulté

Du côté français, la Cour des Comptes a estimé à 100 milliards euros la remise en forme des centrales d’ici à 2025. Il faudra également 100 autres milliards euros à EDF pour décommissionner ces centrales alors que seuls 23 milliards euros sont provisionnés.

L’exercice se complique quand l’on découvre que la dette actuelle d’EDF se monte à 37 milliards euros, que le gouvernement Hollande propose de baisser les prix de l’électricité et que le géant français pourrait dépenser 25 milliards € pour la construction de deux centrales en Angleterre. On a beau tourner les chiffres dans tous les sens, ça ressemble à une mission impossible.

 

L’Allemagne est la première à faire face à cette montagne et ce défrichage est observé de très prêt. En tout cas, cette étape fait peur et il pourrait être un frein de plus pour remplacer les vieilles centrales par des nouvelles unités. En tout cas cette étape devra être réalisée avec transparence même si les mots “transparence” et “nucléaire” sont rarement utilisés dans la même phrase.

Mais tout évolue!

 

La menace d’une électricité trop bon marché!

La chute des prix du pétrole décime les entreprises du secteur. Les prix trop bas n’arrivent plus à couvrir les coûts de production et les faillites s’enchainent.

Il en va de même pour l’électricité où la baisse des prix est en train de ravager les producteurs européens qui accumulent les difficultés financières dans une ambiance de libéralisation et de restructuration.

 

Un constat: l’électricité est tout simplement trop bon marché !

electricity_pyloneLa similitude entre le pétrole et l’électricité est saisissante. Dans les deux cas, les producteurs inondent les marchés afin de générer le cash suffisant pour couvrir leurs obligations financières à court terme et conserver leurs parts de marché.

Cette surproduction déclenche une spirale négative et propulse toujours plus bas les tarifs jusqu’à pousser certains acteurs à payer pour se débarrasser de leur surproduction. Ainsi alors que le kWh se négociait à 7-9 ct € il y a quelques années, il touche le 1-2 ct aujourd’hui !

La surproduction européenne actuelle d’électricité repose sur trois facteurs principaux : la désindustrialisation de l’Europe, la chute des prix du charbon et l’injection du renouvelable dans les heures de pointe qui a tué la poule aux œufs d’or que représentaient le « peak » de consommation.

Ainsi depuis 2008, le prix de l’électricité de pointe est passé de 23 centimes d’euros le kWh à 4 centimes le kWh.

Cette fuite en avant favorise l’utilisation des matières premières les moins chères et à ce jeu c’est le charbon qui pulvérise ses concurrents comme le gaz, le fioul, l’hydro le nucléaire et dans une moindre mesure les renouvelables.

 

Le Charbon pulvérise ses concurrents

Alors que la dernière mine devrait cesser toute activité en Allemagne d’ici à 2018, les européens ont su trouver du charbon au rabais grâce à l’administration Obama qui subventionne financièrement les exportations «made in USA», et à la Colombie qui se laisse détrousser par des géants miniers, comme Glencore basé à Zoug pour des raisons fiscales, et qui inondent l’Europe d’un charbon exploité dans des conditions innommables.

Paradoxalement, c’est la diminution des importations charbonnières chinoises qui a fait chuter les cours et qui permet aux producteurs européens d’électricité de casser les prix.
(prix de l’électricité en Europe)

 

La facture d’électricité divisé en 2

Au niveau électrique, les gouvernements européens ont deux objectifs majeurs:
A) donner l’illusion d’une production électrique efficace et bon marché
B) offrir des prix très bas aux industries.
Le mécanisme est à deux étages: premièrement, en facturant seulement une partie des coûts de l’électricité aux clients finaux et deuxièmement en utilisant les impôts pour couvrir le solde.

In fine, le citoyen paie l’intégralité des deux factures mais il a le sentiment de profiter de tarifs avantageux tandis que sans le savoir ses impôts couvrent la différence.

Pour illustrer le processus, la France offre un cas d’école parfait. Au niveau européen, Paris propose des tarifs des plus avantageux. Si dans un premier temps, les citoyens ou les entreprises bénéficient de factures électriques allégées, dans un deuxième temps, l’Etat français doit puiser dans ses caisses pour éponger les 37 milliards € de dettes d’EDF.
Avant de se faire éconduire, l’ancien Directeur d’EDF, Henri Proglio avait demandé un doublement des prix de l’électricité. La proposition s’était fracassée contre le mur politique.

 

Les Entreprises publient des chiffres rouges vifs

Du côté de l’Allemagne, après avoir déprécié pour 8,8 milliards € d’actifs, le plus grand producteur d’électricité, E-On a annoncé une perte de 7 milliards € pour 2015 suite une perte de 3,2 milliards € en 2014.

L’autre géant national, RWE rapporte une perte nette de 170 millions € pour 2015 après 3 milliards € de dépréciations sur ses actifs de production d’énergie.

En Suisse Axpo et Alpiq annoncent des pertes mais le manque de transparence de leurs comptabilités ne permet pas de connaître la situation réelle. Les deux entreprises génèrent un bénéfice avant impôt et amortissement et ce n’est que la dévaluation massive de leurs actifs qui fait ressortir artificiellement des déficits. Le comportement d’Alpiq est des plus curieux, mais nous reviendrons dans un prochain article sur ce sujet!

On notera que ces quatre entreprises possèdent un parc de centrales nucléaires. Le détail est importante.

Ces “manipulations” comptables permettent à ces géants d’éviter des sorties de cash pour les paiements de dividendes et des impôts afin de constituer des réserves pour faire face aux pertes financières de leurs centrales nucléaires transformées en gouffre. Certaines essaient également d’enlaidir la mariée pour forcer les pouvoir publics à prendre en charge les coûts de ces centrales et d’autres dévaluent leurs barrages pour une future transaction juteuse.

 

Donner à l’électricité sa véritable valeur: Augmenter les prix!

Comme pour le pétrole, l’électricité a besoin d’un prix minimal idéal pour permettre la pérennité des acteurs et le passage à une production décarbonisée et la guerre des prix ne fait que de diminuer la mixité des moyens de production et met en péril la production et les investissements futurs.

Une solution serait d’ajuster les prix de vente aux coûts minimaux de production afin d’abandonner la gymnastique actuelle qui n’apporte que subsides indigestes, l’opacité des opérations et un manque de confiance face à l’industrie et aux politiques. Comme pour le lait, le retour des quotas de production permettrait de garantir la pérennité du système au futur.

 

Apporter la lumière aux producteurs!

Finalement les prix du pétrole et de l’électricité ne reflètent pas leur juste valeur. Tel l’eau et la nourriture, ils sont essentielles à notre survie et nous avons fini par croire qu’ils sont un dû, voir même une prestation qui devrait être gratuite. A la moindre hausse d’un centime, c’est la révolution alors qu’une augmentation annuelle de Frs 500.—de nos primes d’assurance maladie passe sans broncher.

Comment justifier qu’un abonnement à un smart phone soit plus élevé qu’une facture mensuelle d’électricité alors que son utilité est dérisoire en comparaison de notre appétit électrique.

C’est certainement pour ces raisons que les lobby et les politiques ont préféré transférer les vrais coûts de notre électricité dans nos impôts.

Faut-il ouvrir maintenant la boîte de pandore ou est-il préférable d’attendre l’opportunité d’une crise encore plus profonde ?

La transition énergétique pourrait rimer avec plus de transparence et surtout des prix qui reflète le marché économique. Il est paradoxal de constater qu’il faut apporter de la lumière dans un secteur qui prétend la créer!