Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

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Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

Sur le même sujet

Le Dossier complet sur Fukushima

 

Nucléaire Suisse: les barons de l’électricité agacent

marillerstaiblinschweickardt_tcm97-108431Les Suisse vont voter pour la fin du nucléaire d’ici à 2030. Pris de panique, les 3 producteurs d’électricité nucléaire, Alpiq-Axpo-FMB, montrent dans ce débat autant d’aisance que des éléphants dans un magasin de porcelaine.

Au lieu de tenter d’amadouer les citoyens, ils font preuve d’une arrogance qui est de moins en moins en phase avec le monde actuel. Ce comportement encourage à donner une bonne leçon à ces enfants gâtés.

 

Menaces d’enfants gâtés

Dans leur modèle d’affaires monopolistique, Alpiq, d’Axpo et les BKW-FMB (Forces Motrices Bernoises), l’intérêt des clients captifs n’a jamais pesé bien lourd dans leur balance. Il n’est pas étonnant que le capital sympathie des barons de l’électricité auprès de la population soit réduite. Opacité des factures, pertes abyssales, manque de transparence et salaires démesurés de ses dirigeants, rien n’incite à la confiance.

Ainsi Axpo et Alpiq ont d’abord menacé d’exiger de puiser des sommes astronomiques dans les impôts des suisses pour les indemniser, au cas où. Au lieu d’inquiéter, ces chiffres ont déclenché l’hilarité et mis à jour une stratégie de communication basée sur la peur.

Cette semaine c’est au tour des BKW-FMB d’annoncer que tous les propriétaires d’installations solaires allaient être unilatéralement punis. Avec des explications peu claires, l’entreprise basée à Berne a diminué le prix du rachat de l’électricité solaire passant de 11 à 4,5 ct le kWh.

Il ne fait aucun doute que les propriétaires lésés vont chercher à se retourner vers des solutions de stockage sur batteries et d’autoconsommation et tout faire pour court-circuiter les BKW. Cela tombe bien car les fabricants de batteries arrivent dès 2017 sur le marché, Tesla en tête.

Même la Conseillère Fédérale Doris Leuthard, qui est d’habitude très précise et méticuleuse dans ses dossiers, commence à être soupçonnée de collusion avec les 3 géants. Ses faux pas à répétition s’expliquent par la difficulté de naviguer entre sa fonction actuelle de Ministre de l’Energie et les intérêts de son potentiel futur employeur. Alors qu’elle devrait quitter son poste en 2018, la probabilité n’est pas nulle, qu’elle retrouve un poste d’administratrice au sein de l’un des 3 géants. Les BKW semblent avoir les faveurs de la côte.

Ces derniers jours, elle a dû se rétracter après avoir annoncé un black out électrique sur le modèle Belge. Elle a également plié sur son argument qui prétendait que l’électricité nucléaire suisse sera remplacée par de l’énergie entièrement produite à base d’énergies fossiles. Finalement, elle a admis avoir surestimé la production électrique allemande à base de charbon.

 

Des salaires imposants

Alors qu’Alpiq est en situation financière délicate, sa CEO allemande, Jasmin Staiblin, a puisé dans les caisses 1,54 million de francs dont un bonus de Frs. 580’000 malgré une perte financière de 830 millions.

De plus, la rémunération moyenne des quatre autres membres de la direction d’Alpiq a connu une hausse sensible en 2015. Ils ont perçu 950’000 francs (880’000 francs en 2014).

Le manque de sensibilité et d’étique suisse d’Alpiq peut s’expliquer par la composition des 5 membres de sa Direction composée de 3 allemands. Dans le Conseil d’Administration, la CEO allemande est entourée par 4 représentants d’EDF tous venus d’Autriche, d’Allemagne ou de France. Il est intéressant de noter qu’actionnaire à hauteur de 25%, EDF détient 31% des sièges du conseil d’administration.

Dans une situation toute aussi délicate, Axpo, a rétribué son CEO, Andrew Walo, avec un chèque de 1,13 million de francs en 2015, tandis que Suzanne Thomas, la directrice générale du groupe énergétique bernois BKW, a empoché 1,05 million en 2014.

Il est compréhensible que les menacent de ces patrons millionnaires passent mal dans une population qui voit de plus en plus le fonds du porte-monnaie à chaque fin des mois.

 

Les électriciens remplacés par des spéculateurs

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Alpiq et Axpo ne génèrent qu’une infime partie de leurs revenus par la production électrique. La grande part de leur chiffre d’affaires provient du «Commerce & Trading» comme le négoce de produits standardisés et structurés dans les bourses de l’Energie pour l’électricité, le gaz, les droits d’émission et des certificats.

Le cas d’Aliq est révélateur. Ses centrales nucléaires, barrages hydroélectriques et autres unités de production ont généré Frs 372 millions de chiffre d’affaires (5%) en 2015. La grande part des revenus provient du Trading et de la spéculation soit 4,7 milliards de francs ! Le solde de 1,5 milliard provient des services énergétiques.

alpiq_informations-par-domaine-operationnel-alpiqSource: Rapport annuel Alpiq 2015 et Liliane Held-Khawam

In fine, Alpiq affiche des pertes de Frs 830 millions pour l’année 2015 liées aux amortissements et au trading. De leur côté, les deux centrales nucléaires d’Alpiq: Gosgen et Leibstadt auraient perdu Frs 340 millions. Comme l’a révélé la Sontags Zeitung Alpiq a bien tenté de vendre ses deux centrales au français EDF, mais sans succès. Elle s’est ensuite retournée vers la Confédération Suisse et proposé les 2 unités pour 1 francs symbolique. Là aussi, Alpiq s’est heurtée à un mur.

Les centrales nucléaires Suisse ne sont plus dans des mains d’électriciens mais de financiers et d’experts fiscaux qui font dériver ces géants dans une croissance non maîtrisée et entièrement spéculative dans l’espoir de redresser la barre, de camoufler les errances de leurs investissements et accessoirement de justifier les salaires pompeux de leurs dirigeants.

On constate la même dérive opérée dans le domaine bancaire dans les années 80-90. Ce système fait planer une énorme menace sur la sécurité d’approvisionnement électrique de la Suisse si la chute d’un géant « too big to fail » devait survenir.

20161103-bli-akw-verlusteSource: blick.ch, étude Rechsteiner. Pertes en frs des centrales nucléaires suisses:
Total des pertes annuelles: Frs 637 millions

Pas tous les producteurs suisses d’électricité dans le même panier

Le style agressif imposé par les BKW, Axpo ou Alpiq n’est pas la seule voie possible. Ainsi, à l’opposé de ces entités, les Services Industriels de Genève (SIG) ou des Services Industriels de St-Gall montrent qu’il est parfaitement possible d’être à l’écoute de ses clients, d’intégrer les nouvelles technologies, de générer de la valeur économique en Suisse et d’avoir une gestion financière et humaine saine même, dans ces temps difficile. Bien que les SIG ne produisent pas, en quantité, autant d’électricité que les géants suisses, la contribution au chiffre d’affaires de ses unités de production électrique avoisine, comme pour Alpiq, les 5%.

Depuis que les SIG ont tourné la page des projets pharaoniques, l’institution en main des communes genevoises et du Canton, prouve qu’il est parfaitement possible d’améliorer l’efficience énergétique, d’innover, d’intégrer les énergies renouvelables et d’être très rentable.

 

De Prédateurs à Bienfaiteurs

L’arrêt de la production nucléaire pourra non seulement permettre à l’économie Suisse d’accélérer le processus d’innovation énergétique bénéficiaire aux entreprises et à la création d’emplois, mais également de développer ses propres technologies notamment dans l’internet des objets et des smart city, outils essentiels à l’efficience énergétique. L’Allemagne a déjà pris une longueur d’avance, mais la Suisse peut compter sur une base d’entrepreneurs innovants et créatifs pour saisir l’opportunité.

Elle demandera également aux barons de l’énergie de changer leur fusil d’épaule et de passer du rôle de prédateur à celui de bienfaiteur. Tout le monde en ressortira gagnant. Qui s’en plaindra ?

 

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Les inexactitudes de Doris Leuthard dans la campagne sur le nucléaire: Radio Suisse Romande

Alpiq will ihre Atomkraftwerke verschenken, Sontags Zeitung, en Allemand sur la vente pour 1 francs symbolique à la Confédération Suisse

Prix de l’électricité: les électriciens sous le choc

Salaire Andew Walo

Listes des solutions de stockage d’électricité pour les maisons et les particuliers (voir sous Suisse)

Les pertes d’Alpiq seraient dues à la production. Vraiment?

Energies et Economie: Revue Mondiale Octobre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Tesla: La Nouvelle Batterie Powerwall arrive en 2017
– Russie: Une nouvelle centrale nucléaire flottante
– Suisse: Le pays vote sur sa sortie du nucléaire
– Chine: Redevient le premier pays importateur de pétrole
– Nigeria: Retour à une production normale
– USA: Un des deux zigotos sera le Président
– OPEP: La baisse de production: info ou Intox?


L’OPEP a profité de son annonce avec un baril qui est monté jusqu’à 53$ durant le mois. Depuis, il a un coup de mou et retourne à la case départ, sans toucher de prime: il termine le mois à 49,71$ à Londres (49,24$$ à la fin septembre) et à New York 48.70$  (47.83$ fin septembre).

L’uranium dégringole. Belle chute à 20$  (23.75$ fin août).

Elon Mush présente ses nouveaux panneaux solaires en forme de tuiles et la Powerall 2, solution de stockage pour les particuliers

Monde

La dette mondiale dépasse les 152 trillions $ soit 2 fois le PIB mondial selon le FMI. C’est un paradoxe entre les taux d’intérêts qui tendent vers l’infiniment petit, voir négatif, et les dettes records du côté des pays et des entreprises (pour les 2/3). Si vous ajoutez que le prix du baril de pétrole est à la hausse, on devrait avoir un cocktail explosif dans les années à venir.

L’accord sur le climat de Paris a été adopté par plus de 140 pays. Il entre en vigueur dès le mois de novembre 2016.

Traditionnellement, les grandes entreprises du Fortune 1000 achetaient leur électricité aux producteurs. Ce modèle semble être maintenant dépassé. De plus en plus de compagnies réalisent les avantages stratégiques de produire leur propre électricité renouvelable et de la consommer directement. Après un investissement Capex (coûts d’achat), l’Opex (coûts de production) à prix marginal proche de zéro, procure un avantage stratégique sur celles qui continuent à acheter leur électricité.

Selon Bloomberg, d’ici à 2040, les voitures électriques auront compensé 13 millions barils/jour (b/j) de pétrole.

 

OPEP

Après l’annonce de l’OPEP sur la tentative de réduction de la production, le baril a gagné 10$ soit 320 millions $ par jour pour les producteurs de l’OPEP ou 9,6 milliards $ sur le mois.

Paradoxalement, l’OPEP a produit une quantité record de 33,24 millions b/j en septembre. La Libye, l’Irak et le Nigéria ont enregistré les plus fortes hausses durant le mois.

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Europe

Russie

C’est à ni rien comprendre. La production russe continue d’augmenter: 11,11 millions b/j en septembre +4%. Comment réussir cette prouesse avec de vieux gisements qui s’épuisent? Le record à battre est 11,48 millions b/j en 1988 avant la chute de l’URSS. De plus, les Russes ne profite pas encore des gisements exploratoires de l’Arctique.

La compagnie russe : Zapsibgidrostroy (imaginez le calvaire de la réceptionniste) a débuté la construction des docks qui vont porter la première centrale nucléaire flottante au large de Chukutka. La centrale devrait fournir de l’électricité pour les installations pétrolières et gazières offshores basées dans l’Arctique. La centrale débutée en 2007 nommée Akademik Lomonossov devrait entrer en production en 2019.

Comme l’Arabie Saoudite, la Russie est à son niveau record alors que les deux pays sont les fers de lance dans la réduction pétrolière mondiale.

Rosatom, le champion national du nucléaire, discute avec le Chili pour de possibles collaborations dans l’extraction de lithium.

 

Pologne

La course au gaz de schiste vient de se terminer alors que les deux entreprises d’état PGNiG et PKN Orlen ont finalement jeté l’éponge. Avant eux, ExxonMobil, Chevron, Total, etc. s’étaient déjà retirés d’un marché qui aurait dû rendre le pays riche comme Crésus depuis 2014 déjà.

 

Allemagne

L’Allemagne pourrait interdire la vente de voiture à essence/diesel d’ici à 2030, c’est en tout cas le souhait du Bundesrat.

La Deutsche Bank a reçu un coup de pousse de la Banque Européenne pour passer en douce le stress test selon le FT.com. Il aura fallu que quelques mois pour s’apercevoir de ce subterfuge.

L’histoire dira si Angela Merkel est une bombe à retardement ou une visionnaire pour l’Europe. Dans ses aventures du mois, la chancelière a poussé à la signature de l’accord de libre-échange CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) entre l’Europe et le Canada. Détail croustillant, l’Allemagne, via la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, s’est réservé le droit de sortir de l’accord et de laisser les autres pays européens patauger dans cet accord.

Le ministère de la mobilité aimerait interdire la vente de voiture Tesla en Allemagne. En cause : le pilote automatique jugé peu fiable. Tesla souligne avec délicatesse le retard important pris par les constructeurs automobiles allemands. Mercedes, Audi et VW ont annoncé l’arrivée prochaine de leurs modèles électriques d’ici à janvier 2020 déjà.

Audi va quitter le championnat du monde d’endurance pour se consacrer aux Championnats du monde de Formule Electrique.

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Deutsche Bank: ils avaient l’habitude d’être honnête, sûr et solide, comme… comme….
comme une VW
Dessin Chappatte

France

Les voitures électriques Mercedes, VW et autres présentées à la presse lors du salon de l’automobile de Paris ne seront restées qu’un seul jour : celui où les journalistes étaient présents. Les voitures à essence les ont immédiatement remplacées lors de l’ouverture au public.

Le président français s’illustre dans le livre “Un Président ne devrait pas dire ça”. En effet, un Président ne devrait pas dire ça.

 

Suisse

Durant le mois de novembre, les suisses vont voter sur la sortie d’ici à 2030 du nucléaire. Cela permettra de fermer la plus vieille centrale nucléaire du monde qui est dans un état catastrophique. Cela permettra à la Suisse d’enfin se lancer dans les énergies renouvelables et de se projeter dans l’avenir.

Inutile de préciser que les propriétaires de centrales nucléaires mettent une pression folle et articulent des chiffres qui ont le mérite de faire hurler de rire. Axpo et Alpiq voudraient demander plusieurs milliards de compensation si l’initiative devait passer. Ces chiffres tirés au hasard ont pour but d’effrayer le bon peuple qui doit commencer à en avoir marre de ces dinosaures.

Les Forces Motrices Bernoises (BKW), propriétaire d’une centrale nucléaire, ont fortement dévalué le prix de rachat de l’électricité photovoltaïque produite par les particuliers habitants le Jura. Le tarif de rachat est passé de 14ct à 4,5ct. L’arrivée sur le marché de la nouvelle PowerAll 2 d’Elon Musk (batterie qui permet de consommer directement l’électricité des panneaux solaires) devrait aider les citoyens à se passer des services des BKW.  Pour nos amis jurassiens qui recherchent des solutions de stockage voici des pistes: LG Chem Resu, SonnenBatterie Eco compact et la Tesla Powerwall 2 qui sera en vente fin 2017 pour 5’500$ et une capacité de 14 kWh.


Dessin Chappatte

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le 5% de la compagnie pétrolière nationale Saoudi Aramco est à vendre. Le prix n’est pas connu, mais une chose semble acquise Bolloré ne pourra l’acheter et refaire le coup de Canal+. La grande nouveauté est que l’entreprise va devoir ouvrir ses comptes dont la valeur est estimée entre 1’000 milliards et 10 trillions $. Perso avant d’investir dans cette nébuleuse, qui en 35 ans n’a jamais pipé mot sur ses chiffres et surtout montré ses réserves pétrolières, il serait judicieux de vérifier le potentiel futur. Si Ryad décide de lâcher les bijoux de la couronne, c’est que le tout pourrait être sur une pente descendante.

L’Arabie Saoudite désire racheter la raffinerie Motiva basée au Texas, USA. Ca tombe bien car Motiva est justement en train de racheter la raffinerie Lyondell Basell également au Texas. Du coup l’Arabie Saoudite pourrait acquérir l’ensemble des raffineries texanes.

L’annonce d’un accord entre Moscou et Ryad pour réduire la production pétrolière a donné de bons résultats. Malgré des tonnes de surplus, les traders ont la trouille de shorter le pétrole qui est passé sur la barre des 50$ durant le mois. Le ministre du pétrole a rajouté de l’huile sur le feu en annonçant l’arrivée prochaine d’un baril à 60$. 10$ de plus et c’est 70 millions $/jour de plus-value pour le Royaume. Mais la réalité du terrain est en train de rattraper la rhétorique.

L’Arabie a lancé une vente d’obligations pour un montant de 15 milliards $ afin de renflouer ses caisses. Le taux de 3,75% est jugé comme très sexy dans un monde où les intérêts négatifs mangent l’épargne.

Le Roi a coupé 71% des dépenses dans le budget annuel du Gouvernement, mais il reste encore de la marge pour agrandir le parking de Ferrari et autre babioles.

 

Egypte

L’Arabie Saoudite a cessé de livrer son or noir à prix réduit en l’Egypte. Le Caire dément qu’il s’agirait d’une mesure de rétorsion de l’Arabie Saoudite suite à un vote défavorable à l’ONU. Des excuses techniques ont été avancées alors qu’il est également possible que les retards de paiements en soient la cause.

 

Iran

Les compagnies pétrolières étrangères sont toujours un peu craintives pour investir dans le pays. Pour les convaincre, Téhéran a réalisé un «nouveau business model» qui devrait les rassurer.

En septembre, 2,8 millions b/j ont été exportés. La hausse de production de 300’000 barils provient de condensés extraits du gaz et qui sont utilisés par la pétrochimie.

 

Koweït

Le gouvernement a donné son ok pour que la compagnie pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation (KPC) fusionne avec la Kuweit Intergrated Petrochemical Industries Company (KIPIC). L’idée est de transformer une partie des 615’000 b/j extrait chaque jour en produits pétrochimique à plus forte valeur ajoutée.

 

Emirats Arabes Unis

L’Emirat se lance dans la construction du nouveau bâtiment le plus haut du monde à Dubai. La Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde déjà sise à Dubai, aura une petite sœur encore plus grande. Voilà de l’argent bien dépensé ! Ouverture : 2020 pour l’exposition mondiale.

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Les Amériques

USA

Elon Musk, le fondateur de Tesla, a annoncé la réalisation de sa nouvelle batterie Powerall 2 à l’usage des particuliers pour stocker leur énergie photovoltaïque. La batterie vendue pour 5’500$ a une capacité de 14 kWh soit le double de l’ancienne version. Elle sera commercialisée fin 2017.

L’accord de l’OPEP va fortement être influencé par la reprise de la production de schiste aux USA. Alors que le baril remonte, les frémissements ont augmenté du côté US. Mais il est encore difficile de convaincre les investisseurs de passer à la caisse.  Les USA importent actuellement 8 millions barils/jour de pétrole et le nombre de forages sur le sol US est de 428.

Le lobby de l’éthanol aimerait doubler la production d’additifs à base de céréales pour la production d’essence. Aux USA, l’éthanol peut s’élever à 10% dans l’essence. Ce marché représente 5 milliards $ de revenus pour les fermiers US avec une production de 60 milliards de litres. Les américains aimeraient exporter au Mexique, au Japon et en Inde. Comme la faim dans le monde a totalement disparu, faire avancer les voitures avec de la nourriture est tout à fait opportun. Il faut env 5kg de céréales pour produire 1 lt d’éthanol.

Le gaz a produit 448 gigawatts d’électricité en juillet 2016 +25% par rapport à  2012.

L’Etat d’Alaska a décidé de supprimer les avantages fiscaux accordés aux producteurs pétroliers. En cause le déficit de 3,5 milliards $ dans son budget. Avec cette mesure, 1 milliard $/an devraient entrer dans les caisses.

Dans les bonnes nouvelles. La pieuvre Goldman Sachs a réalisé un bénéfice de 2,1 milliards $ au 3ème trimestre. Et là, tenez-vous bien. La banque a supprimé 1’900 emplois alors que la masse salariale a augmenté de 36%!!!! En termes de trading, on appelle ça une prise de bénéfice !

Fracking – Schiste
En plus de s’être ramassé un sérieux bouillon dans ses investissements dans le gaz de schiste américain, la Banque Wells Fargo, est prise dans un scandale sans précédent pour avoir ouvert des comptes bidons et traficotage de sa compta. Le CEO, John Stumpf, s’est violemment défendu, remettant la TOTALITÉ de la faute sur son petit personnel. Le brave homme a finalement décidé de se quitter son poste, non sans encaisser ses indemnités de départ qui se montent à, full package, la modique somme de 137 millions $. Comme quoi au niveau des Banques, il y a une relation entre la taille de la connerie et les indemnités du boss. Je ne vous dis même pas ce que va ramasser le CEO de la Deutsche Bank le jour où il va s’en aller. Quand je pense à mon voisin qui s’est fait choper à 48 km/h dans une rue à 30 et qu’il risque la prison.

Le Texas, qui a fortement contribué à l’explosion de schiste jusqu’en 2014, a perdu 91’000 emplois dans ce secteur. L’Etat est le dernier au niveau national pour la création d’emploi pour le 11 mois consécutif.

Le débat sur le prix d’extraction du schiste continue. Il aura fallu un baril à 100$ pour voir son émergence même si 100 milliards $ ont été perdus dans des faillites. Le pétrole de schiste pourrait atteindre son peak oil d’ici à 3 ans indépendamment de la hausse des prix du baril. Les nouveaux gisements se trouvent encore dans des endroits prometteurs, mais pour les suivants la donne sera différente. D’ici à 2020, nous devrions avoir une meilleure vue sur la production.

 

Canada

Le premier ministre, Justin Trudeau aimerait implémenter une taxe sur les émissions de carbone d’ici à 2018.

Les producteurs de sable bitumineux s’inquiètent de l’émergence des voitures électriques selon Deloitte LLP. Parmi plusieurs scénarii, les producteurs risquent une transition forcée de ce pétrole financièrement très cher par les panneaux solaires et l’éolien pour la recharge des voitures.

Comme un pied de nez à aux pétroliers qui ont gouverné l’Alberta pendant des années, le nouveau gouvernement de la province étudie la faisabilité de produire la moitié de ses besoins en électricité avec du solaire.

 

Brésil

Le Congrès voudrait ouvrir l’exploitation pétrolière à des entreprises internationales au lieu de garder le monopole de Petrobras l’entreprise nationale. Les côtes du Brésil contiennent d’importantes réserves situées 3’000 m sous le niveau de la mer et à travers des couches de sel.

Selon les chiffres de l’ONG Forum brésilien de sécurité publique, le Brésil a dénombré près de 300’000 victimes d’homicides entre 2011 et 2015. Soit 160 par jour et une toutes les 9 minutes. Plus de personnes sont mortes au Brésil qu’en Syrie!

 

Venezuela

Le plus grand billet de banque : 100 Bolivars vaut un peu moins de 10 centimes € et coute plus cher à imprimer que ça valeur nominale. C’est ballot.

Le litre d’essence est vendu 6 Bolivar le litre (0,6 ct) ce qui ne génère pas un profit monstrueux pour la compagnie pétrolière nationale qui ne produit plus que 450’000 b/j.

Bien que le gouvernement tente de nourrir sa population avec le peu d’argent qu’il lui reste, la perte moyenne de poids durant les 5 derniers mois est de 7 à 15 kg par personne. A ce niveau, on peut imaginer que le mécontentement gronde. Il semble de plus en plus évident que le pays va s’écrouler tout comme la production pétrolière. Le président a réussi à reporter les élections et restera au pouvoir encore pour 3 ans.

Asie

Inde

La banque de développement Asiatique propose 500 millions $ pour aider à l’installation de panneaux photovoltaïques dans le pays. Il faut relever le geste. Pour une fois que la Banque de Développement ou la Banque Mondiale soutiennent autre chose que la construction de centrales à charbon ou des générateurs à diesel.

 

Chine

La Chine a importé une quantité record de pétrole en septembre : 8,08 millions b/j ou 38,5 milliards de litres durant le mois. La Chine redevient le premier importateur de pétrole devant les USA.

Pékin a ouvert de nouvelles raffineries et a exporté 2.37 millions b/j de carburants. La plus grande partie des importations sert à remplacer la perte de production des gisements onéreux. Le gouvernement préfère mettre en veille ses puits et acheter du pétrole bon marché. Les puits seront réactivés une fois que le pétrole remontera. La stratégie, à l’opposé de la totalité des producteurs mondiaux, semble géniale.

La bulle immobilière continue de gonfler sous l’impulsion de nouvelles constructions. Le gouvernement est de plus en plus inquiet sur l’atterrissage forcé bientôt en vue.

La balance du commerce montre une baisse de 10% en Septembre 2016 en comparaison de 2015. Cela renforce le sentiment que le PIB chinois sera un peu plus bas que les 6,9% espérés.

 

Kazakhstan

Le champ pétrolier de Kashagan, dans la mer Caspienne, est en construction depuis 16 ans. Il a déjà dévoré 53 milliards $ au lieu des 38 initialement prévu. Il aura fallu construire un pipeline en titane pour résister à la corrosion du pétrole très abrasif. La production devrait débuter d’ici à la fin de l’année avec 375’000 b/j prévus pour fin 2017.

 

Afrique

Nigeria

Le pays est sur le point de sécuriser un prêt de 4 milliards $ de la Chine. La Chine, qui a coupé une partie de sa production pétrolière locale (trop chère), diversifie ses sources d’approvisionnement. Le Nigeria, noyé sous la corruption et les attaques de ses installations pétrolières, propose un environnement difficile pour les majors étrangères mais cela n’inquiète pas trop les chinois habitués à ces détails.

Le Gouvernement poursuit judiciairement les compagnies pétrolières actives dans le pays : Shell, Eni et Chevron auraient exporté du pétrole sans payer de taxe et de royalties. Entre 2011 et 2014, quelques 12,7 milliards $ auraient passé entre les mailles du filet. C’est étonnant car ce n’est pas le style de ces entreprises de piquer dans la caisse sans rien dire. Elles se défendent en suggérant que le gouvernement tente de les extorquer.

Le pays produirait 1,9 millions b/j proche des 2,2 de l’année passée.

 

Libye

La Libye a réussi à pousser sa production à 600’000 b/j soit le double d’il y a quelque mois mais loin des 1,8 millions b/j des années Kadhafi. C’est une bonne nouvelle pour le pays qui a besoin de liquidités mais un peu moins pour la surproduction actuelle.

 

Tchad

ExxonMobil a été condamné à payer 75 milliards $ pour des royalties non payées dans le pays. Si les entreprises américaines commencent à se faire aussi lourdement extorquées que les entreprises étrangères qui font du business aux USA, l’ambiance va chauffer.

 

Phrase du mois

Armin Nasser, CEO Saudi Aramco
Just as the reliable oil produciton we’ve been seeing over the past coupld of years has happenend because of healthy investment, I am concerned that we will have the opposite effect over the next decade. “  It is crucial that long-term investment is not blocked by “environmental, regulatory and social pressures” particularly because remaining resources are increasingly challenging and expensive to develop”.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

250 milliards € pour fermer les Centrales Nucléaires

250 milliards pour fermer les Centrales Nucléaires

A l’heure où les Forces Motrices Bernoises vont fermer leur centrale nucléaire de Mühleberg en 2019 et qu’Axpo et Alpiq veulent donner une impression de faiblesse financière, la Commission Européenne estime qu’il faudra plus de 250 milliards € pour fermer et désaffecter les 129 réacteurs nucléaires en activité actuellement dans 14 Etats de l’Europe.

Dans une Europe endettée, cette nouvelle n’arrive pas au moment opportun et l’on comprend l’envie de certains de repousser le moment de passer à la caisse et de refiler le dossier aux générations futures.

A ce jour 89 réacteurs nucléaires fermés sont en phase de décontamination et 3 réacteurs ont jusqu’ici été complètement démantelés.

La Commission estime à 123 milliards euros pour le démantèlement des centrales et 130 milliards euros pour la gestion des déchets nucléaires. Par rapport à la précédente estimation de 2008, les chiffres ont progressé de 47%.

 

Une équation à plusieurs inconnues

Cependant, la grande question est: est-ce que ces chiffres sont fiables car il y a très peu d’expérience dans le démantèlement des réacteurs nucléaires et aucun pays n’a encore trouvé de solution au niveau des déchets.

Les propriétaires de Centrales auraient couvert le 50% de ces investissements mais de nombreuses centrales vont arriver en fin de vie dans les années à venir. Il n’est pas improbable que les Etats vont devoir puiser dans les impôts pour couvrir l’imprudence des propriétaires de centrales.

L’âge moyen des réacteurs est de plus de 30 ans. La question devient de plus en plus brûlante.

 

La France en grande difficulté

Du côté français, la Cour des Comptes a estimé à 100 milliards euros la remise en forme des centrales d’ici à 2025. Il faudra également 100 autres milliards euros à EDF pour décommissionner ces centrales alors que seuls 23 milliards euros sont provisionnés.

L’exercice se complique quand l’on découvre que la dette actuelle d’EDF se monte à 37 milliards euros, que le gouvernement Hollande propose de baisser les prix de l’électricité et que le géant français pourrait dépenser 25 milliards € pour la construction de deux centrales en Angleterre. On a beau tourner les chiffres dans tous les sens, ça ressemble à une mission impossible.

 

L’Allemagne est la première à faire face à cette montagne et ce défrichage est observé de très prêt. En tout cas, cette étape fait peur et il pourrait être un frein de plus pour remplacer les vieilles centrales par des nouvelles unités. En tout cas cette étape devra être réalisée avec transparence même si les mots “transparence” et “nucléaire” sont rarement utilisés dans la même phrase.

Mais tout évolue!

 

Revue Mondiale des Energies: Mars 2016

Comme chaque 1er du mois, retrouvez la revue mondiale des Energies & Economies

Monde_Map_Oil– USA: 1 million de maisons solaires
– Arabie-Russie: 50% d’augmentation du baril sur une rumeur
– Angleterre: EDF ne trouve pas le financement nucléaire
– Suisse-France: Malaise sur l’énergie hydraulique
– Inde: Boom de la consommation pétrolière
– Brésil: Dilma, Lula et PetroBras. La prochaine révolution
– Japon: Le sol de Fukushima gelé pour éviter la contamination
– Monde: 500 milliards $ d’investissements pétroliers coupés

 

A la Bourse

Le pétrole est remonté comme un bouchon de liège dans un verre d’eau grâce à une rumeur lancée par l’OPEP et la Russie. Après un stage à plus de 40$, il termine le mois à New York, 38.32$ le baril (32,78$ fin février) et à Londres 39.26$ (35,10$ à fin février).

Plus personne ne veut de l’uranium. Il plonge à 29.15$  (33,50$ à fin février 2016).

Prix du charbon : de 200$ la tonne en 2008, le charbon se vend à 40$ /tonne en ce moment.

 

Monde

Les prix du baril ont remonté grâce à une stratégie de communication orchestrée par L’OPEP et la Russie. Le concept repose sur une réunion providentielle au Qatar le 17 avril dont le but serait de s’accorder un gel de la production pétrolière! Tant Moscou que Ryad n’ont pas l’intention de baisser leur production mais n’ont également pas les moyens techniques de l’augmenter.
Commerzbank enfonce le clou et pense que cette réunion est une farce. Farce ou pas, ça marche!!! Au bonheur des pays exportateurs, les prix ont augmenté de 50% depuis cette annonce.

 

Peak oil

Wood Mackenzie annonce que 500 milliards $ (au lieu de 400) d’investissements pétroliers ont été coupés pour 2016 alors que la demande mondiale va augmenter d’un million barils/jour (b/j).  L’IEA s’inquiète car si les investissements ne vont pas s’accroître en 2017 et 2018, l’offre ne pourra plus suivre la demande.

En 2016, les nouveaux gisements (3 millions baril/jour) n’arriveront pas à compenser l’assèchement des anciens (3,3 millions b/j) selon Rystad Energy. En 2017, la différence devrait s’élever à 1,2 million b/j .

C’est la première fois depuis 1986 que les compagnies pétrolières voient leurs investissements diminuer 2 années consécutivement.

USA

Le nombre de forages est passé de 1’069 il y a 12 mois à 372 à fin mars (-150 depuis janvier).

Le fonds financier de la famille Rockefeller va sortir «le plus rapidement possible» de ses investissements dans le pétrole et notamment d’Exxon Mobil Corp. Le fond pense qu’Exxon a trahi le publique sur le réchauffement climatique. La justice de New-York est justement en train d’enquêter sur les agissement d’Exxon dans ce domaine. Plus tôt dans l’année, c’est le géant Peabody qui avait plié sous la justice américaine et Exxon se trouve à son tour sur le grill.

Un million de maisons américaines ont des panneaux solaires photovoltaïques sur leur toit ce qui satisfait la consommation électrique de 780’000 ménages. Le manque à gagner pour les producteurs d’électricité est estimé à 2 milliards $.

La consommation US d’électricité a atteint 3,72 milliards kWh en 2015 (-1.1%). La diminution provient de la baisse de la demande des industries et la stagnation des ménages.

Pétrole de schiste
Si vous aviez des actions des entreprises Sabine Oil & Gas ou Emerald Oil, pas de bol, ils ont fait faillite. Même punition pour Venoco qui laisse une dette de 1 milliard $ sur le tapis.

Si vous détenez des actions de Matador Resources (MTDR), Carrizo Oil & Gas (CRZO), Laredo (LPI), Oasis Petroleum (OAS) et SM Energy (SM) à l’heure où vous lisez ces lignes, vous devriez tout avoir perdu

Chesapeake a perdu 19,1 milliards $ en 2015, cumule une dette de 10 milliards $ et avec seulement 1 milliard $ en caisse. Il s’approche de la faillite mais ne plie pas. Le géant de schiste a également perdu son ancien CEO décédé dans un accident de voiture.

Peabody Energy Corp (BTU), le plus grand producteur de charbon américain (7’600 employés), s’est mis sous la protection de faillite et suit son ancien rival Arch Coal qui avait également levé les fers l’année dernière. La Banque Nationale Suisse posséde pour 25 millions $ d’actions dans l’entreprise.

Linn Energy, l’un des plus grand producteur d’énergie US, est dans une situation économique critique et pense ne pas pouvoir rembourser ses dettes.

Quel est le point commun entre Emerald Oil, Laredo, Oasis Pétroleum, SM Energy, Linn Energy, Chesapeake ou Peabody (toutes nommées ci-dessus?). La Banque Nationale Suisse a investi dans ces entreprises. Etrange, n’est-ce pas? Je dis ça, mais je ne dis rien!

 

Arabie Saoudite

En toute discrétion, François Hollande a décoré de la Légion d’honneur le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohamed ben Nayef. Ca tombe bien car l’Arabie Saoudite a justement besoin d’armements et pour la France, il est toujours sympa d’avoir un ami qui a du pétrole.

Le pays s’enlise de plus en plus au Yemen où plus de 3’000 civils sont tombés sous les munitions de l’armée d’Arabie Saoudite. Le Yemen est devenu le terrain de bataille entre l’Arabie et l’Iran.

Ryad a coupé 5% de ses dépenses et les coupes touchent tous les secteurs. Comme l’activité économique du pays est financée par le Gouvernement, l’impact devrait se répercuter sur toutes les entreprises.

En février, la production a atteint 10,22 millions b/j ce qui est stable par rapport aux mois précédents. Les mois chauds de l’année arrivent et vont limiter de moitié les exportations du pays.

France

La France a été sommée par la Commission Européenne de départir EDF de ses barrages hydroélectriques et de les soumettre à la concurrence étrangère. EDF pourrait même être écarté de cette vente aux enchères. Les autres pays comme l’Autriche, l’Allemagne ou la Suède ont trouvé une parade pour éviter ce pillage et de garder la gestion de leurs barrages. Pas la France.

De son côté, EDF semble être intéressée par les barrages suisses et comme certains ont été dévalués, notamment par Alpiq (dont EDF est actionnaire), la proie pourrait être intéressante et facile. Est-ce que la Suisse saura préserver son patrimoine?

 

Angleterre

C’est le 11 mai qu’EDF devra annoncer si l’entreprise a finalement trouvé le financement des 25 milliards € pour la construction des deux centrales nucléaires à Hinkley Point d’ici à 2025.

Selon le Financial Times, des ingénieurs d’EDF ont souligné la complexité du complexe nucléaire avec un redesign nécessaire des réacteurs et un retard minimum de 2 ans.

De son côté, les chinois partenaires financiers à hauteur de 30%, demandent qu’EDF soit responsable à hauteur de 80% des coûts additionnels et d’éventuels retards. Dans tout ce pataquès, Pékin voit venir les problèmes et on comprend cette soudaine envie de laisser la patate chaude dans les mains françaises.

Londres a planifié l’arrêt de centrales à charbon en 2025 en vue de l’arrivée en ligne de ses deux centrales nucléaires d’Hinkley Point. On imagine déjà les pénalités de retard.

L’EPR français ressemble furieusement au Concorde : une merveille technologique mais un fiasco commercial.

 

Suisse

Alpiq, l’un des plus grand producteur d’électricité suisse, a une nouvelle fois fortement amorti ses actifs afin de faire ressortir une perte dans ses comptes 2015. Durant les 3 dernières années, l’entreprise a généré plus de 1 milliard € de bénéfice avant amortissement/impôt et à chaque fois la CEO Allemande a fait modifier la comptabilité pour faire ressortir des pertes. Cette tactique interpelle.
L’entreprise chercherait-elle à dévaluer ses barrages en faveur d’EDF ou d’une entreprise suédoise ainsi qu’à se défaire de ses 2 centrales nucléaires fortement déficitaires?

Toujours du côté d’Alpiq, l’entreprise avait monté un plan de communication pour transférer ses centrales nucléaires au Gouvernement Fédéral. Le concept a été publié par la Bazler Zeitung et impliquait des hommes politiques influents comme Yannick Buttet, qui se trouve par hasard dans la commission de l’énergie. Il n’y a pas que le Brésil qui favorise les amis.

 

Allemagne

Vattenfall, le géant suédois, voulait vendre ses mines de charbon allemandes. Greenpeace était en lice pour les acheter dans le but de fermer ces deux mines de lignites. Vattenfall n’avait pas pris au sérieux Greenpeace et avait rejeté l’offre. Pas de bol pour Vattenfall, ils n’ont reçu aucune autre offre jusqu’à ce jour. Le management serait en train de méditer sur le diction: “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras” !

 

Russie

Par surprise, Moscou a annoncé son retrait partiel de Syrie. Les 9’000 sorties de son aviation ont permis au gouvernement d’Assad de reprendre le dessus.

La Russie aurait des réserves de 14 milliards de tonnes de pétrole de quoi tenir encore pendant 28 ans. Mais la production semble avoir touché un plateau et Moscou ne possède pas la technologie pour développer ses champs dans l’Arctique même si Gazprom Neft a annoncé le succès du forage dans le champ de Priraziomnoye. La plateforme pourrait produire 10’000 b/j. Cette quantité pour un forage en Arctique est insignifiant face au 10 millions b/j produits à terre.

La situation financière du pays va mieux grâce à l’augmentation de 50% des prix du baril de pétrole. Cependant, tout n’est pas rose.
Quand le baril flirtait avec les 100$, le gouvernement recevait 74$ pour chaque baril vendu; 15$ partait pour l’exploitation et le transport et 11$ pour les entreprises pétrolières.
Aujourd’hui avec un baril à 35-40$, Moscou reçoit env. 17$, les frais de production inchangés de 15$ et un bénéfice de 3$ pour les pétroliers.
Comme la moitié des revenus du pays provient du pétrole, vous comprenez les maux de tête du ministre du budget. Du côté des entreprises, elles ont coupé les frais d’exploration en attendant des jours meilleurs.

 

Brésil

PetroBras, l’entreprise nationale pétrolière annonce une perte de 10,2 milliards $ pour 2015 avec une dette de 130 milliards $. C‘est la Chine qui lui vient en aide via la China Development Bank avec un apport de 12 milliards $ en échange future de pétrole à des conditions favorables. Pour la peine, PetroBras va également licencier 12’000 personnes.

L’affaire Pétrobras secoue de plus en plus fortement le pays. L’ancien Président Lula aurait reçu une propriété privée et la présidente Dilma a tenté de protéger son mentor des enquêtes du juge Sérgio Moro en l’invitant dans le gouvernement. Du coup, le juge Moro a été suspendu de cette affaire après avoir publié les écoutes téléphoniques entre Dilma et Lula.

Dilma Rousseff était à la tête de PetroBras de 2003 à 2010 au moment où la corruption fut la plus forte au sein de l’entreprise. Elle pourrait être destituée et remplacée par Michel Temer. Ce dernier est pressé d’arriver au pouvoir car il serait également sur la liste des bénéficiaires de PetroBras. Un mandat présidentiel le mettrait à l’abri de poursuites.

Il risque d’y avoir une bonne ambiance durant les Jeux Olympiques.

Argentine

Le président Obama a dansé le tango sous les yeux du président argentin Mauricio Macri. Le pays pourrait détenir d’important gisement de schiste et les USA aimeraient leur refiler leur technologie et au demeurant d’importer le précieux liquide.

Hors sujet mais intéressant: 80% de la viande consommée en Argentine vient des USA! et la viande argentine est exportée en Europe. Cause: La viande US est moins chère que la viande d’argentine.

Buenos Aires maintient une politique de prix stables de l’essence à 67$ le baril afin de protéger les automobilistes des variations des cours. Actuellement la différence entre dans les caisses du gouvernement et permet de soutenir financièrement les producteurs pétroliers et notamment ceux de schiste qui ont besoin d’un baril au-dessus de 60$ pour survivre.

 

Iran

Téhéran continue de clamer haut et fort son envie d’augmenter sa production d’un million de barils/j d’ici à la fin de l’année afin d’atteindre son niveau d’avant-sanction de 4 millions b/j.
Mais entre la volonté et les capacités, il y a encore un pas: +187’000 barils en février pour un total de 3,1 millions b/j. Le gouvernement aimerait 900’000 baril de plus d’ici à la fin de l’année.

Les sanctions sont levées, mais peu de business a été activé. L’Iran peine a vendre son pétrole sur les marchés car les banques ont peur de se faire démonter pour une raison futile par la justice américaine. Pour l’instant, la touche “pause” est maintenue.

 

Syrie

Par surprise, la Russie se retire (en partie) de Syrie après avoir réussi à récupérer des villes importantes.

Le pipeline Irak/Kurdistan semble à nouveau en fonction. Pour le moment le pétrole, qui est produit dans la région de Kirkuk, n’utilise pas le pipeline entre les Kurdes et la Turquie. Bagdad privilégierait cette option pour négocier le partage des revenus du pétrole avec avec les kurdes.

Dessin Chappate

Chine

Pékin essaye de faire de son mieux pour convaincre les autres pays que son économie ne va pas s’écraser dans les mois à venir. Depuis début janvier, 100 milliards $ sont sortis du pays malgré les nouvelles réglementations imposées par le gouvernement.

L’industrie de l’acier, consommatrice de charbon, va réduire de 150 millions de tonnes sa production et se séparer de milliers d’employés dont les protestations sont de plus en plus visibles.

 

Japon

La centrale de Fukushima est toujours dans un Etat critique et fête le 5ème anniversaire de son explosion. Explosion il y a également au niveau du nombre de cancers surtout auprès des jeunes.

L’eau de refroidissement stockée dans d’énormes citernes devrait être déversée dans le Pacifique et il faudra encore attendre quelques années pour pénétrer dans les bâtiments des réacteurs 1-2-3. Même les robots ont une durée de vie limitée à l’approche des réacteurs.

TEPCO annonce avoir débuté le gel des terres autours de la Centrale de Fukushima afin de bloquer l’infiltration des eaux souterraines.

TEPCO, l’opérateur de la centrale a avoué avoir menti sur l’état de la situation après le tsunami. Bon tout le monde le savait, mais maintenant c’est officiel.

 

Inde

La demande pétrolière a augmenté de 300’000 b/j soit deux fois plus vite que les années précédentes.

 

Algérie

BP et Statoil pensent diminuer le nombre d’employés à cause d’attaques sur 2 gisements gaziers algériens d’Ain Amenas dans l’Est de l’Algérie le 18 mars. Les infrastructures gazières algériennes sont protégées par l’armée depuis les attaques de 2013 ou 40 employés avaient été tués, mais l’importance stratégie n’échappent pas aux milices islamiques.

Statoil, le géant pétrolier national, a fait face à une explosion dans l’une de ses usines en Algérie. L’unité basée à Salah a été touchée par des munitions explosives tirées à distance.

 

Tanzanie – Ouganda

La construction d’un pipeline va débuter en août de cette année pour un montant de 4 milliards $. Il sera terminé dans 2 ans pour connecter les deux pays en pétrole.

 

Phrases du mois

« Les défauts découverts ne sont pas des fissures, mais éventuellement des salissures ou des variations dans l’épaisseur du matériau par endroits». Andrew Walo Axpo sur les milliers de fissures découverts sur le réacteur de la centrale nucléaire du géant suisse.

Just as I believe you can’t take on Wall Street while taking their money, I don’t believe you can take on climate change effectively while taking money from those who would profit off the destruction of the planet” Bernie Sanders.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde. La revue complète

 

 

La menace d’une électricité trop bon marché!

La chute des prix du pétrole décime les entreprises du secteur. Les prix trop bas n’arrivent plus à couvrir les coûts de production et les faillites s’enchainent.

Il en va de même pour l’électricité où la baisse des prix est en train de ravager les producteurs européens qui accumulent les difficultés financières dans une ambiance de libéralisation et de restructuration.

 

Un constat: l’électricité est tout simplement trop bon marché !

electricity_pyloneLa similitude entre le pétrole et l’électricité est saisissante. Dans les deux cas, les producteurs inondent les marchés afin de générer le cash suffisant pour couvrir leurs obligations financières à court terme et conserver leurs parts de marché.

Cette surproduction déclenche une spirale négative et propulse toujours plus bas les tarifs jusqu’à pousser certains acteurs à payer pour se débarrasser de leur surproduction. Ainsi alors que le kWh se négociait à 7-9 ct € il y a quelques années, il touche le 1-2 ct aujourd’hui !

La surproduction européenne actuelle d’électricité repose sur trois facteurs principaux : la désindustrialisation de l’Europe, la chute des prix du charbon et l’injection du renouvelable dans les heures de pointe qui a tué la poule aux œufs d’or que représentaient le « peak » de consommation.

Ainsi depuis 2008, le prix de l’électricité de pointe est passé de 23 centimes d’euros le kWh à 4 centimes le kWh.

Cette fuite en avant favorise l’utilisation des matières premières les moins chères et à ce jeu c’est le charbon qui pulvérise ses concurrents comme le gaz, le fioul, l’hydro le nucléaire et dans une moindre mesure les renouvelables.

 

Le Charbon pulvérise ses concurrents

Alors que la dernière mine devrait cesser toute activité en Allemagne d’ici à 2018, les européens ont su trouver du charbon au rabais grâce à l’administration Obama qui subventionne financièrement les exportations «made in USA», et à la Colombie qui se laisse détrousser par des géants miniers, comme Glencore basé à Zoug pour des raisons fiscales, et qui inondent l’Europe d’un charbon exploité dans des conditions innommables.

Paradoxalement, c’est la diminution des importations charbonnières chinoises qui a fait chuter les cours et qui permet aux producteurs européens d’électricité de casser les prix.
(prix de l’électricité en Europe)

 

La facture d’électricité divisé en 2

Au niveau électrique, les gouvernements européens ont deux objectifs majeurs:
A) donner l’illusion d’une production électrique efficace et bon marché
B) offrir des prix très bas aux industries.
Le mécanisme est à deux étages: premièrement, en facturant seulement une partie des coûts de l’électricité aux clients finaux et deuxièmement en utilisant les impôts pour couvrir le solde.

In fine, le citoyen paie l’intégralité des deux factures mais il a le sentiment de profiter de tarifs avantageux tandis que sans le savoir ses impôts couvrent la différence.

Pour illustrer le processus, la France offre un cas d’école parfait. Au niveau européen, Paris propose des tarifs des plus avantageux. Si dans un premier temps, les citoyens ou les entreprises bénéficient de factures électriques allégées, dans un deuxième temps, l’Etat français doit puiser dans ses caisses pour éponger les 37 milliards € de dettes d’EDF.
Avant de se faire éconduire, l’ancien Directeur d’EDF, Henri Proglio avait demandé un doublement des prix de l’électricité. La proposition s’était fracassée contre le mur politique.

 

Les Entreprises publient des chiffres rouges vifs

Du côté de l’Allemagne, après avoir déprécié pour 8,8 milliards € d’actifs, le plus grand producteur d’électricité, E-On a annoncé une perte de 7 milliards € pour 2015 suite une perte de 3,2 milliards € en 2014.

L’autre géant national, RWE rapporte une perte nette de 170 millions € pour 2015 après 3 milliards € de dépréciations sur ses actifs de production d’énergie.

En Suisse Axpo et Alpiq annoncent des pertes mais le manque de transparence de leurs comptabilités ne permet pas de connaître la situation réelle. Les deux entreprises génèrent un bénéfice avant impôt et amortissement et ce n’est que la dévaluation massive de leurs actifs qui fait ressortir artificiellement des déficits. Le comportement d’Alpiq est des plus curieux, mais nous reviendrons dans un prochain article sur ce sujet!

On notera que ces quatre entreprises possèdent un parc de centrales nucléaires. Le détail est importante.

Ces “manipulations” comptables permettent à ces géants d’éviter des sorties de cash pour les paiements de dividendes et des impôts afin de constituer des réserves pour faire face aux pertes financières de leurs centrales nucléaires transformées en gouffre. Certaines essaient également d’enlaidir la mariée pour forcer les pouvoir publics à prendre en charge les coûts de ces centrales et d’autres dévaluent leurs barrages pour une future transaction juteuse.

 

Donner à l’électricité sa véritable valeur: Augmenter les prix!

Comme pour le pétrole, l’électricité a besoin d’un prix minimal idéal pour permettre la pérennité des acteurs et le passage à une production décarbonisée et la guerre des prix ne fait que de diminuer la mixité des moyens de production et met en péril la production et les investissements futurs.

Une solution serait d’ajuster les prix de vente aux coûts minimaux de production afin d’abandonner la gymnastique actuelle qui n’apporte que subsides indigestes, l’opacité des opérations et un manque de confiance face à l’industrie et aux politiques. Comme pour le lait, le retour des quotas de production permettrait de garantir la pérennité du système au futur.

 

Apporter la lumière aux producteurs!

Finalement les prix du pétrole et de l’électricité ne reflètent pas leur juste valeur. Tel l’eau et la nourriture, ils sont essentielles à notre survie et nous avons fini par croire qu’ils sont un dû, voir même une prestation qui devrait être gratuite. A la moindre hausse d’un centime, c’est la révolution alors qu’une augmentation annuelle de Frs 500.—de nos primes d’assurance maladie passe sans broncher.

Comment justifier qu’un abonnement à un smart phone soit plus élevé qu’une facture mensuelle d’électricité alors que son utilité est dérisoire en comparaison de notre appétit électrique.

C’est certainement pour ces raisons que les lobby et les politiques ont préféré transférer les vrais coûts de notre électricité dans nos impôts.

Faut-il ouvrir maintenant la boîte de pandore ou est-il préférable d’attendre l’opportunité d’une crise encore plus profonde ?

La transition énergétique pourrait rimer avec plus de transparence et surtout des prix qui reflète le marché économique. Il est paradoxal de constater qu’il faut apporter de la lumière dans un secteur qui prétend la créer!