Pétrole : 19$ hier soir et 26$ ce matin

(mise à jour: le 20 avril: le baril chute à 11,51$).
Le baril de pétrole est entré dans la zone des 19$ pour ses 159 litres, soit 12 centimes l’unité, 10 fois moins cher qu’un litre de Coca-Cola!  A 19,57$, je voulais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Ca, c’était le début de l’article écrit hier soir. Ce matin, après avoir rafraichi 20 fois la page des cours, oui, c’est bien ça ! Le baril américain a pris 6$ en moins de temps qu’il n’aura fallu à Donald Trump pour annoncer son plan de réouverture du pays.


Pétrole à 19$, “J’y étais”

Il n’en fallait pas plus aux algorithmes des super-ordinateurs boursiers pour en déduire que la pandémie aux USA est terminée. D’ici à ce weekend, Joe America va bondir dans son pick-up truck pour aller prendre un avion en direction de Cancun afin d’acheter l’IPhone 11 et de siroter une Corona dans un bar bondé.

Il est réconfortant d’imaginer que notre monde est géré par ce genre d’ordinateurs et que les Banques Centrales déversent des milliards pour sauver les bourses.

Bref, même pas eu le temps d’imprimer les casquettes : “Pétrole à 19$, j’y étais”.

 

Mise à jour le 20 avril: le cours du baril chute aux USA

 

Volatilité extrême

Dans la réalité, l’Agence Internationale de l’Energie annonce une chute de 30% de la demande de pétrole mondiale.

La Russie traine des pieds et trouve des excuses pour ne pas trop réduire sa production comme annoncé lors de la réunion de l’OPEP. Ils ne sont pas les seuls. Chacun passe son temps sur Google pour chercher une excuse autant inédite que crédible.

Le stock sont bientôt pleins avec la question : on fait quoi quand c’est plein?

 

Attendre pour voir

Le pétrole ressemble à une boule magique sur un trampoline qui rebondit dans tous les sens. On ose à peine imaginer ce qui va se passer aujourd’hui.

Une solution : fermer les yeux et les rouvrir dans une semaine.

 

Badaboum! Le prix du pétrole chute sous les 30$

Badaboum !  Ce matin au réveil, j’ai regardé les cours du pétrole, me suis frotté les yeux, ai rafraichi mon navigateur, refrotté mes yeux. Non, c’est bien ça.

En un weekend, les prix du pétrole viennent de perdre 30%. Alors que le baril flirtait avec les 70$ en janvier, et surfait à 45$ vendredi, il vient de se prendre les pieds dans le tapis. On le retrouve au niveau de la poussière à 27,71 à New York et 32,01 à Londres.

 

Le passager clandestin

Mais que s’est-il passé ? Vendredi, lors de la réunion de l’OPEP, l’Arabie Saoudite avait convié la Russie, non membre, afin de procéder à une nouvelle réduction de la production. Le «ce que vous savez » a diminué la consommation chinoise de pétrole de plus de 3 millions de barils par jour, et les autres pays se trouvent dans la même tendance.

Depuis 3 ans, Ryad et Moscou vivent une histoire d’amour et s’accordent systématiquement pour réduire leurs extractions.

Et bien vendredi, la Russie a demandé le divorce. Motif : dès qu’une baisse est concédée par l’OPEP+, elle est compensée par le pétrole de schiste américain. La patience des russes a fini par craquer face à ce «passager clandestin». Le timing est d’autant plus stratégique, que l’industrie pétrolière de schiste américaine est sur le point de s’écrouler sous le poids de ses dettes.

L’occasion de se débarrasser du schiste US est une opportunité à saisir. Pour les investisseurs inconditionnels de ce schiste, comme la Banque Nationale Suisse, c’est une véritable catastrophe.

 

Vexée l’Arabie Saoudite surréagit

Bref, BNS ou pas, il n’en fallait pas plus au prince d’Arabie Saoudite, Mohammed bin Salman pour piquer la mouche et déclarer : si la Russie n’accepte pas, nous allons ouvrir les vannes de notre pétrole et nous lancer dans une guerre des prix. Il a même cru bon d’ajouter qu’il allait vendre son pétrole avec un rabais de 8$ le baril. Aussitôt dit, aussitôt fait et les cours se sont effondrés.

Jusqu’où, telle est la question? La situation est à surveiller comme le lait sur le feu.

 

Prix à la pompe

Pour les automobilistes, le prix de l’essence en Suisse devrait atteindre les 1,35 francs le litre et en France 1$.  Le sablier a été tourné. Commençons à compter combien de jours votre station d’essence ajustera ses tarifs. Pour une baissen, il faut compter 7-10 jours alors que pour une hausse 1 jour suffit.

 

Pour de plus amples informations et pour suivre l’évolution du pétrole, revenez sur ces pages, d’ici à la fin de la semaine, afin de découvrir les coulisses de ce bras de fer.

 

 

 

 

Pris de panique, le pétrole passe sous les 50$ le baril

Quand on fait des plans, les dieux rigolent. Début janvier 2020, le pétrole devait grimper de 62$ le baril à 70$. C’était un coup sûr. A la bourse, tous les ordinateurs et les bots en étaient convaincus et auto-programmés.

Il n’aura fallu que quelques semaines pour que le coronavirus pèse sur le bouton panique, et les cours de s’effondrer. A la fin février, au fond du trou, on aperçoit le pétrole à 44,76$ à New York et 49,67$ à Londres.


Dans cette phase, il est possible d’observer quelques points intéressants:

Premièrement, les mécanismes du capitalisme fonctionnent toujours parfaitement: les stations d’essence n’ont toujours pas adapté les prix à la baisse.

Pour les pays importateurs de pétrole, c’est une bonne nouvelle. En théorie, la baisse des coûts de l’énergie permet de diminuer l’inflation et de stimuler l’activité économique avec une énergie bon marché. Cependant, un baril bon marché indique que l’économie mondiale ne va pas bien. Dans ce cas, c’est cette deuxième option qui brille le plus en ce moment.

En 2019, 42 entreprises pétrolières américaines ont fait faillites. Avec un baril sous la barre des 50$, le virus va augmenter la pression financières sur les entreprises les plus fragiles d’autant que plus de 40 milliards $ de crédits arrivent à échéance cette année. Donald Trump, qui demande depuis des mois l’abaissement des taux de la Réserve Fédérale Américaine*, pourrait utiliser cette excuse afin de voir ses vœux s’exaucer. Il espère stimuler l’activité économique aux USA et relancer la consommation de pétrole afin de soutenir les producteurs locaux.   (*Mise à jour 3 mars 2020. La FED américaine a annoncé une baisse surprise de ses taux de 0,50%!)

La Banque Nationale Suisse, qui a investi pour 6 milliards $ d’actions dans le pétrole et schiste aux USA, est touchée de plein fouet. La semaine dernière, plusieurs pétroliers ont émis des signaux de détresses dont une pré-annonce de faillite. Au total, pour 479 millions $ d’actions de la BNS sont contaminées. (‬Chesapeake  1,8 million; Cimarex Energy 10,2 millions; Oneok 98,6 millions; Valero: 122,4 millions; Occidental: 121,2 millions, Marathon: 125 millions).

L’OPEP se réuni cette semaine à Vienne et se questionne sur une coupe de la production afin de stabiliser les cours. En octobre dernier, les 13 membres de l’OPEP ainsi que 10 pays producteurs (dont la Russie) avaient déjà limité volontairement leur production pour faire grimper les prix du baril. Un tour de vis de 600’000 à 1 million de barils/jour est dans l’air. Mais qui se portera volontaire pour diminuer ses revenus et ses parts de marché ?

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Février 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Pétrole: le prix du baril trébuche sous les 50$
– Chine: le coronavirus fait dérailler le pays et ses industries
– France: La centrale nucléaire de Fessenheim à moitié fermée
– USA: Le pétrole de schiste montre des signes de fatigue
– Canada: Les indiens bloquent la construction de gazoducs
– Japon: L’eau radioactive de Fukushima bientôt relâchée dans le Pacifique
– Libye: Le général Haftar paralyse la production pétrolière
– Suisse : Energy Vault propose un système ingénieux pour stocker l’électricité.


 

Le mois de février peut se résumer en deux mots: climat et corona. Si le dérèglement climatique influencera la consommation d’énergie dans les années à venir, le coronavirus est dans l’immédiat.

Le prix du baril chute. Comme il ne faut jamais essayer de rattraper un couteau qui tombe, on le ramassera quand il aura touché le sol. Pour expliquer le mécanisme. Le virus paralyse les industries, la production et les transports. Du coup la demande de pétrole diminue, les prix baissent et passent sous les 50$ et pour être précis à 49,76$ à Londres (56.77$ fin janvier) et 44,77$ à New York (51,72$ fin janvier).

 

Le Graphique du Mois
Prix moyen du baril de pétrole de Brent par année

 

Pétrole

La demande de pétrole devrait continuer d’augmenter en 2020 même si le virus freine ce début d’année. BP estime que la croissance pétrolière devrait atteindre 700’000 barils/jour (b/j) au lieu des 1,2 million prévus.

L’OPEP, qui va se réunir début mars, propose une coupe de 600’000 b/j avec l’espoir de faire remonter les cours. L’équilibre financier des membres de l’OPEP nécessite un baril bien supérieur à 60$.

Selon le Financial Times, plus de 900 milliards $ d’actifs pétroliers pourraient ne pas être exploités à cause de la transition énergétique. Vu sous cet angle, on comprend l’empressement de certains pays producteurs à jouer des coudes pour extraire le pétrole avant qu’il ne soit trop tard.

En 2018, les banques et les institutions financières ont contribué à hauteur de 654 milliards $ pour les énergies fossiles.

«Peak Diesel»: le premier déclencheur d’un pic pétrolier, pourrait provenir d’un manque de diesel nécessaire pour alimenter nos camions, nos avions et nos bateaux. Le pétrole de schiste est parfait pour la pétrochimie et la production de plastique. Il n’est pas assez calorifique pour le convertir en diesel ou kérosène. Comme les extractions de pétrole lourd diminuent, ce n’est qu’une question de temps pour que la petite aiguille montre midi.

 

 

Contrairement à la grippe annuelle qui passe comme une lettre dans une boîte à lettres,
le coronavirus a pesé plusieurs fois sur le bouton “panique”.

 

Gaz naturel

C’est en 1988, que le concept : «le gaz est une énergie de transition avec les énergies renouvelables» a été inventé par l’American Gas Association. L’objectif était une attaque frontale face au charbon. Après 30 années, ce concept est aujourd’hui mis à mal par les émissions de méthane générées par le gaz.

Ainsi ce mois, une nouvelle étude révèle que les extractions de pétrole et de gaz ont relâché 40% plus de méthane qu’initialement évalué. Le méthane est 28 fois plus virulent que le CO2. Découvrir l’étude publiée dans la revue Nature.

 

Planète

L’Agence Internationale de l’Energie (IEA) annonce que les émissions de CO2 se sont stabilisées à 33 gigatonnes en 2019. L’Europe et les USA baissent alors que l’Asie enregistre une augmentation de 80%.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, annonce que l’agence est en train de travailler sur un plan afin de réduire les émissions de CO2 d’ici à 2030. Ce plan sera divulgué le 9 juillet et propose la diminution des extractions pétrolières à 61 millions b/j au lieu des 101 actuels. Un détail reste à éclaircir : qui va avoir droit de consommer du pétrole?

Ah! un détail : avec +1,14 degrés, janvier 2020 a été le mois le plus chaud depuis 141 ans et février fait encore plus fort. Durant ce mois, un échantillonnage de tempêtes et de records ont détaillé le concept à venir surtout que la planète est en route pour les +2 degrés.

L’Antarctique argentin a connu un record de température avec une pointe à 18,3 degrés. Le précédent record était détenu par le 24 mars 2015 avec 17,5 degrés.
Quand il fait trop chaud, est-ce que les pingouins mangent des esquimaux ?

 

Point de situation sur les températures en Antarctique

 

Hit Parade du mois: les 3 pays au top

Chine

Il est encore trop tôt pour connaître l’impact du coronavirus sur l’économie chinoise. Certains indices, comme la consommation de charbon, la qualité de l’air dans les villes ou l’annulation de 2/3 des vols en avion montrent que l’activité économique serait passée sous les 50%.

Suite à cette baisse, les chinois montrent qu’ils ont bien intégré le concept de la Banque Centrale et de la manipulation des marchés en appliquant les mêmes principes développés par Powel, Draghi ou Jordan (de la BNS, pas le joueur de basket). Pour faire simple, si la Banque Centrale Chinoise doit devenir actionnaire majoritaire et propriétaire de toutes les entreprises cotées en bourse, manipuler les taux et sa monnaie, injecter du botox-monétaire, elle le fera.

Du côté, des bourses européenne, japonaises et américaines, les super-ordinateurs (qui ont remplacé les humains) ont intégré dans leur intelligence artificielle le mot coronavirus. Alors que nos amis les robots et bots n’ont pas besoin de masques, ils semblent aussi fébriles que les stars des “Anges de la Téléréalité” devant un sac à main. Par panique, les marchés ont baissé de 10%. (voir les chiffres actualisés du corona)

Afin de satisfaire la phase 1 de l’accord économique, l’American Petroleum Institute a averti Washington que les USA vont devoir livrer à Pékin pour 18,5 milliards $ supplémentaire de gaz et de pétrole en 2020 et 33,9 milliards $ en 2021. Au total, cet accord représente 1 million b/j de pétrole brut, 500’000 b/j de produits pétroliers et 100 cargos de gaz liquide (LNG). Petit problème, il n’est pas certain que les USA vont être capable d’extraire ces quantités de pétrole.

 


Pollution de Dioxyde d’azote (NO2) diesel, gaz, charbon (en orange/rouge)
Avant (à gauche) et pendant (à droite) le coronavirus en Chine.
Source: NASA, 29 février 2020

 

Les Etats-Unis

Comme prévu, le président Trump n’a pas été destitué et sa côte de popularité frise les 50%.

Trump a courageusement confié la gestion du virus à son invisible vice-président Mike Pence. Pour l’instant, Washington a empoigné le problème avec l’espoir que «tous ce qui est fabriqué en Chine n’est pas fait pour durer.»

Pour 2019, les deux géants pétroliers ExxonMobil et Chevron ont reporté des chiffres financiers qui indiquent la difficulté actuelle de l’industrie.

Darren Woods, PDG d’ExxonMobil confirme que son entreprise va investir entre 33 et 35 milliards $ en 2020 pour rechercher du pétrole et du gaz. Les bénéfices du géant américain se montent à 5,7 milliards $ au 4ème trimestre 2019. Petit bémol, dans ce chiffre, on trouve 4,5 milliards relatif à la vente d’un gisement pétrolier en Norvège.

Chevron a passé à la trappe pour 10,4 milliards $ d’actifs dont 6,5 milliards de gaz de schiste dans les Appalaches et 1,6 milliard $ dans son projet de gaz liquide Kitimat au Canada. Ces charges conduisent Chevron à une perte de 6,6 milliards $ contre un bénéfice de 3,7 milliards $ en 2018. Cette année, Chevron va investir 20 milliards $ pour l’extraction pétrolière.

L’énergie solaire est de plus en plus connectée à des batteries. La capacité de stockage devrait doubler à 4’800 MW cette année pour atteindre 32’000 MW en 2025, soit assez pour satisfaire 26 millions de foyers américains. Au total, la capacité électrique est de 1 million MW. La tendance est à réaliser des mini réseaux où les voisins se partagent leur électricité.

 

Solution de stockage d’énergie par le Suisse Energy Vault

 

Sous la pression de ses employés, le propriétaire d’Amazon, Jeff Besoz, va utiliser 10 de ses 130 milliards $ afin de créer un fond pour la planète. De son côté Microsoft va y déposer 1 milliard. En comparaison, en 2 ans Google va investir 32 milliards $ pour la construction d’infrastructures, de data centers et pour l’intelligence artificielle. Au total, l’informatique émet 2 fois plus de CO2 que l’aviation à 4% et les prévisions doublent ce chiffre dans les années à venir.

Pendant deux jours, un gazoduc a été bloqué par une attaque informatique de type ransomware selon le département de la sécurité intérieure.

Les démocrates sont en train de s’écharper pour choisir le messie qui aura le privilège de se présenter contre Donald Trump aux élections de novembre. Dans la liste des palpables, on retrouve le milliardaire Mike Bloomberg et son porte-monnaie de 62 milliards $. Le brave homme a déjà dépensé 509 millions $ en pubs dont 41 millions sur Google et 53 millions sur Facebook. Pour les autres candidats en course, leur survie dépend de leur capacité à lever des millions.

 

Pour la peine, voici une pub de Mike Bloomberg avec des cow-boys et tout et tout.

 

France

Pour 6 milliards €, le constructeur canadien Bombardier a cédé à Alstom sa division ferroviaire pour devenir le no2 mondial derrière la CRRC (China Railroad Rolling Stock Corporation). Les deux groupes comptent un total de 76’000 employés et les dettes de 9,3 milliards € de Bombardier l’oblige à cette cession. Les licenciements seront annoncés prochainement.  L’année dernière, une fusion entre Alstom et Siemens avait échoué.

Le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim, mis en service en 1977, a été arrêté. Le deuxième et dernier réacteur sera mis hors service en juin 2020. Selon les chiffres d’EDF, la production de Fessenheim était intégralement livrée en Allemagne.

Engie et EDF ont été mis en demeure pour leur collecte de données des compteurs électriques Linky. Les compteurs smart «intelligents » ont tendance à capturer plus d’informations sur la vie privée que nécessaire comme : les heures de lever et de coucher, les périodes d’absence ou encore le nombre de personnes présentes dans le ménage.

Les deux entreprises ont trois mois pour mettre en conformité la manière dont ils gèrent la collecte des informations personnelles des consommateurs selon la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Motifs : « en raison du non-respect de certaines des exigences relatives au recueil du consentement à la collecte des données de consommation ainsi que pour une durée de conservation excessive des données de consommation ».

Quitte à prendre l’avion, 59% des français de 25-35 ans choisissent leurs destinations de vacances en fonction du potentiel Instagram en recherche de la photo qui sera la plus partagée.

 

Dessin: Chappatte

 

Europe

Les Championnats Européens de foot Euro2020 vont faire exploser le bilan carbone dans le cadre d’une manifestation sportive. Cinquante matches dans 12 pays. Les supporters de la Pologne devront faire 6’000 km et les Suisses 14’600 km en dix jours pour suivre leur équipe.

Consciente de ce problème, l’UEFA a pris le taureau par les cornes. Elle propose l’utilisation de gobelets recyclés et de la nourriture bio. Dans cet arsenal impressionnant de mesures, elle a également rédigé un communiqué de presse collector qui stipule : «L’Euro 2020 sera le tournoi le plus respectueux de l’environnement de son histoire.»

 

Luxembourg

Le Luxembourg est le premier pays au monde à proposer des transports publics gratuits!  A l’exception des trains, les habitants et les touristes vont pouvoir se déplacer sans avoir à acheter un billet.

 

Russie

Les extractions pétrolières du Russe Rosneft ont atteint 5,8 millions b/j en 2019 selon son PDG Igor Sechin.

Afin de mieux valoriser le gaz, la Russie planche sur la construction d’usines pétrochimiques pour la création de plastique. Des projets totalisants 200 milliards $ sont en cours de réalisation. Entre les projets en Amérique, en Arabie Saoudite et en Russie, l’industrie du plastique aura investi plus de 600 milliards $.

La cour d’appel de La Haye, Hollande, a condamné en appel, la Russie à verser 50 milliards $ d’indemnisations aux ex-actionnaires de l’ancien groupe pétrolier Ioukos, désormais démantelé. Sans surprise, Moscou conteste et «regrette que la Cour ait ignoré le fait que les anciens actionnaires de Ioukos, dont Mikhaïl Khodorkovski, n’étaient pas tous de bonne fois.» Cet argument dans la bouche du gouvernement russe ne manque pas de saveur.

 

Allemagne

Le PDG de Siemens, Joe Kaeser s’indigne que des activistes pointent du doigt un contrat de 18 millions $ pour la réalisation d’un train afin de transporter du charbon en Australie. Droit dans ses bottes, le PDG a souligné «Siemens aide ses clients à réduire ses émissions de carbone. Il est grotesque qu’un projet en Australie devient la cible d’activistes.»

Toujours du côté de Siemens, le géant allemand a acheté le constructeur d’éoliennes espagnol Gamesa pour la rondelette somme de 1,1 milliards $.

D’ici à 2030, Berlin propose de générer 5 GW d’hydrogène pour les transports, l’industrie et le chauffage. De plus, les stations à hydrogène vont être multipliées. L’initiative est principalement soutenue par l’industrie du gaz qui propose ses gazoducs pour le transport de l’hydrogène.

Tesla a reçu le feu vert pour continuer la construction de son usine à Berlin. La coupe de très nombreux arbres avait bloqué le processus.

 

Suisse

Le salon de l’automobile de Genève a été annulé suite à l’épidémie du coronavirus. Depuis des années, le salon est sur une pente négative. Coup dur ou coup de grâce?

Le gouvernement Suisse avait promis que les nouvelles voitures n’émettraient pas plus de 13 kilos de CO2 par 100 km d’ici à la fin 2015 et moins de 9,5 kg dès 2020. En 2017 et 2018, cette quantité n’a cessé d’augmenter pour arriver à 13,7 kilos selon le Conseil Fédéral. Le parc automobile Suisse est le plus polluant d’Europe et les carburants parmi les meilleurs marchés.

Selon le journal Sonntagszeitung, en 2017, la banque Crédit Suisse a espionné Greenpeace. La Banque qui a investi plus de 57 milliards $ dans les énergies fossiles avait réussi à obtenir les actions prévues lors de son assemblée générale par l’ONG. Crédit Suisse n’a pas souhaité révéler de quelle manière elle y était parvenue. Avec toutes les opérations d’espionnage organisées par le Crédit Suisse, on imagine qu’elle a pu bénéficier de tarifs préférentiels.

Chaque année en Suisse, plus de 6’000 personnes décèdent à cause de la pollution notamment des voitures. Faudrait-il renommer NOX, NO2, etc.. par coronavirus pour que les autorités s’agitent?

 

Angleterre

Premier Oil a réussi à obtenir 2,9 milliards $ de ses investisseurs afin d’assurer sa survie pour les 2 prochaines années. La compagnie active notamment dans la Mer du Nord accuse une dette de 2,4 milliards $.

 


Dessin Chappatte. Les machines de cryptage Crypto

 

Les Amériques

Schiste Américain

Le taux de déplétion pour les forages de schiste est 10 fois supérieurs au pétrole conventionnel (4%). La seule manière de compenser cette perte est de forer des milliers de puits qui deviennent de plus en plus difficile à financer et de moins en moins productifs. Il semble que nous sommes sur le point d’avoir fait le tour de la question aux USA. Est-ce que le prochain producteur de schiste sera la Russie ?

Le baril est passé sous les 50$ à New York. Alors que l’industrie doit rembourser 40 milliards $ de dettes cette année, l’équation reste inconnue. On voit mal comment certaines entreprises vont pouvoir trouver de l’argent d’une main et en perdre de l’autre.

Selon le directeur de la North Dakota’s Mineral Resources, Lynn Helms, la production du Dakota du Nord va atteindre son pic d’ici 2 à 5 ans et les producteurs doivent forer dans des gisements moins prolifiques. En décembre la production a reculé de -43’000 à 1’475 millions b/j.

Le PDG de Hess Corp, John Hess, pense que dans le gisement du Bakken pourrait atteindre son pic d’ici à 2 ans et que le plus grand gisement de schiste, le Bassin Permin arrivera à son pic d’ici à 5 ans.

Dans son Bankruptcies report, Haynes and Boone reporte la liste de toutes les entreprises pétrolières américaines qui ont fait faillites depuis 2014. Pour l’année 2019, elles sont 42. Au niveau du schiste, c’est l’hécatombe.

La production de schiste continue de progresser, mais de manière plus subtile à +11’000 b/j en février avec une prévision de 18’000 en mars. Seul le Bassin Permien augmente son extraction sur la période de 2 mois. Tous les autres gisements sont à la baisse. Il est vrai que les prix très bas du baril ne pousse pas à l’extraction.  Quel sera le comportement des investisseurs si les cours remontent à 80$ ou plongent sous les 50?

Entre 2010 et 2018, la production moyenne des forages de schiste a augmenté de 28% et l’injection d’eau de de produits chimiques de 118%.

Avec un hiver chaud, la demande de gaz de chauffage a diminué poussant les prix du gaz à un bas record de 1,77$.

 

La croissance de la production américaine de pétrole de schiste semble atteindre un plateau

 

Canada

Des tribus indiennes ont bloqué des voies ferrées pour protester contre la construction de pipeline de 670 km de GasLink. Ce tuyau de 4,8 milliards $ va relier le pétrole des sables bitumineux et le gaz de l’Alberta au port de Kitimat dans le Pacifique. Les Mohawks et les Wet’suwet’en ont érigé des barricades sur leurs terres et bloquent le réseau rail du pays.

Comme le premier ministre Justin Trudeau n’est pas homme à prendre des décisions, on se demande comment il va s’en sortir. De surcroit, Trudeau affaibli politiquement par un gouvernement minoritaire applique la règle du mikado : le premier qui bouge, perd.

 

Venezuela

L’entreprise pétrolière nationale PDVSA a 661’000 b/j de pétrole invendus à cause des sanctions américaines.

Les USA ont inclus dans leurs sanctions la société fille Rosneft Trading SA basée en Suisse. Elles ne sont pas appliquées à la société mère Rosneft qui est en lien direct avec Vladimir Poutine.

L’entreprise commercialise une grande partie du pétrole vénézuélien au nez et à la barbe des américains. Comme Washington aimerait démettre le président Maduro, soutenu par la Russie, la Chine, Cuba et la Turquie, elle interdit à toute entité américaine de faire du commerce avec Rosneft Trading SA et ses actifs aux USA sont bloqués.

Dans les faits, l’entreprise pétrolière nationale du Venezuela, PDVSA, vend aux russes son pétrole avec un rabais indécent à 20-30$ le baril. Via ses transactions pétrolières, le Venezuela a déjà remboursé la quasi totalités de ses dettes à Moscou.

Trump a permis à Chevron de continuer ses extractions pétrolières au Venezuela. Ainsi la major américaine vient d’augmenter sa production dans le pays. La probabilité de générer des bénéfices permet aux lobbyistes du pétrole de mettre sous pression Washington afin de lever les sanctions.

 

Brésil

La production pétrolière a augmenté de 20,4% en une année à 3,168 millions b/j, notamment grâce aux gisements en haute mer.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le prince héritier MbS vient de rebrasser les cartes du gouvernement. L’ancien ministre du pétrole, Khalid al-Falih a retrouvé un poste dans le nouveau ministère des investissements. Le sport, le tourisme et les ressources humaines auront également un Ministre ce qui montre l’envie du pays de s’ouvrir sur le monde et d’attirer des touristes ainsi que des dollars.

Avec la chute des cours du baril, Riyad va demander aux membres de l’OPEP, de diminuer les extractions de -600’000 b/j avec l’espoir de remonter au-dessus de 50$ dans un premier temps et 60$ après. Cette réunion aura lieu début mars. Le Royaume a besoin d’un baril à 85$ pour équilibrer les comptes de son budget.

 

Irak – Syrie

L’annonce de la nomination de Mohammed Tawfiq Allawi comme premier ministre reste en travers de la gorge notamment dans les régions pétrolières du sud de l’Irak. Du coup, les forces irakiennes ont été appelées à assurer la sécurité des forages pétroliers.

La plupart des gisements sont opérés par des sociétés et du personnel étranger. A Bassora, les manifestants continuent de demander des changements politiques et économiques. Si les manifestations pacifiques sont accueillies avec des vraies balles par l’armée, le blocage des gisements pétroliers touche une corde plus sensible du gouvernement.

En Syrie, la Turquie, la Russie et le gouvernement syrien jouent un jeu dangereux à base de testostérone. Heureusement que Trump n’est pas inclus dans cette partie. Plus de 33 soldats turques ont été tués par des bombes d’avions russes dans la région d’Idlib. Moscou confirme son soutien à la Syrie et la Turquie menace l’Europe de l’ouverture de ses frontières afin de laisser passer les migrants venus de Syrie.

 

Emirats Arabes Unis

Si les températures étouffantes ne suffisaient pas, Dubaï est devenue une proie privilégiée des stars du web dont l’objectif est de parader (pour le compte de marques) soit avec des sacs à main soit avec leur bébé trop mignon et vis versa.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le gouvernement a autorisé la construction d’une première centrale nucléaire dans le pays. Ainsi, Abou Dabi est autorisé à exploiter les 4 réacteurs de sa centrale nucléaire de Barakah. On espère que son nom lui porte chance. Elle devra couvrir 25% de l’électricité du pays avec 5’600 mégawatts. C’est le coréen Korea Electric Power Company (KEPCO), qui est en charge de mettre en service les 4 réacteurs pour une modique somme de 20 milliards $.

 

Iran

Lors des élections, le pays a vu une victoire des ultra-conservateurs. En même temps, des résultats différents auraient fait froncer les sourcils. En effet, presque tous les candidats modérés avaient été soigneusement écartés. Pour les 2 années restantes à son mandat, la position du premier ministre modéré Rouhani sera compliquée. Le mélange ultra-conservateur iranien et Trump prépare un cocktail qui pourrait donner des mots de tête.

Malgré l’embargo, Washington a accordé à l’Iran l’autorisation de livrer son gaz à l’Irak. L’Irak a besoin de gaz pour produire de l’électricité, car sans électricité, il est compliqué de vivre dans une région devenue trop chaude. Il reste un détail. Les transferts des payements irakiens vers l’Iran sont bloqués et Téhéran est incapable de transférer dans ses coffres plus de 5 milliards $.

La vague de froid pousse la consommation de gaz à des niveaux records. La quantité de gaz consommé pour le chauffage diminue la disponibilité pour la production d’électricité par les centrales à gaz. Des coupures de courants de plusieurs heures ont été instaurées dans la capitale Téhéran.

Le député iranien à l’Organisation de l’Energie Atomique, Ali Zarean a annoncé que l’Iran a dépassé la limite pour l’enrichissement d’uranium. Cette annonce est intervenue alors que les signataires européens Allemagne-France-Angleterre ont condamné l’Iran pour avoir rompu l’accord signé en 2015. L’ombre de Donald Trump et les menaces sur une taxation des exportations de voitures vers les USA planent sur le comportement européen.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Le gaz naturel liquide a touché un bas record à 3$ par million BTU contre 20$ il y a 6 ans. Les exportations américaines ont noyé le marché d’autant que les températures assez chaudes aux USA ont limité la consommation de gaz de chauffage.

 

Japon

Tokyo a déployé des bateaux militaires le long des couloirs de passages des pétroliers dans le Moyen-Orient avec la permission de faire feu. La constitution japonaise interdit l’utilisation de la force dans les eaux internationales, mais comme le 90% du pétrole japonais provient du Moyen-Orient, une entorse est justifiée.

Une manifestation a eu lieu au siège du Comité Olympique à Lausanne pour éclairer le CIO sur la relation entre la catastrophe nucléaire de Fukushima et les prochains Jeux Olympiques de Tokyo de cet été.

Tokyo a reculé les dates prévues pour déverser les millions de litres d’eau hautement radioactive de Fukushima dans le Pacifique. Le gouvernement va attendre la fin des Jeux Olympiques pour débuter ce processus.

 

Inde

Le prix de l’énergie solaire atteint $3,4 centimes kWh soit moins cher que le charbon. Cependant, les 1,3 milliards d’habitants comptent sur le charbon pour leur électricité.

 

Consommation de pétrole:
Ligne bleue: la consommation continue. Vert: avec les réglementations proposées.
Rouge: pour maintenir une température à +2 degrés

 

Afrique

Libye

Les grandes nations ont choisi la Libye pour se battent à distance. Bien que la Libye soit un grand désert, elle détient deux ingrédients explosifs : pétrole et migrants désireux de rejoindre l’Europe. A force de faire joujou, Turquie, Egypte, Russie, USA, France, Italie risquent bien de tous en sortir perdants.

Le général Haftar tente d’asphyxier financièrement le pays en bloquant les exportations pétrolières. Ainsi les extractions ont passé de 1,3 million à 125’000 b/j. Comme le pays n’a pas de capacité de stockage, le blocage des ports et certains pipelines permet de paralyser la production. Cette stratégie pourrait mener au chaos et les semaines à venir apporteront un éclairage sur les velléités du général et de son opposant.

Les revenus du pays ont diminué de 1,74 milliard $ depuis le 18 janvier.

La National Oil Corporation (NOC), en charge de la commercialisation du pétrole, craint que certains forages ne puissent pas être remis en service une fois la situation rétablie.

Du côté des marchés, la perte d’un million de barils par jour, permet d’amortir la chute des cours.

 

Nigeria

L’extraction pétrolière du plus grand pays producteur d’Afrique, pourrait diminuer de 35% dans les 10 prochaines années. Dans le même temps, le ministre du pétrole annonce une découverte d’un réservoir de 1 milliard de barils dans les territoires du nord.

 

 

Phrases du mois

«Nous savons que la demande va continuer à croitre grâce à l’augmentation de la population, la croissance économique et les nouveaux standards de vie. Nous savons que les surplus vont diminuer plus rapidement que ce que l’on pense. Alors les marges vont remonter et de nouveaux forages seront nécessaires.» Darren Woods, PDG ExxonMobil

«Si Justin Trudeau, le premier ministre canadien, était sérieux sur la sortie du pétrole bitumineux, il devrait venir avec une alternative pour les 11% de PIB produit par cette énergie.» Irina Slav, OilPrice.com

«Chercher des coupables occupe le temps et économise l’introspection.» Sylvain Tesson

«La grande question : avons-nous passé le pic de croissance du pétrole de schiste aux USA ? Nos prévisions prédisent le oui. Les développeurs de pipelines et leurs financiers sont de plus en plus concernés.» Wood Mackenzie (agence pétrolière).

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

Retrouvez la revue complète sur 2000watts.org

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Australie: Malgré les incendies, le premier ministre soutient le gaz et le charbon
– USA: General Motors annonce un Hummer électrique
– Chine: L’accord avec les USA devrait booster les ventes de gaz et de pétrole US
– USA: BlackRock et Vanguard les rois des énergies fossiles
– Allemagne: La sortie du charbon est officialisée et prévue pour 2038
– France: Le gouvernement annonce la fermeture des 4 centrales à charbon
– Libye: Turquie, Grèce, Chypre sous fond de gaz dans la Méditerranée
– Suisse : Les jeunes gagnent contre le Crédit Suisse et impliquent Roger Federer.


 

Le pétrole s’est pris une belle grippe ou une gueule de bois. Avec un virus nommé Corona les deux options entrent dans le champ des possibles. On le retrouve au fond des escaliers.

Etrangement, les seuls qui n’ont pas assisté à cette dégringolade semblent être les stations d’essence qui continuent de vendre le précieux liquide comme s’il était à 70$ le  baril. Quelle est cette étrange maladie de systématiquement remplir les cuves quand le pétrole est au plus haut ?

Pour ce premier mois de 2020, le pétrole termine à 56.77$ à Londres (66.00$ début janvier) et 51,72$ à New York (61,06$ début janvier 2019).

 

Le Graphique du Mois
Le financement par les banques dans les énergies fossiles

Investissements par les institutions bancaires dans les énergies fossiles:
pétrole, charbon, gaz, nucléaire.
On notera le classement du Crédit Suisse, BNP Parisbas, Société Générale, UBS

 

Pétrole et gaz

«Le pétrole et le gaz sont assis entre deux chaises. Ils se trouvent entre la perte de profitabilité et la perte de l’acceptation sociale alors que la crise climatique s’amplifie. L’industrie ne répond à aucune de ces deux menaces» selon l’Agence Internationale de l’Energie.

L’IEA continue «Les compagnies pétrolières et gazières sont devenues expertes dans la livraison des carburants qui forment le lit de notre système énergétique. La question, à laquelle elles font actuellement face, est de savoir si elles peuvent livrer des solutions pour le climat. »  Effectivement, la question mérite d’être posée.

Selon Rystad Energy, en 2019, 12,2 milliards de barils de pétrole ont été découverts soit un plus haut depuis 4 ans. Petit bémol, le monde consomme 36 milliards de barils par an.

Depuis 2010, les 5 big five (ExxonMobil, Chevron, Shell, Total, BP) ont distribué 536 milliards $ de dividendes alors qu’elles ont généré 329 milliards $ de cash flow selon Institute for Energy Economics and Financial Analysis.

 

OPEP

Le cartel du pétrole estime que la demande pétrolière augmentera de 1,22 million de baril/jour (b/j) pour 2020. Au total, la consommation journalière atteint le niveau record de 100,98 millions de barils. La machine à calculer affiche 12’600 milliards de kg CO2 produit par année par le pétrole. En continuant à ce rythme, on est bientôt cuit.

La production des pays non-OPEP devrait augmenter de 2,1 millions b/j en 2020 grâce à la Norvège, le Brésil, le Canada, l’Australie et la Guyane et à 52% grâce aux USA.

 

Planète et Entreprises

2019 aura été la deuxième année la plus chaude depuis le début des mesures selon l’Organisation Mondiale de la Météo. Les données du WMO, de l’UK Met Office et de la NASA américaine indiquent une augmentation actuelle de +1,1 degrés Celsius. De son côté, le service météo britannique prévoit une hausse à +1,6 degrés d’ici à 2024. C’est le dernier moment pour apprendre à skier.

Le plus grand fond de gestion au monde BlackRock, a annoncé qu’il allait s’engager dans les énergies renouvelables <insérez un éclat de rire ici>.
En compagnie de l’Allemagne et la France, qui mettront 60 millions $ sur la table, BlackRock va tenter de monter un fonds de 450 millions. Waow, me direz-vous ! En réalité, sur les 6’500 milliards $ d’actifs en gestion, c’est comme avoir un billet de 200€ et d’y consacrer 1 centime dans les technologies propres. La probabilité n’est pas nulle qu’il existe encore une marge de progression.

A Davos au World Economic Forum, les entreprises et les pays se sont battus pour annoncer le plus grand nombre d’arbres qu’ils allaient planter, c’est dire leur embarra. La palme revient au milliard d’arbres made in Trump. Dans ce domaine la Turquie détient également une médaille. En novembre, le gouvernement avait fait planter 11 millions d’arbres. A ce jour 95% sont morts par manque d’entretien et d’arrosage.

Dans la vraie vie, pour faire face à ce défi, de nouvelles politiques vont devoir être implémentées pour sortir réellement des énergies fossiles et pour forcer les entreprises et les financiers à aller au-delà des communiqués de presse.

Le FMI prévoit une croissance de 3,4% en 2020 contre 2,9% en 2019.

 

Hydrogène

Le ministre de l’environnement des Emirats Arabes Unis, Thani al Zeyoudi pense qu’avec de futur investissements, la production d’hydrogène deviendra financièrement compétitive dans les 5 prochaines années.

De son côté, Hydrogen Council, estime qu’il ne faut que 70 milliards $ pour réduire les coûts de production de l’hydrogène en deux selon. Cet objectif devrait se réaliser dans les 10 années à venir. Du coup l’hydrogène pourrait entrer en compétition avec l’essence. Si cette éventualité se réalise, elle pourrait reléguer le rôle de la voiture électrique à celui de véhicule de transition.

L’avantage de l’hydrogène est d’être « open source » c’est-à-dire sans métaux rares ou de ressources spécifiques qui appartiennent à la Chine, et dont la technologie peut être réalisée par tous les pays du monde.

 


World Economique Forum: Dessin Chappatte

 

Les pays du mois

Australie

De puissants incendies ont ravagé le pays qui subit de plein fouet le réchauffement climatique.

Il en faudra certainement beaucoup plus pour que Joe Australia abandonne son énorme pickup ou son SUV et renonce à un vol en avion. Comme l’été ne fait que commencer, les mois à venir apporteront des réponses.

En avril 2019, le gouvernement australien avait autorisé l’extraction de 60 millions de tonnes de charbon, soit 13 milliards de kg de CO2. Alors que le pays compte 25 millions d’habitants, l’industrie du charbon ne compte que 38’700 employés. L’Australie dénombre 633 entreprises minières et le pays est le plus grand exportateur de charbon au monde.

La pression est en train de monter sur les fonds d’investissements et de pensions australiens pour qu’ils se retirent des énergies fossiles et notamment les industries du gaz, du pétrole et du charbon. Dans les faits, rien ne devrait réellement bouger car les dividendes payés par les énergies fossiles sont substantiels.

De son côté, le premier ministre Scott Morrisson reste droit dans ses bottes : «Je ne vais pas mettre des taxes carbones sur les citoyens. Je ne vais pas leur augmenter les prix de l’électricité et les coûts de la vie. Je ne vais pas anéantir nos industries fossiles

 

Iran

Durant ce mois, Donald Trump et l’Iran ont fait un peu de bodybuilding afin de déterminer qui a les plus gros bras. Le Président Américain a appliqué la technique « Clinton ». Le 17 décembre 1998, Bill avait attaqué l’Irak et réussi à décaler une procédure de destitution contre lui. Cette fois, il ne s’agit plus de Monica Lewinsky mais de l’affaire ukrainienne et notamment l’engagement du fils du candidat démocrate Joe Biden par une entreprise gazière.

En bref, Trump a éliminé le «méchant général iranien» Qassem Soleimani. En échange, les Iraniens ont été autorisés à tirer des missiles sur des bases américaines désaffectées en Irak. Le score étant à égalité, le prix du baril est retourné à ses occupations sous les 60$.

Téhéran a fait part de son envie d’abandonner le traité nucléaire de non-prolifération signé en 2015 suite aux sanctions de Donald Trump. Si la France, l’Angleterre et l’Allemagne ne se rallient pas aux volontés de Trump, Washington menace d’une taxe de 25% sur les automobiles.

Les USA ont mis sur une liste noire des entreprises de Hong Kong, Dubaï et Shanghai car elles aident la National Iranian Oil Company (NIOC) pour l’exportation de pétrole et de marchandises. Les nouvelles sanctions US ne devraient pas impacter les 200’000 b/j que la Chine importe de l’Iran.

Suite à une vague de froid, il y a même neigé en Iran, la consommation de gaz pour le chauffage a atteint des niveaux records. La quantité de gaz consommé par les privés a atteint les limites et pourrait paralyser les centrales à gaz pour la production d’électricité. Les coupes devraient refroidir la cote de popularité du gouvernement d’autant que la situation financière est de plus en plus difficile pour les ménages.

 

USA: Pétrole et gaz de schiste

En 2019, le nombre de faillites dans les entreprises pétrolières et gazières américaines se monte à 65, +51% depuis 2018 selon Haynes & Boone. Au total depuis 2015, 402 faillites ont été dénombrées.

A Davos, lors de sa revue annuelle de “ses exploits à lui”, le Président Trump s’est fortement appuyé sur le pétrole et le gaz de schiste pour expliquer son succès économique. Cependant, les analyses continuent de débattre sur le futur du schiste aux USA. L’EIA prévoit une hausse de 400’000 b/j en 2020 pour une production pétrolière totale de 13,3 millions b/j. Cette estimation est en décalage avec la réalité du terrain qui montre le plafonnement de la progression du schiste.

Ainsi, à l’inverse des clairons de la Maison Blanche, les entreprises privées tablent sur une contraction du pétrole US. Cette année, Schlumberger va couper dans les services pétroliers les moins rentables. Jeff Miller, le PDG d’Halliburton va vendre une partie de ses pipelines et certains de ses services. Baker Hughes va vendre des unités opératives. Au total les 3 géants du service pétrolier vont se débarrasser pour 800 millions $ d’actifs ou de business.

Le nombre de forages effectués, mais non mis en service, a continué de diminuer passant de 8’429 en mai 2019 à 7’574 en novembre selon Bloomberg.

Le gazier EQT a dévalué une partie de ses actifs gaziers pour un montant de 1,8 milliard $, alors que les prix du gaz aux USA continent de baisser. Dans son communiqué, l’entreprise annonce «nous effectuons des changements stratégiques et proposons une nouvelle focalisation de nos opérations ». Ce phrasé veut simplement dire qu’une partie de leurs actifs ne vaut plus rien et qu’EQT doit les dévaluer.

 

 

Asie

Chine

Dans la première phase conclue avec Trump, la Chine devrait acheter pour 200 milliards de produits américains. Cette option devra être confirmée dans les faits. Indéniablement, le pétrole, le gaz liquide et le charbon vont représenter une solide part dans cet accord et cela arrange les deux parties.

Suite au virus Corona, le gouvernement a imposé des limitations de déplacements à plus de 59 millions de personnes. Il s’agit de la quarantaine la plus grande des temps modernes. Il est trop tôt pour prédire l’impact sur l’économie et la consommation d’énergie. La construction d’un hôpital d’une capacité de 1’000 lits en moins de dix jours montre l’incroyable potentiel de mobilisation de la Chine.

La consommation de kérosène pour les avions a diminué à -3% depuis l’arrivée du virus contre une croissance de +8% en moyenne.

Pékin a annoncé que son Economie a augmenté de +6,1% en 2019, sa plus faible croissance en 29 ans. A force de doubler son volume, il arrive un jour où cela devient plus compliqué.

Tesla a ouvert une usine avec une capacité de produire 250’000 voitures électriques par an.  De son côté Volkswagen va débuter sa production de voitures électriques dans deux usines avec une production de 600’000 voitures par an. Pour l’instant, il est difficile de prédire qui va remporter la compétition pour la construction de voitures électriques : Chine, Europe, USA ?

 

Japon

La cours de justice d’Hiroshima a ordonné à l’entreprise Shikok Electric Power de ne pas redémarrer sa centrale nucléaire Ikata. Motif : Suite à l’arrêt pour une maintenance, l’entreprise n’a pas donné assez de garantie sur le réacteur notamment en cas de tremblements de terre.

Huit années après à la catastrophe de Fukushima, le nombre de cancers nucléaires se monte à 7’000. Le gouvernement va attendre la fin des Jeux Olympiques de Tokyo afin d’autoriser le déversement de l’eau hautement contaminée de la centrale dans le Pacifique. En effet, les cuves sont pleines et aucune solution n’a été trouvée pour la traiter.

Toyota a investi 400 millions $ dans l’entreprise Joby qui réalise des drones pour transporter des passagers.

 

Construction de l’hôpital de Wuhan, Chine en 10 jours

 

Europe

Après en avoir fini avec la Chine, le président Trump s’attaque à l’Europe. Il propose des taxes de 25% sur le talon d’Achille européen : les importations de voitures aux USA.

 

Angleterre

Au moment où vous lisez cette revue, l’Angleterre ne fait plus partie de l’Europe et se retrouve avec la Norvège et la Suisse. Tout devrait bien se passer.

11 actionnaires institutionnels et une centaine d’actionnaires individuels ont présenté une résolution pour que la banque Barclay cesse de soutenir les entreprises du secteur de l’énergie qui ne respectent pas l’accord de Paris. Cette résolution sera débattue lors de la prochaine assemblée générale en mai. Selon ShareAction, Barclays est le plus mauvais élève européen.

La ville de Birmingham, la deuxième plus grande ville du pays, a dévoilé des plans pour réduire la pollution de l’air et les émissions de carbone en limitant l’accès des voitures privées au centre-ville.

Le gouvernement de Boris Johnson a tenu une réunion UK-Afrique dans le domaine de l’énergie. Sur les 2 milliards € levés, 90% de cette somme est réservée pour des projets pétroliers et gaziers.

 

Allemagne

Berlin a officialisé son calendrier pour l’arrêt de ses centrales à charbon et vise 2038 voir même déjà en 2035. Le gouvernement prévoit 40 milliards € pour les régions concernées dont 4,5 pour les propriétaires de centrales. Une partie va servir à soutenir l’innovation et la création d’entreprises afin de générer des emplois dans les régions touchées. A ce jour, l’Allemagne compte 250’000 emplois dans les énergies renouvelables.

La sortie Allemande du charbon va bousculer certains pays qui prennent l’excuse du charbon allemand pour maintenir leur statu quo.

 

France

Durant le mois, les grévistes ont bloqué plusieurs accès à des raffineries sans toutefois créer une paralyse dans les stations d’essence. Idem auprès d’EDF et certaines coupures d’électricité.

La décision de construire ou non de nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France ne sera pas prise avant la fin 2022. Le gouvernement a demandé à EDF de plancher sur un projet afin de construire six nouveaux réacteurs nucléaire de type EPR. Avec l’expérience du réacteur en construction de Flamanville, il faut faire preuve d’audace pour faire une pareille demande.

La France va fermer ses 4 centrales à charbon. Les sites du Havre et de Saint-Avold s’arrêteront d’ici à 2022, Cordemais d’ici à 2026. La date de la fermeture de Gardanne n’est pas encore connue.

En France, 32% des produits de l’agriculture partent à la poubelle chaque année selon l’ADEME. Motifs, ils sont trop grands, trop petits, trop moches ou trop jolis.

Canal+ diffuse la série: L’Effondrement.
Voir l’épisode no 2: La Station d’Essence (Lien pour visionner hors de France)   (Lien depuis la France).

 

Suisse

En novembre 2018, 12 jeunes s’étaient introduits dans les locaux du Crédit Suisse pour y jouer un match de tennis. Objectif: dénoncer les investissements de la banque dans les énergies fossiles. Ils souhaitaient également attirer l’attention sur Roger Federer, ambassadeur de la Banque. Crédit Suisse avait porté plainte. Au final les jeunes ont été blanchis par le tribunal.

Vu sur la Home page du journal le Temps.ch : «Le Temps s’équipe contre le Greenwashing» et l’article suivant «BlackRock s’apprête à exclure les pollueurs de ses investissements». C’est vraiment pas de bol !

La Confédération Suisse a décidé de tirer la prise des Cités de l’Energie. Si au début, cette entité permettait aux villes d’économiser de l’énergie, avec le temps elle est devenue une machine à promouvoir ses consultants maisons et un symbole de laxisme. Le système était devenu tellement défaillant, que de très nombreuses villes dépensent plus d’argent dans les droits d’utilisation du logo et des audits de consultants que pour réaliser des projets énergétiques.

En 2019, avec 13’197 unités immatriculées, la vente de voitures électriques représente le 4,2% des parts de marché. La Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe.

 

Les beaux parleurs – La chronique de Nathanaël Rochat: Credit Suisse contre les activistes du climat

 

Hollande

Le pétrolier Shell annonce un bénéfice en baisse à 15,8 milliards $ pour 2019 (-32%) pour des ventes de 352 milliards $. Son PDG, Ben van Beurden condamne la baisse de 10% des prix du gaz et une stagnation des prix du pétrole. La production pétrolière est restée stable à 3,7 millions b/j.

En même temps, l’entreprise est en train de racheter pour 25 milliards $ de ses propres actions. Basé dans le paradis fiscal hollandais, l’entreprise ne paiera pas d’impôts.

 

Pologne

Après avoir refusé la proposition européenne sur les réductions d’énergies fossiles dont le charbon, le gouvernement pourrait réviser sa loi 10-H pour l’implémentation d’éoliennes terrestres.

Cette loi a gelé pratiquement toutes les installations depuis 2016. Elle stipule qu’une éolienne doit se trouver à une distance de 10 fois sa hauteur par rapport aux habitations.

 

Suède

Contrairement à la Suisse, qui voit augmenter le nombre de vols en avion par personne, la Suède enregistre une baisse de 4%. Certainement l’effet Greta.

Votes en faveur des résolutions liées au climat lors d’assemblées générales
par les fonds de gestions

Malgré les promesses, les gestionnaires d’actifs BlackRock et Vanguard ont voté de façon massive
contre les résolutions liées au climat lors d’assemblées générales.
L’étude de Majority Action a analysé les votes des 25 plus grands
gérants d’actifs au monde, représentant un total de 38’000 milliards $.

 

Les Amériques

USA

Pour des raisons environnementales, de plus en plus de villes américaines interdisent l’utilisation du gaz notamment à cause des émissions de méthane. Elles sont plus d’une soixantaines et cette thématique devient presque une phobie. Ce mois, la ville de Bellingham, Washington, annonce sa volonté d’interdire l’utilisation du gaz de chauffage pour les nouvelles et les anciennes résidences.

Alors que le charbon continue son déclin, les investissements dans les énergies renouvelables ont atteint 55,5 milliards $ en 2019 (+28%) juste derrière la Chine mais devant l’Europe. Alors que les subsides sur le renouvelable disparaissent en 2020, l’impact sera intéressant à observer.

La capitalisation du constructeur Tesla a dépassé les 100 milliards $ soit bien au-delà de GM, Peugeot ou Renault alors que Tesla n’a livré que 400’000 voitures en 2019. Sur le coup, Elon Musk a augmenté sa fortune de 350 millions $. Tesla pourrait annoncer l’arrivée d’un nouveau model Y pour un prix de base à 40’000$.

Le puissant lobby pétrolier et gazier : American Petroleum Institute a déployé une campagne de publicité afin de contrer le plan des candidats démocrates qui demandent une sortie du fossile ou un « green new deal ». L’idée est de semer le doute dans les esprits et de faire croire qu’il est possible de continuer à utiliser du gaz et du pétrole sans avoir de conséquences sur l’environnement.

 

Publicité de l’American Petroleum Institute pour promouvoir les énergies fossiles

 

Le Golfe du Mexique a extrait un niveau record de pétrole à 2 millions b/j. Le service fiscal compte sur une plus-value de 2,34 milliards $.

Le gouvernement américain va devoir débourser 35,5 milliards $ pour stocker les déchets des centrales nucléaires. Aux USA, l’industrie nucléaire a réussi à faire utiliser les impôts des citoyens pour résoudre leur problème. Par unité de stockage, les coûts de fonctionnement sont évalués à 300’000 $ par année.

General Motors va investir plus de 2,2 milliards $ pour remettre sur les routes le gigantesque véhicule Hummer. La construction de ce gouffre à essence avait cessé suite à la hausse des prix du pétrole. Cette fois, il sera électrique. La pub, qui sortira lors du SuperBowl avec Lebron James, annonce un zéro carbone. On sent bien que les gars de GM ont bien intégré le concept de développement durable.

 

GM annoncera lors du SuperBowl un nouveau Hummer Electrique

Canada

Le Premier Ministre Justin Trudeau a gagné une bataille afin de réaliser le pipeline pétrolier Trans Mountain. La Cour Suprême a rejeté un recours de la Colombie Britannique qui s’était opposée au projet.

La position du Premier Ministre sur le climat est pour le moins schizophrénique. Dans la même journée, il est capable de proposer des réductions d’émissions de CO2 et de soutenir les pétroliers.

Les prix du pétrole lourd canadien chutent à 36,66$ le baril soit presque 20$ en-dessous du WTI américain. Comme le pays n’arrive pas à écouler son pétrole, les producteurs sont obligés de descendre les prix pour trouver des acheteurs pratiquement tous situés aux USA.

 

Brésil

En 2019, le Brésil a extrait une quantité record de 1 milliard de barils de pétrole soit une moyenne de 3,1 millions b/j. La moitié provient des forages en haute mer des régions salines.

Le président de Petrobras, Roberto Castello Branco, a annoncé que la compagnie pétrolière nationale prend très au sérieux la décarbonisation. Ce sujet est l’une de ses priorités. En pratique, sur les 75,7 milliards $ d’investissements prévus entre 2020-2024, Petrobras va utiliser 350 millions $ pour des projets d’énergies renouvelables. En gros, sur un billet de 100€, c’est comme si vous en utilisiez 50 centimes pour les renouvelables et 99,5€ pour le pétrole. C’est effectivement une de ses priorités.

 

Mexique

Une grande partie des espoirs de développement du pays repose sur le pétrole et le gaz. Cependant, avec une entreprise nationale, Pemex, en état de faillite et un prix du baril assez bas, le Président Obrador a annoncé qu’il n’allait pas effectuer de nouvelles ventes aux enchères de certains gisements pétroliers.

Cette décision a déçu certaines multinationales intéressées à développer ces gisements.

 

Venezuela

Le président Maduro pense qu’il est temps pour son pays d’engager des négociations directes avec Donald Trump. Ca tombe bien car en mode “campagne présidentielle”, Trump va faire feu de tout bois pour montrer sa capacité à peser sur le monde.

Le Venezuela a promis de réalimenter en pétrole Cuba et de relancer la PetroCaribe. Les officiels des deux gouvernements se sont rencontrés à Caracas afin d’analyser des moyens de neutraliser les sanctions américaines contre les deux pays.

Le manque de pétrole bouscule l’économie et l’agriculture de Cuba. Pour les deux pays, ils plient, mais ne rompent pas.

 

Chili

Le régulateur environnemental a pointé du doigt la compagnie nationale ENAP pour une pratique impropre du fracking dans la Terre de Feu en Patagonie. Sur 6 points, 3 sont assez sévères pour faire arrêter ces forages. La décision est dans les mains du gouvernement.

 

Guyana – Guyane britannique

Le pays vient d’exporter vers les USA son premier million de barils de pétrole. Le gisement est opéré par le Chinois CNOOC et les américains ExxonMobil et Hess Corp.

Montant cumulé des faillites dans le schiste américain: 207,5 milliards $

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Pendant que l’Iran et les USA s’échangent des amabilités, Ryad en a profité pour rester en retrait durant ce mois d’autant que l’IPO de son entreprise pétrolière Saudi Aramco est terminée. La valorisation de Saudi dépasse les 1’000 milliards $.

Le smartphone du PDG d’Amazon Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde aurait été piraté par l’Arabie Saoudite via un compte utilisé par le prince héritier Mohammed bin Salmane. Jeff Bezos est également le propriétaire du journal Washington Post qui employait Jamal Khashoggi assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat saoudien d’Istanbul.

Ce piratage avait conduit à la publication de photos intimes du fondateur d’Amazon. Ryad pense que cette affirmation est absurde.

 

Jordanie

Le parlement a approuvé une loi afin de bannir l’importation du gaz israélien afin d’éviter une dépendance énergétique face à Tel-Aviv.

 

Irak

Les manifestations continuent en Irak au travers d’une crise sociale et politique majeure. Les citoyens demandent du travail et la diminution de la corruption de nos amis les politiciens. Pendant ce temps-là, les forces de l’ordre et l’armée continuent du tirer à balles réelles.

Dans le sud du pays, ravagé par la sécheresse, les gisements pétroliers sont touchés par les manifestations. Pour l’instant, la perte se monterait à 120’000 b/j.

L’Irak n’est pas sans rappeler la situation syrienne et les 4 années de sécheresse qui avaient déclenché la guerre civile.

L’Irak est le deuxième plus grand producteur de pétrole de l’OEP avec plus de 3,5 millions b/j exportés et 4,77 millions b/j extraits. Bagdad avait l’ambition de porter sa production à 6,2 millions b/j en 2020 et 9 millions b/j en 2023. L’instabilité actuelle questionne ces objectifs.

BP s’est retiré de la région de Kirkuk dans le nord du pays. Son contrat d’exploitation arrivant à terme, il n’a pas été reconduit. Il se pourrait que BP n’a pas surenchéri à cause de résultats peu probants.

 

Egypte

Avec les extractions gazières d’Israël, l’Egypte va importer ce gaz pour sa propre consommation ainsi que pour le conditionnement en gaz liquide afin de pouvoir le transporter notamment en Europe.

En 2019, l’Egypte a importé 6,32 millions m3 de charbon, +31%, notamment pour la fabrication de ciment. La grande partie de ce charbon provient des USA.

 

Afrique

Libye

Le général Khalifa Haftar bloque les exportations de pétrole dans le but de faire plier ses rivaux. Comme la capacité de stockage sont minimes, le seul moyen pour la National Oil Corporation (NOC) est de fermer les forages. La capacité est passée de 1,3 million b/j à 400’000 avec une possibilité d’atteindre 72’000 b/j.

Ce processus génère des coupures d’électricité et surtout un manque à gagner de 77 millions $ par jour pour le pays. A ce rythme, le retour dans le chaos n’est pas impossible.

Pour ne rien manquer de la fête, la Turquie vient de s’immiscer dans ce conflit. Erdogan a signé un accord commercial avec le président officiel du pays Fayez el-Sarraj. En échange, Ankara va pouvoir s’accaparer d’eaux territoriales qui pourraient regorger de gaz (lire article).

Sous les yeux de l’Europe, la Turquie a envoyé ses soldats pour soutenir Fayez el-Sarraj afin de garder la capitale Tripoli.

 

Angola

Après des années de déclin, la production pétrolière remonte notamment grâce à la perspicacité de l’italien ENI. Plusieurs gisements sont en prospection.

Le français Total va forer un forage en haute mer ultra profond au point d’être le plus profond au monde. (-3’000 m.) selon Maersk Drilling (oui, c’est la même entreprise que les bateaux Maersk).

L’Angola est le deuxième plus grand producteur africain avec 1,4 million b/j.

 

Phrases du mois

«Nous pensons que nous sommes arrivés à ou presque au pic de production de pétrole de schiste dans le Bassin Permien. Le marché pétrolier nord-américain a été grossièrement surcapitalisé, ce qui n’est pas durable. » Adam Waterous, Waterous Energy Fund

«En Allemagne, la sortie du charbon n’est pas une question de technique mais de volonté politique.» selon l’organisation Ende Gelände

«La science ne peut pas être ignorée, même par le président des USA. Durant ces dernières années, nous avons vu des évolutions radicales dans les changements climatiques. Les climato-sceptiques ont dû changer de positions car les faits deviennent trop importants.» Frans Timmermans, Commission Européenne environnement

« Ce n’est pas un feu de brousse mais une bombe atomique» sur les incendies en Australie.  Isabelle Dellerba

« Aucun pays n’est éloigné à plus de 3 repas d’une révolution. »

« On nous dit : si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre. Si vous soutenez cela, cela signifie que vous vous soumettez aux autres, vous vous mettez à nu. Vous ne devriez pas vous justifier de vouloir vous protéger : ce sont les autres qui doivent justifier leur intrusion dans votre vie… » Eward Snowden

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Retrouvez la revue complète sur 2000watts.org

 

Y a-t-il un Federer pour l’UBS et la BNS ?

Décidément, la jeune génération possède un certain talent pour faire déplacer des montagnes avec de petits riens. Tel le Colosse aux pieds d’argile, cette simplicité fait voler en éclat les vétustes schémas.

Il y a une année, des jeunes manifestaient avec des pancartes “Fuck de Planet” et jouaient avec la version allemande du logo (FDP) du Parti Libéral Suisse. Il n’avait fallu que quelques jours aux pontes du parti pour passer de noir pétrole à vert bleu ciel. Bien que le FDP existe depuis des lustres, l’association de mots était restée invisible jusque-là.

 

Manifestation des jeunes pour le climat, Zurich, 2019

 

Rebelote avec le Crédit Suisse. Au lieu de passer en force, comme leurs contemporains, notre jeunesse a réussi à faire plier une institution bancaire via son ambassadeur : Roger Federer ! Chirurgical, simple et efficace.

Ainsi les 12 jeunes, qui ont occupé une succursale du Crédit Suisse sans autorisation, ont été innocentés. Cette manière de dénoncer les 57 milliards $ d’investissements de la banque dans les énergies fossiles n’a rien à envier aux stratégies des lobbies.

 

Le Pavillon Suisse flotte sur les énergies fossiles

A l’image de ses paysages, la Suisse tente de donner une image de propreté. Cependant, ses institutions financières jouent dans un registre nettement moins reluisant.

Bien que la directive des investissements de la BNS interdise les participations dans des entreprises “qui peuvent nuire à l’environnement”, la Banque Nationale Suisse collectionne les actions des champions américains de schiste, de gaz, de pétrole, de charbon, des forages en haute mer, du nucléaire et des sables bitumineux.

Depuis 2014, ses actifs sales sont passés de 1,5 à 6,5 milliards $.

On pourrait penser que les bénéfices de ces placements justifient cette entorse au code éthique de la banque. Il n’en est rien. Selon mes estimations, jamais démenties par le service de presse de la BNS, depuis 2014 les pertes s’élèvent à plus de 1,5 milliard $.

Pourquoi transvaser ces pertes dans son bilan? A cette question, la banque n’y répond pas.
Pourquoi, le monde politique ne s’insurge pas ?  Les 2 milliards distribués chaque année aident à fermer les yeux. En Helvétie, la politique est à ce prix.

 


Total des investissements dans les énergies fossiles par les banques: 2016-2018
Source: Banktrack

 

De son côté, l’Union de Banques Suisses, UBS, porte également très haut le pavillon à croix un peu moins blanche avec un portfolio de 25,7 milliards $ dans le pétrole de schiste, le charbon, le gaz liquide, les pipelines, les sables bitumineux et dans les forages en Arctique.

Même si le montant est deux fois inférieur à celui du Crédit Suisse, la prouesse mérite d’être soulignée.

 

Tout réside dans l’Argile

A chaque fois que ces pratiques sont questionnées, le même clairon est activé. Hier, la réponse du Crédit Suisse sonne plus comme une bonne vanne de Nathanaël Rochat que celle d’une institution responsable: «Le réchauffement climatique est un fait et doit être combattu».

Une constatation. Pour raisonner les institutions bancaires, une stratégie frontale avec un bulldozer ne fonctionne pas.

La solution réside dans l’argile du Colosse. A ce jeu, il faut relever le talent, l’imagination et le savoir-faire de la nouvelle génération.

Vive les casse-pieds !

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– COP25: encore un fiasco pour le climat
– USA: De nouvelles villes veulent bannir l’utilisation du gaz naturel
– Arabie Saoudite: L’IPO de Saudi Aramco propulse sa valeur à 2’000 milliards $
– Chine: Pékin continue à acheter des entreprises électriques internationales
– Suisse-France: BlackRock s’invite à la juteuse table des retraites
– Allemagne: Les USA bloquent la construction du gazoduc Nord Stream 2
– Japon: L’eau radioactive de Fukushima terminera dans le Pacifique
– Russie: De nouvelles infrastructures pétrolières et gazières en Arctique.


Avant de partir dans le monde fabuleux des énergies, je voudrais prendre l’occasion de cette dernière revue de l’année pour vous remercier d’avoir été là en 2019. Le nombre de lecteurs est sans cesse croissant et plusieurs articles ont pulvérisés les records. Le Monde de l’Energie tient une part de plus en plus importante tant au niveau de notre Economie que du Climat.

Merci pour votre support, vos messages et pour partager ces articles avec vos amis. On se retrouve en 2020 pour plein de nouvelles aventures et tous mes Voeux pour 2020!  Attachez votre ceinture, la dernière revue commence.

Les bourses viennent d’atteindre des niveaux records. Aux USA le Nasdaq (+35%) a cassé la baraque à plus de 9’000 points et le S&P500 à 3’234 points. Après avoir donné une partie de sa fortune, Bill Gates vient de passer la barre des 100 milliards $ avec une augmentation de 25 milliards en 5 ans! Il est devancé par Jeff Bezos d’Amazon avec 146 milliards $ et le Français Bernard Arnault avec 108 milliards $. On vous rassure, pour tous les autres, cette rubrique est gratuite.

Du côté du pétrole, il a repris des couleurs tout au long de l’année pour terminer l’année dans une forme pré-olympique. Il termine 66.00$ à Londres (52,23$ début janvier 2019) et 61,06$ à New York (45,30$ début janvier 2019).

Année 2019 en images

L’année 2029 vue par l’excellent Cee-Roo

 

OPEP

Le cartel de l’OPEP a décidé d’augmenter de 500’000 barils/jour (b/j) la réduction d’extraction pétrolière et de porter les quotas à -1,7 millions b/j  jusqu’en mars 2020. Le cartel prend à sa charge -372’000 barils alors que la Russie -131’000. L’objectif est d’augmenter les prix pour générer des pétrodollars afin d’équilibrer les budgets.

Cependant, la Russie ne voulait pas diminuer les quotas afin de garder les prix assez bas pour continuer à enfoncer la tête sous l’eau des producteurs américains de schiste.

Avec un autre agenda en tête, l’Arabie Saoudite abondait dans l’autre sens pour faire augmenter la valeur de son entreprise pétrolière Saudi Aramco.

 

COP25

Une fois de plus, au lieu de terminer la réunion sans accord et de créer un électrochoc, les membres de la COP25 ont préféré présenter un document ridicule. L’Arabie Saoudite, les USA, le Brésil, la Chine, l’Australie (qui fait face à des incendies monstrueux) et l’Inde ont tout fait pour supporter leurs industries pétrolières, gazières et charbonnières. Ils sont les grands gagnants de cette réunion.

Dans ce chaos, il y a cependant une excellente nouvelle. Les pays n’ont pas entériné un accord d’échange de carbone. Ce système porté par la Suisse permettrait aux pays riches d’exporter, à vil prix, la pollution vers des pays plus pauvres. Ce processus a déjà montré ses limites et sert essentiellement à alimenter la corruption et les projets inutiles.

En toute logique en 2020, nous devrions assister à une augmentation de la présence d’Extinction Rebellion dans nos villes.

 

           

Dessin: l’excellent Chappatte

Gaz naturel

Il y a une décennie, le gaz était promu au rang “d’énergie de transition” avec les énergies renouvelables. Le travail de communication de l’industrie avait payé.
Depuis, de nombreuses études démontrent ce que l’industrie du gaz savait, mais qu’elle cachait: les émanations de méthane rendent le gaz plus dangereux pour le climat que le charbon.

Corolaire à cette cachoterie, de plus en plus de villes sont en train d’interdire l’utilisation du gaz pour le chauffage, la cuisine et la mobilité.

 

Dessin Chappatte

 

Le Top 3 du mois

USA

Pour la première fois depuis 1940, les Etats-Unis ont exporté plus de pétrole (8,757 millions barils/jour) qu’ils en ont importé (8,668 millions). En 2019, leur production est passée de 11,4 millions de barils par jour à 12,8 aujourd’hui avec une prévision de 13,2 pour 2020. La production de schiste ainsi que les forages en haute mer ont participé à cette évolution. Est-ce que cette tendance va se poursuivre durant les années à venir? De plus en plus de signes semblent indiquer l’inverse. En 2020, le pétrole US sera à surveiller comme le lait sur le feu.

Le Président républicain Trump a été «empêché », mais cette potentielle destitution doit être confirmée par le Sénat à majorité républicaine. Les Démocrates sont en passe de réaliser une prouesse et un sans-faute: perdre la destitution de Trump ainsi que les prochaines élections de novembre 2020.

Après Berkeley et plusieurs autres villes de Californie, c’est au tour du Massachusetts d’étudier la possibilité d’interdire l’utilisation du gaz naturel pour le chauffage et la cuisine. Les effets du gaz naturel sur le climat sont dévastateurs notamment avec les émanations de méthane. Pour toutes les nouvelles constructions, Berkeley interdit l’utilisation du gaz naturel.

ExxonMobil a gagné son procès contre l’Etat de New York. Le juge Barry Ostrager souligne que l’avocat général n’a pas démontré qu’ExxonMobil avait caché à ses actionnaires, l’impact du changement climatique sur la valeur de ses actions. Ce manquement aurait pu être considéré comme un crime financier. Cependant, il précise, que rien dans son jugement ne donne une bénédiction à la responsabilité d’ExxonMobil dans le changement climatique.

Le pétrolier français Total a installé pour 100 GW d’énergie éolienne aux USA durant les 7 dernières années.

Durant le dernier trimestre, l’Etat du Texas a installé pour 26,9 GW d’éoliennes, un record pour les USA. Les autres Etats qui talonnent le Texas sont : l’Iowa, l’Oklahoma et le Kansas.

Selon Baker Hughes Co le nombre de forages gaziers se chiffre à 799 (-272 par rapport à décembre 2018).

En Californie, suite aux énormes incendies, le producteur d’électricité PG&E va devoir dédommager les victimes des incendies causées par ses installations. La facture se monte à 13,5 milliards $. A ce niveau, l’entreprise s’est mise sous la protection des faillites. La facture totale pour les incendies se montent à 25 milliards $.

La mythique marque de voitures, Cadillac, pourrait ne produire que des voitures électriques d’ici à 2030 selon son PDG.

 

La Ford Mustang devient électrique

 

Arabie Saoudite

Pendant que la COP25 s’époumonait à Madrid, l’entreprise la plus polluante de la planète, Saudi Aramco, a finalement levé 25,6 milliards $ pour la vente de 1,5% de ses actions. Pour s’attaquer vraiment au réchauffement climatique, ne faudrait-il pas débuter avec le merveilleux monde de la finance?  Je dis ça, mais je ne dis rien.

Comme l’avait exigé le prince Mohammed bin Salman, la capitalisation boursière a débuté à 1’700 milliards $ pour grimper artificiellement à 2’000 milliards et devenir la plus grande entreprise au monde. MbS a gentiment proposé aux riches familles du Royaume le concept de «la bourse ou la vie». Le gouvernement a même créé des prêts afin de permettre aux citoyens de s’endetter afin d’acheter des actions dans le but de recevoir des gommettes et des étoiles. Ca pourra toujours servir lors de la prochaine promotion.

Les monarchies du Golfe comme les Emirats Arabes Unis et le Koweït ont également dû s’aligner sur les volontés de MbS et acheter pour 1 milliard $ d’actions. Cette victoire à la Pyrrhus souligne l’emprise de la famille royale sur ses sujets ainsi que son modus opérandi.

Riyad avait engagé les grandes banques internationales pour effectuer cette IPO. Elles se partageront de 90 millions $ de pourboires.

D’ici à 2025, Saudi Aramco souhaite développer une flotte de 12 tankers de gaz liquide LNG. Le royaume tente de diversifier ses exportations pétrolières avec du gaz et des produits pétrochimiques. Avec l’assèchement de ses gisements pétroliers, la multinationale extrait de plus en plus de gaz.

 


Evolution du titre Saudi Aramco de la mise en bourse le 12 décembre au 26 décembre 2019
De 38 à 35$

 

Chine

Un accord semble avoir été trouvé entre la Chine et les USA. Durant 2019, lors de pratiquement toutes les annonces de progrès entre Donald Trump et Xi Jinping, les bourses ont grimpé d’un centimètre. L’illustration parfaite de Pavlov. Ainsi après la 50ème annonce, les bourses mondiales ont atteint des niveaux records.

Les deux pays, qui influencent le plus la demande pétrolière, sont la Chine et l’Inde. A eux deux, ils représentent le 50% de la hausse mondiale. En Chine, la croissance de la demande pétrolière est de 5,5% et de 5,1% pour l’Inde. Au total la Chine consomme 13,5 millions b/j et l’Inde 5,1 millions b/j et s’alimentent principalement au Moyen-Orient. Avec les USA, les trois pays consomment le 40% du pétrole mondial.

Pour 2020, l’association automobile chinoise planche sur une diminution de 2% des ventes de nouvelles voitures à 25,3 millions d’unités. En 2019, 77 millions de voitures ont été vendues dans le monde.

Pour 1 milliard $, la Chine a acheté 49% des actions de la holding Electrique d’Oman, au Moyen-Orient. L’objectif de la Chine est de produire et de vendre l’électricité aux pays qui traversent la route de la Soie.

Depuis 2016, la China State Grid a investi 8,4 milliards $ pour mettre dans son panier les producteurs de la Grèce, de l’Italie, du Portugal, de l’Australie et du Brésil. Elle a également lancé un fond d’investissement de 10 milliards $ à destination du Koweït et en Irak les grands producteurs de gaz et de pétrole.

La prise d’actifs dans le monde de l’énergie permet, in fine, de contrôler le pays. L’électricité est une source de base et incontournable dans la vie des citoyens et des entreprises. Confier sa gestion de l’électricité et son réseau à des mains étrangères n’est pas une erreur, c’est une faute grave.

Les défauts de payement de dettes d’entreprises chinoises ont grimpé à un niveau record de 18,6 milliards $. Durant les dernières années, les entreprises privées se sont gavées de dettes grâce au shadow banking. La grande question est: quelles seront les implications et les interventions de Pékin afin de faire sortir ses champions locaux de cette mauvaise passe financière avec l’achat de dettes.

Pékin a inauguré son deuxième porte-avions militaire. Avec 9 unités de plus, elle rejoindra les USA. Dans la mer de Chine, l’ambiance va devenir festive.

 

 

Europe

Portugal

Pour ne pas trop s’éloigner de la Chine, restons au Portugal.

Sous la pression de fonds d’investissements, l’entreprise nationale Energias de Portugal va dilapider la moitié de ses barrages hydroélectriques. Les 6 barrages, qui génèrent pour 154 millions € de bénéfices par an, ont trouvé preneur à hauteur de 2,2 milliards €. Un groupe d’investisseurs (Crédit Agricole, Mirova Natixis) et Engie ont remporté le jackpot. Suite à cette braderie, les prix de l’électricité devrait prendre l’ascenseur dans le pays.

La vente d’infrastructures vitales, tels les barrages ou les installations électriques, met en péril la souveraineté d’un pays. L’Angleterre est un excellent exemple.

Pour mieux évaluer le désastre énergétique du Portugal, il est nécessaire de préciser qu’Energias de Portal appartient à 23% à la Chine !

 

Russie

La Russie a lancé le plus grand brise-glace au monde avec l’objectif d’ouvrir une route gazière et pétrolière avec les hydrocarbures de l’Arctique. De son côté, Rosneft, le plus grand pétrolier national, a présenté à des investisseurs japonais son projet «Vostok» d’extraction pétrolière en Arctique. La compagnie cherche 157 milliards $.

Moscou inaugure 3 gazoducs. Le Power of Siberia connecte les 2’000 km de la Sibérie à la Chine. Il aura coûté 55 milliards $ pour une capacité de 38 milliards m3 par an, soit le 10% du gaz consommé en Chine. La Chine achèvera la portion frontière à Shanghai en 2022-2023. Pékin payera son gaz la rondelette somme de 400 milliards $ sur 30 ans.

En direction de l’Europe, c’est le Nord Stream 2 qui relie, sous la mer Baltique, la Russie à l’Allemagne. Il doublera les capacités actuellement livré par Nord Stream 1 soit 110 milliards m3 par an et plus de 230 milliards de kg de CO2.

Le troisième, le TurkStream contournera l’Ukraine pour livrer le gaz à la Turquie.

La Russie et l’Ukraine ont conclu un accord pour le transit du gaz russe vers l’Europe pour un montant de 3 milliards $ par année. Gazprom couvre le tiers des besoins gaziers de l’Europe. Depuis l’annexion de la Crimée, les tensions entre les deux pays sont restées très tendues, même si un certain relâchement s’installe. Il y a 10 ans, l’approvisionnement en gaz russe avait été coupé suite à la dispute entre l’Ukraine et la Russie. Depuis, Moscou a construit Nord Stream 1 et termine le Nord Stream 2 pour éviter l’Ukraine.

Moscou annonce le succès de son programme “Avangard” et de son missile hypersonique capable d’atteindre plus de 33’000 km/h.

 

Allemagne

Le Congrès US a décidé d’imposer des sanctions contre les entreprises européennes et russes impliquées dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 qui relie la Russie et l’Allemagne. Les entreprises qui ont travaillé avec Gazprom sont sur le radar comme le Suisse Allseas dont les bateaux ont installé les tuyaux du gazoduc.

Allseas a immédiatement arrêté la pose du gazoduc dont il ne manque plus que 300 km. «Il ne s’agit pas seulement d’actes inamicaux par les USA contre l’Allemagne, mais des actes hostiles contre ses alliés et toute l’Europe. » selon l’Allemand Johachim Pfeiffer.

De son côté, l’ambassadeur américain à Berlin pense que les sanctions américaines sont «extrêmement pro-Européennes.» Washington espère pouvoir vendre son gaz de schiste à l’Europe.

Le Bild annonce l’ambition de Tesla de construire 500’000 voitures électriques dans les environs de Berlin. L’investissement se monterait à 4,4 milliards $ avec la création de 10’000 emplois. L’arrivée d’Elon Musk dans le fief mondial de la voiture est un sacré pied de nez.

 

Sans les journalistes indépendants, voici ce que seraient les nouvelles

 

France

La fusion du français PSA et l’Italo-Américain, Fiat Chrysler va donner naissance au quatrième constructeur mondial, avec 50 milliards $ de chiffre d’affaires, 14 marques et 8,7 millions de voitures produites par an. Afin de ne pas payer d’impôts, la nouvelle entité devrait être incorporée en Hollande.
Dans le classement, on retrouve : Volkswagen : 10,9 millions voitures/an ; Toyota 10,6 ; Renault-Nissan 9,4 et General Motors 8,38.

Suite aux déboires de la construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville, EDF « désire restaurer la confiance dans le nucléaire ». Elle va investir 100 millions € pour améliorer ses processus et le choix de ses contractants et fournisseurs. Cette campagne de public relation a pour but de convaincre le gouvernement de construire plusieurs EPR dans le pays alors que Flamanville a dépassé de 4 fois les budgets et aligne un retard de 10 ans.

Le réacteur nucléaire de Tricastin 1 a redémarré après un arrêt de près de sept mois consacré à une visite exceptionnelle destinée à lui permettre de poursuivre sa vie au-delà de quarante ans.

Selon l’Insee, la dette publique de la France a dépassé le seuil des 100% du produit intérieur brut (PIB) à la fin du troisième trimestre 2019, à 100,4%. La dette de la France a grimpé de 39,6 milliards € à 2’415,1 milliards d’euros.

Larry Fink, le PDG de BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs au monde, a rencontré le président Macron au sujet des retraites françaises. Son association récurrente à divers projets élyséens et, surtout, l’aval apparemment donné à son influence dans les discussions de l’exécutif relatives au projet de réformes des retraites est intrigante.

 

Ces financiers qui dirigent le monde BlackRock – ARTE

 

Suisse

Restons chez nos amis de BlackRock. L’ancien patron de la Banque Nationale Suisse, Philipp Hildebrand, est devenu Vice Président de l’entreprise américaine. Grâce à son influence, la BNS a investi plus de 5 milliards $ dans le pétrole, le gaz de schiste ainsi que le charbon aux USA.
De plus, les taux négatifs de la BNS sont une aubaine pour BlackRock. Ce système permet aux fonds financiers comme Vanguard ou BlackRock de siphonner les retraites des citoyens Suisses. Si les français manifestent pour la perte de centaines d’Euros pour leur retraite, que dire des Suisses qui sont en train de perdre plusieurs dizaines de milliers francs sur leurs capitaux de retraite?

Toujours au niveau retraite: la centrale nucléaire de Mühleberg vient de fermer. Mise en service en 1972, elle faisait partie des plus vieille centrales au monde et son cœur comptait de nombreuses fissures. Le propriétaire espère que les 2,1 milliards frs (1,9 milliard €) prévus pour son démantèlement suffiront. Les entreprises allemandes seront très impliquées dans ce processus.

Le Black Friday 2019 a généré 15% de paquets supplémentaires à 5,9 millions, soit presque 1 par personne et 10 fois plus qu’un jour normal.

 

Pologne

La nouvelle présidente de l’Europe a proposé une Europe à zéro carbone d’ici à 2050. La Pologne a posé une fin de non-recevoir. En échange de son « oui » elle demande plusieurs centaines de milliards € afin d’effectuer une transition hors du charbon. Pour négocier, il faut bien commencer quelque part !

L’électricité du pays est produite par le charbon à 80%. Le premier ministre Mateusz Morawiecki a précisé que des centaines de milliers d’emplois sont en jeu que « nous ne pouvons pas accepter une proposition qui porte atteinte à la société polonaise. »

La Hongrie, la République Tchèque et la Pologne ont également demandé de reconnaître l’énergie nucléaire dans leur mix énergétique propre.

 

Hollande

La compagnie aérienne, KLM va faire des tests avec un avion utilisant les déchets d’huiles de friture. Le processus est réalisé par Neste. L’objectif est de réduire les émissions de CO2 de 80%. D’ici à ce que le système fonctionne, il va falloir en manger des frites. En l’état actuel, il s’agit plus de faire croire que l’aviation se met au climat.

Le constructeur de bus chinois BYD, va vendre 259 bus électrique à l’hollandais Keolis. C’est la plus grande vente de bus électrique en Europe. Ils seront mis en service dès l’été 2020.

 

Angleterre

Dans le pays, le pétrolier Royal Dutch Shell n’a pas payé d’impôts en 2018 alors que le bénéfice net a atteint 731 millions $ en Angleterre uniquement.
L’entreprise a notamment reçu des bonifications sur ses impôts après avoir démantelé des plateformes dans la Mer du Nord. Ces démantèlements pourraient coûter jusqu’à 30 milliards € aux citoyens anglais.  Toutes les opérations de démantèlements sont déductibles fiscalement.

Suite à de nombreux tremblements de terre, dont une secousse de 2,9 sur l’échelle de Richter, l’arrêt de l’exploitation de schiste est entré en force par la volonté du gouvernement.

Depuis, la société exploitante Cuadrilla fait pression sur la Oil & Gas Authority comme le montre des e-mails publiés par le Financial Times. Les messages nous apprennent que Cuadrilla avait dépensé 270 millions  £ ( 314 millions €) et l’entreprise demande la permission de continuer les forages.

ClientEarth poursuit judiciairement BP pour ses campagnes de greenwashing notamment en se présentant comme un digne représentant des énergies renouvelables alors que la grande majorité de ses revenus proviennent du gaz et du pétrole.

 

BP prit la main dans le sac du greenwaching

 

Les Amériques

Schiste USA

En 2019, la prodigieuse augmentation du pétrole de schiste, à plus de 9,1 millions b/j, rend difficile le remplacement des forages qui se tarissent très rapidement et en même temps d’augmenter la production. Le plafond semble s’approcher. Parmi les sept plus grands gisements de schiste, la décroissance s’est majoritairement installée. Les espoirs reposent sur le bassin Permien du Texas.

Chevron cherche à vendre pour 11 milliards $ d’actifs dont plus de 5 milliards dans le gaz de schiste américain notamment dans les gisements de Marcellus et d’Utica. Cette annonce souligne le stress des producteurs envers les investisseurs et le besoin d’obtenir des retours sur investissements.

Chevron dépense beaucoup de cash dans le Bassin Permien. L’entreprise espère extraire 900’000 b/j de pétrole de schiste d’ici à 2023. Après plusieurs années, rien ne montre que la major génère des profits. Son PDG; Mike Wirth, espère que dans le Permien, un cash flow positif sera obtenu en 2020.

De son côté en octobre, Schlumberger a effacé des dettes pour un montant de 12,7 milliards $ dans ses actifs de schiste.

Quelle sera l’évolution du pétrole de schiste aux USA durant 2020 ? Attendons quelques mois pour obtenir une indication, mais elle pourrait être différente des attentes du président Trump.

La surproduction de gaz de schiste a conduit les prix à la baisse. De 4$  par million de BTU en 2011, il a atteint 2,26$ avec une projection sous les 2$ en 2020.

 

Venezuela

En 2019, qui aurait misé sur le maintien de la production pétrolière du pays ainsi que de son gouvernement ?

Le pays est comme un roseau : il plie mais ne rompt pas. L’entreprise pétrolière nationale, PDVSA a réussi à extraire entre 920 et 965’000 b/j  (+20% en un mois) malgré les sanctions américaines.

 


Suite à la demande de destitution de Donald Trump. Le BB Gun des démocrates

 

Moyen-Orient

Iran

Téhéran pourrait avoir perdu 50 milliards $ de revenus suite aux sanctions Américaines. Les exportations pétrolières pourraient être tombées sous les 400’000 b/j au lieu des 1,7 millions de mars 2019.

Mike Pompeo, le Secrétaire d’Etat Américain, désire imposer de nouvelles sanctions contre le transport maritime iranien. Ces sanctions seraient imposées dès le 8 juin 2020. Ce délai est nécessaire afin que Téhéran trouve de nouvelles sources d’approvisionnements notamment de nourriture. Les sanctions contre l’entreprise d’aviation nationale sont déjà entrée en force.

La compagnie iranienne de développement pétroliers a annoncé le développement de 5 nouveaux forages dans le nord Azadegan avec l’aide de la Russie et de la Chine.

Le président Rouhani a annoncé un «budget de résistance» aux sanctions américaines qui inclue un prêt de 5 milliards $ de la Russie.

 

Irak

De nombreuses manifestants ont demandé du travail, l’arrêt de la corruption gouvernementale ainsi que la réduction des influences internationales (USA-Iran). Plus de 300 personnes ont été tuées et 15’000 blessées. Ces demandes exigent une reconfiguration totale de l’Economie locale, ce qui n’est pas prêt d’arriver dans les mois à venir. Les manifestations pourraient continuer et peser sur la production pétrolière.

 

Liban

Le gouvernement pense qu’il est assis sur 700 millions m3 de réserves gazières. La côte Est de la Méditerranée est devenue un lieu de convoitise car entourée de gisements gaziers tel le Leviathan entre Israël et la Palestine.

Un premier forage sera bientôt effectué pour confirmer, ou pas, les études sismologiques.

 

 

Asie

Australie

Alors que l’été n’est pas encore à son apogée, les températures touchent des sommets avec des pointes à 49,5 degrés et les incendies recouvrent de nuages la capitale Sydney.

L’Australie est l’un des pays exportateur de charbon les plus prolixes au monde. Son premier ministre, Scott Morrisson est un climatosceptique très pointu et a demandé à son ministre de tout faire pour court-circuiter la COP25 soulignant que son pays n’émet que le 1,3% des gaz à effet de serre.

Est-ce que les températures infernales de cet été permettront une prise de conscience à travers ce pays? La balance entre les emplois et le climat est un dilemme crucial.

Du côté du Premier Ministre, il a préféré passer son temps à Hawaii pour fuir les nuages toxiques de Sydney. Son manque d’engagement dans ces incendies commencent à l’égratigner.

 

Inde

Le premier ministre Narendra Modi désirait fixer d’ambitieux objectifs pour le climat d’autant que les habitants de la capitale New Dehli et plus d’une dizaine d’autres villes se retrouvent très souvent dans un air irrespirable.

Après avoir installé pour 80 GW d’électricité renouvelables, soit le 22% des nouvelles capacités, l’objectif d’atteindre 225 GW de renouvelables d’ici à 2022 est remis en question. Les freins administratifs et la corruption freinent le tout et notamment l’ardeur des entreprises étrangères.

 

Japon

Les mauvaises nouvelles s’accumulent à Fukushima.

Les millions de litres d’eau contaminée de la centrale nucléaire vont être déversée dans l’océan Pacifique. Les coûts de stockage deviennent trop important et la place manque. Ainsi «l’option d’un simple stockage à long terme n’est plus envisagée», selon un fonctionnaire d’Etat. Afin de ne pas s’attirer les foudres et les représailles de la communauté internationale, la mise en pratique de cette décision débutera après les Jeux Olympiques de Tokyo de 2020.

Les opérations du retrait du combustible nucléaire des réacteurs 1 et 2 sont reportées. L’opérateur TEPCO entamera le retrait du combustible usé et fondu du réacteur 1 en 2027 ou 2028. Le processus du réacteur 2, qui devrait durer deux ans, sera probablement reporté d’un à trois ans, en débutant en 2024 ou 2026.

Tokyo espère avoir enlever totalement le combustible d’ici mars 2032. Ce travail est déjà terminé au réacteur 4. L’assainissement de Fukushima devrait durer 40 ans et coûter environ 100 milliards $.

Pour terminer l’année, le Japon fait face à un tour de passe-passe. Carlos Ghosn: l’ex-PDG de Renault-Nissan, qui préparait son procès en liberté conditionnelle au Japon, s’est échappé du pays pour rejoindre le Liban.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Le Général Haftar annonce une bataille décisive pour prendre la capitale Tripoli.

Depuis plus de 8 mois, l’Armée Nationale Libyenne tente d’imposer son pouvoir sur le pays mais les combats avec les milices ne dessinent pas un clair vainqueur. Cependant cette situation perturbe la production pétrolière qui est souvent prise en otage ou pour cible.

L’année 2020 pourrait apporter un regard nouveau.

 

Ghana

Spingfield E&P a annoncé qu’elle aurait trouvé pour 1,5 milliards de barils de pétrole sur les côtes du pays.

Du côté du gaz, la Ghana National Petroleum Corporation et GNPC EXPLORCO auraient également décelé 20 milliards de m3 dans le West Cape Three Points Block 2.

 

 

Phrases du mois

«S’il y a une fois dans l’histoire où je devais dire «les gouvernements ont merdé», je le dirai aujourd’hui à Madrid ». Mohamed Adow, Directeur Power shift Africa durant la COP25

L’après guerre 39-45 va être marqué par la volonté de commercer, de produire, de consommer, que le marketing politique leur a associé le concept de liberté. Soutenues par la puissante industrie des médias et du divertissement, les aspirations supérieures des êtres sont ramenés à leur capacité à remplir le caddie, puis à en faire un objectif de vie.” Liliane Held-Khawam, tiré du livre Coup d’Etat Planétaire, de la Mondialisation à la Globalisation.

Les entreprises comme Amazon ou Walmart ont un impact immense. Cependant, les entreprises qui peuvent le plus, sont celles qui en font le moins pour le climat.Andrew Edgecliffe-Johnson

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

 

Energie Solaire et Charbon : Le paradoxe chinois

Pour générer son électricité, la Chine avale 50% de la production mondiale de charbon pendant qu’elle ratisse toutes les opportunités afin de se faire livrer gaz et pétrole pour porter sa croissance économique. Depuis l’an 2000, Pékin a triplé ses émissions de CO2 pour émettre le tiers des émissions mondiales.

Paradoxalement, le pays est également le No 1 mondial dans l’énergie solaire et celle du vent. En effet, le reste du monde a donné la responsabilité à la Chine de fabriquer les panneaux solaires, les batteries et les éoliennes qui permettront à ces mêmes pays de pavoiser à la COP25.


 

L’appétit énergétique chinois est poussé par une économie qui se développe à un taux extraordinaire de 6% annuellement. Le pays se retrouve coincé entre ses besoins immédiats et son environnement futur.

Le charbon permet de générer une électricité bon marché et de garder des emplois dans le secteur des mines et des transports. Les taxes permettent également de rétrocéder des revenus aux provinces.

Pour réduire l’impact sur la pollution, plus de 80% des centrales à charbon ont été équipées de filtres ce qui permet de rendre l’air respirable et les traces de pollutions presque invisibles.

 

Les Centrales à Charbon supprimées en Europe sont remplacées en Chine

Si l’Europe, notamment l’Allemagne, tente une sortie du charbon et planche sur la fermeture d’une partie de ses 149 centrales, la Chine est en train d’installer 121 nouvelles unités. Paradoxalement, ce mix énergétique rend ainsi les voitures électriques ou à hydrogène bien plus polluantes que les modèles thermiques à essence ou diesel.

Le pays augmente également sa consommation de gaz et de pétrole. Un nouveau gazoduc vient d’être inauguré avec la Russie et l’Arabie Saoudite est devenue incontournable pour les livraisons d’or noir.

 

Comparaison des centrales à charbon.
Centrales en construction et centrales en opération.
Source: Global Energy Monitor.  Graphique FT.com

 

Renouvelable

En parallèle, Pékin a diminué de 40% ses investissements dans les énergies renouvelables depuis janvier alors que le renouvelable représente 14,3% de sa production électrique.

De part ces chiffres, il semble évident que le pays n’arrive pas à lier sa croissance économique avec une production propre d’énergie. A cet égard, il se calque sur les modèles des USA et de l’Europe.

En cette 2019, le monde a consommé des quantités record de pétrole, de gaz et de charbon.

 

Comportements compulsifs

Il est futile de pointer un doigt accusateur vers la Chine alors que nous demandons à Pékin d’assouvir nos pulsions. Les frénésies d’achats observées lors du BlackFriday dans les pays occidentaux et actuellement ceux de Nöel montrent l’interdépendance de nos comportements compulsifs et le climat.

Faudrait-il d’abord se soigner avant de pouvoir prendre soin du climat ?

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Iran-Irak: Des manifestations montres
– USA: ExxonMobil augmente ses forages, la production stagne
– Arabie Saoudite: Mise en vente de la compagnie pétrolière nationale
– Chine: Le nombre de centrales à charbon explose
– Suisse: Crédit Suisse investi dans le fossile, les jeunes amendés
– Australie: La plus grosse batterie de stockage pour l’électricité
– Allemagne: Plus de 30’000 emplois automobiles à la trappe
– Angleterre: Après des tremblements de terre, les forages de schiste à l’arrêt.


La planète pétrole fait des étincelles. A l’approche de Noël, c’est très tendance.

L’Iran et l’Irak font face à des manifestations musclées. La Norvège, le Brésil et la Guyane augmentent leur production. Le schiste américain continue de perdre des milliards et montre des signes de pic. Le Venezuela a touché le fonds mais creuse encore.

Pendant ce temps-là, dans une joyeuse insouciance, on explose les chiffres du Black Friday et de la journée des célibataires.

Bref, tout ce ramdam n’a pas réussi à réveiller le baril. Tel un ado après une soirée en disco, il a passé son temps à roupiller: 60,49$ à Londres (fin octobre 59,51$) et 55,17$ à New York  (54,26$ fin octobre).

 

Graphique du Mois:
Centrales à charbon en Chine


La Chine est en train de construire presque plus de centrales à charbon
que tout le parc européen (148 GW) avec 121 nouvelles centrales
alors que l’Europe en possède 149.
Sources: Global Energy Monitor. Graphique Ft.com

 

OPEP

Le 5 décembre à Vienne, le cartel du pétrole va décider de reconduire, ou pas, les quotas actuels. On chuchote que le statu quo est l’option qui sera mise sur la table.

Cependant, l’Arabie Saoudite pourrait concocter une surprise afin de rendre plus attractif l’IPO de Saudi Aramco, sa compagnie pétrolière nationale.

 

Monde

Depuis 2010, le prix de l’énergie solaire a diminué de 73%, l’éolien de 22% et les batteries lithium-ion de 80%.

Arctique. Le bateau Polarstern s’est laissé prendre par les glaces de l’Arctique et va dériver pendant 12 mois. Pour le suivre, cliquez ici.

L’Agence Internationale de l’Energie a publié son 2019 Annual Outlook Energy. Le directeur, Fatih Birol, souligne que la dépendance aux énergies fossiles est obstinément haute et qu’il existe un fossé entre les désirs d’aujourd’hui et la réalité dans le système énergétique actuel. L’utilisation des énergies fossiles compte pour la totalité des émissions de CO2 et 66% des gaz à effet de serre.

 

Consommation

En Chine, lors de la journée des célibataires, Alibaba a réalisé des ventes 38,4 milliards $ en un seul jour +25%.

Dans l’équipe du “reste du monde”, le Black Friday a également généré des ventes records. Entre le climat et l’idée de rater une super occasion, le truc à deux balles tient toujours le haut du pavé.

 

Black Friday: L’homme est l’animal le plus intelligent de la planète

 

Le top 3 du mois

Chine

La demande d’électricité a augmenté de 8,5% en un an. Cependant malgré cette hausse, le marché est suralimenté en électricité et le taux d’utilisation des centrales à charbon et nucléaire touche un bas historique.

La quantité de nouvelles centrales à charbon chinoises annulent les bénéfices de l’arrêt des autres centrales à travers le monde. A part la création d’emplois et l’injection de liquidité dans l’économie, il n’y a aucune justification pour cette frénésie.

Grâce aux progrès technologiques et du transport de l’électricité sur de longues distances, la Chine pourrait prochainement être en mesure de vendre son électricité à l’Europe et les pays de la Route de la Soie.

Le gouvernement va ajouter une fonctionnalité de plus dans le système de reconnaissance des personnes via les cameras publiques. Après la reconnaissance des visages, du suivi des yeux et l’analyse des foules, le gouvernement planche sur la reconnaissance des émotions. Ce système sera utilisé dans les aéroports et dans les régions «sous contrôle». Il faudra compter entre 3-5 ans pour être opérationnel. Microsoft, Amazon et Google creusent également ce concept avec l’idée de nous faire acheter selon notre humeur.

Le plus grand raffineur chinois, Sinopec, est en train de construire une raffinerie de 200’000 b/j qui va utiliser le brut du Koweït. Pékin achète une grande partie de son brut au Moyen-Orient et principalement à l’Arabie Saoudite.

Pékin fait le tour du monde afin de trouver de la viande de porc afin de remplacer les millions de porcs tués par la fièvre africaine. L’Europe et l’Amérique du Sud ont relevé le défi. Les USA ont été écartés pour cause de guerre économique.

La Chine pourrait à nouveau diminuer les subsides pour l’achat de voitures électriques. Le coup pourrait être rude pour les centaines de marques chinoises. En octobre, pour le 4ème mois consécutif, les ventes de voitures électriques ou à hydrogène ont diminué. La baisse atteint -45% à 75’000 unités.

 


Les ventes de voitures s’affaissent dans le monde

Au niveau mondial, les ventes de voitures privées ont diminué de 4% à 77,5 millions d’unités avec notamment une baisse de 11% en Chine avec 21,6 millions.
En 2017, nous en étions à 81,8 millions et 80,6 en 2018.
En prenant le contrôle sur les voitures électriques, la Chine est en train de transférer les emplois européens et américains sur son territoire.

 

Etats-Unis

Trump et Xi Jinping avaient prévu de se rencontrer en Europe pour finaliser leur accord commercial. On parlait de la Suède ou de la Suisse ce qui risquait d’être compliqué vu que la plupart des Américains ne savent pas faire la différence entre les deux.

Le réflexe de Pavlov: A chaque fois que Trump annonce que “les discussions progressent avec Pékin“, les bourses grimpent. Du coup, le brave homme en est à sa 200ème annonce et la bourse atteint des niveaux records.

Les trompettes de la production pétrolière américaine semblent s’estomper. Les grands journaux évoquent de plus en plus souvent cette éventualité. IHS Market pense que les quantités pourraient diminuer et au mieux, être stabilisée dans les 2 années à venir. En 2018, la progression fut de 2 millions b/j. et semble atteindre un (tentons le mot), pic pétrolier.

Depuis plusieurs années, le terme “pic pétrolier” est recouvert par un “biiiip” car il fait trop peur aux petits enfants.

La production pétrolière dans le Golfe du Mexique atteint un niveau record à 1,9 millions b/j notamment grâce aux gisements de Mars, Thunder Horse (catastrophe de DeepWater Horizon BP) et Tahiti.

A cause de la mobilité, ExxonMobil pense que la demande d’énergie va augmenter de 25% durant les 20 prochaines années. Elle point du doigt le commerce et les échanges mondiaux notamment avec les transports maritimes. ExxonMobil n’explique pas la provenance de ce pétrole supplémentaire.

Trump a nominé Dan Brouillette au poste de Ministre de l’Energie. On ne sait pas grand-chose sur le bonhomme, mais il a au moins un nom sympathique.

Trump a invité à la Maison Blanche Jerome Powell, le président de la Banque Centrale Américaine afin d’échanger son point de vue sur les taux d’intérêts, la croissance américaine et les éléments qui pourront le faire réélire. La surprise est que Powell est ressorti vivant. Il semble y avoir une pénurie d’acide après la mésaventure Kashoggi.

Restons dans l’affaire Kashoggi. Le CEO d’UBER, Dara Khosrowshahi, a déclaré que «tout le monde peut faire des erreurs.» Depuis, il rétropédale afin de faire croire que ce n’est pas ce qu’il voulait dire et que ses paroles n’ont strictement rien à voir avec le fait que les Saoudiens sont des gros actionnaires d’UBER.

Elon Musk présente un nouveau modèle Tesla le Cyber Truck. Dessiné à la hache, il a la particularité de faire parler de lui.

Le géant pétrolier ExxonMobil cherche à vendre pour 25 milliards $ d’actifs en Europe, Asie et Afrique pour libérer du cash et s’aligner sur les concurrents. L’objectif est de proposer un portfolio plus compétitif (qui génère plus de bénéfices). Est-ce que son PDG, Darren Woods, coupera également dans les pertes du pétrole de schiste aux USA, la question est ouverte.

Devant la désertion des sponsors, la Formule 1, propriété de l’Américain Liberty Media émet l’idée d’être neutre en carbone d’ici à 2030. La F1 produit 256’000 tonnes de CO2 par saison et utilise autant d’énergie que 30’000 ménages américains.

On vous rassure tout de suite, les moteurs thermiques, le champagne et les jets privés restent et il n’est pas question d’utiliser un moteur à hydrogène ou électrique. Shell, Petronas et ExxonMobil travailleront afin de produire de l’essence à base d’algues ou de déchets ménagers. Le plus gros effort sera demandé aux responsables de la communication qui auront la tâche de nous faire croire l’incroyable.

 

ExxonMobil semble avaler la tasse dans ses aventures de schiste. La compagnie américaine a foré une quantité record de 149 forages entre janvier et août 2019.

Malgré cette performance, Exxon a vu sa production stagner à +3%. Sur la même période en 2018, Exxon avait foré 133 puits pour augmenter sa production de 84%.

La raison s’explique par un épuisement très rapide de ses puits (voir la zone bleue claire dans le graphique)

De plus, un problème de rendement financier touche Exxon. Avec des investissements de 3 milliards $ (CAPEX) sur le schiste, son bénéfice est de 37 millions $. Alors que sur les investissements de 2,8 milliards $ hors schiste, les bénéfices furent de $ 2,1 milliards.

 

Arabie Saoudite

Le prospectus pour vendre l’entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco a été publié. Il en ressort que les Saoudiens sont aussi peu transparent que dans l’affaire Kashoggi. Initialement, le Prince Héritier, MbS, voulait vendre 10% de l’entreprise pour 200 milliards $. Les fonds devaient provenir exclusivement de l’étranger.

Sautons une cinquantaine d’épisodes pour arriver en cette fin de mois. In fine, MbS ne va vendre que 1,5% des actions et le 89% des fonds proviennent de riches familles du royaume. C’était ça ou la prison.

Du côté des investisseurs occidentaux, asiatiques et américains, on peut qualifier l’opération de flop. Le prix de l’action sera fixé le 5 décembre. Tiens, le même jour que la réunion de l’OPEP à Vienne.

Suite à l’attaque par des drones, le pays a retrouvé son niveau normal de production pétrolière à 9,8 millions b/j. Hasard ou pas, Riyad semble ouvert à négocier une trêve dans sa guerre au Yémen.

Le Prince Mohammed bin Salman travaille sur la réduction de 5% des dépenses du royaume qui frise les 320 milliards $ et qui nécessite un baril de pétrole à 85$.  Le FMI prévoit une croissance de 0,2% pour 2019 au lieu des 1,9% prévu.

Armin Nasser, PDG de Saudi Aramco, gagne le modique salaire de 5 millions $ par an contre plus de 20 pour le patron d’ExxonMobil. Le géant du pétrole d’Arabie Saoudite a généré plus de 200 milliards $ de bénéfices avant la ponction royale soit, au final, un bénéfice net de 111 milliards $.
Lot de consolation pour Armin Nasser, comme en Arabie Saoudite les salaires ne sont pas imposés, les 5 millions sont nets.

 

 

Moyen-Orient

Irak

L’ambiance est toute aussi chaude qu’en Iran. L’armée et la police n’hésitent pas à tirer avec des balles réelles. Il aura fallu que 400 manifestants soient tués avant que le premier ministre Adel Abdel-Mehdi démissionne.

Les citoyens demandent du travail et une diminution de la corruption. Dans la région pétrolière de Bassora, les installations pétrolières ont été paralysées. A Badgad, les citoyens ont occupé la place Tahrir. Comme en Iran, le gouvernement a coupé internet afin de réduire l’influence des réseaux sociaux.

Les citoyens ont également bloqué des camions dans la raffinerie de Nasiriya causant des pénuries dans la région du sud du pays. Le blocage du port de Umm Qars, qui reçoit les importations de céréales, légumes et sucre, aurait coûté plus de 6 milliards $ au gouvernement.

Les gisements pétroliers de Qayarah ont également été disruptés et la production de 30’000 b/j a été stoppée pendant plusieurs jours. Cependant, les exportations pétrolières restent stables à 3,6 millions b/j.

 

Iran

Le gouvernement voulait couper 50% des subsides sur les carburants. Les automobilistes auraient eu accès à 60 litres de pétrole par mois au prix normal de 36 ct $ le litre au lieu de 18. Le surplus augmentait à 72 ct $ le litre. (IR30’000). Pendant 5 jours, de grandes manifestations ont déchiré tout le pays avec plus de 160 personnes tuées selon Amnesty International. Plus de 3’000 manifestants ont été envoyés dans les prisons les plus dures du pays.

Durant cette période, le gouvernement a réussi à couper l’accès à internet dans tout le pays. In fine, le président Rouhani a décidé de revenir en arrière et de rétablir les subventions. L’inflation a grimpé à 40% et le chômage touche plus de 14% de la population.

Les images diffusées lors du rétablissement d’internet montren que les heurs furent plus violents que lors de la révolution verte en 2009 ou 12 personnes avaient été tuées en l’espace de plusieurs mois.

Le pays n’exporterait plus que 200’000 barils/jour soit 10 fois moins qu’avant les sanctions américaines.


Dessin Chappatte

 

Europe

D’ici à 2021, la Banque Européenne d’Investissements (EIB) ne va plus soutenir les investissements dans les énergies fossiles y compris le gaz dont les émissions de méthane plombent sa position d’énergie de transition. L’EIB avait déjà renoncé au charbon.

Le tirage au sort des championnats d’Europe de Foot UEFA 2020 a livré ses résultats. L’événement est éparpillé dans 12 villes à travers tout le continent. Un favori se détache clairement: le CO2. L’UEFA devrait pulvériser tous les records au niveau des émissions de gaz à effet de serre.

 

Russie

Le facteur d’extraction du pétrole est de 28% en Russie, contre 44 aux USA et 50% en Norvège. Ce ratio indique la quantité de pétrole récupéré dans un gisement. Avec les technologies actuelles, la Russie n’est capable de prélever que le tiers du contenu des poches pétrolières.

Le ministre de l’énergie, Alexander Novak estime que d’ici à 5 ans, la Russie va pouvoir augmenter ses exportations pétrolières de 400 à 500’000 b/j à 5,6 millions b/j. Depuis des années, on annonce que les gisements russes âgés devraient voir leur production chuter. Moscou fait preuve d’une certaine résilience. De plus, les gisements de schiste russe n’ont pas encore été exploités. Ils seraient plus important que les USA.

Suite à l’autorisation du Danemark, dernier pays à accorder son droit de passage, le gazoduc Nord Stream 2 sera mis en service dans les 6 prochains mois. Il permettra à la Russie de doubler les livraisons de gaz à l’Allemagne et de contourner l’Ukraine.

 

Allemagne

Berlin va augmenter les subsides pour l’achat de voitures électriques. Pour un modèle de 40’000€, le rabais sera de 6’000€ au lieu de 4’000. Les voitures hybrides seront inclues dans cette promotion. Etrangement, les voitures à hydrogène sont restées sur le carreau. Berlin espère attirer 700’000 acheteurs et arriver à 10 millions de véhicules électriques d’ici à 2030. Les points de recharge passeront de 21 à 50’000 dans les 2 prochaines années.

VW a lancé un nouveau cargo de transport de voitures neuves. Le navire est propulsé au gaz liquide. La Commission Européenne avait jugé ce type de propulsion plus polluante que celle utilisant des déchets pétroliers.

VV a débuté la production de batteries lithium-ion dans sa fabrique de Braunschweig avec l’objectif de produire 500’000 unités de la ID.3 par année.

La construction de nouveaux parcs éoliens est en chute libre. Durant les 9 premiers mois, 150 turbines ont été installées pour 514 MW, soit une chute de 80% par rapport aux années précédentes. Est-ce que l’Allemagne est en train d’atteindre sa capacité éolienne maximale ?

Audi va supprimer 9’500 emplois d’ici à 2025. Le groupe emploie 90’000 personnes dans le monde et 60’000 en Allemagne. Confronté au ralentissement du marché automobile, Audi va réduire ses capacités de production de ses 2 usines en Allemagne.

Sur 304’000 collaborateurs, Mercedes va supprimer 10’000 postes d’ici à 2022. Du côté de Volkswagen 5’000, Continental 5’550, Bosh 2’000 et Ford 5’000. Au total en Allemagne, plus de 30’000 emplois dans l’automobile vont passer à la trappe alors que le secteur génère 800’000 postes.

 

Norvège

Bien que possédant le nom d’une armoire d’Ikea, le gisement pétrolier Johan Sverdrup est en train de remettre la Norvège sur la carte du monde des producteurs. Equinor annonce une production 300’000 b/j . Ce gisement devrait grimper à 400’000 b/j d’ici à l’été prochain. Le réservoir contiendrait 2,7 milliards de barils dont 50% récupérables selon les standards norvégiens.

 

Irlande

Le pays va bannir les forages sur ces côtes selon le premier ministre Leo Varadkar. Les forages gaziers continueront leur exploitation. Le gisement Corrib, qui est sur le point d’atteindre son pic, fournit 40% des besoins gaziers du pays.

 

Dessin Chappatte

 

Angleterre

Après plusieurs tremblements de terre, les forages de schiste ont été mis sur pause. Le fracking (fracturation) génère de nombreux problèmes sismiques et de pollution.

Le Brexit est en mode pause dans l’attente des prochaines élections du mois de décembre.

 

Suisse

Alors que le Crédit Suisse investit lourdement dans le pétrole, le charbon et le gaz, de jeunes citoyens s’étaient déguisés en joueurs de tennis et, sans violence, avaient pris une succursale de la banque pour le central de Wimbledon. Une activité pas choisie au hasard puisqu’il s’agissait de dénoncer le choix de Roger Federer de vendre son image au Crédit Suisse.

Une année après, 12 personnes sont condamnées à une amende pharaonique de 216’000 francs (190’00 €). Le journal 24h titre : «Ce sera le jugement de la jeunesse qui lutte pour sa survie».  Sensibles à la cause, treize avocats parmi lesquels de véritables pointures, dont deux anciens bâtonniers, ont proposé de les défendre gratuitement. Au lieu de confier votre argent au Crédit Suisse ou à l’UBS, vous pouvez  faire un don.

Anomalie: En Suisse, une voiture électrique possède d’office une étiquette d’énergie de catégorie A. Pour l’hydrogène, l’étiquette est G,alors que l’électricité utilisée dans une voiture à hydrogène est identique.

En Europe, seule la Hongrie, la Slovénie, la Slovaquie et la Lettonie produisent moins d’énergies solaire et éolienne que la Suisse. L’helvète ne produit que 250 kWh/an de solaire et d’éolien alors que le Danemark se trouve à 2500 ou l’Allemagne 1’905 kWh.

 

216’000 francs d’amendes pour avoir pointé du doigt
les investissements dans les énergies fossiles du Crédit Suisse.

 

France

Les investissements des banques françaises dans le pétrole, gaz, charbon représentent 2,035 milliards de tonnes de CO2. En comparaison, la France émet 445 millions de tonnes de CO2 soit 5 fois moins que les banquiers.

Total ne pourrait peut-être plus importer de l’huile de palme afin de la convertir en carburant pour les voitures. Sous le régime Sarcozy, Total recevait des subventions alors que la firme française a investi 300 millions € dans cette unité.

Suite à un tremblement de terre, les centrales nucléaires de la Vallée du Rhône ont été arrêtées pour “audit approfondi”. Le séisme, de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter, a surtout frappé Le Teil (Ardèche), à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas et à une trentaine de kilomètre du site du Tricastin (Drôme), qui regroupe notamment une centrale nucléaire et des usines d’Orano (ex-Areva) de traitement du combustible nucléaire.

Les dépôts pétroliers de Lorient, Brest, Le Mans, Rennes ont été bloqués par les entreprises de constructions et de travaux publics. Ils exigent que le diesel pour ces machines de chantier continue à ne pas être taxé.

 

Hollande

Le siège de la nouvelle entité Fiat-Chrysler-Peugeot-Citroën sera installé en Hollande. En effet, le pays offre des conditions fiscales très avantageuses aux multinationales et PSA-Fiat ne devrait pratiquement pas payer d’impôts. Sur ce même modèle, la major pétrolière Shell ne paie pas d’impôts dans ce paradis fiscal.

La transition est trouvée pour annoncer les bénéfices de Royal Dutch Shell. Le pétrolier annonce un bénéfice de 4,8 milliards $ pour le 3ème trimestre contre 5,6 à la même époque l’année dernière. En 2019, Shell a lancé un programme afin de racheter 25 milliards $ d’actions. Elle en a déjà récupéré 12 milliards. Le pétrolier compte sur un baril à 66$ pour atteindre ses objectifs.


Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

Argentine

Les pétroliers et gaziers de schiste dans la région de la Vaca Muerta à Mendoza, attendent les directives du nouveau président Alberto Fernandez élu le 27 octobre. Dans leurs communiqués de presse, les pétroliers sont très enthousiastes tant sur les quantités que de la qualité de leurs gisements.

En septembre, la production pétrolière de la Vaca Muerta a grimpé de 25% à 154’915 barils par jour. L’Argentine avait atteint son pic “biiiip” en 2001 avec 900’000 b/j. pour retomber à 517’000 aujourd’hui.

Le gouvernement a allongé de 6 mois l’appel d’offres pour la construction d’un gazoduc de 2 milliards $ afin de relier les gisements gaziers de la Vaca Muerta à Buenos Aires.

 

Brésil

D’ici à 2030, le pétrolier national, Petrobras, pourrait devenir l’une des plus grandes entreprises pétrolières au monde avec 8 millions b/j. L’entreprise va investir 70 milliards $ entre 2020 et 2025 pour atteindre cet objectif. Le Brésil est en passe de devenir l’un des plus grand producteurs de pétrole au monde.

Le gouvernement avait l’espoir de générer 25 milliards $ de revenus avec la vente aux enchères de gisements pétroliers à des majors internationales. 25 milliards $ supplémentaires devaient renflouer les caisses de la compagnie pétrolière nationale Petrobras en échange des recherches déjà effectuées. Pas de bol, le vainqueur de cette vente aux enchères est … Petrobras.

Le pays subit sa plus grande marée noire. Plus de 2’000 km de rivages sont touchés par du pétrole brut. Les causes ne sont pas connues. Au début, un tanker avait été soupçonné, mais au vue de l’ampleur, la marée noire pourrait provenir d’un forage défaillant.

 

USA Schiste

Aux USA, 33 entreprises actives dans le pétrole de schiste ont fait faillite entre janvier et octobre. Elles étaient 28 durant toute l’année 2018. Depuis les 6 derniers mois, la progression du schiste a fortement ralenti mais elle est toujours en croissance.

Le géant de schiste Chesapeake averti qu’il ne pourrait pas être capable de survivre une année de plus. Il n’y a pas si longtemps, Chesapeake était le deuxième plus grand producteur US derrière ExxonMobil. Enfoncé sous 9,1 milliards $ de dettes, soit 4 fois sa valeur boursière, l’entreprise a besoin d’une forte hausse des prix du pétrole pour générer et maintenir sa production de 478’000 b/j. L’entreprise a construit son expansion en utilisant l’argent des investisseurs et des banques tout en brûlant son cash flow.

Le CEO de Pioner Natural Resources, Scott Sheffield, pense que les extractions dans le Bassin Permien « vont fortement diminuer dans les prochaines années. » Son entreprise de schiste a fortement réduit ses dépenses suite à la pression des investisseurs et le désir de produire des dividendes. Selon lui, si les prix du baril remontaient, la production pourrait rebondir bien que de nombreuses compagnies ont commencé à exploiter des gisements de deuxième catégorie.

 


Le cash flow de 38 entreprises américaines de schiste
retourne dans le négatif au 3ème trimestre de cette année
avec une perte de 1,26 milliard $

 

Asie

Inde

La moitié des centrales à charbon et nucléaire sont pratiquement à l’arrêt. La cause ? Il y a trop de productions électriques dans le pays et 63 GW sont à l’arrêt.

La demande n’est pas suffisante alors qu’elle est essentiellement poussée par l’industrie et le secteur commercial. Y a-t-il un gros ralentissement de l’activité, c’est ce que laisse croire cette situation.

 

Australie

Les australiens profitent de leurs problèmes du réseau électrique en devenant un leader mondial dans le domaine du stockage d’électricité via des batteries. En collaboration avec l’entreprise française Neoen et Tesla, la station Hornsdale Power Reserve va encore augmenter.

La plus grande batterie lithium-ion au monde de 100 MW/129 MWh grimpera à 309 MW avec l’objectif de stabiliser les réseaux.

Les habitants de Sydney ont été noyés sous d’épais nuages de fumées provenant des incendies qui ravagent les forêts des environs. La qualité de l’air a atteint des niveaux de dangerosité record.

 

Phrases du mois

«Nous avons toujours été clair que nous suivons la science. Nous ne pouvons pas être certain que le pétrole et gaz de schiste peuvent être extraits de manière sûre et ainsi, nous devons imposer un moratoire jusqu’à ce que la science évolue. » Andrea Leadsom, suite à l’arrêt de l’extraction de schiste en Angleterre.

«La crise écologique peut devenir une chance. Elle permet de rouvrir les questions sur le sens de notre existence. Est-ce que l’idéal que nous poursuivons est l’IPhone XI désormais connecté à un frigo avec la 5G ?» François Ruffin

Bien que nous ayons d’autres revenus, le seul revenu qui peut faire vivre le pays est l’argent du pétrole.” Hassan Rouhani, président de l’Iran.

Lors d’une conférence des investisseurs en septembre, j’ai prédit qu’en 2020, la croissance pétrolière américaine d’une année sur l’autre serait de 700 000 b/j, ce qui à l’époque était considérablement inférieur au consensus. Avec des données supplémentaires, je pense maintenant que la croissance sera d’environ 400’000 barils par jour. Je note que la production pétrolière américaine est restée pratiquement inchangée pendant 9 des 10 derniers mois, et qu’elle va probablement diminuer au cours des 6 prochains mois.
Mark Pappa, PDG, Centennial Resource Development

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

L’Iran augmente les prix de l’essence. Grosses Manifestations

Pris financièrement à la gorge par les sanctions américaines, le gouvernement iranien s’est résolu à supprimer une partie des 69,2 milliards $ de subventions sur les carburants vendus dans le pays et qui fait de l’essence iranienne la meilleure marché au monde.

Depuis vendredi, un mécanisme en trois axes est entré en force: rationalisation de l’essence, augmentation des prix et redistribution des revenus aux classes les plus pauvres. Ainsi les particuliers pourront acheter 60 litres par mois au nouveau tarif de 15’000 rials au lieu de 10’000 (8 à 13 ct $ le litre). Dès 60 litres, le tarif doublera encore à 30’000 soit 26 ct $ le litre.


 

Redistribution des revenus aux classes les plus pauvres

Même si les revenus seront entièrement redistribués aux ménages les plus pauvres, de nombreuses manifestions ont éclaté à travers le pays. Le président Hassan Rouhani souligne son impuissance : «Bien que nous avons d’autres entrées financières, le seul revenu qui permet au pays d’avancer est le pétrole ».

Mohammad Baqer Nobakht, responsable de ce plan, a annoncé que 60 millions (sur 80 millions) d’Iraniens bénéficieront d’aides financières générées par son système. Un ménage de 5 personnes recevra 18$ (2,05 millions rials). Le gouvernement espère générer pour 2,5 milliards $ de redistributions.

En Iran, le revenu moyen s’élève à 500$/mois. Avec un chômage à 14%, est-ce que cette hausse pourra être absorbée par les citoyens alors que l’augmentation des carburants pourrait impacter d’autres produits et faire grimper l’inflation qui atteint déjà 40%?

 

Le dilemme des Subventions

Au niveau des subsides pétroliers, en 2018 l’Iran détenait la première place mondiale avec 69,2 milliards $ devant l’Arabie Saoudite 44,72 et la Chine 44,44. Ces subsides s’élèvent à plus de 840$ par personne.

Dans les prochains jours, l’acceptation (ou pas) par les citoyens indiquera si ce mécanisme sera maintenu.

Du côté de l’Administration Trump, cet épisode est un élément encourageant et de nouvelles sanctions pourraient venir enfoncer le clou.

 


Malgré les sanctions américaine, la consommation pétrolière interne continue
d’augmenter à 1,87 million de barils/jour.
Entre pertes financières et subventions, cette consommation interne pèse fortement
sur le budget de l’Etat, d’où la décision de vendredi dernier.

 

 

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