Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Allemagne: Un paysan péruvien poursuit judiciairement RWE
– Arabie Saoudite: Les grands nettoyages préoccupent
– Algérie: Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gaz
– USA: Waow! Musk annonce son camion électrique: le Tesla Truck
– France: ENGIE fait des tours de passe-passe
– USA: Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité?
– Chine: Le pays a supprimé des millions de chauffages à charbon.


 

Les membres de l’OPEP se sont rencontrés. Les “quotas diminués” resteront inchangés jusqu’à la fin 2018. Les premiers jours de décembre montreront si le dicton “buy the rumor and sell the news” s’applique une fois de plus.

Le baril termine le mois à 63.11$ à Londres (60.90 fin octobre) et 57.30$ à New York (54.15 fin octobre).

L’uranium monte à la vitesse d’un missile de croisière lancé par la Corée du Nord dans le ciel asiatique. Gros bond ce mois. Il termine à 25.50$ (20.15$ fin octobre).

Graphique du Mois
Marché du pétrole Offre / Demande 2020-2040
selon l’Agence Internationale de l’Energie

Graphique les Echos

Monde

L’Agence Internationale de l’Energie estime la production pétrolière mondiale grimpera à 98,5 millions barils/jour (b/j) en 2018 ou 15,6 milliards de litres/jour (moyenne de 2 lt/jour par habitant).

En 2017, 41 milliards de tonnes (+2%, 2016) de CO2 ont été ajoutées grâce aux énergies fossiles. Les 10 principaux pays émetteurs sont, dans l’ordre: la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada.

Le Bitcoin a dépassé les 11’000$. Ayons une pensée émue pour tous ceux qui ont hésité à investir, il y a quelques mois, alors que le Bitcoin était à 200$!

 

Peak oil

Statoil, Norvège ou Shell, Hollande prédisent que la demande de pétrole pourrait piquer entre 2025-2030.

Chevron et Exxon Mobil ne voient pas de peak oil en vue.

L’OPEP s’aligne sur l’IEA en penche pour 2040.

 

Allemagne

Une fois n’est pas coutume, commençons par le pays d’Angela Merkel (dont l’objectif actuel est de tenter de former un nouveau gouvernement).

Alstom va construire 14 trains Coradia à hydrogène. Les trains vont remplacer les locomotives diesel en Saxe. Linde Group produira l’hydrogène.

L’Allemagne est souvent pionnière dans la production d’énergie pour au final se faire coiffer au poteau par la Chine. Ainsi après le solaire, c’est au tour de l’éolien. Le constructeur d’éoliennes Gamesa, qui appartient à Siemens, annonce la suppression de 6’000 emplois. Le géant allemand est confronté à une forte baisse d’activité et une concurrence féroce de… la Chine.

Siemens annonce une deuxième vague de licenciements avec plus de 6’900 emplois au sein de ses activités énergie. Environ 2’600 postes doivent disparaître en Allemagne, plus 3’600 dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis. A cela s’ajoute la suppression prévue de 760 emplois dans les départements techniques de transmission et industrie de transformation.

Siemens, qui espérait voir les centrales à gaz occuper une place privilégiée à côté des énergies renouvelables, déchante. Le solaire et l’éolien imposent un système où la production d’énergie est de plus en plus décentralisée et rendent les grandes centrales de moins en moins compétitives.

Le géant E.ON a reçu 11,6 millions $ de la commission européenne pour établir entre la Norvège et l’Italie un corridor électrique de 180 stations de recharges électriques pour voitures.

La justice allemande a accepté d’examiner la requête d’un paysan péruvien, qui demande au géant de l’énergie RWE de réparer les effets du changement climatique dans les Andes. Les magistrats vont examiner les liens entre les rejets polluants de RWE et les dommages constatés au quotidien par Saul Luciano Lliuya, agriculteur et guide de haute montagne à Huaraz, Pérou. Le groupe allemand RWE est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, bien qu’il n’ait aucune centrale au Pérou.

 

Arabie Saoudite

La situation du plus grand producteur pétrolier de l’OPEP donne des frissons. Si la situation devait basculer, l’impact se fera ressentir au niveau mondial.

Suite aux décisions du Gouvernement, il est très difficile de connaître l’impact des changements dans le pays. La tendance est d’offrir plus de liberté sociale, mais sans liberté politique. Comme plus de 50% de la population du royaume a moins de 30 ans, cette option contente la majorité mais crispe la minorité bien plus puissante.

Le fils du Roi Salman, Mohammed bin Salman (MbS) tente de renforcer son assise avant que cela ne se termine, ou pas, par son assassinat. Est-ce que les dignitaires menacés par le jeune Prince trouveront le support nécessaire auprès des services de sécurité et de l’armée pour préparer un coup ?  La question n’a pas encore de réponse.

A la tête du pays, MbS a instauré une loi anti-corruption qui lui permet d’écarter ses rivaux, dont la 45 ème plus grande fortune mondiale, le Prince Alwaleed bin Talal et ses 18,7 milliards $. Plusieurs centaines de dignitaires, ministres, hommes d’affaires et membres de la famille royale ont été également emprisonnés dans des conditions qualifiées de rustique. Le gouvernement est en position de leur confisquer 800 milliards $ de fortunes personnelles. Ce pactole permettra au jeune Prince d’avancer dans le financement de sa stratégie 2030 de la Nouvelle Arabie Saoudite.

Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget 2018.

Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget. En 2014, il fallait un baril à 96$ pour équilibrer les comptes. La diminution des subsides et les réformes financières montrent le chemin parcouru en quelques petites années.

Le directeur de Total, Patrick Pouyanne pense que les réformes sociales et économiques pourraient être un peu trop ambitieuses et le temps imparti un peu trop court.

Dessin Chappatte

USA

Via la nouvelle réforme de l’imposition, le gouvernement Trump va soutenir le charbon, le gaz, le pétrole et le nucléaire. L’éolien, l’hydraulique et le solaire ont été soigneusement écartés du programme républicain.

Pour la première fois en 30 ans, les importations pétrolières US en provenance d’Irak ont surpassé les importations d’Arabie Saoudite. Les livraisons canadiennes sont également en hausse à 3,43 millions b/j au lieu de 2 millions, il y a 7 ans.

La moyenne de la consommation des voitures américaines repart à la hausse. Durant les 10 dernières années, elle était passée de 11,5 lt/100km à 9,2 lt/100km. Cependant, depuis août 2014, elle est remontée à 9,4 lt. On pourrait corréler cette variation avec l’amélioration économique du pays et la sortie de la crise de 2008.

Le taux de croissance du PIB Américain est de 3,3% pour le 3ème trimestre. Trump a immédiatement repris cette nouvelle à son compte d’autant que le compteur du 2ème trimestre indiquait 3,2%. De plus, pour la première fois le Dow Jonnes dépasse les 24’000 points. Que demander de plus?

Google débute ses tests à Phoenix, USA, avec une voiture 100% autonome sans aucune personne au volant.

Elon Musk, le CEO de Tesla annonce la conception d’un camion électrique. Une fois l’effet “Waow” passé, la calculatrice montre que la quantité d’électricité pour recharger les 1’600 kWh de la batterie, correspond à la consommation quotidienne de 4’000 ménages.

Tesla a annoncé la construction d’une usine à Shanghai, Chine. Particularité, c’est la première fois qu’un constructeur automobile n’a pas besoin de s’associer à un partenaire local. Cela permettra à Tesla de diminuer les coûts de vente et d’exporter ses voitures en Europe à meilleur prix. Nous sommes en train d’assister au transfert de la production de voitures en Chine.

Le nouveau Directeur de General Electric (GE), John Flannery, débute son mandat en se débarrassant de 24’000 employés et annonce une focalisation sur l’aéronautique, la santé et l’énergie.
GE, dont la capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards $ depuis janvier, va également céder ses activités dans l’électricité ainsi que vendre le groupe de services pétroliers américains Baker Hughes, dont il détient 63% du capital. BH avait été acheté l’année dernière seulement. La branche GE Power, qui comprend Alstom, devrait également jeter à la casse nombre de ses employés.

Boston Dynamics. Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité

Europe

Les autorités nucléaires russes ont confirmé que le nuage radioactif de Ruthénium-106, qui a traversé le Sud de l’Europe entre fin septembre et mi-octobre, est une bénédiction pour la santé. En tout cas, moins dangereux que de manger 5 fruits Monsanto-Bayer-Syngenta par jour. Le centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, dans l’Oural a relâché des doses qui dépassent de 986 fois la moyenne du mois d’août. Est-ce un accident nucléaire?

Du côté des Services du Nucléaire Européens, on félicite l’excellent travail des douaniers qui ont réussi à bloquer les nuages aux frontières. Cet incident souligne les progrès réalisés par l’industrie nucléaire dans les domaines de la transparence.

Par année, le manque à gagner de l’évasion fiscale élaboré par les entreprises dépasse les 350 milliards € (par an), dont 120 milliards € pour l’Europe et 20 milliards pour la France.

Après une petite frayeur, tout est finalement rentré dans l’ordre. BAYER-Monsanto et Syngenta ont réussi à convaincre les pays européens de plébisciter les produits agro-pétro-chimiques. Le Rundup pourra être commercialisé, sans ombrage, pour les 5 années à venir et plus si entente.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Norvège

Le fonds souverain Norvégien de 1’000 milliards $ propose de sortir 35 milliards $ d’investissements dans le pétrole et le gaz. Cette annonce du No 1 mondial est un choc pour l’industrie pétrolière. Il fait également part de la tendance de désinvestissement dans les énergies fossiles des grandes institutions bancaires. Le Ministre Norvégien des Finances a annoncé qu’il allait étudier la proposition et que la décision tombera dans une année.
<Insérez ici une pensée émue pour la Banque Nationale Suisse et ses 5 milliards $ d’investissements dans le fossile américain.>

Un arrêt, pour recharger sa voiture électrique entre Oslo et Lillehammer, ne prendra plus que 10 minutes. Un premier système ultra rapide est installé à Circle K à Dal à 30 minutes au nord d’Oslo.

 

Russie

Vladimir Poutine utilise de plus en plus le pétrole comme arme stratégique dans le but d’augmenter son influence dans le monde. Revers de la médaille, Moscou prête à des pays instables, comme le Venezuela, et le retour sur investissement n’est pas garanti.

Les compagnies pétrolières russes n’espèrent pas une levée des sanctions américaines dans les mois à venir. D’ailleurs, elles ont trouvé des solutions et du réconfort auprès des partenaires et des banques asiatiques.

La construction du gazoduc Turkish Stream avance. Le gazoduc copie l’ex projet Russo-Européen South Stream abandonné par l’Europe. Corolaire de cette décision, les Européens devront acheter leur gaz russe via la Turquie au lieu de l’Ukraine. L’arrivée du Président Turc Erdogan dans l’équation énergétique européenne apporte une inconnue de plus.

La Russie a la capacité d’augmenter sa production pétrolière de 4-5%. Avec la hausse des prix du baril, Moscou devrait passer confortablement l’année 2018.

Le champ pétrolier de Sakhalin-1, opéré par l’américain ExxonMobil, va produire 250’000 b/j de plus dès le premier trimestre 2018.

L’équipe de football américaine ne s’est pas qualifiée pour les Championnats du Monde FIFA qui auront lieu en Russie. L’Italie non plus…


Dessin Chappatte
chappatte.com

Italie

Le gouvernement a dévoilé sa stratégie nationale pour sortir de l’électricité au charbon d’ici à 2025 en propulsant les énergies renouvelables. L’Italie a l’ambition de passer de 17,5 à 28% d’énergies renouvelables.

 

Angleterre

Les prestigieuses Universités de Cambridge et d’Oxford trempent dans les Paradise Papers. Pour contourner les impôts, les deux institutions ont investis des dizaines des millions de dollars dans l’exploitation pétrolière via les Iles Cayman. Les deux universités, soutenues par des fonds publics, avaient annoncé en 2014 ne plus investir dans des actifs pétroliers.

 

France

Grâce aux aides financières du gouvernement, l’essence SP95-E10, avec 10% d’éthanol à base de céréales, est la plus vendue dans le pays (part de marché de 38,5%).

Le géant français de l’énergie ENGIE (ex GDF Suez) a délocalisé 1’200 emplois de France pour diminuer ses coûts. Les services administratifs et centres d’appels iront en Pologne, la comptabilité en Inde et la R&D en Chine.

On est tellement bien qu’on reste chez ENGIE. Grâce à un montage financier appelé «Projet Salmon», le géant français a rapatrié d’Australie 1 milliard $ de bénéfices en 2012. Les gourous de la fiscalité ont permis à l’entreprise française, qui appartient également à 24% à l’Etat français, d’économiser plusieurs dizaines de millions d’euros d’impôts selon les Paradise Papers.
La question absurde du mois: “Quel est l’intérêt de l’Etat Français à faire de l’optimisation fiscale pour ne pas payer d’impôt à l’Etat Français?

Areva a été perquisitionné pour une vente d’uranium au Niger en 2011. «L’Uraniumgate» pèse 320 millions $.  Areva avait vendu le stock d’uranium à la société russe, Energo Alyans, qui l’avait ensuite revendu à la société Optima Energy Offshore au Liban. Quelques jours plus tard, Optima avait vendu l’uranium à la Société de Patrimoine des Mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’Etat nigérien. Areva avait alors racheté ce stock à la Sopamin à un prix supérieur à celui auquel il l’avait cédé au départ. Vous suivez toujours?
Au total une plus-value de 82 millions de dollars pour Energo Alyans, inconnue des traders et qui aurait totalement disparu peu de temps après les faits.

Si l’énergie éolienne peine à prendre pied en France, c’est surtout à cause de l’armée! Ainsi avec des prescriptions par rapport à ses radars, ses avions et ses hélicoptères, la grande muette a bloqué l’implantation de 3’500 éoliennes sur le territoire tricolore. Une nouvelle demande est pendante avec l’élargissement du périmètre à 70 km autour des radars. Si elle est acceptée, aucune nouvelle éolienne terrestre ne devrait voir le jour en France.

Suisse

L’entreprise Meyer Burger délocalise en Chine sa production de scies pour la découpe du silicium des panneaux solaires. 180 emplois sont supprimés en Suisse.

Le géant minier Glencore connut pour acheter des mines et extraire les matières premières dans la plus grande opacité, fait partie des plus grands joueurs des Paradise Papers. Pour échapper au fisc et dissimuler ses mécanismes de corruptions, elle a ouvert 107 sociétés offshores. Qui trouve-t-on à sa tête? M. Anthony Hayward en personne!
Sir Hayward était l’improbable CEO de BP lors de la catastrophe de Deepwater Horizon en 2011 dans le Golfe du Mexique. On aurait pu croire ce personnage non-recommandable en prison. Mais non, il se retrouve à la tête de cette entreprise encore moins recommandable. On peut y déceler une certaine consistance.

La centrale nucléaire de Leibstadt, Argovie, doit remplacer 22 éléments de combustibles avariés livrés par Areva. Le coeur du réacteur contient 648 éléments combustibles et 62’000 barres de combustibles. Areva explique qu’après la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans son usine de fabrication de tubes à Paimboeuf, en Loire-Atlantique, en France, des tests ont montré que des barres qui auraient dû être refusées ont été fournies à des compagnies électriques.

Le Telsa Truck présenté par Elon Musk

 

Les Amériques

USA Schiste

Dans ses prévisions World Oil Outlook 2018, l’OPEP prévoit que la production américaine de pétrole de schiste va atteindre 7,5 millions b/j en 2021 (5,1 aujourd’hui). Le cartel pense que la production US va atteindre le peak oil en 2025 et décliner en 2030. La compétition entre le schiste US et l’OPEP devrait durer encore 7 ans.

La production du Nord Dakota pourrait remonter à 1,1 million b/j d’ici à la fin décembre. Si le baril tient à 60$ la production pourrait monter à 1,6 million b/j.

Bien que les grands acteurs comme Exxon ou Chevron ont les reins assez solides pour supporter des pertes, les petits acteurs de schiste sont sous la pression des investisseurs pour se focaliser sur la maximalisation des dividendes au lieu de la maximalisation de la production. La hausse des prix du baril pourrait apporter une bouffée d’air, mais la question est de savoir à quel tarif ces entreprises sont profitables.

Venezuela

La compagnie pétrolière nationale, PDVSA, n’a pas réussi à effectuer le remboursement 28 millions $ d’obligations. De son côté, le gouvernement de Nicolás Maduro n’a également pas pu honorer les 350 millions $ d’intérêts à payer sur les dettes du pays. Le président désire restructurer les 63 milliards $ de dettes du pays. En d’autres mots, il propose d’effacer l’ardoise alors que paradoxalement l’administration Trump interdit toute discussion financière avec le pays. La Chine et la Russie sont également très impliquées dans ce dossier d’autant que de grandes quantités de pétrole sont en jeu.

La production pétrolière du pays pourrait glisser à 1,8 millions b/j soit le plus bas niveau depuis 30 ans. Elle peut fortement influencer les prix du baril au niveau mondial.

Le Président Maduro a remplacé le PDG de PDVSA ainsi que 5 directeurs, mais dans l’état de délabrement de l’entreprise, il n’y a rien à attendre de nouveau.

Dessin Chappatte.com

 

Asie

Chine

Le président Trump s’est rendu en Chine avec 40 entreprises. A l’issue de la rencontre Donald Trump s’est félicité d’avoir conclu pour 253 milliards $ «d’accords commerciaux» ainsi que la baisse de certaines taxes sur des produits importés. En terme diplomatique «accords commerciaux» signifie: protocoles non contraignants et non signés. Bref, des accords qui ont la valeur d’un tweet. Par contre, le Président Xi s’est montré intéressé au gaz d’Alaska où les investissements pourraient monter jusqu’à 43 milliards $.

Le gouvernement a demandé l’arrêt de 44’000 boilers à charbon utilisés par les entreprises afin de générer de la vapeur ou de l’électricité. La transition s’effectue avec le gaz.

Pékin a demandé aux ménages et aux particuliers de ne plus utiliser les fourneaux à charbon pour se chauffer. A la place des millions d’installations à gaz ont été installées. Comme ce début d’hiver est rigoureux, Pékin ratisse les marchés pour tenter de combler la pénurie. Les importations grimpent de 3,82 millions tonnes pour l’hiver 2016 à 5,81 pour 2017.

 

Inde

A Delhi, la pollution a fait frémir tous les records au point de fermer 4’000 écoles pendant une semaine. L’utilisation des véhicules à moteur a été limitée. Le responsable de la ville a qualifié la situation de «chambre à gaz».

Le pays ambitionne de cesser de vendre des voitures thermiques d’ici à 2025, mais l’Inde affiche actuellement des ventes record de véhicules. L’Inde est également devenue une intéressante option de recyclage des voitures diesel à moteurs truqués pour les constructeurs allemands, français et américains.

Dans l’Etat d’Uttar Pradesh, l’explosion dans une centrale thermique au charbon s’est soldée par 26 morts. La centrale, d’une capacité de 1550 mégawatts, fournit de l’électricité à neuf Etats de l’Union indienne.

 

 

Moyen-Orient

Yémen

Le lancement d’un missile tiré du Yémen en direction de l’Arabie Saoudite a été interprété par le Prince comme un acte de guerre contre le royaume. Riyad pense que le missile intercepté a été livré par l’Iran.

Malgré plusieurs dizaines de milliards $ de dépenses militaires, l’Arabie Saoudite n’arrive pas à faire plier les Houthis yéménites. Le seul résultat tangible est l’enlisement de Riyad dans cette guerre.

Ce mois, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports du Yémen pour augmenter la pression. Les Houthis ont immédiatement menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Le même jour, Riyad a levé le blocus.

 

Syrie/Irak

Le président Kurde, Barzani, a démissionné après avoir réussi avec succès le référendum sur l’indépendance.

La relation entre les Kurdes et Bagdad reste volatile. Depuis l’annonce de l’indépendance des Kurdes, Bagdad a récupéré la ville et les forages pétroliers de Kirkuk. Dans un nouveau changement de direction, les Kurdes ont proposé au gouvernement irakien de céder l’exploitation de tous leurs champs pétroliers contre une rémunération de 17% du budget de l’Etat. En réponse, Bagdad n’en propose que 12,6%. Les disputes, qui durent depuis des décennies, sont loin d’être terminées. Rendez-vous le mois prochain.

Lors de la chute de Raqqa, la coalition internationale emmenée par les USA et les Européens ont passé à un accord avec l’Etat Islamique afin de laisser s’évader plus de 300 combattants avec leurs armes. Les bus et camions ont été mis à disposition par la coalition.
Sont évoqués des jihadistes venus de France, Turquie, Yémen, Pakistan, Egypte, Chine, Tunisie, selon un reportage de la BBC.

BBC: L’accord secret entre les USA et l’Etat Islamique

 

Iran

La National Iranian South Oil Co qui produit le 80% du pétrole iranien annonce que sa production a augmenté de 1 million b/j cette année.

Le PDG du Russe Rosneft, M. Sechin, a annoncé la conclusion d’un plan d’investissement de 30 milliards $ pour développer des projets pétroliers et gaziers en Iran. La tactique de Vladimir Poutine, pour remplacer les USA comme acteur majeur au Moyen-Orient, sont facilités par l’administration Trump.

Alors que l’équipe Trump aiguise les sanctions contre Téhéran, Moscou en profite pour resserrer les liens. Si Washington devait persister, la Chine et la Russie pourraient être les grands bénéficiaires. Dans la même veine, Total a ouvert des bureaux à Washington pour mieux justifier, à l’Administration US, les bienfaits de sa présence et les milliards investis en Iran.

Gazprom annonce la construction d’un gazoduc entre l’Iran et l’Inde. Les entreprises russes, du Pakistan, de l’Inde et de l’Iran vont construire ce gazoduc de plus de 1’200 km. La traversée du Pakistan pourrait offrir, à certains groupes rebelles, des idées de pression sur le gouvernement.

Les exportations du brut iranien en direction de la Chine, l’Inde, la Corée du Sud sont en hausse à 1,9 million b/j en octobre.  (+5,1%).

Investissements dans les majors pétrolières du fonds souverain norvégien
Source Bloomberg

 

Afrique

Nigeria

Le porte-parole des «Niger Delta Revolutionary Crusaders» ont demandé aux employés de Total, Chevron, BP, Agip et Mobil de ne pas rester dans les zones de production car le groupe pourrait reprendre ses attaques contre les pétroliers. En échange d’une certaine tranquillité, la milice demande de petites enveloppes.

Algérie

Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gisement gazier de Hassi Rmel afin de stabiliser la production. Le champ représente le 60% de la production nationale.

Phrases du mois

“Il y a une complaisance à penser que le pétrole de schiste va continuer à produire les quantités de volume que nous avons obtenues par le passé. Si le monde continue de croire que nous avons un surplus aussi loin que nous puissions voir, la réalité va nous éclater à la figure. Il sera difficile de s’en remettre.” Jim Brillant, portfolio manager, Century Management

Vehicles of the future will no longer be driven by humans because in 15 to 20 years — at the latest — human-driven vehicles will be legislated off the highways. The tipping point will come when 20 to 30 percent of vehicles are fully autonomous. Countries will look at the accident statistics and figure out that human drivers are causing 99.9 percent of the accidents.”  Bob Lutz

Si l’on voulait vraiment s’intéresser au CO2 et le réduire, l’on réduirait alors la taille et le poids des véhicules”. Vu l’avalanche de SUV sur le marché, ceci n’est pas près d’arriver.”

Sources: avec Tom Whipple de Aspo USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pour lire la revue complète. 2000Watts.org

Pétrole 2017: Trump, Poutine et l’OPEP

Si les Economies occidentales exigent un prix du pétrole bon marché afin de relancer la croissance, à l’opposé, les pays producteurs misent sur un baril cher pour colmater leurs budgets et soutenir les investissements nécessaires à l’exploitation future d’or noir.

Parmi la myriade de facteurs qui influencent les cours du pétrole, trois acteurs devraient faire l’actualité en 2017: Trump, l’OPEP et la Russie.

Paradoxalement si l’OPEP rêve d’une réduction de l’offre d’au moins 1,8 million de barils par jour (b/j), de son côté @realDonaldTrump aimerait pousser l’extraction pétrolière américaine à un niveau « great again ».

 

Retour au rêve américain des années 50-60

L’arrivée inattendue des sables bitumineux canadiens et du schiste américain ont été en partie responsable de l’écroulement des cours. En 2016 rien qu’aux USA, 114 entreprises pétrolières ont fait faillites engloutissant 74,2 milliards $ pour le grand malheur des investisseurs.
C’est dans cette ambiance morose que l’équipe pétrolière, mise en place par le nouveau président, va tenter de s’appuyer sur le pétrole pour stimuler l’économie et l’emploi comme à la grande époque des années folles.

Sans encore connaître le programme exact, il n’est pas illusoire de penser que les faucons de la nouvelle administration vont s’employer à passer leur temps à détricoter les réglementations d’Obama qui ralentissent l’exploitation des énergies fossiles, et tenter d’élargir les horizons notamment en haute-mer ou en Arctique.

Si le charbon semble être financièrement condamné par le gaz et les énergies renouvelables, les groupes environnementaux vont s’employer à freiner des quatre fers pour retarder les ambitions des puissants lobbies pétroliers.

A force de réduire les salaires, de torturer les sous-traitants, de se débarrasser à la sauvette des produits chimiques et avec les prochaines faveurs promises par Trump, un pétrole à 60$ pourrait devenir le nouveau seuil de rentabilité pour les producteurs de schiste américain. Mais combien de gisements profitables restent-ils avant de s’attaquer aux champs de 2 et 3ème catégorie. La réponse divise.

Quoi qu’il en soit, les USA produisent 8,8 millions b/j (idem à 2014) et consomme plus de 19 millions b/j. Pour combler ce trou, Donald Trump va devoir assurer les importations et trouver de nouveaux partenaires.

Jusqu’où les USA seront-ils prêts à aller pour sécuriser du pétrole en terre étrangère d’autant que la Chine termine de racheter les derniers gisements prometteurs et que les deux tours du World Trade Center n’existent plus?

 

La Russie

Une partie de l’équation pourrait résider en Russie, le nouvel eldorado pétrolier. Le pays posséderait les deux plus grands gisements de pétrole encore à exploiter dont les réservoirs de schiste de Bazhenov en Sibérie ainsi que sous les glaces de l’Arctique.

A Washington, l’intérêt américain est à peine voilé avec l’engagement de Rex Tillerson, ex CEO d’ExxonMobil. Avec la technologie US, les Russes gagneront un temp précieux et la possibilité d’éloigner la Chine de ces ressources énergétiques doit sonner comme une douce musique aux oreilles de Trump. De son côté, ExxonMobil, qui voit sa production pétrolière diminuer d’année en année, tient là une opportunité de redorer son bilan.

Quant à la rivalité Américano-Russe, ne nous méprenons pas. Le mariage énergétique entre les deux superpuissances est déjà consommé. L’uranium russe fait fonctionner la moitié des réacteurs nucléaires civils américains.

Ressources de pétrole de Schiste par pays en milliards de barils
Source: EIA – Financial Time 2016

L’OPEP

A l’opposé de la stratégie américaine, l’OPEP veut réduire de 1,8 million b/j l’offre pétrolière.
Durant les fêtes de Noël, les ministres concernés ont laissé éclater leur enthousiasme sur la faisabilité de cet objectif et de la prochaine remontée des prix. Cependant, il est permis d’avoir certains doutes, car la solidité financière de la majorité de ces pays montre autant d’assurance qu’un concert de Maria Carey 15 minutes avant le réveillon. L’envie de pomper un peu plus pour arrondir les fins de mois est tentante.

Dans ce plan élaboré en décembre par l’Arabie Saoudite, trois pays majeurs de l’OPEP ont reçu un laisser-passer: le Nigeria, la Libye et l’Iran.
Alors que la Libye ne produisait que 300-500’000 barils/jour à l’automne, l’accalmie politique a consolidé le flux qui est brusquement remonté à 600’000 b/j en décembre. Pour autant que les différentes factions s’accommodent de cette situation, le nouvel objectif de 1,1 million pourrait sacrément contrecarrer les plans de Ryad.

Après une année 2016, parsemée d’explosions et de sabotages d’installations pétrolières, le Nigeria retrouve un calme relatif. Si les milices continuent d’être rémunérées, elles pourraient abandonner les explosifs en échange de cash. Là aussi, 300’000 b/j supplémentaires pourraient retrouver les marchés dans les mois qui viennent.

La grande inconnue de l’équation réside en Iran et bien malin qui peut connaître le destin pétrolier 2017 du pays. Après un départ en fanfare et une production en très forte hausse qui friserait les 4 millions b/j, un plateau semble être atteint. Les milliards de dollars nécessaires à la mise à jour des installations et l’apport technologiques des majors internationales se font toujours attendre. Il faudra attendre la prochaine élection présidentielle iranienne du 19 mai et le statu dans sanctions américaines pour y voir un peu plus clair.

 

Une année 2017 passionnante

L’arrivée de l’équipe Trump et les nouvelles synergies entre Russes et Américains pourraient avoir l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Dans l’industrie pétrolière, le dérèglement d’un battement d’aile peut avoir des conséquences inattendues, d’autant que la production mondiale à moyen terme est sur le fil du rasoir.

Avec plus de 50% des champs pétroliers qui ont atteint le peak oil, des investissements d’exploration rabotés à 500 milliards $ (+700 milliards $ en 2014) et de nouvelles découvertes au plus bas depuis 70 ans, on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts une fois que l’engorgement actuel se tarira.

L’année 2017 et les suivantes s’annoncent passionnantes.

Climat – Energie: Si Trump s’inspirait de l’Europe?

donald-trumpAlors que les programmes énergétiques et environnementaux du prochain président élu américain, Donald Trump, sont toujours inconnus, les spéculations vont bon train. Des pistes sont évoquées, mais rien n’est officiel.

En attendant que le Président Trump dévoile son plan, que se passerait-il, s’il s’inspirait de certaines actions menées en Suisse et en Europe ?

 

En Suisse

La Banque Nationale Suisse a déversé plus de 3 milliards $ pour soutenir les entreprises américaines actives dans le charbon, les sables bitumineux, le pétrole et le gaz de schiste.

Depuis la COP21 de Paris sur le Climat et l’annonce de la participation Suisse, la Confédération Helvétique n’a pas encore initié la moindre stratégie. Rien, nada “comme s’il serait préférable que ce dossier dorme” se plaignent les fonctionnaires en attente d’une direction.

Si en 2012, un élan prometteur dans les technologies propres “cleantech” fleurissait, l’organe officiel de la Confédération, Cleantech Switzerland, est passée de vie à trépas comme d’ailleurs la quasi-totalité des initiatives cleantech cantonales. En 2016, seul CleantechAlps survit à cette razzia. Le peuple a enfoncé le clou en enterrant l’initiative Cleantech 2050 lors de la votation de juin dernier.

La Confédération Suisse a mandaté les pétroliers pour diminuer la consommation de carburants et de fioul. Le système installé est tellement abracadabrant que des millions inutilisés dorment dans les coffres de la Fondation Klik de l’Union Pétrolière Suisse. Même s’il paraît logique de confier la construction d’une usine à gaz à des pétroliers, c’est un peu comme demander au renard de s’occuper du poulailler.

 

Et en Europe

Les premières importations de gaz et de pétrole de schiste sont arrivées en Europe par tankers. Avant 2016, les importations de schiste étaient interdites.

Dans son accord avec le Canada (CETA), l’Europe va autoriser les importations de pétrole des sables bitumineux.

L’accord promulgué par Bruxelles autorise également les entreprises canadiennes à venir explorer le sol européen à la recherche de gaz et de pétrole de schiste.

 

Des Idées pour Trump

Ainsi, si le président élu Trump devait s’inspirer des exemples ci-dessus, il pourrait :
– demander à ExxonMobil et Chevron de mettre au point une stratégie pour diminuer la consommation de carburants et de protéger le climat
– prier la Banque Fédérale Américaine de déverser des milliards pour soutenir le charbon, le pétrole et le gaz
– encourager les ventes de pétrole de schiste et construire un pipeline pour amener le pétrole bitumineux du Canada dans son pays
– développer les exploitations de schiste.

 

Effet Miroir

Comme l’effet miroir, les défauts qui nous dérangent le plus chez un ami, ce sont les défauts que nous avons.

Serait-il possible que ce qui nous gêne dans les probables plans climatiques et énergétiques de Trump, c’est qu’ils mettent le doigt sur les problèmes que nous n’avons pas encore réglés et qui trainent dans nos chaussures comme des grains de sable ?

Le jour où le président élu Trump dévoilera son plan, avant de bondir ou de tomber de notre chaise, il serait peut être opportun de regarder le chemin qui nous reste à parcourir et de se demander: c’est grave Docteur ?

Energies et Economie: Revue Mondiale Octobre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Tesla: La Nouvelle Batterie Powerwall arrive en 2017
– Russie: Une nouvelle centrale nucléaire flottante
– Suisse: Le pays vote sur sa sortie du nucléaire
– Chine: Redevient le premier pays importateur de pétrole
– Nigeria: Retour à une production normale
– USA: Un des deux zigotos sera le Président
– OPEP: La baisse de production: info ou Intox?


L’OPEP a profité de son annonce avec un baril qui est monté jusqu’à 53$ durant le mois. Depuis, il a un coup de mou et retourne à la case départ, sans toucher de prime: il termine le mois à 49,71$ à Londres (49,24$$ à la fin septembre) et à New York 48.70$  (47.83$ fin septembre).

L’uranium dégringole. Belle chute à 20$  (23.75$ fin août).

Elon Mush présente ses nouveaux panneaux solaires en forme de tuiles et la Powerall 2, solution de stockage pour les particuliers

Monde

La dette mondiale dépasse les 152 trillions $ soit 2 fois le PIB mondial selon le FMI. C’est un paradoxe entre les taux d’intérêts qui tendent vers l’infiniment petit, voir négatif, et les dettes records du côté des pays et des entreprises (pour les 2/3). Si vous ajoutez que le prix du baril de pétrole est à la hausse, on devrait avoir un cocktail explosif dans les années à venir.

L’accord sur le climat de Paris a été adopté par plus de 140 pays. Il entre en vigueur dès le mois de novembre 2016.

Traditionnellement, les grandes entreprises du Fortune 1000 achetaient leur électricité aux producteurs. Ce modèle semble être maintenant dépassé. De plus en plus de compagnies réalisent les avantages stratégiques de produire leur propre électricité renouvelable et de la consommer directement. Après un investissement Capex (coûts d’achat), l’Opex (coûts de production) à prix marginal proche de zéro, procure un avantage stratégique sur celles qui continuent à acheter leur électricité.

Selon Bloomberg, d’ici à 2040, les voitures électriques auront compensé 13 millions barils/jour (b/j) de pétrole.

 

OPEP

Après l’annonce de l’OPEP sur la tentative de réduction de la production, le baril a gagné 10$ soit 320 millions $ par jour pour les producteurs de l’OPEP ou 9,6 milliards $ sur le mois.

Paradoxalement, l’OPEP a produit une quantité record de 33,24 millions b/j en septembre. La Libye, l’Irak et le Nigéria ont enregistré les plus fortes hausses durant le mois.

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Europe

Russie

C’est à ni rien comprendre. La production russe continue d’augmenter: 11,11 millions b/j en septembre +4%. Comment réussir cette prouesse avec de vieux gisements qui s’épuisent? Le record à battre est 11,48 millions b/j en 1988 avant la chute de l’URSS. De plus, les Russes ne profite pas encore des gisements exploratoires de l’Arctique.

La compagnie russe : Zapsibgidrostroy (imaginez le calvaire de la réceptionniste) a débuté la construction des docks qui vont porter la première centrale nucléaire flottante au large de Chukutka. La centrale devrait fournir de l’électricité pour les installations pétrolières et gazières offshores basées dans l’Arctique. La centrale débutée en 2007 nommée Akademik Lomonossov devrait entrer en production en 2019.

Comme l’Arabie Saoudite, la Russie est à son niveau record alors que les deux pays sont les fers de lance dans la réduction pétrolière mondiale.

Rosatom, le champion national du nucléaire, discute avec le Chili pour de possibles collaborations dans l’extraction de lithium.

 

Pologne

La course au gaz de schiste vient de se terminer alors que les deux entreprises d’état PGNiG et PKN Orlen ont finalement jeté l’éponge. Avant eux, ExxonMobil, Chevron, Total, etc. s’étaient déjà retirés d’un marché qui aurait dû rendre le pays riche comme Crésus depuis 2014 déjà.

 

Allemagne

L’Allemagne pourrait interdire la vente de voiture à essence/diesel d’ici à 2030, c’est en tout cas le souhait du Bundesrat.

La Deutsche Bank a reçu un coup de pousse de la Banque Européenne pour passer en douce le stress test selon le FT.com. Il aura fallu que quelques mois pour s’apercevoir de ce subterfuge.

L’histoire dira si Angela Merkel est une bombe à retardement ou une visionnaire pour l’Europe. Dans ses aventures du mois, la chancelière a poussé à la signature de l’accord de libre-échange CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) entre l’Europe et le Canada. Détail croustillant, l’Allemagne, via la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, s’est réservé le droit de sortir de l’accord et de laisser les autres pays européens patauger dans cet accord.

Le ministère de la mobilité aimerait interdire la vente de voiture Tesla en Allemagne. En cause : le pilote automatique jugé peu fiable. Tesla souligne avec délicatesse le retard important pris par les constructeurs automobiles allemands. Mercedes, Audi et VW ont annoncé l’arrivée prochaine de leurs modèles électriques d’ici à janvier 2020 déjà.

Audi va quitter le championnat du monde d’endurance pour se consacrer aux Championnats du monde de Formule Electrique.

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Deutsche Bank: ils avaient l’habitude d’être honnête, sûr et solide, comme… comme….
comme une VW
Dessin Chappatte

France

Les voitures électriques Mercedes, VW et autres présentées à la presse lors du salon de l’automobile de Paris ne seront restées qu’un seul jour : celui où les journalistes étaient présents. Les voitures à essence les ont immédiatement remplacées lors de l’ouverture au public.

Le président français s’illustre dans le livre “Un Président ne devrait pas dire ça”. En effet, un Président ne devrait pas dire ça.

 

Suisse

Durant le mois de novembre, les suisses vont voter sur la sortie d’ici à 2030 du nucléaire. Cela permettra de fermer la plus vieille centrale nucléaire du monde qui est dans un état catastrophique. Cela permettra à la Suisse d’enfin se lancer dans les énergies renouvelables et de se projeter dans l’avenir.

Inutile de préciser que les propriétaires de centrales nucléaires mettent une pression folle et articulent des chiffres qui ont le mérite de faire hurler de rire. Axpo et Alpiq voudraient demander plusieurs milliards de compensation si l’initiative devait passer. Ces chiffres tirés au hasard ont pour but d’effrayer le bon peuple qui doit commencer à en avoir marre de ces dinosaures.

Les Forces Motrices Bernoises (BKW), propriétaire d’une centrale nucléaire, ont fortement dévalué le prix de rachat de l’électricité photovoltaïque produite par les particuliers habitants le Jura. Le tarif de rachat est passé de 14ct à 4,5ct. L’arrivée sur le marché de la nouvelle PowerAll 2 d’Elon Musk (batterie qui permet de consommer directement l’électricité des panneaux solaires) devrait aider les citoyens à se passer des services des BKW.  Pour nos amis jurassiens qui recherchent des solutions de stockage voici des pistes: LG Chem Resu, SonnenBatterie Eco compact et la Tesla Powerwall 2 qui sera en vente fin 2017 pour 5’500$ et une capacité de 14 kWh.


Dessin Chappatte

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le 5% de la compagnie pétrolière nationale Saoudi Aramco est à vendre. Le prix n’est pas connu, mais une chose semble acquise Bolloré ne pourra l’acheter et refaire le coup de Canal+. La grande nouveauté est que l’entreprise va devoir ouvrir ses comptes dont la valeur est estimée entre 1’000 milliards et 10 trillions $. Perso avant d’investir dans cette nébuleuse, qui en 35 ans n’a jamais pipé mot sur ses chiffres et surtout montré ses réserves pétrolières, il serait judicieux de vérifier le potentiel futur. Si Ryad décide de lâcher les bijoux de la couronne, c’est que le tout pourrait être sur une pente descendante.

L’Arabie Saoudite désire racheter la raffinerie Motiva basée au Texas, USA. Ca tombe bien car Motiva est justement en train de racheter la raffinerie Lyondell Basell également au Texas. Du coup l’Arabie Saoudite pourrait acquérir l’ensemble des raffineries texanes.

L’annonce d’un accord entre Moscou et Ryad pour réduire la production pétrolière a donné de bons résultats. Malgré des tonnes de surplus, les traders ont la trouille de shorter le pétrole qui est passé sur la barre des 50$ durant le mois. Le ministre du pétrole a rajouté de l’huile sur le feu en annonçant l’arrivée prochaine d’un baril à 60$. 10$ de plus et c’est 70 millions $/jour de plus-value pour le Royaume. Mais la réalité du terrain est en train de rattraper la rhétorique.

L’Arabie a lancé une vente d’obligations pour un montant de 15 milliards $ afin de renflouer ses caisses. Le taux de 3,75% est jugé comme très sexy dans un monde où les intérêts négatifs mangent l’épargne.

Le Roi a coupé 71% des dépenses dans le budget annuel du Gouvernement, mais il reste encore de la marge pour agrandir le parking de Ferrari et autre babioles.

 

Egypte

L’Arabie Saoudite a cessé de livrer son or noir à prix réduit en l’Egypte. Le Caire dément qu’il s’agirait d’une mesure de rétorsion de l’Arabie Saoudite suite à un vote défavorable à l’ONU. Des excuses techniques ont été avancées alors qu’il est également possible que les retards de paiements en soient la cause.

 

Iran

Les compagnies pétrolières étrangères sont toujours un peu craintives pour investir dans le pays. Pour les convaincre, Téhéran a réalisé un «nouveau business model» qui devrait les rassurer.

En septembre, 2,8 millions b/j ont été exportés. La hausse de production de 300’000 barils provient de condensés extraits du gaz et qui sont utilisés par la pétrochimie.

 

Koweït

Le gouvernement a donné son ok pour que la compagnie pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation (KPC) fusionne avec la Kuweit Intergrated Petrochemical Industries Company (KIPIC). L’idée est de transformer une partie des 615’000 b/j extrait chaque jour en produits pétrochimique à plus forte valeur ajoutée.

 

Emirats Arabes Unis

L’Emirat se lance dans la construction du nouveau bâtiment le plus haut du monde à Dubai. La Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde déjà sise à Dubai, aura une petite sœur encore plus grande. Voilà de l’argent bien dépensé ! Ouverture : 2020 pour l’exposition mondiale.

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Les Amériques

USA

Elon Musk, le fondateur de Tesla, a annoncé la réalisation de sa nouvelle batterie Powerall 2 à l’usage des particuliers pour stocker leur énergie photovoltaïque. La batterie vendue pour 5’500$ a une capacité de 14 kWh soit le double de l’ancienne version. Elle sera commercialisée fin 2017.

L’accord de l’OPEP va fortement être influencé par la reprise de la production de schiste aux USA. Alors que le baril remonte, les frémissements ont augmenté du côté US. Mais il est encore difficile de convaincre les investisseurs de passer à la caisse.  Les USA importent actuellement 8 millions barils/jour de pétrole et le nombre de forages sur le sol US est de 428.

Le lobby de l’éthanol aimerait doubler la production d’additifs à base de céréales pour la production d’essence. Aux USA, l’éthanol peut s’élever à 10% dans l’essence. Ce marché représente 5 milliards $ de revenus pour les fermiers US avec une production de 60 milliards de litres. Les américains aimeraient exporter au Mexique, au Japon et en Inde. Comme la faim dans le monde a totalement disparu, faire avancer les voitures avec de la nourriture est tout à fait opportun. Il faut env 5kg de céréales pour produire 1 lt d’éthanol.

Le gaz a produit 448 gigawatts d’électricité en juillet 2016 +25% par rapport à  2012.

L’Etat d’Alaska a décidé de supprimer les avantages fiscaux accordés aux producteurs pétroliers. En cause le déficit de 3,5 milliards $ dans son budget. Avec cette mesure, 1 milliard $/an devraient entrer dans les caisses.

Dans les bonnes nouvelles. La pieuvre Goldman Sachs a réalisé un bénéfice de 2,1 milliards $ au 3ème trimestre. Et là, tenez-vous bien. La banque a supprimé 1’900 emplois alors que la masse salariale a augmenté de 36%!!!! En termes de trading, on appelle ça une prise de bénéfice !

Fracking – Schiste
En plus de s’être ramassé un sérieux bouillon dans ses investissements dans le gaz de schiste américain, la Banque Wells Fargo, est prise dans un scandale sans précédent pour avoir ouvert des comptes bidons et traficotage de sa compta. Le CEO, John Stumpf, s’est violemment défendu, remettant la TOTALITÉ de la faute sur son petit personnel. Le brave homme a finalement décidé de se quitter son poste, non sans encaisser ses indemnités de départ qui se montent à, full package, la modique somme de 137 millions $. Comme quoi au niveau des Banques, il y a une relation entre la taille de la connerie et les indemnités du boss. Je ne vous dis même pas ce que va ramasser le CEO de la Deutsche Bank le jour où il va s’en aller. Quand je pense à mon voisin qui s’est fait choper à 48 km/h dans une rue à 30 et qu’il risque la prison.

Le Texas, qui a fortement contribué à l’explosion de schiste jusqu’en 2014, a perdu 91’000 emplois dans ce secteur. L’Etat est le dernier au niveau national pour la création d’emploi pour le 11 mois consécutif.

Le débat sur le prix d’extraction du schiste continue. Il aura fallu un baril à 100$ pour voir son émergence même si 100 milliards $ ont été perdus dans des faillites. Le pétrole de schiste pourrait atteindre son peak oil d’ici à 3 ans indépendamment de la hausse des prix du baril. Les nouveaux gisements se trouvent encore dans des endroits prometteurs, mais pour les suivants la donne sera différente. D’ici à 2020, nous devrions avoir une meilleure vue sur la production.

 

Canada

Le premier ministre, Justin Trudeau aimerait implémenter une taxe sur les émissions de carbone d’ici à 2018.

Les producteurs de sable bitumineux s’inquiètent de l’émergence des voitures électriques selon Deloitte LLP. Parmi plusieurs scénarii, les producteurs risquent une transition forcée de ce pétrole financièrement très cher par les panneaux solaires et l’éolien pour la recharge des voitures.

Comme un pied de nez à aux pétroliers qui ont gouverné l’Alberta pendant des années, le nouveau gouvernement de la province étudie la faisabilité de produire la moitié de ses besoins en électricité avec du solaire.

 

Brésil

Le Congrès voudrait ouvrir l’exploitation pétrolière à des entreprises internationales au lieu de garder le monopole de Petrobras l’entreprise nationale. Les côtes du Brésil contiennent d’importantes réserves situées 3’000 m sous le niveau de la mer et à travers des couches de sel.

Selon les chiffres de l’ONG Forum brésilien de sécurité publique, le Brésil a dénombré près de 300’000 victimes d’homicides entre 2011 et 2015. Soit 160 par jour et une toutes les 9 minutes. Plus de personnes sont mortes au Brésil qu’en Syrie!

 

Venezuela

Le plus grand billet de banque : 100 Bolivars vaut un peu moins de 10 centimes € et coute plus cher à imprimer que ça valeur nominale. C’est ballot.

Le litre d’essence est vendu 6 Bolivar le litre (0,6 ct) ce qui ne génère pas un profit monstrueux pour la compagnie pétrolière nationale qui ne produit plus que 450’000 b/j.

Bien que le gouvernement tente de nourrir sa population avec le peu d’argent qu’il lui reste, la perte moyenne de poids durant les 5 derniers mois est de 7 à 15 kg par personne. A ce niveau, on peut imaginer que le mécontentement gronde. Il semble de plus en plus évident que le pays va s’écrouler tout comme la production pétrolière. Le président a réussi à reporter les élections et restera au pouvoir encore pour 3 ans.

Asie

Inde

La banque de développement Asiatique propose 500 millions $ pour aider à l’installation de panneaux photovoltaïques dans le pays. Il faut relever le geste. Pour une fois que la Banque de Développement ou la Banque Mondiale soutiennent autre chose que la construction de centrales à charbon ou des générateurs à diesel.

 

Chine

La Chine a importé une quantité record de pétrole en septembre : 8,08 millions b/j ou 38,5 milliards de litres durant le mois. La Chine redevient le premier importateur de pétrole devant les USA.

Pékin a ouvert de nouvelles raffineries et a exporté 2.37 millions b/j de carburants. La plus grande partie des importations sert à remplacer la perte de production des gisements onéreux. Le gouvernement préfère mettre en veille ses puits et acheter du pétrole bon marché. Les puits seront réactivés une fois que le pétrole remontera. La stratégie, à l’opposé de la totalité des producteurs mondiaux, semble géniale.

La bulle immobilière continue de gonfler sous l’impulsion de nouvelles constructions. Le gouvernement est de plus en plus inquiet sur l’atterrissage forcé bientôt en vue.

La balance du commerce montre une baisse de 10% en Septembre 2016 en comparaison de 2015. Cela renforce le sentiment que le PIB chinois sera un peu plus bas que les 6,9% espérés.

 

Kazakhstan

Le champ pétrolier de Kashagan, dans la mer Caspienne, est en construction depuis 16 ans. Il a déjà dévoré 53 milliards $ au lieu des 38 initialement prévu. Il aura fallu construire un pipeline en titane pour résister à la corrosion du pétrole très abrasif. La production devrait débuter d’ici à la fin de l’année avec 375’000 b/j prévus pour fin 2017.

 

Afrique

Nigeria

Le pays est sur le point de sécuriser un prêt de 4 milliards $ de la Chine. La Chine, qui a coupé une partie de sa production pétrolière locale (trop chère), diversifie ses sources d’approvisionnement. Le Nigeria, noyé sous la corruption et les attaques de ses installations pétrolières, propose un environnement difficile pour les majors étrangères mais cela n’inquiète pas trop les chinois habitués à ces détails.

Le Gouvernement poursuit judiciairement les compagnies pétrolières actives dans le pays : Shell, Eni et Chevron auraient exporté du pétrole sans payer de taxe et de royalties. Entre 2011 et 2014, quelques 12,7 milliards $ auraient passé entre les mailles du filet. C’est étonnant car ce n’est pas le style de ces entreprises de piquer dans la caisse sans rien dire. Elles se défendent en suggérant que le gouvernement tente de les extorquer.

Le pays produirait 1,9 millions b/j proche des 2,2 de l’année passée.

 

Libye

La Libye a réussi à pousser sa production à 600’000 b/j soit le double d’il y a quelque mois mais loin des 1,8 millions b/j des années Kadhafi. C’est une bonne nouvelle pour le pays qui a besoin de liquidités mais un peu moins pour la surproduction actuelle.

 

Tchad

ExxonMobil a été condamné à payer 75 milliards $ pour des royalties non payées dans le pays. Si les entreprises américaines commencent à se faire aussi lourdement extorquées que les entreprises étrangères qui font du business aux USA, l’ambiance va chauffer.

 

Phrase du mois

Armin Nasser, CEO Saudi Aramco
Just as the reliable oil produciton we’ve been seeing over the past coupld of years has happenend because of healthy investment, I am concerned that we will have the opposite effect over the next decade. “  It is crucial that long-term investment is not blocked by “environmental, regulatory and social pressures” particularly because remaining resources are increasingly challenging and expensive to develop”.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Energies et Economie: Revue Mondiale Septembre 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– L’OPEP: Un accord qui rapporte des milliards $
– Angleterre: Ok pour la centrale nucléaire de Hinkley Point
– Allemagne: Le pays se lance dans la voiture électrique
– Inde: La consommation d’essence explose grâce aux voitures
– USA: Garry Johnson: champion du monde des candidats
– Iran: Bientôt 4 millions de barils/jour. Une prouesse
– Afrique: Les Négociants écoulent leur pétrole sale


Depuis l’annonce de l’OPEP, le pétrole a repris des couleurs et de l’altitude. Il termine à 49,24$ à Londres (48.37$ à la fin août) et à New York 47.83$  (46.35$ fin août).

L’uranium fait comme Angelina et Brad Pitt. Il chute: 23.75$  (25.25$ fin août).

Monde

L’OPEP a annoncé qu’elle allait former un groupe de travail pour étudier une baisse de la production de 700’000 b/j.  Le baril a augmenté de 2$ sur la nouvelle. Si le baril garde ces 2$ durant les 30 prochains jours, ce joli coup médiatique permettra aux producteurs d’empocher 6 milliards $ de plus. Certainement la campagne de public relation la plus lucrative de l’année.

Les émanations fugitives de méthane et d’éthane des forages pétroliers et gaziers de schiste sont nettement plus importantes que les publications de l’industrie. Toute similitude avec les constructeurs automobiles n’est que fortuite. Le méthane est 86 fois plus virulent que le CO2 durant sa vie (20 ans). Le gaz de schiste est plus polluant que le charbon.

En 2016, la croissance du commerce mondial sera la plus lente depuis la crise de 2008. L’OMC l’évalue à 1,7% contre 2,8% en avril. Le PIB devrait progresser de 2,2%.

 

Europe toujours avec l’Angleterre

Après un mois de septembre qui a vu les températures dépasser entre 1 et 3,5 degrés la moyenne, l’Europe a paraphrasé l’accord sur le Climat de Paris.

France

L’américain Chesapeaker Energy a vendu des forages de schistes dans le champ de Barnett aux USA au groupe Total. Le champ de Barnett a été fortement exploité et se trouve sur la pente descendante. Il offre des opportunités d’achats pour les majors en quête de gaz.

Pour qu’EDF puisse retrouver ses billes dans le nouveau chantier nucléaire Anglais de Hinkley Point, les deux centrales EPR devront être terminées au plus tard en 2029 avec un dépassement de coûts de 30% maximum. Le PDG d’EDF, qui sera à la retraite d’ici là, pense pourvoir y arriver et du coup il touche un bonus en passant sur la case start et évite, pour l’instant, la case prison.

La voiture française Venturi VBB-3 est devenue aux Etats-Unis la voiture électrique la plus rapide du monde en atteignant une vitesse de pointe de 576 km/h.

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Suisse

Meyer Burger, le fabricant de scies de silicium et de panneaux solaires va biffer 250 emplois sur ses 1’500.

Il n’aura fallu que 4 mois, après une votation qui autorise les entreprises publiques à réaliser des bénéfices et accorder des salaires paradisiaques aux dirigeants, pour que les Chemins de Fer Suisses annoncent: une augmentation de 230 € du forfait annuel, la suppression de 1’400 postes et la confirmation du salaire de son Directeur, Andreas Meyer à 1,05 millions frs. Si tous ceux qui râlent sur les réseaux sociaux avaient votés, la situation serait peut-être différente aujourd’hui.

Les hommes politiques font preuve de générosité. Ils viennent de sucrer le coeur de la stratégie de transition énergétique suisse « Energie 2050 » afin de laisser les prochaines générations régler le problème du climat pour eux.

40 milliards Frs. Ce serait le coût d’un accident nucléaire en Suisse selon le Conseil Fédéral. Le coût des mesures à court terme, s’entend. Pour les années suivantes, on ne sait pas trop. Paradoxalement, le Conseil Fédéral a fixé à Frs 2 milliards le montant a assuré par réacteur en cas de catastrophe.

Tiens, l’action de la Banque Nationale Suisse a bondi de Frs 1017 à 1700.–. La BNS traine toujours ses milliards $ investis dans les entreprises de schiste aux USA.

 

Angleterre

La première ministre a autorisé la construction de deux centrales nucléaires par EDF à Hinkley Point. L’Angleterre offre une subvention de 30 milliards $ sur 35 ans ainsi qu’une aide financière qui double le prix de l’électricité actuel.

Les chinois, coréens et américains proposent également la construction de leurs propres réacteurs sur le sol anglais. Le Royaume, qui a libéralisé son marché de l’électricité, pourrait devenir un centre de test pour les nouvelles centrales nucléaires. Cela devrait simplifier les synergies en cas de catastrophe.

La plus grande éolienne du monde a été installée dans la baie de Liverpool à Burbo Bank. L’installation a été commandée par le danois Dong Energy. La turbine de 8MW de Vestas mesure 195 m de haut. Son doux nom : Vestas V164-8.0MW. Dong Energy vise un coût de 10 ct €uro le kWh amorti sur 15 ans seulement. Une éolienne a une durée de vie de 20-25 ans.

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La plus grande éolienne du monde

Russie

Le prix relativement bas du baril continue de créer des ravages dans l’économie russe. Moscow songe à privatiser son principal producteur pétrolier Rosneft afin de faire entrer du cash dans ses caisses.

Les responsables de la communication de la Russie et de l’Arabie Saoudite ont bien compris le mécanisme. Il suffit d’annoncer que les deux pays sont en négociation pour geler la production pétrolière pour que le baril grimpe. Un mois avant la rencontre de l’OPEP les deux compagnons ont fait courir le bruit de discussions. Résultat: +2$ pour le baril soit 6 milliards $ de plus-value durant le mois pour les producteurs pétroliers.

 

Allemagne

Après avoir découvert que les ingénieurs allemands passent autant de temps à construire leurs voitures qu’à d’inventer des systèmes pour contourner les tests anti-pollutions qu’ils ont eux-mêmes mis au point, les voilà qu’ils se lancent à 100 à l’heure dans la voiture électrique.

Au salon de Paris, Mercedes annonce pour 2020 sa première voiture électrique : Generation EQ. Elle devrait être commercialisée aux environs de 50’000$. De son côté VW aimerait lancer son nouveau modèle électrique la I.D, en-dessous de 30’000 $, d’une autonomie de plus de 500 km. VW n’a pas annoncé comment l’entreprise allait calculer l’autonomie de ses véhicules mais on peut leur faire confiance! Lancement 2020. Tesla a quelques longueurs d’avance.

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La Mercedes Electrique EQ disponible en 2020

Les Amériques

Make America Great Again

L’industrie solaire a installé 2’051 MW d’avril à juin 2016 aux USA. C’est le onzième trimestre d’affilé qui voit une augmentation sur l’autre. Les prix du solaire ont diminué de 60% depuis 2010.

La nouvelle Chevy Bolt, General Motors, sera la grande rivale de la nouvelle Tesla. Plus de 300 km d’autonomie pour 37’000$. Arrivée sur les marchés : début 2017. En Europe, c’est sous la marque Opel Ampera qu’elle sera commercialisée.

Le procureur général de l’Etat de New York, Eric Schneidermann, enquête sur les raisons qui ont poussé Exxon Mobil à ne pas divulguer à ses actionnaires les impacts financiers sur l’entreprise du changement climatique. L’entreprise avait identifié ce problème depuis les années 80.

Proterra a dévoilé un nouveau bus électrique capable de rouler pendant 950 km avec une seule recharge. Bon, il trimballe une plombe de batterie, mais bel exploit. Le Catalyst E2 sera capable d’être utilisé pour les transports urbains avec une version remastorisée d’une autonomie de 500 km.

La Californie en rajoute. Déjà sur le point d’atteindre ses objectifs de réduction de CO2 prévu en 2020, le Gouverneur Jerry Brown propose de réduire de 40% les émissions de CO2 pour 2030 (basé sur l’année 1990). L’industrie et les républicains prévoient la fin du monde, mais ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.

La vague de faillites pétrolières américaines diminue mais ne tarit pas. Debtwire a publié une liste de 180 entreprises qui pendent en-dessus du vide. Au fond du ravin, il y a déjà plus de 90 entreprises qui ont laissé pour plus de 100 milliards $ de dettes.

Dans la série, les candidats à l’élection présidentielle américaine sont formidables, Gary Johnson, crédité de 12% dans les intentions de votes est sans conteste le Champion du Monde toute catégorie. Il dépasse même le fils Bush. Le voici incapable de nommer le moindre dirigeant étranger, après avoir, il y a trois semaines, ne pas connaître la ville d’Alep en Syrie. On reste comme lui, sans voix.

Schiste
Le nombre de forages de pétrole de schiste creusés mais non activés s’élève à 4’117 dans les 4 régions majeures (Bakken, Eagle Ford, Niobrara et Permian) et 914 de gaz de schiste (Utica, Mercellus et Haynesville).

Enbridge rachète Spectra Energy pour 28 milliards $. La capitalisation d’Enbridge grimpe à 127 milliards $ et devient too big to fail. Et quand on est dans ce cas, c’est que l’on est too big.

 

Venezuela

Le pays est en voie d’effondrement. Il a émis pour 110 milliards $ d’obligations financières qui pourraient disparaître en même temps que le pays s’écroule. La Chine aurait mis 60 milliards $ dans la corbeille de mariage en échange de pétrole.

 

Argentine

Selon le CEO de BP, Bob Dudley, l’Argentine pourrait être le nouvel eldorado du pétrole de schiste. Le bassin de la Vaca Muerta située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza semble prometteur.

 

Asie

Chine

Bien que la Chine dépende à 77% du charbon pour produire son électricité, le pays est en train de faire des efforts impressionnants pour reverdir le tout.  Après le solaire, le pays est en passe de devenir le No1 mondial de l’éolien. Cinq des 10 plus grandes entreprises sont déjà chinoises. La Chine se positionne comme le leader mondial du renouvelable et l’acteur incontournable dans le changement climatique. Qui l’aurait cru il y a 10 ans de cela ?

Pékin a décidé de ne plus supporter à n’importe quel prix les exploitants de pétrole et préfère s’alimenter sur les marchés internationaux moins chers. Ainsi, pour des raisons financières, la Chine a atteint, pour l’instant, son peak oil en 2015. En août, la Chine a produit 3.9 millions b/j (-8,9% par rapport à août 2015) et importé 7,77 millions b/j.

La Chine a diminué ses importations afin de combler sa réserve stratégique. Des questions de stockage pourraient freiner le processus. De nouveaux réservoirs pourraient être prêts d’ici la fin de l’année ou début 2017. La Chine possède une réserve pétrolière de 30 jours.

La nouvelle ligne de train rapide entre Zhengzhou et Xuzhou s’ajoute au 20’000 km déjà installé à travers le pays. Sur le tronçon de 360 km est traversé en un tout petit peu plus d’une heure. Les chinois sont devenus maitre dans l’installation de train ultra rapide.

 

Inde

La consommation d’essence est en train d’exploser en Inde. Le remplacement des motos par des voitures fait un tabac. Celui qui ne considère pas sa voiture comme un symbole de réussite a le droit de lancer la première pierre. Bon an mal an, la consommation est passée de 480’000 barils/jour en août 2015 à 550’000 barils/jours ce mois d’août. Cela représente 8,745 millions de litres par jour ou 2,6 milliards de litres par mois. Là, c’est déjà plus impressionnant. L’Inde est en train de compenser la baisse d’appétit de la Chine.

L’Inde a instauré une limitation de construction de nouvelle centrale à charbon. Cette limitation n’est pas due uniquement à des considérations environnementales car une partie des centrales est sous utilisée.

 

Kazakhstan

Il aura fallu 16 ans et engloutir 50 milliards $ pour que le champ pétrolier de Kashagan puisse débuter sa production commerciale. Il faudra encore 10 ans pour délivrer tout son potentiel.  L’Italien Eni SpA, Shell et Total ont mis l’argent sur la table et 370’000 barils/jour devraient être extraits chaque jour dès l’année prochaine. Peut-être que d’ici là, le prix du baril aura repris l’ascenseur.

 

Japon

Depuis la catastrophe de Fukushima, mars 2011, et l’arrêt de toutes les centrales du pays, le gouvernement a réussi à donner le feu vert pour 5 centrales. Pour le moment 3 centrales sont en activité. 21 autres centrales vont demander la remise en service avec la construction d’une nouvelle centrale.

Bande Annonce du Film: DeepWater Horizon sur la catastrophe pétrolière. Sortie 12 octobre 2016

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Le royaume a repris la première place mondiale devant les USA pour la production pétrolière.

 

Iran

La production a touché les 3,65 millions b/j en août, pas très loin de l’objectif de 4 millions. C’est une prouesse réalisée par Téhéran. L’Inde semble apprécier ce partenariat et gobe 600’000 b/j. mais à des tarifs préférentiels.

Ironiquement, alors que l’Iran devient l’un des plus grand exportateur de pétrole, le pays croule sous la chaleur du réchauffement climatique. Une partie du pays est sur le point de devenir inhabitable dans les 10-20 années à venir à cause des températures exécrables. Le manque d’eau et l’asséchement des nappes phréatiques deviennent des problèmes majeurs du Moyen-Orient et tous ces pays vont devoir y faire face.

 

Irak

La production irakienne continue sa progression alors que son or noir est l’un des meilleur marché à extraire. Un baril à 40$ permet de retirer de juteux bénéfices.

Le grain de sable se situe au niveau de la relation entre les Kurdes et Bagdad. Les premiers désirent créer leur pays et garder les revenus pétroliers. Même la ville de Kirkuk (région pétrolière) désire rejoindre les kurdes. Bref, c’est compliqué et on pourra en parler le mois prochain.

 

Afrique

Les sociétés de négoce pétrolières basées en Suisse ont trouvé un moyen économiquement juteux pour déverser les résidus pétroliers invendables en Europe. Ils les mélangent aux carburants vendus en Afrique. Profit :1-2 centimes € par litre. Vous voulez certainement connaître le nom des directeurs qui dirigent ces compagnies et qui « approve this method » : Vitol CEO Ian Taylor, Trafigura  CEO Jeremy Weir, Addax&Oryx CEO François Jaclot  et Lynx Energy Président Cyrille Costes.

 

Nigeria

La milice Niger Detal Justice Mandate a fait exploser un pipeline important. Son objectif est de diminuer les capacités de production du pays pour forcer le gouvernement à partager les revenus.

Le plus grand producteur pétrolier d’Afrique se trouve dans une situation économique très tendue et sa note de crédit a été passé au niveau : junk.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

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Nucléaire : Au bord du gouffre, EDF fait un grand pas en avant

EPR-FlamanvilleLe Conseil d’Administration d’EDF a finalement donné son approbation au financement et à la construction des deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, Angleterre. L’entreprise française surendettée va devoir récolter plus de 15 milliards € auprès des contribuables français pour débuter ce chantier.

De son côté, le gouvernement du Royaume-Unis a pesé sur le bouton « pause » afin de réévaluer les termes d’un accord qui produirait le kWh le plus cher du marché : 12,5 ct € et qui permettrait à la Chine d’entrer sur son marché et in fine de contrôler une énergie hautement stratégique.

 

Comment est-il possible que les 60 milliards € de dettes partagées entre EDF et Areva n’incitent pas le gouvernement français à plus de réalisme et de prudence financière, d’autant qu’il faudra, selon la Cour des Comptes, proche de 100 milliards € pour remettre à niveau les centrales françaises et pour trouver une solution aux déchets?

Faut-il aller chercher une explication dans l’histoire d’un peuple qui adule le panache des projets pharaoniques à la hauteur du prestige tricolore comme l’étaient le canal de Panama, le Concorde ou Eurotunnel? Des prouesses technologiques dont le fiasco économiques ont été à la hauteur des investissements.

Où alors cette décision montre l’impossibilité pour le Gouvernement d’abandonner ce projet sous peine de condamner la filière du nucléaire française pourtant débordée sa complexité technologique.

 

La Chine met une pression virulente sur l’Angleterre

Pendant que les membres du board approuvaient les 24 milliards € d’investissement partagés 2/3  1/3 avec son partenaire chinois, la China General Nuclear Power Corporation (CGN), ils ont été pris à revers par la nouvelle Première Ministre Anglaise Theresa May qui « se donne le temps de se pencher sur un dossier complexe et délicat » et retarde la signature de l’accord.

Sa réponse devrait arriver avant l’automne avec en arrière fond des questions cruciales: est-il raisonnable de laisser des capitaux chinois financer un projet aussi stratégique qu’une centrale nucléaire, EDF a-t-elle les capacités techniques de réaliser ce projet et faut-il renégocier les tarifs excessifs promis par David Cameron ?

Le chef du cabinet de la Première ministre, Nick Timothy, a exprimé de profondes réticences, jugeant “incompréhensible” que le Royaume-Uni accepte des investissements chinois dans son réseau d’électricité compte-tenu des risques en matière de sécurité industrielle.

De son côté, Pékin a déjà montré ses muscles en mettant une pression virulente sur la Première Ministre afin d’accepter l’invasion chinoise. L’accord propose aux Chinois d’investir 6,5 milliards € avec l’option de construire des centrales nucléaires 100% made in China sur le sol anglais.

Cette pression insupportable confirme les craintes que la Chine n’hésitera pas à s’ingérer dans les décisions du Gouvernement Anglais grâce à l’arme énergétique.

Ce comportement est un signal d’alarme fort, non seulement pour la Grande-Bretagne, mais pour tous les autres pays en passe de vendre leurs actifs énergétiques au pays du milieu.

 

Une énergie trop chère

La question fondamentale pour l’Angleterre est de savoir si le pays est prêt à payer 12,5 centimes € le kWh pendant 35 ans, alors que le coût marginal de l’énergie renouvelable est de zéro ?

Cet accord, négocié par le gouvernement Cameron avant la chute des prix de l’électricité et de l’arrivée massive du renouvelable, inquiète l’industrie et les consommateurs anglais qui seraient financièrement pénalisés.

L’Angleterre est l’un des seul pays membre de l’Europe à avoir totalement privatisé son marché électrique et se trouve déjà dans une position plus qu’inconfortable à la merci d’EDF, E-On ou d’autres géants étrangers qui maîtrisent l’électricité dans l’île.

 

France: La puissante Ecole des Mines

Pour la France, le choix du nucléaire est autant stratégique que philosophique.

Le puissant lobby de l’Ecole des Mines a érigé le secteur nucléaire au rang de Religion. Après des années de matraquages médiatiques et publicitaires, le peuple français a fini par plier et reste amorphe face aux dérives du secteur.

A ce jeu-là, aucun politique n’ose s’y affronter sous peine d’être immédiatement disqualifié. L’arrêt d’une centrale s’identifie trop à la fermeture d’une usine et à son cortège de chômage même si l’activation de l’énergie verte créerait bien plus d’emplois.

Sans courage politique et sans vision, le Gouvernement n’a qu’une seule option : la fuite en avant.

 

Un Employé du nucléaire a plus de poids qu’un employé de l’industrie

Alors qu’EDF et Areva sont en faillite, c’est l’Etat français qui va devoir ratisser dans ses actifs pour redresser la barre. Il a déjà annoncé qu’il allait vendre ses actions dans Peugeot/PSA et ses grands fleurons de l’industrie française, pour payer l’ardoise. L’employé nucléaire semble avoir plus d’importance que le salarié de l’automobile.

Une autre option serait d’ajuster les tarifs de l’électricité sur les coûts réels de production, mais là encore, aucun homme politique ne semble avoir le courage d’affronter la révolte assurée, même si in fine c’est le contribuable qui passe à la caisse. En réalité, la France peut se targuer de produire l’électricité parmi la plus chère d’Europe.

 

Nul ne sait si les EPR fonctionnent

A contre-pied de ses concurrents, Areva a conçu un réacteur surpuissant capable de produire le double d’une centrale conventionnelle. Aujourd’hui, l’agilité des petites installations sont préférées surtout que la pénurie d’uranium menace et que les énergies renouvelables, le gaz ou le pétrole sont financièrement bien plus avantageux.

Le plus surréaliste dans cette histoire, c’est que l’EPR n’a encore jamais été testé alors que les chantiers de Finlande et de Flamanville, France restent enlisés.

Les deux premiers réacteurs pourraient être démarrés en Chine, à Taishan. Le premier réacteur a été construit par Areva et le deuxième par les chinois avec tout le sérieux du « made in China ». A ce jour, aucun test avec du combustible nucléaire n’a été réalisé. Personne ne sait si ce système fonctionne et encore moins à quels coûts !

Au bord du gouffre, EDF fait un grand pas en avant: pour le meilleur ou pour le pire?

Les Banques passent du green washing à la réalité

jean-studer-christian-brun1Depuis la chute des prix du baril, les compagnies pétrolières ont diminué de plus de 500 milliards $ leurs investissements. Ce montant devrait doubler d’ici à 2020 selon Wood Mackenzie, la référence américaine dans l’analyse pétrolière.

Le yoyo des prix du baril (de 100$-27$-50$) ont mis les investisseurs et les banquiers face à de lourdes pertes.

Comme un chat échaudé craint l’eau froide, le robinet financier, dans les productions les plus onéreuses et risquées comme le schiste, le offshore ou les sables bitumineux canadiens, se ferme.

 

Les Banques profitent de la crise pour changer de stratégie

Depuis la Conférence sur le Climat, COP21 de Paris, et sous la pression des actionnaires, plusieurs fonds d’investissements et certaines banques ont pris l’initiative de diminuer leurs expositions aux énergies fossiles.

Les mentalités tendent à changer au niveau des CEO des grandes banques et des institutions financières. Alors qu’elles ne misaient que sur du greenwashing pour redorer leur blason, certaines profitent de la crise pétrolière pour passer à une étape supérieure.

La Deutsche Bank, championne des financements dans le charbon de 2013 à 2015 avec de plus de 7 milliards $ a annoncé, en mars, qu’elle allait sortir des investissements et dettes dans le domaine des mines et de l’exploitation charbonnière.

Citigroup avec ses 24 milliards $ d’investissements dans l’industrie du charbon se dit «supporter la transition vers une économie allégée en carbone et de continuer ses efforts pour réduire son exposition financière dans le secteur minier».

JP Mogran Chase tenait le haut du pavé pour les financements du pétrole extrême dans le offshore, les sables bitumineux ou le schiste avec 38 milliards $ entre 2013-2015. La Banque américaine emboite le pas avec l’arrêt du financement de nouvelles exploitations minières mais tout en restant dans les anciennes. Les bonnes intentions ont certaines limites.

Banque_Charbon

Les Banques réfractaires

Quant à la Banque Nationale Suisse, elle a utilisé l’argent de ses citoyens pour injecter 3 milliards $ dans le charbon, le gaz et le pétrole de schiste aux USA. Cette politique de placement est d’autant plus surprenante qu’elle se heurte au code éthique de l’institution.

Lors de la dernière assemblée générale en avril, son président Jean Studer (photo), a préféré jouer à l’autruche en refusant de répondre aux demandes des actionnaires sur l’implication de sa banque dans les énergies dangereuses pour l’environnement. Mais les pertes abyssales de la BNS, réalisées dans ce domaine, vont être difficilement justifiables face aux cantons actionnaires en manque d’argent.

Les deux autres géants suisse que sont l’UBS et le Crédit Suisse restent toujours encrés dans le fossile, mais les performances négatives du fossile pourraient faire pencher la balance.

 

Influencer Google comme stratégie

En faisant des recherches sur Google sur l’implication de ces banques dans leurs investissements fossiles, les résultats témoignent des efforts fournis par les responsables de communication pour influencer artificiellement les moteurs de recherche.

Cette couche artificielle de vernis vert est déjà une étape mais elle sonne de plus en plus faux aux oreilles des actionnaires et de leurs clients surtout que les pertes s’accumulent même si le baril a repris 95% depuis le début de l’année.

 

La baisse des investissements va faire remonter les prix du baril

Pour l’année à venir, la production pétrolière mondiale devrait diminuer de 4% (-3,6 millions barils/jour) et annihiler le surplus actuel pour retendre les prix sur les marchés et peser sur la croissance mondiale.

En 2016, ExxonMobil ne va investir que 23 milliards $ (42,5 milliards en 2013).
Chevron suit la même tendance avec 23 milliards $ en 2016 (41.9 en 2013) et le mouvement est identique à travers le monde.

Même si les prix tutoient la barre des 50$, la sagesse va certainement pousser les majors à attendre pour voir, d’autant qu’elles ont intérêt à ce que la pénurie à venir pousse les prix vers de nouveaux sommets.

D’ici là, de plus en plus de banques devraient annoncer leur sortie du fossile à moins que la perspective de nouveaux profits les confinent à jouer avec Google.

Energies et Economie: Revue Mondiale Mai 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Inde: Le pays avale de plus en plus de pétrole
– USA: 14 entreprises font faillites dans le schiste en avril
– USA: 1 million d’installations solaires à travers le pays
– Arabie Saoudite: changement du Ministre du Pétrole
– Brésil: Dilma Roussef éjectée pour couvrir le nouveau président?
– Monde: 383 milliards $ de dettes pour les majors pétrolières
– Nigeria: Le pays est sur le point de s’écrouler.

 

Le pétrole imite la petite bête et il monte, monte, monte!  A New York nous le retrouvons à 45.92$ le baril (45.92$ fin avril) et à Londres 48.13 $ (48.13$ à la fin avril).

L’uranium ne sait pas quoi faire. Le voilà qu’il remonte un peu et passe discrètement à 28.50$  (27.5$ à fin avril 2016).

 

Monde

Selon Graves & Co, 351’000 emplois ont disparu dans le monde pétrolier depuis juin 2014. 152’000 dans l’exploration, 80’000 dans l’extraction et 52’000 dans les forages.

Les 15 plus importantes majors pétrolières européennes et américaines accumulent 383 milliards $ de dettes à la fin mars 2016 (97 milliards $ en mars 2015).

L’Agence américaine de l’Energie  (EIA) ne voit aucune limite à la croissance. Un pareil optimisme fait plaisir à voir! Dans son Energy Outlook 2016, l’EIA prévoit une augmentation de 48% de la consommation énergétique d’ici à 2040 (par rapport à 2012). Le pétrole devrait augmenter de 35%, le gaz de 75%, charbon de 18%, le nucléaire 50% et le renouvelable +50%. L’enthousiasme de l’EIA doit être tempéré par sa capacité à fournir des estimations traditionnellement… erronées.

Dessin Chappatte

Le Vieux Continent

France

Ségolène Royal aimerait interdire les importations de gaz de schiste made in USA  ainsi que le gaz liquéfié qui contient 40% de ce gaz à l’extraction très polluante.

Le gouvernement a proposé de payer 100 millions d’euros de dédommagement à EDF pour la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire française. EDF crie au scandale et espérait 2-3 milliards €. Le chiffre final se trouvera quelque part entre les 2. Paradoxalement, l’Etat français possède 85% d’EDF ! Donc l’Etat se versera de l’argent pour appliquer sa décision.

 

Suisse

L’assemblée de la Banque Nationale Suisse a été chahutée. La questions des investissements douteux dans le gaz de schiste, le charbon et le pétrole américain a été abordé par des actionnaires.

Démocratiquement, le président de la BNS, Jean Studer, a balayé de la main l’interpellation sans même y répondre, c’est dire si le sujet fâche! Même les Cantons Suisses, actionnaires majoritaires, n’ont pas bronché alors que plusieurs centaines de millions de francs ont été perdus dans l’aventure.

 

Angleterre

Le géant français EDF hésite toujours à investir 25 milliards € pour la construction de 2 centrales nucléaires de type EPR sur le sol anglais. Bien que le ministre Macron ait annoncé son feu vert, les syndicats et le personnel attirent l’attention sur les risques liés à la construction et aux retards possibles.

 

Hollande

Shell va couper 2’200 emplois supplémentaires. L’entreprise a besoin d’un baril à 70$ pour couvrir ses frais d’investissements (capex).

 

Allemagne

Les actions du géant de l’énergie E-on / Uniper ont chuté après que l’entreprise a annoncé qu’elle devra emprunter pour payer le traitement de ses déchets nucléaires. E-on avait provisionné 8 milliards € et devra rajouter 2 milliards supplémentaires. Les 4 grands propriétaires de centrales nucléaires allemands devront contribuer à hauteur de 23,3 milliards € et à un montant inconnu pour démanteler leurs centrales.

 

Le Nouveau Continent

USA

Un million d’installations solaires ont généré 27 GigaWh en 2015 ce qui représente le 1% de la consommation du pays. Cette année 16 GWh devraient être mis en ligne. L’objectif est de grimper à 100 GWh d’ici à 2020. Selon le prochain Président, cet objectif pourrait être ambitieux, ou pas.

Donald Trump a choisi Kevin Kramer afin de l’aider dans sa politique énergétique. Le brave homme du Dakota du Nord est connu pour ses positions contre le réchauffement climatique et un chaud partisan du pétrole et du gaz. Kramer souligne les dangers des investissements étrangers dans les actifs énergétiques américains  ainsi que les réglementations environnementales. Tout un programme !

Le hollandais Shell, l’italien Eni, le norvégien Statoil et l’américain ConocoPhillips ont renoncé à renouveler leurs licences au gouvernement US pour exécuter des forages en Arctique.

Durant les 5 à 10 prochaines années, 15 à 20 centrales nucléaires pourraient fermer aux USA pour cause de rentabilité insuffisante. Le pays en possède une centaine.

Schiste

Selon Haynes and Boone, de Dallas, en avril, 14 compagnies pétrolières ont demandé la protection du chapitre 11 sur les faillites pour des dettes dépassant les 15 milliards $. Elles étaient 7 au mois de mars pour 1,9 milliards $.

Voici une liste des faillites les plus importantes. Si vous avez des actions dans ces entreprises, well:  SandRidge Energy Inc, Swift Energy Co, Samson Resources Corp et American Eagle Energy Corp Co. Penn Virginia, une entreprise vieille de 134. Le producteur pétrolier et gazier et laisse une casserole de 1 milliard $ dans les mains des actionnaires.
Linn Energy part également en faillite avec une dette de 8,3 milliards $ et a trouvé 2,2 milliards $ de refinancement.
Si comme la Banque Nationale Suisse, vous avez parié sur Penn Virginia et Linn Energy, vous aurez fait un carton plein.

Halcon Resources Corp part également en faillite. Total de la perte : 1,8 milliards $.

Pour la route, en voici encore deux:  Pacific Exploration & Production avec 5,3 milliards $ perdus.
Osage Exploration and Development est un petit joueur avec seulement 43 millions de pertes.

Le Texas constate que les forages horizontaux fracturés par des injections de sables, eaux et produits chimiques contaminent l’eau des nappes phréatiques avec une variété de métaux lourds et de produits chimiques dont les quantités évoluent avec le temps.

Canada

Les incendies à Fort MacMurray ont retiré 1 million de barils/jour des sables bitumineux. Le réchauffement climatique (forte température, sécheresse) est le premier suspect pour expliquer cette catastrophe qui a vu l’évacuation de 90’000 personnes. La production pourrait retrouver sa cadence normale durant l’été.

 

Brésil

Dilma Rousseff a été écartée du gouvernement pour une période de 6 mois. La compagnie pétrolière nationale Petrobras se débat toujours dans une situation économique non prévue lors du choix de Rio aux Jeux Olympiques.

Le nouveau Président Temer pourrait avoir renversé Dilma afin de se protéger et de protéger son parti des problèmes de corruption avec l’entreprise pétrolière nationale PetroBras. Déjà deux ministres ont dû démissionner de son gouvernement dont le Ministre de la Corruption!

Venezuela

Le pays est sur la voie de l’effondrement et il est difficile d’envisager le maintien de la production pétrolière qui représente la quasi-totalité de son budget.

Asie

Chine

Par semaine, 83 supertankers contenants 166 millions de barils de pétrole entrent dans le pays. Cette quantité semble dépasser les besoins de la Chine et sert à remplir ses réserves stratégiques.

Pékin a de la peine à passer du gaz au charbon car le gaz coûte 3 fois plus que le charbon. Les problèmes de pollution pourraient persister.

 

Inde

L’Inde est la nouvelle Chine. Les ventes de pétrole ont augmenté de 10% en avril (en comparaison avec avril 2015). La demande de carburant a augmenté de 11% durant les 12 derniers mois.

L’Inde est sur le point de ravir au Japon la 3ème place sur le podium des plus grands importateurs de pétrole derrière les USA et la Chine avec 4,39 millions b/j.

Record de chaleur battu en Inde : 51 degrés à l’ombre. Et nous ne sommes pas encore en été.

https://youtu.be/c1JEJpWhbU4
51 degrés en Inde, le goudron fond

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Ministre du pétrole depuis 20 ans, Ali al-Naimi a été remplacé par Khalid al Falih le CEO de l’entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco.

Les nouvelles constructions sont en baisse de 50% dans le pays et provoquent le chômage de milliers d’employés étrangers. Pendant que le fils du Roi le Prince Mohammed, 30 ans, prend de plus en plus de place au sein du gouvernement, certains membres de la famille royale se posent des questions.

Comme les iraniens, les saoudiens font également face à l’augmentation des températures qui nécessite de plus en plus de pétrole pour pouvoir survivre durant l’été.

 

Emirats Arabes Unis

Un nouveau record va être battu à Dubaï ou une offre à 2,99$ le kWh solaire a été gagnée -15% par rapport à l’ancien record détenu par Mexico. L’installation est gigantesque avec 800 MW, mais à ce prix là, il doit y avoir pas mal de bidouillages financiers.

 

Iran

Les iraniens sont en train d’exploser les compteurs. Les exportations de pétrole pour mai atteindraient 2,1 millions b/j (+60% 1,3 million b/j en mai 2015). Les ventes pour l’Europe représentent 400’000 b/j ce qui représente la moitié des livraisons d’avant les sanctions. La rapide augmentation des exportations montre que Téhéran a trouvé des tankers qui veulent bien prendre son pétrole.

 

Irak

La production pétrolière de Basra, Sud du pays, reste constante à 3,3 millions b/j. et à 4,5 millions nb/j pour tout le pays.

L’optimiste ministre du pétrole espère augmenter la production à 6 millions b/j d’ici à 3 ans. Les coupures électriques et les conditions politiques du pays pourraient en décider autrement. Les habitants de Basra demandent de l’eau, de l’électricité et du travail. Ils ont été dispersés par les forces de sécurité en faisant des morts.

 

Koweit

Le pays planifie des investissements de 42 milliards $ d’ici à 2022 pour augmenter sa production pétrolière, améliorer ses raffineries et explorer des projets de carburants propres. Le tout est certainement pour répondre à la COP21 de Paris.

Le deuxième Etat le plus riche du Moyen-Orient répond à sa manière à la crise pétrolière en injectant du cash dans l’économie ce qui réjouirait l’économiste Keynes. Le premier ministre Anas Al-Saleh poursuit la stratégie inverse de l’Arabie Saoudite.

Afrique

Libye

Le pays fait des progrès dans l’exportation de pétrole. La National Oil Company peut utiliser le port de al-Hariga et espère ouvrir le port de Ras Lanuf et Es Sider. Les exportations pourraient passer de 100’000 à 300’000 b/j.

 

Nigeria

Avec le Venezuela, le Nigeria fait figure d’épouvantail parmi les pays producteur de pétrole de l’OPEP et leurs productions pourraient s’écrouler.

Les attaques du groupe Niger Delta Avengers contre les installations pétrolières sont devenues quotidiennes. L’objectif est de stopper la production pétrolière dans le pays qui touchait les 1,6 million b/j. Les barges en haute mer, qui représentent le 50% de l’exploitation, ne sont pas touchées.

Les pénuries d’essence continuent et l’Etat doit importer la quasi-totalité de sa consommation, ce qui est paradoxal pour le plus grand producteur de pétrole d’Afrique.

 

Phrases du mois

Il est clair que les véhicules électriques sont le futur. Une transition du pétrole est une évolution naturelle et c’est notre objectif de l’encourager le plus rapidement possible” Simon Bridges, New Zealand’s Energy and Transport Minister

Bruce Zagaris, Berliner, Corcoran & Rowe, Washington: “Les comptes financiers offshore américains sont bien plus important que l’imagine les gens. Les USA sont déjà la plus grande place offshore du monde. Ils ont réalisé un excellent travail pour annuler la compétition des banques suisses.”

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète

 

Donald Trump: Make the Energy Great Again

donald-trumpDonald Trump n’avait officiellement pas encore donné son avis sur la question énergétique et du réchauffement climatique.

Depuis jeudi, c’est chose faite. A son image, il n’a pas fait dans la demi-mesure.

Aligné sur la doctrine du parti républicain, celui qui pourrait devenir le prochain président américain n’a pas déçu. Accord sur le Climat de Paris, réglementations sur la pollution et les énergies fossiles, tout passe à la trappe.

Lors de son allocution à la Petroleum Conference à Bismarck dans l’Etat pétrolier du Dakota du Nord, le candidat républicain a adopté la position du parti en favorisant largement les énergies fossiles et en effectuant un 180 degrés par rapport au président Obama.

 

Préparer le terrain
sarah_palinOn se souvient qu’en janvier dernier, l’ex candidate à l’élection de 2012, Sarah Palin avait donné son soutien à Trump dans l’espoir de devenir la prochaine Ministre de l’Energie. Avec la simplicité qu’on lui connait, l’ancienne sénatrice de l’Alaska, avait déclaré sa flamme pour les énergies fossiles. (lire article)

Il y a quelques jours, afin de définir sa stratégie en politique énergétique, Donald Trump avait annoncé l’arrivée dans son équipe de Kevin Kramer. Cet homme du Dakota du Nord est connu pour ses positions anti-climat et un fervent défenseur du pétrole et du gaz.

Avant sa conférence de presse et pour paufiner sa stratégie, Trump s’était entretenu avec Harold Hamm, le pionnier du schiste américain et CEO de Continental Resources.

Le terrain était prêt.

 

Fidèle à la doctrine du parti républicain : Drill baby Drill

Le candidat républicain a attaqué ses rivaux démocrates, Hillary Clinton et Bernie Sanders, qui désirent imposer des régulations plus strictes dans les forages de schiste et l’environnement.
«Si vous faites ça, nous allons devoir retourner au Moyen-Orient et les supplier pour avoir du pétrole. Cela ne se passera pas avec moi»,  a-t-il souligné.

Le milliardaire a ajouté qu’il désire annuler l’accord sur le climat de la COP21 de Paris, supprimer les régulations fédérales américaines sur l’environnement, raviver l’industrie moribonde du charbon et voir la construction du pipeline Keystone XL qui transportera le pétrole des sables bitumineux canadiens jusqu’aux USA.

Comme le Sénateur McCain face à Obama en 2012, il accuse “les démocrates de mettre les intérêts étrangers avant les intérêts américains et de freiner la production énergétique”. Avec cette même rhétorique, Donald Trump désire que “les États-Unis deviennent énergiquement indépendants et voir même d’exporter le surplus”. Même si aujourd’hui le pays importe toujours la moitié de sa production pétrolière soit presque 9 millions de barils par jour.

A une question posée par un journaliste canadien sur la construction du pipeline Keystone XL, Trump a martelé « qu’il obtiendra un meilleur accord actuel proposé par l’entreprise TransCanada. Je veux ce pipeline, mais le peuple américain doit recevoir une part signifiante des bénéfices». Ce concept rappelle la construction d’un mur anti immigration entre le Mexique et les USA que le milliardaire désire faire financer par le Mexique.

Concernant l’accord de Paris sur le climat, M. Trump souligne que «les bureaucrates vont contrôler ce que nous utilisons et ce que nous faisons sur nos terres et dans notre pays. No way, no way (pas question, pas question)».

Il en a profité pour réitérer son soutien à l’industrie du charbon et prédit qu’au final “le charbon va devenir très bon marché“. Bien que le charbon américain soit attaqué en frontal par le gaz de schiste, il n’a pas détaillé son plan pour maintenir en vie les deux productions ennemies.

Le candidat pense que «le président Obama a tout fait pour barrer la production énergétique américaine. Si Crooked (corrompue) Hillary est en charge, les choses vont aller de pire en pire. Croyez-moi, elle fermera les entreprises de production à travers tout le pays.»

 

L’homme providentiel

Ce samedi à Fresno en Californie, il a continué sur sa lancée d’homme providentiel. Trump a lancé que “l’État californien ne subit pas de sécheresse et que la technologie pourrait résoudre ce problème”. S’il est élu, il fera tout pour amener de l’eau du Pacifique aux fermiers qui depuis cinq ans font face à de graves pénuries d’eau.

La fronde Républicaine s’est également étendue sur les enquêtes fédérales lancées contre les grands groupes énergétiques comme ExxonMobil ou le charbonnier Peabody. Depuis des années, ces géants ont caché au public et aux actionnaires les effets des énergies fossiles sur réchauffement climatique. C’est en tout cas ce que pensent les procureurs en charge de ces dossiers. Le grand parti demande l’arrêt immédiat de ces enquêtes. Si Peabody a déjà avoué, Exxon se trouve dans une situation critique. La major pétrolière a déjà dû dévoilé des documents compromettants sur des systèmes qui s’inspirent de l’industrie du tabac.

 

Le Monde a-t-il changé en 8 ans?

Si fondamentalement, il ne devrait pas y avoir une grande différence entre la doctrine de Donald Trump et celle de Georges W Bush, huit années se sont écoulées avec des bouleversements énergétiques mondiaux ainsi que des événements climatiques de plus en plus surprenants.

Il sera intéressant de voir comment la communauté internationale et notamment la Chine réagiront dans ce domaine face au style bulldozer de Trump, si en tant que Président des Etats-Unis, il décide de mettre en pratique sa nouvelle promesse électorale: Make the US Energy great again!

D’ici là, l’eau risque de couler sous les ponts, sauf en Californie.

 

Conférence de presse: Jeudi 26 mai, Dakota du Nord.

Energie: dès 14 minutes

Incendie de Fort McMurray: L’Enfer du Décor

FortMcMurray1L’énorme incendie, qui ravage la ville de Fort McMurray, Alberta, est perçu comme une tragédie au Canada. Plus de 2000 km2 de forêts et des milliers d’habitations ont été détruits dans une ville inventée pour extraire un pétrole non conventionnel.

Bien que les feux se propagent loin des centres d’exploitation des sables bitumineux, la production a déjà diminué de 1 million de barils/jour (b/j). On ne peut s’empêcher de faire un lien entre le réchauffement climatique et la technologie d’extraction d’or noir la plus polluante. Est-ce que cet écosystème industriel, environnemental et économique pourra se reconstruire alors que les cours du pétrole remontent grâce à cette catastrophe ?

 

Fort McMurray: Capitale Mondiale du Réchauffement Climatique
A la fin des années 90, avant l’arrivée des compagnies pétrolières, Fort McMurray recensait à peine 10’000 citoyens. La semaine dernière, elle comptait 78’000 habitants ainsi que 43’000 «shadow workers» (travailleurs de l’ombre), logés directement dans les exploitations pétrolières à 50 km plus au nord.

Il a fallu déboiser, bétonner, construire et faire sortir de terre une ville artificielle et tenter de lui donner une once de viabilité.  La grande majorité de ces infrastructures ont été financées par les investissements privés des grands producteurs pétroliers soucieux d’attirer assez d’employés dans cet endroit austère et au climat hostile.

Avec le temps, Fort Mc Murray a réussi à forger une population expérimentée dans l’exploitation des sables bitumineux ainsi que de se créer une renommée mondiale dans une industrie qui produit le 8,3% des gaz à effet de serre du Canada

Combien seront-ils à revenir dans cette ville devenue fantôme où ils ont tout perdu?

Avec les prix actuels du baril, est-ce que les pétroliers et les assurances auront le financement disponible et la volonté de recréer les infrastructures dévastées?

 

 

Un business modèle basé sur les travailleurs immigrés
Pour répondre aux besoins financiers des compagnies pétrolières, le gouvernement a dû importer en masse de la main d’œuvre étrangère pour assurer, à très bas coûts, les tâches logistiques secondaires comme dans la restauration, les hôpitaux, les magasins, la construction, la prostitution ou certains emplois difficiles dans l’exploitation des sables bitumineux.

En échange, le gouvernement a exigé des compagnies pétrolières que les emplois les plus rémunérateurs soient réservés aux canadiens.

Les immigrés représentent 70’000 des 133’000 emplois que compte le secteur. Sans ces travailleurs de seconde zone, le boom n’aurait pas été possible. Ils se retrouvent aujourd’hui sans travail et donc sans permis.

Les services de l’immigration canadienne ont fait savoir qu’ils allaient examiner la situation afin de faire exception au principe du renvoi automatique.

Mais un retour à Fort Mc Murray pourrait prendre plusieurs semaines. Auront-il les ressources financières pour tenir durant tout ce temps?

 

 

Baisse de 1 million de barils de pétrole par jour. Le baril remonte
En temps normal, l’Alberta produit un peu plus de 2,1 millions baril par jour (b/j) de pétrole bitumineux.

Une grande partie des 43’000 travailleurs de l’ombre ont dû être évacués des zones d’exploitation afin que leurs mobile homes soient déplacés et mis à disposition les habitants évacués de Fort McMurray.

Même si pour l’instant les terrains d’exploitation ne sont pas directement menacés par l’incendie, faute de main d’œuvre Syncrude, Suncor, Shell, Nexen, ConocoPhilips, Total, Husky et Connacher ont dû se résigner à suspendre leurs opérations. Leurs pertes pourraient s’élever à 5 milliards $ alors qu’elles sont déjà en difficulté.

Cependant, la coupe sèche d’un million b/j est une excellente nouvelle pour les producteurs qui ont vu les prix du baril remonter à 45$ à New York.

Si la paralysie devait continuer pendant plusieurs semaines, les marchés pourraient durablement regrimper et redonner espoir aux producteurs.

 

Environnement et Incendie: La violence des feux interpelle.

La création de Fort Mc Murray repose sur des bases anarchiques dans la plus grande tradition du grand frère américain.

La déforestation pratiquée de manière sauvage favorise les feux de forêt en laissant brindilles et branches sèches et appauvrissant les sols. Un hiver très sec, des températures dépassants de 15 degrés les normales saisonnières et un fort vent auront fait le reste. Les causes du départ de l’incendie ne sont pas connues, mais en revanche sa propagation s’explique.

Sur les réseaux sociaux canadiens, ceux osent mettre les mots «réchauffement climatique» et «Pétrole bitumineux» dans la même phrase font face à la virulence de ceux qui ne voient aucun impact sur le climat. Comme les participants ont des opinions très tranchées, les étincelles embrasent cette fois-ci le Net.

 

Au-delà de cette catastrophe, on peut se demander si tout ce business modèle n’est pas la dernière folie des hommes pour tenter d’extraire du sol les dernières gouttes de pétrole?

Importer des travailleurs bon marché, exploiter anarchiquement le sol, polluer sans se soucier des conséquence et exporter la quasi totalité de la production aux USA. Combien de fois les canadiens voudront-ils reconstruire cet écosystème?
Du côté des assureurs, la réponse est déjà connue.