Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Février 2021

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Arabie Saoudite: Le prince héritier balancé par la CIA sur le meurte du journaliste Jamal Ahmad Khashoggi
– Inde: La consommation d’énergie en forte hausse et le PIB va doubler d’ici à 2040
– Danemark: Construction d’une île géante pour dispatcher les énergies
– France: Total change de nom et il va falloir trouver € 100 milliards pour les centrales nucléaires
– Italie: Snam se lance dans la production et le transport d’hydrogène
– Brésil: Jair Bolsonaro a licencié le PDG de l’entreprise pétrolière nationale
– Corée du Sud: Hyundai procède au plus grand rappel de batteries électriques de l’histoire
– Nigeria: La plus grande raffinerie pétrolière d’Afrique arrive.


Le pétrole est en pleine forme. Il est remonté comme un bouchon de liège alors que le corona force à une activité réduite dans de nombreux pays et que les avions hibernent. Après avoir dépassé les 65$, il s’est calmé pour terminer le mois à 64,42$ (55,04$ fin janvier) à Londres et à $61.50 à New York ($52.14 fin janvier).

 Graphique du mois
Le baril de pétrole remonte à +$65

Pour lire la suite de la revue mensuelle sur 2000Watts.org.

 

Les Entreprises pétrolières publient des pertes abyssales

L’année 2020 aura été une année particulière dans la fabuleuse histoire du pétrole et du gaz. Est-ce un tournant?

Si le pétrole avait débuté l’année à plus de 60$ le baril, il est ensuite passé dans un cycle de montagnes russes entre moins 37$ (oui -37!) pour ensuite remonter à 40.

Les plus grandes majors pétrolières sont souvent perçues comme riche à millions. Dans la réalité, les entreprises privées, cumulent plus de $ 250 milliards de dettes. Leurs pertes se chiffrent en milliards.


Dans les mois/années à venir, il est fort possible que nous assistions à des fusions, pour autant que les gouvernements acceptent que leur fleuron énergétique passe dans des mains étrangères.

Alors que les chiffres 2020 viennent d’être publiés, faisons le tour des amércains ExxonMobil, Chevron, ConoccoPhillips, de l’anglais BP, du hollandais Shell et du français Total.

Leurs espoirs reposent sur une augmentation des prix du baril et du gaz. Ca tombe bien, le pétrole est passé sur les 60$ à Londres.

 

ExxonMobil

Le plus grand pétrolier américain, ExxonMobil, poste une perte de $ 22,4 milliards pour l’année 2020. En comparaison, le bénéfice de 2019 culminait à $ 14 milliards.

Sans rire, Darren Woods, son PDG, pense que «l’année dernière fut le marché le plus difficile que son entreprise a eu à faire face.» Les ventes ont diminué à 182 milliards $ au plus bas depuis 2002 (260 milliards en 2019).

Même si la major c’est pris un bouillon, le dividende de $ 0,87 par action est maintenu tout en licenciant 1’900 employés. Dans les bruits de couloir, il se dit qu’Exxon pourrait racheter le No 2 américain: Chevron.

La dette d’ExxonMobil culmine à $ 67.6 milliards.

 

Chevron

Le No2 américain, Chevron, a perdu 5,5 milliards en 2020 contre un bénéfice de 2,9 milliards en 2019.

Son chiffre d’affaires est passé sous les 100 à $ 94,7 milliards.

Comme ses confrères, après avoir licencié plus de 10’000 collaborateurs, les dividendes sont maintenus à $ 1,29 par action.

L’américain va réduire ses investissements et ses explorations à 14 milliards soit 7 de moins qu’en 2019.

Bien que l’année fut difficile, Chevron a acheté le pétrolier et gazier de schiste Noble Energy pour la modique somme de 13 milliards $. Ce mouvement annonce une possible consolidation du marché pétrolier et gazier.  Chevron pourrait également se faire avaler par ExxonMobil à moins qu’elle ne rachète Exxon.

La dette de Chevron pointe à $ 34,8 milliards.

 

ConoccoPhillips

ConocoPhillips, le No3 américain, a annoncé une perte de $2,7 milliards pour 2020 contre un bénéfice de 7,2 (tiens un palindrome chiffré avec son bénéfice) en 2019.

La dette de l’entreprise est minuscule, en comparaison avec les autres, seulement 13,4 milliards $.

Elle pourrait être une proie pour les autres pétroliers, à moins qu’une fusion lui permette de mutualiser ses coûts et augmenter sa rentabilité. En tout cas, c’est ce qui ce dit quand on fusionne!

 

Royal Dutch Shell

Shell tient la palme de la plus belle gamelle avec $ 19,9 milliards de pertes sur 2020. Alors que la culbute est énorme, l’entreprise en a profité pour augmenter ses dividendes de 4% avec 17,35 centimes par action, afin de pouvoir compter sur les investisseurs. Qui dit dividende et pas d’argent, dit licenciement. Dans ce cas, c’est 9’000 employés qui ont quitté Shell.

L’entreprise a également effacé pour $ 20 milliards d’actifs de son bilan et dévalué la valeur de ses gisements.

En 2019, Shell avait réalisé un bénéfice de $ 15,3 milliards. Son PDG, Ben Van Beurden annonce “avoir pris des décisions difficiles mais décisives dans une année extraordinaire.”

La dette de l’entreprise s’élève à $ 75,4 milliards.

 

BP

Pour la première fois en 10 ans et après la marée noire de DeepWater Horizon, l’anglais BP présente une perte de 5,7 milliards $ contre un bénéfice de 10 milliards en 2019.

Bernard Looney, son boss, pense “que le 4ème trimestre a été aussi difficile que toute l’année 2020.”

L’entreprise a supprimé plus de 10’000 emplois afin de maintenir des dividendes de $ 5,25 centimes par action.

Dans sa liste au Père-Noël, BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs et de champs pétroliers et gaziers durant les 4 prochaines années. L’objectif est de trouver des fonds pour payer ses investissements dans les énergies vertes et continuer ses dividendes.

La dette de l’entreprise s’élève à 39 milliards $.

 

Total

En 2020, Total accuse une perte nette record de $ 7,2 milliards contre un bénéfice de $ 11,2 milliards en 2019 et continue de payer un dividende de € 0,66 par action.

Le groupe, qui veut changer de nom en TotalEnergies pour mieux refléter la transition énergétique.

“L’année 2020 a connu deux crises majeures: celle de la pandémie de la Covid 19 qui a fortement affecté la demande mondiale, et celle du pétrole qui a conduit les prix du Brent à un niveau inférieur à 20 dollars par baril au cours du deuxième trimestre”, selon le PDG Patrick Pouyanné.

Les résultats nets sont également plombés par les dépréciations d’actifs de $ 8,1 milliards, dont 7 milliards sur les sables bitumineux au Canada.

Du côté de l’emploi, l’entreprise s’est séparé de 700 employés, ce qui est bien moindre que ses concurrents.

La production d’hydrocarbures se monte à 2,8 millions de barils par jour -9% sur un an.

La dette nette de Total s’établit à 37,13 milliards.

 

 

 

 

Face à Washington, rocambolesque pirouette allemande pour du gaz russe

Les américains auront tout fait pour bloquer les prochaines livraisons de gaz russe à l’Allemagne via la construction du deuxième gazoduc Nord Stream 2. Cette intrusion américaine dans les affaires européennes a pour but de diminuer les livraisons de gaz russe pour les remplacer par du gaz de schiste ou du gaz liquide “made in USA”.

Pour contourner les sanctions américaines, il a aura fallu trouver une faille. C’est exactement là où on n’entendait pas la contre-offensive que l’offensive arriva. Pour ce faire, l’Allemagne a créé une fondation sur le climat dont le but est d’aider à terminer la construction de ce gazoduc !


 

C’est ainsi que le «Fonds de Protection pour le Climat du lander de la Mecklembourg-Poméranie occidentale» a vu le jour avec un financement de 200’000€ par le lander Allemand et 20 millions € par le consortium Nord Stream 2 et Gazprom.

Les américains n’avaient pas imaginé la possibilité d’une pareille pirouette.

Ainsi, la fondation nouvellement créée a pour buts de promouvoir des projets de protection de l’environnement, de la nature et du climat, mais aussi de pouvoir être active sur le plan commercial et donc de financer les entreprises qui vont terminer la construction du Nord Stream 2. Le parti d’Angela Merkel a voté pour cette création, avec en arrière plan, la protection des entreprises allemandes face aux intrusions américaines.

 

Rapidement terminer le gazoduc

Il reste à terminer la pose de deux tronçons, 120 km dans les eaux du Danemark et 28 dans les eaux territoriales allemandes. En 2019, l’entreprise Allseas, basée en Suisse, avait arrêté la pose des tuyaux sous la pression américaine.  A la place, le navire russe de pose de conduites Fortuna a recommencé à raccorder 1,5 km de pipeline par jour afin de terminer le travail. Ce 18 janvier, Washington a mis sous embargo le navire russe.

Une fois les tuyaux installés, il restera à mettre en service ce gazoduc d’une capacité de 55 milliards m3 de gaz. Il doublera la capacité de son jumeau le Nord Stream 1.

Au total, l’opération aura coûté 9,5 milliards € et produira plus de 140 milliards kg de CO2 ainsi que des tonnes de méthane, gaz à effet de serre. On peine à comprendre la stratégie climatique de l’Allemagne, mais là n’est pas le propos.

Du côté de la fondation climatique, elle devrait fermer ses portes une fois le processus achevé, pirouette, cacahuète.

Energies : Tendances et Surprises à observer en 2021

Alors que nous sommes englués dans la pandémie de Corona, il est bien difficile d’imaginer ce qui va se passer durant 2021.

Au lieu de prédictions dérisoires, quelles sont les tendances à observer et les surprises qui pourraient émerger au niveau des énergies : pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables et le climat?


Pétrole

Tendances

Au fur et à mesure que le coronavirus diminuera, la demande augmentera et pourrait passer de 90 à 96 millions de barils par jour. Les producteurs sont prêts à bondir sur leurs derricks pour ouvrir les vannes.

Les différents stimuli économiques aux USA, Asie et en Europe devraient faire remonter les cours du baril pour autant que la pandémie régresse.

Alors que la date du peak oil s’approche (soit de la demande ou de l’offre, c’est selon), l’avis général est qu’il n’est pas d’actualité pour cette année. Il devrait pointer le bout de son nez d’ici à la fin de la décennie et dès 2027 pour certains pétroliers.

La lame de fonds de la voiture électrique, dont la profondeur exclue un retour aux moteurs thermiques, devrait commencer à peser sur la demande pétrolière.

Les voyages de loisirs en avion devraient grimper alors que cette tendance pourrait encore attendre 2022 pour les voyages d’affaires.

L’OPEP n’aura plus à se soucier des tweets menaçants de Trump pour faire baisser les cours du baril.

 

Surprises

Du côté de l’OPEP, les quotas devraient perdurer durant 2021, même si de plus en plus de pays producteurs désirent extraire le maximum de pétrole, qui se trouve sous leurs pieds, sous peine de devoir le laisser là, et manquer des rentrées financières. En Arabie Saoudite, certains se demandent pourquoi le royaume devrait continuer à se sacrifier afin que les autres pays puissent encaisser des pétrodollars à leur place.

L’objectif des producteurs est de faire grimper les cours le plus haut possible pour équilibrer leurs budgets. Juste assez haut, mais pas assez pour détruire la reprise économique, telle est l’équation.

Dans quel état réel se trouve le schiste américain? Pourra-t-il rebondir? C’est la grande question de l’année.

 

 

Gaz naturel

Tendances

La Russie avance dans son tissage d’autoroutes du gaz en direction de l’Europe et de la Chine.

La construction du gazoduc Nord Stream 2, qui double les livraisons de gaz Russe à l’Allemagne, devrait se terminer. Les premiers m3 de gaz devraient couler durant l’année et ajouter 125 milliards kg CO2 dans la balance de l’Allemagne.

Au Sud de l’Europe, un nouveau gazoduc de 10 milliards m3 transite depuis l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie.

La Turquie, Israël, Chypre et la Grèce devraient continuer à s’écharper sur le partage du gisement gazier du Léviathan en Méditerranée. On peut faire confiance au président Turc pour venir chatouiller les protagonistes et l’Europe.

 

Surprises

Promue par l’industrie gazière en tant “qu’énergie de transition“, le gaz naturel pourrait faire face à une remise en question au niveau mondial.

De nouveaux satellites ont été mis en service pour mesurer les émanations de méthane dans les gisements de gaz. Les résultats ne sont vraiment pas bons d’autant que le méthane, gaz à effet de serre, est 28 fois plus virulent que le CO2. De plus en plus de villes et de régions bannissent l’utilisation du gaz dans les bâtiments pour le chauffage et la cuisine.

Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide, au niveau mondial, ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

 

Nucléaire

Tendances

Les yeux vont se tourner vers Joe Biden. Il détient une clé pour la Corée du Nord ainsi que pour la remise en route de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Si cet accord devait être remis sur la table, l’Iran pourrait arrêter l’enrichissement de son uranium à but militaire et revenir dans les limites prévues. En échange, Téhéran pourrait à nouveau exporter librement son gaz et son pétrole pour alimenter son budget. Dans le cas contraire, l’ambiance sera chaude. Dans l’autre cas, c’est l’Arabie Saoudite et Israël qui grinceront des dents car si le budget iranien augmente, le niveau de testostérone, dans la région, devrait monter de manière proportionnelle.

Comme à son habitude, la Corée du Nord et Kim Jong-un devrait nous surprendre.

Les eaux radioactives de la centrale de Fukushima sont déversées dans le Pacifique faute de place et de budgets. Quel sera l’impact sur les populations dans les mois à venir?

 

Surprises

Le “soleil artificiel” mit en service par la Chine va attirer les regards et les attentes. Un premier réacteur de fusion nucléaire a été mis en service en décembre. Les résultats sont attendus avec impatience.

 

 

Charbon

Tendances

L’Inde et la Chine dévorent le charbon. Corolaire à cette boulimie, le prix du charbon thermique a pris plus de 60% pour atteindre les 80 à 100$ selon la qualité.

La demande sera donc soutenue en 2021.

 

Surprise

Comment va répondre l’industrie du charbon face aux différentes régulations et taxations du CO2 ?

 

 

Renouvelables

Tendances

Au niveau mondial, l’énergie solaire est devenue la source d’électricité la meilleure marché. L’éolien a le vent dans le dos et de nombreux pays s’équipent. Le charbon et le gaz ne sont financièrement plus dans le coup, même s’ils restent essentiels dans la stabilisation du réseau.

Au niveau des citoyens, le partage de la production solaire entre voisins génère de l’électricité hyper locale. Cette tendance devrait progresser.

Les solutions de stockages sont financièrement de plus en plus rentables et certains pays exportent leurs électricités vertes sur des centaines / milliers de kilomètres comme Australie-Indonésie ou Allemagne-Norvège-Angleterre.  La Chine planifie l’exportation de son électricité en Europe.

Et si vous pourriez acheter votre électricité sur le modèle d’un abonnement de smartphone? Vous payez un forfait fixe par mois, qu’importe la quantité. Les plus gourmands auront droit à une option “illimitée” plus dispendieuse.

 

Surprise

Si vous pensez que l’idée précédente était incongrue, Tesla pourrait jouer le rôle de grain de poivre dans votre assiette.

Ainsi le constructeur automobile américain s’est implanté en Allemagne et en Angleterre afin de tester la communauté de partage d’électricité entre propriétaires de Tesla. Si vous avez des panneaux solaires et une Tesla, vous allez pouvoir recharger votre compte en banque électrique Tesla et l’utiliser soit pour recharger votre voiture soit pour vendre votre électricité partout en Europe. A travers le continent, les producteurs d’électricité tentent de réagir à ce changement de business modèle.

 

 

Financement des Energies

Tendances

Christine Lagarde, Directrice de la Banque Centrale Européenne, pourrait décider d’arrêter les investissements dans les obligations des grands pollueurs et les énergies fossiles. La Banque Centrale Européenne détient pour €248 milliards d’obligations d’entreprises gazières, pétrolières et charbonnières.

Si 2019 et 2020 ont lancé les prémices d’une mobilité électrique avec un Tesla en fer de lance, l’année 2021 devrait continuer sur cette tendance et voir arriver de nouveaux acteurs comme Nio. Tous deux ont crevé l’écran à la bourse.

Si les actions des entreprises actives dans l’hydrogène ont commencé à prendre l’ascenseur durant ces derniers mois, avec l’arrivée de Joe Biden et le soutient financier de la Chine pour ses champions, l’industrie pourrait être la surprise de l’année ou de la décennie.

 

Surprise

Après avoir perdu plus de 1 milliard $ dans les actions des deux fleurons américains du pétrole/gaz ExxonMobil et Chevron, la position de la Banque Nationale Suisse devient de plus en plus intenable.

Dans le cas où la Banque Centrale Européenne active son plan de désinvestissement dans les énergies fossiles, la doctrine du financement des grands pollueurs du Conseil Fédéral, des Cantons et de la BNS pourrait s’effriter.

 

 

Climat

Tendances

Après une accalmie en 2020, les émissions de CO2 et de méthane devraient remonter à des niveaux d’avant la pandémie.

L’année 2020 est l’une des 3 années les plus chaudes, qu’en sera-t-il en 2021 ?

Alors que de nombreux pays ont communiqué leurs ambitions de diminution d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, pour l’instant il s’agit essentiellement d’effets d’annonces. 2021 pourrait apporter des pistes et des propositions.

 

Surprises

Un retour des USA dans l’accord de Paris?  Même si actuellement ce document ressemble à un outil de communication, un dialogue entre la Chine, l’Europe et les USA pourrait émerger.

En novembre, la nouvelle COP26 à Glasgow pourrait accoucher sur d’autre chose que le traditionnel bide.

 

Finalement

A la sortie de la pandémie, au niveau des énergies, l’année 2021 sera-t-elle une année de transition ou de continuation?

Il est trop tôt pour le dire, mais il est fascinant de voir l’accélération des changements dans une industrie qui n’a été qu’un long fleuve tranquille durant plus de 100 ans.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Climat: 2020 très chaud, mais moins que les années à venir
– Danemark: Le pays va stopper ses extractions pétrolières et gazières
– Chine: Pékin met en service l’un de ses trois “Soleil Artificiel”
– Angleterre: Une première-station “d’essence” 100% électrique pour véhicules électriques
– Venezuela: Drôle tour de passe-passe Russe pour contourner l’embargo américain
– Pékin va financer l’Irak. La dette est plus efficace que la force pour maîtriser un pays
– Inde: 250 millions de citoyens contre les multinationales.


Avant de débuter cette revue, tous mes Voeux pour 2021!

Durant cette année de corona, les visites ont été démultipliées et vous avez été plus de 500’000 à lire les revues mensuelles. Deux points importants: pas facile de faire plus court et il y a toujours ces satanées coquilles (c’est un peu comme les oeufs de Pâques en chocolat, si vous en trouvez: bon appétit!)

Vous êtes bien installés? Ca commence….

Quelle année pour le pétrole! L’or noir en aura vu de toutes les couleurs et pour la première fois d’atteindre un prix négatif à -37$ pour un baril. Est-ce un tournant historique?  L’année 2021 nous dévoilera des indices supplémentaires. Le baril termine à 51,80$ ($56.77 début janvier 2020) à Londres et $48.42 ($51.72) début janvier 2020).

 

 Graphique du mois
Le prix du baril de pétrole durant cette année 2020

Regard sur 2020 et le possible 2021

Dans les énergies fossiles, l’histoire indiquera si 2020 fut un tournant, un point de départ ou une continuation. L’architecture industrielle et financière pétrolière a été sérieusement endommagée. Repartira-t-elle en 2021 et si oui, où?

De plus en plus d’acteurs penchent pour un peak oil entre 2025 et 2028. Le désaccord porte essentiellement sur l’année.

En ce début 2021, l’accès à certains loisirs ou voyages ne pourrait plus être accessible à celui qui n’aura pas un papier qui le déclare vacciné ou innocent.

L’OPEP, le cartel du pétrole, a baissé ses prévisions de consommation mais a paradoxalement décidé d’injecter plus de pétrole sur les marchés car de nombreux pays producteurs se trouvent financièrement dans une belle panade.

L’Agence Internationale de l’Energie pense qu’il va falloir plus de temps que prévu pour que la demande de pétrole retrouve les niveaux de 2019.

 

Climat

Alors que la Nina a refroidi la planète, la température calculée pour 2020 est supérieure de 1,2° C par rapport à la moyenne et bien supérieure à la période préindustrielle. C’est parmi les 3 années les plus chaudes, mais moins que celles à venir.

Cette hausse nous ramène à l’accord de Paris. Il y a 5 ans, cet outil de communication annonçait des mesures pour limiter le réchauffement à 1,5 degrés. Nous y sommes bientôt. Du coup, il va bien falloir annoncer un nouvel objectif. Avec +10 degrés, les gouvernements devraient avoir la paix pour un moment, non ?

L’année 2020 avait débuté sur les chapeaux de roue avec des incendies monstrueux en Australie. Elle se termine dans l’Atlantique avec un nombre record de tornades et autres cyclones après un détour en Californie avec des incendies géants et de solides typhons en Asie. 2021 et les années suivantes devraient être pire.

Global Carbon Project estime nos émissions de CO2 à 37 milliards de tonnes de CO2 en 2020 contre 40,1 en 2019. La quasi-totalité provient de l’utilisation des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon.

La Chine a annoncé un plan pour réduire son “intensité carbone”  de 60% d’ici à 2030. Cependant, Pékin annonce ne pas dévoiler ses plans avant que les USA ne fassent un pas.  En y regardant de plus près, “l’intensité carbone” est le ration entre l’activité économique et les émissions de CO2. Rien à voir avec une diminution des émissions. Il flotte dans l’air comme une légère impression de “on n’est pas prêt d’y arriver.”

Pour faire face au bouleversement climatique, la société a intérêt à se rapprocher au lieu de se diviser (Lire: Seules les femmes peuvent répondre au réchauffement climatique ?).

 

 

Solaire

C’est en augmentant l’efficacité des panneaux solaires, qu’il est possible d’augmenter la production d’électricité d’un panneau. Une nouvelle version avec du pérovskite/silicone fait grimper le rendement de 17% à 29,15%.

En diminuant de 89% en 10 ans, l’électricité solaire est devenue la source d’électricité la plus abordable.

 

Charbon

Les prix du charbon à usage thermique ont pris l’ascenseur, +40% à 80$ la tonne en Australie et +65% à $100 en Afrique du Sud. La forte demande, notamment en Chine, au Japon et en Corée du Sud, en est la cause.

La Chine ratisse le charbon en Russie, en Indonésie et en Afrique du Sud pour éviter de l’acheter à l’Australie. Depuis que Canberra a demandé des comptes à Pékin sur le Coronavirus, les chinois ont lancé une pression impressionnante sur l’Australie à base de cyberattaques massives et l’arrêt de l’achat de produits comme le charbon.

 

Finance

Il y a 10 ans, NextEra, Iberdrola ou Enel étaient des entreprises inconnues qui avaient misé sur les énergies renouvelables. Aujourd’hui, NextEra a dépassé la capitalisation d’ExxonMobil et de BP. Les résultats financiers les places comme les nouvelles Majors d’énergies vertes.

De l’autre côté de la force, les institutions financières traditionnelles continuent d’injecter des milliards $ dans les énergies fossiles, industrie qui saigne son argent. Depuis 2016, 1’600 milliards $ ont été déversés dans les projets de gaz, pétrole et de charbon alors que des centaines de milliards $ ont été perdus.

 

Hydrogène

L’hydrogène est en passe de devenir une source énergétique commerciale et de trading comme le pétrole et le gaz. Bank of America pense que l’industrie pourrait atteindre un marché de 11’000 milliards $. A cette hauteur, l’hydrogène remplacera le pétrole comme carburant. La Commission Européenne a élaboré une stratégie hydrogène pour toutes ses industries d’ici à 2050.

L’espagnol Iberdrola, Orsted du Danmark et l’italien Snam se sont réunis pour développer 25 GW d’hydrogène vert pour un tarif de 2$ par kg d’ici à 2026.

Le pétrolier Equinor et l’énergéticien allemand RWE ont rejoint le projet NortH2 afin de produire 4GW d’hydrogène à base d’éoliennes d’ici à 2030 et 10 GW d’ici à 2040.

Si vous avez investi dans les actions d’entreprises à hydrogène, votre année a été financièrement très prolixe notamment si vous avez misé sur Nel ASA, SFC Energy, Plug Power, Bloom Energy ou Ballard Power Systems. Dans certains cas, c’est plus fort que Tesla !

Les fabricants de camions, DAF, Daimler, Iveco, Volvo, Man, Scania et Ford vont plancher sur la construction de camions à hydrogène afin de bannir le diesel d’ici à 2040. De son côté Hyundai est en train d’introduire en Suisse une flotte de camions à hydrogène pour tester le marché Européen.

 

Gaz

Le gaz liquide est en train de remplacer le pétrole lourd pour le transport maritime, industrie qui doit réduire ses émissions de soufre.

La production de gaz naturel liquide implique l’émissions de grandes quantités de gaz à effet de serre. Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

Véhicules électriques

Dans les 2 ans, les coûts d’une batterie devrait passer sous les $100 le kWh. Les prix ont chuté de 90% entre 2010-2019 avec un prix moyen de $137/kWh selon le BloombergNEF contre 1’200$ en 2010.

Il ne va falloir que quelques années avant que les voitures électriques soient moins dispendieuses que les voitures thermiques.

Dessin: Hedgeye

 

Dans le top du hit parade du mois

Danemark

Une première dans le hit parade pour ce pays. Mais contrairement à pas mal de contrées (comme la Suisse ou la France), il met en pratique ce qu’il dit au niveau énergétique et climatique.

Ainsi, le gouvernement a décidé de cesser l’exploitation pétrolière et gazière dans la Mer du Nord. Le Danemark porte ses ambitions d’une diminution de 70% de ses émissions de CO2 d’ici à 2030. Avec 103’000 b/j de pétrole et 3,2 milliards m3 de gaz, le Danemark est le plus grand producteur pétrolier de l’Union Européenne. En plus, Copenhague va également investir 1,6 milliards € dans les initiatives climatiques.

Le plus grand fabricant éolien du monde, Vesta a investi € 500 millions dans un partenariat avec le fond d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners (€ 14 milliards d’actifs sous gestion) afin d’augmenter les projets à travers le monde. Le marché devrait quadrupler durant les 10 années à venir. Pas du bénévolat, mais pour créer des emplois

 

Les Etats-Unis d’Amérique

Les USA étaient rentrés dans l’année 2020 dans la peau du plus grand producteur mondial de pétrole avec 13 millions b/j. Quelle culbute !
Il aura fallu une pandémie pour massacrer l’architecture financière pétrolière ainsi que son industrie. La Russie et l’Arabie Saoudite ont retrouvé leur leadership.

Trump s’est appuyé sur une “dominance énergétique”, Obama-Biden avaient inventé la doctrine “d’abondance énergétique” en supportant corps et âme le pétrole de schiste. Que va faire l’administration Biden-Obama dans les 4 années à venir ?

La New York State Common Retirement, le 3 ème plus grand fonds de pension du pays avec 226 milliards $, va retirer ses investissements de 12 milliards $ dans les énergies fossiles dont le pétrole et le gaz de schiste. En juin, elle était sortie de ses investissements dans 22 entreprises charbonnières.

La fondation Rockefeller, créée en 1913 par John Rockefeller et les revenus pétroliers, a décidé de se désengager des investissements pétroliers.

Durant 2020, le nombre de forages pétroliers ont diminué de 467.

La fille de Donald Trump, Ivanka et son mari Jared Kushner ont acheté la maison de Julio Iglesias en Floride pour la modique somme de 30 millions $.  Espérons que personne ne les fasse chanter.

General Motors et sa compagnie Cruise ont lancé leurs voitures sans conducteurs dans les rues de San Francisco. Le service de taxis robots entre en compétition avec Uber et Lyft.

ExxonMobil, le fleuron pétrolier américain depuis 135 ans, aligne une perte de 2,4 milliards $ durant les 9 premiers mois de l’année.

Malgré le double effet KissKool, Trump et le corona, les installations d’énergies renouvelables ont grimpé de 43% cette année, +23 GW en 12 mois.

Après un premier déversement de $2’200 milliards dans le système financier US, une nouvelle enveloppe de 2’600 milliards a été posée sur la table par la Banque Centrale. Ainsi, l’aviation devrait recevoir à fonds perdus 50 milliards $, 2 milliards pour les aéroports, 10 milliards pour les autoroutes, 2 pour les lignes de bus inter-villes, 35 milliards $ pour la recherche sur les énergies éoliennes, solaires, batteries, nucléaire et séquestration du CO2.

546 centrales à charbon(30%) ont été mises à l’arrêt depuis 2010 et 50 entreprises ont fait faillites. Au total 100 GW d’électricité au charbon ont été retiré des lignes pour être remplacé par des centrales à gaz de schiste. Climatiquement, le gaz et le charbon sont pratiquement aussi nocif l’un que l’autre. Donc, pas d’amélioration de ce côté-là.

 


FED : Banque Fédérale Américaine qui continue d’injecter des liquidités dans le marché amérricain

 

Chine

Dès 2028, la Chine devrait devenir la première puissance économique devant les USA. Grâce au corona, Pékin a gagné 5 années sur les précédentes estimations selon le Centre of Economic and Business Research basé à Londres.

Le plus grand raffineur du pays, Sinopec, prévoit que la demande de produits pétroliers pourrait atteindre son pic en 2025 notamment avec l’introduction des voitures électriques. La demande de diesel pourrait toucher son pic dès l’année prochaine. Durant cette année 2020, la demande de carburants a diminué de 7%.

Les ventes de voitures électriques entre janvier et octobre s’élèvent à 914’000 unités (-9.2% par rapport à 2019). Elle pourrait atteindre les 1,8 millions d’unités en 2021.

Pékin a mis en service son “soleil artificiel” afin de tester la fusion nucléaire avec son HL-2M Tokamak installé à Chengdu. En théorie, la fusion nucléaire se fait sans émission de gaz à effet de serre, sans production de déchets radioactifs et avec moins de risques d’accident. Avec ce système, la Chine espère pouvoir générer de l’électricité d’ici à 2040. Ce soleil artificiel devrait atteindre les 150 millions de degrés Celsius. La Chine possède deux autres soleils artificiels.

Pékin termine sa prise en main de Hong Kong et en mettant en prison tout ce qui bouge. Même le richissime et propriétaire du journal Apple Daily, Jimmy Lai, a été emprisonné avec Joshua Wong du mouvement de démocratie. Alors que la Chine est en passe de devenir la première puissance mondiale, est-il possible d’imaginer l’impact des us et coutumes chinoises aux USA et en Europe ?

La mise en place du marché carbone va être retardé pour ouvrir durant la première partie de 2021.

D’ici à 2025, la Chine va étendre son programme de modification du climat notamment avec l’iodure d’argent injecté dans les nuages. L’objectif est de créer artificiellement de la pluie et de la neige sur une surface de 5,5 millions km2. Lors des Jeux Olympiques de 2008, un système similaire avait été employé pour diminuer les pluies et réduire le smog. Le gouvernement a injecté 1,3 milliard $ dans différents programmes entre 2012 et 2017.

 

Emission de CO2 / énergies fossiles

Coal:charbon;  NG: gaz naturel ;  oil: pétrole;   FF = énergies fossiles   Gto : giga tonnes

 

 

Europe

Le Brexit s’est opéré. Bon, ça c’est fait.

 

Russie

Le budget de l’Etat ne dépend plus qu’à 30% du pétrole et au gaz selon Vladimir Poutine. En 2019, cette part était encore de 40%. Moscou a réussi là où les pétromonarchies du Moyen-Orient restent engluées dans les hydrocarbures. La Russie peut compter sur ses exportations de bois, de minerais, de produits agricoles et d’armements.

Le gazoduc Nord Stream 2 pourrait commencer à livrer son gaz à l’Allemagne d’ici à la fin 2021. La pression économique américaine sur les entreprises européennes impliquées a réussi à freiner le projet mais pas à le stopper. Grace à ce gazoduc, l’Allemagne va doubler ses importations de gaz russe à plus de 110 milliards m3/an.

La stratégie énergétique Russe repose sur les gisements d’hydrocarbures dans la région Arctique du Yamal et la péninsule du Gydan. Selon Vladimir Poutine, dans les 10 à 15 ans, ces régions seront utilisées notamment pour alimenter la Chine en énergie.

Rosneft, le géant pétrolier Russe, aurait fait une découverte massive d’un champ gazier dans la Mer de Kara.

Toutes les personnes vaccinées avec le vaccin Sputnik V devront éviter de boire de l’alcool pendant 42 jours selon le ministre de la santé.

Le ministre iranien du pétrole, Zanganeh, s’est rendu à Moscou afin “d’examiner l’évolution des marchés pétroliers mondiaux car nous sommes dans une situation délicate”.

 

Angleterre

Même s’il n’a aucun plan, le premier ministre Johnson ambitionne une réduction de 68% des émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 1990).

Hurricane Energy, le groupe pétrolier anglais, est sur le point de faire faillite. Il y a longtemps, le groupe de la Mer du Nord était une étoile montante de l’énergie en Europe.

Les éoliennes de la Mer du Nord sont en train de remplacer le pétrole et le gaz. Plus de 27 milliards $ sont prévus pour multiplier par 4 la production actuelle.

La première station-service entièrement électrique a été inaugurée à Essex. Elle est la première des 100 stations prévues par Gridserve et Hitachi Capital UK. La station comprend 26 chargeurs rapides (300km en 20 minutes) avec de l’électricité à 100% renouvelables.

British Airways va collaborer avec ZeroAvia afin de construire un avion à hydrogène. L’entreprise a levé 37,7 millions $.

Easyjet va repousser ses achats de 22 avions Airbus de 2022 à 2027. En 2020, l’entreprise a essuyé sa première perte annuelle de son histoire. Pour soulager sa trésorie, Easyjet a vendu plusieurs avions  et supprimé 4’500 emplois.

EDF a demandé au gouvernement anglais de se pencher sur sa proposition de construire deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR sur le site de Sizewell C, dans le comté de Suffolk. Particularité très intéressante, EDF demande aux consommateurs de payer dès aujourd’hui, les 23 milliards € pour la fabrications des 2 réacteurs nucléaires, qui pourraient être mis en fonction dans 10-15 ans. Ainsi EDF demande une hausse immédiate de la facture d’électricité pour alimenter le fonds de construction. Grâce à ce stratagème, EDF transvase ses risques et ses frais financiers sur les citoyens.

L’Angleterre possède 15 réacteurs nucléaires. D’ici à 2024, 4 des 8 centrales devront fermer. D’où la pression d’EDF pour remplacer les vieilles centrales par de nouvelles.

 

Production éolienne en Angleterre

 

Allemagne

Les débuts commerciaux de NordLink de 1,4 GW, qui relie électriquement la Norvège et l’Allemagne, ont débuté le 9 décembre. A terme, le projet reliera l’Allemagne, l’Angleterre et la Norvège pour des échanges électriques.

Siemens prévoit un rebond de l’industrie ferroviaire et notamment des trains de nuit qui relient les capitales ainsi que l’installation de nouvelles lignes afin de diminuer les émissions de CO2. Le marché global des trains devrait grimper de 25% dans les 3 prochaines années.

 

Norvège

Le groupe technologique Wärtsilä and Grieg Edge et le hub d’innovation norvégien Grieg Star penchent sur un tanker propulsé à l’ammoniaque pour 2024.

 

Finlande

La Radiation and Nuclear Safety Authority de Finlande (STUK) a annoncé un incident dans une centrale nucléaire à Olkiluoto. Le taux de radiation dans la Centrale a augmenté mais est restée confinée. La purification d’un système d’eau pourrait en être la cause.

Sur la même île d’Olkiluoto, EDF-Areva avait débuté en 2005, la construction d’une centrale nucléaire EPR pour un montant de 3 milliards € et une mise en service en 2009. Finalement, la centrale devrait être mise en fonction en février 2022 pour une douloureuse estimée à 10 milliards €. Bonne nouvelle pour la Finlande, l’Etat français devrait financer une partie de ce surcoût.

 

Hollande

Plusieurs cadres de Shell, en charge de la stratégie de développement durable, ont démissionné. Une lutte interne met face à face ceux qui continuent dans la direction carbone/pétrole et ceux qui imaginent une ouverture sur les énergies renouvelables. Marc van Gerven, responsable du stockage solaire et production éolienne, Eric Bradley division énergie et Katherine Dixon, transition énergétique, Dorine Bosman vice-présidente pour l’éolien, ont quitté l’entreprise.

Les employés sont en train de questionner si les changements vont intervenir. La direction ne semble pas vouloir d’un changement radical.

Shell va à nouveau réduire ses coûts et ses actifs. Cette fois, c’est le Golfe du Mexique avec 4,5 milliards $ de coupes avec la fermeture de raffineries et de l’arrêt de gaz naturel liquide. Shell avait déjà passé à la trappe 18 milliards $ d’actifs depuis le début de l’année et arrêté l’achat de ses actions. Afin de retrouver du cash, le PDG, Ben van Beurden, a annoncé une période de hausse des dividendes après que l’action a dévissé de -40% cette année. Shell va supprimer 9’000 emplois.

 

Suisse

Il ne s’y passe rien. Tout le monde attend que la loi sur l’énergie bouge… ou pas.

Juste un petit détail. Entre 2014 et 2020, la Banque Nationale Suisse, la BNS, s’est pris un énorme râteau de 1 milliard $ dans ses investissements dans les 2 pétroliers américains: ExxonMobil et Chevron. Mais comme le gouvernement Suisse ne sait pas quoi faire avec 1 milliard, c’est tout bon.

 

France

Alors que le site nucléaire EPR de Flamanville croule sous les retards et les dépassements de budget, EDF annonce que Penly devient le site retenu pour les prochains réacteurs nucléaire EPR. Le site de Penly est construit sur un polder et vulnérable à la montée des eaux.

 


(Gas = Essence)   Les Banques Centrales qui éteignent le feu

 

Moyen-Orient

Irak

Le pays a extrait 3,685 millions b/j en novembre sous les quotas de l’OPEP de 3,8. Le mauvais temps et la crise interne ont freiné le processus.

Le gouvernement va dévaluer sa monnaie de -23% pour faire face aux problèmes économiques. Même avec ce tours de force, le budget 2021 du pays ne sera pas bouclé.

Englué dans des dettes, suite à la chute du baril de pétrole, l’Irak a fait appel à la Chine pour se financer. Ainsi ZhenHua Oil Co va pouvoir extraire 130’000 b/j pendant 5 ans avec un payement une année à l’avance de 2 milliards $. La stratégie de la dette a été développée par la Chine dans son concept de route de la soie. Il est plus facile de contrôler un pays par une dépendance financière qu’avec des armes.

 

Arabie Saoudite

Le pays a dévoilé un budget en diminution de 7% à 263 milliards $ pour 2021. La plus grande dépense du pays est réservée à l’armement et non aux clubs de foot.

Les exportations pétrolières ont augmenté à 6,15 millions de barils par jour (b/j) en octobre.

Dans le port de Jeddha, un tanker pétrolier de la compagnie Hafnia a été attaqué par un bateau rempli d’explosifs. L’incendie a pu être maitrisé avant que la situation ne dégénère.  L’attaque pourrait avoir été menée par les Houthis du Yémen.

 

Iran

Le président Rouhani espère que l’administration Biden va renouer avec l’accord sur le nucléaire de 2015. La suite s’écrira en 2021.

Si les sanctions sont levées, Téhéran pourrait extraire 4,5 millions b/j et en exporter 2,3. Le budget du pays se base sur cette option.

Les images satellites utilisées par TankerTrackers estime les exportations pétrolières à 1,2 million b/j. Si tel est le cas, les sanctions américaines peinent de plus en plus à se matérialiser.

 

Oman

Le pays a établi une nouvelle entreprise pétrolière : Energy Devlopment Oman (EDO) et se focaliser sur le plus grand gisement du pays, le Block 6 d’une capacité de 650’000 b/j.

Pour les pays producteurs, il est important de pouvoir extraire un maximum de pétrole avant qu’il ne faille le laisser dans le sol à cause de la baisse de la demande et du climat.

 


Marchés boursiers: Votre problème? Vous êtes fous!

 

Les Amériques

Schiste Etats-Unis

La production de schiste a chuté à 7,4 millions b/j par rapport au pic de janvier à 9,1 millions selon l’EIA.

En 2020, 45 entreprises de schiste ont fait faillite selon Haynes & Boone. Pour mémoire, en 2016, 70 entreprises de petites tailles avaient capitulé. En comparaison, la cuvée 2020 a touché les gros calibres comme Whiting Petroleum en avril, Unit Corp en mai, Chesapeake Energy en juin et Oasis Petroleum en septembre. Pour la petite histoire, la Banque Nationale Suisse avait des actions dans toutes ces entreprises.

Selon Bloomberg NEF, les producteurs de schiste auraient réduit leurs coûts de 56,50$ en 2019 à 40$ par baril. Dans les gisements prolifiques du Bassin Permien et d’Eagle Ford au Texas, le chiffre de $36,50 est articulé contre 44$ en 2019.

L’Etat du Nouveau Mexique a demandé l’arrêt de la vente d’eau potable pour l’extraction de pétrole et de gaz de schiste. L’objectif est de garder l’eau potable pour la population et de protéger les nappes phréatiques.

 

Venezuela

Une barge pétrolière de stockage, le Nabarima, est en train de couler lentement dans le Golfe de Pariag entre Trinidad et le Venezuela. PDVSA, l’entreprise nationale, tente de récupérer le 1,3 million de barils de brut lourd afin d’éviter une marée noire. Le processus devrait prendre plusieurs semaines. La cargaison est 1,3 fois plus importante que l’Exxon Valdez.

Le Russe Rosneft était en charge des exportations pétrolières du Venezuela jusqu’à ce que les américains menacent financièrement l’entreprise pétrolière. Du coup, Rosneft s’est retiré à 100% de ce business. Dans l’épisode 1, l’administration Trump avait réussi à faire plier Moscou. Dans l’épisode 2, de nouvelles entreprises ont repris le relais comme Xiamen Logistic Grass, Olympia Stly Trading, Zaguhan & Co., Karaznbas, Kalinin Business International et Poseidon GDL Solutions. Toutes ses entreprises sont établies en… Russie.

 

 

Mexique

La société pétrolière nationale Pemex aligne plus de 100 milliards $ de dettes. Pour soulager l’entreprise, le président Lopez Obrador a décidé de réduire les taxes de 65 à 54%.

La production pétrolière de Pemex continue de dégringoler. Les prévisions pour 2021 passent de 2,02 millions b/j à 1,85.

 

Canada

Hydro-Québec a lancé l’entreprise EVLO Energy Storage Inc qui commercialisera des systèmes de stockage d’électricité à l’attention des distributeurs d’électricité, des distributeurs et des industriels.

Comme son voisin du Sud, le Canada ouvre la porte aux centrales nucléaires de plus petite capacité, les Small Modular Reactor (SMR). Le Ministre des Ressources Naturelles a proposé un plan d’action dans un pays qui possède de grands gisements d’uranium. Il faudra encore une bonne dizaine d’année avant de voir l’émergence de cette technologie. Pour l’instant la faisabilité et les coûts sont inconnus.

 

 

Asie

Inde

Alors que la pandémie est toujours présente, les raffineries pétrolières du pays sont reparties à presque 100% de leur capacité. La forte demande de diesel et d’essence est générée par l’utilisation de voitures au lieu d’utiliser les transports publics bondés.

Plus de 250 millions de citoyens et d’agriculteurs se sont mis en grève afin de se défendre dans ce qui représente le plus grand mouvement social au monde. L’objectif des multinationales est de contrôler les achats directs des paysans et de les interdire de vendre directement leurs produits sur les marchés. Surréaliste.

Le premier ministre Narendra Modi a lancé la construction d’un mégaprojet d’énergies solaire et éolien d’une capacité de 30’000 MW. Il devrait devenir le plus grand parc au monde. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 175 GW de renouvelable d’ici à 2022 et 450 GW en 2030.

Le parc produira également de l’énergie pour déssaliner 100 million litres d’eau par jour pour 800’000 habitants proche de la région aride du Pakistan. Avec le réchauffement climatique, l’eau devient une ressource stratégique vitale.

 

Japon

Toyota commercialise sa deuxième génération de voiture à hydrogène, la Mirai avec une autonomie de 850 km avec un plein.

Dès le printemps 2021, elle sera disponible en Europe pour 68’100$. La première version de la Mirai date de 2014 et avait généré 13’000 ventes. La voiture utilise 3 containers d’hydrogène, un moteur électrique et peut être construite sur les mêmes lignes de production qu’une voiture thermique. Toyota aimerait en vendre 30’000 par année.

Les concurrents, Hyundai et Honda sont également sur les rangs et notamment dans les camions.

 

 

Afrique

Libye

Un calme relatif est revenu dans le pays. On dirait que la Turquie et Poutine se sont mis d’accord.

Du coup sur le terrain, le général Haftar a débloqué les ports et les exportations de pétrole. Ainsi, la production est retournée au-delà du million b/j ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’OPEP et son souhait de réduire l’offre.

Bien que membre du cartel, la Libye n’est pas soumise aux quotas actuels.

Nigeria

La production pétrolière du pays a chuté de -14% de 1,7 à 1,5 millions b/j. L’industrie croule sous la corruption.

 

Phrases du mois

En choisissant d’exclure la culture de la vie sociale alors qu’il laisse tourner les marchés, le pouvoir énonce clairement ses valeurs. Ce qu’il nous promet pour demain sera encore plus cruel pour les hommes que pour les artistes aujourd’hui. Une société où les rapports humains seront régis par la force et la violence mortifère de l’argent. En somme, le contraire de la civilisation.”  François Corneloup, Saxophoniste

Le marché pétrolier ne sera pas dirigé par les spéculateurs, mais par les décideurs politiques“. Prince Abdulaziz bin salman, Arabie Saoudite.

Bien que la technologie des piles à combustible à hydrogène soit très prometteuse, nous savons que son adoption généralisée prendra du temps. De nombreux facteurs influenceront ce délai, notamment les réglementations en matière d’émissions, les infrastructures, la disponibilité de l’hydrogène et le coût d’utilisation. Les autobus et les trains seront probablement parmi les premières applications à passer à l’hydrogène. La Hydrogen Council prévoit que les poids lourds seront les plus avancés avec 2,5 % d’adoption de l’hydrogène d’ici à 2030”  Amy Davis, présidente de New Power Business, Cummins

«La ligne de démarcation s’est estompée entre la propagande et ce que l’on pourrait considérer comme du journalisme, cela peut se décrire comme une décadence de la vérité”. Barak Obama

Pour écrire cette revue, avec les sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch,  et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde comme FT.com, Bloomberg, RT Russia, NHK, etc.

Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

Que faire avec 1 milliard de dollars ?

La question, posée aux restaurateurs, aux entreprises et personnes touchées par le coronavirus, apporterait des solutions capable de transformer des situations désespérées en bouffée d’air. Passer de la survie à la vie.

Dans ce cas précis, 1’000’000’000 de dollars (1 milliard), représente la somme estimée* que la la Banque Nationale Suisse a perdu dans ses investissements dans les deux plus grandes compagnies pétrolières et gazières des Etats-Unis ExxonMobil et Chevron entre le 1 janvier 2014 et septembre 2020.

Alors que le Conseil Fédéral peine à délier les cordons de la bourse, la position et les agissements de la BNS sont de moins en moins compréhensibles dans cette situation de crise économique.


 

Après avoir investi plus de 10 milliards $ dans plus de 200 entreprises américaines actives dans les énergies fossiles, les pertes de la BNS se chiffrent en milliards.  Si la Banque Nationale ne voit aucun inconvénient à dilapider des fortunes aux USA, pourquoi ne soutiendrait-elle pas les entreprises suisses autrement que par des prêts remboursables ?

Avancer l’excuse du soutien au Franc Suisse pour ne pas le faire, ne ferait que de précipiter l’hilarité.

 

Devant cette énigme, les réponses varient:

Une élue verte me confia: “comme la question climatique/énergétique est en suspend, la thématique des genres et des minorités me tient plus à cœur d’autant qu’elle est portée par les médias.

Du côté d’un élu PLR : “Je fais une confiance absolue à la Banque Nationale Suisse pour gérer notre économie.

 

Quand à la BNS, les réponses à mes questions sont apportées par sa porte-parole:
Confirmez-vous vos pertes de plusieurs centaines de millions $ dans vos investissements dans ExxonMobil et Chevron?
La BNS ne s’exprime pas sur les différentes positions concernant son portefeuille d’actifs.

Comment justifiez-vous ces investissements et surtout pourquoi ne pas s’être désengagé depuis la chute des cours pétroliers?
La BNS ne s’exprime pas sur les différentes positions concernant son portefeuille d’actifs.

Est-ce que la BNS effectue un monitoring de ses investissements pour minimiser ses pertes ou augmenter ses profits?
La politique monétaire étant prioritaire, la liquidité et la sécurité des placements prennent une importance plus grande que la maximisation du bénéfice. ….. Pour satisfaire à l’exigence de sécurité, les placements sont structurés de telle sorte que l’on puisse s’attendre au moins au maintien de la valeur réelle à long terme. Toutefois, les rendements doivent être suffisants pour assurer la conservation à long terme de la valeur des placements en francs. …

En résumé: la BNS surveille ses investissements et dès que cela déraille, elle intervient pour se désengager, en théorie du moins.

 

Si 1 milliard n’est pas important, pourquoi ne pas l’utiliser pour l’économie Suisse?

Dans la réalité, si la BNS avait effectivement mis au point des mesures de surveillance, les investissements d’ExxonMobil, comme de nombreuses entreprises de pétrole ou de gaz de schiste américaines, auraient été clôturés depuis bien longtemps.

Dans les faits, la BNS semble à chaque fois tomber de sa chaise quand je lui informe des résultats de mes recherches. C’est d’ailleurs mon article de juin 2015 qui avait dévoilé les investissements de la BNS dans les énergies fossiles aux USA (charbon, gaz, pétrole).

En conclusion: Investir 2 milliards dans ces deux entreprises et perdre 1 milliard est-ce acceptable ?
A cette question, la BNS répond “Oui”.

Alors pourquoi ne pas donner (et non pas prêter) 1 milliard aux entreprises suisses touchées par le coronavirus ?

 

Détails des chiffres publiés par la Banque Fédérale Américaine

En reprenant les chiffres publiés par la Banque Fédérale Américaine, il est possible de tracer les achats et ventes effectués par la Banque Nationale Suisse (dans ce cas avec un intervalle temps de 6 mois) sur les titres d’ExxonMobil et Chevron. Sur cette base, une estimation des bénéfices et des pertes peut être réalisée afin d’offrir une ordre de grandeur. On notera dans le tableau, la forte chute des cours d’ExxonMobil depuis 2017.

 

 

Le montant des pertes n’est officiellement pas communiqué par la BNS d’où la nécessité de faire cette étude avec les chiffres communiqués, en toute transparence, par la Banque Fédérale Américaine.
La Banque a acheté pour 2,1 milliards $ d’actions de Chevron et ExxonMobil. La diminution d’actifs se monte à 1,03 milliard $, soit une diminution de moitié.

Si la BNS utilisait la même transparence que la FED, cette étude n’aurait pas lieu d’être.

A cette perte, il faut ajouter un revenu estimé de 350 millions $ de dividendes distribués par les deux
entités.  Ce montant, n’est également pas communiqué par la BNS et ne peut être qu’évalué.

 

 

Sources et matériel d’information

Si vous désirez m’aider dans mes recherches financières sur la Banque Nationale Suisse, voici les liens pour avoir accès aux documents officiels de la FED. Et je reste à disposition pour toute question.

Banque Fédérale Américaine  Indiquez “Swiss National Bank”  pour obtenir le noms des 2’540 entreprises américaines financée par la BNS

Historique des dividendes:  ExxonMobil, Chevron

 

Sur le même sujet

24 juin 2020: Banque Nationale Suisse : arme de construction massive

8 juin 2020: La Banque Nationale Suisse investit dans les Banques de Schiste

16 mai 2019:  Et si la Banque Nationale Suisse soutenait l’Innovation?

4 avril 2019: La Norvège met la Banque Nationale Suisse sous Pression

11 septembre 2015: Gaz de Schiste: La BNS perd 940 millions $

30 juin 2015: Banque Nationale Suisse: 2 milliards dans le schiste américain

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet – Août 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Australie: Une ferme solaire géante pour vendre l’électricité à … Singapour
– Automobile: TESLA, Nikola, Nio explosent leurs valeurs boursières
– USA: Delta Airlines avait acheté une raffinerie pour son propre kérosène: gros flop!
– France: Le lobby automobile censure une publicité pour un vélo électrique
– Norvège: Transition de la compagnie pétrolière en compagnie énergétique
– Ile Maurice: Grosse marée noire par un tanker japonnais
– Alaska: Le permafrost se réchauffe, une compagnie pétrolière veut le refroidir.


(Deux mois c’est… long. Cette version est abrégée, mais pour les courageux, vous retrouvez l’entier de la revue sur 2000Watts.org)

Installez-vous confortablement, ça commence!

Calme assez plat pour le baril. Il semble que durant les vacances, le pétrole soit parti en vacances. Certains l’ont aperçu sur les plages de l’Île Maurice alors qu’il n’avait rien n’a y faire là!

A Londres, le Brent est allé se coucher à $45,53 ($41,75 fin juin) et à New York, il attend, avec impatience, le nom du nouveau président. Il passe la barre des 40 à 42,81 ($39,07 fin juin).

 

 Graphique du mois
La Bourse atteint des records


Graphique Nasdaq. Investir.ch, commentaires Thomas Veillet

 

Marée noire

Le tanker pétrolier de l’armateur japonnais Nagashiki Shipping, le MV Wakashio, s’est échoué sur un récif de l’île Maurice et a déversé 1 million de litres de fioul sur les côtes et les plages touristiques.

Au total, le vraquier contenait 3,8 millions de litres et une grande partie de sa cargaison a pu être retirée des cales avant qu’il ne se scinde en deux.

Les 2/3 avant de l’épave ont été amenés en haute mer pour être sabordés avec les 90’000 litres restants. En logique financière, il est plus efficace de couler un bateau au large que de nettoyer les côtes.

 

Pétrole

A l’image du fromage Emmental, le monde dénombre 55’350 forages pétroliers dans sa croute, au plus bas depuis l’an 2000 et -23% (71’946) par rapport à 2019 selon Rystad Energy. L’agence norvégienne n’anticipe pas une prochaine remontada avant 2025 (certainement à cause du départ de Leo Messi de Barcelone).

Depuis l’attaque du coronavirus, 7 des plus grandes majors pétrolières (BP, Shell, Chevron, Total, Repsol, Eni, Equinor) ont diminué de 87 milliards $ la valeur de leurs actifs (Lire: Le Dilemme des Compagnies Pétrolières).

 

OPEP

En 2019, les membres de l’OPEP ont généré pour 564,9 milliards $ de ventes de pétrole contre 692,3 milliards en 2018. Imaginons que l’on puisse se passer de pétrole et de clubs de foot, que pourraient bien faire les pays importateurs avec une cagnotte de 600 milliards $ par an?

Cette année, la demande pétrolière devrait chuter à 91,9 millions b/j loin de la barre des 100 de 2019 selon l’Agence Internationale de l’Energie.

 

Finance

Wall Street suit à la lettre les recommandations de santé et garde une grande distance avec la … réalité.

Le Nasdaq (technologie) bat record sur record et le S&P500 (entreprise) termine au plus haut de tous les temps ce qui permet aux 12 plus gros milliardaires de cumuler 1’000 milliards $. Les plans de soutien, les injections de liquidité par les banques centrales et les taux zéros déversent des milliards là où il n’y a pas besoin.

La crise de 2008 avait favorisé les Banques, la crise de cette année, c’est le shadow banking qui touche le jackpot. La confiscation des richesses par les riches conduira-t-elle pas à une évolution ou une révolution?


Evolution de la richesse des 12 personnes les plus riches de la planète
entre mars et août 2020, en milliards $

 

Climat

La hausse de la concentration de CO2 est 10 fois plus rapide que lors des périodes de réchauffement précédentes sur 800’000 ans selon une étude de l’Université de Berne, Suisse.

En outre, la hausse historique la plus importante était de 15 ppm (parts par million) alors qu’aujourd’hui, cette hausse est réalisée en 6 ans !

 

Automobile électrique

Le monde automobile électrique et la bourse marchent sur la tête. TESLA, qui n’a vendu que 100’000 voitures au deuxième trimestre, a vu sa capitalisation boursière grimper à plus de 410 milliards $ soit presque 6 fois sa valeur avant l’arrivée du coronavirus.

Du côté de NIO, le constructeur chinois vaut 8 milliards $ alors qu’ils n’ont vendu que 14’000 voitures électriques. Workhorse vaut 1,2 milliards $ (+1’200%) depuis mars n’a pas encore vendu de voitures et Nikola atteint les 18 milliards $ (+350%) avec zéro vente au compteur.

 

 

Le top 3 du Hit Parade

Australie

Le gouvernement se lance dans l’Australia-ASEAN Power Link, qui est l’un des projets de renouvelable parmi les plus ambitieux dans le monde, d’où la première place dans ce classement.

Ainsi, des panneaux photovoltaïques vont générer de l’électricité, qui sera revendue à Singapour, à travers un câble sous-marin de plus de 4’000 km. Sur la distance, les pertes sont estimées entre 4 et 10%. D’un coût de 16 milliards $, il pourrait être en opération dès 2027 pour 3’000 GW soit l’équivalent de 9 millions de toits solaires. Durant la construction 1’500 emplois seront créés et 350 durant les opérations. Actuellement, le plus long câble électrique, en construction se trouve entre la Norvège et l’Angleterre. Il entrera en fonction dès l’année prochaine.

Le gouvernement de New South Wales a approuvé la construction, pour 12,8 milliards $, d’une installation à hydrogène afin d’approvisionner Sydney dès 2025. Les énergies propres produiront l’hydrogène pour alimenter les véhicules et les besoins électriques des habitations afin de couvrir les 10% des besoins en électricité. Là aussi, il est question d’emplois et d’indépendance par rapport aux voitures électriques chinoises.

 

Etats-Unis

Les élections américaines impactent non seulement les américains mais également le reste du monde. Du côté des démocrates, Kamala Harris est à un battement de coeur de Joe Biden de devenir la première femme présidente. Pour cette rubrique mensuelle, Trump ou Biden fera l’affaire car ils sont tous les deux une source inépuisable de pataquès en tout genre.

L’extraction pétrolière américaine a touché son pic avec 13 millions b/j et serait actuellement dans la zone des 11,3 millions. Qui sera le prochain président et quel sera sa stratégie avec les énergies fossiles? Ces deux questions agitent l’industrie.

La plus grosse pétrolière américaine, ExxonMobil, s’est fait sortir de l’indice boursier américain du Dow Jones pour se faire remplacer par Salesforce. Le manque de potentiel haussier explique cette décision. Depuis 5 ans, l’action a perdu la moitié de sa valeur et les perspectives ne sont pas roses.

En Alaska, ConocoPhillilps prévoit d’extraire 590 millions de barils de pétrole. Mais le réchauffement climatique fait fondre le permafrost et s’enfoncer les constructions ainsi que certaines routes. La compagnie pétrolière étudie la possibilité de refroidir le sol afin de le garder gelé. Nous vivons une époque formidable!

L’entreprise de services pétroliers, Halliburton annonce une perte de 1,7 milliards $ durant le 2ème trimestre. Le PDG, Jeff Miller, pense que ça ira mieux dès septembre. Depuis mars, 99’253 emplois ont été supprimés aux USA dans le secteur pétrolier et gazier.

 

Wall Street:  chiffres de la bourse.  Main Street: chiffres de l’emploi
Alors que le chômage explose, la bourse atteint des niveaux records

 

D’ici à 2023, le constructeur de camion Nikola Corp va livrer 2’500 camions-poubelles électriques pour l’entreprise de déchets Republic Sevices Inc.  Nikola va également produire des camions à hydrogène.

Peabody Energy a diminué de 1,4 milliards $ la valeur de sa plus grande mine à charbon et va donner la priorité au gaz naturel et l’éolien.

Depuis 2011, 103 centrales à charbon ont été remplacées par des centrales à gaz. Cela pourrait être une bonne nouvelle pour le climat, mais le gaz de schiste américain est climatiquement tout aussi virulent que le charbon notamment à cause des émanations de méthane.

Il n’y a pas que les élections vont être spéciales. La saison des ouragans promet un millésime particulier. Il y a déjà eu 4 tempêtes soit un départ de saison inégalé depuis 1851. De plus, Marco (tempête tropicale) et Laura (ouragan) ont touché à un jour d’intervalle les côtes à du Golfe du Mexique en Louisiane.

 

Empoisonnement d’Alexeï Navalny.
Dessin Chappatte

 

En 2012, dans le but de réaliser des économies financières, la compagnie d’aviation Delta Airlines avait acheté une raffinerie afin de produire son propre kérosène. L’opération s’est révélée être un flop. En 2018, Delta chercha un acquéreur, mais sans succès. Cette année, la raffinerie Monroe Energy a déjà perdu 114 millions $.

Une gigantesque fuite de méthane de 300’000 m³ a été relâchée lors de la maintenance d’un compresseur de gaz à Gainesville, Floride  selon Bluefield Technologies Inc., qui a analysé les images satellite de l’European Space Agency avec le satellite Sentinel-5P.

 

Iran

Téhéran a passé un été à oublier, entre coronavirus, une production pétrolière sous les 2 millions b/j et des «sabotages» assez étranges.

Dans le désordre, nous avons: une violente explosion a détruit un centre de production de centrifugeuses nucléaire à Natanz. Le gouvernement a confirmé des dommages considérables. La cause pourrait provenir d’une cyberattaque ou d’une bombe très puissante.

Un mystérieuse attaque a détruit 7 bateaux dans le port de Bushehr, qui est également une province d’une centrale nucléaire. Juillet dénombre également une explosion d’un gazoduc et dans une entreprise de production de missile et la destruction de 6 réservoirs pétroliers à Mashhad et une entreprise pétrochimique à Mahshahr. Sans aucune preuve, les regards se tournent vers les USA et Israël.

Les sanctions américaines assèchent le budget iranien qui peine à alimenter les Chiites en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Le gouvernement Trump pousse afin que les Nations Unies réinstaurent un embargo total. La solution pourrait venir d’une non-réélection de Donald Trump.

Les USA ont «confisqué» 4 bateaux iraniens de carburant à destination du Venezuela. L’objectif est double: diminuer les revenus pour l’Iran et assécher le stock d’essence du Venezuela.

La Chine est en train de prendre la main sur l’Iran et particulièrement sur le pétrole et le gaz. La Russie tente de garder son avantage, mais Pékin propose d’avantage de liquidités. Tant Pékin que Téhéran se trouvent dans le même bateau, si l’on se réfère aux USA. Ce genre de liens resserre !
Le ministre des affaires étrangères Zarif a confirmé un partenariat sur 25 ans pour des investissements chinois de 400 milliards $ dans le pays. Tenir un pays par les ficelles financières n’a pas son pareil et à ce jeu, Xi-Jinping est un maître en la matière. Ainsi la Chine pourrait construire et mettre la main sur des ports, les lignes de train et les télécommunications et bénéficierait de rabais sur le pétrole pour les 25 prochaines années. La Chine développera des zones “sans taxe” en Iran et partagera des informations stratégiques de sécurité.

 


Le concept de la route de la soie chinoise
Dessin Nath Paresh

 

Dans le reste du monde

Moyen-Orient

Emirats Arabes Unis

Le gouvernement a passé un traité avec Israël, une première en 25 ans dans le monde arabe. Au-delà des paillettes, cet accord englobe un partenariat énergétique (pétrole – gaz) entre les deux pays

 

Arabie Saoudite

Les exportations de pétrole ont chuté à 4,98 millions b/j au plus bas depuis janvier 2002 et le pays a coupé sa production de 3,5 millions b/j. Il est à noter que le pays consomme plus de 1,5 million b/j pour ses systèmes de climatisation durant les mois chauds.

Amin Nasser, PDG de Saudi Aramco, confirme que l’entreprise va payer 75 milliards $ de dividendes cette année malgré que les bénéfices n’ont atteint que de 13 milliards $ au premier semestre. Ca tombe bien pour les caisses de l’État, qui détient 98% de l’entreprise nationale de pétrole. Du coup, Saudi Aramco va plafonner ses dépenses à 25 milliards $ et remonter le niveau de ses extractions.

 

Israël

Le pays prépare une arrivée massive de voitures électriques pour les 10 prochaines années avec l’installation de points de recharges. Les start-up, financées par l’armée, vont pouvoir utiliser leur savoir-faire de pointe dans la mobilité.

 

Irak

En juillet, l’extraction pétrolière du pays a de nouveau dépassé les quotas de l’OPEP+ à 3,194 millions b/j. Le pays a reçu l’ordre de compenser sa surproduction par une diminution des exportations dans les mois qui viennent. Cependant, comme le pays est financement à la peine, Bagdad peine à ralentir son rythme.

 

Koweït

La baisse des prix du baril a creusé une dette de 45 milliards $. Pour équilibrer son budget, la monarchie comptait sur un baril supérieur à 58$ avant que le coronavirus arrive. Pour éviter de ne pas pouvoir payer ses employés, le parlement propose d’emprunter jusqu’à 65 milliards $.


Dessin Nath Paresh

 

Asie

Chine

La demande pétrolière est remontée en flèche en juin avec +750’000 b/j. A voir si cette tendance s’étalera dans la durée.

Pékin a adopté la stratégie «Go West». Cela ressemble un peu au Far West, mais avec l’idée d’investir lourdement dans les régions de l’ouest de la Mongolie aux jungles du Yunnan en passant par le Xinjiang et le Sichuan. Dans les grandes lignes: 3/4 du territoire et 30% de la population. Ce concept répond au bras de fer avec Trump et la chute des investissements des Européens. Ce développement pourrait faire remonter le PIB chinois qui devrait atteindre 1% cette année contre 6,7 l’année dernière. La question est de savoir si le PIB a encore du sens.

Le président Xi-Jinping est en train de faire rouler un énorme fer à repasser sur ses compétiteurs. Frictions entre les militaires à la frontière avec l’Inde, annexion musclée de Hong Kong, cyberattaque monstrueuse contre l’Australie, bras de fer avec Taiwan et l’Angleterre, menaces contre l’Europe, relations à zéro avec le Canada et le feuilleton avec les USA.

Des pluies torrentielles ont battu des records depuis 70 ans et ont poussé les limites du plus grand barrage du monde: les Trois Gorges. Les autorités ont dû enlever plus de 100’000 tonnes de limon et a dû délester des quantités astronomiques d’eau. La cote d’alerte du barrage est dépassée de plus de 10 mètres. Plus de 63 millions de personnes sont touchées par ces pluies.

 

Inde

La consommation pétrolière du pays terminera l’année avec une baisse totale de -405’000 b/j. Une première en 20 ans. La pandémie du coronavirus et la quarantaine ont freiné la consommation énergétique.

Les 1,4 milliards d’habitants de l’Inde ont accès à 4% de l’eau mondiale et 90% des eaux des nappes phréatiques sont utilisées par les fermiers. La pénurie d’eau touche la moitié de la population et 200’000 personnes meurent chaque année de cet accès limité. Le gouvernement Modi tente de diminuer la production de riz et de blé et oriente les fermiers vers des productions moins gourmandes en eau.

 

Dessin Nath Paresh

 

Europe

Durant les 7 derniers mois, les ventes européennes de voitures électriques et hybrides 500’000 ont dépassé les ventes réalisées en Chine de 14’000 unités.

Les ventes de voitures pourraient diminuer de 24% en Europe en 2020 et de 10% en Chine où il se vend 20 millions d’unités par année.

 

Russie

Le Yamal, Arctique Russe, détiendrait 35 milliards m3 de gaz et 2’300 millions de tonnes de pétrole qui pourraient propulser la Russie dans le rôle de plus grande puissance énergétique mondiale. Gazprom Neft et Royal Dutch Shell viennent d’annoncer une joint-venture pour s’attaquer à ce morceau alors que la production américaine de pétrole s’effondre.

Gazprom va se lancer dans la production d’hydrogène. Mais bon, produire de l’hydrogène à partir du gaz, c’est comme utiliser du charbon pour faire avancer votre voiture. Pour le climat, cela permet d’avancer à reculons.

Le président Poutine a annoncé l’arrivée d’un vaccin Covid et a brûlé la politesse à la Chine et aux USA. L’important n’est pas dans la fiabilité d’un vaccin mais dans son annonce. Au futur, ce processus ouvre la porte à de prochains vaccins spectaculaires.

Boire du thé, lorsqu’on est dans la ligne de mire du Kremelin n’est pas conseillé. Alexeï Navalni, qui dénonce la corruption du pouvoir en Russie, a été empoisonné. Ce genre de décision ne se prend sans l’aval du grand chef.

 

Un camion livrait du carburant dans une station d’essence à Volgograd
Quelque chose à mal tourné: 13 blessés dont le conducteur et 4 pompiers.

 

Turquie

La Turquie a envoyé un bateau sismique afin de chercher du gaz dans la poche de Levitian en bordure de la Grèce et de Chypre. Ankara joue avec les limites territoriales et sur les mots afin d’assurer la possession de ce gaz. La France a envoyé des navires pour montrer ses muscles, mais l’intimidation n’intimide pas encore le président Recep Tayyip Erdoğan.

Devant une pareille source de gaz, il est assez improbable qu’Erdoğan lâche l’os. Une table ronde avec la Grèce et Chypre est prévue.

 

Norvège

Le PDG d’Equinor a été prié par sa direction, d’effectuer une transition de “compagnie pétrolière” à une “compagnie d’énergies” afin d’augmenter la valeur pour ses actionnaires et de tenir en compte les changements climatiques.

 

Groenland

La glace a fondu au-delà du point de non-retour et va fondre entièrement. Sur 34 ans, l’étude de 234 glaciers montre qu’avec la diminution des chutes de neige, ils n’ont plus été capable de se régénérer.

 

Angleterre

Le plus grande entreprise offshore du monde, 55 plateformes, Valaris, recherche la protection de la faillite dans le but de restructurer sa dette de 7 milliards $. Diamond Offshore Drilling et Noble Corp ont également fait faillite ce qui montre la vulnérabilité des gisements pétroliers en mer et le prix élevés de l’extraction face aux prix bas du marché.

Pour la première fois depuis 10 ans, BP va couper ses dividendes après une perte de 6,7 milliards $ au 2ème trimestre. La compagnie cherche de nouveaux investisseurs en accélérant sa reconversion dans les énergies propres. La major pourrait se séparer de gisements afin d’investir dans le renouvelable. Pour l’instant la feuille de route est imprécise et le business model reste dans les hydrocarbures.

 

France

Veolia, leader mondial des services à l’environnement, désire acheter son concurrent Suez qui appartient à Engie. Le montant s’élève à 2,9 milliards €. Veolia détient déjà 32% de Suez et désire acheter 29,9% d’actions supplémentaires.

Paris “a vécu la semaine la plus épouvantablement chaude depuis 1873, hors août 2003”, selon Météo-France.

Le premier spot télévisé du fabriquant de vélo électrique hollandais VanMoof a été interdit de diffusion à la télévision française par l’Autorité de la Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) et la pression du lobby automobile. Motif: le spot «créerait un climat d’anxiété». Le seul moyen de ne pas éclater de rire est de penser à autre chose. A vous de vous faire votre avis.

 

Publicité du vélo électrique hollandais VanMoof bannie de la France

 

Suisse

L’année 2020 est olympique et les institutions bancaires suisses engrangent les médailles dans la catégorie: “investir dans les énergies fossiles”. Ce mois, Stand.earth nous apprend qu’avec Genève comme place centrale, le Crédit Suisse, l’UBS, la Banque Cantonale de Genève (BCGe) et les filiales suisses de BNP Paribas, Indosuez et ING ont financé pour plus de 24 milliards de litres de pétrole d’Amazonie en direction des USA entre 2009 et 2020.

L’assureur Zurich renonce finalement à participer à la couverture d’assurance du pipeline Trans Mountain, au Canada. Ce projet de sables bitumineux appartenant à l’Etat canadien devrait ajouter une capacité de 590’000 barils par jour, l’équivalent de la consommation de 2,2 millions de voitures.

Si en 2019, 311’466 voitures ont été vendues en Suisse, l’année 2020 devrait compter 228 à 240’000 unités soit au plus bas depuis le choc pétrolier de 1975.

En septembre, les Suisses devront voter sur l’acquisition de jets militaires. Lors du lancement de la campagne, la Ministre des Armées, Viola Amherd, a utilisé la seule femme suisse pilote, histoire de convaincre les femmes de voter en faveur d’un chèque de 6 milliards $. Le coup de communication ne fait pas dans la dentelle.  Mais dans ce concept, une question se pose. Alors qu’un jet consomme 5’600 litres par heure de la meilleure qualité de pétrole, que ce type de pétrole a atteint son pic en 2007, que les avions seront livrés dès 2030, que les drones gagnent en efficacité, est-ce que la profession de pilote d’avions de chasse a-t-elle un avenir?

 

Allemagne

Mercedes Daimler va compter sur le chinois Farasis pour les livraisons de batteries pour ses voitures électriques. Dans la foulée, Mercedes a acheté 3% du géant chinois. Daimler va également utiliser des batteries du chinois CATL avec une commande de 20 milliards $ étalée sur 10 ans. Plus les jours passent plus Mercedes augmente sa dépendance et ses transferts de technologies en faveur de Pékin. De là à dire que Mercedes tombera dans les mains de Pékin, il suffira d’un tour de volant.

Dans la foulée, Mercedes va vendre son usine française d’Hambach et ses 1’600 employés.

De son côté, pour 1,1 milliards $, VW a acheté 26% des actions du chinois  Gotion High-Tech pour acquérir ses batteries. En même temps, VW s’est associé avec le suédois Northvolt pour construire des batteries à Salzgitter en Allemagne.

Le gouvernement a finalement investi 9 milliards € dans la compagnie aérienne nationale Lufthansa. La compagnie pense que la demande de vols retournera à la situation pre-coronavirus d’ici à 2024.

 

Dessin Nath Paresh

 

Les Amériques

USA Schiste

Au plus bas depuis 2 ans, la production de pétrole de schiste devrait tomber à 7,49 millions b/j en août contre 9 millions en mars. Même le prodigieux champs du Bassin Permien est en baisse à 4,16 millions b/j. Le nombre de forages pétroliers a chuté à 182 unités au plus bas depuis 2005. Il y a une année, ils étaient 770.

Range Resources Corp a vendu ses champs de pétrole de schiste en Louisiane pour 335 millions $.  Il y a 4 ans, l’entreprise avait acheté ces gisements pour 3,3 milliards $ avant de s’apercevoir qu’ils n’étaient pas aussi productifs que prévu.

L’administration Trump a finalement réussi à annuler les réglementations qui exigeaient la réduction des émanations de méthane lors de l’extraction et le transport de gaz de schiste. ExxonMobil et BP s’étaient opposés à ce changement. Cette décision permettra aux gaziers d’économiser de l’argent, mais l’image de marque du gaz va encore s’aggraver. De nombreuses villes américaines ont demandé l’arrêt d’utilisation du gaz trop dangereux pour le climat.

Pour 13 milliards $, Chevron a acheté Noble Energy l’un des plus grand extracteur de gaz de schiste. Ce premier achat pourrait débuter une tendance de consolidations dans le secteur avec ExxonMobil comme concurrent. En manque d’investisseurs, les petits producteurs vont se faire racheter par les grandes majors pour autant qu’elles arrivent à lever des fonds.

 


La production pétrolière de schiste continue à diminuer

 

Argentine

Il y a seulement 2 ans, les pétroliers s’enthousiasmaient au potentiel du pétrole de schiste de la Vaca Muerta et ses 16 milliards de barils techniquement exploitables.

Le mirage s’est effondré et les dettes du pays n’arrivent plus à subventionner les extractions.

 

Venezuela

Alors que les USA resserrent encore plus leurs sanctions, Caracas a réussi à exporter 325’000 b/j de pétrole au plus haut depuis 4 mois. Il y a 3 ans, le pays produisait 2 millions b/j.  Cependant, le niveau de production pourrait atteindre les 100’000 b/j. à cause de la baisse des moyens financiers, le coronavirus et le manque de place de stockages. De plus, la mauvaise qualité du pétrole pose des problèmes. Des impuretés, du métal et de l’eau souillent le brut, bloquent les pompes et diminuent sa valeur marchande.

PDVSA, la major nationale, a réussi à refaire partir deux raffineries pour produire 135’000 b/j de carburant ce qui représente moins du 10% de leur capacité.

L’administration Trump ajoute des sanctions afin de pousser à l’arrêt les exportations de pétrole brut qui génèrent des rentrées financières. Cerise sur le gâteau, les USA ont intercepté et bloqué 4 bateaux de carburants iraniens à destination du Venezuela.

 

Canada

L’Alberta se lance dans l’hydrogène afin de remplacer l’industrie des sables bitumineux. L’Etat a attiré chercheurs et entrepreneurs afin de devenir l’un des plus grands acteurs d’hydrogène dans le monde.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Après des mois de batailles, les deux parties rivales ont annoncé un cessez-le-feu. Alors que les exportations pétrolières étaient bloquées depuis janvier, cette pause permettra d’extraire un peu de pétrole afin de produire de l’électricité et alimenter le budget de l’Etat. Le général Khalifa Haftar a donné son feu vert pour exporter le pétrole et le gaz. Cependant, il n’a pas donné son accord pour redémarrer l’extraction pétrolière.

Mustafa Sanalla, PDG, de la compagnie pétrolière nationale la National Oil Company pense que ce sont les pays étrangers qui gèrent la Libye et notamment le pétrole. La stratégie du Général Haftar de couper les exportations pétrolières a bien arrangé la Russie, l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis. En effet, ce bras de fer a permis de retirer plus de 1,1 million de barils par jour dans un marché engorgé par le coronavirus.

Avec une production actuelle de 100’00 b/j le pays à perdu plus de 6,4 milliards $ de revenus durant les 6 derniers mois. La grande question est: combien de forages vont-ils repartir?

 

République Démocratique du Congo

6 entreprises chinoises regroupées autour de la China Three Gorges Corp et de l’espagnol AEE Power Holdings se regroupent dans un consortium afin de réaliser un nouveau barrage au Grand Inga. Les coûts du barrage, 14 milliards $, dépasse le budget total du pays. Les Chinois contrôleront le barrage à hauteur de 75%.

 

Ouganda

L’entreprise d’état Kiira Motors Corp va construire une usine afin de produire 5’000 véhicules électriques par an dont des bus. L’objectif est de créer des emplois.

 

Phrases du mois

«Je ne crois pas que je reverrai 13 millions b/j de pétrole américain dans ma vie. C’est vraiment décourageant, parce que nous avons réalisé notre premier forage en 2009, nous avons vu la vague d’indépendance énergétique à portée de main pour les USA, c’était vraiment une récompense d’en faire partie.» Matt Gallagher, PDG de Parsley, le plus grand producteur indépendant de schiste.

«Nous souhaitons un prompt rétablissement à Alexeï Navalni.» Dmitri Peskov, porte parole du Kremelin.

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

Israël – Emirats Arabes Unis: un accord de Paix et Energétique

“Israël et les Emirats Arabes Unis ont conclu un accord de paix négocié sous l’égide des Etats-Unis censé conduire à une normalisation complète des relations diplomatiques entre les deux pays.” Ca, c’est pour le communiqué de presse.

Mais stratégiquement, le rapprochement des deux pays ouvre des opportunités énergétiques et économiques.

Traditionnellement, les grandes monarchies pétrolières ont toujours refusé de livrer leur pétrole à Israël. Même l’Arabie Saoudite, proche des USA, a appliqué cette règle. Alors que la région regorge d’hydrocarbures, Israël semblait se trouver du mauvais côté du puits.


 

Recherche complémentarité

Depuis 2010, le Léviathan, un substantiel gisement de gaz dans le bassin Levantin, a été découvert. Il s’étire des côtes d’Israël à la Grèce en passant par Chypre. Cette nappe a propulsé l’état hébreu au rang de nouvelle puissance énergétique même si les quantités extraites ne le qualifie pas d’exportateur majeur.

Cependant, Israël doit toujours trouver un peu plus de 250’000 barils de pétrole par jour pour alimenter son armée, ses entreprises et ses citoyens.

Ainsi pour le pays, la source de pétrole la plus proche, hors monarchie arabe, se trouve du côté Kurdes en Irak. Cependant, ce pétrole transite par la Turquie et en ce moment, l’ambiance entre la Turquie et Israël est aussi chaude que le climat. Du côté de l’Irak, l’Iran tire certaines ficelles. Le filon kurde ne tient qu’à un fil d’où la nécessité de trouver un fournisseur libre de contrainte.

Actuellement, Israël importe son pétrole majoritairement des anciennes provinces russes comme le Kazakhstan, le Turkménistan, et l’Azerbaïdjan. Le rapprochement avec les Emirats offre un nouveau débouché.

Du côté des Emirats Arabes Unis, la compagnie pétrolière nationale, Adnoc, recherche de nouveaux clients afin de compenser la baisse de la consommation mondiale. Israël pourrait être un client bienvenu. Ce premier pas pourrait également encourager Oman à ouvrir la porte de ses hydrocarbures.

 

Assurer son approvisionnement en pétrole

En Libye, auprès du Général Haftar, Tel-Aviv et Abu Dhabi sont également main dans la main face à la Turquie. La présence turque en Libye repose principalement dans la possibilité de retracer les frontières maritimes afin d’accéder au gaz méditerranéen. Le président Turc vise éventuellement le pétrole libyen, même si “ce détail” doit être approuvé par Moscou.

On comprend mieux les haut-cris de la Turquie à l’annonce de ce rapprochement.

Au-delà de l’accord sur la paix, on voit la nécessité grandissante pour les pays de se garantir l’accès à l’énergie et particulièrement au pétrole qui tend à disparaître.

Les muscles montrés par la Turquie, couplé à l’apathie de l’Europe et des USA, poussent les pays du Moyen-Orient à redéfinir leurs partenariats stratégiques face à la plus forte armée régionale et les envies de grandeurs de Recep Tayyip Erdoğan.

 

Echanges technologiques et financiers

Finalement, les start-up israéliennes, largement financées par l’armée, possèdent une expertise exceptionnelle dans le domaine du management et de l’efficience de l’énergie, de la gestion de l’eau dans des conditions arides, de la mobilité, des voitures électriques ainsi que du smart city et de la surveillance militaire des citoyens.

Toutes ces applications peuvent apporter les technologies nécessaires aux Emirats Arabes Unis et de nouveaux débouchés pour les pétrodollars de la monarchie.

Un accord qui va bien au-delà des apparences.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– USA: De nouvelles faillites dans le schiste dont le géant Chesapeake
– Suède: Une entreprise propose des éoliennes en bois
– Peak Oil: Le terme pic pétrolier revient de manière incisive.
– Arabie Saoudite: Boston Dynamics met en vente son robot Spot
– Libye: La Turquie et la Russie marquent des points et gagnent en pétrole
– Allemagne: Berlin investit plus de 7 milliards € dans l’hydrogène vert
– Inde: Le pays veut booster sa production de charbon.


 

Les milliards insufflés par les banques centrales assurent que les bourses atteignent les plus hauts. Il en va de même pour le pétrole qui dans le monde virtuel des financiers ne fait que de grimper alors que dans la réalité, c’est comme la banlieue, c’est pas rose, c’est morose.

A Londres, le Brent prend la fièvre à $41,75 ($35,33 fin mai) et à New York, le WTI comble les voeux de Trump et frise les 40 à 39,07 ($35,38 fin mai).

 

 Graphique du mois
Evolution des prix : pétrole, charbon, gaz: 1990-2020

 

Climat

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne en comparaison avec la période 1981-2010, ce qui en fait le mois de mai le plus chaud depuis le début des données. Il a fait particulièrement chaud dans les pôles et en Sibérie alors que l’Europe a gardé la tête froide.

L’Agence Internationale de l’Energie annonce que sur 46 technologies reliées à l’efficience énergétique, durant la pandémie, six ont gardé leur rythme de croisière comme les voitures électriques, le solaire, la lumière et les data center. Du côté des perdants, on retrouve notamment l’énergie nucléaire, le stockage d’électricité ainsi que le gaz et notamment avec ses émissions de méthane.

 

Peak oil

Le terme “pic pétrolier” revient de plus en plus souvent. Cette fois, il arrive via un fervent supporter de l’or noir. Ainsi, l’agence norvégienne, Rystad Energy, pense que 282 milliards de barils de pétrole sont à diminuer des réserves mondiales estimées à la louche à 1’900 milliards de barils. Les réserves de l’Arabie Saoudite restent inchangées depuis plus de 30 ans à 267 milliards de barils, ce qui est soit une prouesse soit une panne de compteur.

Per Magnus Nysveen, de Rystad, annonce que le pic pétrolier se rapproche et pourrait être atteint en 2027 ou 2028 au lieu de 2030. Rystad est historiquement très enthousiaste sur le pétrole et cette annonce fait tomber de la chaise. Rystad pense qu’une forte hausse des prix devrait se réaliser dès 2023 notamment à cause du manque de financements dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements.

Du côté de Bloomberg NEF, c’est un pic de la demande d’essence qui devrait être atteint d’ici à 10 ans, et 3 ans plus tard celui du diesel. Maintenant même si Bloomberg parle de pic!

 

Pétrole

Une pénurie de pétrole pourrait pousser le baril à 70$ d’ici à l’automne et le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, pévoit un manque de 3 à 5 millions b/j (barils par jour). Bon, là on sent qu’il vend le fait que la Russie ne respecte pas entièrement les quotas de l’OPEP+. A vérifier cet automne.

Selon Rystad Energy, la demande pétrolière mondiale se projette à 88,1 millions b/j contre 99,5 en 2019. En mai, la demande aurait atteint 78,5 millions b/j soit une baisse de 22% depuis le début de l’année. Un record historique.

Si les cours du Brent restent dans la fourchette 30-70$ d’ici à 2030, ExxonMobil est la moins bien lotie des 7 grandes majors pétrolières selon Wood Mackenzie. Dans cette analyse, Exxon possède le 60% des gisements les moins productifs et chers à extraire. Ces gisements comprennent les sables bitumineux de Kearl et Cold Lake au Canada ainsi que Prudhoe Bay en Alaska. En tête de ce classement, Chevron est le no 1 suivit par Shell.

 

Dessin : Chappatte

 

OPEP+

L’OPEP+ (avec la Russie) va continuer sa réduction de -9,7 millions b/j en juin et de -7,7 millions de juillet à la fin de l’année.

L’Irak et le Nigeria, qui n’ont pas suffisamment baissé leur production, devront compenser entre juillet et septembre même si la situation économique de ces deux pays est alarmante. Cette baisse de 9,7 millions b/j se base sur une acceptation à 100% des pays, mais l’histoire de l’OPEP montre que cette éventualité n’est que rarement atteinte.

Pendant que l’OPEP diminue sa production, le pétrole de schiste reprend sa place de passager clandestin et recommence à extraire pendant que les prix restent autours de 40$.

Certains membres du cartel demandent de se réunir plus souvent. L’objectif est de pouvoir coller au marché et de remonter immédiatement leurs extractions afin de générer des pétrodollars et de garder les parts de marché.

 

Gaz Naturel

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la demande de gaz va diminuer de 4% cette année à 150 milliards m³. Cette baisse est supérieure à la crise de 2008 (-2%). L’année dernière, la demande de gaz avait augmenté de 1,8% notamment pour la production d’électricité et le chauffage.

Bien que le gaz émet moins de CO2 que le charbon, les émissions de méthane sont nettement plus nocives pour la planète.

Objectifs d’émissions de méthane du pétrole et du gaz en 2025 et 2030
pour le scénario du développement durable.
La grande partie du méthane est émit par le gaz naturel.

 

Transports maritimes

Les transporteurs maritimes ont annulé plus de 25% de leurs transports entre l’Asie et l’Europe et l’Asie – USA soit une capacité de 4 millions de containers. Pour le 3ème trimestre, les transporteurs continuent d’annuler des lignes ce qui signale une demande qui reste faible.

 

Investissements dans les énergies

Les investissements dans les énergies devaient progresser de 2%. Ce chiffre était publié avant la pandémie. Au niveau mondial, les investissements énergétiques devraient diminuer de 20% ou 400 milliards $.

 

Energies renouvelables

Les éoliennes sont fabriquées en acier et génère des émissions de CO2 lors de leur construction. Afin de diminuer leur empreinte, l’entreprise Modvion propose des éoliennes avec une structure en bois. Le premier prototype a été installé à Gothenburg en Suède pour une commercialisation dès 2022.

Les énergies propres pourraient être les seules sources d’énergies à croître en 2020 en comparaison avec les énergies fossiles et le nucléaire selon l’Agence Internationale de l’Energie. Une fois que les installations solaires et éoliennes sont financées (capex), les coûts de production sont minimes en comparaison avec les achats de gaz, de pétrole, de charbon ou d’uranium.

Sur le même sujet, la pieuvre Goldman Sachs annonce que les investissements dans les énergies propres vont dépasser ceux du gaz et du pétrole et qu’ils devraient totaliser les 16’000 milliards $ d’ici à 2030.

 


Eolienne en bois: Modvion

 

Le Top 3 des Pays

USA Schiste

Deloitte a dépeint les 10 dernières années du schiste américain. Le secteur a généré 300 milliards $ en cash négatif, détruit 450 milliards pour les investisseurs et vu 190 faillites. Elle enfonce le clou en assommant: “le schiste a atteint son pic sans avoir été capable de générer des bénéfices.”

Les compagnies de schiste pourraient passer à la trappe pour 300 milliards $ d’actifs au deuxième trimestre dont la moitié concerne des dettes. Selon Rystad Energy, les producteurs ont perdu pour 38 milliards $ durant le premier trimestre. Selon les agences, une consolidation dans le secteur est primordiale et tant Chevron qu’ExxonMobil sont sur la brèche pour acheter les opportunités bradées.

Pendant ce temps, les managers des compagnies de schiste montrent une fois de plus leur sens de l’éthique et se remplissent les poches avant de partir en faillite. Selon Haynes & Boone, 18 entreprises de schiste se sont mis sous la protection des faillites.

Deux grosses casses ce mois dont la compagnie Extraction Oil & Gas. En 2014, sa valorisation était de 4 milliards $. Elle a chuté à 100 millions $ pour une dette de 1,6 milliards $. La partie a hurler de rire vient des 16 directeurs de l’entreprise, qui se réservent un bonus de 6,7 millions $ afin de les garder au sein de la compagnie après la faillite. Du côté des directeurs de Whiting Petroeum, les 5 managers se sont accordés 14,5 millions $ de bonus juste avant de demander la protection de faillites. Le record des parachutes les plus gonflés se trouve parmi les 21 managers de Chesapeake qui se sont partagés 25 millions $. Il n’y a qu’un pas pour dire que le secteur de schiste n’est qu’une fraude énorme.

La plus grande faillite du mois, nous vient de la NBA. Chesapeake, l’ancienne star et inventeur du schiste, qui accumule 9,5 milliards $ de dettes. Au sommet de sa gloire, Chesapeake avait acheté le nom de la salle où joue l’équipe de NBA de Basket des Thunders d’Oklahoma City. Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que la banque Nationale Suisse détenait des actions. La question la plus urgente est: mais comment s’appellera la salle de basket des Thunkders à la rentrée?

Alors que les cours ont frisé les 40$ le baril, certains producteurs de schiste dont EOG, Parsley ou WPX, ont remis en service leurs installations avec un objectif d’extraire 2 millions b/j de plus dès le mois d’août pour autant que les prix continuent à monter.

La baisse de l’extraction de schiste aurait atteint 1,15 millions b/j en avril et en mai selon JBC Energy, mais ces chiffres sont à prendre avec précaution.

 

 Il n’y a pas que le schiste qui traverse une tempête!
Du sable du Sahara a traversé l’Atlantique pour arriver aux USA.
Cette tempête de sable ne s’était plus produite depuis 50 ans.

 

Irak

Le pays est en passe de s’écrouler. Le réchauffement climatique et la sécheresse le rendent invivable. De plus les conditions économiques sont désespérées pendant que l’État Islamique et le coronavirus gagnent des forces.

Washington et Bagdad sont préoccupés par la résurgence de l’Etat Islamique mais rien ne devrait être entrepris pour les mois qui viennent faute de moyens financiers et de volonté politique américaine.

Dans l’accord de l’OPEP, Bagdad n’a respecté qu’à 50% ses quotas et devra compenser en juillet et septembre avec une baisse de ses extractions de 24% à 3,28 millions b/j. L’Irak avait accepté une baisse de 1,061 million b/j. Mais une diminution des revenus pousse un peu plus le pays dans une situation très compliquée.

En Avril, Bagdad a généré seulement 1,3 milliard $ de revenus pétroliers, 2,13 en mai et 2,5 en juin. Le gouvernement n’arrive pas à payer les salaires des fonctionnaires et les frais de fonctionnement. Il a demandé la possibilité d’emprunter 18 milliards $ pour sortir de cette impasse.

La Chine pourrait intervenir en apportant de l’argent ainsi que de la technologie qui permettrait au pays d’extraire jusqu’à 7 millions b/j pour la fin 2022. La Chine a remplacé les USA pour contrôler l’or noir du pays.

Dans le sud du pays, région pétrolifère, l’Iran continue de livrer gaz et électricité pour que la population puisse supporter les chaleurs de l’été dans une région qui devient invivable et qui fait face à une sécheresse.

 

Libye

Sans pétrole, le pays serait certainement un endroit paisible. Mais voilà, la malédiction se cache sous le sable.

En Libye, le grand gagnant du mois est la Turquie! Erdogan a réussi à donner un coup de main militaire efficace à Fayez al-Sarraj du Gouvernement d’accord national (GAN) et à repousser le général Khalifa Haftar qui désirait s’emparer de la capitale Tripoli.

Visiblement Recep Tayyip Erdogan a une stratégie globale qui englobe la Syrie et la Méditerranée. Historiquement, ce concept s’appelait l’Empire Ottoman et pour l’instant l’Europe n’arrive pas à riposter de manière ferme. A court terme, l’intérêt de la Turquie en Libye réside dans l’extraction de gaz et de pétrole offshore dans la Méditerranée grâce à un corridor spécial entre les deux pays qui lui permet de revendiquer des matières premières jusque là interdites. Le pétrole Libyen est également un détail qui vaut quelques sacrifices.

Du côté des supporters du général Khalifa Haftar, l’Egypte s’inquiète de l’avancée de la Turquie au Moyen-Orient. Du côté Russe, plus de 2’000 mercenaires Wagner, organisation fondée par Dmitri Outkine, prêtent main-forte au général. Ce dernier a battu en retraire après avoir dû mettre fin à son offensive sur la capitale. Comme à son habitude, la France tente de faire entendre sa voix et les Emirats Arabes Unis apportent un fort soutient.

In fine, la bataille pour le pétrole s’est dirigée vers Sirte, porte d’entrée des installations pétrolières. Les combattants de Wagner avaient lancé sans succès un assaut sur les champs de pétrole de Deir Eu-Zor. Finalement, la Russie et la Turquie se sont mis d’accord. La milice Wagner s’est installée dans le gisement pétrolier de Sharara. La compagnie pétrolière libyenne, NOC, avait redémarré la production à Sharara et El Feel, mais depuis tout semble à l’arrêt. Le partage du pétrole entre la Russie et la Turquie pourraient apporter des solutions d’autant qu’à Washington la préoccupation se focalise sur les prochaines élections.

Au total, la production pétrolière du pays stagne toujours proche de zéro alors que durant l’époque du Général Kadhafi le compteur indiquait 1,7 million.

 La loi sur la sécurité nationale adoptée à Hongkong
Dessin Chappatte

Chine

Afin de sortir de la déflation et de stimuler l’emploi et l’économie, Pékin va investir dans la construction d’infrastructures. Les régions ont annoncé la construction de 40GW de centrales à charbon soit une flotte équivalente à l’Afrique du Sud. Sur en une année, l’extraction de charbon a également augmenté de 0,9 % à 1,5 milliard de tonnes pour une consommation totale de 4,1 milliards de tonnes.

Pour rester dans les bonnes nouvelles pour le climat, en 2019, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 3,4% contre 2,6 % durant les 10 dernières années. La Chine produit 28,8% des émissions mondiales de CO2 selon la BP Statistical Review of World Energy.

Pékin a fait savoir que si Washington continue de chatouiller sur HongKong ou sur le coronavirus, ces thèmes pourraient impacter les achats de produits agricoles des fermiers américains si précieux pour Trump. Ces ventes font parties de la première partie de l’accord économique entre les deux pays. Pékin semble également miser sur une défaite de Trump et tente de gagner du temps.

Les importations de pétrole ont augmenté de 13% à 11,11 millions b/j en profitant des prix bas pour faire des stocks.

La Chine va ajouter 36,65 GW d’éolien et 48,45 GW de solaire par rapport à 2019 soit +52%. Le charbon reste toujours la plus grande source de production d’électricité.

La Chine vient de terminer la construction d’une ligne à ultra haute tension réservée au transport d’électricité éolienne et solaire de 2’390 km de long. Cette ligne de 3,17 milliards $ est dédiée uniquement au transport de l’énergie propre et va permettre le développement des énergies renouvelables dans le Qinghai et Gansu pour des livraisons au Henan. Avec ces technologies de transport sur de longues distances, dans les années qui viennent, Pékin pourrait livrer en électricité l’Europe.

 

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne avec une pointe en Sibérie

 

Europe

Christine Lagarde, directrice de la Banque Centrale Européenne, va soutenir financièrement Shell, Total et l’électricien charbonnier Uniper avec une injection de 7,6 milliards €. En réponse à la crise, sur les 1’700 milliards € injectés par la BCE, 220 milliards sont prévus pour les entreprises polluantes grâce à l’achat d’actifs.

 

Russie

Dans le nord de la Sibérie, la ville de Verkhoïansk, située à 67° de latitude nord, a enregistré le 20 juin 38°C, soit 0,7°C de plus que le précédent record, qui remontait à juillet 1988. Pour l’anecdote, la température la plus basse de l’hiver dernier à cette station était de -57,2°C le 26 janvier 2020.

Pour continuer sur le même sujet, près de 20’000 tonnes de diesel se sont déversées «par accident» dans la rivière l’Ambarnaïa à Norilsk (Sibérie orientale). Un réservoir de diesel a été endommagé après son effondrement. La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le permafrost. Elle est menacée par la fonte des glaces causée par le changement climatique.

L’entreprise Concern Avtomatika JSC a vendu aux pétroliers russes un système qui permet de contrer des attaques de drones sur les installations pétrolières. L’année dernière, une attaque avait paralysé une partie de la production d’Arabie Saoudite.

Via la nouvelle constitution, les russes se prononcent sur le maintient de Vladimir Poutine jusqu’à ses 84 ans soit en 2036. Je vais faire un délit d’initié alors que les résultats ne sont pas connus : la réponse est : Da. En comparaison, si l’américain Joe Biden est élu, il terminera son terme à 83 ans.

Moscou dément être responsable d’une fuite d’éléments radioactifs provenant d’une centrale nucléaire. Les pays scandinaves ont détecté une augmentation non-mortelle d’isotopes associés à une fission nucléaire humaine dont la provenance est inconnue.


Nuage d’éléments radioactifs détecté le 22-23 juin 2020
Source: CTBTO – graphique FT.com

 

Allemagne

Berlin continue sur sa lancée dans l’hydrogène vert (fabriqué via des énergies renouvelables) et comme au poker met 7 milliards € sur la table pour voir.

L’objectif est de créer des emplois et d’impliquer son industrie. Cet argent servira à la recherche, la production et les infrastructures de livraisons et provient du plan de relance économique. Sur la durée, l’Allemagne va renoncer à l’hydrogène bleu ou gris produit à base de charbon ou du gaz.

D’ici à 2030, 5GW d’hydrogène vert devrait être produit notamment pour les camions, le secteur maritime, les avions ainsi que le stockage d’énergies renouvelables pour les habitations. Actuellement l’industrie allemande utilise 55 TWh par an d’hydrogène gris ou bleu. Vu l’importance de son industrie lourde, l’Allemagne voit cet investissement comme stratégique. Pour l’instant, le plan n’englobe pas l’utilisation d’hydrogène pour les voitures qui se dirigent vers une propulsion électrique.

Angela Merkel va encore ajouter 70 milliards € pour stimuler l’économie et totaliser 218 milliards cette année. Dans la valise, 9 milliards ont été prévus pour la compagnie aérienne nationale Lufthansa.

Le gouvernement prévoit une baisse significative des importations et exportations pour 2020 alors que de nouveaux foyers de coronavirus émergent.

 

Angleterre

Les compagnies aériennes EasyJet plc, Ryanair et Air Europa cassent les prix qu’elles avaient déjà cassés. Ryanair a débuté les hostilités et EasyJet a riposté en mettant en vente 1 million de billets à €29,90. A ce prix là et histoire de bien rigoler, le coronavirus va certainement en acheter une certaine quantité.

BP a passé à la trappe pour 17,5 milliards $ d’actifs dont 8 à 11 milliards d’équipements et 8 à 10 milliards d’intangibles qui concerne l’exploration. Actuellement la valeur des équipements de BP est de 130,2 milliards $. Alors que Brittish Petroleum accumule les dettes, elle continue de verser des dividendes à ses actionnaires.

Toujours durant le mois de juin, BP a levé 17 milliards $ auprès des investisseurs. Le concept de finance durable a encore un peu de chemin à parcourir.

Et finalement, BP va vendre son secteur pétrochimique à Ineos pour 5 milliards $.

Les forages offshores, plus onéreux que les autres, prennent de pleins fouets la chute des cours. Un tiers des forages dans la Mer du Nord ne sont plus financièrement rentables.

Le ministre des transports Grant Shapps a formé le groupe Jet Zero Council (aviation, environnement, gouvernement) avec l’objectif de réaliser un avion transatlantique sans émissions de CO2 d’ici à 20 ans. Accessoirement, cela permettra au gouvernement de subventionner son industrie aéronautique sans que ces subventions ressemblent à des subventions.

Le gazier anglais, Centrica va licencier 5’000 employés afin d’économiser 2 milliards £ d’ici à 2022. Alors que les revendeurs de gaz se font des marges indécentes, (7 à 15 fois sur le prix de vente aux consommateurs), c’est une prouesse d’être en difficulté financière.

 

 

France

Les quatre plus grandes banques françaises, Société Générale, Crédit Agricole, BNP, Banque Populaire ont déversé 22 milliards $ dans le pétrole et gaz de schiste aux USA durant ces 3 dernières années.

La Société générale détient le pompon avec 11 milliards $ de financements sur la période. Le Crédit agricole est deuxième avec 6 milliards, la BNP 3,6 milliards et le groupe Banque populaire Caisse d’Epargne soutient le tout avec 3,3 milliards. Axa et Rothschild & Co (l’ancienne banque du président Macron), ont engagé 11 milliards pour financer des entreprises actives majoritairement dans le domaine du schiste.

L’industrie aéronautique française va certainement bâtir une statue à nos amis les pangolins et chauves-souris. Ces petites bêtes permettent à certains acteurs de toucher le jack-pot alors qu’ils étaient, avant la crise, déjà dans une sacrée panade financière. Ainsi, la France va mettre 15 milliards € pour 100’000 emplois, soit un montant de 150’000€ par poste aéronautique alors que dans sa forme actuelle, l’industrie est appelée à mourir.

AirFrance reçoit un prêt de 7 milliards € et une petite enveloppe de 300 millions de cash pour moderniser sa chaîne de valeur. Les autres recevront entre 500 millions et 1 milliard €.

La plus vieille centrale nucléaire de France à Fessenheim a été mise à l’arrêt. Il faudra 15 années pour démanteler les 2 réacteurs.

Comme dans plusieurs pays européens, les électeurs français ont choisi le parti des verts lors des élections communales. Jusqu’à présent et dans le domaine environnemental, Emmanuel Macron peine à passer des paroles aux actes.

 

Suisse

Au premier trimestre, le PIB de la Suisse n’a reculé que de 2,6 %. L’administration publique (+0,8%) et la finance (+2,3%) ont apporté une contribution positive au PIB. Cependant, une nouvelle augmentation des cas de coronavirus est en train de pointer le bout de son nez.

Le distributeur d’énergie et prédateur BKW (Forces Motrices Bernoises) se lance dans la vente de gaz qui génère des profits que l’on peut qualifier de “mirobolants”. Sur l’achat de 1 m³ de gaz, les distributeurs prennent une marge qui dépasse souvent 10 fois le prix d’achat. La Commission de la concurrence a décidé d’ouvrir le marché du gaz en Suisse sur la base d’accord à l’amiable entre deux fournisseurs régionaux.

Le Salon de l’Auto de Genève pourrait avoir rendu l’âme, en tout cas dans sa version passée. Après l’annulation de l’épisode 2020 pour cause de coronavirus, l’édition 2021 sera également supprimée. Depuis des années, la manifestation avait du plomb dans l’aile et les pertes générées lors de l’annulation de cette année ont creusé des dettes abyssales. Du côté du canton, c’est le magistrat Pierre Maudet qui s’est chargé de ce dossier et ce même ministre a fustigé les pistes cyclables dans le canton. Il semble que plus rien ne roule pour lui.

La Suisse pourrait acheter de nouveaux avions militaires pour un montant de frs 6 milliards. L’avion français Rafale est sur la liste des candidats. Le jouet consomme environ 6’500 litres de carburant à l’heure lorsque l’on pousse ses moteurs à plein régime. Cette consommation grimpe à près 21’000 litres par heure lorsque la postcombustion est enclenchée. Du coup, durant un engagement, il peut voler un peu plus de 10 minutes sans réservoir supplémentaire.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Une deuxième vague de coronavirus a touché le pays et particulièrement dans les zones pétrolières du Khuzestan. Le président Rouhani a insisté pour que l’économie reste ouverte.

Le président Rouhani pourrait reprendre le dialogue avec les USA, si Washington s’excuse d’être sorti l’accord du nucléaire de 2015. On sent que l’Iran prépare l’arrivée de Biden à la présidence US.

L’agence nucléaire internationale note des problèmes de coopération avec Téhéran. Depuis que Donald Trump a déchiré l’accord, le gouvernement traîne les pieds et vient de refuser l’accès à des sites. L’Agence dit ne pas avoir reçu de réponses sur du matériel nucléaire non déclaré dans les années 2000. Elle annonce également une forte augmentation de matériaux nucléaires qui dépassent les accords de 2015. Il faut dire que l’arme atomique est très à la mode en ce moment au Moyen-Orient. L’Arabie Saoudite se lance dans le nucléaire civil afin d’obtenir l’arme atomique militaire alors que seul Israël possède cette arme en ce moment.

L’administration Trump prépare des sanctions pour 50 tankers pétroliers afin d’arrêter les transports entre le Venezuela et l’Iran. L’objectif est d’éviter une confrontation militaire.

Depuis des années, l’Iran souffre de la sécheresse et du manque d’eau. L’Iran semble sur le même chemin que la Syrie et l’Irak.

Résurgence des cas de coronavirus en Iran

 

Arabie Saoudite

Le fond public d’investissement du pays a profité de la chute des bourses afin de faire des emplettes et des achats d’entreprises notamment en Europe et aux USA.

Saudi Aramco coupe dans ses coûts et a licencié notamment des employés étrangers. La compagnie pétrolière nationale compte 80’000 employés.

Saudi Aramco a mis sur pause plusieurs forages offshores et des investissements de 18 milliards $.

Dans les mains de Ryad, la compagnie Boston Dynamics vient de commercialiser son robot Spot. Pour le rendre moins méchant, elle le présente comme un gentil toutou alors que l’engin est développé pour le militaire et fera merveille avec une arme. Dans les mains de Google, Boston Dynamics a été cédée à l’Arabie Saoudite. L’entreprise excelle dans la création de robots destinés à l’armée. Effrayant!

 

Spot est en vente pour 74’500$

 

Asie

Inde

Le gouvernement a augmenté à 50% ses taxes sur l’essence. Pour 1 litre, il vous faudra débourser 1,06$. Les budgets de l’Inde doivent trouver de nouvelles entrées car la situation est financièrement très tendue.

Un autre endroit très tendu se trouve à la frontière avec la Chine dans un coin retiré. Les soldats des deux pays ont réussi à s’entre-tuer, sans armes, pour un lopin de terre qui a la particularité de titiller la testostérone de Modi et Xi Jinping.

Le gouvernement va mettre fin au monopole de l’État sur le charbon et va vendre aux enchères 441 mines. L’objectif est de diminuer les importation en augmentant la production du 3ème producteur mondial derrière la Chine et les USA.

 

Australie

Après les incendies du début d’année, le lobby du charbon, la Minerals Council of Australia, a fait des propositions pour réduire l’impact du charbon sur le climat. Les propositions sont très ambitieuses et proposent d’augmenter la recherche et développement ainsi que d’utiliser des technologies qui restent à inventer. Bien évidemment, aucune date et aucun chiffre n’ont été proposés. On ne peut que regretter que cette proposition n’eut été faite un 1er avril.

L’Australie est le plus grand exportateur de charbon au monde et génère pour 48 milliards $ de revenus.

Le géant minier, Rio Tinto, a réussi a faire exploser un temple aborigène vieux de 46’000 ans afin d’agrandir une mine de fer. Coutumière du fait, la destruction à l’explosif de la grotte de Juukan Gorge aurait dû passer comme une lettre à la poste, mais là, même le gouvernement demande des comptes.

 

 Powell est le président de la Banque Fédérale Américaine.

 

Les Amériques

USA Schiste

Afin d’aider financièrement les entreprises pétrolières et gazières, le gouvernement Trump a relâché les normes environnementales et de pollutions.

La baisse du nombre de plateformes de forages a été stabilisée à 188 et 75 pour le gaz. Il n’est pas impossible que l’industrie ait touché le fond et n’ira pas plus bas. Les mois à venir le diront.

Plus de 85’000 emplois dans les services pétroliers ont été passés à la trappe selon la Petroleum Equipment Association. Au niveau des pétroliers on estime que 100’000 postes ont été supprimés.

Donald Trump s’était précipité sur son compte Twitter afin d’annoncer une création de 2,5 millions d’emplois. Sur la nouvelle les bourses ont grimpé. Quelques heures après l’annonce, le Département du Travail annonça que ce chiffre souffrait de problème de méthodologie car de nombreuses personnes sondées ne savaient pas si elles étaient au chômage ou licenciées.

Les nouvelles installations solaires ont chuté de 31% à 3,4 GW selon Wood Mackenzie et le Solar Energy Industries Association et 72’000 emplois sont à risque. Aux USA, l’énergie solaire représente 81,4 GW, assez pour satisfaire la demande de 15,7 millions de foyers.

L’élection va se jouer entre Donald Trump et l’ancien vice-président d’Obama, Joe Biden coutumier des gaffes et des parachutages de son fils dans des conseils d’administration. Pour éviter que Biden l’ouvre et balance des énormités, on a appelé Obama pour faire le service après-vente et ça marche. Depuis que Joe se tait, il est largement en avance dans les sondages. Qu’importe le choix du président, les 4,5 années à venir pourraient être surprenantes.

La Californie va lancer la production d’hydrogène à base d’énergies propres. Le prix de vente devrait entrer en parité avec l’essence d’ici à 5 ans.

La dette américaine vient de dépasser les 26’000 milliards $. Champagne!

 

Venezuela

Le pays continue d’envoyer du pétrole vers la Chine malgré les sanctions américaines dont 3,3 millions de barils en transit et 5 millions en direction du port de Qingdao. Les raffineries chinoises (comme celles des USA) apprécient le brut lourd du Venezuela qui permet la production de diesel et de kérosène.

Caracas a reçu l’essence livrée par l’Iran via ses tankers pétroliers. Les USA cherchent par tous les moyens de freiner ce transfert sans utiliser la force militaire.

 

Canada

L’entreprise, EarthRenew propose un système pour transformer les déchets et carcasses d’élevages en engrais. Ce système permet de générer sa propre électricité afin de rendre le processus énergétiquement neutre. La grande partie de cette «matière première» est gratuite car personne ne sait quoi en faire à part de la brûler ou pour l’intégrer aux produits cosmétiques ainsi que dans les aliments pour les animaux.

Les pétroliers canadiens sont dans une forme encore plus piteuse que leurs collègues américains notamment dans l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta.

 

Afrique

Nigeria

Shell n’a pas appliqué les recommandations des Nations Unies afin de nettoyer les rives du delta du Niger. En 2011, l’UN avait proposé la création d’un fond de 1 milliard $ pour réparer les dégâts des fuites de pétrole. Peu de progrès ont été réalisé dans un pays où la corruption règne en maître.

Alors que certains demandent que la compagnie pétrolière nationale Nigeria National Petroleum Corporation soit démantelée, Mele Kyari, son PDG, annonce «une nouvelle saison de transparence et de comptes rendus». En fait la NNPC est un gouffre à corruption et une caisse pour les politiciens. L’année dernière durant sa campagne pour devenir président, l’ancien vice président, Atiku Abubakar appellait la NNPC, et en toute simplicité, «une organisation mafieuse».

 

Phrases du mois

“L’Arabie saoudite et la Russie sont en mode de contrôle des dégâts. Il ne s’agit pas seulement de mesurer la demande. Il s’agit également de suivre le schiste américain sur une base mensuelle afin de ne pas permettre au schiste de rebondir rapidement.” Christyan Malek, JPMorgan

“Nous érodons les capacités de la planète à maintenir la vie humaine et la vie en général.” Gerardo Ceballos

“Nous avons systématiquement abdiqué devant les revendications de la Chine: transferts de technologies, traités inégaux, droits de douane déséquilibrés, razzia sur nos entreprises sans réciprocité. En résumé, un Munich industriel.” François Genthial, Red chef magazine Capital.

Michael O’Leary, PDG, Ryanair “Une fois que nous commencerons à voler en juin, nous vendrons n’importe quel prix afin d’occuper autant de sièges que possible, même si cela signifie perdre de l’argent pour les 12 prochains mois. Les bénéfices en souffriront un an ou deux, et c’est ce à quoi nos actionnaires devraient s’attendre.”

“Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça.” Coluche

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

La Banque Nationale Suisse investit dans les Banques de Schiste

Pour ceux qui étudient les investissements de la Banque Nationale Suisse SA, la société anonyme est une source d’émerveillement permanent.

Alors qu’elle se doit d’éviter les investissements dans le pétrole et gaz de schiste, le charbon, l’uranium, les énergies fossiles, les armes et les institutions bancaires, la direction préfère cocher toutes les cases.

Comme personne ne semble s’en offusquer, même pas le comité d’éthique ou les ministres des finances des cantons, la BNS a tenté le grand chelem: investir dans des banques qui investissent dans le pétrole de schiste aux USA! Deux interdits dans le même acte faisant une pierre deux coups. La performance est éclatante. Dans cet achat d’actifs, la BNS n’a perdu que 37 millions $ depuis le début de l’année.


Le pot aux roses a été découvert via une publication de Bloomberg d’une liste de 11 banques américaines en difficulté à cause de leurs implications importantes dans le schiste. Sur les 11 institutions bancaires pointées du doigt, la BNS n’en a ratée aucune. Respect!

 

Depuis le début de l’année, la valeur de ces banques n’a perdu que 37,6 millions $.

 

Cependant, la BNS ne s’est pas limitée à investir que dans ces banques. Elle a déversé son argent dans tout le système bancaire local américain. Vous pouvez trouver toutes les banques dans ce fichier mis à jour le 31 mars 2020.

 

Qu’en pense la Banque Nationale Suisse?

Devant cette découverte, j’ai pris contact avec le service de communication de la Banque Nationale Suisse avec ces questions:
   A) Pourriez-vous m’indiquer les motifs des investissements de la BNS dans des banques aux USA?
   B) Si vous n’avez pas cette liste, voulez-vous que je vous la fasse parvenir?
   C) Quel est votre avis sur ces investissements qui se heurtent à deux de vos règles en même temps (banque et environnement)?

L’éclairage est tombé comme la nuit: “Dans sa stratégie de placement, la Banque nationale suisse renonce à acquérir des actions de banques et d’autres établissements à caractère bancaire à moyenne ou à grande capitalisation de pays industrialisés. Elle s’abstient par ailleurs d’acheter des actions d’entreprises qui violent massivement des droits humains fondamentaux, qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement ou qui sont impliquées dans la fabrication d’armes condamnées sur le plan international.

Bref, le message standard “copier/coller” envoyé aux curieux dont je dois avoir 20 copies.

Devant cette non-réponse, je me suis permis d’insister. Au bout de 3 échanges, une information cruciale et décisive a enfin fini par transpirer: la directrice zurichoise de la communication n’apprécie pas l’humour et l’insistance des Welsches. Punkt Schluss!

 

Est-ce que la BNS investit contre votre entreprise suisse?

Si vous aussi vous voulez vous amuser, voici la liste des investissements de la BNS dans le marché américain au 31 mars 2020. Elle est mise gratuitement à disposition par le gouvernement américain.

Si vous êtes un entrepreneur, un chef d’entreprise, un innovateur de start-up, un PDG d’une multi-nationale comme ABB, vous pourrez immédiatement prendre connaissance des millions de $ que la BNS investit dans vos concurrents directs aux USA.

Ne parlez surtout pas de concurrence déloyale contre les entreprises suisses, la directrice de la com de la BNS n’apprécierait pas !