Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela

La malédiction du pétrole s’illustre une fois de plus. Cette fois c’est le Venezuela qui en fait les frais. Si pour le grand public, l’image d’un gouvernement incapable et corrompu a été vendue, la partie non visible de l’iceberg révèle un enjeu pétrolier extrême. Actuellement dans les mains de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis ont la cruelle nécessité de s’approprier cet or noir.

Même si les USA sont devenus les plus grands producteurs pétroliers au monde, la mauvaise qualité de leur pétrole les oblige à incorporer le brut extra lourd du Venezuela pour produire du kérosène ou du diesel.

Sans ce pétrole, qui s’épuise, la suprématie énergétique des USA ne tient qu’à un fil.


Le Dilemme Américain

Grâce au pétrole de schiste, les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier au monde. Si la légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500’000 barils/jour de brut extra lourd du Venezuela.

Le Canada pourrait venir en aide à Washington, mais les capacités limitées des transports et les coûts importants des sables bitumineux de l’Alberta freinent le processus.

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied avec les lourdes sanctions financières, imposées par le président Trump au régime Maduro, les USA continuent d’accepter les livraisons de brut mais déposent les payements sur des comptes bloqués. Qui entre Caracas et Washington pourra tenir le plus longtemps, la question est posée.

 

26% du pétrole américain peut être raffiné.
Le restant 74%, doit être mélangé avec du brut lourd ou exporté.
Source: EIA

 

Trump : une pierre plusieurs coups

La stratégie du Président Trump repose sur plusieurs piliers : l’opinion publique, les élections de 2020 et l’argent.

Donald Trump fustige les dérives et l’incapacité d’un gouvernement «socialiste» en soulignant la précarité du peuple vénézuélien et le manque d’investisseurs. Ce message fait une pierre deux coups. A l’interne, il permet d’entrer en frontal avec les candidats démocrates «ouvertement socialistes» aux élections de 2020 et à l’externe de scinder le monde entre les méchants et les gentils.

Cette perception est renforcée par l’envoi d’une aide humanitaire, qui a pris une tournure de communication hollywoodienne, alors qu’elle devrait être organisée de manière neutre et indépendante. Cette suspicion de Cheval-de-Troie a été renforcée par, John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale. Son bloc-notes a dévoilé : “5’000 soldats américains en Colombie.”

 

Sur le bloc notes de John Bolton:
“5’000 soldats américains en Colombie.”

 

De manière plus discrète, le même John Bolton travaille sur le véritable objectif d’un renversement du président Maduro par son protégé Juan Guaidó : le pétrole.

ExxonMobil et Chevron devraient reprendre les installations pétrolières du Venezuela et assurer l’approvisionnement des raffineries américaines. Les Français, Total, Anglais BP et Espagnol Repsol sont également impliqués dans cette réflexion d’où la coopération immédiate du Président Emmanuel Macron et des Premiers Ministres Theresa May et Pedro Sánchez.

Nous discutons actuellement avec de grandes entreprises pétrolières américaines. Cela ferait une différence si nous pouvions faire en sorte que des entreprises américaines produisent le pétrole au Venezuela. Nous avons tous les deux un large intérêt. Ce serait une bonne chose pour le Venezuela et les habitants des États-Unis.” – John Bolton, Conseiller à la sécurité nationale (voir la vidéo sur Twitter)

 

Voir 5min40 secondes pour le pétrole

 

Peak Oil

A lui seul, le pays est en train d’illustrer le paradoxe pétrolier actuel. Le pétrole bon marché s’épuise et il devient de plus en plus onéreux d’extraire un baril.

Membre de l’OPEP, le Venezuela possède potentiellement les réserves pétrolières les plus importantes au monde et ses rentrées économiques sont à 96% assurées par cette manne.

Historiquement, le Venezuela ne s’est jamais remis de la crise de sa monnaie et de sa dette des années 80-90. Les régimes drastiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale n’ont finalement réussi qu’à monter la population appauvrie contre le président de droite Rafael Caldera.

Le libéralisme porté par les américains devait permettre de revitaliser le secteur privé et attirer les investisseurs internationaux. Pour tenter d’augmenter la production pétrolière, Caldera privatisa le secteur pétrolier. Malgré les efforts, le Venezuela a atteint son peak oil en 1997 avec 3,5 millions b/j.

Quand Hugo Chavez prit le pouvoir en 1999, la production avait déjà diminué de 1 million b/j. et la corruption ravageait le pays.

Aujourd’hui, avec l’illusion d’être assis sur une richesse pétrolière, le blâme se porte essentiellement sur le modèle économique socialiste des gouvernements Chavez et Maduro.

Il n’y a aucun doute que les erreurs de casting et la corruption ont endommagé l’extraction du précieux liquide. Mais la grande partie de l’or noir vénézuélien nécessite d’énormes quantités d’argent, des techniques avancées et un management professionnel. Tant que le baril tenait au-dessus de 100$, l’équation pouvait se résoudre. Avec la chute du baril en 2008 et en 2014, le Venezuela subit le même sort que l’Union Soviétique dans les années 1990.

Si aux USA, le pétrole de schiste ou les sables de schiste canadiens ont vu affluer, à perte, des milliards $ d’investisseurs étrangers comme des fonds de pension européens, les banques privées ou la Banque nationale Suisse, le Venezuela n’a pas eu autant de chance.

Au contraire, Caracas a dû continuellement se battre contre la justice et les fonds vautours (ex: Crystallex ou Pharo Gaia Fund Ltd) d’investissements américains pour rembourser, avec des taux indécents, les prêts effectués. Dans ce désastre financier, de Bush à Obama, Washington aura tout fait pour tendre vers la situation actuelle.

Ainsi, de 1998 à 2013, Chavez n’a pas réussi à saisir l’importance d’injecter de l’argent dans le système pétrolier. Il a dévié cet argent pour son usage propre mais aussi pour réduire la pauvreté en passant de 55 à 34%, à instruire 1,5 million d’adultes et avec l’aide de docteurs cubain à d’offrir là 70% de la population un système de santé gratuit.

Dès que le baril à chuté en juin 2014, le gouvernement s’est retrouvé à court d’argent pour soutenir la production pétrolière et ses programmes sociaux.

Le retour de manivelle fut édifiant avec plus de 3,5 millions de vénézuéliens obligés de s’expatrier pour simplement manger. En quelques années, le pays est tombé en ruine.

 


Moyenne de la Production pétrolière Venezuela depuis son peak oil en 1997.
Source EIA

 

Indépendance pétrolière

Demain, celui qui sera en charge du Venezuela héritera d’un pays dont l’agonie n’égalera que la vitesse de la baisse de sa production pétrolière.

Si pour la Russie et la Chine les risques se résument par la perte de plusieurs dizaines de milliards $ de créances et d’actifs ainsi que d’influence en Amérique Latine, le président Trump doit absolument garantir l’importation de brut conventionnel ou très lourd pour assurer la production de carburants pour ses camions et ses avions.

On pensait les petites nations plus vulnérables aux variations pétrolières. La position très inconfortable des USA démontre ce changement de paradigme. Nous produisons de plus en plus de pétrole, de moins en moins bonne qualité mais de plus en plus cher. L’équation n’a pas de solution dans le système économique actuel.

La vitesse à laquelle le Venezuela s’est écroulé, ne peut que nous inciter à trouver une indépendance pétrolière sous peine de subir le même sort.

Serions-nous tous en passe de devenir Vénézuéliens?

 

Les 3 plus grandes importations de pétrole, des raffineries américaines du Sud des USA
en milliers de barils par jour


Source: RBC Capital Markets

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Venezuela: Le pays se trouve à un tournant. Décisif?
– USA: La production de diesel est à la peine
– Mexique: Un pipeline explose : 107 morts
– Allemagne: Le pays annonce sa sortie du charbon d’ici à 20 ans
– Inde: La demande de pétrole et de charbon en forte hausse
– Angleterre: Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires
– Libye: L’insécurité plombe la production pétrolière
– USA: Boeing annonce son drone-passagers électrique et sans pilote.


 

Le pétrole a repris des couleurs. Il avait débuté l’année à 52,23$ et il est grimpé à 60,86 à Londres. A New York, il flirtait à 45,30$ le baril avant de se redresser à 53,74$.

 

Graphique du mois:

Par manque de pétrole lourd,
la production mondiale de diesel pourrait avoir touché un plateau

 

Pétrole

Le pétrole joue avec la barre des 60$ à Londres. Pour se déterminer sur son prix, il hésite entre plusieurs options comme les réductions de l’OPEP+, l’augmentation de la production de schiste aux USA ou le ralentissement de l’Economie chinoise. Pour l’instant la crise au Venezuela n’a pas encore fait bouger clairement les prix.

En 2019, les majors pétrolières vont investir 208 milliards $ pour le forage en haute mer selon Rystad Energy. Au total, 110 projets vont être lancés contre 96 en 2018 et 43 en 2016.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, a souligné que sur un total de 1 milliard de voitures en circulation, les 5 millions de voitures électriques ne font pas le poids pour solidement influencer la demande pétrolière.

Son exemplem est parlant. “Cette année, la demande pétrolière mondiale va augmenter de 1,3 millions barils/jour (b/j). Les 5 millions de voitures électriques vont économiser 50’000 barils/jour. 50’000 contre 1,3 millions”. Il est vrai que l’impact est minime.

Selon lui, les voitures ne jouent pas un rôle prépondérant dans la demande pétrolière. A l’inverse, les camions, la pétrochimie et les avions sont le sont. Au niveau mondial, l’aviation est exemptée de taxe pétrolière et de TVA.

 

Monde

Depuis 1978, les salaires des PDG ont augmenté de 997,2%, la productivité de 122,01% et les revenus des travailleurs de 10,9% selon Economic Policy Institute. Alors que la croissance s’est affirmée comme une nouvelle normalité, la productivité et les salaires s’essoufflent.

Comme les salaires des PDG, les températures de la planète ont atteint des records en 2018, +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La fonte annuelle des glaces, en Antarctique, est 6 fois plus rapide qu’en 1979, selon l’Académie américaine des sciences (PNAS).

 

Moyenne des températures pour 2018
par rapport à la moyenne 1951-1980

 

Les pays phares du mois

Venezuela

Sans conteste, le Venezuela est sur la première marche du mois de janvier. Une fois de plus, le pétrole se transforme en malédiction pour son pays.

L’agonie du pays semble arriver à un tournant. Washington et plusieurs pays dont la France, le Canada, le Brésil et l’Espagne ont annoncé soutenir Juan Guaido, l’ancien président du Parlement. Avant de se lancer, ce jeune homme de 35 ans avait reçu des garanties des grandes puissances.

Cependant, la Russie et la Chine ont investi des milliards $ sur Nicolas Maduro et son pétrole. On comprend que Moscou et Pékin n’ont pas envie de voir leurs actifs disparaître.

Dans la foulée, Trump a annoncé des sanctions pétrolières contre le Venezuela et l’arrêt des importations de 500’000 b/j. Revers de la médaille, cette décision pourrait faire augmenter les prix de l’essence aux USA, car le brut du Mexique, de l’Arabie Saoudite et du Canada est plus onéreux.

De plus, le pétrole lourd du Venezuela se marie parfaitement au pétrole de schiste américain très léger. Sans pétrole lourd, il est compliqué de raffiner le diesel ou le kérosène indispensable aux camions, bateaux et avions. De son côté, le Venezuela a besoin du pétrole de schiste américain pour liquéfier son pétrole lourd afin de le transporter.

Les entrées en devises du Venezuela proviennent essentiellement des ventes de pétrole aux Etats-Unis. Le reste sert à repayer les dettes russes et chinoises. Le pays devrait rapidement atteindre le point de bascule.

Actuellement, la production pétrolière va passer sous le million de barils/jour (b/j). Au temps de Chavez, elle dépassait les 3,5 millions.

En cas de renversement du gouvernement Maduro, les exportations pourraient encore fortement diminuer. L’histoire montre que le renversement d’un gouvernement ne permet pas de remonter aux niveaux d’extractions pétrolières initiaux.

 

Chine

Trump continue de demander à la Chine de respecter les brevets US, d’arrêter les subsides directs aux entreprises et de permettre aux entreprises américaines d’entrer dans le marché chinois. En résumé, le chef de la Maison Blanche demande simplement aux chinois de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde. Le prochain épisode devrait figurer dans la revue de février.

Les prévisions de croissance du PIB de la Chine pointent vers 6,3%. Pas sûr que les chiffres du gouvernement soient d’une précision chirurgicale, mais ils indiquent une tendance à la baisse.

La Chine a développé une certaine dépendance envers les dettes et les constructions. Au niveau de la dette, on avoisine les 300% du PIB et la Banque Centrale Chinoise vient d’injecter 84 milliards $ dans l’économie locale. Est-ce que quelqu’un pourrait toucher un mot à la Banque Nationale Suisse pour qu’elle injecte 1$ dans les entreprises suisses ? Oui, c’est possible !

Il n’aura fallu que 58,8 milliards $ d’investissements par Pékin pour soutenir ses entreprises de voitures électriques et devenir le No1 mondial dans ce secteur selon Center for Strategic and International Studies.

Le constructeur chinois de voitures électriques, Byton, annonce la venue de son nouveau bolide. La bête sera commercialisée autours des 40’000 € et affiche des performances remarquables ainsi qu’un design digne des constructeurs italiens. Byton entre en frontal direct avec les modèles de Tesla et les futures allemandes.

Le groupe chinois CNOOC espère doubler sa production pétrolière d’ici à 7 ans comme l’a gentiment demandé le Président Xi Jinping. L’objectif est de booster la production pétrolière nationale pour moins dépendre de l’étranger.

Dans l’univers fabuleux que crée le gouvernement chinois, ce mois, on relève la mise en service d’une application qui permet d’identifier dans un rayon de 500m les personnes qui ont des dettes! Via l’utilisation de l’application de communication et de payements WeChat (équivalent de What’s app), les informations des utilisateurs sont transmis au gouvernement.

Ce service actuellement en service dans la région de Hebei, devrait être généralisé dans toute la Chine dans une année. Elle permettra de rejoindre l’évaluation des citoyens, qui bloque à plus de 10 millions de citoyens, l’accès aux trains ou aux transports en commun.

 

26% de la production pétrolière américaine est apte au raffinage
Le reste doit être mélangé avec du pétrole plus lourd pour en faire du diesel, kérosène ou essence.

 

USA

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,4% aux USA.

Selon l’EIA, les USA devraient atteindre une production pétrolière de 12,1 millions b/j en 2019 et 12,9 en 2020. Les USA sont devenus le plus grand producteur mondial.

Les USA font face à une pénurie de pétrole lourd nécessaire à produire du diesel et du kérosène. Les coupes dans les importations du Canada, Mexique et l’arrêt des importations du Venezuela inquiètent les raffineurs américains. Le Mars, une qualité de pétrole lourd, se traite avec une prime de 6,8$ par rapport aux cours pétroliers, au plus haut depuis 5 ans. Le Peak Diesel commence à inquiéter.

En 2018, les investissements en énergie solaire ont diminué de 25% à 130,8 milliards $. Sur la même année, les investissements en énergie renouvelables ont diminué de 8% à 332 milliards $.

Malgré l’enthousiasme et le support du Président Trump, le nombre de centrales à charbon diminue à un rythme encore plus soutenu que sous Obama. Depuis le peak de production en 2011 avec 317,4 MW la production décroit.

Durant les 5 dernières années, 6 centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt et 35% du parc actuel devrait fermer dans les années à venir. Le nucléaire n’arrive plus à concurrencer les tarifs des énergies renouvelables et du gaz de schiste.

General Motors (GM) va utiliser sa marque Cadillac pour les voitures électriques et ses batteries BEV3. L’objectif est d’offrir une voiture avec un rayon d’action de 500 km.

BP va ajouter 1,3 milliard $ pour étendre les forages en haute mer de son gisement Atlantis dans le Golf du Mexique. L’entreprise avait essuyé un bouillon lors de la catastrophe DeepWater Horizon en 2011 avec des coûts qui ont dépassé les 60 milliards $.

L’entreprise PG&E, Pacific Gas & Electric, est l’une des premières grandes entreprises à faire les frais du changement climatique et des incendies monstrueux de la Californie. En octobre dernier, sa valorisation boursière atteignait 25 milliards $. Ce mois, elle est tombée à 4 et s’est placée sous la protection des faillites. C’est ballot pour la Banque Nationale Suisse qui vient de perdre ainsi 1,7 million $ supplémentaires dans la longue liste de ses déboire dans ses investissements fossiles aux USA.

BP a testé un nouveau système sismique pour découvrir du pétrole en eau profonde. Suite à son succès dans le Golfe du Mexique, cette technologie va être apportée en Angola et au Brésil.

Tesla Motor annonce le licenciement de3’000 employés (7%) afin de réduire les coûts. Les chinois arrivent sur le marché avec des véhicules aussi performants mais à un prix bien plus concurrentiel. Dans la foulée, Elon Musk annonce deux versions de ses camions entre 150 et 180’000$ et un rayon d’action de 900 km. La production n’a pas commencé. Cependant, dans le domaine des transports lourds, les camions à hydrogène semblent nettement plus performants et attractifs.

D’ici à 2022, VW va investir 800 millions $ pour construire une usine à voitures électriques au Tennessee. Plus de 1’000 emplois vont être créés.

Apple a fortement récompensé son PDG Tim Cook en lui offrant pour 2018 une compensation annuelle de 15,7 millions de dollars, + 22%.

 

Boeing a testé son premier drone taxi à décollage verticale et à propulsion électrique.
Airbus va présenter sa version durant le mois de février

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite va limiter ses exportations à 7,1 millions b/j pour février avec l’espoir de voir le baril remonter.

Dès 2021, Ryad planche sur la vente d’une petite part de son champion pétrolier Aramco. Au total, le gouvernement espère obtenir 10 milliards $ au lieu des 40 qui étaient sur la table l’année dernière.

L’offre avait été retirée car Aramco aurait dû publier ses réserves pétrolières et les investisseurs n’étaient pas hyper convaincus du business model. Selon l’agence DeGolyer et MacNaughton immatriculée à Dallas, Texas, les réserves d’Aramco atteignent 263,1 milliards de barils. Cette estimation a été accueillie avec scepticisme et un large sourire. Depuis 30 ans, ce chiffre n’a pratiquement pas bougé d’une virgule.

L’Arabie Saoudite n’abonde absolument pas dans la narrative du peak oil (pic pétrolier) et voit l’offre pétrolière augmenter au moins jusqu’en 2040. Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, assure que l’Arabie Saoudite pompera le dernier baril de pétrole mais cela ne devrait pas arriver dans les décennies et des décennies à venir.

Saudi Aramco et US Air Products and Chemicals vont construire la première station de production d’hydrogène dans le Royaume. La station sera prête cette année et alimentera des voitures Toyota.

Riyad a choisi le français EDF et Abu Dhabi Masdar pour construire une ferme d’éolienne de 400 MW pour 500 millions $ dans le nord du pays.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Rystad Energy a publié des chiffres stratosphériques sur l’avenir du pétrole de schiste US. A se demander quelle mouche a piqué le statisticien en chef ou s’il n’y a pas une formule qui est partie en vrille dans leur feuille Excel. A 58$ le baril, ils pensent que les USA pourraient extraire 24 millions b/j en 2025 soit plus que la Russie et l’Arabie Saoudite réunies.

Dans son Annuel Energy Outlook 2019, l’EIA est également d’humeur joviale pour le pétrole de schiste US. On sent que l’Agence de l’Information de l’Energie Américaine veut faire plaisir à son Président. On n’atteint pas les sommets de Rystad mais l’enthousiasme est intact. Jusqu’en 2040, les USA devraient produire 14 millions b/j.  Dès 2050, ils devraient redevenir importateur de pétrole. D’ici là, Baron Trump devrait reprendre les commandes du pays à son cher papa. Difficile de dire laquelle de ces deux prévisions se réalisera.

Sur le terrain, la tendance actuelle suggère que les forages les plus productifs ont déjà été épuisés et que les coûts de production grimpent avec les forages de seconde qualité. Après avoir augmenté de 1,6 millions b/j en 2018, la hausse prévue pour 2019 se limiterait à 950’000 b/j.

Argentine

Les gisements de gaz de schiste de la Vaca Muerta pourraient attirer jusqu’à 165 milliards $ d’investissements de la part de Chevron, Total et ExxonMobil. Il reste à déterminer si ces investissements seront rentables.

Mexique

Un pipeline a été percé par des voleurs de carburant et a explosé dans la ville de Tlahuelilpan. Le bilan de l’explosion a grimpé plus de 100 morts et 40 blessés. Deux jours plus tard, dans l’Etat de Querétaro, un autre pipeline a subit le même sort. Là, l’explosion n’a fait aucune victime.

Cette tragédie s’est déroulée après que le président Andrés Manuel López Obrador ait demandé à l’armée de prendre le contrôle de 58 installations pétrolières majeures dans le pays. L’objectif est de réduire la corruption et les vols de pétrole dans l’entreprise nationale Pemex.

Certains groupes ponctionnent la production de diesel et de carburants pour financer leurs activités. Les vols se monteraient à 3 milliards $ par an. Le carburant ainsi volé s’achète à la moitié du prix de marché. Les vols sur des pipelines sont produits 42 fois par jour, en moyenne, durant 2018.

Le gouvernement a coupé la distribution via certains pipelines. Le transport pourrait se faire grâce à l’achat de 500 nouveaux camions citernes. Cependant, le pétrole continue de s’accumuler dans les terminaux des différents ports. Plus d’une douzaine de tankers attendent d’être déchargés.

Les raffineries de Pemex ont une capacité de 1,63 millions b/j mais tournent à mi-capacité. Le pays importe plus de 600’000 b/j de carburants distillés aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Angleterre

Le Brexit est toujours en cours et les automobilistes roulent toujours du mauvais côté de la route.

Concernant les trains, Alstom France va produire des trains à hydrogène pour le marché anglais. Les trains Breeze entreront en service en 2022.

Suite à la demande du producteur de schiste Cuadrilla, de ramollir les normes environnementales pour l’extraction de schiste, le gouvernement est resté droit dans ses bottes et a refusé la requête.

Malgré plus de 2 milliards d’investissements déjà effectués, Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires. L’année dernière, Toshiba avait également abandonné l’idée. Au total, 6 projets ont été abandonnés ce qui ouvre une voie royale à la Chine, qui montre un intérêt certain à vendre ses centrales nucléaires « Made in China ». Cette perspective génère étrangement un frisson dans le dos.

Le démantèlement des plateformes pétrolières va coûter 31,4 milliards $ aux contribuables durant les 45 prochaines années selon la National Audit Office.

 

Allemagne

Après être sorti du nucléaire, l’Allemagne s’attaque au charbon et à la lignite. Le plan propose une sortie du charbon d’ici à 2038 avec un budget de 40 milliards €. Plus de 20’000 personnes travaillent actuellement dans cette filière. Vingt ans, est-ce trop court ou trop long ? La question divise les deux parties.

Le groupe VW va investir 30 milliards € dans les voitures électriques durant les 5 prochaines années. L’entreprise est en train de développer un châssis appelé MEB qui va lui permettre de limiter les coûts de production pour les 50 prochains modèles prévus d’ici à 2025.

 

Russie

A cause de l’hiver… la Russie ne peut pas diminuer sa production pétrolière selon le Ministre de l’Energie Alexander Novak. Le Ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, al Falih espère que Moscou réduise sa production (-288’000 b/j) afin de respecter la décision de l’OPEP+. La base de calcul  se base sur les chiffres d’octobre 2018 à 11,41 millions b/j.

De son côté, l’IEA annonce que la Russie a augmenté sa production à 11,5 millions b/j en décembre. Durant les 3 premières semaines de janvier, elle se situe à 11,39.

 

France

La fusion entre le français Alstom et Siemens rails pourrait être interdite par la Commission Européenne sur la concurrence. Les ministres de l’économie français Bruno Le Maire et l’allemand Peter Altmaier aimeraient voir l’émergence d’un géant européen du rail pour contrer le chinois CRRC. La fusion de ces deux géants permettrait de diminuer le nombre d’employés et les coûts. Reste à déterminer de quel côté de la frontière les pertes d’emplois seront les plus douloureuses.

Il est préférable que cette question ne doit pas être abordée tant que les gilets jaunes rodent dans les rues.

 

Suisse

Grâce à une essence très bon marché et un pouvoir d’achat élevé, le parc automobile suisse est le plus polluant d’Europe. Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2018 (+0,2%).

Du côté des constructeurs, les amendes pour les dépassements de CO2 se sont élevées en 2016 : à Frs zéro pour le groupe VW, BMW. Peugeot, Citroën et Frs 195’480 (€170’00) pour Mercedes soit fr 7.50—par voiture ! (€6.50). Il n’y a aucun doute, ces amendes sont dissuasives!

En 2018, le nombre de vente de voitures a reculé de 4,6% à 299’716. Les moteurs diesel ont chuté de 20,4%. L’hybride essence (+25,5%) et hybrides diesel (+209,6%), les véhicules électriques ont progressé de 7%. Par constructeur, le marché se décompose de la manière suivante: Volkswagen, une part de marché de 11%, Mercedes (8,6%), BMW (8,1%), Skoda (6,4%) et Audi (6,1%).

Un deuxième barrage de l’entreprise minière Vale s’est effondré au Brésil. Plus de 65 personnes sont mortes et 300 sont portées disparues. Le géant brésilien s’est établi à Saint-Prex, Suisse pour éviter de payer des impôts. Bien que l’entreprise ne compte qu’une poignée d’employés suisses, elle bénéficie d’un forfait fiscal qui défie toute concurrence.

Depuis 2016, un employé de la centrale nucléaire de Leibstadt a inventé des données dans les protocoles d’inspection sans avoir procédé aux tests. L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) note que ce n’est pas un cas isolé et il s’inscrit dans une série d’incidents dus à des erreurs humaines. La population et la sécurité de la centrale n’ont pas été mises en danger.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Suite aux sanctions, version allégée de l’administration Trump, Téhéran exporte 1 million b/j alors que ce chiffre était de 2,7 en mai dernier. Les passe-droits accordés à la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud arrivent à échéance à la fin mai 2019.

La situation du Venezuela pourrait aider l’Iran. Une coupure de livraison de l’Iran et de Caracas pourrait faire grimper les prix sur les marchés.

L’Iran va tenter de maintenir sa production pétrolière malgré l’âge avancé de ses forages. Plus de 30 projets vont être lancés pour un montant de 6 milliard $ et une augmentation de capacité de 281’000 b/j, en théorie…

 

Syrie

Le russe Gazprom va commencer à exploiter le pétrole et le gaz syrien. Avant la guerre, la Syrie extrayait 387’000 b/j dont 140’000 pour l’exportation.

L’instabilité dans la région nécessite une protection militaire pour les employés. Gazprom est en passe de devenir la première major à être militarisée.

Une pénurie de gaz pour générer de l’électricité, aider à la cuisson et le chauffage, touche la capitale Damas. A cause des sanctions américaines, le gaz iranien n’arrive plus dans le pays.

 

Irak

Au plus grand bonheur de Bagdad, la production pétrolière atteint 4,15 millions b/j avec des rentrées financières bienvenues.

La création d’une entreprise pétrolière nationale, INOC (Iraqi National Oil Company), s’avère plus difficile que prévu. La Cour Suprême demande de réviser les modalités notamment avec la partie Kurde du pays.

Le budget 2019 augmente fortement les dépenses du gouvernement et notamment les revenus garantis pour les Kurdes.

 

Depuis 2006, la production pétrolière de l’OPEP reste stable

Asie

Inde

Le pays importe de plus en plus de charbon pour ses besoins énergétiques. D’avril à décembre 2018, les quantités ont augmenté de 17% sur la même période en 2017.

La demande pétrolière indienne va augmenter de 245’000 b/j en 2019. Elle avait déjà augmenté de 250’000 barils en 2018. La consommation atteint 4 millions b/j.

La Northern India Public Service estime que la sortie de la production électrique à base de charbon va lui faire économiser 4 milliards $ sur 30 ans. La transition devra débuter par l’augmentation des tarifs (11$ par mois) pour ses 470’000 clients, afin de payer les investissements et de fermer les centrales à charbon. Les tarifs devraient diminuer dès 2023.

 

Australie

Pour la xème année consécutive, une vague de chaleur recouvre le pays. L’Australie ploie sous les incendies de forêts et l’augmentation d’hospitalisations. Visiblement, ce n’est pas encore suffisant pour que le gouvernement se penche sur le réchauffement climatique.

Pour l’instant, le charbon et le gaz conservent leurs privilèges.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Depuis décembre, les incidents, entre les milices, plombent la production pétrolière. Elle est descendue à 928’000 b/j soit 200’000 b/j de moins.

L’Italie tacle la France. Matteo Salvini accuse Macron d’être responsable du chaos libyen, alors que des affrontements ont ensanglanté la capitale Tripoli.

Évidemment il y a quelqu’un derrière les combats actuels. Cela n’arrive pas par hasard. Ma crainte, c’est que quelqu’un, pour des motifs économiques nationaux, mette en péril la stabilité de toute l’Afrique du Nord et par conséquent de l’Europe. Je pense à quelqu’un qui est allé faire la guerre alors qu’il ne devait pas la faire. À quelqu’un qui fixe des dates pour les élections sans prévenir les alliés, l’ONU et les Libyens” dixit Salvini.

 

Nigeria

Le français Total va développer un nouveau gisement en haute mer selon Patrick Pouyanné son PDG. L’avantage des forages en mer est d’éviter de devoir payer les milices locales qui demandent une rétribution sur le pétrole. Annuellement, les vols de pétrole et les petites enveloppes sont estimées à 3 milliards $.

La raffinerie de Dangote va pouvoir traiter plus de 650’000 b/j et couvrir la totalité des besoins en carburants au pays. La bête aura coûté plus de 12 milliards $ au milliardaire Aliko Dangote. Le brave homme a construit sa richesse avec le ciment. La raffinerie devrait entrer en fonction dès 2022.

Actuellement, le plus grand producteur africain doit exporter son pétrole pour le raffiner et le réimporter.

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

«La transformation du secteur de l’énergie, et des autres industries, n’a pas lieu parce que des environnementalistes nous y forcent. Elle a lieu pour des raisons économiques. Si on néglige cette transition vers davantage de durabilité, on va en payer le prix.» Francesco Starace, PDG, ENEL energie, Italie

«L’industrie automobile planifient des investissements sans précédent dans les batteries et les voitures électriques durant les 10 prochaines années. Une grande part significative de ces 300 milliards $ d’investissements sont dirigés vers la Chine.» Paul Lienert, Christine Chan, Reuters.

«Le monde n’est jamais prêt à la naissance d’un clown». Omar Porras

Clean energy solutions are not moving fast enough to meet the UN targets for curbing the effects of global warming, and alternative energies are unlikely to meet those targets without policy support” Charles Holliday, hairman, Shell.

For US shale production to go down, you need oil prices at $40 per barrel and below. That is not healthy for the Russian economy. We should not take competitive action to destroy US shale production.” Kirill Dmitriev, head of the state-backed Russian Direct Investment Fund,

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Suisse: 22’000 jeunes pour le Climat. Et moi?

La semaine dernière, plus de 22’000 jeunes romands ont battu le pavé pour faire entendre leur voix en faveur du climat. Objectif: secouer le laxisme politique helvétique.

Si l’on devait se souvenir d’un événement lors de la dernière COP24 en Pologne, c’est assurément le discours de la jeune norvégienne Greta Thunberg, 15 ans.

Dans un monde coincé dans un cul-de-sac, la jeune génération a une mission : se sortir de là, et par effet de bord, nous sortir de là!  Elle a la tâche de devoir faire table rase des incohérences de leurs parents et de leurs leurs aïeux.

Ces premières salves sont salutaires et donnent espoir.


 

Le nombre a surpris : plus de 22’000 ! Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Bien que les échos furent souvent positifs, quelques piques ont émergé. Cette frustration peut s’expliquer par un effet miroir. Cette jeunesse a le culot de nous mettre devant nos incohérences. Autant la discréditer pour nous rassurer et justifier notre passivité.

Le soir même, dans le TJ de la Télévision Suisse Romande, la journaliste interviewait un dignitaire politique, membre de la Commission de l’Energie. Lui aussi tenta de se rassurer en assénant un sec «la tranche 18-25 prend trop l’avion !» Schizophrène, ce même politicien venait de voter contre la taxe d’incitation sur les billets d’avion pour protéger le climat. (Qui a voté comment au Conseil National)

Biberonné à coup de voyages par leurs parents, les voilà pointé du doigt par papa et maman en personne!

 

La jeunesse ne voyage pas en business class

De tout temps, la jeunesse a utilisé les moyens de transport adapté à ses budgets. Il y a quelques années encore, le très accessible EuroRail était la solution pour découvrir les capitales ou pour traverser l’Europe.

Depuis, des conditions cadres ont été mises en place pour permettre aux compagnies d’aviation d’offrir des voyages pour le prix d’une pizza. Exemption totale de la TVA, aucune taxe sur le kérosène, libéralisation de l’emploi, grâce aux largesses de nos politiciens, le transport aérien a pu inventer le low cost.

La semaine dernière, un voyage en train à Bruxelles m’a coûté € 380. Ce tarif est sans appel et impitoyable pour un étudiant.

 

Des défis sans mode d’emplois

Les défis, qui sont devant nous, nécessitent de partir d’une page blanche ou l’expérience passée fait figure de frein. Climat, pic pétrolier, pic énergie, dettes abyssales, plateau de la croissance, toutes ces questions vont demander des réponses inédites.

Après la deuxième guerre mondiale, Keynes avait dû totalement reformater et improviser l’Economie pour éviter de reprendre les schémas qui avaient conduit à deux guerres. Sa clairvoyance amena les Trente Glorieuses.

 

Embrassons les idées des jeunes !

Depuis 2008, les décideurs mondiaux n’ont fait que de recopier les modèles qui nous ont menés à la crise.

La dernière COP24, en Pologne ou le G20 en Argentine ont parfaitement montré l’enlisement et la paralysie du monde. Dans cette obscurité totale, une pointe de lumière est née sous les traits d’une jeune fille de 15 ans. Son combat a été repris par des milliers de jeunes d’Australie, aux USA,  d’Amérique Latine en Europe.

N’éteignons pas cette braise, elle est peut-être la seule qui va éclairer notre avenir.

Nous, parents, grands-parents ou ainés, nous serions mal avisés de ne pas embrasser les idées de notre jeunesse. Pourquoi ne pas coopérer, co-créer et les motiver pour en tirer des idées innovantes.

Comme les gilets jaunes en France, la structure et la forme viendra avec le temps.

 

Par où commencer ?

Le politicien chevronné, mentionné ci-dessus, a suggéré à notre jeunesse de rejoindre un parti politique et de s’engager. Si l’on se base sur son pédigrée, le bons sens prendrait l’exact contraire. Ne pas rejoindre un parti pour ne pas se faire recadrer, formater ou rentrer dans le rang.

Alors jeunesse, quand tu as une idée, qui te semble juste, si quelqu’un la remet en cause, retourne simplement dans ta chambre et dit-toi, qui m’a dit ça, et qui a raison ?

Quant à nous, parents ou ainés, sachons trouver dans leurs idées de nouvelles énergies.

Dire que la jeunesse est notre futur n’a jamais été aussi d’actualité!

 

Dessin Chappatte

 

Le tourisme de l’Espace : ce nouveau jouet

Photo Virgin Galactic

Jadis, les voyages en avion étaient réservés à une élite richissime et des cadres d’entreprises. Il y a quelques années, l’arrivée des compagnies à bas coûts a ouvert ce luxe à la classe moyenne et moins aisée de notre société.

Dans certains pays, comme la Suisse, les pays nordiques ou les USA, le transport aérien est devenu une commodité aussi accessible qu’une pizza.

Sous l’impulsion d’entrepreneurs milliardaires, de nouveaux vaisseaux vont permettre à la classe supérieure de retrouver un luxe exclusif. Le tourisme de l’espace est d’abord une histoire d’argent.


 

La guerre froide entre la Russie et les USA avait permis l’émergence de la conquête spatiale. Les coûts et les défis technologiques ne pouvaient être surmontés que par les Etats.

Aujourd’hui, les compagnies privées des richissimes Richard Branson, Virgin Galactic, Elon Musk, SpaceX ou le patron d’Amazon, Jeff Bezos, Blue Origin, se concurrencent pour créer ce nouveau marché réservé à des portefeuilles très garnis.

Il faudra compter plus de 250’000$ pour un voyage de 2h30 afin d’observer notre planète en état d’apesanteur.

 

250’000 lt de carburants pour 2h30 de vol

Alors que les Branson ou Musk génèrent une partie de leurs revenus dans la lutte contre le changement climatique, à l’opposé le tourisme spatial englouti des quantités gargantuesques de pétrole. Schizophrénie ou green waching ?

L’envoi d’un vaisseau dans les hautes couches nécessite entre 150’000 et 250’000 litres de carburants. Ce voyage de 2h30 minutes annonce une moyenne de 100’000 kg/CO2 par passager !  Dans le monde, aucune machinerie n’est plus prolixe pour émettre autant de polluants en un laps de temps aussi court.

Dans les années à venir, on peut se poser la question de l’utilité, de la pérennité et de la justesse de ce nouveau concept d’autant que les quantités mondiales de pétrole à disposition tendent au déclin.

La solution SolarStratos, de l’aventurier Suisse Raphaël Domjan, de joindre la stratosphère avec des moteurs électriques semble faire bien plus de sens tant sur le plan énergétique, financier et éthique.

 

Ménager son égo et ses vols

En avion, le Suisse voyage deux fois plus que la moyenne européenne avec 2’000 km par année. Selon les statistiques, ce sont les 18-24 ans qui volent le plus, suivis de près par les 25-44 ans.

Si les vols dans l’espace pourraient rendre obsolète et ridicule (si ce n’est déjà pas le cas) les photos partagées sur Facebook, Twitter ou Snapshat d’une pizza servie lors d’un weekend à Barcelone, peut-être que nous ne serions plus obligés de parcourir le monde pour nourrir notre égo.

Tiens, SpaceX vient d’annoncer une réduction de sa voilure et licencie 600 de ses 6’000 employés.

Pendant ce temps dans son hangar, Raphaël Domjan, s’approche, en silence, des étoiles.

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Tous mes Voeux pour l’année 2019. Que la vie vous traite avec élégance et bonté.
– Pétrole: Des hauts et des bas pour terminer au plus bas
– Energies fossiles: Année record de consommation
– OPEP: Une année charnière et passée à jongler avec les prix
– Pétrole de schiste: Bientôt 8 millions de barils par jour
– Economie Mondiale: Quelle direction pour 2019?
– Asie: Record de consommation de charbon et de pétrole
– Climat: Il aura fallu une fille de 15 ans.


 

Avant de débuter cette revue, un grand merci pour votre fidélité à la revue mensuelle. Vous avez été plus de 550’000 à la lire durant cette année. Les nombreuses heures passées à dénicher les informations et les retranscrire trouvent preneurs.

Année chaotique pour le pétrole, une vraie montagne russe. A Londres, il avait débuté l’année relax à 69.02$ pour prendre un coup de chaud à 87$. Là, c’était sûr il devait atteindre les 100$ d’ici à la fin de l’année. Bingo, après une soirée trop arrosée, on le retrouve fin décembre avec un gueule de bois à 52,23$. Même topo à New York où il avait débuté à 64.50$ pour terminer à 45,30$.

 

Graphique du mois: Evolution du prix du baril de pétrole Brent en 2018  (Londres)

Climat

La COP24 de Varsovie s’est terminée. Le discours de Greta Thunberg, 15 ans, résume parfaitement le tout (voir vidéo ci-dessous).

On peut souligner la très forte présence des lobbies du charbon, du pétrole et du gaz avec des présentations qui donnaient à croire que les énergies fossiles sont la solution. L’industrie du tabac et des arracheurs de dents avaient mis la barre très haut, mais là, c’est encore plus fort.

Pour revenir aux choses plus sérieuses, nous avons atteint les 408 ppm de CO2. Un record et 2018 est la deuxième année la plus chaude depuis 1880.

Discours de Greta Thunberg (avec traduction) – COP 24

 

Economie Mondiale

En théorie, la demande de pétrole devrait augmenter de 1,5 million b/j en 2019. La croissance mondiale du PIB devrait atteindre 3,7%.

Quelle est la direction de l’Economie mondiale pour 2019? Les Banques Fédérales ont terminé leur alchimie après avoir injecté plus de 1’500 milliards $ dans les institutions financières. Est-ce une panacée ou la création d’un nouveau Frankenstein? Les premiers indices pointent du doigt le monstre.

Pour l’instant, les USA vont relativement bien. L’Europe tousse. La Chine continue de publier des chiffres enthousiastes sur son PIB, mais sont-ils réels?

Si l’on regarde du côté des bourses, 65% des traders sont des machines. Les machines pensent que cette année 2018 est moche. Pas facile d’avoir l’avis d’un humain. Heureusement qu’il y a Thomas Veillet et ses chroniques matinales.

En 2018, nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz et de charbon. Cette tendance souligne deux points: 1) l’Economie mondiale atteint des sommets 2) nous ne sommes pas sur le point d’apporter le début d’une réponse à Greta Thunberg.

 

OPEP

Année yoyo pour le cartel. Le début d’année avait débuté avec un resserrement de la production avec l’objectif de faire remonter les prix. La tâche fut facilitée par les problèmes au Nigeria, Venezuela et en Libye.

Il aura fallu un cafouillage iranien par le président Trump pour faire passer le baril de 87 à 52$.

Ce mois à Vienne, l’OPEP a proposé de réduire sa production de 1,2 million barils/jour (b/j). Cependant, aucun objectif contraignant n’a été indiqué par pays. L’OPEP cherche des volontaires.

L’utilité de l’OPEP est remise en question car la Russie (11,4 millions b/j), les USA (11,6) et l’Arabie Saoudite (11) produisent le tiers des besoins mondiaux de 100 millions b/j.

La relation de proximité entre l’Arabie et les USA, débutée après la deuxième guerre mondiale, est en train de se fracturer. La politique de fer menée par la pétromonarchie est de plus en plus en confrontation avec les valeurs occidentales. L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, par le prince héritier, n’a pas aidé. Cette tendance pousse l’Arabie à se rapprocher de la Russie comme le témoigne l’accueil, devant les caméras, de Vladimir Poutine à MbS lors de la dernière rencontre du G20.

Du côté des USA, on désire démembrer l’OPEP via le Département de la Justice. Motif: “manipulation des prix”. Nom de code: No Oil Producing and Exporting Cartels Act ou NOPEC.


Le changement climatique est causé par deux choses: L’activité humaine et l’inactivité humaine
Dessin Chappatte

 

Pétrole et Diesel

Une part de plus en plus grande de pétrole provient du schiste et des sables bitumineux. Cette qualité de pétrole est peu propice à produire du diesel ou du kérosène nécessaires à nos camions, trains, transports maritimes, voitures ou avions.

Si l’ère du peak diesel se confirme, cela génèrera d’importants changements dans notre consommation énergétique.

Du côté du brut, certaines prévisions tablent sur un baril entre 70-80$ pour 2019. Bien malin qui peut prédire le prix de l’or noir.

 

Paris 1896-1900. Magnifique vidéo de l’époque de nos arrières-grands-parents.

 

Charbon

Poussé par l’Inde et la Chine, la demande de charbon augmente à 3’800 millions de tonnes (+0,2% par rapport à 2017).

Pékin consomme toujours le 50% du charbon mondial. Il devient de plus en plus apparent que l’ambition de la Chine d’améliorer la qualité de l’air tout en augmentant son PIB soit difficile à tenir.

La Chine va mettre en service 259 GW de nouvelles centrales à charbon qui correspond à la totalité du parc actuel américain.

 

Nucléaire

L’avenir du nucléaire repose essentiellement sur la Chine. Il n’y a pas d’autre pays au monde qui construit autant de centrales nucléaires. Huit sont en construction et dans les mois à venir, Pékin va mettre en service 3 nouvelles centrales pour arriver à un total de 40 réacteurs.

En Chine, la part du nucléaire représente 4% de l’électricité produite (7% pour le solaire et l’éolien).

Détail effrayant ou intéressant, les coûts de construction d’une centrale en chine sont deux fois plus bas qu’en Europe et aux USA. Du côté de la France, de la Finlande en passant par les USA et l’Angleterre, les coûts des centrales en construction explosent.

Dessin Chappatte

 

Arabie Saoudite

Année très difficile pour l’Arabie Saoudite qui s’embourbe dans la guerre au Yémen et dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. La stabilité de l’approvisionnement mondial de pétrole repose sur la stabilité de Riyad. L’équation devient de plus en plus ardue.

Afin de combler la diminution pétrolière de l’Iran, suite aux sanctions de l’Administration Trump, l’Arabie avait poussé ses exportations à 7,7 millions b/j en octobre (+268’000 b/j par rapport à septembre).

Suite à ce manque de coordination avec la famille Trump, le Ministre du pétrole saoudien a annoncé que le pays allait réduire sa production. Il espère l’équilibre entre l’offre et la demande durant l’année 2019.

Le budget du pays va augmenter de 7% à 295 milliards $ (+34 milliards par rapport au budget 2018). Une partie de cet argent ira au budget surréaliste alloué à l’armée (70 milliards $) ainsi qu’aux aides financières octroyées aux saoudiens. Ces aides financières permettent à la famille royale de rester en charge du pays et d’acheter les récalcitrants.

Pour boucler ce budget, l’Arabie a besoin d’un baril à 84$ soit 30$ de plus qu’actuellement.

A la surprise générale, le Roi Salman bin Abdelaziz Al Saoud a remanié son gouvernement. Il a gardé son fils le Prince Mohammed ainsi que le ministre du pétrole.

 

Chine

Pékin ne va pas acheter du pétrole aux américains. Habiles négociateurs, les chinois s’engagent avec confiance avec le fantasque Trump et semblent attendre avant d’utiliser le gaz et de pétrole pour limiter la balance commerciale entre les deux pays.

Xie Zhenhua, le chef du Climat de la délégation chinoise, est «déçu» du retrait des américains et encourage les USA à reprendre sa place dans les discussions sur le climat. Il y a 3 ans, cette déclaration aurait été impensable de la part de la Chine.

Pour tempérer les ardeurs climatiques de la Chine, la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) a signé des accords avec Chevron, ConocoPhillips, Shell, Total et Equinor pour développer les champs pétroliers offshores de Pearl River Mouth Basin.

La Chine a importé 9,3% de charbon de plus qu’en 2017, à 271 millions de tonnes.

Pékin a validé les restrictions les émissions polluantes du transport maritime. Cette règle, implémentée au niveau mondial, limitera la vitesse des bateaux ainsi que l’utilisation du brut extra lourd.

En novembre, 173’000 voitures électriques ou hybrides ont été vendues, +18,5% sur une année à l’autre. Depuis le début de l’année 1,05 millions de ces véhicules ont été vendues en Chine, +63%.

A la Bourse de Shanghai, l’indice composite a perdu cette année 24,6%, celui de Shenzhen a chuté de 33,2% et Hong Kong, qui a régressé de 14%.

 

USA

La production pétrolière atteint 11,6 millions b/j et augmentera de 1,5 millions b/j en 2019. Les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier mondial.

Les importations de pétrole se sont élevées à 3,1 millions b/j en 2018. Il y a dix ans, avant l’arrivée du schiste, les USA importaient 11,1 millions b/j.

Grâce au gaz de schiste, les USA sont en passe de devenir un acteur mondial dans le gaz liquide (LNG). Cependant, l’arrivée du très polluant gaz de schiste dans les maisons européennes pose de gros soucis environnementaux. Alors que le méthane du gaz naturel est dangereux pour le climat, le schiste américain explose toutes les statistiques.

ExxonMobil demande à l’Agence de l’Environnement EPA d’augmenter la régulation sur les émissions de méthane lors de l’extraction pétrolière et gazière. Deux raisons à cette requête. La major fait face à une pression de ses investisseurs sur les conséquences du réchauffement climatique et les petits acteurs pétroliers n’arrivent pas à s’offrir ces systèmes.

La production électrique éolienne du Texas a atteint un niveau record de 51% à 19,2 GW.

Dès 2029, tous les bus qui circuleront en Californie devrait être électrique ou à hydrogène afin de respecter les réglementations sur les émissions.

Quand Trump a changé les règles de consommation et de polluants pour les véhicules, les plus grands supporters se trouvaient dans l’industrie automobile, même s’ils ont souligné que les changements étaient trop importants. Sans surprise, il s’avère que le véritable déclencheur fut l’industrie pétrolière. Marathon Petroleum, le plus grand raffineur du pays, a fortement utilisé de son influence et celle de ses actionnaires, les frères Koch, pour amoindrir la législation.

 


Les gisements de pétrole/gaz de schiste aux USA

 

Europe

Après des années de perfusions pour les banques privées, la Banque Européenne va arrêter d’injecter des milliards dans le système.

Les ventes de voitures ont diminué de 8,1% en novembre à 1,16 million d’unités.

 

Finlande

La Finlande a mal à ses nouvelles centrales nucléaires. Alors que l’EPR Areva, de Olkiluoto, a déjà plus de 10 ans de retard et un budget pulvérisé, le gouvernement avait confié au russe Rosatom la construction d’une nouvelle centrale. Basé sur un type de réacteur standardisé, tout devait rouler comme sur des roulettes.

Ce qui devait arriver, arriva. La construction de la centrale nucléaire de Hanhikivi 1 va prendre 4 années de retard selon Rosatom. Décidé en 2010, le réacteur devrait entrer en fonction en 2028 au lieu de 2024. Pour ne pas trop fâcher les citoyens durant les Fêtes de fin d’année, on ne parlera pas du dépassement financier.

 

Hollande

Sous la pression des actionnaires, Royal Dutch Shell va devoir réduire son empreinte carbone. Total et BP ont déjà plié et la major hollandaise en fait de même.

Dès 2020, les bonus du PDG Ben van Beurden et des cadres seront influencés par l’atteinte de ces objectifs. Cimate Action 100+, qui regroupe 300 institutions et 32’000 milliards $, pousse les gros pollueurs à réduire leurs émissions pour atteindre les objectifs de Paris.

Ainsi Total investit dans le solaire et les batteries. ExxonMobil dans les biocarburants à base d’algues. Chevron dans la captation du CO2 et le norvégien Equinor dirige 15% de ses investissements dans de nouvelles solutions énergétiques dont l’éolien. Les investissements restent modestes, mais c’est un début. Voir le graphique ci-dessous:

 


Investissements dans les énergies vertes par les majors pétrolières de 2010-2018
en % de leurs investissements totaux
Source Financial Times

 

France

Le gouvernement a reculé face à la pression des gilets jaunes. Il a aboli sa taxe sur les carburants, renonce aux conditions de contrôles techniques des véhicules polluants et gèle les prix de l’électricité jusqu’en mai 2019.

Paradoxalement, 4 ONG, dont celle de Nicolas Hulot, ont lancé une pétition pour lancer un recours en justice contre le Gouvernement Macron. Motif «action insuffisante contre le réchauffement climatique. » Ce qui est un euphémisme pour qualifier l’enthousiasme du gouvernement Macron dans ce domaine. En quelques jours, 2 millions de personnes ont signé la demande.

On ne met jamais un banquier à la tête d’un pays! La France découvre cet adage et ce principe de précaution élémentaire.

Durant les 2 dernières années, les banques françaises ont financé à hauteur de 43 milliards € les énergies fossiles selon l’association OCSFAM.

Les pays qui possèdent un taux d’égalité élevé entre les citoyens obtiennent souvent les meilleurs résultats dans l’implémentation de la transition énergétique (les pays nordiques).

Contre toutes les règles de protection de la nature et de l’environnement mais avec le feu vert du président Macon, le pétrolier TOTAL a commencé à forer du pétrole dans la Guyane française. De son côté le Brésil a refusé de donner son feu vert sur sa portion de territoire.

 

Suisse

Le fabricant de scies à silicium et de panneaux solaires, Meyer Burger, va transférer 90 emplois en Chine. Fin 2012, l’entreprise employait encore plus de 2’200 collaborateurs. Ils ne sont plus que 900.

Le développement pour les scies à diamant reste en Suisse car la recherche est presque entièrement subventionnée par le gouvernement helvétique. La Chine aurait tord de refuser cette aide généreuse.

Le producteur d’électricité AXPO annonce une progression de 29% de son bénéfice avant intérêts et impôts (Ebit) à 348 millions de francs.

Le canton de Vaud a interdit l’exploitation de gaz ou de pétrole de schiste ou toutes les hydrocarbures sur son territoire.

L’empreinte de gaz à effet de serre d’un citoyen suisse est de 14 tonnes par années. La moyenne mondiale est de 6 tonnes. Le Suisse consomme deux fois plus l’avion que ses collègues européens avec une moyenne de 2’000 km/an. L’Aéroport de Genève désire passer de 18 à 25 millions de passagers dans les années à venir.

Le gouvernement Suisse ne veut pas limiter l’extraction de pétrole ou de gaz de schiste. Cerise sur le gâteau, les gaziers vont pouvoir importer le très polluant gaz de schiste des USA. Les très puissants lobbies comme l’Union Pétrolière Suisse et des gaziers comptent de nombreux élus dans leurs escarcelles.

Un drone pliable qui se rétracte pour passer où il veut

 

Russie

Le ministre du pétrole, Alexander Novak, prévoit une production de 11,145 à 11,165 millions b/j pour 2019. Cela dépendra également de la politique de l’OPEP+ et d’une diminution de 228’000 b/j que la Russie devrait réaliser. La Russie produit actuellement 11,42 millions b/j.

La production pétrolière russe ne fait que de monter depuis la mise en service en 2008 de nouveaux champs pétroliers. Si les informations du Ministre Novak se confirment, ce serait une première baisse en 10 ans.

Le Parlement Européen condamne la construction du gazoduc Nord Stream 2 qui pourrait relier la Russie et l’Allemagne et doubler la quantité de gaz livrée à Berlin et à la Hollande. Le Parlement parle de sécurité d’approvisionnement énergétique. Sous la pression américaine, l’Europe importe de plus en plus de gaz de schiste des USA. De son côté, Gazprom, dévie de plus en plus ses livraisons européennes vers l’Asie.

L’entreprise atomique russe Rosatom a reçu la mission par Moscou d’ouvrir une voir maritime dans l’Arctique durant toute l’année. Les brise-glaces nucléaires de Rosatom ouvriront une ligne taxi pour les cargos qui relient l’Europe à l’Asie. Cette route permettra également l’extraction et le transport du pétrole exploité dans l’Arctique.

 

Allemagne

BMW et Porsche ont réalisé un nouveau système de recharge FastCharge de 450 kW. Cette nouvelle centrale de recharge permet de connecter les voitures électriques du standard européen Type 2 en moins de 3 minutes pour 100 km pour une batterie de 90 kWh comme pour la nouvelle Porsche.

Jusqu’en 2030, Daimler prévoit d’acheter pour 23 milliards $ de batteries pour ses véhicules électriques. Pour l’instant, Daimler se fournit chez LG Chem, China’s Contemporary Amperex Technology et SK Innovation.

Le constructeur de camion MAN va tester son eTruck dans l’usine de Porsche à Stuttgart. Le camion pourra transporter 32 tonnes. Avec 149 kWh, il pourra parcourir 130 km. Il faudra 45 minutes de plus pour ajouter 100 km. Est-ce que l’électrique est adéquat pour les camions ?  La réponse est en cours.

Daimler Trucks Amérique du Nord a livré son premier camion électrique pour le marché américain: le Freightliner eM2 106 d’une puissance de 480 chevaux et 325 kWh avec un rayon d’action de 300 km.

 

Le Freightliner eM2 106 Electrique de Dailmer. A destination du marché américain

 

Moyen Orient

Iran

Les revenus pétroliers du pays ont augmenté de 55% entre mars et octobre 2018. La fin de l’année est nettement plus compliquée. Suite aux sanctions américaines en octobre, les exportations se monteraient à 762’000 b/j, au plus bas depuis 5 ans avec une diminution d’un million de barils par jour.

La Suisse pourrait vendre à l’Iran des produits humanitaires comme de la nourriture, médicaments ou appareils hospitaliers en utilisant un nouveau mécanisme de payement approuvé par Washington.

Le pétrolier Total a été puni d’une amende de 572’000$ par une cour de justice parisienne. Motif: le géant pétrolier aurait corrompu, en 1997, des officiels (30 millions $) pour développer des champs pétroliers South Pars en Iran.

Depuis les sanctions américaines de novembre 2018, Total s’est retiré de South Pars et de l’Iran. Le français a été remplacé par une entreprise chinoise.

 

Irak

Le ministre du pétrole, Thamir, a annoncé que Schlumberger va forer 40 puits dans le champ pétrolier de Majnoon. Le champ produit déjà 240’000 b/j. En juin, Shell avait quitté ce champ.

L’administration Trump a accordé 90 jours de plus à l’Irak. Motif, l’Irak à besoin du gaz iranien pour produire 30% de son électricité.

 

Qatar

Le pays a annoncé sa sortie de l’OPEP pour «officiellement» se concentrer sur l’exploitation de gaz. Le Qatar était membre de l’OPEP depuis 1961 et produit 600’000 b/j sur les 31 millions de l’OPEP.

Cependant, cet acte symbolique est un pied de nez à l’Arabie Saoudite qui dirige le cartel.

L’embargo de l’Arabie Saoudite contre Doha est toujours en vigueur même si les effets restent minimes.

Pour améliorer l’ambiance entre les deux pays, Riyad a proposé la création d’un canal sur sa frontière afin d’isoler le Qatar et d’en faire une île. Les soucis de budget de l’Arabie Saoudite pourraient compromettre cette idée.

 

Syrie

Le président Trump a décidé de retirer ses boys du pays. Comme la nature à horreur du vide, les turques, russes, iraniens et syriens se sont portés volontaires afin de reprendre cette place. L’avenir des Kurdes est en question.

Il faudra surveiller les implications de cette décision à travers le Moyen-Orient. Mine de rien, cette région pétrolière alimente en pétrole notre standard de vie.


Demande pétrolière mondiale 2014-2018
Source IEA

 

Les Amériques

Etats-Unis Schiste

Les USA annoncent que le Bassin Permien contiendrait 46 milliards de barils de pétrole, 20 milliards de baril de gaz liquide et 8 milliards m3 de gaz. Ces chiffres indiquent les ressources techniquement exploitables. Aucun information n’est donnée sur le niveau des prix à atteindre pour rentabiliser ces réserves.

L’EIA prévoit une augmentation d’extraction du schiste de 134’000 barils/jour en janvier.

Au Dakota du Nord et au Sud Texas, les exploitants ont dû passer aux forages de deuxième catégorie. Le Dakota du Nord pourrait déjà avoir atteint son peak oil. A confirmer. Le peak oil du pétrole de schiste aux Etats-Unis pourrait arriver dans les 3-5 années à venir.

ExxonMobil est devenu le plus grand pétrolier dans le Bassin Permien et annonce des coûts de production à 35$ alors que les compétiteurs avoisinent les 45$. L’avantage d’Exxon, c’est de pouvoir noyer ses chiffres du schiste avec ceux bien plus prolifique du pétrole conventionnel.

Dans la presse spécialisée, l’impact de la chute des cours de l’or noir sur les producteurs de schiste est abondamment analysé. L’un des moyens utilisés par les pétroliers est de manipuler les chiffres de la comptabilité et de se focaliser sur les forages les plus lucratifs. L’allongement des forages horizontaux et l’injection de quantité de sable toujours plus important augmentent les coûts sans toutefois garantir une meilleure profitabilité.

Comparaison des prix Octobre 2018 et 19 décembre 2018
entre les différentes qualités de pétrole américain

Baril Américain (prix standard) / Pétrole de schiste Eagle Ford / Pétrole de schiste du Bakken / Pétrole bitumineux
Ex: quand le baril américain se vend à 47,41, le schiste du Bakken et à 20$

 

Canada

L’expansion des pipelines Trans Mountain et Keystone XL sont au point mort. Le projet du pipeline Northern Gateway a été mis de côté. Du coup, les producteurs des sables bitumineux de l’Alberta ont été forcés de faire des rabais jusqu’à 40$ le baril pour écouler leur pétrole à perte. (voir graphique ci-dessus)

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau offre 1,2 milliards $ à l’industrie pétrolière des sables bitumineux afin de soutenir les emplois dans l’Alberta. Au lieu de donner cet argent aux pétroliers, ne serait-il pas plus efficace de donner cet argent aux employés pour les aider à trouver un nouvel emploi? Je dis ça, je ne dis rien.

Pour aider à réduire les stocks, la première ministre de l’Alberta Rachel Notley a ordonné une réduction de 325’000 barils par jour, à compter du 1er janvier.

Justin Trudeau envisage d’aider à financer l’achat de wagons citerne pour accroître le volume de transports pétrole des sables bitumineux. Pour mémoire à son arrivée, l’ami Trudeau plaidait pour que le Canada prenne des initiatives sur le réchauffement climatique.

 

Mexique

Le nouveau président, Andrés Manuel López Obrador, veut que son pays produise plus de pétrole d’ici à 3 ans.

Le gouvernement va injecter 3,7 milliards $ pour soutenir l’entreprise nationale Pemex. Le pétrolier devra investir dans une nouvelle raffinerie pour 8 milliards $ ainsi que 23 milliards $ (+14%) pour l’extraction pétrolière.

 

Venezuela

La production pétrolière a chuté à 1,1 million b/j. Au début de l’année, elle était de 2,2 millions. En 1998, le pays exploitait 3,5 millions.

Dans une situation financière critique, le Président Maduro a demandé et obtenu de Vladimir Poutine, une rallonge financière de 5 milliards $ en échange de pétrole.

La Chine et la Russie portent financièrement à bout de bras le Venezuela en échange d’or noir. Cependant, Moscou s’est plaint que les remboursements pétroliers envers la Russie se font parfois attendre, alors que Caracas s’exécute à la minute pour les traites chinoises.

 

Brésil

En 1 an en Amazonie, l’équivalent de 1 million de terrains de foot de forêts ont été rasés pour laisser place à la culture du soja et à l’exploitation forestière.


Production du pétrole de schiste aux USA, en milliers de barils/jour
Source IEA

 

Asie

Inde

Le pays a importé 4,2 millions b/j de pétrole en novembre. Les besoins énergétiques de l’Inde grimpent à une vitesse fulgurante.

L’Inde est devenue le deuxième importateur de charbon derrière la Chine.

 

Australie

Le pays est devenu le plus grand exportateur de gaz liquide (LNG) devant le Qatar avec 6,5 millions de tonnes contre 6,2 pour Doha.

 

Singapour

Plus de 150 millions $ de pétrole ont été volés dans la plus grande raffinerie du pays. Une douzaine de personnes ont été arrêtées dont plusieurs employés de Royal Dutch Shell.

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

La National Oil Company (NOC) a déclaré l’état de force majeur dans le champ d’El Sharara et ses 315’000 b/j. Le gisement a été intercepté par une milice locale qui désire recevoir une part du bénéfice ainsi que des emplois rémunérés.

Le premier ministre, Fayez al-Sarraj, s’est rendu sur place pour détendre l’atmosphère. Pour l’instant, la NOC a refusé de payer afin d’éviter de donner des idées aux dizaines d’autres milices du pays.

 

Nigeria

La justice italienne a reconnu que Eni et Shell ont préparé des petites enveloppes à destination des dignitaires du pays. Les deux entreprises avaient payé 1,3 milliards $ dont 1,1 pour les petites enveloppes.

Le français Total va commencer à exporter du pétrole en très grande profondeur du gisement Egina à proximité des côtes du pays. Le gisement a une capacité de 200’000 b/j. et se trouve immunisé des sabotages qui a lieu sur les terres.

 

Phrases du mois

«La France des gilets jaunes constitue un contre-exemple, dans lequel l’Etat n’a pas réussi la synthèse entre la portée environnementale et la portée sociale. La taxe carbone s’est ajoutée à un système fiscal terriblement inégalitaire. La transition juste, ce n’est certainement pas de faire payer les citoyens les plus modestes, mais plutôt de faire participer les entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre » Anabella Rosemberg, Greenpeace.

Alors que les standards techniques et technologies ne sont pas établis dans beaucoup de nouvelles technologies, c’est une opportunité en or pour l’industrie de notre pays pour augmenter nos efforts de standardisations afin de “dépasser” tout le monde en prenant une autre voie.». Gouvernement Chinois: China Standardization Administration

L’économie de la qualité, il faut se battre pour ça. Le prix n’est pas une valeur. La valeur est ailleurs comme le disait Warren Buffet. Entre une baguette de pain à 80 ct € et une baguette de pain à 1,2€, la baguette à 80 ct n’a aucun sens.  Elle ne vient pas d’une bonne farine, elle ne vient pas d’une bonne agriculture, elle ne paie pas suffisamment l’agriculteur qui l’a produit.
Une baguette à 80 ct € on la paie 3 fois. Une fois à la caisse, une fois chez votre médecin, une fois avec vos impôts pour nettoyer les terres des produits chimiques.
”  Frédéric Anton, chef cuisinier, Meilleur ouvrier de France

Nous vendons les voitures que les gens veulent acheter (selon un fabricant automobile). “Non, vous vendez les véhicules grâce aux pubs que vous faites sur les voitures que vous voulez leur vendre.” Corinne Lepage, ancienne ministre environnement France

«Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Même ce fardeau, vous le laissez aux enfants (…) Notre civilisation est sacrifiée pour qu’un tout petit nombre de personnes puisse continuer à faire beaucoup d’argent, pour que ces mêmes personnes puissent continuer à vivre dans le luxe. En 2078, je fêterai mes 75 ans. Si j’ai des enfants, ils passeront peut-être cette journée avec moi. Ils me parleront peut-être de vous… Ils me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait pendant qu’il était encore temps d’agir. Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout et pourtant vous volez leur avenir sous leurs yeux. (…) Nous sommes venus ici pour vous faire savoir que le changement était en train d’arriver, que vous le vouliez ou non.» Greta Thunberg

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

2 drones bloquent 100’000 passagers à Gatwick

L’aéroport de Gatwick, Londres, a été fermé pendant des dizaines d’heures. Tous les vols ont été annulés bloquant plus de 100’000 voyageurs. Motif : deux petits drones ont joué au chat et à la souris avec les autorités.

Qu’importe les motifs des propriétaires de ces deux drones. Cet incident révèle au grand public une vérité connue des professionnels: la totale paralyse et lourdeur de l’industrie de l’aviation civile et des agences de contrôles aériens pour s’adapter aux nouvelles technologiques et aux défis environnementaux.

Paradoxalement, c’est grâce à ce genre d’incident que les drones pourraient sauver l’industrie aéronautique.


Depuis les années 1970, le monde de l’aviation civile s’est empêtré dans une course à une surrèglementation sclérosante.

Aujourd’hui, le labyrinthe des règlementations interdirait tout bonnement l’introduction de la technologie des radars qui date pourtant des années 60.

Cette complexité voulue favorise les grands acteurs comme Airbus, Boeing et bloque la venue de concurrent et freine la remise en question des monopoles. Il en va de même pour les agences de contrôles. Durant les 30 dernières années, les mots «innovation» et «Eurocontrol», «ASEA» ou «FAA» ont peiné à se retrouver dans la même phrase.

Il y a 3 semaines, 11 villes et régions Européennes, dont Genève, étaient réunies à Amsterdam pour discuter de l’utilisation des drones dans la mobilité urbaine, la sécurité, la sureté, la protection de la vie privée des citoyens, la standardisation, l’acceptation des citoyens, etc.  Nous devions rencontrer le directeur de l’Agence Européenne de Sécurité Aéronautique, AESA. A la dernière minute, il annula sa présence sans un mot d’explication. Tout un symbole.

 

Préférer les dividendes à l’environnement

Alors que tous les domaines des transports maritimes, des voitures, des camions ont apporté des solutions afin de réduire leurs émissions polluantes et dangereuses pour le climat, l’industrie aéronautique s’est réfugiée dans son opacité pour maintenir le statu quo et ses privilèges.

Les cordes sensibles de la sécurité et de la sûreté sont utilisées pour justifier et éviter toute taxe sur le kérozène. A défaut de canaliser une partie de leurs revenus vers le climat, l’industrie privilégie les dividendes aux actionnaires.

 

Les solutions existent

En janvier 2019, Skyguide et l’Office Fédéral de l’Aviation Civile (OFAC) vont officiellement lancer en Suisse le programme U-Space. Ce système permet d’identifier, de contrôler et de surveiller en même temps, les drones et les avions. En août de l’année prochaine, Helsinki testera ce système. In fine, drones et avions pourront se partager le ciel de manière sûre et sécurisée.

On peut saluer le pragmatisme et le leadership des institutions suisses. La Suisse n’est pas seulement un havre pour les entreprises de pointe dans l’aviation et les drones, mais la collaboration intelligente avec les agences de contrôle est une référence au niveau mondial.

Finalement, c’est justement grâce aux drones, aux avions électriques ou à hydrogène que l’industrie de l’aviation va pouvoir opérer sa transformation et surtout assurer sa survivre.

Les incidents anglais de cette semaine peuvent raisonner comme une alarme capable de réveiller les plus endormis. Il est fort à parier que Skyguide et l’OFAC vont recevoir des téléphones en provenance de Gatwick et du monde entier.

 

Qui remplacera la voiture à pétrole ?

Inventé en 1887, le bon vieux moteur thermique montre des signes de faiblesse. Incapable d’améliorer son efficience énergétique et de diminuer ses émissions polluantes, il doit sa survie grâce aux pétroliers et à la frilosité de l’industrie automobile face aux changements.

Comme les ampoules électriques, terrassées par les performances des LED, le moteur à essence n’est pas loin de céder sa place à la voiture électrique, à hydrogène ou autre. A défaut de répondre aux changements climatiques, nous assistons à un combat géopolitique entre pays pour imposer son type de véhicules et ses standards.


 

Dans cette bataille, les acteurs sont connus : la vieille Europe, la Chine, les USA ainsi que le Japon et la Corée du Sud.

Une certitude : le moteur à explosion entre dans une ère de déclin. Depuis plus de 100 ans, les gains d’efficience n’ont que peu évolué. Sur 10 litres de carburants, 2 litres seulement servent à propulser le véhicule. Le reste est gaspillé sans autre forme de procès.

 

Honda Clarity à Hydrogène

 

Too fat to Move

Les mastodontes européens comme Mercedes, Audi, VW, Fiat ou les américains GM ou Ford entrent à reculons dans l’évolution de leurs moteurs. Il aura fallu le scandale des moteurs truqués pour initier une petite flamme. Cependant, le problème principal réside dans le fait que ces géants sont devenus bien trop gras pour bouger et pour innover.

Leur inertie est maintenant bouleversée par les 400 constructeurs chinois d’automobiles électriques bien plus agiles et agressifs. (voir BYD)

Un directeur de l’innovation de BMW me confiait récemment. «Il y a 3 ans, nous avions plus d’une centaine de doctorants dans nos centres en Chine. Cette année, nous avons eu de la peine à en trouver une poignée. Aujourd’hui, les étudiants privilégient les constructeurs chinois plus dynamiques et moins «old fashion». S’il y a 5 ans, les modèles chinois nous faisaient sourire, aujourd’hui, ils sont en passe de nous dépasser.»

 

Electricité ou Hydrogène

La nature ayant horreur du vide, la Chine a immédiatement trouvé sa place. Au lieu d’entrer en confrontation frontale, Pékin a élaboré de nouveaux standards pour dépasser ses concurrents en prenant une autre voie: la voiture électrique.

En plus d’être propriétaire de plus de 90% des terres rares, métaux essentiels aux batteries et aux composants électriques, Pékin a patiemment ratissé et acheté les gisements de lithium à travers le monde. La boucle est bouclée et la Chine tient fermement son os. Il devient de plus en plus difficile de construire une voiture électrique sans le feu vert de Xi Jinping.

Quant au gouvernement français, il fait une pierre deux coups en instruisant Renault et PSA d’utiliser l’électricité pour promouvoir autant ses champions du nucléaire que ceux de l’automobile.

Là encore, il s’agit d’une préoccupation essentiellement économique et stratégique sans se soucier de l’écologie. Cela explique qu’à ce jour, le recyclage des batteries n’est pas inclus dans le business modèle.

 

Hydrogène

L’hydrogène s’appuie sur les faiblesses des voitures électriques et thermiques : pollution et rayon d’action. Alors que la pollution est réduite, le rayon d’action des véhicules à hydrogène est identique aux versions à carburant.

De plus, les camions électriques mettent au défi les batteries et la stabilité des réseaux. Dans ce domaine, l’hydrogène s’impose. Avec une autonomie de 600 km voir 1’000 km, Alstom a lancé ses trains en Allemagne pour remplacer le diesel.

Du côté des USA, Toyota Motors, le camionneur Kenworth et Shell se lancent dans la construction d’un «truck hydrogène» pour le port de Los Angeles ainsi que d’un réseau de stations à d’hydrogène. Pour les voitures, la Californie propose déjà 33 stations de recharges pour les 4’500 voitures en circulation.

Pas encore sous l’étreinte chinoise, les coréens Kia et Hyundai ainsi que les japonais Toyota et Honda en ont profité pour prendre le large avec leurs Mobis, Mirai ou Clarity.

Mieux encore, dans les 10 prochaines années Hyundai va investir 6 milliards € pour mettre en circulation annuellement 500’000 voitures alimentés par des piles à combustible. Le coréen va également équiper ses camions et attaquer le marché européen.

 

Entre ces deux types de véhicules, nous pourrions également assister à un partage possible. Les voitures électriques pour les petits trajets urbains et l’hydrogène pour les déplacements plus lointain entre les villes. Mais cela n’est que pure spéculation.

La voiture, que nous conduirons demain, sera certainement le résultat du bras de fer qui s’engage aujourd’hui.

 

 

Pétrole: le baril dégringole à 45$

Comme un pied de nez à la COP24 sur le climat, le baril de pétrole dégringole à 45,79$ à New York et 55,89$ à Londres, soit une baisse de plus de 30$ depuis début octobre.

A la fin de l’été, le consensus tablait sur un baril à 100$. Mais à la bourse, à chaque fois que c’est «évident», c’est le contraire qui se passe. Surproduction des 3 géants USA, Russie et Arabie Saoudite et perspectives économiques moins roses que prévues sont les ingrédients pour tenter d’expliquer cette dégringolade.


 

Début décembre, l’OPEP+ annonçait une réduction d’extraction pétrolière de 1,2 millions barils/jour (b/j) afin de faire remonter les cours. Le top départ de cette initiative était annoncée pour janvier.

Comme une marmotte au début de l’hiver et avant l’entrée en vigueur des quotas, les producteurs ont profité pour accumuler un maximum de réserves en extrayant des quantités maximales de pétrole.

L’Agence Américaine de l’Energie annonce que les USA sont devenus les plus grands producteurs du monde avec 11,7 millions b/j. Même si ces chiffres seront «corrigés» à la baisse dans quelques mois, la tendance est là. La Russie a également poussé ses machines à fonds avec 11,4 millions b/j en décembre et l’Arabie Saoudite tourne à 11.

De plus, comme les perspectives économiques de la croissance mondiale sont moins enthousiastes, les traders poussent les prix vers le bas.

 

Production de schiste aux USA en millions de barils/jour. Source IEA

 

Aux USA, les extractions de pétrole de schiste sont en forte augmentation de +134’000 b/j sur décembre ce qui compense les pertes du Venezuela.

Cependant, le prix de vente du pétrole de schiste US est passé sous les 40$ à 39$ le baril.

Déjà qu’à 60$, les pétroliers américains espéraient un timide bénéfice, à 39$, leurs pertes se chiffrent en milliards $. Le soutien inconditionnel des institutions financières internationales reste un mystère.

 

 

Champs de pétrole de schiste aux USA

 

L’OPEP tente de repousser les prix du pétrole vers 70-80$

La réunion des membres de l’OPEP a entériné une diminution de 1% de l’extraction mondiale de pétrole à -1,2 million de barils par jour. L’objectif est de freiner la chute des cours de 87 à 58$ le baril (-33%) des deux derniers mois pour remonter dans une fourchette de 75 à 85$.

Pour le cartel, cette base devrait permettre des rentrées suffisantes de pétrodollars, de soutenir la croissance pour maintenir la demande de pétrole et de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. A ce petit jeu, chaque pays défend ses propres intérêts.

Ne serait-il pas le moment d’envisager une transition hors des griffes du pétrole?


 

Depuis 2006, les variations extrêmes du baril déstabilisent autant les producteurs que les pays importateurs de pétrole.

C’est la deuxième fois depuis 2014 que l’OPEP doit intervenir de manière aussi vigoureuse. De 100$, les cours étaient descendus à 40$ en quelques mois. Aujourd’hui, la potion magique est la même: réduire l’offre.

Cette fois, ce sont les décisions à l’emporte-pièce de Donald Trump face à l’Iran qui ont totalement déstabilisé l’industrie pétrolière mondiale. D’un embargo total, Washington a lâché du lest à la dernière minute, en vue des élections de mi-mandat.

Dans les faits, Donald Trump terrasse tous les fondamentaux pour imposer sa vision à très court terme et assurer sa prochaine réélection en 2020.

 

Quel est le juste prix du baril ?

Les USA

Donald Trump souhaite des tarifs pétroliers sous la barre des 50$. Cela permet d’offrir à son électeur, Joe America, un carburant bon marché, ainsi que de stimuler l’activité industrielle et l’économie nationale. Ces trois facteurs pourraient lui accorder un second mandat.

Quant aux monstrueux déficits de l’extraction de pétrole de schiste, les Blackrock, JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, UBS, Credit Suisse, etc. sont passés maître pour exporter les pertes américaines à des institutions financières étrangères comme la Banque la Banque Nationale Suisse ou les fonds de pensions des retraités européens.

Qu’importe que le baril soit à 50$ et que les producteurs de schiste perdent des centaines de milliards $. Tant que leurs managers sont massivement payés et que des milliers d’emplois sont générés aux USA, le «Make the America Great Again» triomphe.

Un baril à 50$ permet également de limiter et de contenir l’implémentation des solutions renouvelables dévastatrices pour les énergies fossiles et pour la doctrine Trump.

 


Avant la réunion de l’OPEP, le président Trump a fait pression sur le cartel
dans le but de ne pas diminuer l’offre

 

Les Pays producteurs

Les pays producteurs privilégient un baril entre 70-90$ afin d’équilibrer leurs budgets. Le train de vie de l’Arabie Saoudite nécessite un baril supérieur à 80$. Plus frugale, la Russie, , peut se contenter d’un baril à 43$. Le surplus n’est que confort et bénéfice.

Le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Libye ou le Nigeria prient pour que la fourchette supérieure devienne la norme tant leurs besoins financiers sont importants.

Un baril à 80$ permet également aux pétroliers de pouvoir investir dans l’exploration pétrolière afin de remplacer les gisements qui s’épuisent. Durant cette dernière décennie, les coûts d’extractions sont passés de 5$ le baril à plus de 70$. L’industrie doit forer de plus en plus profond pour extraire du pétrole de moins en moins riche.

 

Les pays importateurs

Comme les membres de l’OPEP, les gouvernements des pays importateurs bénéficient aussi de la bénédiction du pétrole, via des taxes qui génèrent de substantiels revenus. A cet égard, la décision du cartel est une bonne nouvelle. Le montant optimal du baril raisonne le mieux dans la fourchette 80-90$.

Mais attention, au-dessus de 100$, le pétrole détruit tant la croissance économique que la demande de carburants. Comme le montre la crise de 2008, l’Economie est incapable de supporter un baril à plus de 140$.

 

Sortir du pétrole

La décision de l’OPEP de réduire l’offre implique directement la vie de tous les citoyens de la planète. La volonté du cartel de garder l’hégémonie du pétrole sur les autres énergies est compréhensible. Paradoxalement, on retrouve également cette même volonté au sein des pays importateurs.

Cependant, les variations extrêmes des prix du baril doivent nous inciter à effectuer une transition énergétique et une sortie rapide des produits pétroliers. Ces variations sont les premiers effets du peak oil et elles ne vont que s’amplifier, tout comme les changements du climat.

Une première étape pourrait demander l’interdiction de financement de projets pétroliers par les institutions financières publiques. Durant les deux dernières années, les banques françaises ont investi, à l’étranger, plus de 43 milliards € dans le pétrole.

En Suisse, le président de la Confédération, Alain Berset, a annoncé frs 120 millions de francs d’investissements dans les projets de réduction de CO2, majoritairement à l’étranger. Si au lieu d’utiliser les impôts des citoyens, il avait tout simplement régulé les investissements des fonds de pensions des caisses publiques, de l’UBS, du Crédit Suisse ou de la Banque Nationale Suisse, les bénéfices seraient répercutés sur l’entier du pays et pas uniquement aux USA. Cela aurait éventuellement permis à la BNS d’éviter de perdre des milliards $ dans ses investissements pétroliers au pays de Trump.

Combien de temps encore, la poudre de perlimpinpin va-t-elle résister aux turbulences pétrolières?

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: Le baril a perdu plus de 30$ depuis octobre
– France: Les gilets jaunes bousculent le gouvernement
– OPEP: La Russie pourrait se joindre au cartel
– Techno: Un taxi sans chauffeur vient vous chercher
– Australie: Le Premier Ministre se frite avec les écoliers
– Russie: Le pays relie la Turquie et la Chine avec ses gazoducs
– Japon: Les déchets de Fukushima balancé dans le Pacifique
– USA: Le schiste américain bientôt à 7 millions de barils/jour.
– Iran: Le chinois CNPC remplace le français Total


Très grosse grosse gamelle du pétrole. Depuis le début octobre, il a presque perdu 30$. Tout le monde le voyait passer de 87 à 100$. Badaboum, on le retrouve à 59,46$ à Londres (75,91$ fin octobre) et à 50,93$ à New York (66,18$ fin octobre).

L’Uranium se stabilise après de fortes hausses suite à des problèmes d’extraction. Il passe la barre des 28 à 28,4$ (27.60$ fin octobre).

 

Graphique du mois: Impact de la hausse du prix des carburants en France

Planète

En 2017, le taux d’émission de CO2 est reparti à la hausse pour arriver au niveau record de 405 ppm.

Nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz ou de charbon. Sur cette note, la Xème Conférence sur le Climat a débuté en Pologne. Voilà, tout est dit sur cette rencontre. Celle de 2019, prévue au Brésil, a été annulée par le nouveau président Bolsonaro.

Les océans ont emmagasiné 60% de chaleur de plus que les estimations précédentes.

 

OPEP+

La réunion du 6 décembre pourrait déboucher sur un tour de vis de la production. L’Arabie Saoudite et la Russie ont atteint des niveaux record d’extraction pendant que les prix se sont pris les pieds dans le tapis pour baisser de 30$ en quelques semaines.

En parallèle et dans l’ombre, l’accord entre Trump et le Prince Héritier MbS : «je ne dis pas que tu as ordonné le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et tu continues à pomper du pétrole afin de garder les prix bas» apporte de la confusion. Les deux hommes vont se rencontrer à la réunion du G20 à Buenos Aires.

L’idée, qui flotte dans l’air, est de retirer, petit à petit, 1 million barils/jour (b/j) des marchés. Cependant Riyad ne veut pas être seul à faire des efforts.

Moscou pourrait officialiser une alliance avec l’OPEP. Du coup, Moscou et Riyad pourraient prendre les décisions pour l’ensemble du groupe. L’ambiance risque d’être optimale.

Le Département de la Justice Américaine est en train de revisiter les règles anti-trust concernant l’OPEP. Nom de code de l’opération: «No Oil Producing and Exporting Cartels Act». En gros, l’idée est de démanteler l’OPEP.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

Pétrole

La baisse des prix du baril convient au pickup truck de Joe America et aux gilets jaunes. Cependant,  ce nouveau yoyo ne va pas apporter les centaines de milliards $ nécessaires à l’industrie pétrolière afin de garantir l’offre face à la demande d’ici à 2020.

Même si la situation actuelle constate une légère surproduction, la tendance générale pointe vers une pénurie dès 2020.

Les pays qui ont atteint le peak oil : Algérie 2015, Angola 2016, Australie 2000, Azerbaïdjan 2009, Chine 2015, Equateur 2014, Guinée Equatoriale 2005, Indonésie 2016, Mexique 2013, Hollande 1987, Oman 2016. Reste USA, Russie, Arabie Saoudite, Brésil, Libye, Irak, Iran, Venezuela et Canada pour faire durer le rêve.

Une grande partie des nouvelles extractions pétrolières proviennent des champs de schiste aux USA, +7 millions de barils/jour (b/j). Si les promesses du schiste ne seront pas tenues, vaudra mieux passer directement au chapitre ci-dessous.

 

Voitures Electriques

Les capacités des batteries ne cessent d’augmenter. Si les limites du Li-ion semblent approcher, NantEnergy a annoncé la commercialisation de sa air-zinc batterie.

Dès 2020, Kia Motors et Hyundai vont introduire des toits solaires afin d’accroitre l’efficacité de leurs modèles hybrides et électriques.

25 villes concentrent 1,4 millions de voitures électriques sur les 3,1 en circulation. Les villes chinoises sont largement en tête avec 11 villes dans le top 25. La tendance est d’offrir des places spécifiques et des bâtiments pour effectuer les recharges.

 

Charbon

Si l’Europe et les USA réduisent la quantité de centrales à charbon pour la production d’électricité, l’Asie surcompense largement cette baisse avec 2’000 GW en opération ou en construction.

La moyenne d’âge des centrales à charbon européennes et américaines est de 42 ans. En Asie, elle est de 11.

On vit une époque formidable. L’équipe de foot américain d’Alabama
a fait appel à 2 hélicoptères, pendant 2 heures, pour sécher la pelouse avant leur match.

 

 

Dans les pays hit du mois:

USA

La production pétrolière américaine a atteint 11,3 millions b/j en août. En une année, les USA ont ajouté 2 millions b/j.

Le département de l’intérieur américain étudie l’ouverture prochaine de l’Arctique pour l’exploitation pétrolière.

Les bénéfices d’ExxonMobil ont grimpé à 6,24 milliards $ au 3ème trimestre, cependant la production pétrolière a diminué de 3% à 3,8 millions b/j. L’extraction de gaz a diminué de 4%. Durant les 10 derniers trimestres, c’est le 9ème trimestre qui voit la production d’Exxon reculer.

Les citoyens de la Floride ont voté à 68% contre l’exploitation pétrolière et gazière dans les eaux territoriales. De leur côté, les citoyens du Colorado ont refusé à 58% de garder une distance de sécurité de 1’000 m. des écoles, parcs et sources d’eau pour les forages de schiste. Les producteurs ont mis sur la table un budget marketing de 30 millions $ pour obtenir ce résultat.

Waymo, la start-up de Google-Alphabet, a obtenu l’autorisation d’utiliser ses taxis autonomes sans chauffeur. Oui, un taxi qui vient vous chercher et vous conduit à destination sans chauffeur! Le permis est donné pour tester le système dans les villes et sur les autoroutes à une vitesse maximale de 100 km/h.

La production d’énergie par l’éolien et le solaire représente 1,5% de la demande américaine.  La Virginie a exporté 3,71 millions de tonnes de charbon en octobre, +20,2%.

General Motors va fermer 7 usines dont 4 aux USA et se séparer de 14’000 employés. Les modèles les plus vendus restent les pickups truck et les SUVs soit les deux types de véhicules les plus gourmands.

Un mois après le passage de l’ouragan Florence, l’Etat de la Caroline du Nord a décidé de respecter l’accord sur le climat de Paris et de réduire ses émissions de 2005 de 40% d’ici à 2025. 16 autres Etats américains ont déjà rejoint cette alliance. Les villes et les régions ont moins d’inertie que les pays afin de prendre des décisions sur le climat.

Les conditions climatiques comme l’ouragan Harvey, les inondations et les feux de forêts ont généré pour 306 milliards $ de dégâts en 2017. L’ancien record a été battu de 90 milliards. Avec les incendies qui viennent de ravager la Californie, le millésime 2018 devrait être un bon cru.

Le Minnesota pourrait produire 70% de son électricité grâce au soleil et au vent d’ici à 2050. Les investissements seraient identiques à une solution basée sur le gaz. Aujourd’hui l’Etat produit 20% d’éolien et 1% de solaire.

General Motors, le constructeur automobile, élargit sa gamme en proposant un vélo électrique pliable! Bon, la bête n’est pas vraiment sexy, mais c’est déjà bien pour un constructeur auto. La compagnie recherche un nom. Vous pouvez y participer  eBikeBrandChallenge.com histoire qu’ils utilisent votre adresse e-mail pour vous refiler ce vélo une fois en vente.

Arabie Saoudite

Sous pression de Donald Trump, l’Arabie a extrait une quantité record de pétrole à presque 11 millions b/j. Le concept de base voulait que Riyad compense la diminution de pétrole iranien à cause de l’embargo américain.  En cours de route, Trump a changé d’avis et autorisé l’Iran a exporter plus de pétrole que prévu. Aujourd’hui, c’est un double effet Kisscool avec une chute de 30$ du baril.

Riyad pourrait retourner à un niveau normal de production. Cependant, une baisse de production couplée à la baisse des prix du baril pourrait voir les budgets du pays virer au rouge vif.

Selon le FMI, le train de vie de la famille royale nécessite un baril à 88$.

Le Prince héritier Mohammed bin Salman (MbS) est sous les feux des projecteurs suite à sa décision d’éliminer le journaliste Khashoggi. Grâce à la situation géopolitique et à sa puissance financière, il a obtenu les faveurs du président Trump. (voir la parfaite illustration de Chappatte) . Pour redorer son aura, MbS effectue une tournée mondiale pour réaffirmer l’importance du pétrole dans l’économie mondiale. On le retrouvera au G20 en Argentine.

Le ministre du pétrole, Khalid al-Falih, a suggéré de diminuer les extractions de pétrole de 1,4 million b/j. Bon, ça c’était avant que Trump envoie un Tweet et tienne les coudes MbS.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

D’ici à 2030, le Parlement Européen a confirmé les objectifs: 32% d’énergie renouvelable et 32,5% d’efficience énergétique.

Les émissions de CO2 de l’aviation ne sont toujours pas comprises dans les calculs.

 

Espagne

Le gouvernement a supprimé la possibilité d’exploiter du pétrole ou du schiste sur son territoire.

Le pays ambitionne d’avoir 100% d’électricité renouvelable d’ici à 2050 et d’abandonner les énergies fossiles. Les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 90%.

Madrid prévoit d’installer 3’000 MW/an d’énergie solaire ou éolienne durant les 10 prochaines années.

 

Russie

La production Russe continue à croitre à 11,5 millions b/j. Moscou pourrait rejoindre l’OPEP+ avec un partenariat qui restera à définir. Est-ce que Vladimir Poutine acceptera de diminuer sa production pour faire regrimper les prix du baril ?

La croissance Russe a atteint 2,5% en novembre. L’agriculture, le gaz et le pétrole, l’industrie et la construction soutiennent cette croissance. Avec la chute du baril, cette tendance sera remise en cause.

Gazprom a cessé ses ventes aux enchères de gaz. Toute la production 2018 est vendue. En septembre, Gazprom avait lancé ce système pour vendre au meilleur prix son gaz à l’Europe.

L’ambiance entre l’Ukraine et la Russie est montée d’un ton grâce à l’accrochage entre navires militaires dans la mer d’Azov. Difficile de dire qui a fait quoi et où mènera cet incident.

 

Turquie

La Turquie et la Russie ont célébré l’inauguration d’une partie du gazoduc Turkstream qui relie les deux pays en traversant la Mer Noire. Le gazoduc permettra de créer un hub énergétique en Turquie et de court-circuiter l’Ukraine pour les livraisons de gaz en Europe. A partir de la fin 2019, 31,1 milliards m3/an pourront y transiter.

La Turquie consomme actuellement 16 milliards m3 et à terme, il n’est pas impossible qu’Ankara aspire l’entier de ce gazoduc, laissant des miettes à l’Europe. La Bulgarie, qui importe 100% de son gaz à la Russie, s’est proposée comme porte d’entrée pour l’Europe.

Le gazoduc Nordstrean II qui contourne l’Ukraine et livre le gaz à l’Allemagne aura à terme une capacité de 55 milliards m3/an et 121 milliards kg de CO2.

L’éolienne O-Wind a gagné le James Dyson Award 2018

 

France

Les gilets jaunes ont pulvérisé toutes les prévisions. Sans aucune stratégie énergétique solide sur le chauffage au fioul, au gaz et la sortie du pétrole, le gouvernement s’est fait tirer, à juste titre, les oreilles par les citoyens.

Le gouvernement a demandé à EDF de réfléchir sur son avenir et d’éventuellement d’embrasser la production d’énergie verte au lieu de résister. Le géant va tenter d’imaginer une transition de ces vieux réacteurs nucléaires. Dans l’air, flotte l’idée de séparer l’entreprise en deux parties comme les allemands E-on et RWE. Une partie polluante et risquée (fossile et nucléaire) l’autre verte.

Les prix du gaz naturel ont augmenté de 2% pour la cuisine et de 6% pour le chauffage. Si on peut se féliciter de l’augmentation de cette énergie fossile destructrice pour le climat notamment pour ses émissions de méthane, il est à souligner que les marges des fournisseurs sont impressionnantes. Elles représentent entre 5 à 8 fois le prix d’achat. Quand un fournisseur achète son gaz entre 1,5 euro le kWh il le revend entre 7 et 10 € aux citoyens. Pour réconforter nos amis français, les marges des fournisseurs suisses sont encore plus confortables.

Le gouvernement a donné son feu vert à l’exploitation de 2 parcs éoliens. C’est le chouchou de la classe, Engie, qui bénéficie de cette bénédiction. Ainsi, 62 éoliennes vont émerger aux îles d’Yeu et de Noirmoutier (Vendée) et l’autre au large du Tréport. Engie devrait produire 1’900 GWh d’électricité par an soit pour  790’000 personnes.

Pour sa part, le projet de Dieppe-le Tréport doit rassembler lui aussi 62 éoliennes. Le parc sera supervisé par…. surprise! Engie! Il produira 2’000 GWh par an, ce qui représente la consommation électrique annuelle d’environ 850 000 personnes, soit environ les deux tiers de la population de la Seine-Maritime.

Le géant du voyage de croisière, l’américain Carnival a été condamné à Marseille pour pollution de l’air. Le capitaine de l’Azura a été condamné à 80’000 € d’amende pour «utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air».

 

Allemagne

Vattenfall, propriété du gouvernement suédois, propose de transformer ses centrales à charbon allemandes en centrale à gaz. La centrale de Moorburg, ouverte il y a 3 ans pour alimenter Hambourg, est incluse dans ce plan. Cependant, le méthane du gaz naturel n’offre pas une bonne alternative pour le climat.

En décembre 2018, l’Allemagne va annoncer son plan pour sortir entièrement du charbon d’ici à 2030. Le pragmatisme allemand pourrait inspirer la France.

Les ventes de voitures sont en baisse et l’Economie s’est contractée de 0,2% depuis septembre. L’objectif de croissance annuel devrait se situer vers les 1,6% pour 2018.

Volkswagen tente d’éparpiller plus de 200’000 voitures neuves dans différents parking à travers l’Europe. Plus de 80%, sont vendues mais ne sont toujours pas capable de respecter les standards de pollution.

D’ici à 2030, VW annonce vouloir investir 50 milliards $ dans les voitures électriques autonomes. Le géant allemand va collaborer avec l’américain Ford. Est-ce que cela sera suffisant face à la progression des nouveaux constructeurs automobiles chinois ?

 

Angleterre

Des trains à hydrogène pourraient être mis en circulation dans les années à venir. Le mois dernier, l’Allemagne a initié cette tendance. Actuellement, les trains à hydrogène sont plus onéreux à l’utilisation mais nettement moins polluant que les trains diesel. Il ne faudra certainement que quelques années pour les rendre financièrement avantageux.

 

Suisse

La banque Crédit Suisse a de nouveau été pointée du doigt pour ses investissements dans les énergies fossiles très sales comme les sables bitumineux ou le schiste. Des citoyens ont occupé les succursales de Genève, Lausanne et Bâle et ont mimé des matchs de tennis. «On veut informer Federer des investissements de la banque dans les énergies fossiles, et on l’invite à s’en distancier».

Plus de 20 économistes des hautes écoles condamnent les investissements de la Banque Nationale Suisse dans les énergies fossiles. La BNS possède plus de 7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines actives dans le charbon, le pétrole ou le gaz. On pourrait argumenter que la rentabilité n’a pas de prix. Même pas! La BNS a déjà perdu plus de 1,5 milliards $ dans ce domaine.

Si on ajoute l’implication soutenue de l’UBS dans le pétrole, c’est tout le système bancaire suisse qui est gangréné par les industries fossiles.

C’est dans la ville de Bienne, que la mini-voiture/vélo en partage Enuu a débuté sa vie. Le véhicule est doté de quatre roues et d’une coque intégrale qui protège le conducteur des intempéries. Il dispose non pas d’un volant mais d’un guidon et pèse moins de 200 kg. Il peut utiliser les pistes cyclables et se garer sur les places vélos. La localisation, l’ouverture de la porte et le démarrage se font avec une connexion internet via un smartphone. Les 10 premières minutes sont gratuites.

Mi-vélo, mi-voiture

 

Moyen Orient

Iran

Le chinois CNPC a remplacé le français Total dans le plus grand champ gazier du monde South Pars 11. Total avait prévu d’investir plus de 5 milliards $ avant de se retirer suite aux menaces de Trump. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie française. Le président Macron, comme Bruxelles, n’ont pas osé soutenir les entreprises européennes face à Trump. Les chinois ont immédiatement saisi l’occasion.

Pour les 6 prochains mois de l’embargo, les USA ont offert des laisser-passer pour l’exportation de pétrole iranien à l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie, la Grèce, Taïwan et la Turquie.

Ainsi, l’Iran pourrait exporter 1,4 million b/j au lieu des 2,9 millions durant l’été.

La diminution des exportations et la chute des prix vont certainement propulser l’Iran dans une récession économique voulue par Washington. Est-ce que cela sera suffisant pour que Téhéran accepte de renégocier avec Trump? La question reste ouverte.

 

Irak

Bagdad espère pouvoir extraire 5 millions b/j en 2019 et exporter 3,8 millions. L’enthousiaste ministre du pétrole, Thamir Ghadhban, vise une production à 8,5 millions b/j dans les années à venir.

Le ministre pousse également à la création d’une major pétrolière nationale, la Iraqi National Oil Company, afin de gérer l’entier du pétrole du pays. Cette compagnie avait déjà été créée en 1964 mais démantelée par Saddam Hussein en 1987.

Après des mois de sécheresse, le nord et le sud du pays ont été noyés sous des trombes d’eau.

L’Irak va pouvoir encore importer du gaz iranien pendant 45 jours grâce à une permission spéciale des USA. Le gaz est essentiel pour la production électrique du pays et éviter les émeutes.

 

A Dubaï, les Emirats Arabes Unis teste un drone pour la police

 

Asie

Chine

Le russe Gazprom est sur le point de terminer son gazoduc qui relie la Sibérie à la frontière chinoise. Des livraisons annuelles de 38 milliards m3 (85 milliards kg de CO2 et sans compter le méthane) de gaz naturel sont prévues sur une période de 30 ans.

La Chine travaille sur un soleil artificiel afin de récolter l’énergie de la fusion. Elle a réussi une avancée en obtenant 100 millions de degrés Celsius et une génération théorique de 10 MW.

Depuis que la Chine a installé un système d’évaluation de ces citoyens en leur donnant des points, plus de 9 millions de chinois n’ont plus droit à l’accès aux avions, aux trains rapides ou aux transports en commun.

Dans la ville de Zhengzhou, certains robots ont été équipés de caméras à reconnaissance faciale afin de traquer les personnes recherchées. Les robots de  1m60 sont également équipés de tasers pour neutraliser les citoyens. A Tianenmen, Pékin, les tasers sont remplacés par des armes. Ca donne vraiment envie d’y aller.

 

Inde

Les importations de pétrole ont grimpé à 5 millions b/j en octobre.

Les villes indiennes sont parmi les plus polluées du monde. Neuf des dix villes les plus polluées sont indiennes. On estime à 7 millions/an le nombre de décès dû à cette pollution.

Comme la Chine, l’Inde est en train de travailler sur des drones capable de transporter des personnes dans le cadre de la mobilité urbaine.

 

Japon

Le gouvernement a dévoilé des plans afin de déverser dans le Pacifique l’eau radioactive utilisée pour refroidir les 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Comme les capacités de stockage de l’eau radioactive et les budgets sont atteints, il s’agit de l’alternative simple et bon marché.

Le gouvernement étudie la relance du nucléaire sur l’île avec une production électrique de 20% d’ici à 2030.

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, 64 ans, est accusé de malversations fiscale. C’est étonnant, car l’éthique est au centre des préoccupations des managers de l’industrie automobile. Ce n’est pas le CEO de VW-Audi, Rupert Stadler, qui vient de sortir de prison suite aux scandales des moteurs truqués, qui nous contredira.

 

Corée du Sud

Le pays est leader dans la construction de bateaux transportant du gaz liquide (LNG). Plus de 50 tankers sont en construction pour les 3 années à venir pour une valeur de 9 milliards $.

La demande pétrolière du pays a diminué de 8,5% en une année soit 2,37 millions b/j.

 

Australie

Les écoliers de toute l’Australie ont organisé des grèves afin de protester contre le laisser-aller du gouvernement au sujet du réchauffement climatique. Un peu comme en France, mais à l’inverse.

Les têtes blondes demandent l’utilisation à 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2030 ainsi que l’abandon de nouveaux projets gazier et charbonnier. Le climato-sceptique premier Ministre Scott Morrisson l’a mal pris et la passe d’armes intéressante. Le premier ministre a commenté : «Nous ne supportons pas l’idée que les élèves n’aillent pas à l’école pour des choses qui peuvent se résoudre en dehors de l’école.» La réponse des élèves : Vous ne résolvez rien c’est pour cela que nous sommes en grève. @StrikeClimate

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

En décembre, la production de schiste américain va atteindre un sommet à 7,94 millions b/j.

Le Bassin Permien, Texas, produit 3,7 millions b/j. Pratiquement tous les gisements ont vu leurs chiffres augmenter. Les producteurs ont profité des prix élevés pour accélérer le rythme. Avec la baisse des courts, une réaction inverse devrait se produire.

Du côté du gaz de schiste, les records sont également atteints avec 2,2 milliards m3.

L’épuisement des gisements du Bakken et Eagle Ford contraignent les producteurs de passer des forages de première qualité, à ceux de deuxième moins prolifiques et plus chers.

Le pétrole de schiste américain s’est accordé la priorité sur les marchés mondiaux. Paradoxalement, les USA demandent à l’Arabie Saoudite et à la Russie de réduire leur production, alors que le pays écoule son pétrole à perte.

L’administration Trump fait de son mieux pour stimuler un deuxième boom des extractions de pétrole de schiste en annulant les restrictions environnementales posées par Obama.

Cheniere , Dominion et Sempra Energy vont exporter leur gaz de schiste par cargo, sous forme de gaz liquide, LNG, en Asie et en Europe.

Le MIT dévoile un avion propulsé par un vent ionic, sans moteur

 

Canada

La production pétrolière devrait diminuer de 5% en 2019 selon la Petroleum Services Association of Canada. Les projets de construction de pipeline échouent les uns après les autres et l’Alberta n’arrive plus à augmenter ses exportations de pétrole des sables bitumineux.

Le prix de vente du crude canadien vers les USA atteint des bas non rentables à 35-45$ le baril.

Cenovus Energy a annoncé une diminution de ses extractions dans les sables de schiste de l’Alberta en attendant que les prix remontent.

 

Argentine

En dehors des USA, le bassin de la Vaca Muerta, Mendoza, est le seul gisement de gaz/pétrole de schiste avec un potentiel d’industrialisation.

La Vaca Muerta est trois fois plus étendu que le bassin Permien aux USA. Il pourrait devenir une source importante de gaz et de pétrole. Actuellement, la production est de 60’000 b/j et pourrait augmenter à 200’000 b/j en 2021.

D’ici à l’été 2019, l’entreprise belge, Exmar, va déployer une flotte de bateaux pour exporter le gaz liquide des gisements de la Vaca Muerta au port de Bahia Blanca. L’entreprise espère exporter 500’000 tonnes de LNG par année.

 

Brésil

Entre août 2017 et 2018, le niveau de déforestation de l’Amazonie a atteint un record de 7’900 km2 pour laisser place au soja.

Le nouveau président, Jair Bolsonaro, a annoncé son envie d’augmenter ce rythme. A ce titre, il va fusionner les départements de l’agriculture et de l’environnement.

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,197 millions b/j en septembre. La probabilité n’est pas nulle que la production soit actuellement passée sous le million.

Les exportations vers les USA ont diminué de 19% en octobre.

 

Brésil, un bulldozer pour les mines entièrement autonome. Etonnant.

 

Afrique

Libye

La situation semble s’apaiser et des élections pourraient avoir lieu l’année prochaine.

La Libye est certainement le pays qui possède la plus grande quantité de brut conventionnel exploitable à bas prix. Avant l’intervention française, pour démettre le Général Kadhafi, le pays produisait 1,8 millions b/j. Aujourd’hui la production varie entre 700’000 et 1 million b/j.

 

Sud Soudan

Le Russe Gazprom Neft va explorer 4 blocs pétroliers dans le pays. La China National Petroleum Corporation et le Malaysien Petronas sont déjà actif dans le pays.

La production nationale a atteint 135’000 barils/jour et espère atteindre 350’000 soit son niveau de production avant 2011 et la guerre civile.

 

Phrases du mois

«Tous les gouvernements promettent la croissance sans expliquer d’où elle vient. On assume que la croissance du PIB provient du capital et du travail. Cependant, les économistes Reiner Kummel et Robert Ayres ont démontré que l’énergie, en particulier le pétrole, est la force principale derrière la croissance du PIB. Ils ont conclu que notre société consumériste se base sur une énergie bon marché. Une corrélation historique entre croissance et énergie, et particulièrement le pétrole, supporte leur conclusion.»  Mathieu Auzanneau

Interrogé sur la note qu’il se donnerait s’il devait juger son travail en tant que président, M. Trump a opté pour la plus élevée qui soit. «Ecoutez, je n’aime pas faire cela, mais je vais le faire quand même: je me donnerais à moi-même un A». (s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer!)

« La production pétrolière du Venezuela est en chute libre. »  Fatih Birol, Executive Director de l’IEA.

 

Le Livre du Mois

Comment l’hyperpuissance d’une élite financière met Etats et citoyens à genoux. Un excellent livre de Liliane Held-Khawam.

Ce livre vous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance financière globale. Cette enquête d’une précision inédite vous montre la dématérialisation, l’abolition des frontières et la démission des institutions politiques.

 

 

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.