Une explosion de Gaz enflamme l’océan du Golfe du Mexique

Un orage pourrait avoir provoqué l’explosion dans un gazoduc sous-marin de l’entreprise mexicaine Pemex le vendredi 2 juillet 2021.

Les impressionnantes images filmées d’un hélicoptère montrent des flammes jaillir de l’eau comme de la lave en fusion. Le gisement se situe dans la péninsule du Yucatan, au large de la bien nommée ville de Tabasco dans la baie de Campeche, Golfe du Mexique.

Le feu a pris naissance dans un oléoduc sous-marin qui se raccorde à une plateforme du gisement pétrolier et gazier “Ku Maloob Zaap.


 

Pemex a réussi a éteindre l’incendie en 5 heures et a confirmé que  “Les turbomachines des installations de production actives de Ku Maloob Zaap ont été touchées par un orage“. Par contre, le mix  d’hydrocarbures en flamme n’est pas connu.

Les employés ont utilisé de l’azote pour maîtriser le feu. Aucun blessé n’a été signalé et la production n’a pas été perturbée par la fuite de gaz qui s’est déclenchée vers 5 h 15, heure locale. Elle a été colmatée vers 10h30. Cependant, il faudra attendre quelques jours pour voir l’étendue des dégâts et si l’amalgames de plateformes pétrolières à proximité pourront continuer les extractions.

 

L’Etat financier de Pemex est désespéré

Le complexe offshore de Ku Maloob Zaap (KMZ) produit du pétrole ainsi que du gaz depuis 1980. Il est entré dans une phase de déclin depuis 2015.

De 800’000 barils par jour, l’extraction a reculé à 640’000  l’année dernière. KMZ est l’un des gisements les plus lucratif pour l’entreprise et représente 40% de la production du pays, c’est dire son importance et cet incident n’est pas la meilleure nouvelle pour l’Etat mexicain.

En effet, Pemex cumule plus de $ 105 milliards de dettes et se trouve en quasi faillite. La remontée actuelle des cours du baril à 76$ avec une prévision à 80 dollars est une bénédiction pour l’entreprise nationale, mais on est encore loin de pouvoir crier victoire.

 

 

 

Le pétrole à 37$ le baril, les majors empilent les dettes

Aujourd’hui, journée spéciale aux USA. Pour l’information et surtout pour l’Histoire: le pétrole se traite à 37$ à New York et 39$ à Londres. Qu’en sera-t-il demain?

En regardant 2020, c’est une parfaite annus horribilis pour les compagnies pétrolières. Les chiffres du 3ème trimestre le démontrent.

En Europe, depuis le coronavirus, les pétroliers et gaziers ont vu leurs capitalisations boursières chuter de 364 milliards $. On comprend la grise-mine des investisseurs. Aux USA, c’est pire. Les 84 faillites ont effacé $ 89 milliards et le montant pourrait grimper à $ 100 milliards avec la deuxième vague de coronavirus. A ce tarif, l’industrie pétrolière n’est pas hyper rentable.


 

Rassurez-vous. Comme les chiffres sont souvent indigestes, une pointe d’humour et du bicarbonate ont été rajoutés pour la digestion.

Avant d’entrer dans les détails, une explication s’impose sur nos majors pétrolières préférées: ExxonMobil, Chevron, Shell et BP.

 

Des dettes, toujours plus de dettes

Les majors accumulent des dettes abyssales. En temps normal, ces dettes sont cautionnées par les réserves pétrolières. Cependant, la probabilité de ne plus pouvoir extraire le pétrole jusqu’à la dernière goutte, inquiète l’industrie, d’autant qu’il faut aller chercher du pétrole de plus en plus cher et de moins en moins bonne qualité.

Paradoxalement, les prix du baril restent proche des 40$, seuil de non rentabilité. Il reste l’espoir de voir grimper les cours à 100$, mais là, c’est l’Economie mondiale qui ne supportera pas le choc.

Afin de continuer à alimenter en cash leurs caisses, tradition oblige, les majors doivent offrir des dividendes quitte à s’endetter encore plus.

L’équation est simple: pas de dividendes, pas d’investisseurs donc pas de forages et surtout plus de chocolat!

 

ExxonMobil

L’américaine, proche de Trump, a annoncé son troisième trimestre négatif consécutif. La perte se monte à 680 millions $ alors que sa production pointe à 3,7 millions de barils de pétrole par jour (-6%). L’année dernière, à même époque, elle annonçait un bénéfice de 3,2 milliards $.

Le No 1 américain surfe sur une dette  $ 69.5 milliards pour un chiffre d’affaires de 260 milliards.

Darren Woods, son PDG, reste droit dans ses bottes. Il va continuer à offrir de larges dividendes et éviter méticuleusement les énergies renouvelables. Ainsi pour maintenir ses dividendes, 14’000 employés, soit le 15 % de son staff, vont prendre la porte. C’est vraiment cool de bosser pour une entreprise pareille, non?

Exxon va également réduire ses investissements de 23 milliards $ à 16 milliards en 2021. Le boss (Darren Woods pas Bruce Springsteen) aimerait réduire de 30 milliards $ les actifs dont la compagnie de gaz de schiste XTO Energy, qui avait été payée 42 milliards en 2009. A l’époque, l’opération avait été qualifiée de deal du siècle. Aujourd’hui, fiasco a remplacé deal.

 

Chevron

Le No 2 américain annonce une perte de $ 207 millions contre 2,6 milliards de bénéfice sur la même période en 2019.

Son PDG, Mike Wirth, concède que le coronavirus n’est pas tendre avec ses objectifs. Comme ExxonMobil, il va licencier 15% de ses employés afin de maintenir les dividendes pour ses actionnaires.

L’entreprise pourrait également vendre des actifs, mais dans cette période de disettes, qui voudrait en acheter ?

Chevron cumule une dette de $ 34 milliards pour un chiffre d’affaires de $ 120 milliards. De ce côté, c’est assez bien.

 

Shell

Ben van Beurden, le PDG, annonce une “nouvelle ère de croissance des dividendes”. Du coup, il a augmenté ses dividendes de 4 % à 16,65 ct.

Là aussi, afin de garder des dividendes, les emplois sont sabrés et les coûts minimisés. Plus de 16’000 postes ont été supprimés ce mois.

A contrario des deux américaines, au 3ème trimestre, Shell a réalisé un bénéfice de $ 955 millions contre 4,8 milliards en 2019. Bel exploit.

Les dettes de Shell se montent actuellement à $ 73,5 milliards. Pour vous imaginez 70 milliards $: cela représente les dettes cumulées d’EDF et Areva avant que l’Etat français n’intervienne. C’est aussi la moitié de la fortune de Jeff Bezos, d’Amazon. Bon là, avec cet exemple, ça paraît tout petit. Mais quand même, ça représente quelques mois de salaire pour un ouvrier moyen.

 

BP

L’entreprise anglaise termine son 3ème trimestre sur un bénéfice de $ 86 millions contre un bénéfice de 2,3 milliards sur la même période l’année passée.

Son PDG, Bernard Looney, a promis d’effectuer un changement stratégique et de devenir zéro carbone d’ici à 2050, mais n’a pas apporté le mode d’emploi pour y arriver.

Contrairement à Exxon, Chevron, Shell ou Saudi Aramco, BP a décidé de couper dans les dividendes. Un crime de lèse majesté dans l’industrie. Mais le changement de paradigme est à saluer.

BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs d’ici à 2025, pour autant qu’elle trouve des acheteurs. Comme pour Shell, BP cumule $ 68 milliards de dettes dont une grande partie à cause de la catastrophe DeepWater Horizon du 23 avril 2010. (lire l’article de 2010)

 

On donnera l’avant dernier mot, au géant pétrolier Russe. Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

Le mot de la fin, on le donnera au nouveau président des Etats-Unis et au coronavirus.

 

 

Marée Noire en Sibérie Russe

Vladimir Poutine a vu rouge comme la rivière Ambarnaïa à Norilsk, dans le territoire de Krasnoïarsk en Sibérie.

Depuis vendredi dernier, plus de 20 millions de litres de diesel se sont déversés dans la rivière Ambarnaïa et son affluent le Daldykan pour provoquer une marée noire qui rappelle la catastrophe du tanker pétrolier Exxon Valdez en 1989, quand 37 millions de litres de brut avaient touché les côtes de l’Alaska.

Le chef des opérations de Norilsk Nickel, Sergei Dyachenko, évoque la fonte du permafrost comme cause de l’accident. En effet, l’un des réservoirs de diesel de la centrale thermique s’est effondré le 29 mai et le groupe aurait tardé à réagir.


En Sibérie en temps normal, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Depuis janvier, il fait chaud. Le mois de mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle avec des températures jusqu’à 30°C. Ces températures anormalement élevées ont certainement dû impacter le permafrost qui a touché ce réservoir.

 

 

Le président s’en est pris aux responsables de l’entreprise Norilsk Nickel qui appartient à NTEK, le plus grand producteur de nickel et de palladium au monde.

«Pourquoi les autorités ont appris cette catastrophe seulement deux jours après ? Pourquoi est-ce que nous apprenons cette situation urgente par les réseaux sociaux ? Est-ce que vous allez bien par là haut ?» a demandé Vladimir Poutine au PDG de NTEK Sergei Lipin (voir vidéo).

 

 

Dans la foulée, le président russe a déclaré l’état d’urgence dans la ville de 180’000 habitants situé à 300 km du cercle Arctique. De nombreux minerais et matières premières se trouvent dans l’étendue perdue de la Sibérie où les possibilités de combattre ces pollutions sont difficiles à entreprendre. Les moyens de transports pour évacuer tout ce diesel n’existent pas et il est compliqué d’y acheminer des camions.

La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le pergélisol. Elle est menacée par la fonte des glaces causée par le changement climatique. Norilsk détient le titre envié de la ville qui émet le plus de le dioxyde de soufre au monde et cette marée noire n’est qu’une pierre de plus dans ses chaussures.

 

Extractions futures de pétrole et de gaz

Cette catastrophe met en exergue la difficulté d’extraire des matières premières dans des lieux reculés et au climat extrême comme en Sibérie ou en Arctique.

Moscou ambitionne d’extraire de plus en plus de pétrole et de gaz dans ces régions et cette marée noire pourrait être un signal d’alarme pour les projets à venir. Il souligne également la fragilité et les dangers des constructions et des installations qui reposent sur le permafrost.