Et si la Banque Nationale Suisse soutenait l’Innovation?

A hauteur de 1,2 milliards €, Bruxelles va participer au financement de la construction de batteries européennes pour les voitures électriques et le stockage d’énergie. L’objectif est de tenter d’endiguer la déferlante chinoise dans ce secteur.

Durant la dernière décennie, à coup de subventions déguisées, la Chine s’était emparée des industries solaire et éolienne mondiales. Aujourd’hui, la perspective de perdre des millions d’emplois dans le secteur automobile fait mouche. La Commission Européenne a dû s’adapter aux nouvelles règles du jeu mondial imposées par Pékin et Washington.


 

L’industrie automobile allemande et française ont tiré la sonnette d’alarme. Pendant que l’Europe prône angéliquement la non intervention de l’Etat dans les marchés, la Chine injecte des milliards pour soutenir les piliers de sa stratégie «Made in China 2025» pendant que Donald Trump implémente avec succès son «Make the America Great Again ».

Comme s’il avait été pris la main dans le sac, le Ministre de l’Economie française Bruno Le Maire a confessé “l’Europe nous a autorisé à verser des aides publiques car il s’agit d’un projet important d’intérêt européen commun qui permet des fonds publics sans contrevenir aux règles européennes sur les aides d’Etat et la concurrence”. On apprécie le zigzag.

Bruxelles va investir 1,2 milliards sur 5 ans. En comparaison, le gouvernement chinois a mis sur la table 4,2 milliards $ depuis 2017, pour acquérir des participations dans des mines de lithium en Amérique Latine. Il n’aura fallu que 55 milliards $ à Pékin pour prendre le contrôle mondial de la chaîne de valeurs des voitures électriques.

 

Entre Libéralisme et Pragmatisme

A l’instar de l’Europe, la doctrine américaine proscrit l’intervention de l’Etat dans les entreprises. Dans la pratique, deux piliers financent l’innovation US: les investisseurs de la Silicone Valley et l’armée américaine. Cette dernière a financé une grande partie des technologies utilisées dans les IPhones.

Le développement actuel des drones-taxis d’Uber Elevate ou de Google est porté par la main invisible… de l’US Army. L’arrivée de Donald Trump a renforcé la complicité entre l’Etat et les entreprises.

Dans le grand jeu de l’innovation mondiale, l’Europe et la Suisse utilisent les anciennes règles, comme si les USA et la Chine jouaient au football avec 15 joueurs et 3 gardiens de but.

En une décennie, le leadership solaire Allemand, Autrichien et Suisse a été abandonné à Pékin. L’intelligence artificielle, la puissance de calculs, le stockage d’énergie, l’énergie nucléaire ne sont déjà plus européens.

 

La Suisse et le financement de ses entreprises

Dans une Economie agile, la rigidité du dogme Suisse dévoile ses limites. Depuis Logitech, combien de start-up peuvent s’enorgueillir d’avoir atteint le milliard $ et d’avoir créé plusieurs centaines d’emplois suisses?

Le système actuel se limite au financement de la recherche, de l’éclosion de start-ups ou de l’accompagnement des PME pour ensuite, faute de financement, se faire piller les joyaux et délocaliser les emplois en Chine ou aux USA.

 

Un Fonds Souverain Suisse

Pour assurer leur croissance, expansion ou développement, les entreprises suisses ne bénéficient de pratiquement aucun soutien financier des banques ou de la Confédération. Cerise sur le gâteau, la Banque Nationale Suisse investi des milliards $ dans les sociétés américaines concurrentes directes des start-ups et des entreprises helvètes.

Trop souvent, la très dynamique industrie suisse, notamment dans les cleantech ou du smart city, doit délocaliser, diminuer ses ambitions ou simplement fermer.

C’est également l’amer constat que fait la Commission Européenne. La perte d’un trop grand nombre d’emplois est une menace sur la stabilité de l’Union. Pour les 4 prochaines années, elle va mettre sur la table 9,1 milliards € pour soutenir ses entreprises innovantes.

En Suisse, les solutions de financement existent. L’une d’entre elles a été apportée par Philipp Hildebrand, ancien directeur de la BNS. Lors du Forum des 100, il a exprimé la possibilité de créer un pool d’actifs souverains publics qui utilise les réserves de la BNS afin d’optimiser l’aide à la transition climatique.

L’idée que la BNS se préoccupe enfin du climat, des emplois et de la santé des entreprises innovantes Suisses parait tout autant logique que subversive. Mais faute d’inflation, n’est-ce justement pas là son actuel destin et son utilité?

 

L’OPEP tente de repousser les prix du pétrole vers 70-80$

La réunion des membres de l’OPEP a entériné une diminution de 1% de l’extraction mondiale de pétrole à -1,2 million de barils par jour. L’objectif est de freiner la chute des cours de 87 à 58$ le baril (-33%) des deux derniers mois pour remonter dans une fourchette de 75 à 85$.

Pour le cartel, cette base devrait permettre des rentrées suffisantes de pétrodollars, de soutenir la croissance pour maintenir la demande de pétrole et de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. A ce petit jeu, chaque pays défend ses propres intérêts.

Ne serait-il pas le moment d’envisager une transition hors des griffes du pétrole?


 

Depuis 2006, les variations extrêmes du baril déstabilisent autant les producteurs que les pays importateurs de pétrole.

C’est la deuxième fois depuis 2014 que l’OPEP doit intervenir de manière aussi vigoureuse. De 100$, les cours étaient descendus à 40$ en quelques mois. Aujourd’hui, la potion magique est la même: réduire l’offre.

Cette fois, ce sont les décisions à l’emporte-pièce de Donald Trump face à l’Iran qui ont totalement déstabilisé l’industrie pétrolière mondiale. D’un embargo total, Washington a lâché du lest à la dernière minute, en vue des élections de mi-mandat.

Dans les faits, Donald Trump terrasse tous les fondamentaux pour imposer sa vision à très court terme et assurer sa prochaine réélection en 2020.

 

Quel est le juste prix du baril ?

Les USA

Donald Trump souhaite des tarifs pétroliers sous la barre des 50$. Cela permet d’offrir à son électeur, Joe America, un carburant bon marché, ainsi que de stimuler l’activité industrielle et l’économie nationale. Ces trois facteurs pourraient lui accorder un second mandat.

Quant aux monstrueux déficits de l’extraction de pétrole de schiste, les Blackrock, JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, UBS, Credit Suisse, etc. sont passés maître pour exporter les pertes américaines à des institutions financières étrangères comme la Banque la Banque Nationale Suisse ou les fonds de pensions des retraités européens.

Qu’importe que le baril soit à 50$ et que les producteurs de schiste perdent des centaines de milliards $. Tant que leurs managers sont massivement payés et que des milliers d’emplois sont générés aux USA, le «Make the America Great Again» triomphe.

Un baril à 50$ permet également de limiter et de contenir l’implémentation des solutions renouvelables dévastatrices pour les énergies fossiles et pour la doctrine Trump.

 


Avant la réunion de l’OPEP, le président Trump a fait pression sur le cartel
dans le but de ne pas diminuer l’offre

 

Les Pays producteurs

Les pays producteurs privilégient un baril entre 70-90$ afin d’équilibrer leurs budgets. Le train de vie de l’Arabie Saoudite nécessite un baril supérieur à 80$. Plus frugale, la Russie, , peut se contenter d’un baril à 43$. Le surplus n’est que confort et bénéfice.

Le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Libye ou le Nigeria prient pour que la fourchette supérieure devienne la norme tant leurs besoins financiers sont importants.

Un baril à 80$ permet également aux pétroliers de pouvoir investir dans l’exploration pétrolière afin de remplacer les gisements qui s’épuisent. Durant cette dernière décennie, les coûts d’extractions sont passés de 5$ le baril à plus de 70$. L’industrie doit forer de plus en plus profond pour extraire du pétrole de moins en moins riche.

 

Les pays importateurs

Comme les membres de l’OPEP, les gouvernements des pays importateurs bénéficient aussi de la bénédiction du pétrole, via des taxes qui génèrent de substantiels revenus. A cet égard, la décision du cartel est une bonne nouvelle. Le montant optimal du baril raisonne le mieux dans la fourchette 80-90$.

Mais attention, au-dessus de 100$, le pétrole détruit tant la croissance économique que la demande de carburants. Comme le montre la crise de 2008, l’Economie est incapable de supporter un baril à plus de 140$.

 

Sortir du pétrole

La décision de l’OPEP de réduire l’offre implique directement la vie de tous les citoyens de la planète. La volonté du cartel de garder l’hégémonie du pétrole sur les autres énergies est compréhensible. Paradoxalement, on retrouve également cette même volonté au sein des pays importateurs.

Cependant, les variations extrêmes des prix du baril doivent nous inciter à effectuer une transition énergétique et une sortie rapide des produits pétroliers. Ces variations sont les premiers effets du peak oil et elles ne vont que s’amplifier, tout comme les changements du climat.

Une première étape pourrait demander l’interdiction de financement de projets pétroliers par les institutions financières publiques. Durant les deux dernières années, les banques françaises ont investi, à l’étranger, plus de 43 milliards € dans le pétrole.

En Suisse, le président de la Confédération, Alain Berset, a annoncé frs 120 millions de francs d’investissements dans les projets de réduction de CO2, majoritairement à l’étranger. Si au lieu d’utiliser les impôts des citoyens, il avait tout simplement régulé les investissements des fonds de pensions des caisses publiques, de l’UBS, du Crédit Suisse ou de la Banque Nationale Suisse, les bénéfices seraient répercutés sur l’entier du pays et pas uniquement aux USA. Cela aurait éventuellement permis à la BNS d’éviter de perdre des milliards $ dans ses investissements pétroliers au pays de Trump.

Combien de temps encore, la poudre de perlimpinpin va-t-elle résister aux turbulences pétrolières?

 

Nucléaire: Toshiba perd 8 milliards $ dans sa rocambolesque aventure américaine

Dans le monde du nucléaire, il n’y a pas que le français Areva qui collectionne les dettes et les cachoteries. Son concurrent japonais, Toshiba, vient de placer la barre encore plus haut!

Le géant japonais pionnier de la TV couleur, des ampoules électriques, d’informatique, de médecine ou des cartes flash se retrouve avec un découvert qui pourrait atteindre 8 milliards $ à cause d’investissements hasardeux dans le nucléaire américain.  Voici son histoire:


Avant son histoire d’amour dans le nucléaire, la direction de Toshiba avait manipulé les comptes pour faire ressortir des bénéfices factices. Poussée par une culture de «bénéfices à tous prix», le miroir s’était cassé en 2015, laissant plus de 1,3 milliard $ sur le carreau.

Avec une année 2016 passée à se refaire une santé, on pensait à un faux pas isolé. Mais à peine remis de ce mauvais rêve, le 27 décembre dernier, le CEO Satoshi Tsunakawa, a dû annoncer une autre mauvaise nouvelle: les pertes de sa rocambolesque aventure nucléaire américaine.

 

Westinghouse: le premier achat

Pour y voir plus clair, remontons de quelques années :

En 2006, dans un élan de générosité, Toshiba posa 5,4 milliards $ sur la table pour acheter le constructeur américain de centrales nucléaires: Westinghouse.

A la surprise générale, ce montant dépassait de 2 fois la deuxième meilleure offre d’achat et représentait 37 fois les profits annuels de l’américain. Le fait d’avoir cassé sa tirelire permettait à l’entreprise de rejoindre General Electric et Areva dans la cours des grands.

Mais dans un deuxième temps, Toshiba avoua son erreur et dévalua la valeur de Westinghouse de $2,3 milliards.

 

Les Années Fukushima

Comme un malheur arrive rarement seul, le tsunami du 11 mars 2011 et la catastrophe de Fukushima Daiichi mirent à mal les envies de constructions nucléaires à travers le monde et les plans du géant japonais.

Maigre consolation pour l’entreprise, deux des trois réacteurs ravagés à Fukushima avaient été construits par Toshiba. C’est logiquement à elle que l’on a confié les travaux de démantèlement et les milliards $ inclus dans le processus.

 

Rebelote avec Stone & Webster

En décembre 2015, alors que la division nucléaire du groupe montrait des résultats financiers inquiétants, les dirigeants ne se démontèrent pas et firent l’acquisition de la compagnie américaine de construction nucléaire Stone & Webster. Evitons de parler prix, dans ce cas c’est un sujet qui fâche.

C’est le 27 décembre 2016, que le CEO  Satoshi Tsunakawa a dû confesser que son aventure nucléaire américaine pourrait coûter plusieurs milliards. Les estimations varient entre 5,4 et 8 milliards.

Visiblement les prévisions de Westinghouse et du nouveau venu, Stone & Webster, furent surévaluées.

 

Make Toshiba great again!

Incapable de payer la douloureuse, Toshiba est face à une série d’options qui pourraient changer radicalement son avenir.

L’option la plus radicale et la plus évidente pour le président Satoshi Tsunakawa serait de fermer le département nucléaire de son entreprise.
Mais le Gouvernement japonais pose son véto. Le démantèlement des 50 centrales nucléaires du pays pourrait coûter plus de 80 milliards sur une période de 40 ans (sans compter Fukushima qui devrait arriver à 70 milliards €).

Jugé stratégique, le Gouvernement de Shinzo Abe veut que cet argent reste dans les mains japonaises.

Il reste à Toshiba la possibilité de revendre Landys & Gyr, l’ex leader Suisse de smart meter acheté 2,3 milliards $ en 2012, sa division d’élévateur ou des unités à forte valeur ajoutée comme sa très lucrative division de Flash Card Memory.

Curieux destin pour cette entreprise dont l’innovation a fait son succès et qui doit vendre tours à tours ses bijoux de famille pour garder un domaine qui lui est contre nature.

 

USA-Chine : Le Combat des Energies Fossiles et Renouvelables

Si Trump fait le pari des énergies fossiles pour stimuler l’Economie et l’emploi US, la Chine, grande consommatrice d’énergies fossiles, table également sur les énergies renouvelables pour créer des emplois et sortir ses villes d’une pollution chronique.

A coup de protectionnisme et de dumping, les deux grandes économies mondiales prennent un chemin opposé. Au final, il devrait y avoir un vainqueur.


Protectionnisme, Dumping et Restriction du marché local

Il y a peine 10 ans, la Chine faisait figure de parent pauvre dans le domaine des énergies renouvelables.

Dans un renversement de situation fulgurant, Pékin a mis sur pieds un programme d’industrialisation imparable notamment en opérant un transfert de technologie gratuit grâce à la naïveté ou/et la cupidité des dirigeants d’entreprises européennes et américaines venus chercher les promesses de croissance.

La stratégie chinoise a été construite sur des bases de protectionnisme, de complication administrative, de dumping et du blocage de son marché interne. De débutant, la Chine a pris le rôle de leader. Il n’est pas étonnant, que Donald Trump soit tenté d’utiliser les mêmes outils pour favoriser les entreprises américaines.

Ainsi les entreprises occidentales parties vers cet eldorado chinois ont été systématiquement vidées de leur savoir-faire puis achevées sur leur propre marché.

L’éclosion des cleatech chinoises ne doit rien au hasard. Le Gouvernement a investi plus de 100 milliards $ par année, le doubles des USA, pour assurer la main mise sur le secteur.

Aujourd’hui, les acteurs chinois sont 9 dans le top 10 au niveau solaire et 5 dans le top 10 mondial dans l’éolien.


Top 10 producteurs photovoltaïques: Monde 2015
Source: RenewableEnergyWorld.com

Créer des emplois et dominer le monde

Les chinois jouent sur plusieurs tableaux : la création d’emplois et la diminution de la pollution bien sûr, mais Pékin table également sur la maîtrise de la production électrique future et l’aspect géopolitique/militaire avec l’achat d’acteurs énergétiques dans les pays clés. A l’image du Moyen-Orient avec le pétrole, la Chine est devenue la puissance géopolitique/électrique mondiale.

En 2016: les chinois ont réalisé 11 acquisitions stratégiques à l’étranger à plus de 1 milliard $ pour un montant total de 32 milliards $ (+ 12 milliards par rapport à 2015). Ainsi des infrastructures en Allemagne, en Egypte en passant par les USA, la production de lithium au Chili pour les voitures électriques, sont passées en mains chinoises.

Sur les 5 plus grands accords énergétiques mondiaux de l’année écoulée, 4 provenaient de Pékin.

De son côté Donald Trump, mise sur le pétrole pour conserver l’hégémonie militaire américaine et reconstruire les infrastructures du pays pour soutenir l’emploi. Le précieux or noir n’a pas son pareil pour alimenter la mobilité des jets, chars, Humvee, porte-avions ou camions. Mais cette stratégie est trop conservative pour avoir une chance de gagner. Si elle a eu son heure de gloire dans les années 50-70, aujourd’hui chaque jour qui passe s’approche du plateau de production.

 

Part de marché des plus grands producteurs éoliens dans le monde: 2015


PRC: Chine     GE: Allemagne     ES: Espagne
Source: RenewableEnergyWorld.com

L’Europe et la Suisse ?

Alors que l’Europe et la Suisse ne possèdent pas/peu de pétrole, elles ont commis l’erreur irréparable d’abandonner à la Chine leurs industries d’énergies renouvelables.

Sous prétexte de liberté de marché et de libre concurrence, à l’opposé des pratiques chinoises et américaines, l’angélisme de Bruxelles et de Berne a laissé perdre des milliers d’emplois et une ressource stratégique cruciale : l’électricité renouvelable.

On parle déjà de la faisabilité technique pour la Chine de livrer de l’électricité à l’Europe.

 

Selon Bloomberg, la Chine va encore investir plus de 363 milliards $ jusqu’en 2020 dans les énergies renouvelables. Trump devrait en faire autant pour les énergies fossiles. Est-ce que ces deux stratégies ne soulignent-elles simplement pas la différence entre un pays qui se trouve sur une pente descendante et l’autre dont les actions ne font que d’augmenter?

Le temps de lire cet article, Pékin a investi 200’000 € dans les énergies renouvelables et la terre s’en porte déjà mieux ! N’est-ce pas là l’essentiel ?

 

Pétrole 2017: Trump, Poutine et l’OPEP

Si les Economies occidentales exigent un prix du pétrole bon marché afin de relancer la croissance, à l’opposé, les pays producteurs misent sur un baril cher pour colmater leurs budgets et soutenir les investissements nécessaires à l’exploitation future d’or noir.

Parmi la myriade de facteurs qui influencent les cours du pétrole, trois acteurs devraient faire l’actualité en 2017: Trump, l’OPEP et la Russie.

Paradoxalement si l’OPEP rêve d’une réduction de l’offre d’au moins 1,8 million de barils par jour (b/j), de son côté @realDonaldTrump aimerait pousser l’extraction pétrolière américaine à un niveau « great again ».

 

Retour au rêve américain des années 50-60

L’arrivée inattendue des sables bitumineux canadiens et du schiste américain ont été en partie responsable de l’écroulement des cours. En 2016 rien qu’aux USA, 114 entreprises pétrolières ont fait faillites engloutissant 74,2 milliards $ pour le grand malheur des investisseurs.
C’est dans cette ambiance morose que l’équipe pétrolière, mise en place par le nouveau président, va tenter de s’appuyer sur le pétrole pour stimuler l’économie et l’emploi comme à la grande époque des années folles.

Sans encore connaître le programme exact, il n’est pas illusoire de penser que les faucons de la nouvelle administration vont s’employer à passer leur temps à détricoter les réglementations d’Obama qui ralentissent l’exploitation des énergies fossiles, et tenter d’élargir les horizons notamment en haute-mer ou en Arctique.

Si le charbon semble être financièrement condamné par le gaz et les énergies renouvelables, les groupes environnementaux vont s’employer à freiner des quatre fers pour retarder les ambitions des puissants lobbies pétroliers.

A force de réduire les salaires, de torturer les sous-traitants, de se débarrasser à la sauvette des produits chimiques et avec les prochaines faveurs promises par Trump, un pétrole à 60$ pourrait devenir le nouveau seuil de rentabilité pour les producteurs de schiste américain. Mais combien de gisements profitables restent-ils avant de s’attaquer aux champs de 2 et 3ème catégorie. La réponse divise.

Quoi qu’il en soit, les USA produisent 8,8 millions b/j (idem à 2014) et consomme plus de 19 millions b/j. Pour combler ce trou, Donald Trump va devoir assurer les importations et trouver de nouveaux partenaires.

Jusqu’où les USA seront-ils prêts à aller pour sécuriser du pétrole en terre étrangère d’autant que la Chine termine de racheter les derniers gisements prometteurs et que les deux tours du World Trade Center n’existent plus?

 

La Russie

Une partie de l’équation pourrait résider en Russie, le nouvel eldorado pétrolier. Le pays posséderait les deux plus grands gisements de pétrole encore à exploiter dont les réservoirs de schiste de Bazhenov en Sibérie ainsi que sous les glaces de l’Arctique.

A Washington, l’intérêt américain est à peine voilé avec l’engagement de Rex Tillerson, ex CEO d’ExxonMobil. Avec la technologie US, les Russes gagneront un temp précieux et la possibilité d’éloigner la Chine de ces ressources énergétiques doit sonner comme une douce musique aux oreilles de Trump. De son côté, ExxonMobil, qui voit sa production pétrolière diminuer d’année en année, tient là une opportunité de redorer son bilan.

Quant à la rivalité Américano-Russe, ne nous méprenons pas. Le mariage énergétique entre les deux superpuissances est déjà consommé. L’uranium russe fait fonctionner la moitié des réacteurs nucléaires civils américains.

Ressources de pétrole de Schiste par pays en milliards de barils
Source: EIA – Financial Time 2016

L’OPEP

A l’opposé de la stratégie américaine, l’OPEP veut réduire de 1,8 million b/j l’offre pétrolière.
Durant les fêtes de Noël, les ministres concernés ont laissé éclater leur enthousiasme sur la faisabilité de cet objectif et de la prochaine remontée des prix. Cependant, il est permis d’avoir certains doutes, car la solidité financière de la majorité de ces pays montre autant d’assurance qu’un concert de Maria Carey 15 minutes avant le réveillon. L’envie de pomper un peu plus pour arrondir les fins de mois est tentante.

Dans ce plan élaboré en décembre par l’Arabie Saoudite, trois pays majeurs de l’OPEP ont reçu un laisser-passer: le Nigeria, la Libye et l’Iran.
Alors que la Libye ne produisait que 300-500’000 barils/jour à l’automne, l’accalmie politique a consolidé le flux qui est brusquement remonté à 600’000 b/j en décembre. Pour autant que les différentes factions s’accommodent de cette situation, le nouvel objectif de 1,1 million pourrait sacrément contrecarrer les plans de Ryad.

Après une année 2016, parsemée d’explosions et de sabotages d’installations pétrolières, le Nigeria retrouve un calme relatif. Si les milices continuent d’être rémunérées, elles pourraient abandonner les explosifs en échange de cash. Là aussi, 300’000 b/j supplémentaires pourraient retrouver les marchés dans les mois qui viennent.

La grande inconnue de l’équation réside en Iran et bien malin qui peut connaître le destin pétrolier 2017 du pays. Après un départ en fanfare et une production en très forte hausse qui friserait les 4 millions b/j, un plateau semble être atteint. Les milliards de dollars nécessaires à la mise à jour des installations et l’apport technologiques des majors internationales se font toujours attendre. Il faudra attendre la prochaine élection présidentielle iranienne du 19 mai et le statu dans sanctions américaines pour y voir un peu plus clair.

 

Une année 2017 passionnante

L’arrivée de l’équipe Trump et les nouvelles synergies entre Russes et Américains pourraient avoir l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Dans l’industrie pétrolière, le dérèglement d’un battement d’aile peut avoir des conséquences inattendues, d’autant que la production mondiale à moyen terme est sur le fil du rasoir.

Avec plus de 50% des champs pétroliers qui ont atteint le peak oil, des investissements d’exploration rabotés à 500 milliards $ (+700 milliards $ en 2014) et de nouvelles découvertes au plus bas depuis 70 ans, on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts une fois que l’engorgement actuel se tarira.

L’année 2017 et les suivantes s’annoncent passionnantes.

Trump: Le Nouveau Plan Marshall Américain

«Make America Great Again.» A l’énoncé de ce slogan, la nostalgie des années 50-60 vient automatiquement à l’esprit. Le plein-emploi, les hauts fourneaux sidérurgiques nécessaires à la construction d’infrastructures géantes et aux courbes infinies des Cadillac qui sillonnaient les rues afin d’afficher sa réussite sociale.

Une époque où le pétrole plafonnait à 2$ le baril, où le charbon et le gaz n’en valaient pas autant. Une époque où King Hubbert n’avait pas encore découvert le peak oil, où les journaux ne parlaient pas de pollution et de réchauffement climatique.

Pour tenter de réaliser ce rêve, Trump va devoir trouver d’énorme quantité d’énergie et de financement pour alimenter les moteurs de la croissance et de l’emploi. La composition de son cabinet témoigne de cette stratégie.


Jusque dans les années 70, les USA étaient le plus grand producteur mondial de pétrole avant de se faire rattraper par le peak oil. Aujourd’hui, Trump ambitionne d’aller chercher les 50 trillions $ de pétrole, de gaz et de charbon qui se trouveraient encore dans le sol US, sur les côtes, dans les océans, dans les réserves naturelles ou en Alaska et de sécuriser les importations avec des alliances stratégiques.

Pour se faire le président Trump a choisi Rex Tillerson, le CEO de la plus grande major pétrolière mondiale : ExxonMobil. Son expérience sera précieuse pour convoiter les champs pétroliers non exploités à travers le monde, notamment en Russie. Sur ce terrain, les américains vont se heurter frontalement aux chinois qui raflent depuis 10 ans toutes opportunités de l’Afrique à l’Amérique du Sud en passant par les USA-eux mêmes.

 

Drill, baby drill

A l’interne, les Agences de l’Energie et de la Protection de l’Environnement ont été mises dans les mains expertes de Scott Pruitt, un lobbyiste pétrolier et climato sceptique virulent et Rick Perry, gouverneur du très pétrolier Etat du Texas.

Les deux hommes vont s’atteler à détricoter et abolir les réglementations mises en place par Obama afin de permettre l’extraction par tous les moyens des dernières gouttes de pétrole, de gaz et de charbon.

 

Le président Trump s’appuie sur le monde de la finance.

Le président s’est tout naturellement tourné vers l’institution financière la plus influente dans le monde de l’énergie : Goldman Sachs.

Ainsi Gary Cohn et Steven Mnuchin auront la tâche de rallier les grandes institutions bancaires afin de financer ce Plan Marshall de l’énergie. Toutes les institutions financières américaines devraient jouer le jeu, même si cette année 70 milliards $ ont été passés dans les comptes “pertes et profits” suite aux faillites dans le schiste et alors que 200 milliards $ se sont évaporés dans la branche pétrolière US depuis la crise de 2014.

Pour compléter le round d’investissements, les institutions étrangères vont être sollicitées et des coups de pouce devraient provenir des financiers les plus actifs dans ce domaine comme la Deutsche Bank, les français BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole.

En Suisse Donald Trump pourra compter sur l’UBS et le Crédit Suisse, acteurs incontournables du schiste et du charbon aux USA, ainsi que sur l’appui inconditionnel et quasi religieux de Jean Studer, Président de la Banque Nationale Suisse (BNS).

La BNS est déjà l’un des plus grand actionnaire mondial d’ExxonMobil. Les actifs de la Banque dans le charbon et le schiste américain se chiffrent en milliards $. Magnifique destin de cet homme politique méconnu des montagnes neuchâteloises qui devient l’un des acteur de la politique énergétique de Washington.

 

Les Révolutions d’Internet et des Energies Renouvelables

Dans sa thèse de doctorat de 2008, Vladimir Poutine, soulignait “l’importance pour la Russie de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières afin de restaurer la puissance mondiale du pays“.

En 2002, la synthèse géostratégique de Robert Ebel soulignait: «Le pétrole alimente plus que les automobiles et les avions. Le pétrole alimente la puissance militaire, les finances nationales et la politique internationale. Il est déterminant pour le bien-être, la sécurité nationale et la puissance internationale pour ceux qu’il le possède et l’inverse pour ceux qui n’en n’ont pas.»

Ces pensées ne datent que de quelques années, mais elles ont été rattrapées par l’émergence stratégique des nouvelles technologies. Quelque soit la volonté de Washington, les énergies renouvelables gérées par l’internet sont en train de bousculer les certitudes, la géopolitique énergétique et les modèles d’affaires.

Si le balancement des USA se confirme, la place sera ouverte aux nations qui sauront en extraire le potentiel et maîtriser ces technologies. La fenêtre d’opportunité ne pourrait durer que 4 ans, mais nombreux sont ceux qui vont vouloir s’y engouffrer.

Là encore, la Chine ainsi que tous les autres pays qui ne possèdent pas de pétrole, ont toutes les cartes en main pour se profiler. La politique de Trump va offrir de magnifiques opportunités pour prendre la place des entreprises américaines ou pour les accueillir sur notre territoire.

Pétrole, Peak Oil, Energies: La Revue Mondiale Novembre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
Monde_Map_Oil– OPEP: Accord surprise sur une baisse de la production
– USA: And the winner is… Donald Trump
– Suisse: Le pays conserve ses records nucléaires
– Chine: une pénurie de charbon en vue
– France: 13 réacteurs nucléaires à l’arrêt
– Canada: Trudeau donne le feu vert pour 2 pipelines pétroliers
– Prix du baril: Il repasse sur la barre des 50$ à Londres


Sympa les membres de l’OPEP. Ils se mettent d’accord sur une diminution de la production juste avant d’écrire cette revue. Le pétrole repasse sur la barre des 50$:  pour être précis  50,45$ à Londres (49,71$ à la fin octobre) et à New York 49.37$  (48.70$ fin octobre).

L’uranium surfe sur une vague qui descend: il ne vous faudra pas plus de 18$ pour acheter une livre de 450 gr (20$ fin octobre).

 

Monde

L’OPEP annonce un accord pour la réduction de la production pétrolière mondiale: -1,2 million barils/jour (b/j). Cela devrait être assez facile, car pratiquement tous les pays ont poussé leur production au max durant les derniers mois. Intuitivement, on pourrait penser que les prix devraient grimper dans les jours/mois à venir. Dans cette équation, la réaction des producteurs de schiste américains sera intéressante tout comme le temps de réaction de votre station service à changer les prix de l’essence.

La conférence sur le climat : COP22 a été lancée le 4 novembre avec l’ombre de Trump et la volonté de la Chine de créer des emplois dans le renouvelable. La conférence s’est terminée deux semaines plus tard. C’est tout. Suite de l’épisode à la COP23.

Majors pétrolières
Ca va mieux pour elles. Shell a annoncé un bénéfice de 1,4 milliard $ au 3ème trimestre après une perte de 6,1 milliards $ à la même époque il y a une année.  BP saute de joie avec 933 millions $ de bénéfice.
Shell pense que le peak de la demande va arriver dans 5 ans alors qu’ExxonMobil prévoit une augmentation de la même demande de 20% d’ici à 2040.

Arctique
En Arctique, les mois d’octobre et de novembre servent traditionnellement à créer de la glace et des banquises. Pas cette année qui pulvérise tous les records (+12 degrés en moyenne) et la glace qui n’arrive pas à se former avec une température légèrement au-dessus de zéro degrés. Mais à part ces légers détails, tout va bien.

2016_11_statu-liberte

USA

Bon, voilà: Trump est Président et Steven Mnuchin, ex Goldman Sachs, ministre des finances. Il pourra retrouver ses potes Mario Draghi de la Banque Européenne et José Manuel Baroso qui a été blanchi de tout soupçon pour avoir rejoint la pieuvre.

Les USA pourraient réduire les impôts des entreprises de 35 à 15%. L’Irlande et le Luxembourg ont le sommeil difficile depuis cette annonce.

Elon Musk (Tesla et SolarCity Corp) a annoncé l’arrivée de tuiles solaires et la batterie de stockage d’énergie solaire pour les particuliers la Powerwall 2.0. Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise propose des tuiles solaires, mais toutes les tentatives ont été des flops. Le dernier en date Dow Chemical qui renonce à sa Powerhouse.

Les centrales nucléaires ferment par manque de rentabilité. Bloomberg confirme que les coûts d’une nouvelle centrale sont 5 fois supérieurs à ceux d’une centrale à gaz. Selon le groupe d’investissement Carlyle Group, si le gouvernement n’insuffle pas des subsides, le nucléaire civil US pourrait disparaître dans 10 ans.

La moitié de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

ExxonMobil est de plus en plus dans l’œil du cyclone concernant ses agissements dans le dénigrement des changements climatiques depuis 1980. Après l’Etat de New York, les journalistes, les environnementalistes, c’est au tour de la famille Rockfeller, en personne, de s’attaquer au plus grand producteur pétrolier américain. Pas sûr que le géant Exxon soit d’aplomb pour combattre son ancien fondateur.

Walmart, la plus grande chaîne de magasin du pays, va produire 50% de son électricité à base de renouvelable d’ici à 2025. L’idée est de réduire les factures d’électricité. Une fois l’installation payée, le kWh produit est proche de zéro ce qui donnera une longueur d’avance par rapport à ses concurrents.

10 jours après l’annonce de Walmart, c’est Microsoft qui annonce l’achat d’une ferme d’éolienne dans le Wyoming pour son data center à Cheyenne. 237 Megawatts sont dans le panier. Il faut juste espérer que les éoliennes ne tournent pas sur Windows.

La production pétrolière 100% Made in America devrait atteindre 8.84 millions b/j en 2016 (9.42 millions en 2015). Les USA consomment 18 millions b/j.

La production de charbon a diminué de 10% en 2015 à 897 millions de tonnes, au plus bas depuis 1986. Les emplois ont diminué de 12% à 66’000 employés. Donald Trump espère faire redémarrer le secteur mais on a beau malaxer les chiffres dans tous les sens, le compte n’est toujours pas bon.

Les compagnies aériennes Delta United et American pourraient payer plus cher leur kérosène si la législation US demande à Colonial Pipeline Co de cesser d’envoyer aux compagnies une qualité dégradée et moins cher de kérosène.

La méga fusion de 32 milliards $ entre General Electric et Baker Hughes dans les domaines des services pétroliers/gaziers arrive au moment où tout patine. C’est ballot. GE parie sur la reprise dans les forages pétroliers et gaziers. Connaissant l’impatience des actionnaires de l’autre côté de l’Atlantique, le CEO va devoir être très diplomatique. GE a également acheté le français Alstom et procédé à des premières vagues de licenciements.

Mississippi Power Co va ouvrir sa centrale à charbon de 58 MW Kemper Project sise à côté de la mine de charbon. C’est la première unité qui utilise le procédé de gazéification ainsi que le stockage de CO2 à cette échelle. Jusque-là tout va bien à part la douloureuse. Devisée à 2,9 milliards $, elle arrive aujourd’hui à 7 milliards $. Il est paradoxal de faire d’une centrale à charbon, une usine à gaz.

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Chine

La production pétrolière chinoise a chuté durant le mois d’octobre à 3,8 million b/j (-11,3% par rapport à octobre 2015). Le plus grand importateur de pétrole mondial tente d’avoir accès aux gisements étrangers via des acquisitions. Les USA, dont les producteurs ne sont pas sous le contrôle du gouvernement, sont une cible privilégiée. Pékin se demande si l’arrivée de Trump ne va pas freiner les acquisitions chinoises dans des entreprises clés.

Selon le plan quinquennal chinois, le pays consommera 2’000 GW d’électricité dont 320 GW (16%) avec le solaire et l’éolien et 110 avec le gaz.

Les coupes dans la production de charbon génèrent des pénuries et forcent Pékin à s’approvisionner en Australie et en Indonésie afin de maintenir la production électrique. L’IEA prévoit que la demande chinoise de charbon devrait augmenter de 214 millions de tonnes durant les 25 prochaines années.

Le prix du charbon a doublé en l’espace de 6 mois ce qui a fait plier Pékin qui relâche ses restrictions sur la production en attendant que le nucléaire et le renouvelable puissent prendre le relais.

Pékin sert la vis sur les achats chinois à l’étranger. Les entreprises et les particuliers ont dépensé plus de 140 milliards $ (dont 40 pour le Suisse Syngenta). Il ne sera plus possible d’investir plus de 10 milliards $ pour des entreprises et 1 milliards $ pour des propriétés immobilières. Le concept est de soutenir la monnaie et d’investir en Chine en priorité. Le même programme que Trump mais un mois avant.

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France

Treize réacteurs nucléaires sont hors circuit.  A cause de la défaillance de certains réacteurs, de contrôles renforcés requis par l’Autorité de sûreté nucléaire ainsi que la découverte de falsifications chez le constructeur Areva, près d’un tiers des réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt.

Les éoliennes et les panneaux solaires qui ont poussé ces dernières années, apportent un supplément de capacité de 1’900 mégawatts par rapport à l’hiver 2015-2016 soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires.

Pékin pourrait investir dans Areva qui est toujours à la ramasse financièrement. A voir si la nouvelle réglementation chinoise va permettre cet accord.

 

Suisse

La Suisse a été à deux doigts de perdre 2 de ses 3 records du monde dans le domaine nucléaire. Grâce au refus du peuple Suisse de mettre à la retraite ses très vieilles centrales nucléaires, l’Helvétie maintient son leadership mondial dans les domaines suivant:
1) la plus vieille centrale nucléaire au monde : Beznau 1 (1969)
2) la cuve de réacteur la plus fissurée avec 900 trous de 5-6 millimètres
3) la quantité per capita de déchets radioactifs balancés dans l’Atlantique en guise de recyclage : 4’420 térabecquerels ont été immergés.

Ce vote démocratique soulage la France qui ne devrait plus entendre les Suisses demander la fermeture de Fessenheim.

La voiture électrique est en train de prendre son élan : 16’814 véhicules sillonnent actuellement le pays. Les prévisions tablent sur 60’000 véhicules d’ici à 2020. Le coût actuel pour un plein varie entre Frs 3.—pour 100 km (2,7 €) à Frs 9.—/100 km (8.1€) avec des bornes publiques.

En provenance de France, deux convois de déchets nucléaires ont été livrés par rail à la Suisse. Va falloir maintenant leur trouver une place, pour les siècles et des siècles. Amen!

Nigeria

Grosse baston entre le Gouvernement et le groupe Niger Delta Avengers qui demande un partage des revenus pétroliers. Ce mois, ils ont fait exploser 3 pipelines dont celui du port de Forcados (200’000 b/j) ainsi que le Bonny Export Terminal d’une capacité de 300’000 b/j.

Le groupe se plaint des attaques de la Navy contre ses raffineries illégales qui opèrent dans le Delta. Le gouvernement est incapable de sécuriser les pipelines qui s’étirent sur des centaines de km. La seule option est de payer ces groupes pour avoir la paix. De plus, 10% de la production se volatilise et une bonne partie du solde sert à faire fonctionner la corruption. Bonne ambiance dans le pays.

La production nigérienne est estimée à 1,84 million b/j en octobre, en forte progression. Le pays pourrait reprendre la première place du plus grand producteur d’Afrique.

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Europe

145’000 voitures électriques ont été vendues en 2015 soit le double de 2014 pour une part de marché de 1%. En 2016, la barre des 200’000 véhicules devrait être franchie.

Allemagne

VW va couper 30’000 emplois. Le constructeur automobile va également tenter de rattraper son retard dans le fabuleux monde de la voiture électrique en construisant une usine consacrée aux batteries et en engageant 9’000 techniciens. La batterie est à la voiture électrique ce que le moteur est à la voiture à essence.

On peut se demander si les techniciens qui ont développé les logiciels «diesel» vont pouvoir utiliser leur savoir-faire en travaillant sur un moyen de traficoter artificiellement l’autonomie des batteries qui devraient être commercialisées d’ici à 2020-2025.

Martin Schulz, Président du Parlement Européen, a démissionné pour tenter de remplacer Angela Merkel à la tête de l’Allemagne. Le sieur Schulz a connu son heure de gloire en soutenant la créativité  de Jean-Claude Junker, l’actuel Président de la Commission Européenne.
M. Junker, alors Ministre de l’Economie du Luxembourg, avait monté un système astucieux pour permettre l’optimalisation fiscale des sociétés internationales. C’est toujours plus rassurant de se savoir gouverné par des gens intègres.

Finlande

Le pays étudie la possibilité d’arrêter toutes ses centrales à charbon d’ici à 2030 afin de réduire les émissions de CO2. Le charbon produit le 7% de l’électricité du pays, contre 45% pour le renouvelable et 34% par le nucléaire. En sachant que 30-40% d’électricité est gaspillé, le défi semble facilement réalisable.

Angleterre

Officiellement la dernière centrale à charbon devrait s’arrêter en 2025. Cependant, pour des raisons économiques, la fin du charbon pourrait déjà intervenir en 2022.

 

Russie

La Banque Centrale Russe est moyennement optimiste sur les prix du baril. Elle le voit à moitié vide ou moitié plein en flirtant vers les 40$ mais ne chutant pas à 30$. Ca, c’était avant la diminution de la production envisagée pour l’OPEP. Le Père-Noël semble venir avant l’heure.

Le Président Poutine a averti la Chancelière Allemande Merkel que l’Ukraine n’achète plus de gaz à la Russie. L’Ukraine va pomper dans ses réserves de diesel surtout si l’hiver est rigoureux.

BP va investir 300 millions $ pour développer de nouveaux projets exploratoires avec Rosneft.

 

Kazakhstan

Le nouveau champ pétrolier de Kashagan produit 52’600 b/j. Pour être financièrement dans les cordes et rembourser les 55 milliards $ d’investissements, il faudrait 75’000 b/j.

2016_04_TTIP_RenardLes Amériques

USA Schiste

La production de pétrole de schiste a atteint 4,518 millions b/j en novembre (4,949 millions b/j en 2015).

La US Chamber’s Institute for 21st Century Energy pense que si le schiste devrait être interdit aux USA, 14,8 millions d’emplois passeraient à la trappe.

Un tremblement de terre d’une magnitude de 5.0 a secoué la ville de Cushing en Oklahoma. Bien que des nouvelles réglementations ont limité les stockages d’eau des forages de schiste dans les sous-sols, la terre n’arrête plus de trembler.

Wall Street semble de moins en moins impressionné par les discours des producteurs de schiste. Après l’annonce de deux bons trimestres, les entreprises ont beaucoup de peine à trouver des fonds.

Ca va nettement mieux du côté d’Occidental Petroleum. La compagnie annonce une perte de 241 millions $ au 3ème trimestre contre une perte de 2,61 milliards $ il y a une année.

Apache Corp a divisé en 2 sa production (270’000 b/J) et annonce une perte de 607 millions $ au 3ème trimestre.

Le point commun entre ces deux entreprises actives dans le schiste et qui perdent des millions?  Elles ont la Banque Nationale Suisse comme investisseur. Là aussi, c’est rassurant de savoir que nos finances sont dans des mains intègres.

 

Venezuela

A court de cash, le gouvernement aimerait couper de 40% ses exportations Petrocaribe. Ce programme, initié par Chavez en 2005, exporte le pétrole à un prix d’ami vers 17 pays d’Amérique Centrale. Les bénéficiaires paient en cash 5 à 50% de la valeur des marchés et le solde dans 25 ans avec un taux d’intérêt de 1%. (Pas convaincu que de remettre un payement qui ne peut pas être fait aujourd’hui à après-demain soit un concept gagnant).

Les entreprises américaines, qui commercent avec le pays, sont en train de passer les dettes dans des comptes «perdus sans espoir d’en revoir la couleur». Le gouvernement n’a plus les moyens de les payer. Les importations ont diminué de 45% durant les 8 premiers mois de l’année et la descente continue.

 

Canada

Justin Trudeau et la ministre de l’environnement, Catherine McKenna, ont proposé de mettre hors service d’ici à 2030, toutes les centrales à charbon du pays.

Justin Trudeau, toujours lui, a donné son accord pour la construction de deux pipelines pour transporter 1 million b/j  de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers Vancouver et aux Wisconsin, USA. Le Kinder Morgan (6,8 milliards C$) se dirigera vers Vancouver et le Enbridge 4.8 milliards C$ ira aux USA.

Le premier ministre canadien se présente, à qui mieux mieux, comme le champion de la lutte contre le changement climatique, blah, blah, blah…  et de l’autre il encourage l’exploitation du pétrole le plus sale qui existe! Schizophrène ?

 

Panama

Les autorités du Canal de Panama ont lancé l’initiative «Environmental Premium Ranking, » afin de favoriser les cargos qui atteignent certains standards environnementaux. Ceux-ci pourront passer plus rapidement à travers le Canal.

 

Brésil

La compagnie nationale Petrobras va baisser les prix des carburants dans le pays. Il y a une année, elle avait augmenté les prix pour retrouver un peu de cash alors qu’elle était en grande difficulté et à deux doigts d’organiser les Jeux Olympiques.

Tiens une autre compagnie qui galère. Petroles Brasileiro SA a perdu 4,9 milliards $ durant le 3ème trimestre.

Shell va investir 10 milliards $ durant les 5 prochaines années pour tenter d’extraire du pétrole au large des côtes et en eau profonde.

 

Argentine

A part le foot, il y a une vie en Argentine. La preuve: le gouvernement projette 4 milliards $ d’investissements pour produire 1’280 MegaWatts avec les énergies propres dans 30 projets éoliens et solaires identifiés.

Plus tôt dans l’année, Buenos Aires avait proposé de garantir un prix de 67,5$ le baril pour les compagnies pétrolières. Arrière toute ! Vu que le baril ne monte plus et que l’initiative coûte un bras, le gouvernement a retiré cette option de la table.

Le gouvernement planifie 1,2 milliard $ pour la construction d’une ligne de chemin de fer afin de transporter le pétrole de schiste du gisement de la Vaca Muerta. La Vaca Muerta est une formation de pétrole et de gaz de schiste située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza. On espère juste que ce gisement ne fasse pas pchitt comme en Pologne.

 

Cuba

Le Général Fidel Castro est décédé.

La compagnie nationale CUPET a mandaté Malbana Energy Ltd. d’Australie pour continuer les explorations de pétrole sur l’île.

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Moyen-Orient

Iran

Roulement de tambour : l’Iran est sur le point d’extraire 4 millions b/j. Il n’en manque que 80’000 pour faire le compte. Qui l’aurait cru il n’y a que quelques mois encore. +230’000 b/j en octobre !

Cependant, l’accord conclus avec l’OPEP demande à l’Iran de se contenter de 3,8 millions b/j. La hausse des prix devraient combler la baisse de production et pour autant que l’Iran limite effectivement sa production. Je parie mon sandwich que Téhéran va passer outre et atteindre ses 4 millions b/j. juste pour le fun et émoustiller l’Arabie Saoudite.

 

Koweït

Pour les 3 prochaines années, le pays va livrer du pétrole à l’Egypte. Dans une passe financière délicate, l’Egypte a vu chuter ses importations de pétrole (très) bon marché de l’Arabie Saoudite.

Avec la hausse des prix des carburants, les taxis égyptiens vont augmenter d’un tiers leurs tarifs.

Il a neigé en Arabie Saoudite

 

Asie

Les USA exportent 98% de light crude (pétrole léger). L’inde et la Chine raffinent 19 millions b/j et uniquement du pétrole lourd. Pas de chance.

Les entreprises d’électricité fonctionnent à plein régime dans la région avec des températures glaciales en Corée, Chine et Kazakhstan. Au début du mois, ce furent des températures très chaudes qui baignaient cette région. Les prix du gaz, de charbon et de diesel, qui servent à cette production, partent à la hausse.

 

Japon

Après Volkswagen, Daimler, General Motors et Jaguard Land Rover, c’est au tour de Toyota et Mazda de se lancer dans les voitures électriques. Ces deux derniers ont trainé les pieds pour se lancer dans ce segment.

Revirement de situation, les deux géants nippons vont construire des usines pour produire des batteries. Aucun des deux ne possède une technologie révolutionnaire et ils ne savent pas s’ils peuvent atteindre le seuil de rentabilité. Toyota s’était illustré dans la voiture hybride, mais le concept est en train de faire long feu.

Après des records de chaleur, il a neigé à Tokyo avec 40 jours d’avance sur la moyenne. La capitale japonaise, habituée à des températures hivernales froides mais pas glaciales, n’avait pas connu d’averses de neige à cette époque de l’année depuis 1962. Un peu comme en Arabie Saoudite.

 

Inde

Le pays à la plus forte croissance en besoin pétrolier au monde voudrait investir 15 milliards $ au Nigeria afin de rapatrier de l’or noir. De son côté, la raffinerie de Essar Oil Ltd a conclu un deal de 13 milliards $ pour du pétrole Vénézuélien. Tant le Venezuela que le Nigeria sont des pays imprévisibles au niveau pétrolier.

New Delhi a dû fermer ses écoles, chantiers, etc. à cause de la pollution et un niveau de 900 microgrammes de particules dans l’air (90 fois le taux limite).

Afin d’augmenter les ventes de son charbon de mauvaise qualité, le gouvernement va diminuer les frais de transports en abaissant le prix des carburants pour ce secteur. Avec la hausse des prix du charbon, l’Inde espère faire entrer de nouvelles devises.

 

Australie

Le groupe français ENGIE a finalement annoncé, jeudi 3 novembre, la fermeture de la centrale à charbon d’Hazelwood, dans le sud du pays. Celle-ci est souvent présentée comme la plus polluante d’Australie, et même l’une des plus sales du monde. La centrale, qui emploie 750 personnes et produit jusqu’à 5 % de l’électricité du pays, cessera de fonctionner le 31 mars 2017.

Le directeur d’Engie en Australie, Alex Keisser, a expliqué dans un communiqué que la centrale n’était plus viable économiquement. «Elle a contribué de manière formidable au marché électrique national, mais nous avons maintenant atteint le point où il n’est plus rentable de la faire fonctionner ». Il faudrait investir «plusieurs centaines de millions de dollars» pour qu’elle soit viable et sûre.

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Afrique

Maroc

A Ouarzazate, le pays est en train de construire la plus grande ferme solaire au monde. Elle sera financée en grande partie par l’Europe et aura une capacité de 160 MW.

 

Angola

En 20016, le pays est devenu le premier pays producteur de pétrole avec 1,7 million b/j devant le Nigeria à 1,5 million. Mais durant les derniers mois, le Nigeria reprend des forces pour repasser sur les 1,8 million b/j.

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Phrases du mois

It’s about 20C warmer than normal over most of the Arctic Ocean, along with cold anomalies of about the same magnitude over north-central Asia…. The extreme behavior of the Arctic in 2016 seems to be in no hurry to quit.
Jennifer Francis, Arctic specialist at Rutgers University

Des améliorations technologiques vont être nécessaires si l’on veut utiliser le gaz sur le long terme notamment pour diminuer les émissions de CO2 et de méthane que génère le gaz.   IEA

La demande pétrolière ne provient pas des voitures, mais des camions, de l’aviation et de l’industrie pétrochimique. Nous n’avons pas d’alternative au pétrole dans ces domaines. Je ne suis pas d’accord avec l’argument que seules les voitures électriques vont créer le peak oil de la demande, au moins pour le moment. Fatih Birol, CEO International Energy Agency (IEA)

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

OPEP, un communiqué qui rapporte des milliards de dollars

Il n’aura pas fallu plus de cinq heures aux membres de l’OPEP pour se mettre d’accord sur le contenu du communiqué de presse diffusé à l’issue de la rencontre. L’annonce de la diminution de la production pétrolière a surpris.

Ce communiqué poursuit un effet double:

1. Eviter que le prix du baril de pétrole ne repasse sous la barre des 40$

2. Faire monter artificiellement les cours afin de soutenir les économies des 14 pays producteurs du cartel.
Stratégiquement, l’OPEP a réussi un coup de maître.


A regarder de plus prêt, l’annonce «de mettre sur pied une commission qui va étudier l’éventualité que certains pays diminuent leur production pétrolière» est magistrale.

Chacun connaît le rôle inutile et alibi d’une commission. Cependant, cette proposition fait planer un certain doute parmi les traders qui seraient tentés de miser sur une baisse des cours. Cette épée de Damoclès pourrait garantir de rester, à minima, sur la barre des 40$. Elle oblige les entreprises de négoce à tabler dès maintenant sur un futur qui pointe irrémédiablement vers une hausse des cours.

Pour les traders, aller à contre-sens, alors que les bonus de fin d’année commencent à entrer en jeux, relève du génie ou d’un burn out.

Pousser rapidement le baril sur les 50$

Si il est plausible d’imaginer que le baril ne va pas remonter immédiatement à 100$, il pourrait graduellement entrer dans la zone des 50-60$ durant 2017.

A l’instant, les marchés sont toujours préoccupés par la surproduction, même si la différence entre l’offre et la demande tend gentiment mais sûrement à s’estomper. Elle avoisine les 700’000 barils/jour alors qu’elle dépassait le million en début d’année.

La réduction massive des investissements a quasiment stoppé l’émergence de tout nouveaux gisements nécessaires à compenser ceux qui arrivent en fin de vie tandis que les forages d’un coût de production supérieur à 50$ attendent leur heure pour être activé.

L’Agence Internationale de l’Energie prévoit le croisement des courbes courant 2017 et allume les voyants au rouge dès 2020 à cause de la chute stratosphérique des investissements actuels. Du jamais vu en 70 ans.  (voir le graphique ci-dessous)

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Dans l’immédiat, la stratégie de l’OPEP est de gagner du temps et de faire monter rapidement les cours aux niveaux attendus de 2017. Au bord du gouffre, le Venezuela, le Nigeria, l’Irak, la Libye ont besoin d’entrées financières urgentes pour alimenter leurs budgets. De son côté, après des années de frustrations et de disettes, l’Iran trépigne.

Changement de business models

Le talon d’Achille des producteurs est l’absence totale de coordination de la production suite à la défection de l’Arabie Saoudite qui a tenu ce rôle durant des années.

A l’image d’Uber ou d’AirBnB, l’arrivée du schiste américain et des énergies renouvelables ont rendu obsolète les business models de l’industrie. Les majors pétrolières dont l’objectif premier est de générer du cash (l’extraction du pétrole n’est qu’un moyen pour arriver à ce but) naviguent dans un océan inconnu. Pour n’avoir pas vu arriver cette vague, tout ce beau monde se trouve aujourd’hui endetté ou en faillite.

Leur redressement va s’effectuer grâce à la remontée des cours du baril. Mais qui dit entrée de devises, dit sortie de devises. Pas sûr que la santé de l’Economie mondiale puisse se permettre de recommencer à transférer des milliards $ dans les caisses des pays producteurs.

2,7 milliards $ pour chaque $ gagné

Les pays et les citoyens qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui auront débuté à se découpler du pétrole. Pour les autres, les promesses politiques, les leurres des lobby ou les tours de passe-passe des banques centrales, n’auront qu’un goût amer.

En attendant, les membres de l’OPEP ne peuvent que contempler leur succès. A ce rythme, 17 milliards $* supplémentaires pourrraient transiter des pays consommateurs vers les producteurs de pétrole d’ici à la fin décembre.


*une variation de +1$ du baril augmente les revenus de 2,7 milliards $/mois pour les pays producteurs de pétrole. L’augmentation de 2$ depuis l’annonce, si maintenue jusqu’à la fin décembre, représentera une plus-value de 17 milliards $.

Energies et Economie: Revue Mondiale Septembre 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– L’OPEP: Un accord qui rapporte des milliards $
– Angleterre: Ok pour la centrale nucléaire de Hinkley Point
– Allemagne: Le pays se lance dans la voiture électrique
– Inde: La consommation d’essence explose grâce aux voitures
– USA: Garry Johnson: champion du monde des candidats
– Iran: Bientôt 4 millions de barils/jour. Une prouesse
– Afrique: Les Négociants écoulent leur pétrole sale


Depuis l’annonce de l’OPEP, le pétrole a repris des couleurs et de l’altitude. Il termine à 49,24$ à Londres (48.37$ à la fin août) et à New York 47.83$  (46.35$ fin août).

L’uranium fait comme Angelina et Brad Pitt. Il chute: 23.75$  (25.25$ fin août).

Monde

L’OPEP a annoncé qu’elle allait former un groupe de travail pour étudier une baisse de la production de 700’000 b/j.  Le baril a augmenté de 2$ sur la nouvelle. Si le baril garde ces 2$ durant les 30 prochains jours, ce joli coup médiatique permettra aux producteurs d’empocher 6 milliards $ de plus. Certainement la campagne de public relation la plus lucrative de l’année.

Les émanations fugitives de méthane et d’éthane des forages pétroliers et gaziers de schiste sont nettement plus importantes que les publications de l’industrie. Toute similitude avec les constructeurs automobiles n’est que fortuite. Le méthane est 86 fois plus virulent que le CO2 durant sa vie (20 ans). Le gaz de schiste est plus polluant que le charbon.

En 2016, la croissance du commerce mondial sera la plus lente depuis la crise de 2008. L’OMC l’évalue à 1,7% contre 2,8% en avril. Le PIB devrait progresser de 2,2%.

 

Europe toujours avec l’Angleterre

Après un mois de septembre qui a vu les températures dépasser entre 1 et 3,5 degrés la moyenne, l’Europe a paraphrasé l’accord sur le Climat de Paris.

France

L’américain Chesapeaker Energy a vendu des forages de schistes dans le champ de Barnett aux USA au groupe Total. Le champ de Barnett a été fortement exploité et se trouve sur la pente descendante. Il offre des opportunités d’achats pour les majors en quête de gaz.

Pour qu’EDF puisse retrouver ses billes dans le nouveau chantier nucléaire Anglais de Hinkley Point, les deux centrales EPR devront être terminées au plus tard en 2029 avec un dépassement de coûts de 30% maximum. Le PDG d’EDF, qui sera à la retraite d’ici là, pense pourvoir y arriver et du coup il touche un bonus en passant sur la case start et évite, pour l’instant, la case prison.

La voiture française Venturi VBB-3 est devenue aux Etats-Unis la voiture électrique la plus rapide du monde en atteignant une vitesse de pointe de 576 km/h.

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Suisse

Meyer Burger, le fabricant de scies de silicium et de panneaux solaires va biffer 250 emplois sur ses 1’500.

Il n’aura fallu que 4 mois, après une votation qui autorise les entreprises publiques à réaliser des bénéfices et accorder des salaires paradisiaques aux dirigeants, pour que les Chemins de Fer Suisses annoncent: une augmentation de 230 € du forfait annuel, la suppression de 1’400 postes et la confirmation du salaire de son Directeur, Andreas Meyer à 1,05 millions frs. Si tous ceux qui râlent sur les réseaux sociaux avaient votés, la situation serait peut-être différente aujourd’hui.

Les hommes politiques font preuve de générosité. Ils viennent de sucrer le coeur de la stratégie de transition énergétique suisse « Energie 2050 » afin de laisser les prochaines générations régler le problème du climat pour eux.

40 milliards Frs. Ce serait le coût d’un accident nucléaire en Suisse selon le Conseil Fédéral. Le coût des mesures à court terme, s’entend. Pour les années suivantes, on ne sait pas trop. Paradoxalement, le Conseil Fédéral a fixé à Frs 2 milliards le montant a assuré par réacteur en cas de catastrophe.

Tiens, l’action de la Banque Nationale Suisse a bondi de Frs 1017 à 1700.–. La BNS traine toujours ses milliards $ investis dans les entreprises de schiste aux USA.

 

Angleterre

La première ministre a autorisé la construction de deux centrales nucléaires par EDF à Hinkley Point. L’Angleterre offre une subvention de 30 milliards $ sur 35 ans ainsi qu’une aide financière qui double le prix de l’électricité actuel.

Les chinois, coréens et américains proposent également la construction de leurs propres réacteurs sur le sol anglais. Le Royaume, qui a libéralisé son marché de l’électricité, pourrait devenir un centre de test pour les nouvelles centrales nucléaires. Cela devrait simplifier les synergies en cas de catastrophe.

La plus grande éolienne du monde a été installée dans la baie de Liverpool à Burbo Bank. L’installation a été commandée par le danois Dong Energy. La turbine de 8MW de Vestas mesure 195 m de haut. Son doux nom : Vestas V164-8.0MW. Dong Energy vise un coût de 10 ct €uro le kWh amorti sur 15 ans seulement. Une éolienne a une durée de vie de 20-25 ans.

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La plus grande éolienne du monde

Russie

Le prix relativement bas du baril continue de créer des ravages dans l’économie russe. Moscow songe à privatiser son principal producteur pétrolier Rosneft afin de faire entrer du cash dans ses caisses.

Les responsables de la communication de la Russie et de l’Arabie Saoudite ont bien compris le mécanisme. Il suffit d’annoncer que les deux pays sont en négociation pour geler la production pétrolière pour que le baril grimpe. Un mois avant la rencontre de l’OPEP les deux compagnons ont fait courir le bruit de discussions. Résultat: +2$ pour le baril soit 6 milliards $ de plus-value durant le mois pour les producteurs pétroliers.

 

Allemagne

Après avoir découvert que les ingénieurs allemands passent autant de temps à construire leurs voitures qu’à d’inventer des systèmes pour contourner les tests anti-pollutions qu’ils ont eux-mêmes mis au point, les voilà qu’ils se lancent à 100 à l’heure dans la voiture électrique.

Au salon de Paris, Mercedes annonce pour 2020 sa première voiture électrique : Generation EQ. Elle devrait être commercialisée aux environs de 50’000$. De son côté VW aimerait lancer son nouveau modèle électrique la I.D, en-dessous de 30’000 $, d’une autonomie de plus de 500 km. VW n’a pas annoncé comment l’entreprise allait calculer l’autonomie de ses véhicules mais on peut leur faire confiance! Lancement 2020. Tesla a quelques longueurs d’avance.

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La Mercedes Electrique EQ disponible en 2020

Les Amériques

Make America Great Again

L’industrie solaire a installé 2’051 MW d’avril à juin 2016 aux USA. C’est le onzième trimestre d’affilé qui voit une augmentation sur l’autre. Les prix du solaire ont diminué de 60% depuis 2010.

La nouvelle Chevy Bolt, General Motors, sera la grande rivale de la nouvelle Tesla. Plus de 300 km d’autonomie pour 37’000$. Arrivée sur les marchés : début 2017. En Europe, c’est sous la marque Opel Ampera qu’elle sera commercialisée.

Le procureur général de l’Etat de New York, Eric Schneidermann, enquête sur les raisons qui ont poussé Exxon Mobil à ne pas divulguer à ses actionnaires les impacts financiers sur l’entreprise du changement climatique. L’entreprise avait identifié ce problème depuis les années 80.

Proterra a dévoilé un nouveau bus électrique capable de rouler pendant 950 km avec une seule recharge. Bon, il trimballe une plombe de batterie, mais bel exploit. Le Catalyst E2 sera capable d’être utilisé pour les transports urbains avec une version remastorisée d’une autonomie de 500 km.

La Californie en rajoute. Déjà sur le point d’atteindre ses objectifs de réduction de CO2 prévu en 2020, le Gouverneur Jerry Brown propose de réduire de 40% les émissions de CO2 pour 2030 (basé sur l’année 1990). L’industrie et les républicains prévoient la fin du monde, mais ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.

La vague de faillites pétrolières américaines diminue mais ne tarit pas. Debtwire a publié une liste de 180 entreprises qui pendent en-dessus du vide. Au fond du ravin, il y a déjà plus de 90 entreprises qui ont laissé pour plus de 100 milliards $ de dettes.

Dans la série, les candidats à l’élection présidentielle américaine sont formidables, Gary Johnson, crédité de 12% dans les intentions de votes est sans conteste le Champion du Monde toute catégorie. Il dépasse même le fils Bush. Le voici incapable de nommer le moindre dirigeant étranger, après avoir, il y a trois semaines, ne pas connaître la ville d’Alep en Syrie. On reste comme lui, sans voix.

Schiste
Le nombre de forages de pétrole de schiste creusés mais non activés s’élève à 4’117 dans les 4 régions majeures (Bakken, Eagle Ford, Niobrara et Permian) et 914 de gaz de schiste (Utica, Mercellus et Haynesville).

Enbridge rachète Spectra Energy pour 28 milliards $. La capitalisation d’Enbridge grimpe à 127 milliards $ et devient too big to fail. Et quand on est dans ce cas, c’est que l’on est too big.

 

Venezuela

Le pays est en voie d’effondrement. Il a émis pour 110 milliards $ d’obligations financières qui pourraient disparaître en même temps que le pays s’écroule. La Chine aurait mis 60 milliards $ dans la corbeille de mariage en échange de pétrole.

 

Argentine

Selon le CEO de BP, Bob Dudley, l’Argentine pourrait être le nouvel eldorado du pétrole de schiste. Le bassin de la Vaca Muerta située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza semble prometteur.

 

Asie

Chine

Bien que la Chine dépende à 77% du charbon pour produire son électricité, le pays est en train de faire des efforts impressionnants pour reverdir le tout.  Après le solaire, le pays est en passe de devenir le No1 mondial de l’éolien. Cinq des 10 plus grandes entreprises sont déjà chinoises. La Chine se positionne comme le leader mondial du renouvelable et l’acteur incontournable dans le changement climatique. Qui l’aurait cru il y a 10 ans de cela ?

Pékin a décidé de ne plus supporter à n’importe quel prix les exploitants de pétrole et préfère s’alimenter sur les marchés internationaux moins chers. Ainsi, pour des raisons financières, la Chine a atteint, pour l’instant, son peak oil en 2015. En août, la Chine a produit 3.9 millions b/j (-8,9% par rapport à août 2015) et importé 7,77 millions b/j.

La Chine a diminué ses importations afin de combler sa réserve stratégique. Des questions de stockage pourraient freiner le processus. De nouveaux réservoirs pourraient être prêts d’ici la fin de l’année ou début 2017. La Chine possède une réserve pétrolière de 30 jours.

La nouvelle ligne de train rapide entre Zhengzhou et Xuzhou s’ajoute au 20’000 km déjà installé à travers le pays. Sur le tronçon de 360 km est traversé en un tout petit peu plus d’une heure. Les chinois sont devenus maitre dans l’installation de train ultra rapide.

 

Inde

La consommation d’essence est en train d’exploser en Inde. Le remplacement des motos par des voitures fait un tabac. Celui qui ne considère pas sa voiture comme un symbole de réussite a le droit de lancer la première pierre. Bon an mal an, la consommation est passée de 480’000 barils/jour en août 2015 à 550’000 barils/jours ce mois d’août. Cela représente 8,745 millions de litres par jour ou 2,6 milliards de litres par mois. Là, c’est déjà plus impressionnant. L’Inde est en train de compenser la baisse d’appétit de la Chine.

L’Inde a instauré une limitation de construction de nouvelle centrale à charbon. Cette limitation n’est pas due uniquement à des considérations environnementales car une partie des centrales est sous utilisée.

 

Kazakhstan

Il aura fallu 16 ans et engloutir 50 milliards $ pour que le champ pétrolier de Kashagan puisse débuter sa production commerciale. Il faudra encore 10 ans pour délivrer tout son potentiel.  L’Italien Eni SpA, Shell et Total ont mis l’argent sur la table et 370’000 barils/jour devraient être extraits chaque jour dès l’année prochaine. Peut-être que d’ici là, le prix du baril aura repris l’ascenseur.

 

Japon

Depuis la catastrophe de Fukushima, mars 2011, et l’arrêt de toutes les centrales du pays, le gouvernement a réussi à donner le feu vert pour 5 centrales. Pour le moment 3 centrales sont en activité. 21 autres centrales vont demander la remise en service avec la construction d’une nouvelle centrale.

Bande Annonce du Film: DeepWater Horizon sur la catastrophe pétrolière. Sortie 12 octobre 2016

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Le royaume a repris la première place mondiale devant les USA pour la production pétrolière.

 

Iran

La production a touché les 3,65 millions b/j en août, pas très loin de l’objectif de 4 millions. C’est une prouesse réalisée par Téhéran. L’Inde semble apprécier ce partenariat et gobe 600’000 b/j. mais à des tarifs préférentiels.

Ironiquement, alors que l’Iran devient l’un des plus grand exportateur de pétrole, le pays croule sous la chaleur du réchauffement climatique. Une partie du pays est sur le point de devenir inhabitable dans les 10-20 années à venir à cause des températures exécrables. Le manque d’eau et l’asséchement des nappes phréatiques deviennent des problèmes majeurs du Moyen-Orient et tous ces pays vont devoir y faire face.

 

Irak

La production irakienne continue sa progression alors que son or noir est l’un des meilleur marché à extraire. Un baril à 40$ permet de retirer de juteux bénéfices.

Le grain de sable se situe au niveau de la relation entre les Kurdes et Bagdad. Les premiers désirent créer leur pays et garder les revenus pétroliers. Même la ville de Kirkuk (région pétrolière) désire rejoindre les kurdes. Bref, c’est compliqué et on pourra en parler le mois prochain.

 

Afrique

Les sociétés de négoce pétrolières basées en Suisse ont trouvé un moyen économiquement juteux pour déverser les résidus pétroliers invendables en Europe. Ils les mélangent aux carburants vendus en Afrique. Profit :1-2 centimes € par litre. Vous voulez certainement connaître le nom des directeurs qui dirigent ces compagnies et qui « approve this method » : Vitol CEO Ian Taylor, Trafigura  CEO Jeremy Weir, Addax&Oryx CEO François Jaclot  et Lynx Energy Président Cyrille Costes.

 

Nigeria

La milice Niger Detal Justice Mandate a fait exploser un pipeline important. Son objectif est de diminuer les capacités de production du pays pour forcer le gouvernement à partager les revenus.

Le plus grand producteur pétrolier d’Afrique se trouve dans une situation économique très tendue et sa note de crédit a été passé au niveau : junk.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

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Les Banques passent du green washing à la réalité

jean-studer-christian-brun1Depuis la chute des prix du baril, les compagnies pétrolières ont diminué de plus de 500 milliards $ leurs investissements. Ce montant devrait doubler d’ici à 2020 selon Wood Mackenzie, la référence américaine dans l’analyse pétrolière.

Le yoyo des prix du baril (de 100$-27$-50$) ont mis les investisseurs et les banquiers face à de lourdes pertes.

Comme un chat échaudé craint l’eau froide, le robinet financier, dans les productions les plus onéreuses et risquées comme le schiste, le offshore ou les sables bitumineux canadiens, se ferme.

 

Les Banques profitent de la crise pour changer de stratégie

Depuis la Conférence sur le Climat, COP21 de Paris, et sous la pression des actionnaires, plusieurs fonds d’investissements et certaines banques ont pris l’initiative de diminuer leurs expositions aux énergies fossiles.

Les mentalités tendent à changer au niveau des CEO des grandes banques et des institutions financières. Alors qu’elles ne misaient que sur du greenwashing pour redorer leur blason, certaines profitent de la crise pétrolière pour passer à une étape supérieure.

La Deutsche Bank, championne des financements dans le charbon de 2013 à 2015 avec de plus de 7 milliards $ a annoncé, en mars, qu’elle allait sortir des investissements et dettes dans le domaine des mines et de l’exploitation charbonnière.

Citigroup avec ses 24 milliards $ d’investissements dans l’industrie du charbon se dit «supporter la transition vers une économie allégée en carbone et de continuer ses efforts pour réduire son exposition financière dans le secteur minier».

JP Mogran Chase tenait le haut du pavé pour les financements du pétrole extrême dans le offshore, les sables bitumineux ou le schiste avec 38 milliards $ entre 2013-2015. La Banque américaine emboite le pas avec l’arrêt du financement de nouvelles exploitations minières mais tout en restant dans les anciennes. Les bonnes intentions ont certaines limites.

Banque_Charbon

Les Banques réfractaires

Quant à la Banque Nationale Suisse, elle a utilisé l’argent de ses citoyens pour injecter 3 milliards $ dans le charbon, le gaz et le pétrole de schiste aux USA. Cette politique de placement est d’autant plus surprenante qu’elle se heurte au code éthique de l’institution.

Lors de la dernière assemblée générale en avril, son président Jean Studer (photo), a préféré jouer à l’autruche en refusant de répondre aux demandes des actionnaires sur l’implication de sa banque dans les énergies dangereuses pour l’environnement. Mais les pertes abyssales de la BNS, réalisées dans ce domaine, vont être difficilement justifiables face aux cantons actionnaires en manque d’argent.

Les deux autres géants suisse que sont l’UBS et le Crédit Suisse restent toujours encrés dans le fossile, mais les performances négatives du fossile pourraient faire pencher la balance.

 

Influencer Google comme stratégie

En faisant des recherches sur Google sur l’implication de ces banques dans leurs investissements fossiles, les résultats témoignent des efforts fournis par les responsables de communication pour influencer artificiellement les moteurs de recherche.

Cette couche artificielle de vernis vert est déjà une étape mais elle sonne de plus en plus faux aux oreilles des actionnaires et de leurs clients surtout que les pertes s’accumulent même si le baril a repris 95% depuis le début de l’année.

 

La baisse des investissements va faire remonter les prix du baril

Pour l’année à venir, la production pétrolière mondiale devrait diminuer de 4% (-3,6 millions barils/jour) et annihiler le surplus actuel pour retendre les prix sur les marchés et peser sur la croissance mondiale.

En 2016, ExxonMobil ne va investir que 23 milliards $ (42,5 milliards en 2013).
Chevron suit la même tendance avec 23 milliards $ en 2016 (41.9 en 2013) et le mouvement est identique à travers le monde.

Même si les prix tutoient la barre des 50$, la sagesse va certainement pousser les majors à attendre pour voir, d’autant qu’elles ont intérêt à ce que la pénurie à venir pousse les prix vers de nouveaux sommets.

D’ici là, de plus en plus de banques devraient annoncer leur sortie du fossile à moins que la perspective de nouveaux profits les confinent à jouer avec Google.