Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet – Août 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Australie: Une ferme solaire géante pour vendre l’électricité à … Singapour
– Automobile: TESLA, Nikola, Nio explosent leurs valeurs boursières
– USA: Delta Airlines avait acheté une raffinerie pour son propre kérosène: gros flop!
– France: Le lobby automobile censure une publicité pour un vélo électrique
– Norvège: Transition de la compagnie pétrolière en compagnie énergétique
– Ile Maurice: Grosse marée noire par un tanker japonnais
– Alaska: Le permafrost se réchauffe, une compagnie pétrolière veut le refroidir.


(Deux mois c’est… long. Cette version est abrégée, mais pour les courageux, vous retrouvez l’entier de la revue sur 2000Watts.org)

Installez-vous confortablement, ça commence!

Calme assez plat pour le baril. Il semble que durant les vacances, le pétrole soit parti en vacances. Certains l’ont aperçu sur les plages de l’Île Maurice alors qu’il n’avait rien n’a y faire là!

A Londres, le Brent est allé se coucher à $45,53 ($41,75 fin juin) et à New York, il attend, avec impatience, le nom du nouveau président. Il passe la barre des 40 à 42,81 ($39,07 fin juin).

 

 Graphique du mois
La Bourse atteint des records


Graphique Nasdaq. Investir.ch, commentaires Thomas Veillet

 

Marée noire

Le tanker pétrolier de l’armateur japonnais Nagashiki Shipping, le MV Wakashio, s’est échoué sur un récif de l’île Maurice et a déversé 1 million de litres de fioul sur les côtes et les plages touristiques.

Au total, le vraquier contenait 3,8 millions de litres et une grande partie de sa cargaison a pu être retirée des cales avant qu’il ne se scinde en deux.

Les 2/3 avant de l’épave ont été amenés en haute mer pour être sabordés avec les 90’000 litres restants. En logique financière, il est plus efficace de couler un bateau au large que de nettoyer les côtes.

 

Pétrole

A l’image du fromage Emmental, le monde dénombre 55’350 forages pétroliers dans sa croute, au plus bas depuis l’an 2000 et -23% (71’946) par rapport à 2019 selon Rystad Energy. L’agence norvégienne n’anticipe pas une prochaine remontada avant 2025 (certainement à cause du départ de Leo Messi de Barcelone).

Depuis l’attaque du coronavirus, 7 des plus grandes majors pétrolières (BP, Shell, Chevron, Total, Repsol, Eni, Equinor) ont diminué de 87 milliards $ la valeur de leurs actifs (Lire: Le Dilemme des Compagnies Pétrolières).

 

OPEP

En 2019, les membres de l’OPEP ont généré pour 564,9 milliards $ de ventes de pétrole contre 692,3 milliards en 2018. Imaginons que l’on puisse se passer de pétrole et de clubs de foot, que pourraient bien faire les pays importateurs avec une cagnotte de 600 milliards $ par an?

Cette année, la demande pétrolière devrait chuter à 91,9 millions b/j loin de la barre des 100 de 2019 selon l’Agence Internationale de l’Energie.

 

Finance

Wall Street suit à la lettre les recommandations de santé et garde une grande distance avec la … réalité.

Le Nasdaq (technologie) bat record sur record et le S&P500 (entreprise) termine au plus haut de tous les temps ce qui permet aux 12 plus gros milliardaires de cumuler 1’000 milliards $. Les plans de soutien, les injections de liquidité par les banques centrales et les taux zéros déversent des milliards là où il n’y a pas besoin.

La crise de 2008 avait favorisé les Banques, la crise de cette année, c’est le shadow banking qui touche le jackpot. La confiscation des richesses par les riches conduira-t-elle pas à une évolution ou une révolution?


Evolution de la richesse des 12 personnes les plus riches de la planète
entre mars et août 2020, en milliards $

 

Climat

La hausse de la concentration de CO2 est 10 fois plus rapide que lors des périodes de réchauffement précédentes sur 800’000 ans selon une étude de l’Université de Berne, Suisse.

En outre, la hausse historique la plus importante était de 15 ppm (parts par million) alors qu’aujourd’hui, cette hausse est réalisée en 6 ans !

 

Automobile électrique

Le monde automobile électrique et la bourse marchent sur la tête. TESLA, qui n’a vendu que 100’000 voitures au deuxième trimestre, a vu sa capitalisation boursière grimper à plus de 410 milliards $ soit presque 6 fois sa valeur avant l’arrivée du coronavirus.

Du côté de NIO, le constructeur chinois vaut 8 milliards $ alors qu’ils n’ont vendu que 14’000 voitures électriques. Workhorse vaut 1,2 milliards $ (+1’200%) depuis mars n’a pas encore vendu de voitures et Nikola atteint les 18 milliards $ (+350%) avec zéro vente au compteur.

 

 

Le top 3 du Hit Parade

Australie

Le gouvernement se lance dans l’Australia-ASEAN Power Link, qui est l’un des projets de renouvelable parmi les plus ambitieux dans le monde, d’où la première place dans ce classement.

Ainsi, des panneaux photovoltaïques vont générer de l’électricité, qui sera revendue à Singapour, à travers un câble sous-marin de plus de 4’000 km. Sur la distance, les pertes sont estimées entre 4 et 10%. D’un coût de 16 milliards $, il pourrait être en opération dès 2027 pour 3’000 GW soit l’équivalent de 9 millions de toits solaires. Durant la construction 1’500 emplois seront créés et 350 durant les opérations. Actuellement, le plus long câble électrique, en construction se trouve entre la Norvège et l’Angleterre. Il entrera en fonction dès l’année prochaine.

Le gouvernement de New South Wales a approuvé la construction, pour 12,8 milliards $, d’une installation à hydrogène afin d’approvisionner Sydney dès 2025. Les énergies propres produiront l’hydrogène pour alimenter les véhicules et les besoins électriques des habitations afin de couvrir les 10% des besoins en électricité. Là aussi, il est question d’emplois et d’indépendance par rapport aux voitures électriques chinoises.

 

Etats-Unis

Les élections américaines impactent non seulement les américains mais également le reste du monde. Du côté des démocrates, Kamala Harris est à un battement de coeur de Joe Biden de devenir la première femme présidente. Pour cette rubrique mensuelle, Trump ou Biden fera l’affaire car ils sont tous les deux une source inépuisable de pataquès en tout genre.

L’extraction pétrolière américaine a touché son pic avec 13 millions b/j et serait actuellement dans la zone des 11,3 millions. Qui sera le prochain président et quel sera sa stratégie avec les énergies fossiles? Ces deux questions agitent l’industrie.

La plus grosse pétrolière américaine, ExxonMobil, s’est fait sortir de l’indice boursier américain du Dow Jones pour se faire remplacer par Salesforce. Le manque de potentiel haussier explique cette décision. Depuis 5 ans, l’action a perdu la moitié de sa valeur et les perspectives ne sont pas roses.

En Alaska, ConocoPhillilps prévoit d’extraire 590 millions de barils de pétrole. Mais le réchauffement climatique fait fondre le permafrost et s’enfoncer les constructions ainsi que certaines routes. La compagnie pétrolière étudie la possibilité de refroidir le sol afin de le garder gelé. Nous vivons une époque formidable!

L’entreprise de services pétroliers, Halliburton annonce une perte de 1,7 milliards $ durant le 2ème trimestre. Le PDG, Jeff Miller, pense que ça ira mieux dès septembre. Depuis mars, 99’253 emplois ont été supprimés aux USA dans le secteur pétrolier et gazier.

 

Wall Street:  chiffres de la bourse.  Main Street: chiffres de l’emploi
Alors que le chômage explose, la bourse atteint des niveaux records

 

D’ici à 2023, le constructeur de camion Nikola Corp va livrer 2’500 camions-poubelles électriques pour l’entreprise de déchets Republic Sevices Inc.  Nikola va également produire des camions à hydrogène.

Peabody Energy a diminué de 1,4 milliards $ la valeur de sa plus grande mine à charbon et va donner la priorité au gaz naturel et l’éolien.

Depuis 2011, 103 centrales à charbon ont été remplacées par des centrales à gaz. Cela pourrait être une bonne nouvelle pour le climat, mais le gaz de schiste américain est climatiquement tout aussi virulent que le charbon notamment à cause des émanations de méthane.

Il n’y a pas que les élections vont être spéciales. La saison des ouragans promet un millésime particulier. Il y a déjà eu 4 tempêtes soit un départ de saison inégalé depuis 1851. De plus, Marco (tempête tropicale) et Laura (ouragan) ont touché à un jour d’intervalle les côtes à du Golfe du Mexique en Louisiane.

 

Empoisonnement d’Alexeï Navalny.
Dessin Chappatte

 

En 2012, dans le but de réaliser des économies financières, la compagnie d’aviation Delta Airlines avait acheté une raffinerie afin de produire son propre kérosène. L’opération s’est révélée être un flop. En 2018, Delta chercha un acquéreur, mais sans succès. Cette année, la raffinerie Monroe Energy a déjà perdu 114 millions $.

Une gigantesque fuite de méthane de 300’000 m³ a été relâchée lors de la maintenance d’un compresseur de gaz à Gainesville, Floride  selon Bluefield Technologies Inc., qui a analysé les images satellite de l’European Space Agency avec le satellite Sentinel-5P.

 

Iran

Téhéran a passé un été à oublier, entre coronavirus, une production pétrolière sous les 2 millions b/j et des «sabotages» assez étranges.

Dans le désordre, nous avons: une violente explosion a détruit un centre de production de centrifugeuses nucléaire à Natanz. Le gouvernement a confirmé des dommages considérables. La cause pourrait provenir d’une cyberattaque ou d’une bombe très puissante.

Un mystérieuse attaque a détruit 7 bateaux dans le port de Bushehr, qui est également une province d’une centrale nucléaire. Juillet dénombre également une explosion d’un gazoduc et dans une entreprise de production de missile et la destruction de 6 réservoirs pétroliers à Mashhad et une entreprise pétrochimique à Mahshahr. Sans aucune preuve, les regards se tournent vers les USA et Israël.

Les sanctions américaines assèchent le budget iranien qui peine à alimenter les Chiites en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Le gouvernement Trump pousse afin que les Nations Unies réinstaurent un embargo total. La solution pourrait venir d’une non-réélection de Donald Trump.

Les USA ont «confisqué» 4 bateaux iraniens de carburant à destination du Venezuela. L’objectif est double: diminuer les revenus pour l’Iran et assécher le stock d’essence du Venezuela.

La Chine est en train de prendre la main sur l’Iran et particulièrement sur le pétrole et le gaz. La Russie tente de garder son avantage, mais Pékin propose d’avantage de liquidités. Tant Pékin que Téhéran se trouvent dans le même bateau, si l’on se réfère aux USA. Ce genre de liens resserre !
Le ministre des affaires étrangères Zarif a confirmé un partenariat sur 25 ans pour des investissements chinois de 400 milliards $ dans le pays. Tenir un pays par les ficelles financières n’a pas son pareil et à ce jeu, Xi-Jinping est un maître en la matière. Ainsi la Chine pourrait construire et mettre la main sur des ports, les lignes de train et les télécommunications et bénéficierait de rabais sur le pétrole pour les 25 prochaines années. La Chine développera des zones “sans taxe” en Iran et partagera des informations stratégiques de sécurité.

 


Le concept de la route de la soie chinoise
Dessin Nath Paresh

 

Dans le reste du monde

Moyen-Orient

Emirats Arabes Unis

Le gouvernement a passé un traité avec Israël, une première en 25 ans dans le monde arabe. Au-delà des paillettes, cet accord englobe un partenariat énergétique (pétrole – gaz) entre les deux pays

 

Arabie Saoudite

Les exportations de pétrole ont chuté à 4,98 millions b/j au plus bas depuis janvier 2002 et le pays a coupé sa production de 3,5 millions b/j. Il est à noter que le pays consomme plus de 1,5 million b/j pour ses systèmes de climatisation durant les mois chauds.

Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, confirme que l’entreprise va payer 75 milliards $ de dividendes cette année malgré que les bénéfices n’ont atteint que de 13 milliards $ au premier semestre. Ca tombe bien pour les caisses de l’État, qui détient 98% de l’entreprise nationale de pétrole. Du coup, Saudi Aramco va plafonner ses dépenses à 25 milliards $ et remonter le niveau de ses extractions.

 

Israël

Le pays prépare une arrivée massive de voitures électriques pour les 10 prochaines années avec l’installation de points de recharges. Les start-up, financées par l’armée, vont pouvoir utiliser leur savoir-faire de pointe dans la mobilité.

 

Irak

En juillet, l’extraction pétrolière du pays a de nouveau dépassé les quotas de l’OPEP+ à 3,194 millions b/j. Le pays a reçu l’ordre de compenser sa surproduction par une diminution des exportations dans les mois qui viennent. Cependant, comme le pays est financement à la peine, Bagdad peine à ralentir son rythme.

 

Koweït

La baisse des prix du baril a creusé une dette de 45 milliards $. Pour équilibrer son budget, la monarchie comptait sur un baril supérieur à 58$ avant que le coronavirus arrive. Pour éviter de ne pas pouvoir payer ses employés, le parlement propose d’emprunter jusqu’à 65 milliards $.


Dessin Nath Paresh

 

Asie

Chine

La demande pétrolière est remontée en flèche en juin avec +750’000 b/j. A voir si cette tendance s’étalera dans la durée.

Pékin a adopté la stratégie «Go West». Cela ressemble un peu au Far West, mais avec l’idée d’investir lourdement dans les régions de l’ouest de la Mongolie aux jungles du Yunnan en passant par le Xinjiang et le Sichuan. Dans les grandes lignes: 3/4 du territoire et 30% de la population. Ce concept répond au bras de fer avec Trump et la chute des investissements des Européens. Ce développement pourrait faire remonter le PIB chinois qui devrait atteindre 1% cette année contre 6,7 l’année dernière. La question est de savoir si le PIB a encore du sens.

Le président Xi-Jinping est en train de faire rouler un énorme fer à repasser sur ses compétiteurs. Frictions entre les militaires à la frontière avec l’Inde, annexion musclée de Hong Kong, cyberattaque monstrueuse contre l’Australie, bras de fer avec Taiwan et l’Angleterre, menaces contre l’Europe, relations à zéro avec le Canada et le feuilleton avec les USA.

Des pluies torrentielles ont battu des records depuis 70 ans et ont poussé les limites du plus grand barrage du monde: les Trois Gorges. Les autorités ont dû enlever plus de 100’000 tonnes de limon et a dû délester des quantités astronomiques d’eau. La cote d’alerte du barrage est dépassée de plus de 10 mètres. Plus de 63 millions de personnes sont touchées par ces pluies.

 

Inde

La consommation pétrolière du pays terminera l’année avec une baisse totale de -405’000 b/j. Une première en 20 ans. La pandémie du coronavirus et la quarantaine ont freiné la consommation énergétique.

Les 1,4 milliards d’habitants de l’Inde ont accès à 4% de l’eau mondiale et 90% des eaux des nappes phréatiques sont utilisées par les fermiers. La pénurie d’eau touche la moitié de la population et 200’000 personnes meurent chaque année de cet accès limité. Le gouvernement Modi tente de diminuer la production de riz et de blé et oriente les fermiers vers des productions moins gourmandes en eau.

 

Dessin Nath Paresh

 

Europe

Durant les 7 derniers mois, les ventes européennes de voitures électriques et hybrides 500’000 ont dépassé les ventes réalisées en Chine de 14’000 unités.

Les ventes de voitures pourraient diminuer de 24% en Europe en 2020 et de 10% en Chine où il se vend 20 millions d’unités par année.

 

Russie

Le Yamal, Arctique Russe, détiendrait 35 milliards m3 de gaz et 2’300 millions de tonnes de pétrole qui pourraient propulser la Russie dans le rôle de plus grande puissance énergétique mondiale. Gazprom Neft et Royal Dutch Shell viennent d’annoncer une joint-venture pour s’attaquer à ce morceau alors que la production américaine de pétrole s’effondre.

Gazprom va se lancer dans la production d’hydrogène. Mais bon, produire de l’hydrogène à partir du gaz, c’est comme utiliser du charbon pour faire avancer votre voiture. Pour le climat, cela permet d’avancer à reculons.

Le président Poutine a annoncé l’arrivée d’un vaccin Covid et a brûlé la politesse à la Chine et aux USA. L’important n’est pas dans la fiabilité d’un vaccin mais dans son annonce. Au futur, ce processus ouvre la porte à de prochains vaccins spectaculaires.

Boire du thé, lorsqu’on est dans la ligne de mire du Kremelin n’est pas conseillé. Alexeï Navalni, qui dénonce la corruption du pouvoir en Russie, a été empoisonné. Ce genre de décision ne se prend sans l’aval du grand chef.

 

Un camion livrait du carburant dans une station d’essence à Volgograd
Quelque chose à mal tourné: 13 blessés dont le conducteur et 4 pompiers.

 

Turquie

La Turquie a envoyé un bateau sismique afin de chercher du gaz dans la poche de Levitian en bordure de la Grèce et de Chypre. Ankara joue avec les limites territoriales et sur les mots afin d’assurer la possession de ce gaz. La France a envoyé des navires pour montrer ses muscles, mais l’intimidation n’intimide pas encore le président Recep Tayyip Erdoğan.

Devant une pareille source de gaz, il est assez improbable qu’Erdoğan lâche l’os. Une table ronde avec la Grèce et Chypre est prévue.

 

Norvège

Le PDG d’Equinor a été prié par sa direction, d’effectuer une transition de “compagnie pétrolière” à une “compagnie d’énergies” afin d’augmenter la valeur pour ses actionnaires et de tenir en compte les changements climatiques.

 

Groenland

La glace a fondu au-delà du point de non-retour et va fondre entièrement. Sur 34 ans, l’étude de 234 glaciers montre qu’avec la diminution des chutes de neige, ils n’ont plus été capable de se régénérer.

 

Angleterre

Le plus grande entreprise offshore du monde, 55 plateformes, Valaris, recherche la protection de la faillite dans le but de restructurer sa dette de 7 milliards $. Diamond Offshore Drilling et Noble Corp ont également fait faillite ce qui montre la vulnérabilité des gisements pétroliers en mer et le prix élevés de l’extraction face aux prix bas du marché.

Pour la première fois depuis 10 ans, BP va couper ses dividendes après une perte de 6,7 milliards $ au 2ème trimestre. La compagnie cherche de nouveaux investisseurs en accélérant sa reconversion dans les énergies propres. La major pourrait se séparer de gisements afin d’investir dans le renouvelable. Pour l’instant la feuille de route est imprécise et le business model reste dans les hydrocarbures.

 

France

Veolia, leader mondial des services à l’environnement, désire acheter son concurrent Suez qui appartient à Engie. Le montant s’élève à 2,9 milliards €. Veolia détient déjà 32% de Suez et désire acheter 29,9% d’actions supplémentaires.

Paris “a vécu la semaine la plus épouvantablement chaude depuis 1873, hors août 2003”, selon Météo-France.

Le premier spot télévisé du fabriquant de vélo électrique hollandais VanMoof a été interdit de diffusion à la télévision française par l’Autorité de la Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et la pression du lobby automobile. Motif: le spot «créerait un climat d’anxiété». Le seul moyen de ne pas éclater de rire est de penser à autre chose. A vous de vous faire votre avis.

 

Publicité du vélo électrique hollandais VanMoof bannie de la France

 

Suisse

L’année 2020 est olympique et les institutions bancaires suisses engrangent les médailles dans la catégorie: “investir dans les énergies fossiles”. Ce mois, Stand.earth nous apprend qu’avec Genève comme place centrale, le Crédit Suisse, l’UBS, la Banque Cantonale de Genève (BCGe) et les filiales suisses de BNP Paribas, Indosuez et ING ont financé pour plus de 24 milliards de litres de pétrole d’Amazonie en direction des USA entre 2009 et 2020.

L’assureur Zurich renonce finalement à participer à la couverture d’assurance du pipeline Trans Mountain, au Canada. Ce projet de sables bitumineux appartenant à l’Etat canadien devrait ajouter une capacité de 590’000 barils par jour, l’équivalent de la consommation de 2,2 millions de voitures.

Si en 2019, 311’466 voitures ont été vendues en Suisse, l’année 2020 devrait compter 228 à 240’000 unités soit au plus bas depuis le choc pétrolier de 1975.

En septembre, les Suisses devront voter sur l’acquisition de jets militaires. Lors du lancement de la campagne, la Ministre des Armées, Viola Amherd, a utilisé la seule femme suisse pilote, histoire de convaincre les femmes de voter en faveur d’un chèque de 6 milliards $. Le coup de communication ne fait pas dans la dentelle.  Mais dans ce concept, une question se pose. Alors qu’un jet consomme 5’600 litres par heure de la meilleure qualité de pétrole, que ce type de pétrole a atteint son pic en 2007, que les avions seront livrés dès 2030, que les drones gagnent en efficacité, est-ce que la profession de pilote d’avions de chasse a-t-elle un avenir?

 

Allemagne

Mercedes Daimler va compter sur le chinois Farasis pour les livraisons de batteries pour ses voitures électriques. Dans la foulée, Mercedes a acheté 3% du géant chinois. Daimler va également utiliser des batteries du chinois CATL avec une commande de 20 milliards $ étalée sur 10 ans. Plus les jours passent plus Mercedes augmente sa dépendance et ses transferts de technologies en faveur de Pékin. De là à dire que Mercedes tombera dans les mains de Pékin, il suffira d’un tour de volant.

Dans la foulée, Mercedes va vendre son usine française d’Hambach et ses 1’600 employés.

De son côté, pour 1,1 milliards $, VW a acheté 26% des actions du chinois  Gotion High-Tech pour acquérir ses batteries. En même temps, VW s’est associé avec le suédois Northvolt pour construire des batteries à Salzgitter en Allemagne.

Le gouvernement a finalement investi 9 milliards € dans la compagnie aérienne nationale Lufthansa. La compagnie pense que la demande de vols retournera à la situation pre-coronavirus d’ici à 2024.

 

Dessin Nath Paresh

 

Les Amériques

USA Schiste

Au plus bas depuis 2 ans, la production de pétrole de schiste devrait tomber à 7,49 millions b/j en août contre 9 millions en mars. Même le prodigieux champs du Bassin Permien est en baisse à 4,16 millions b/j. Le nombre de forages pétroliers a chuté à 182 unités au plus bas depuis 2005. Il y a une année, ils étaient 770.

Range Resources Corp a vendu ses champs de pétrole de schiste en Louisiane pour 335 millions $.  Il y a 4 ans, l’entreprise avait acheté ces gisements pour 3,3 milliards $ avant de s’apercevoir qu’ils n’étaient pas aussi productifs que prévu.

L’administration Trump a finalement réussi à annuler les réglementations qui exigeaient la réduction des émanations de méthane lors de l’extraction et le transport de gaz de schiste. ExxonMobil et BP s’étaient opposés à ce changement. Cette décision permettra aux gaziers d’économiser de l’argent, mais l’image de marque du gaz va encore s’aggraver. De nombreuses villes américaines ont demandé l’arrêt d’utilisation du gaz trop dangereux pour le climat.

Pour 13 milliards $, Chevron a acheté Noble Energy l’un des plus grand extracteur de gaz de schiste. Ce premier achat pourrait débuter une tendance de consolidations dans le secteur avec ExxonMobil comme concurrent. En manque d’investisseurs, les petits producteurs vont se faire racheter par les grandes majors pour autant qu’elles arrivent à lever des fonds.

 


La production pétrolière de schiste continue à diminuer

 

Argentine

Il y a seulement 2 ans, les pétroliers s’enthousiasmaient au potentiel du pétrole de schiste de la Vaca Muerta et ses 16 milliards de barils techniquement exploitables.

Le mirage s’est effondré et les dettes du pays n’arrivent plus à subventionner les extractions.

 

Venezuela

Alors que les USA resserrent encore plus leurs sanctions, Caracas a réussi à exporter 325’000 b/j de pétrole au plus haut depuis 4 mois. Il y a 3 ans, le pays produisait 2 millions b/j.  Cependant, le niveau de production pourrait atteindre les 100’000 b/j. à cause de la baisse des moyens financiers, le coronavirus et le manque de place de stockages. De plus, la mauvaise qualité du pétrole pose des problèmes. Des impuretés, du métal et de l’eau souillent le brut, bloquent les pompes et diminuent sa valeur marchande.

PDVSA, la major nationale, a réussi à refaire partir deux raffineries pour produire 135’000 b/j de carburant ce qui représente moins du 10% de leur capacité.

L’administration Trump ajoute des sanctions afin de pousser à l’arrêt les exportations de pétrole brut qui génèrent des rentrées financières. Cerise sur le gâteau, les USA ont intercepté et bloqué 4 bateaux de carburants iraniens à destination du Venezuela.

 

Canada

L’Alberta se lance dans l’hydrogène afin de remplacer l’industrie des sables bitumineux. L’Etat a attiré chercheurs et entrepreneurs afin de devenir l’un des plus grands acteurs d’hydrogène dans le monde.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Après des mois de batailles, les deux parties rivales ont annoncé un cessez-le-feu. Alors que les exportations pétrolières étaient bloquées depuis janvier, cette pause permettra d’extraire un peu de pétrole afin de produire de l’électricité et alimenter le budget de l’Etat. Le général Khalifa Haftar a donné son feu vert pour exporter le pétrole et le gaz. Cependant, il n’a pas donné son accord pour redémarrer l’extraction pétrolière.

Mustafa Sanalla, PDG, de la compagnie pétrolière nationale la National Oil Company pense que ce sont les pays étrangers qui gèrent la Libye et notamment le pétrole. La stratégie du Général Haftar de couper les exportations pétrolières a bien arrangé la Russie, l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis. En effet, ce bras de fer a permis de retirer plus de 1,1 million de barils par jour dans un marché engorgé par le coronavirus.

Avec une production actuelle de 100’00 b/j le pays à perdu plus de 6,4 milliards $ de revenus durant les 6 derniers mois. La grande question est: combien de forages vont-ils repartir?

 

République Démocratique du Congo

6 entreprises chinoises regroupées autour de la China Three Gorges Corp et de l’espagnol AEE Power Holdings se regroupent dans un consortium afin de réaliser un nouveau barrage au Grand Inga. Les coûts du barrage, 14 milliards $, dépasse le budget total du pays. Les Chinois contrôleront le barrage à hauteur de 75%.

 

Ouganda

L’entreprise d’état Kiira Motors Corp va construire une usine afin de produire 5’000 véhicules électriques par an dont des bus. L’objectif est de créer des emplois.

 

Phrases du mois

«Je ne crois pas que je reverrai 13 millions b/j de pétrole américain dans ma vie. C’est vraiment décourageant, parce que nous avons réalisé notre premier forage en 2009, nous avons vu la vague d’indépendance énergétique à portée de main pour les USA, c’était vraiment une récompense d’en faire partie.» Matt Gallagher, PDG de Parsley, le plus grand producteur indépendant de schiste.

«Nous souhaitons un prompt rétablissement à Alexeï Navalni.» Dmitri Peskov, porte parole du Kremelin.

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

Israël – Emirats Arabes Unis: un accord de Paix et Energétique

“Israël et les Emirats Arabes Unis ont conclu un accord de paix négocié sous l’égide des Etats-Unis censé conduire à une normalisation complète des relations diplomatiques entre les deux pays.” Ca, c’est pour le communiqué de presse.

Mais stratégiquement, le rapprochement des deux pays ouvre des opportunités énergétiques et économiques.

Traditionnellement, les grandes monarchies pétrolières ont toujours refusé de livrer leur pétrole à Israël. Même l’Arabie Saoudite, proche des USA, a appliqué cette règle. Alors que la région regorge d’hydrocarbures, Israël semblait se trouver du mauvais côté du puits.


 

Recherche complémentarité

Depuis 2010, le Léviathan, un substantiel gisement de gaz dans le bassin Levantin, a été découvert. Il s’étire des côtes d’Israël à la Grèce en passant par Chypre. Cette nappe a propulsé l’état hébreu au rang de nouvelle puissance énergétique même si les quantités extraites ne le qualifie pas d’exportateur majeur.

Cependant, Israël doit toujours trouver un peu plus de 250’000 barils de pétrole par jour pour alimenter son armée, ses entreprises et ses citoyens.

Ainsi pour le pays, la source de pétrole la plus proche, hors monarchie arabe, se trouve du côté Kurdes en Irak. Cependant, ce pétrole transite par la Turquie et en ce moment, l’ambiance entre la Turquie et Israël est aussi chaude que le climat. Du côté de l’Irak, l’Iran tire certaines ficelles. Le filon kurde ne tient qu’à un fil d’où la nécessité de trouver un fournisseur libre de contrainte.

Actuellement, Israël importe son pétrole majoritairement des anciennes provinces russes comme le Kazakhstan, le Turkménistan, et l’Azerbaïdjan. Le rapprochement avec les Emirats offre un nouveau débouché.

Du côté des Emirats Arabes Unis, la compagnie pétrolière nationale, Adnoc, recherche de nouveaux clients afin de compenser la baisse de la consommation mondiale. Israël pourrait être un client bienvenu. Ce premier pas pourrait également encourager Oman à ouvrir la porte de ses hydrocarbures.

 

Assurer son approvisionnement en pétrole

En Libye, auprès du Général Haftar, Tel-Aviv et Abu Dhabi sont également main dans la main face à la Turquie. La présence turque en Libye repose principalement dans la possibilité de retracer les frontières maritimes afin d’accéder au gaz méditerranéen. Le président Turc vise éventuellement le pétrole libyen, même si “ce détail” doit être approuvé par Moscou.

On comprend mieux les haut-cris de la Turquie à l’annonce de ce rapprochement.

Au-delà de l’accord sur la paix, on voit la nécessité grandissante pour les pays de se garantir l’accès à l’énergie et particulièrement au pétrole qui tend à disparaître.

Les muscles montrés par la Turquie, couplé à l’apathie de l’Europe et des USA, poussent les pays du Moyen-Orient à redéfinir leurs partenariats stratégiques face à la plus forte armée régionale et les envies de grandeurs de Recep Tayyip Erdoğan.

 

Echanges technologiques et financiers

Finalement, les start-up israéliennes, largement financées par l’armée, possèdent une expertise exceptionnelle dans le domaine du management et de l’efficience de l’énergie, de la gestion de l’eau dans des conditions arides, de la mobilité, des voitures électriques ainsi que du smart city et de la surveillance militaire des citoyens.

Toutes ces applications peuvent apporter les technologies nécessaires aux Emirats Arabes Unis et de nouveaux débouchés pour les pétrodollars de la monarchie.

Un accord qui va bien au-delà des apparences.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– USA: De nouvelles faillites dans le schiste dont le géant Chesapeake
– Suède: Une entreprise propose des éoliennes en bois
– Peak Oil: Le terme pic pétrolier revient de manière incisive.
– Arabie Saoudite: Boston Dynamics met en vente son robot Spot
– Libye: La Turquie et la Russie marquent des points et gagnent en pétrole
– Allemagne: Berlin investit plus de 7 milliards € dans l’hydrogène vert
– Inde: Le pays veut booster sa production de charbon.


 

Les milliards insufflés par les banques centrales assurent que les bourses atteignent les plus hauts. Il en va de même pour le pétrole qui dans le monde virtuel des financiers ne fait que de grimper alors que dans la réalité, c’est comme la banlieue, c’est pas rose, c’est morose.

A Londres, le Brent prend la fièvre à $41,75 ($35,33 fin mai) et à New York, le WTI comble les voeux de Trump et frise les 40 à 39,07 ($35,38 fin mai).

 

 Graphique du mois
Evolution des prix : pétrole, charbon, gaz: 1990-2020

 

Climat

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne en comparaison avec la période 1981-2010, ce qui en fait le mois de mai le plus chaud depuis le début des données. Il a fait particulièrement chaud dans les pôles et en Sibérie alors que l’Europe a gardé la tête froide.

L’Agence Internationale de l’Energie annonce que sur 46 technologies reliées à l’efficience énergétique, durant la pandémie, six ont gardé leur rythme de croisière comme les voitures électriques, le solaire, la lumière et les data center. Du côté des perdants, on retrouve notamment l’énergie nucléaire, le stockage d’électricité ainsi que le gaz et notamment avec ses émissions de méthane.

 

Peak oil

Le terme “pic pétrolier” revient de plus en plus souvent. Cette fois, il arrive via un fervent supporter de l’or noir. Ainsi, l’agence norvégienne, Rystad Energy, pense que 282 milliards de barils de pétrole sont à diminuer des réserves mondiales estimées à la louche à 1’900 milliards de barils. Les réserves de l’Arabie Saoudite restent inchangées depuis plus de 30 ans à 267 milliards de barils, ce qui est soit une prouesse soit une panne de compteur.

Per Magnus Nysveen, de Rystad, annonce que le pic pétrolier se rapproche et pourrait être atteint en 2027 ou 2028 au lieu de 2030. Rystad est historiquement très enthousiaste sur le pétrole et cette annonce fait tomber de la chaise. Rystad pense qu’une forte hausse des prix devrait se réaliser dès 2023 notamment à cause du manque de financements dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements.

Du côté de Bloomberg NEF, c’est un pic de la demande d’essence qui devrait être atteint d’ici à 10 ans, et 3 ans plus tard celui du diesel. Maintenant même si Bloomberg parle de pic!

 

Pétrole

Une pénurie de pétrole pourrait pousser le baril à 70$ d’ici à l’automne et le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, pévoit un manque de 3 à 5 millions b/j (barils par jour). Bon, là on sent qu’il vend le fait que la Russie ne respecte pas entièrement les quotas de l’OPEP+. A vérifier cet automne.

Selon Rystad Energy, la demande pétrolière mondiale se projette à 88,1 millions b/j contre 99,5 en 2019. En mai, la demande aurait atteint 78,5 millions b/j soit une baisse de 22% depuis le début de l’année. Un record historique.

Si les cours du Brent restent dans la fourchette 30-70$ d’ici à 2030, ExxonMobil est la moins bien lotie des 7 grandes majors pétrolières selon Wood Mackenzie. Dans cette analyse, Exxon possède le 60% des gisements les moins productifs et chers à extraire. Ces gisements comprennent les sables bitumineux de Kearl et Cold Lake au Canada ainsi que Prudhoe Bay en Alaska. En tête de ce classement, Chevron est le no 1 suivit par Shell.

 

Dessin : Chappatte

 

OPEP+

L’OPEP+ (avec la Russie) va continuer sa réduction de -9,7 millions b/j en juin et de -7,7 millions de juillet à la fin de l’année.

L’Irak et le Nigeria, qui n’ont pas suffisamment baissé leur production, devront compenser entre juillet et septembre même si la situation économique de ces deux pays est alarmante. Cette baisse de 9,7 millions b/j se base sur une acceptation à 100% des pays, mais l’histoire de l’OPEP montre que cette éventualité n’est que rarement atteinte.

Pendant que l’OPEP diminue sa production, le pétrole de schiste reprend sa place de passager clandestin et recommence à extraire pendant que les prix restent autours de 40$.

Certains membres du cartel demandent de se réunir plus souvent. L’objectif est de pouvoir coller au marché et de remonter immédiatement leurs extractions afin de générer des pétrodollars et de garder les parts de marché.

 

Gaz Naturel

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la demande de gaz va diminuer de 4% cette année à 150 milliards m³. Cette baisse est supérieure à la crise de 2008 (-2%). L’année dernière, la demande de gaz avait augmenté de 1,8% notamment pour la production d’électricité et le chauffage.

Bien que le gaz émet moins de CO2 que le charbon, les émissions de méthane sont nettement plus nocives pour la planète.

Objectifs d’émissions de méthane du pétrole et du gaz en 2025 et 2030
pour le scénario du développement durable.
La grande partie du méthane est émit par le gaz naturel.

 

Transports maritimes

Les transporteurs maritimes ont annulé plus de 25% de leurs transports entre l’Asie et l’Europe et l’Asie – USA soit une capacité de 4 millions de containers. Pour le 3ème trimestre, les transporteurs continuent d’annuler des lignes ce qui signale une demande qui reste faible.

 

Investissements dans les énergies

Les investissements dans les énergies devaient progresser de 2%. Ce chiffre était publié avant la pandémie. Au niveau mondial, les investissements énergétiques devraient diminuer de 20% ou 400 milliards $.

 

Energies renouvelables

Les éoliennes sont fabriquées en acier et génère des émissions de CO2 lors de leur construction. Afin de diminuer leur empreinte, l’entreprise Modvion propose des éoliennes avec une structure en bois. Le premier prototype a été installé à Gothenburg en Suède pour une commercialisation dès 2022.

Les énergies propres pourraient être les seules sources d’énergies à croître en 2020 en comparaison avec les énergies fossiles et le nucléaire selon l’Agence Internationale de l’Energie. Une fois que les installations solaires et éoliennes sont financées (capex), les coûts de production sont minimes en comparaison avec les achats de gaz, de pétrole, de charbon ou d’uranium.

Sur le même sujet, la pieuvre Goldman Sachs annonce que les investissements dans les énergies propres vont dépasser ceux du gaz et du pétrole et qu’ils devraient totaliser les 16’000 milliards $ d’ici à 2030.

 


Eolienne en bois: Modvion

 

Le Top 3 des Pays

USA Schiste

Deloitte a dépeint les 10 dernières années du schiste américain. Le secteur a généré 300 milliards $ en cash négatif, détruit 450 milliards pour les investisseurs et vu 190 faillites. Elle enfonce le clou en assommant: “le schiste a atteint son pic sans avoir été capable de générer des bénéfices.”

Les compagnies de schiste pourraient passer à la trappe pour 300 milliards $ d’actifs au deuxième trimestre dont la moitié concerne des dettes. Selon Rystad Energy, les producteurs ont perdu pour 38 milliards $ durant le premier trimestre. Selon les agences, une consolidation dans le secteur est primordiale et tant Chevron qu’ExxonMobil sont sur la brèche pour acheter les opportunités bradées.

Pendant ce temps, les managers des compagnies de schiste montrent une fois de plus leur sens de l’éthique et se remplissent les poches avant de partir en faillite. Selon Haynes & Boone, 18 entreprises de schiste se sont mis sous la protection des faillites.

Deux grosses casses ce mois dont la compagnie Extraction Oil & Gas. En 2014, sa valorisation était de 4 milliards $. Elle a chuté à 100 millions $ pour une dette de 1,6 milliards $. La partie a hurler de rire vient des 16 directeurs de l’entreprise, qui se réservent un bonus de 6,7 millions $ afin de les garder au sein de la compagnie après la faillite. Du côté des directeurs de Whiting Petroeum, les 5 managers se sont accordés 14,5 millions $ de bonus juste avant de demander la protection de faillites. Le record des parachutes les plus gonflés se trouve parmi les 21 managers de Chesapeake qui se sont partagés 25 millions $. Il n’y a qu’un pas pour dire que le secteur de schiste n’est qu’une fraude énorme.

La plus grande faillite du mois, nous vient de la NBA. Chesapeake, l’ancienne star et inventeur du schiste, qui accumule 9,5 milliards $ de dettes. Au sommet de sa gloire, Chesapeake avait acheté le nom de la salle où joue l’équipe de NBA de Basket des Thunders d’Oklahoma City. Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que la banque Nationale Suisse détenait des actions. La question la plus urgente est: mais comment s’appellera la salle de basket des Thunkders à la rentrée?

Alors que les cours ont frisé les 40$ le baril, certains producteurs de schiste dont EOG, Parsley ou WPX, ont remis en service leurs installations avec un objectif d’extraire 2 millions b/j de plus dès le mois d’août pour autant que les prix continuent à monter.

La baisse de l’extraction de schiste aurait atteint 1,15 millions b/j en avril et en mai selon JBC Energy, mais ces chiffres sont à prendre avec précaution.

 

 Il n’y a pas que le schiste qui traverse une tempête!
Du sable du Sahara a traversé l’Atlantique pour arriver aux USA.
Cette tempête de sable ne s’était plus produite depuis 50 ans.

 

Irak

Le pays est en passe de s’écrouler. Le réchauffement climatique et la sécheresse le rendent invivable. De plus les conditions économiques sont désespérées pendant que l’État Islamique et le coronavirus gagnent des forces.

Washington et Bagdad sont préoccupés par la résurgence de l’Etat Islamique mais rien ne devrait être entrepris pour les mois qui viennent faute de moyens financiers et de volonté politique américaine.

Dans l’accord de l’OPEP, Bagdad n’a respecté qu’à 50% ses quotas et devra compenser en juillet et septembre avec une baisse de ses extractions de 24% à 3,28 millions b/j. L’Irak avait accepté une baisse de 1,061 million b/j. Mais une diminution des revenus pousse un peu plus le pays dans une situation très compliquée.

En Avril, Bagdad a généré seulement 1,3 milliard $ de revenus pétroliers, 2,13 en mai et 2,5 en juin. Le gouvernement n’arrive pas à payer les salaires des fonctionnaires et les frais de fonctionnement. Il a demandé la possibilité d’emprunter 18 milliards $ pour sortir de cette impasse.

La Chine pourrait intervenir en apportant de l’argent ainsi que de la technologie qui permettrait au pays d’extraire jusqu’à 7 millions b/j pour la fin 2022. La Chine a remplacé les USA pour contrôler l’or noir du pays.

Dans le sud du pays, région pétrolifère, l’Iran continue de livrer gaz et électricité pour que la population puisse supporter les chaleurs de l’été dans une région qui devient invivable et qui fait face à une sécheresse.

 

Libye

Sans pétrole, le pays serait certainement un endroit paisible. Mais voilà, la malédiction se cache sous le sable.

En Libye, le grand gagnant du mois est la Turquie! Erdogan a réussi à donner un coup de main militaire efficace à Fayez al-Sarraj du Gouvernement d’accord national (GAN) et à repousser le général Khalifa Haftar qui désirait s’emparer de la capitale Tripoli.

Visiblement Recep Tayyip Erdogan a une stratégie globale qui englobe la Syrie et la Méditerranée. Historiquement, ce concept s’appelait l’Empire Ottoman et pour l’instant l’Europe n’arrive pas à riposter de manière ferme. A court terme, l’intérêt de la Turquie en Libye réside dans l’extraction de gaz et de pétrole offshore dans la Méditerranée grâce à un corridor spécial entre les deux pays qui lui permet de revendiquer des matières premières jusque là interdites. Le pétrole Libyen est également un détail qui vaut quelques sacrifices.

Du côté des supporters du général Khalifa Haftar, l’Egypte s’inquiète de l’avancée de la Turquie au Moyen-Orient. Du côté Russe, plus de 2’000 mercenaires Wagner, organisation fondée par Dmitri Outkine, prêtent main-forte au général. Ce dernier a battu en retraire après avoir dû mettre fin à son offensive sur la capitale. Comme à son habitude, la France tente de faire entendre sa voix et les Emirats Arabes Unis apportent un fort soutient.

In fine, la bataille pour le pétrole s’est dirigée vers Sirte, porte d’entrée des installations pétrolières. Les combattants de Wagner avaient lancé sans succès un assaut sur les champs de pétrole de Deir Eu-Zor. Finalement, la Russie et la Turquie se sont mis d’accord. La milice Wagner s’est installée dans le gisement pétrolier de Sharara. La compagnie pétrolière libyenne, NOC, avait redémarré la production à Sharara et El Feel, mais depuis tout semble à l’arrêt. Le partage du pétrole entre la Russie et la Turquie pourraient apporter des solutions d’autant qu’à Washington la préoccupation se focalise sur les prochaines élections.

Au total, la production pétrolière du pays stagne toujours proche de zéro alors que durant l’époque du Général Kadhafi le compteur indiquait 1,7 million.

 La loi sur la sécurité nationale adoptée à Hongkong
Dessin Chappatte

Chine

Afin de sortir de la déflation et de stimuler l’emploi et l’économie, Pékin va investir dans la construction d’infrastructures. Les régions ont annoncé la construction de 40GW de centrales à charbon soit une flotte équivalente à l’Afrique du Sud. Sur en une année, l’extraction de charbon a également augmenté de 0,9 % à 1,5 milliard de tonnes pour une consommation totale de 4,1 milliards de tonnes.

Pour rester dans les bonnes nouvelles pour le climat, en 2019, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 3,4% contre 2,6 % durant les 10 dernières années. La Chine produit 28,8% des émissions mondiales de CO2 selon la BP Statistical Review of World Energy.

Pékin a fait savoir que si Washington continue de chatouiller sur HongKong ou sur le coronavirus, ces thèmes pourraient impacter les achats de produits agricoles des fermiers américains si précieux pour Trump. Ces ventes font parties de la première partie de l’accord économique entre les deux pays. Pékin semble également miser sur une défaite de Trump et tente de gagner du temps.

Les importations de pétrole ont augmenté de 13% à 11,11 millions b/j en profitant des prix bas pour faire des stocks.

La Chine va ajouter 36,65 GW d’éolien et 48,45 GW de solaire par rapport à 2019 soit +52%. Le charbon reste toujours la plus grande source de production d’électricité.

La Chine vient de terminer la construction d’une ligne à ultra haute tension réservée au transport d’électricité éolienne et solaire de 2’390 km de long. Cette ligne de 3,17 milliards $ est dédiée uniquement au transport de l’énergie propre et va permettre le développement des énergies renouvelables dans le Qinghai et Gansu pour des livraisons au Henan. Avec ces technologies de transport sur de longues distances, dans les années qui viennent, Pékin pourrait livrer en électricité l’Europe.

 

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne avec une pointe en Sibérie

 

Europe

Christine Lagarde, directrice de la Banque Centrale Européenne, va soutenir financièrement Shell, Total et l’électricien charbonnier Uniper avec une injection de 7,6 milliards €. En réponse à la crise, sur les 1’700 milliards € injectés par la BCE, 220 milliards sont prévus pour les entreprises polluantes grâce à l’achat d’actifs.

 

Russie

Dans le nord de la Sibérie, la ville de Verkhoïansk, située à 67° de latitude nord, a enregistré le 20 juin 38°C, soit 0,7°C de plus que le précédent record, qui remontait à juillet 1988. Pour l’anecdote, la température la plus basse de l’hiver dernier à cette station était de -57,2°C le 26 janvier 2020.

Pour continuer sur le même sujet, près de 20’000 tonnes de diesel se sont déversées «par accident» dans la rivière l’Ambarnaïa à Norilsk (Sibérie orientale). Un réservoir de diesel a été endommagé après son effondrement. La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le permafrost. Elle est menacée par la fonte des glaces causée par le changement climatique.

L’entreprise Concern Avtomatika JSC a vendu aux pétroliers russes un système qui permet de contrer des attaques de drones sur les installations pétrolières. L’année dernière, une attaque avait paralysé une partie de la production d’Arabie Saoudite.

Via la nouvelle constitution, les russes se prononcent sur le maintient de Vladimir Poutine jusqu’à ses 84 ans soit en 2036. Je vais faire un délit d’initié alors que les résultats ne sont pas connus : la réponse est : Da. En comparaison, si l’américain Joe Biden est élu, il terminera son terme à 83 ans.

Moscou dément être responsable d’une fuite d’éléments radioactifs provenant d’une centrale nucléaire. Les pays scandinaves ont détecté une augmentation non-mortelle d’isotopes associés à une fission nucléaire humaine dont la provenance est inconnue.


Nuage d’éléments radioactifs détecté le 22-23 juin 2020
Source: CTBTO – graphique FT.com

 

Allemagne

Berlin continue sur sa lancée dans l’hydrogène vert (fabriqué via des énergies renouvelables) et comme au poker met 7 milliards € sur la table pour voir.

L’objectif est de créer des emplois et d’impliquer son industrie. Cet argent servira à la recherche, la production et les infrastructures de livraisons et provient du plan de relance économique. Sur la durée, l’Allemagne va renoncer à l’hydrogène bleu ou gris produit à base de charbon ou du gaz.

D’ici à 2030, 5GW d’hydrogène vert devrait être produit notamment pour les camions, le secteur maritime, les avions ainsi que le stockage d’énergies renouvelables pour les habitations. Actuellement l’industrie allemande utilise 55 TWh par an d’hydrogène gris ou bleu. Vu l’importance de son industrie lourde, l’Allemagne voit cet investissement comme stratégique. Pour l’instant, le plan n’englobe pas l’utilisation d’hydrogène pour les voitures qui se dirigent vers une propulsion électrique.

Angela Merkel va encore ajouter 70 milliards € pour stimuler l’économie et totaliser 218 milliards cette année. Dans la valise, 9 milliards ont été prévus pour la compagnie aérienne nationale Lufthansa.

Le gouvernement prévoit une baisse significative des importations et exportations pour 2020 alors que de nouveaux foyers de coronavirus émergent.

 

Angleterre

Les compagnies aériennes EasyJet plc, Ryanair et Air Europa cassent les prix qu’elles avaient déjà cassés. Ryanair a débuté les hostilités et EasyJet a riposté en mettant en vente 1 million de billets à €29,90. A ce prix là et histoire de bien rigoler, le coronavirus va certainement en acheter une certaine quantité.

BP a passé à la trappe pour 17,5 milliards $ d’actifs dont 8 à 11 milliards d’équipements et 8 à 10 milliards d’intangibles qui concerne l’exploration. Actuellement la valeur des équipements de BP est de 130,2 milliards $. Alors que Brittish Petroleum accumule les dettes, elle continue de verser des dividendes à ses actionnaires.

Toujours durant le mois de juin, BP a levé 17 milliards $ auprès des investisseurs. Le concept de finance durable a encore un peu de chemin à parcourir.

Et finalement, BP va vendre son secteur pétrochimique à Ineos pour 5 milliards $.

Les forages offshores, plus onéreux que les autres, prennent de pleins fouets la chute des cours. Un tiers des forages dans la Mer du Nord ne sont plus financièrement rentables.

Le ministre des transports Grant Shapps a formé le groupe Jet Zero Council (aviation, environnement, gouvernement) avec l’objectif de réaliser un avion transatlantique sans émissions de CO2 d’ici à 20 ans. Accessoirement, cela permettra au gouvernement de subventionner son industrie aéronautique sans que ces subventions ressemblent à des subventions.

Le gazier anglais, Centrica va licencier 5’000 employés afin d’économiser 2 milliards £ d’ici à 2022. Alors que les revendeurs de gaz se font des marges indécentes, (7 à 15 fois sur le prix de vente aux consommateurs), c’est une prouesse d’être en difficulté financière.

 

 

France

Les quatre plus grandes banques françaises, Société Générale, Crédit Agricole, BNP, Banque Populaire ont déversé 22 milliards $ dans le pétrole et gaz de schiste aux USA durant ces 3 dernières années.

La Société générale détient le pompon avec 11 milliards $ de financements sur la période. Le Crédit agricole est deuxième avec 6 milliards, la BNP 3,6 milliards et le groupe Banque populaire Caisse d’Epargne soutient le tout avec 3,3 milliards. Axa et Rothschild & Co (l’ancienne banque du président Macron), ont engagé 11 milliards pour financer des entreprises actives majoritairement dans le domaine du schiste.

L’industrie aéronautique française va certainement bâtir une statue à nos amis les pangolins et chauves-souris. Ces petites bêtes permettent à certains acteurs de toucher le jack-pot alors qu’ils étaient, avant la crise, déjà dans une sacrée panade financière. Ainsi, la France va mettre 15 milliards € pour 100’000 emplois, soit un montant de 150’000€ par poste aéronautique alors que dans sa forme actuelle, l’industrie est appelée à mourir.

AirFrance reçoit un prêt de 7 milliards € et une petite enveloppe de 300 millions de cash pour moderniser sa chaîne de valeur. Les autres recevront entre 500 millions et 1 milliard €.

La plus vieille centrale nucléaire de France à Fessenheim a été mise à l’arrêt. Il faudra 15 années pour démanteler les 2 réacteurs.

Comme dans plusieurs pays européens, les électeurs français ont choisi le parti des verts lors des élections communales. Jusqu’à présent et dans le domaine environnemental, Emmanuel Macron peine à passer des paroles aux actes.

 

Suisse

Au premier trimestre, le PIB de la Suisse n’a reculé que de 2,6 %. L’administration publique (+0,8%) et la finance (+2,3%) ont apporté une contribution positive au PIB. Cependant, une nouvelle augmentation des cas de coronavirus est en train de pointer le bout de son nez.

Le distributeur d’énergie et prédateur BKW (Forces Motrices Bernoises) se lance dans la vente de gaz qui génère des profits que l’on peut qualifier de “mirobolants”. Sur l’achat de 1 m³ de gaz, les distributeurs prennent une marge qui dépasse souvent 10 fois le prix d’achat. La Commission de la concurrence a décidé d’ouvrir le marché du gaz en Suisse sur la base d’accord à l’amiable entre deux fournisseurs régionaux.

Le Salon de l’Auto de Genève pourrait avoir rendu l’âme, en tout cas dans sa version passée. Après l’annulation de l’épisode 2020 pour cause de coronavirus, l’édition 2021 sera également supprimée. Depuis des années, la manifestation avait du plomb dans l’aile et les pertes générées lors de l’annulation de cette année ont creusé des dettes abyssales. Du côté du canton, c’est le magistrat Pierre Maudet qui s’est chargé de ce dossier et ce même ministre a fustigé les pistes cyclables dans le canton. Il semble que plus rien ne roule pour lui.

La Suisse pourrait acheter de nouveaux avions militaires pour un montant de frs 6 milliards. L’avion français Rafale est sur la liste des candidats. Le jouet consomme environ 6’500 litres de carburant à l’heure lorsque l’on pousse ses moteurs à plein régime. Cette consommation grimpe à près 21’000 litres par heure lorsque la postcombustion est enclenchée. Du coup, durant un engagement, il peut voler un peu plus de 10 minutes sans réservoir supplémentaire.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Une deuxième vague de coronavirus a touché le pays et particulièrement dans les zones pétrolières du Khuzestan. Le président Rouhani a insisté pour que l’économie reste ouverte.

Le président Rouhani pourrait reprendre le dialogue avec les USA, si Washington s’excuse d’être sorti l’accord du nucléaire de 2015. On sent que l’Iran prépare l’arrivée de Biden à la présidence US.

L’agence nucléaire internationale note des problèmes de coopération avec Téhéran. Depuis que Donald Trump a déchiré l’accord, le gouvernement traîne les pieds et vient de refuser l’accès à des sites. L’Agence dit ne pas avoir reçu de réponses sur du matériel nucléaire non déclaré dans les années 2000. Elle annonce également une forte augmentation de matériaux nucléaires qui dépassent les accords de 2015. Il faut dire que l’arme atomique est très à la mode en ce moment au Moyen-Orient. L’Arabie Saoudite se lance dans le nucléaire civil afin d’obtenir l’arme atomique militaire alors que seul Israël possède cette arme en ce moment.

L’administration Trump prépare des sanctions pour 50 tankers pétroliers afin d’arrêter les transports entre le Venezuela et l’Iran. L’objectif est d’éviter une confrontation militaire.

Depuis des années, l’Iran souffre de la sécheresse et du manque d’eau. L’Iran semble sur le même chemin que la Syrie et l’Irak.

Résurgence des cas de coronavirus en Iran

 

Arabie Saoudite

Le fond public d’investissement du pays a profité de la chute des bourses afin de faire des emplettes et des achats d’entreprises notamment en Europe et aux USA.

Saudi Aramco coupe dans ses coûts et a licencié notamment des employés étrangers. La compagnie pétrolière nationale compte 80’000 employés.

Saudi Aramco a mis sur pause plusieurs forages offshores et des investissements de 18 milliards $.

Dans les mains de Ryad, la compagnie Boston Dynamics vient de commercialiser son robot Spot. Pour le rendre moins méchant, elle le présente comme un gentil toutou alors que l’engin est développé pour le militaire et fera merveille avec une arme. Dans les mains de Google, Boston Dynamics a été cédée à l’Arabie Saoudite. L’entreprise excelle dans la création de robots destinés à l’armée. Effrayant!

 

Spot est en vente pour 74’500$

 

Asie

Inde

Le gouvernement a augmenté à 50% ses taxes sur l’essence. Pour 1 litre, il vous faudra débourser 1,06$. Les budgets de l’Inde doivent trouver de nouvelles entrées car la situation est financièrement très tendue.

Un autre endroit très tendu se trouve à la frontière avec la Chine dans un coin retiré. Les soldats des deux pays ont réussi à s’entre-tuer, sans armes, pour un lopin de terre qui a la particularité de titiller la testostérone de Modi et Xi Jinping.

Le gouvernement va mettre fin au monopole de l’État sur le charbon et va vendre aux enchères 441 mines. L’objectif est de diminuer les importation en augmentant la production du 3ème producteur mondial derrière la Chine et les USA.

 

Australie

Après les incendies du début d’année, le lobby du charbon, la Minerals Council of Australia, a fait des propositions pour réduire l’impact du charbon sur le climat. Les propositions sont très ambitieuses et proposent d’augmenter la recherche et développement ainsi que d’utiliser des technologies qui restent à inventer. Bien évidemment, aucune date et aucun chiffre n’ont été proposés. On ne peut que regretter que cette proposition n’eut été faite un 1er avril.

L’Australie est le plus grand exportateur de charbon au monde et génère pour 48 milliards $ de revenus.

Le géant minier, Rio Tinto, a réussi a faire exploser un temple aborigène vieux de 46’000 ans afin d’agrandir une mine de fer. Coutumière du fait, la destruction à l’explosif de la grotte de Juukan Gorge aurait dû passer comme une lettre à la poste, mais là, même le gouvernement demande des comptes.

 

 Powell est le président de la Banque Fédérale Américaine.

 

Les Amériques

USA Schiste

Afin d’aider financièrement les entreprises pétrolières et gazières, le gouvernement Trump a relâché les normes environnementales et de pollutions.

La baisse du nombre de plateformes de forages a été stabilisée à 188 et 75 pour le gaz. Il n’est pas impossible que l’industrie ait touché le fond et n’ira pas plus bas. Les mois à venir le diront.

Plus de 85’000 emplois dans les services pétroliers ont été passés à la trappe selon la Petroleum Equipment Association. Au niveau des pétroliers on estime que 100’000 postes ont été supprimés.

Donald Trump s’était précipité sur son compte Twitter afin d’annoncer une création de 2,5 millions d’emplois. Sur la nouvelle les bourses ont grimpé. Quelques heures après l’annonce, le Département du Travail annonça que ce chiffre souffrait de problème de méthodologie car de nombreuses personnes sondées ne savaient pas si elles étaient au chômage ou licenciées.

Les nouvelles installations solaires ont chuté de 31% à 3,4 GW selon Wood Mackenzie et le Solar Energy Industries Association et 72’000 emplois sont à risque. Aux USA, l’énergie solaire représente 81,4 GW, assez pour satisfaire la demande de 15,7 millions de foyers.

L’élection va se jouer entre Donald Trump et l’ancien vice-président d’Obama, Joe Biden coutumier des gaffes et des parachutages de son fils dans des conseils d’administration. Pour éviter que Biden l’ouvre et balance des énormités, on a appelé Obama pour faire le service après-vente et ça marche. Depuis que Joe se tait, il est largement en avance dans les sondages. Qu’importe le choix du président, les 4,5 années à venir pourraient être surprenantes.

La Californie va lancer la production d’hydrogène à base d’énergies propres. Le prix de vente devrait entrer en parité avec l’essence d’ici à 5 ans.

La dette américaine vient de dépasser les 26’000 milliards $. Champagne!

 

Venezuela

Le pays continue d’envoyer du pétrole vers la Chine malgré les sanctions américaines dont 3,3 millions de barils en transit et 5 millions en direction du port de Qingdao. Les raffineries chinoises (comme celles des USA) apprécient le brut lourd du Venezuela qui permet la production de diesel et de kérosène.

Caracas a reçu l’essence livrée par l’Iran via ses tankers pétroliers. Les USA cherchent par tous les moyens de freiner ce transfert sans utiliser la force militaire.

 

Canada

L’entreprise, EarthRenew propose un système pour transformer les déchets et carcasses d’élevages en engrais. Ce système permet de générer sa propre électricité afin de rendre le processus énergétiquement neutre. La grande partie de cette «matière première» est gratuite car personne ne sait quoi en faire à part de la brûler ou pour l’intégrer aux produits cosmétiques ainsi que dans les aliments pour les animaux.

Les pétroliers canadiens sont dans une forme encore plus piteuse que leurs collègues américains notamment dans l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta.

 

Afrique

Nigeria

Shell n’a pas appliqué les recommandations des Nations Unies afin de nettoyer les rives du delta du Niger. En 2011, l’UN avait proposé la création d’un fond de 1 milliard $ pour réparer les dégâts des fuites de pétrole. Peu de progrès ont été réalisé dans un pays où la corruption règne en maître.

Alors que certains demandent que la compagnie pétrolière nationale Nigeria National Petroleum Corporation soit démantelée, Mele Kyari, son PDG, annonce «une nouvelle saison de transparence et de comptes rendus». En fait la NNPC est un gouffre à corruption et une caisse pour les politiciens. L’année dernière durant sa campagne pour devenir président, l’ancien vice président, Atiku Abubakar appellait la NNPC, et en toute simplicité, «une organisation mafieuse».

 

Phrases du mois

“L’Arabie saoudite et la Russie sont en mode de contrôle des dégâts. Il ne s’agit pas seulement de mesurer la demande. Il s’agit également de suivre le schiste américain sur une base mensuelle afin de ne pas permettre au schiste de rebondir rapidement.” Christyan Malek, JPMorgan

“Nous érodons les capacités de la planète à maintenir la vie humaine et la vie en général.” Gerardo Ceballos

“Nous avons systématiquement abdiqué devant les revendications de la Chine: transferts de technologies, traités inégaux, droits de douane déséquilibrés, razzia sur nos entreprises sans réciprocité. En résumé, un Munich industriel.” François Genthial, Red chef magazine Capital.

Michael O’Leary, PDG, Ryanair “Une fois que nous commencerons à voler en juin, nous vendrons n’importe quel prix afin d’occuper autant de sièges que possible, même si cela signifie perdre de l’argent pour les 12 prochains mois. Les bénéfices en souffriront un an ou deux, et c’est ce à quoi nos actionnaires devraient s’attendre.”

“Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça.” Coluche

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

La Banque Nationale Suisse investit dans les Banques de Schiste

Pour ceux qui étudient les investissements de la Banque Nationale Suisse SA, la société anonyme est une source d’émerveillement permanent.

Alors qu’elle se doit d’éviter les investissements dans le pétrole et gaz de schiste, le charbon, l’uranium, les énergies fossiles, les armes et les institutions bancaires, la direction préfère cocher toutes les cases.

Comme personne ne semble s’en offusquer, même pas le comité d’éthique ou les ministres des finances des cantons, la BNS a tenté le grand chelem: investir dans des banques qui investissent dans le pétrole de schiste aux USA! Deux interdits dans le même acte faisant une pierre deux coups. La performance est éclatante. Dans cet achat d’actifs, la BNS n’a perdu que 37 millions $ depuis le début de l’année.


Le pot aux roses a été découvert via une publication de Bloomberg d’une liste de 11 banques américaines en difficulté à cause de leurs implications importantes dans le schiste. Sur les 11 institutions bancaires pointées du doigt, la BNS n’en a ratée aucune. Respect!

 

Depuis le début de l’année, la valeur de ces banques n’a perdu que 37,6 millions $.

 

Cependant, la BNS ne s’est pas limitée à investir que dans ces banques. Elle a déversé son argent dans tout le système bancaire local américain. Vous pouvez trouver toutes les banques dans ce fichier mis à jour le 31 mars 2020.

 

Qu’en pense la Banque Nationale Suisse?

Devant cette découverte, j’ai pris contact avec le service de communication de la Banque Nationale Suisse avec ces questions:
   A) Pourriez-vous m’indiquer les motifs des investissements de la BNS dans des banques aux USA?
   B) Si vous n’avez pas cette liste, voulez-vous que je vous la fasse parvenir?
   C) Quel est votre avis sur ces investissements qui se heurtent à deux de vos règles en même temps (banque et environnement)?

L’éclairage est tombé comme la nuit: “Dans sa stratégie de placement, la Banque nationale suisse renonce à acquérir des actions de banques et d’autres établissements à caractère bancaire à moyenne ou à grande capitalisation de pays industrialisés. Elle s’abstient par ailleurs d’acheter des actions d’entreprises qui violent massivement des droits humains fondamentaux, qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement ou qui sont impliquées dans la fabrication d’armes condamnées sur le plan international.

Bref, le message standard “copier/coller” envoyé aux curieux dont je dois avoir 20 copies.

Devant cette non-réponse, je me suis permis d’insister. Au bout de 3 échanges, une information cruciale et décisive a enfin fini par transpirer: la directrice zurichoise de la communication n’apprécie pas l’humour et l’insistance des Welsches. Punkt Schluss!

 

Est-ce que la BNS investit contre votre entreprise suisse?

Si vous aussi vous voulez vous amuser, voici la liste des investissements de la BNS dans le marché américain au 31 mars 2020. Elle est mise gratuitement à disposition par le gouvernement américain.

Si vous êtes un entrepreneur, un chef d’entreprise, un innovateur de start-up, un PDG d’une multi-nationale comme ABB, vous pourrez immédiatement prendre connaissance des millions de $ que la BNS investit dans vos concurrents directs aux USA.

Ne parlez surtout pas de concurrence déloyale contre les entreprises suisses, la directrice de la com de la BNS n’apprécierait pas !

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Chine-USA: La situation se tend entre les deux pays
– Danemark: € 37 milliards pour soutenir l’éolien et l’hydrogène
– Espagne: La plus grande éolienne du monde fait 222 m.
– Arabie Saoudite: La TVA va passer de 5 à 15% pour combler le manque pétrolier
– Irak: Les mois qui viennent vont être importants
– Venezuela: L’Iran a envoyé plusieurs tankers d’essence pour dépanner le pays
– Japon: Sept entreprises travaillent ensemble pour un bateau électrique.


 

Décidément les cours du baril sont très farceurs et aussi imprévisibles que joueurs. Dans la surprise de ce mois, le prix du pétrole est plus cher aux USA (WTI) qu’à Londres (Brent).  Le déversement de sommes astronomiques par la Banque Centrale Américaine pourrait évoquer une piste. Le monde de la finance ne semble plus savoir quoi faire de tout cet argent, autant le mettre quelque part.

Les cours ont grimpé comme un bouchon de liège alors que les fondamentaux sont identiques au mois passé: surproduction, manque de place de stockage, demande en baisse.
Bref, à Londres, le Brent indique $35,33 (25,27$ fin avril) et à New York, le WTI double le mois précédent à 35,38 (18,60$ fin avril).

 

 Graphique du mois
Diminution de la demande par type de carburants
(essence, diesel, kérosène, gaz liquide, Autres)

 

Pétrole

L’offre dépasse toujours la demande et les places de stockage diminuent. Il n’est pas impossible de voir les cours du pétrole refaire un tour de carrousel durant le prochain mois.

De plus en plus de pays sortent du déconfinement et la demande va reprendre mais combien et quand?  Il semble que nous soyons encore assez loin d’un retour «à avant». Les avions comme les bateaux sont cloués au sol ce qui n’est pas une tâche facile pour un bateau.

Selon les sources, la baisse de la demande vogue entre -10 et -40 millions de barils par jour (b/j). L’Agence Internationale de l’Energie penche pour une chute de 25,2 millions b/j en avril et de 21,5 pour le mois de mai. Sur l’année 2020, l’IEA prévoit une baisse moyenne de 8,6 millions b/j. Soit la plus grande chute jamais enregistrée dans l’histoire du pétrole.

En plus du pétrole, le gaz est également dans l’oeil du cyclone. Le manque de place de stockage pousse les prix à la baisse. Contrairement au pétrole, il est plus facile de s’en débarrasser en le brûlant sur le lieu d’extraction.

Le PIB mondial devrait diminuer de 3,2 % cette année soit la plus grande contraction depuis 1930. Avant le coronavirus, la croissance était limitée à 2,5 %.  (Lire Dépression ou Récession : du cauchemar au rêves?)

 

Majors pétrolières

Les chiffres d’affaires d’ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, Halliburton, Schlumberger, Baker Hughes (USA), Shell (Hollande), BP (Angleterre), Total (France) , Eni (Italie), Equinor (Norvège) et Rosneft (Russie) ont baissé de 17% à $262 milliards au premier trimestre contre $ 315.5 milliards en 2019 selon Anadolu Agency. L’Oscar de la plus grande perte revient à l’entreprise de services Baker Hughes avec un trou de 10,21 milliards $ au premier trimestre.

Pour l’instant, seuls Shell et le norvégien Equinor ont décidé de réduire leurs dividendes. Toutes les autres maintiennent une rétribution de plus de 6% aux actionnaires.

A contrario des américains, Total, Repsol, BP et Shell ont annoncé des plans pour réduire leur impact carbone à zéro. Venant de pétroliers, le concept zéro carbone est théorique et sens bon l’auto-promotion. Cependant, la jeune génération, qui représente les clients de demain, pourrait tenir rigueur aux entreprises qui ont chauffé leur avenir.

 

 

Renouvelables

L’agence internationale de l’énergie prévoit que les projets solaires, éoliens et renouvelables prendront un peu de retard cette année mais seront en progression dès 2021.

En 2020, l’IEA pense que la demande d’énergie va diminuer de 6% dans le monde.

En comparaison, les entreprises d’énergies propres cotées à la bourse américaines ont augmenté de 2,2% alors que les entreprises d’énergies fossiles ont chuté de 40,5% selon l’Imperial College London. L’étude a étudié 163 entreprises fossiles et 19 entreprises renouvelables et note qu’entre 2010 et 2019, le retour annuel des renouvelables a généré un profit de 11,4% contre 7% pour les fossiles.

 

Automobile et Mobilité Douce

Les ventes de voitures thermiques devraient reculer de 23% cette année. Les voitures électriques devraient reculer de 18%.

Le marché automobile européen a chuté de 76,3% en avril, 55% en mars. Même avant la pandémie, l’industrie était en surproduction et seule la Chine pouvait engloutir ces nouveaux véhicules. La chute actuelle ne fait qu’accélérer la tendance et les pertes d’emplois soulignent le business model défaillant des constructeurs et un marché qui se rétracte. Paradoxalement, les constructeurs se tournent vers les gouvernements pour recevoir des aides financières alors que ces mêmes entreprises font tout pour éviter de payer des impôts.

A travers le monde, les ventes de vélos ont été démultipliées des USA à l’Europe. Aux USA, les ventes ont été multipliées par deux. Les trottinettes apportent également une réponse à la mobilité urbaine.

Certaines villes ont adapté leurs rues pour absorber ce déplacement de comportement et de trafic. Les USA font même face à une pénurie de vélos.

Après Tesla, c’est General Motors qui annonce une voiture électrique avec une durée de vie de 1,6 million de km avec la même batterie. GM devrait se passer de cobalt pour les électrodes.

 

Transports maritimes

Le transporteur de containers Maersk, 17% de part de marché mondial, a généré des bénéfices supérieurs aux attentes. L’entreprise a coupé ses charges de carburants et a augmenté ses coûts de transports afin de compenser la chute de la demande. Maersk prévoit une baisse de 20 à 25% de la demande entre avril et juin de cette année et aucune reprise solide avant la fin de l’année.

Dans l’Atlantique, les prévisions penchent pour 19 tempêtes dont 6 à 10 pourraient se transformer en cyclone. Dans les régions côtières des USA, la température de l’eau est déjà à point.

 

Les gens comme vous et moi

A travers l’Europe en mars, l’épargne des citoyens a augmenté, +€ 20 milliards en France, 16,6 en Italie et 10,1 en Espagne, 14,6 en Angleterre. A l’opposé, comme en 2008, les Allemands ont retiré leur argent de leurs comptes et font confiance au cash +39,7 milliards entre janvier et mai.

Une grande partie des ménages ont accumulé involontairement des économies à cause du confinement. Cependant devant l’incertitude sur l’emploi, ils pourraient être réticents à donner suite à leurs impulsions d’achats pour une nouvelle voiture, des voyages ou pour des objets inutiles. La confiance ne s’achète pas.

La Chine compte plus de 200 millions de chômeurs et les USA 42. La Russie est actuellement au coeur du cyclone. En Europe, les annonces de suppression d’emplois s’amoncèlent. L’augmentation de la consommation d’énergie pourrait prendre du temps.

 

Depuis 2014, le marché pétrolier est entré dans une nouvelle phase

 

Les pays au top du Hit-Parade du Mois

Chine

Après une accalmie suite à l’accord commercial de Donald Trump, l’ambiance entre la Chine et les USA a repris des couleurs vives et vire au rock & roll.

Pékin est en train de faire main-basse sur Hong Kong pendant que Trump tente de se faire réélire. L’option militaire n’est plus dans l’arsenal américain face à la puissante Chine. Il ne reste que le bouton «finance» dans les mains de la Maison Blanche mais la première salve de menaces de Trump a fait pchitt.

La Chine utilise à fonds l’outil diplomatique coronavirus pour consolider ses liens avec les autres pays et notamment dans la distribution de matériels sanitaire ainsi que dans la reconstruction économique et énergétique. La Chine est capable de réaliser et de financer à l’étranger des centrales nucléaire aux fermes solaires. Les pays sur la route de la Soie sont les premières cibles.

La demande pétrolière chinoise aurait grimpé à 13 millions b/j contre 13,4 millions b/j avant la pandémie. Cette hausse reste à confirmer dans les mois qui viennent, mais Pékin fait ses emplettes et profite des prix bas du pétrole afin de remplir ses réserves. Les 117 tankers pétroliers, qui se dirigent vers la Chine, représentent la plus forte concentration mondiale de livraisons pour un seul et même pays.

La demande de charbon est d’un tiers plus élevé que l’année passée à la même époque notamment à cause des fortes températures et de la demande d’air conditionné.

Le PIB chinois se serait contracté de 6,8% depuis le début de l’année selon le gouvernement. Pour mémoire, le PIB 2019 s’était soldé à +6,7%. Comme il s’agit des chiffres officiels, il est impossible de savoir s’ils ont été tirés au sort ou s’il s’agit de la réalité. La deuxième option semble la moins probable.

Le président Xi Jinping ne va pas fixer d’objectifs de croissance pour le reste de l’année, mais il va continuer de stimuler (comprendre injecter de l’argent) dans les entreprises locales.

Volkswagen espère pouvoir vendre autant de voitures cette année qu’en 2019 et cela malgré le coronavirus. En Chine, VW va investir € 2 milliards pour développer les voitures électriques. La Chine représente 40 % des ventes de VW dans ce domaine.

 

Danemark

Le pays va à nouveau se démarquer et lance un projet de 37 milliards € afin de construire deux fermes d’éoliennes et proposer de l’électricité renouvelable pour générer de l’hydrogène. Suite à la pandémie, le gouvernement ambitionne de créer des milliers emplois et de réduire ses émissions de 70% d’ici à 10 ans. Le projet de 4 GW sera principalement financé par le secteur privé.

En 1991, le Danemark avait construit la première ferme d’éoliennes offshores et depuis le pays a continué de pousser et de soutenir son industrie afin de maintenir son leadership et ses emplois dans le pays. Les deux fabricants, Orsted et Vestas ont atteint une envergure mondiale.

Le groupe Six, l’une des plus grande entreprise du pays, va lancer le plus grand consortium d’hydrogène au monde pour alimenter des bateaux, des avions, des camions, bateaux et pour l’industrie. AP Moller-Maerks, la compagnie d’aviation SAS, DSV Panalpina, les lignes de ferry DFDS, Copenhagen Aéroport et Orsted vont utiliser de l’hydrogène basée sur l’énergie éolienne d’ici à 2023.

 

Etats-Unis

Selon Bloomberg et Wood Mackenzie, la production pétrolière américaine est passée de 13,24 millions b/j en mars à 10,94 et devrait évoluer sous la barre des 10 millions dans les semaines à venir. Les chiffres divergent selon les agences. Cependant, un consensus s’accorde sur une baisse de plusieurs millions de barils par jour.

Les pertes d’emplois se montent à plus de 42 millions depuis le début de la pandémie. Stanford University pense que 40% de ces emplois seront perdus. On reste à Stanford. L’Université a refusé que son fonds de gestion sorte des investissements dans les énergies fossiles comme le pétrole ou le gaz.

La société de location de chauffeurs UBER continue sur sa lancée avec une perte de 2,9 milliards $ au premier trimestre soit le triple d’il y a un an.

Les Etats de New York et du New Jersey ont bloqué la construction d’un gazoduc qui devait alimenter en gaz 2,3 millions de foyers. Ce projet de $ 1 milliard entrait en contraction avec les lois environnementales des Etats. Les émissions de méthane du gaz naturel rendent cette énergie aussi nocive pour le climat que le charbon.

Le PDG d’ExxonMobil, Darren Woods au eu chaud. Lors de l’assemblée générale, le fonds anglais LGIM s’était allié à d’autres actionnaires afin de demander à ExxonMobil de divulguer ses activés de lobby contre le changement climatique ainsi que d’implémenter un commité indépendant qui aurait bousculé le PDG dans les questions d’énergies renouvelables. In fine, seuls 32,7% des actionnaires ont voté pour cette proposition.

Dans l’assemblée générale de Chevron, les investisseurs ont demandé au pétrolier de divulguer ses actions de lobby contre le changement climatique. Chevron a annoncé voir licencier 10 à 15% des ses 45’000 employés.

Avec Chevron, ExxonMobil est l’une des rares compagnies pétrolières à n’avoir aucune stratégie de diminution de CO2. Parmi les plus grands investisseurs d’Exxon on retrouve la Banque Nationale Suisse pour une valeur de $ 649 millions alors que l’action a dégringolé de plus de 50% durant ces 4 dernières années.

Avec une ardoise de 19 milliards $, la société de location de voitures HERZ USA-Canada s’est mis en protection de faillite. Ses problèmes datent d’avant le coronavirus.

 

Décompte des plateformes de forages pétrole et gaz aux USA

 

L’australien Quinbrook Infrastructure et l’électricien californien Arevia Power ont reçu le feu vert pour construire le projet Gemini Solar de 1 milliard $ avec 690 MW de panneaux solaires. Proche de Las Vegas, la ferme pourra également stocker l’électricité produite.

Pour leurs voitures à hydrogène Toyota, Hyundai et Honda offrent gratuitement pendant 3 ans les pleins d’hydrogène. En Californie, plus de 8’000 voitures à hydrogène sont en circulation avec 41 stations de recharge. Le kg est vendu à 13,99$ soit 1,47$ en équivalent essence. Le prix devrait descendre entre 10 et 8$ le kg dans les 5 années à venir selon la National Renewable Energy.

La Californie va ouvrir le plus grand centre de production d’hydrogène au monde avec 40’000 tonnes annuellement assez pour les besoins de 2’200 voitures.

Même si l’extraction du charbon est considérée comme un business essentiel et que les mines sont restées ouvertes durant le coronavirus, le nombre d’emplois dans le secteur minier a diminué de 12% à 43’800 employés en avril. La pandémie pourrait accélérer le déclin du charbon aux USA. L’utilisation des énergies renouvelables et le gaz opposent une trop forte concurrence pour qu’il reste compétitif.

Contagion ou récupération? Après que le PDG de BlackRock, qui après des années de pillage de l’économie, a vue les lumières divines, voici que Jamie Dimon, PDG de la Banque JPMorgan Chase, a aussi eu une vision. Avec un toupet certain, le brave homme annonce que “le corona sonne comme un réveil pour les gouvernements et les grandes entreprises afin de construire une économie qui englobe plus les millions de personnes pauvres qui sont laissées derrière et depuis trop longtemps.” Peut-être que de fermer une banque aussi prédatrice que JPMorgan Chase est une excellente première étape pour atteindre cet objectif?

Les cinq premiers milliardaires américains (Jeff Bezos d’Amazon, Bill Gates de Microsoft, Mark Zuckerberg de Facebook, Warren Buffet et Larry Ellison d’Oracle) ont vu leur fortune augmenter de 75,5 milliards $ entre le 18 mars et le 18 mai. Au total les 600 plus grandes fortunes américaines ont augmenté leurs fortunes de 434 milliards $  (+15 %) selon American for Tax Fairness et Forbes.

 

 

 

Europe

A part quelques gouttes de pétrole et de gaz dans la Mer du Nord, l’Europe est énergétiquement dépendante de pays tiers. Dans ce contexte, l’Europe s’engage dans un «Green New Deal» avec l’objectif de se sortir du pétrole, du gaz et du charbon d’ici à 2050.

Dans sa liste de recommandations d’investissement, la commission Européenne désire exclure les investissements dans les énergies fossiles et donner une ligne de conduite pour les assurances et les fonds de pension.
Mais il y a un mais! La Commission vient d’inventer un concept à hurler de rire et qui souligne avec délicatesse l’influence des petites enveloppes distribuées par les lobbies.

Elle défini une énergie fossile, comme «solide» comme le charbon. Une énergie fossile n’est pas «liquide» comme le pétrole et le gaz. Ainsi, seul le charbon sera exclu des recommandations.

 

Russie

En Sibérie en temps normal, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Depuis janvier, il fait chaud. Le joli mois de Mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle avec des températures de 30 à 35°C.

Ca chauffe également pour le Président Poutine qui voit sa côte de popularité descendre proportionnellement à la montée du coronavirus d’autant que les budgets de l’État dans les hôpitaux ont fondu comme la neige en Sibérie.

Dans l’accord OPEP+ (OPEP et Russie), Moscou devait fortement réduire sa production pétrolière afin de soutenir les cours. Connaissant la Russie, le chiffre lancé en l’air n’allait pas être respecté. Effectivement, la Russie n’est pas allé au-delà. Rosneft annonce qu’il est difficile de fermer les gisements pétroliers sans les endommager de manière définitive.

 

Allemagne

Dans la Saxe, après 180’000 km, le test de deux rames de trains à l’hydrogène se solde par un succès. Ainsi 14 rames du modèle Coradia iLint d’Alstom vont entrer en fonction pour remplacer les trains diesel.

Les ventes de BMW ont diminué de 61% en avril avec 121’000 ventes (au plus bas depuis 1990) et une chute de 97% en Italie, Espagne et en Angleterre.

Dans l’affaire du Diesel Gate, VW a déjà déboursé € 30 milliards. La facture va s’allonger car le constructeur va devoir racheter, à la valeur actuelle, les voitures truquées aux clients allemands lésés.

Faisant froncer les sourcils de la non-concurrence et des économistes traditionnels, le Gouvernement Allemand injecte des centaines de milliards afin de soutenir ses entreprises.

Lufthansa a pour l’instant refusé les conditions pour une aide de € 9 milliards.

 

Espagne

Quand la taille est importante! Siemens et le producteur espagnol d’éoliennes Gamesa Renewable Energy vont construire la plus grande éolienne au monde: Hauteur de 222 m et une puissance de 14 MW.  La SG 14-222 DD pulvérisera de 2m l’éolienne de General Electric. Les premières unités seront installées aux USA.

 

Angleterre

Bernard Looney, PDG de BP, pense que la pandémie pourrait avoir fait atteindre le peak de la demande pétrolière. Selon lui, «les technologies, qui permettent de travailler à la maison ou d’éviter les déplacements, vont couper la demande pour les voyages et les déplacements. Ces comportements pourraient persister dans le futur.»

BP a vu chuter ses bénéfices de 66% au premier trimestre. Le PDG désire investir dans les énergies renouvelables. En même temps, il ne sera pas trop difficile d’atteindre cet objectif car l’implication actuelle de BP est dérisoire. En moyenne, les majors pétrolières consacrent moins de 2% de leur investissements dans le renouvelable alors que les énergies vertes composent le 50% de leurs communiqués de presse.

AMTE Power et Britishvolt vont coordonner leurs efforts dans la construction d’une fabrique de batteries de 4 milliards £ afin de livrer les constructeurs automobiles et de stockage d’électricité basés en Angleterre. Dans la même veine, Tesla espère ouvrir une fabrique en Allemagne, pendant que le suédois Northvolt a récolté 1 milliards $ pour construire une unité en Suède.

Le pétrolier Hurrican Energy, autrefois positionné comme le champion de l’exploration dans la Mer du Nord, a suspendu ses prévisions d’extraction. Ses prévisions de 20’000 b/j dans les îles Shetland ne sont finalement pas réalistes. En 2017, il avait réussi à lever 530 millions $ pour extraire les 523 millions de barils qui se trouvaient sous les îles. Sur la nouvelle, la valeur de l’entreprise a chuté de 43%.

Le constructeur aéronautique Rolls-Royce va licencier 9’000 de ses 52’000 employés. L’anglais livre des moteurs pour Boeing et Airbus. Son business model repose sur le nombre d’heures de vols des avions, d’où les licenciements.

EasyJet va licencier 4’500 employés. D’ici à juillet, la compagnie aérienne espère retrouver le 30% de sa capacité de vol. Malgré les licenciements, la compagnie va garder ses vols à des tarifs moins cher qu’une pizza notamment pour les weekends indispensables à Barcelone.

 

Norvège

Le Fonds Souverain du pays de $ 1’000 milliards a décidé de renoncer aux investissements dans les entreprises qui utilisent plus de 20 millions de tonnes de charbon par année. En mai, le fonds est sorti du minier Glencore, des électriciens Anglo Amercican et Allemand RWE et du brésilien Vale.

 

Suisse

Le canton de Genève désire sauver le Salon de l’Automobile. Geste de désespoir? Sa fréquentation est en chute libre de 720’000 visiteurs en 2000 contre 600’000 pour 2019. La probabilité, que les billets 2019 deviennent collector, grandi.

En Suisse, la production d’électricité à base d’éolien et de solaire a atteint 284 kWh en 2019. Du coup, le pays fait une percée extraordinaire et remonte au 24 rang au niveau européen. Seules la Hongrie, la Slovénie, la Slovaquie, la République Tchèque et la Lettonie font moins bien que l’Helvétie selon la Fondation Suisse de l’Energie.

Glencore, le géant minier installé à Zoug pour des raisons d’optimalisations fiscales, fait face à une fronde de ses investisseurs soucieux du climat. Ils demandent le départ de Tony Hayward actuel président du conseil. Pour mémoire, Tony Hayward était l’abruti (pas trouvé d’autre mot) qui dirigeait BP lors de la marée noire Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique.

 

France

Renault va licencier 8% de ses employés soit 15’000 personnes dont 4’600 en France durant les 3 prochaines années. Le constructeur automobile souffre d’une surproduction et des pertes financières avaient été annoncées avant le coronavirus. Ses usines peuvent produire plus de 1 million de voitures alors que ses ventes dépassent à peine les 600’000 unités.

A Belfort, l’avenir de General Electric devient de plus en plus incertain et 70 employés ont été licenciés durant le confinement. Derrière la vente bradée d’Alstom à GE se cache Emmanuel Macron qui avait annoncé la création de 1’000 emplois en 2014. Il y a un an 792 postes dans l’entité gaz avaient été déjà supprimés.

 

 
Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Avec la chute du baril, le royaume tousse. Il y a 2 ans, le prince héritier Mohammed bin Salman avait introduit une TVA de 5%. Elle va grimper à 15% dès le mois de juillet.

Les fonctionnaires vont également voir disparaître des aides financières, histoire de réduire de $ 26,6 milliards le budget de l’État. Le secteur public emploie le plus grand nombre de nationaux et les salaires représentent le 50% du budget de l’État. Le département militaire pourrait également se serrer la ceinture.

Neon, la ville du future au bord de la Mer Rouge, pourrait passer aux oubliettes d’autant que les 500 milliards $ restent à trouver.

Pour se conformer aux quotas de l’OPEP, l’Arabie Saoudite devrait extraire 7,5 millions b/j. en juin, soit une baisse de 4 millions b/j.

Avec des ventes de 51,4 milliards $, Saudi Aramco annonce une baisse de 25% de ses revenus pour le premier trimestre avec un bénéfice de seulement 16,7 milliards $ contre 22,2 en 2019. Avant le coronavirus, la compagnie pétrolière nationale avait prévu de distribuer pour 75 milliards $ de dividendes cette année. L’objectif semble s’éloigner. Dans la foulée, elle va diminuer ses investissements d’extractions de 33 à 25 milliards $.

Ryad continue de vendre son pétrole en Asie avec un rabais de 5,9$ le baril pour une livraison en juin. L’objectif est de prendre des parts de marché à la Russie et aux autres concurrents.

La Chine a augmenté ses importations de pétrole d’Arabie Saoudite. Là aussi, cela sent les rabais.

Pour le nord-est de l’Europe, un marché important pour la Russie, l’Arabie Saoudite propose son pétrole avec un rabais de 3,7$ le baril.

 

Iran

Le pays a été durement touché par le coronavirus d’autant que les USA ont tout fait pour que le pays ne reçoit ni masque, ni ventilateur ou médicament. Les chiffres dépassent les 100’000 contaminés et approchent les 7’000 morts.

Après un calme relatif, le pays a été déconfiné. Mais comme le virus est joueur, il s’est installé dans la partie pétrolifère du pays. Ainsi dans la région d’Abadan, tous les bureaux, raffineries et exploitations pétrolières tournent au ralenti.

Avec la chute des prix du baril, les revenus du pays ont chuté. L’impact sur les citoyens et tout le système économique sera à mesurer dans les mois à venir.

 

Irak

Après des mois de vide, un nouveau premier ministre. Mustafa al-Kadhimi a été nommé à la tête de l’état. Il a muté Ali Allawi de ministre des finances au rôle de ministre du pétrole. Avec la quasi totalité des revenus de l’État qui proviennent du pétrole, on peut se demander l’utilité d’un ministre de l’économie.

Bagdad renégocie avec les majors pétrolières internationales afin de différer les payements. Avec le coronavirus et la chute des prix du pétrole, le pays se trouve sur le fil du rasoir. La production a déjà diminué de 700’000 b/j.

Au nord, les Kurdes ont enfin accepté de rétrocéder 250’000 b/j de pétrole ainsi que les revenus à Bagdad. Cette décision avait été prise à la fin 2019, mais avec la situation actuelle, les Kurdes ont préféré garder le tout pour eux d’autant que l’État Islamique reprend des forces.

L’État Islamique profite du vide et de la détérioration de l’ambiance entre les USA et l’Irak afin de reprendre des forces. En temps normal, des jets militaires patrouillent la région d’Anbar. Comme les budgets sont coupés, il n’y a plus de vols. Une deuxième vague de l’État Islamique pourrait surgir.

 

Yémen

Alors que le pays a obtenu un cessez-le-feu avec l’Arabie Saoudite, la pandémie de coronavirus a mis à genou le système de santé. De plus, une invasion monstrueuse de sauterelles a dévasté les récoltes. Les milliards de sauterelles se sont dirigées vers le Kenya.

 

 

Les Amériques

USA Schiste

Le gisement de schiste du Dakota du Nord a perdu 7’000 forages sur 16’000 et la production a diminué de 500’000 b/j. L’arrêt d’un forage coûte $ 20’000 alors il en faut $ 50’000 de plus pour le redémarrer selon le North Dakota Departement of Mineral Resources. Pour effectuer un forage, comptez une moyenne de $ 7 millions.

Dans les extractions de schiste, l’agence américaine de l’énergie annonce une production de 9 millions b/j avant la pandémie à 8 millions en mai et 7,8 en juin. Ces chiffres sont à prendre avec un peu de recul car la transparence n’est pas dans l’ADN de l’agence.

Les entreprises pétrolières Fieldwood Energy, Ultra Petroleum et Gavilan Resources ont annoncé leur faillite. La dernière était une protégée de BlackRock.

Chesapeake Energy évalue la possibilité de se protéger derrière le chapitre 11 des faillite. Le mois passé Diamond Offshore Drilling et Whiting Petroleum avaient fait le pas.

Selon Rystad Energy, si les prix du baril restent dans la zone des $30, plus de 70 entreprises pourraient faire faillite et 170 pourraient suivre en 2021.
Le nombre de pertes d’emplois dans le schiste aurait atteint 70’000.

Avec une armada de tankers pétroliers, l’Arabie Saoudite livre plus de 1,6 million b/j de brut aux USA. Les commandes avaient été passées avant l’arrêt de la guerre des prix le 12 avril dernier. Avec des prix cassés, ces livraisons pénalisent le pétrole de schiste. Les importations pétrolières américaines ont augmenté à 7,2 millions b/j.

 

Venezuela

Devant la pénurie d’essence qui paralyse le pays, l’Iran a envoyé 5 tankers de carburants avec plus de 200 millions de litres d’essence. Caracas prend toutes les mesures militaires pour protéger l’arrivée des tankers qui pouvaient être bloqués par les américains dans les Caraïbes. Pour l’instant, la US Navy a laissé faire.

Suite aux menaces américaines de sanctions financières contre le russe Rosneft, l’entreprise a vendu tous ses actifs au Venezuela à une entreprise russe détenue à 100% par Moscou. Cependant, la Russie craint les sanctions financières américaines et semble officiellement lâcher le secteur pétrolier du Venezuela. A confirmer.

Le Venezuela pourrait perdre la propriété de Citgo, qui génère un cash précieux. La compagnie pétrolière américaine est détenue par PDVSA la major pétrolière vénézuélienne. La cours suprême américaine a accepté la demande du canadien Crystallex de saisir pour 1,4 milliards $ les actions de PDVSA dans Citgo.

 

Argentine

Le gouvernement aimerait subventionner l’extraction pétrolière de schiste en rachetant aux producteurs le baril à un prix fixe de 45$ au lieu des cours qui naviguent entre 20 et 30$. Ca tombe assez bien car l’Argentine croule sous les dettes et pourrait faire un nouveau défaut de payement.

Le gisement de schiste de la Vaca Muerta a vu sa production s’écrouler et il est peu probable qu’une garantie de payement à 45$ fasse revenir les investisseurs et les producteurs.

 

Asie

Inde

Alors que le pays est sorti de son confinement, la demande de carburants a augmenté. Les ventes de diesel de 38% à -61% en avril, pétrole de -47,5% contre 61% en avril.

Les 20 millions d’habitants de Bombay représentent le 20% des infections de coronavirus et 25% des morts.

Le plus puissant cyclone jamais enregistré dans le golfe du Bengale, Amphan avec ses vents à plus de 180 km/h, a touché les côtes de l’Inde. La température élevée de certains océans pourrait promettre une saison cyclonique intense.

 

Japon

Nissan va réduire sa capacité de production de 7,2 à 5,4 millions de véhicules par an dès 2022. L’usine de Barcelone, Espagne, qui emploie 3’000 personnes sera fermée. Le groupe va abandonner l’Europe et se concentrer sur l’Asie. Nissan, en alliance avec Renault et Mitsubishi, a l’intention de supprimer 20’000 emplois dans le monde.

Sept compagnies japonaises ont formé le e5 Consortium afin de réaliser un nouveau bateau électrique capable de voguer entre les océans.

 

 

Afrique

Comme les médias ne s’intéressent qu’aux nouvelles locales du coronavirus, voici des infos sur les contaminations.

 

Libye

La Russie et la Turquie semblent les deux forces en charge du pays via leurs marionnettes locales. Moscou a misé sur le général Khalifa Haftar, qui tente de prendre, sans succès, la capitale Tripoli avec sa Libyan National Army (LNA). Cependant, Poutine pourrait choisir un nouveau cheval.

L’Egypte, la Russie, les Emirats Arabes Unis soutiennent également le général. Celui-ci a décidé de bloquer toutes les livraisons de pétrole et par ricochet, le budget du pays. Chaque jour qui passe mène au pied du mur. (Lire article)

De son côté, la Turquie soutient le Governement of National Accord (GNA) qui est également soutenu par la France, l’Italie et les USA.

A l’époque de Kadhafi, le pays exportait 1,7 millions b/j. Aujourd’hui, l’extraction est à l’arrêt.

 

Algérie

Le pays envisage d’installer pour 3,6 milliards $ de panneaux photovoltaïques (4’000 MG) afin de générer de l’électricité et pour faire face à l’augmentation de la demande.

 

Nigeria

Le plus grand producteur de pétrole africain a importé pour 20,89 milliards de litres en 2019. Le pays ne possède pas de raffinerie.

La justice anglaise a refusé la plainte déposée par le Nigeria contre l’Italien Eni et l’anglo-hollandais Shell. Le gouvernement nigérien avait porté une affaire de corruption des deux majors pour un montant de 1,1 milliard $. Le juge a précisé que l’Angleterre n’avait pas de juridiction afin de traiter ce cas.

 

Phrases du mois

Dans le passé, nous avons toujours été confrontés soit à une crise [alimentaire] du côté de la demande, soit à une crise de l’offre. Mais c’est à la fois une crise de l’offre et de la demande au niveau mondial. Cela rend cette crise sans précédent et inexploré.”  Arif Husain, Chef Economiste UN World Food Program

“Le succès du déconfinement dépend de notre intelligence collective. – Qu’est-ce qu’il a dit ? – Il a dit que l’on va tous mourir.

Je ne sais pas comment expliquer qu’un homme avec aussi peu de qualifications est devenu le président d’un pays de 210 millions d’habitants.” Virgilio Neto, Maire de Brasilia, Brésil au sujet de Bolosonaro.

“La Politique part d’un principe très simple, quand on manque de tout, un rien nous suffit, et quand il nous suffit d’un rien, on n’a pas besoin de grand-chose.” Coluche

 

La Lecture du Mois sur le Net

TechnoCivilisation : l’âge de déraison

Comment nos smartphones nous espionnent.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète

 

 

 

 

 

Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Chaos sur le pétrole américain. Il termine à moins 37$. Oui, -37$ !

Journée chaotique, historique et vice versa. Le prix du baril de pétrole américain, WTI, est passé sous la barre des zéros, à -37.36$ le baril pour être précis.

Pour bien comprendre, ce lundi, les heureux propriétaires de pétrole américain ont payé 37,63$ à celui qui voudra bien leur débarrasser de leur pétrole! L’industrie pétrolière a réinventé les soldes ou un moyen de piquer la une au coronavirus sur facebook.

La journée se termine alors que le baril valait encore +18,27 à l’ouverture, soit une chute de 55$! Après cette dégringolade, le WTI va remonter rapidement. Comment en est-on arrivé là?


 

Courage, fuyons

La semaine dernière, les t-shirts et casquettes “le pétrole à 19$, j’y étais” avaient été imprimés. Cet événement ne s’était plus reproduit le début du millénaire. Il fallait bien marquer le coup.

Mais hier, l’or noir a fait encore plus fort même si techniquement cette chute s’explique. Les traders ont dû liquider leurs positions sur les livraisons en mai. Dans les grandes lignes, certains traders avaient misé sur un contrat “future“: acheter hier pour se faire livrer en mai.

Ainsi, les heureux détenteurs de “ces futures” avaient le choix: soit de prendre physiquement possession de ce pétrole d’ici à la fin mai, soit de les vendre aux plus offrants ou moins offrants, c’est selon.

Aux USA, les capacités maximales de stockage seront atteintes d’ici à 2 semaines. Donc, à part stocker ce pétrole sur leurs balcons ou dans les salles de conférences, les traders ont dû s’en débarrasser selon le principe de la patate chaude. Le dernier, qui l’a en main, aura le privilège de recevoir les barils devant sa porte. Les prix ont dégringolé durant toute la journée pour atteindre les -37$.

Les gagnants pourraient être les petits malins qui ont sécurisé des places de stockage ou des tankers. Ils pourront attendre que les prix remontent pour extraire de juteux profits.

 

 

Où stocker le pétrole américain ?

Avec la pandémie de coronavirus, la demande mondiale de pétrole a chuté. Comme un forage n’a pas de fonction on/off, l’or noir continue de couler à flot. Il faudra encore quelques jours afin de diminuer sensiblement la production.

La semaine dernière, l’Agence Américaine de l’Energie avait annoncé un surplus de 19.2 millions de barils en une semaine. Selon Baker Hughes, aux USA 66 forages ont été éteints la semaine dernière et il en reste 438 en activité soit 387 de moins qu’il y a une année.

 

Producteurs sous pression

Cette situation pourrait encourager les producteurs américains à faire faillites au lieu de payer des millions pour se débarrasser de leur production. Le mouvement a déjà commencé. Il est nécessaire d’attendre la fin de la tempête pour répertorier les survivants.

Selon Bloomberg, cette hécatombe pourrait donner une opportunité à des activistes du climat afin de racheter, pour une bouchée de pain, ces compagnies afin de garder le pétrole dans le sol. Même si l’on reste dans la théorie, l’idée est séduisante!

 

Make the pétrole great again

Cette situation est une épine dans le pied du président Trump. Il y a 2 semaines, il tweetait en fanfare l’accord de l’OPEP et du G20 et le maintien de centaine de milliers d’emplois dans le secteur.

Si le pétrole de schiste a offert à la Maison Blanche “une dominance énergétique“, l’arme se retourne. Malgré l’injection artificielle de milliards $ dans l’industrie, le schiste est sous respiration artificielle. Il n’est pas certain qu’il redeviendra great again.

 

Dans le reste du monde

Plus au nord, au Canada, le baril se vend à 1 centime $ pour les 159 litres d’un baril. Ce qui confirme l’adage : je pers sur chaque baril que je vends, mais je me rattrape sur la quantité !

A Londres, le baril est resté, plus ou moins stable à 25,95$ le baril. Aujourd’hui, le Brent est moins impacté sur les places de stockage car il concerne un grand nombre de pays. Si la pandémie continue, les choses pourraient rapidement changer. Attendons pour voir.

La seule pincée de certitude: le pétrole américain, WTI, va remonter. Les achats futurs pour le mois de juin se situent à 20$. Ce matin, il est repassé sur la barre des 1$.

 

Le pétrole est la denrée la plus importante et la plus précieuse pour l’Economie mondiale. Analyser ses dysfonctionnements, la désorganisation des pays producteurs et l’impact sur le climat montre la folie d’avoir basé toute notre confiance sur un pareil cheval.

Cette stratégie a bien fonctionné jusqu’à aujourd’hui. La roue tourne et elle pourrait le faire sans pétrole!

 

 

Pétrole : 19$ hier soir et 26$ ce matin

(mise à jour: le 20 avril: le baril chute à 11,51$).
Le baril de pétrole est entré dans la zone des 19$ pour ses 159 litres, soit 12 centimes l’unité, 10 fois moins cher qu’un litre de Coca-Cola!  A 19,57$, je voulais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Ca, c’était le début de l’article écrit hier soir. Ce matin, après avoir rafraichi 20 fois la page des cours, oui, c’est bien ça ! Le baril américain a pris 6$ en moins de temps qu’il n’aura fallu à Donald Trump pour annoncer son plan de réouverture du pays.


Pétrole à 19$, “J’y étais”

Il n’en fallait pas plus aux algorithmes des super-ordinateurs boursiers pour en déduire que la pandémie aux USA est terminée. D’ici à ce weekend, Joe America va bondir dans son pick-up truck pour aller prendre un avion en direction de Cancun afin d’acheter l’IPhone 11 et de siroter une Corona dans un bar bondé.

Il est réconfortant d’imaginer que notre monde est géré par ce genre d’ordinateurs et que les Banques Centrales déversent des milliards pour sauver les bourses.

Bref, même pas eu le temps d’imprimer les casquettes : “Pétrole à 19$, j’y étais”.

 

Mise à jour le 20 avril: le cours du baril chute aux USA

 

Volatilité extrême

Dans la réalité, l’Agence Internationale de l’Energie annonce une chute de 30% de la demande de pétrole mondiale.

La Russie traine des pieds et trouve des excuses pour ne pas trop réduire sa production comme annoncé lors de la réunion de l’OPEP. Ils ne sont pas les seuls. Chacun passe son temps sur Google pour chercher une excuse autant inédite que crédible.

Le stock sont bientôt pleins avec la question : on fait quoi quand c’est plein?

 

Attendre pour voir

Le pétrole ressemble à une boule magique sur un trampoline qui rebondit dans tous les sens. On ose à peine imaginer ce qui va se passer aujourd’hui.

Une solution : fermer les yeux et les rouvrir dans une semaine.

 

Pétrole : Le coronavirus plus fort que l’OPEP et le G20 ?

Contaminé par le coronavirus, le prix du baril de pétrole tousse. Il est toujours en vie, mais il tousse.

La semaine dernière, grâce à un tweet dont il a le secret, Donald Trump avait réussi à le réanimer et à faire bondir les cours de +25% en quelques heures!

Rééditer cet exploit était l’objectif de la fusée à deux étages concoctées par l’OPEP, le cartel du pétrole, et les 20 pays les plus musclés du monde, le G20.

Il y a urgence. Le carburant de l’Economie mondiale, le pétrole, est au soin intensif. Investissements sabrés et une volatilité qui ressemble à un coq à qui l’on vient de couper la tête, ont ponctué une semaine du meilleur épisode de Dallas.


 

Le coup de communication de l’OPEP reposait sur la conjonction d’un accord des producteurs de pétrole du côté de l’offre, ainsi que des intentions d’achats des pays du G20 du côté de la demande. Si avec ça, les algorithmes des super ordinateurs de la bourse ne mordent pas à l’hameçon, c’est à ni rien comprendre.

 

Mardi 7 avril 2020

Avec un baril à 25$, le pétrole de schiste américain et le pétrole bitumineux canadien sont sous respirateurs. Au vue de l’état de santé du système de santé américain, l’inquiétude règne.

Aux USA, les coupes ont déjà enlevé 600’000 barils/jours (b/j) et la baisse pourrait atteindre les 2 millions b/j. Il y a une année, le nombre de forages sur le sol Yankee dépassait les 1’000. Il en reste 664 selon Baker Hughes et 30 ont fermés durant la dernière semaine.

Plus au nord, les producteurs canadiens consentent des rabais de plus de 10$ pour écouler leur pétrole aux USA. Les places de stockage commencent à manquer. Il ne reste que les soldes sur Amazon et Ebay pour vendre les invendus.

 

Fluctuations des prix du pétrole et leurs explications durant la dernière semaine

Source: Cryptonitewatch. Cliquez pour agrandir.

 

Mercredi 8 avril 2020

Comme pour chauffer la salle, le président américain annonce qu’il a contacté Vladimir Poutine et Mohammed bin Salman (MBS) prince héritier d’Arabie Saoudite.

 

Vidéo conférence de l’OPEP

 

Jeudi, 9 avril 2020

Le cartel du pétrole, l’OPEP, ainsi que les plus grands producteurs mondiaux ont organisé une réunion virtuelle afin de répondre à la destruction de la demande évaluée à 25 millions barils/jour sur les 100 millions extraits.  Objectif, faire remonter les cours malgré le coronavirus.

Rejoint par la Russie et d’autres pays producteurs, cet OPEP+ se présentait avec deux options:
Plan A : annoncer qu’aucun accord n’est trouvé, que nous allions tous mourir dans d’atroces souffrances et que le baril va toucher les fonds.

Sans surprise, c’est le plan B qui a été choisi.

On prépare la fumée blanche, et comme il y a 1987 années, on annonce une résurrection. Cette fois, c’est celle du pétrole avec -10 millions b/j. produit par l’OPEP+, et cela dès le joli mois de mai qui ressemble à un “mois de mais…”.

Le communiqué de presse a été salué par les cloches du monde entier, sauf celles du Mexique. Le pays refuse de réduire sa production de 400’000 b/j.  Caramba ! L’Arabie ne peut pas laisser un pays membre de l’OPEP se dérober. Il va falloir négocier et Trump met son nez à la fenêtre.

 


Nouveaux quotas d’extraction pour les pays,
sauf le Mexique qui se limitera à 100’000 b/j

En vert: la production actuelle. En turquoise: l’objectif

 

Vendredi, 10 avril 2020

Les membres du G20, dont la Suisse invitée, participent à une conf call de 13h à 19h30 avec les ministres de l’Energie de chaque pays.

L’Arabie Saoudite suggèrent fortement aux pays du G20 de remplir leurs réserves de sécurité pétrolière. L’objectif est double : 1) trouver un endroit pour stocker le surplus de pétrole 2) soutenir les cours du baril.

En temps de pandémie, il n’est pas banal de demander aux pays de dépenser leur argent pour acheter du pétrole.

La Chine, le Japon et l’Inde se frottent les mains et voient une aubaine d’acheter un pétrole bon marché pour relancer leurs économies en temps voulu.

Pour les USA, c’est un moyen de subventionner (sans le dire) leurs champions avec un chèque de 2 milliards $ afin de faire déborder la réserve nationale.

En Europe, à part la Norvège, les pays sont dubitatifs. Ne serait-ce pas le moment de commencer à sortir du pétrole ? L’Arabie Saoudite débarrasse de la table cette idée farfelue. L’Economie mondiale c’est du pétrole. Un point c’est tout!

 

Comme à son habitude, une réunion du G20 se termine toujours par un communiqué de presse dont la bonne humeur n’a d’égale que celle d’un labrador devant sa gamelle. Le cocorico ne mentionne aucun chiffre contraignant, aucune coordination. Un grand vide organisé en quelque sorte.

En réalité, on retrouve le même comportement qu’avec les masques et les ventilateurs du coronavirus. Chacun pour soi et dieu pour tous. Ceci résonne comme une alarme en cas de pénurie de pétrole dans les années à venir.

 

L’ouverture de la cession de l’OPEP comme si vous y étiez

 

Samedi 11 avril 2020

L’Arabie insiste pour que le Mexique se plie aux quotas imposés. Il ne s’agit pas d’une question de quantité, mais de ne pas créer une brèche parmi les membres du cartel de l’OPEP.

Les USA annoncent qu’ils ne vont pas demander à leurs pétroliers de diminuer leur production. On ressort l’argument de la main invisible du business qui règlera le tout. Trump est en train d’avaliser que son pays ne fera rien et que les efforts doivent être fournis par les autres. La main invisible, c’est peut-être lui!

ExxonMobil et Chevron s’opposent catégoriquement une baisse de leurs productions. On soupçonne les grands pétroliers de glisser des peaux de bananes sous les concurrents les plus petits. L’idée est de les racheter pour une bouchée de pain lors des faillites à venir. Ça, c’est l’autre main du business.

 

Dimanche 12 avril 2020

L’Arabie Saoudite n’aura pas réussi à tordre le bras du Mexique.

Au milieu de la pandémie, le Mexique a besoin d’entrée financière. De plus, son champion pétrolier Pemex, croule sous les dettes et le rating du pétrolier national est déjà catastrophique. Impossible de trouver de l’argent sur les marchés, seule la vente de pétrole peut faire l’affaire.

Le fantasque président Andrés Manuel López Obrador voit d’un très mauvais œil une baisse de 20% de sa production. In fine, il obtient un passe-droit.

Au total, l’OPEP+ annonce une baisse théorique de 9,7 millions b/j. de ses extractions. En pratique, il n’est pas nécessaire de faire un dessin.

 

Lundi 13 avril 2020

Au total l’OPEP+ annonce 9,7 millions b/j en moins et les autres pays producteurs -5 millions. Au total : -15 millions de barils par jour alors que le surplus pourrait atteindre les 25 millions.

Les marchés pétroliers ouvrent. Si les algorithmes sont bien synchrones, les cours devraient grimper, ou pas. Mais qu’importe. Les semaines à venir apporteront la température du pétrole et renseigneront sur l’efficacité du placébo proposé par l’OPEP.

Le coronavirus va bien au-delà de l’OPEP et du G20, mais l’envie de «revenir rapidement à avant» engendre ces gesticulations.

On dirait que le monde commence à s’apercevoir que le pétrole ne fonctionne pas selon les lois du marché mais qu’il est régi par des cartels financiers et pétroliers, par des subventions gigantesques et par de la manipulation. Rien de neuf. Ce concept avait été mis en place par John Davison Rockefeller, il y a 100 ans.

Bref, la semaine écoulée a produit l’un des meilleurs épisodes de Dallas. On se réjouit de voir le prochain, mais il va falloir être créatif pour faire aussi fort.

Dans la nuit, un teaser a même été dévoilé par Donald Trump, qui est devenu l’espace d’une semaine, le roi de l’OPEP.

 

 

Et si Nabilla faisait chuter les prix du pétrole?

Donald Trump est un génie. Jeudi dernier, avec un seul et unique tweet, il a réussi à faire grimper les prix du baril de 20 à 28$! La plus grande hausse dans l’histoire du pétrole en 24h.

Son passage sur Twitter a permis de générer une plus value de 800 millions $ par jour pour l’industrie pétrolière.

Comment est-ce possible ? Est-ce que Nabilla pourrait en faire tout autant?


 

L’homme qui…

Si l’on devait faire un film sur Donald Trump, le titre est déjà trouvé : «L’homme qui murmure aux algorithmes.» Depuis son arrivée au pouvoir, il a compris qu’il suffisait de placer des mots bien choisis afin de nourrir les ordinateurs des bourses mondiales afin de manipuler les cours. Il a déjà sévi un nombre incalculable de fois. Avec 100% de réussite, le gars est un expert.

Je m’égare, revenons au tweet de jeudi dernier.

Trump a donc écrit :
Juste parlé à mon ami MBS (le prince héritier) d’Arabie Saoudite, qui a parlé au Président Poutine de Russie. J’attends et espère qu’ils vont réduire d’environ 10 millions de barils et peut être encore plus, si cela se produit ce sera great (intraduisible) pour l’industrie gazière et pétrolière.” Votre estimé Donald J. Trump.

 

Du côté de la bourse, voici comment nos amis les super ordinateurs ont disséqué la missive:
1. Message de @realDonaldTrump : 75 millions d’abonnés  =  Avec autant d’abonnés, ce qu’il dit doit être vrai
2. Il a discuté avec MBS = Holy Moly, là, c’est du solide. On tient quelque chose
3. MBS a parlé à Vladimir = Oh my God ! Il a parlé à papa.
4. 10 millions de barils en moins =  Accchhhhhhèèèèèèèteeee !
5. goto line 1

Bon, c’est schématique, car dans la réalité cette opération se déroule en moins d’une seconde. L’objectif est de comprendre le mécanisme.

 

Le bons sens et la réalité remplacés par l’inintelligence artificielle

Dans les lieux de trading, à force d’avoir remplacé les humains par des super ordinateurs, on arrive à ce genre d’absurdité. Le plus drôle dans cette crise, c’est que les Banques Centrales déversent des centaines de milliards $ pour soutenir les bourses alors qu’il suffirait de retirer les prises de ces machines pour retrouver un peu d’intelligence et de réflexion. Visiblement, les Banques Centrales ont des potes qui travaillent dans l’informatique.

Ce qui est inexplicable par contre, c’est que vendredi, les traders auraient pu analyser la situation avec un peu de recul. En réalité, ils font preuve d’autant de réflexion qu’un labrador devant sa gamelle.

1) La Russie a confirmé que le tweet était du pipeau. Par contre, elle se réjouit de cette augmentation qui lui rapporte 60 millions $ de plus par jour. Moscou n’a pas officiellement demandé à Donald d’en remettre une couche, mais à coup de 60 millions par jour, pourquoi pas.

2) Les USA ont annoncé qu’ils n’allaient pas réduire leur production. Donc l’entier de la baisse devait être assurée par la Russie, l’Arabie Saoudite et l’OPEP.

3) Avec le CoronaVirus qui est en train de commencer à paralyser les USA et l’Inde, la surproduction mondiale est d’environ 25 millions de barils jour. L’OPEP pourrait organiser une réunion extraordinaire, mais la surproduction restera.

 

Et si Nabilla

Si les algos scrutent les influenceurs pour leurs stratégie d’achats, une idée m’est venue.

Nabilla, si vous lisez cette rubrique, pourriez-vous participer à une expérience ?  Bon, je n’ai pas un gros budget mais on pourrait faire un «product placement » pour compenser.

Pourriez-vous envoyer un tweet ou poster un truc sur instagram du style:
Hello les fans. Dès demain lundi plus personne n’utilise son avion, sa voiture, son shampoing, son vernis à ongle (sauf le Mavala Rouge Paris) <ça c’est pour le product placement>. J’ai un ami d’un ami qui parlé à Vladimir, il est ok. Ensemble, nous allons réduire la consommation de pétrole de 11 millions de barils par jour. Je vous aime.“<ou un truc comme ça>.

Si demain lundi, les cours repartent à la baisse, vous mériterez vraiment le titre d’influenceuse !

Avec l’absurdité des algorithmes et de cette réalité inventée par les financiers, il n’est pas improbable que cette expérience fonctionne. Chiche ?