Pétrole de Schiste Américain: La tempête avant le calme

La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.

Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.


Les années folles du schiste

Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.

Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.

Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.

On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.

 

Peak oil de schiste ?

Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.

Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.

Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.

Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.

Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.

 

Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA

Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.

Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.

 

Le Schiste Russe gagnant ?

Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.

C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.

A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.

D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.

 

 

Pétrole 2017: Trump, Poutine et l’OPEP

Si les Economies occidentales exigent un prix du pétrole bon marché afin de relancer la croissance, à l’opposé, les pays producteurs misent sur un baril cher pour colmater leurs budgets et soutenir les investissements nécessaires à l’exploitation future d’or noir.

Parmi la myriade de facteurs qui influencent les cours du pétrole, trois acteurs devraient faire l’actualité en 2017: Trump, l’OPEP et la Russie.

Paradoxalement si l’OPEP rêve d’une réduction de l’offre d’au moins 1,8 million de barils par jour (b/j), de son côté @realDonaldTrump aimerait pousser l’extraction pétrolière américaine à un niveau « great again ».

 

Retour au rêve américain des années 50-60

L’arrivée inattendue des sables bitumineux canadiens et du schiste américain ont été en partie responsable de l’écroulement des cours. En 2016 rien qu’aux USA, 114 entreprises pétrolières ont fait faillites engloutissant 74,2 milliards $ pour le grand malheur des investisseurs.
C’est dans cette ambiance morose que l’équipe pétrolière, mise en place par le nouveau président, va tenter de s’appuyer sur le pétrole pour stimuler l’économie et l’emploi comme à la grande époque des années folles.

Sans encore connaître le programme exact, il n’est pas illusoire de penser que les faucons de la nouvelle administration vont s’employer à passer leur temps à détricoter les réglementations d’Obama qui ralentissent l’exploitation des énergies fossiles, et tenter d’élargir les horizons notamment en haute-mer ou en Arctique.

Si le charbon semble être financièrement condamné par le gaz et les énergies renouvelables, les groupes environnementaux vont s’employer à freiner des quatre fers pour retarder les ambitions des puissants lobbies pétroliers.

A force de réduire les salaires, de torturer les sous-traitants, de se débarrasser à la sauvette des produits chimiques et avec les prochaines faveurs promises par Trump, un pétrole à 60$ pourrait devenir le nouveau seuil de rentabilité pour les producteurs de schiste américain. Mais combien de gisements profitables restent-ils avant de s’attaquer aux champs de 2 et 3ème catégorie. La réponse divise.

Quoi qu’il en soit, les USA produisent 8,8 millions b/j (idem à 2014) et consomme plus de 19 millions b/j. Pour combler ce trou, Donald Trump va devoir assurer les importations et trouver de nouveaux partenaires.

Jusqu’où les USA seront-ils prêts à aller pour sécuriser du pétrole en terre étrangère d’autant que la Chine termine de racheter les derniers gisements prometteurs et que les deux tours du World Trade Center n’existent plus?

 

La Russie

Une partie de l’équation pourrait résider en Russie, le nouvel eldorado pétrolier. Le pays posséderait les deux plus grands gisements de pétrole encore à exploiter dont les réservoirs de schiste de Bazhenov en Sibérie ainsi que sous les glaces de l’Arctique.

A Washington, l’intérêt américain est à peine voilé avec l’engagement de Rex Tillerson, ex CEO d’ExxonMobil. Avec la technologie US, les Russes gagneront un temp précieux et la possibilité d’éloigner la Chine de ces ressources énergétiques doit sonner comme une douce musique aux oreilles de Trump. De son côté, ExxonMobil, qui voit sa production pétrolière diminuer d’année en année, tient là une opportunité de redorer son bilan.

Quant à la rivalité Américano-Russe, ne nous méprenons pas. Le mariage énergétique entre les deux superpuissances est déjà consommé. L’uranium russe fait fonctionner la moitié des réacteurs nucléaires civils américains.

Ressources de pétrole de Schiste par pays en milliards de barils
Source: EIA – Financial Time 2016

L’OPEP

A l’opposé de la stratégie américaine, l’OPEP veut réduire de 1,8 million b/j l’offre pétrolière.
Durant les fêtes de Noël, les ministres concernés ont laissé éclater leur enthousiasme sur la faisabilité de cet objectif et de la prochaine remontée des prix. Cependant, il est permis d’avoir certains doutes, car la solidité financière de la majorité de ces pays montre autant d’assurance qu’un concert de Maria Carey 15 minutes avant le réveillon. L’envie de pomper un peu plus pour arrondir les fins de mois est tentante.

Dans ce plan élaboré en décembre par l’Arabie Saoudite, trois pays majeurs de l’OPEP ont reçu un laisser-passer: le Nigeria, la Libye et l’Iran.
Alors que la Libye ne produisait que 300-500’000 barils/jour à l’automne, l’accalmie politique a consolidé le flux qui est brusquement remonté à 600’000 b/j en décembre. Pour autant que les différentes factions s’accommodent de cette situation, le nouvel objectif de 1,1 million pourrait sacrément contrecarrer les plans de Ryad.

Après une année 2016, parsemée d’explosions et de sabotages d’installations pétrolières, le Nigeria retrouve un calme relatif. Si les milices continuent d’être rémunérées, elles pourraient abandonner les explosifs en échange de cash. Là aussi, 300’000 b/j supplémentaires pourraient retrouver les marchés dans les mois qui viennent.

La grande inconnue de l’équation réside en Iran et bien malin qui peut connaître le destin pétrolier 2017 du pays. Après un départ en fanfare et une production en très forte hausse qui friserait les 4 millions b/j, un plateau semble être atteint. Les milliards de dollars nécessaires à la mise à jour des installations et l’apport technologiques des majors internationales se font toujours attendre. Il faudra attendre la prochaine élection présidentielle iranienne du 19 mai et le statu dans sanctions américaines pour y voir un peu plus clair.

 

Une année 2017 passionnante

L’arrivée de l’équipe Trump et les nouvelles synergies entre Russes et Américains pourraient avoir l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Dans l’industrie pétrolière, le dérèglement d’un battement d’aile peut avoir des conséquences inattendues, d’autant que la production mondiale à moyen terme est sur le fil du rasoir.

Avec plus de 50% des champs pétroliers qui ont atteint le peak oil, des investissements d’exploration rabotés à 500 milliards $ (+700 milliards $ en 2014) et de nouvelles découvertes au plus bas depuis 70 ans, on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts une fois que l’engorgement actuel se tarira.

L’année 2017 et les suivantes s’annoncent passionnantes.

Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Décembre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:

– Chine: Entre pic de pollution et énergie
– USA: Trump une équipe Pétro-GoldmanSachso
– Russie: ExxonMobile intéressée à l’Arctique
– Pakistan: 10’000 chinois pour produire de l’électricité
– Schiste US: 114 faillites en 2016 et 57 milliards $ perdus
– Arabie Saoudite: Le Royaume se met au solaire
– Iran: Rush pour signer des accords avant l’arrivée de Trump.

Vous pouvez découvrir cette revue le 1er de chaque mois.


Bonne Année à tous et merci d’être aussi nombreux à suivre la fabuleuse aventure des énergies à travers le monde.

Sacré yoyo pour le pétrole. Après avoir passé par la case 26$, il a doublé pour remonter à 56,13$ à Londres (37,28$ à la fin 2015) et à New York 53.72$  (37,04$ fin 2015).

L’uranium semble avoir touché le fond du trou. Une livre vous coûtera presque le prix d’une pizza à 20.25$ (35,80$ fin 2015).

 

Monde

Décembre a été «anormalement» chaud, avec un écart à la norme 1981-2010 de près de 4 degrés. Au final, la température annuelle en 2016 a dépassé la norme 1981-2010 de 0,4 à 0,9 degré dans la plupart des régions de Suisse.

Annus horribilis pour les super tankers qui transportent plus de 2 millions barils. Le revenu (pas le bénéfice) est passé à 25’000$ par jour soit une baisse de 12% depuis juin. Il en faut du cash pour acheter les 300’000-500’000 lt de pétrole quotidien pour faire tourner ses hélices.

pour terminer cette année en compagnie de Mix-Remix
qui nous a quitté en ce mois de décembre

Europe

Russie

Tex Tillerson, CEO d’ExxonMobil, a rejoint l’équipe Trump. Avant cela, Exxon avait contourné l’embargo pour négocier l’exploration pétrolière dans l’Arctique Russe. Est-ce que le nouveau négociateur en chef échangera l’Ukraine contre le pétrole de l’Arctique?

La Russie qui a produit 11,23 millions b/j en octobre et 11,21 millions b/j en novembre devrait réduire sa production de 300’000 b/j dès janvier pour satisfaire les quotas demandés aux non membre de l’OPEP. Il y a tellement d’ambigüité dans cet accord que la porte reste grande ouverte pour garder le statu quo. Officiellement, la réduction se fera graduellement et Moscou mettra sur pied une commission qui constatera cette baisse. On ne sait pas encore si une autre commission surveillera cette commission.

Gazprom Neft a débuté ses forages en Arctique avec l’aide d’un brise-glace. Le bateau devrait servir d’assistance à la plateforme, d’opération de secours, de bateau pompier et également de réparateur de marée-noire. Grande responsabilité pour un si petit bateau.

Glencore, basé en Suisse et le fonds souverain du Qatar s’offrent une partie du géant russe du pétrole Rosneft. La Russie leur a cédé 19,5% de son capital. L’opération, sans précédent dans ce secteur, rapportera quelque 10,2 milliards d’euros (11 milliards de francs) aux caisses du gouvernement. L’Etat conservera un peu plus de 50% de Rosneft. Le Qatar et Glencore sont réunis à égalité dans un consortium. Le britannique BP détient également une participation.

Suisse

Par le plus grand des hasards, la Conseillère Fédérale Doris Leuthard, opposée à la votation sur l’arrêt des centrales nucléaires d’ici à 2030, aura attendu la fin de la votation pour publier l’étude sur les coûts du démantèlement des centrales nucléaires et de la gestion des déchets : total +10% à 22,8 milliards CHF. La bonne nouvelle c’est qu’il manque encore 11 milliards dans le fonds prévu par les propriétaires de centrales. La même Doris s’est fait vilipendée par le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence justement pour son manque de transparence relative aux questions énergétiques et nucléaires.

Axpo, le producteur d’électricité, annonce une perte de 1,25 milliards CHF dont 600 millions disparus dans le trading. On ne sait pas si les traders sont vraiment nuls ou si cela relève d’une stratégie planifiée. Certains indices penchent pour la deuxième option.

De plus, Axpo sur-amorti ses actifs afin de péjorer artificiellement la valeur de l’entreprise. Est-ce que cette technique ne vous rappelle pas Swissair ? Je dis ça mais je ne dis rien.

Axpo va créer une deuxième entité qui regroupera les activités sans risques : renouvelables & services pour laisser les centrales à gaz et les centrales nucléaires dans l’entité actuelle aux mains des pouvoirs publics. Le Président du conseil d’administration a proposé de virer les actionnaires  (les pouvoirs publics) du Conseil d’Administration et de les remplacer par de vrais professionnels comme chez Alpiq.

Les Amériques

Mexique

Pendant que Trump fait joujou avec le mur mexicain et la Chine, Pékin a gagné 2 ventes aux enchères organisées par le Mexique. Les 2 concessions pétrolières représentent les plus beaux bijoux du pays en eaux profondes du Golfe du Mexique. Pied de nez, CNOOC a acheté un champ pétrolier situé à 6,5 km des frontières américaines en misant 6 fois plus que la mise de départ. En vendant 10 lots, le gouvernement mexicain entrera 41 milliards $ sur la durée des contrats.

Les autres champs ont été remportés par BP, le norvégien Statoil, le français Total (qui a également remporté 2 champs), Chevron et ExxonMobil. Shell semble être le plus petit gagnant.

Le pays a accordé 9 contrats d’exploration pétrolière à des compagnies étrangères. Une première pour le pays. Les 9 champs devraient produire 900’000 b/j qui devraient s’ajouter aux 2 millions b/j actuels. C’est la China Offshore Oil Corporation qui a gagné le plus grand lot.

 

USA

En 2017, Google n’utilisera plus que de l’électricité provenant des énergies renouvelables. Actuellement, Google possède 2600 MW d’électricité verte soit 10 fois plus que ses besoins de 2010. En 2015, l’entreprise consommait 5,6 terrawatts heures soit de quoi alimenter la ville de San Francisco. L’entreprise s’est lancée dans ce projet pour des raisons environnementales mais surtout économiques. Les contrats conclus pour les 20 prochaines années sur l’éolien et du solaire sont moins chers que les prix du fossile.

Rex Tillerson, (Rex n’est pas le nom d’un tyrannosaure, mais d’un dinosaure) à la tête d’ExxonMobil, a été nommé Chef de la Diplomatie. On pense que la politique étrangère des USA ne sera absolument pas biaisée sur le sujet du pétrole. Comme depuis 25 ans d’ailleurs. Simplement que là, ce sera encore mieux.

Chevron va investir 19.8 milliards $ en 2017. C’est la 4è année consécutive de baisse d’investissements pour la major pétrolière (-42% depuis 2015).

Le nombre de forage remonte à 498 (316 en mai 2016) alors que 1’609 étaient en activité en juin 2014.

Schiste
Bonanza Creek Energy, Inc, Memorial Production Partners LP, Forbes Energy Services sont les dernières entreprises de schiste à entrer dans la liste des 114 entreprises qui ont fait faillite cette année pour un montant de 57 milliards $. Voici la liste dans le rapport de Haynes Boone.

Avec la vente de 450 millions $ de certains champs, Chesapeake Energy, Oklahoma, recherche 750 millions $ pour pouvoir repayer sa dette de 1,2 milliard $. Des investisseurs volontaires ? Si oui, contacter la Banque Nationale Suisse gros actionnaire de cette entreprise pionnière dans le schiste.

Rice Energy a reçu une amende de 3,5 millions $ pour avoir enfreint les lois sur 10 forages et 6 pipelines. Dès l’année prochaine, l’entreprise pourra vaquer à ses occupations sans plus se soucier de l’environnement grâce à la venue de Trump.

Rick Perry prochain directeur du département de l’énergie USA, département qu’il voulait supprimer en 2012.

 

Canada

Alors que l’équipe du président Trump a demandé la liste de toutes les personnes qui ont participé aux négociations sur le climat, certains canadiens ont proposé aux scientifiques américains de backuper leurs recherches et leurs données en-dehors des USA de peur de voir disparaître une partie de ces documents.

D’un côté, le premier ministre Justin Trudeau a proposé un pacte sur le climat aux provinces canadiennes et de l’autre côté 2 pipelines ont été acceptés. Du côté de l’Alberta et des sables de schiste, la légère hausse des prix du baril relance déjà les projets. L’entreprise Cenovus va passer à la phase G à Christina Lake pour extraire 50’000 barils/jour alors que Canadian Natural relance l’extraction à Kirby North avec 40’000 b/j.

La Canadian Association of Oilwell Drilling Contractors prévoit une augmentation de 31% du nombre de forages à 4’665. En 2014, ce chiffre dépassait les 10’000.

 

Brésil

Petrobras, la compagnie pétrolière nationale, a conclu un accord avec la China Development Bank pour un montant de 5 milliards $. En échange, Pétrobras livrera 100’000 b/j pendant 10 ans à des prix  super minis.

Le géant français TOTAL a investi 2,2 milliards $ pour avoir accès à 2 champs pétroliers en haute mer.

 

Venezuela

Le pays, membre de l’OPEP, continue sa descente au point que le département américain a averti ses citoyens qu’il est dangereux de vivre ou de visiter le pays.

La compagnie pétrolière nationale a mis en gage sa participation dans US Citgo Oil. Cette entreprise était la dernière richesse et a été rachetée par la Russie. La production pétrolière devrait bientôt s’arrêter dans le pays.

Asie

Chine

Pékin a commandé 164 avions Boeing et la Chine aurait encore besoin de 6’000 avions supplémentaires durant les 20 prochaines années. Ce deal pèsera de tout son poids dans les discussions avec Trump surtout qu’Airbus fait tout aussi bien l’affaire.

La Chine continue de faire des emplettes et de rafler tout le pétrole qui reste à travers le monde. En cette fin d’année, le Brésil, le Kurdistan et Curaçao ont conclu des accords.

Un demi-milliard de chinois ont été affectés par une pollution géante qui recouvre 24 villes au nord-est du pays. L’alerte rouge est déclenchée lorsque le taux de pollution de l’air est trop important. Même les compteurs n’ont pas été prévus pour ce niveau. 217 vols ont été annulés le 20 décembre. Plus tôt dans le mois, les habitants de Chengdu ont manifesté pour que les politiques trouvent des réponses. Ils ont reçu une réponse musclée de la police. Le smog atteint son peak en hiver alors que les centrales à charbon carburent pour produire l’électricité des chauffages.

1’200 entreprises dans la région de Pékin ont dû cesser leur production pour limiter la pollution. Dès 2018 des taxes vont pénaliser les entreprises les plus polluantes. Le pays brûle annuellement 4 milliards de tonnes de charbon et 20 millions de nouvelles voitures rejoignent les routes.

Alors que les USA ont commencé à exporter leur pétrole, PetroChina a importé 2 millions barils en décembre. BP a également expédié 3 millions barils de schiste.

La Chine a abandonné son statut de plus grand propriétaire de la dette américaine. Pékin ne possède plus que 1 trillion 120 milliards $ (-41,3 milliards en octobre) ou 1’120 milliards $. Le Japon prend la tête avec 1’130 milliards $ de bonds américains. La raison est à chercher du côté de la volonté de Pékin de soutenir sa monnaie, le Renminbi, avec la vente de dollars.

Alors que l’air est toujours irrespirable à Pékin et d’autres villes, le gouvernement stresse l’importance de continuer une croissance en prenant compte l’environnement. En quelques années, la Chine a rapatrié chez elle la quasi-totalité des emplois mondiaux dans le domaine du solaire et elle réalise le même processus avec l’éolien.

Japon

Les plans pour retirer les 566 barres d’uranium dans le Réacteur 3 de la Centrale de Fukushima sont pour l’instant arrêtés. Initialement prévu pour janvier 2018 (il s’agit bien de 2018), un nouveau calendrier n’a pas encore été défini. L’opérateur Tepco a de la peine à enlever les débris radioactifs autours du réacteur.

Inde

L’Inde a demandé au Nigeria d’augmenter ses livraisons de pétrole de 20%. L’Inde est en train de suivre un chemin identique à la Chine avec l’augmentation de la consommation d’énergie.

Le Premier Ministre Modi a retiré du marché les plus grands billets de banque afin de limiter la corruption. Alors que le cash représente 80% des échanges, pour l’instant cette initiative freine l’économie. Les payements d’essence peuvent toujours se faire avec ces billets.

 

Pakistan

A son arrivée au pouvoir, Nawaz Sharif avait promis de diminuer les pannes d’électricité qui représentaient 12 heures par jour. C’est la Chine qui va s’occuper de cela avec 10’000 employés chinois qui sont en train de construire des centrales à gaz, charbon et hydro financées par Pékin à hauteur de 21 milliards $. Durant les 2 années, la production devrait augmenter de 10’000 Megawatts (+60%). La Chine se présente comme un acteur incontournable de l’Energie et fait face au géant américain GE.

Moyen-Orient

Il y a 40 ans, les exportations du Moyen-Orient étaient supérieures à aujourd’hui alors que la production de l’OPEP vient de toucher un record à 34,14 millions b/j. Magie? Est-ce encore un coup de Bolloré? Pas vraiment, la consommation interne des pays a été multipliée par 6 en 40 ans. De 1,5 million b/j en 1976, ils en consomment 9.6 cette année ce qui réduit la propension à l’exportation.

 

Arabie Saoudite

Ryad pense que le prix du baril va augmenter en 2017 et va faire «ce qu’il faut »  « whatever it takes » dans le texte pour que son souhait se réalise. Pour l’instant, l’Arabie continue de pomper à plein régime en direction de l’Asie et combattre ses concurrents (Russie, Iran, Irak) et diminue ses exportations en direction des USA.

C’est la première fois depuis la découverte du pétrole dans le pays, que le Royaume fait face à un défi de la sorte. Bien que le pays atteint un record de production (+11 millions b/j), il a été nécessaire creuser de nombreux nouveaux puits pour maintenir la production actuelle. Si l’on ajoute le fait que Ryad vend des actions de sa compagnie pétrolière nationale, on a comme l’impression que l’Arabie arrive au bout de quelque chose.

La vente de 5% des actions de la compagnie pétrolière nationale Aramco pourrait ramener 100 milliards $ dans les caisses de l’Etat. La détérioration des relations entre l’Arabie et les USA pourraient écarter les Loups de Wall Street de ce deal.

Alors que le pétrole rapporte de juteux profits, de plus en plus d’argent est nécessaire pour garder une certaine stabilité politique sur les 30 millions d’habitants. A 50$ le baril, les vrais coûts du pétrole, sont supérieurs aux coûts d’extraction.

Si la baisse de la production de Ryad sera remplacée par le schiste américain et le prix du baril stagne, le Roi Salman devra revoir sa copie.

Le gouvernement va encore augmenter les prix des carburants qui sont déjà passés de 15 ct à 20 ct le litre durant cette année.

L’avenir de l’Arabie semble passer par l’énergie solaire. Ryad va lancer une offre pour 500 Mégawatt durant Q1/2017. Les prix devraient atteindre les 3 ct kWh. En été, l’Arabie utilise plus de 900’000 b/j de pétrole pour générer de l’électricité pour l’air conditionnée.

Le pays essaie désespérément de diversifier son économie. Le Roi a inauguré un nouveau complexe minier de 35 milliards $ et désire augmenter la plus-value de son pétrole en vendant des produits pétrochimiques transformés à la place d’essences et de carburants. C’est peut-être cela le début du peak oil. Utiliser l’or noir pour des produits à valeur ajoutée au lieu de carburants moins cher que du Coca-Cola.

 

Iran

Les grands acteurs pétroliers américains poussent pour vendre leurs services à Téhéran. Schlumberger était présent en 1979 et désire entrer officiellement en relations d’affaires avec le pays. Bien que par le passé, elle a payé une amende de 233 millions $ pour avoir vendu des services via sa succursale basée stratégiquement aux Caraïbes ainsi que l’interdiction de 3 ans d’entrer en Iran. L’Iran pourrait être une terre d’asile pour toutes ces entreprises qui se sont cassé les dents sur le schiste aux USA.

Téhéran désire attirer 60 milliards $ pour développer son industrie pétrochimique. L’objectif est de transformer les 159 litres d’un baril bon marché de pétrole en un liquide à forte valeur ajoutée. Même un litre de Coca-Cola est plus cher qu’un litre de pétrole.

Irak

Bagdad annonce une production de 4,051 millions b/j. et les quotas de l’OPEP limiteraient à 4,351 millions b/j. La question est de savoir qui va réduire sa production (Kurdes ou Chiites) et qui va supporter la perte de revenus. En vadrouille dans le Sud du Pays à Basra, le premier ministre al-Maliki c’est fait violemment rabroué par les Shiites. La pétrolière russe Lukoil prétend qu’elle n’a reçu aucune directive pour diminuer sa production dans le Sud.

Au Nord, une fuite d’e-mails, une mode venue des USA, indique qu’ExxonMobil a décidé de se retirer en partie de ses champs pétroliers du Sud à cause de résultats décevants et un retour sur ses 1,1 milliards $ investi plus que moyen. Un appel du Nord Kurde avec des accords financièrement plus intéressants font également pencher la balance. Comme le big boss d’ExxonMobil a rejoint le gouvernement Trump, il sera intéressant de voir à quelle sauce l’Irak va être mangée.

Après un siècle de présence dans le pays, Shell évalue la possibilité de se retirer d’Irak. Les accords avec le gouvernement ne rapportent pas assez d’argent. Shell possède 45% dans le champ pétrolier de Majnoon qui produit 200’000 b/j.

Dessin Chappatte: hommage à Mix & Remix

Afrique

Libye

La National Oil Company confirme la réouverture des champs pétroliers de Sharara et El-Feel après 2 années de blocage par les milices locales. Les deux champs produisent 420’000 b/j ce qui propulserait la production à 720’000 b/j dès janvier. Le gouvernement espère 1,1 million b/j. La Libye n’est pas tenue au qota de l’OPEP et pourrait contrarier les plans de retirer 1,8 million b/j du marché.

L’Egypte pourrait aider la Libye à extraire du pétrole. L’Egypte a un fort besoin pétrolier pour ses 95 millions d’habitants.

 

Soudan du Sud

Pour la première fois depuis son indépendance en 2011, la famine touche la capitale Juba. Le pays producteur de pétrole n’arrive toujours pas à partager les revenus entre sa classe dirigeante et son peuple. Un peu comme dans tous les pays producteur de pétrole d’ailleurs. 3 millions de personnes ont dû partir de leur maison depuis 2013.

 

Nigeria

Le pays serait remonté à 1,8 million b/j  (1,5 en août) Le président Buhari espère 2,2 millions b/j en 2017 malgré le quota de l’OPEP.

 

Phrases du mois

I know the guys at Goldman Sachs. They have total, total control over Ted Cruz. Just like they have total control over Hillary Clinton.” Donald Trump, février 2016.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

Trump: Le Nouveau Plan Marshall Américain

«Make America Great Again.» A l’énoncé de ce slogan, la nostalgie des années 50-60 vient automatiquement à l’esprit. Le plein-emploi, les hauts fourneaux sidérurgiques nécessaires à la construction d’infrastructures géantes et aux courbes infinies des Cadillac qui sillonnaient les rues afin d’afficher sa réussite sociale.

Une époque où le pétrole plafonnait à 2$ le baril, où le charbon et le gaz n’en valaient pas autant. Une époque où King Hubbert n’avait pas encore découvert le peak oil, où les journaux ne parlaient pas de pollution et de réchauffement climatique.

Pour tenter de réaliser ce rêve, Trump va devoir trouver d’énorme quantité d’énergie et de financement pour alimenter les moteurs de la croissance et de l’emploi. La composition de son cabinet témoigne de cette stratégie.


Jusque dans les années 70, les USA étaient le plus grand producteur mondial de pétrole avant de se faire rattraper par le peak oil. Aujourd’hui, Trump ambitionne d’aller chercher les 50 trillions $ de pétrole, de gaz et de charbon qui se trouveraient encore dans le sol US, sur les côtes, dans les océans, dans les réserves naturelles ou en Alaska et de sécuriser les importations avec des alliances stratégiques.

Pour se faire le président Trump a choisi Rex Tillerson, le CEO de la plus grande major pétrolière mondiale : ExxonMobil. Son expérience sera précieuse pour convoiter les champs pétroliers non exploités à travers le monde, notamment en Russie. Sur ce terrain, les américains vont se heurter frontalement aux chinois qui raflent depuis 10 ans toutes opportunités de l’Afrique à l’Amérique du Sud en passant par les USA-eux mêmes.

 

Drill, baby drill

A l’interne, les Agences de l’Energie et de la Protection de l’Environnement ont été mises dans les mains expertes de Scott Pruitt, un lobbyiste pétrolier et climato sceptique virulent et Rick Perry, gouverneur du très pétrolier Etat du Texas.

Les deux hommes vont s’atteler à détricoter et abolir les réglementations mises en place par Obama afin de permettre l’extraction par tous les moyens des dernières gouttes de pétrole, de gaz et de charbon.

 

Le président Trump s’appuie sur le monde de la finance.

Le président s’est tout naturellement tourné vers l’institution financière la plus influente dans le monde de l’énergie : Goldman Sachs.

Ainsi Gary Cohn et Steven Mnuchin auront la tâche de rallier les grandes institutions bancaires afin de financer ce Plan Marshall de l’énergie. Toutes les institutions financières américaines devraient jouer le jeu, même si cette année 70 milliards $ ont été passés dans les comptes “pertes et profits” suite aux faillites dans le schiste et alors que 200 milliards $ se sont évaporés dans la branche pétrolière US depuis la crise de 2014.

Pour compléter le round d’investissements, les institutions étrangères vont être sollicitées et des coups de pouce devraient provenir des financiers les plus actifs dans ce domaine comme la Deutsche Bank, les français BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole.

En Suisse Donald Trump pourra compter sur l’UBS et le Crédit Suisse, acteurs incontournables du schiste et du charbon aux USA, ainsi que sur l’appui inconditionnel et quasi religieux de Jean Studer, Président de la Banque Nationale Suisse (BNS).

La BNS est déjà l’un des plus grand actionnaire mondial d’ExxonMobil. Les actifs de la Banque dans le charbon et le schiste américain se chiffrent en milliards $. Magnifique destin de cet homme politique méconnu des montagnes neuchâteloises qui devient l’un des acteur de la politique énergétique de Washington.

 

Les Révolutions d’Internet et des Energies Renouvelables

Dans sa thèse de doctorat de 2008, Vladimir Poutine, soulignait “l’importance pour la Russie de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières afin de restaurer la puissance mondiale du pays“.

En 2002, la synthèse géostratégique de Robert Ebel soulignait: «Le pétrole alimente plus que les automobiles et les avions. Le pétrole alimente la puissance militaire, les finances nationales et la politique internationale. Il est déterminant pour le bien-être, la sécurité nationale et la puissance internationale pour ceux qu’il le possède et l’inverse pour ceux qui n’en n’ont pas.»

Ces pensées ne datent que de quelques années, mais elles ont été rattrapées par l’émergence stratégique des nouvelles technologies. Quelque soit la volonté de Washington, les énergies renouvelables gérées par l’internet sont en train de bousculer les certitudes, la géopolitique énergétique et les modèles d’affaires.

Si le balancement des USA se confirme, la place sera ouverte aux nations qui sauront en extraire le potentiel et maîtriser ces technologies. La fenêtre d’opportunité ne pourrait durer que 4 ans, mais nombreux sont ceux qui vont vouloir s’y engouffrer.

Là encore, la Chine ainsi que tous les autres pays qui ne possèdent pas de pétrole, ont toutes les cartes en main pour se profiler. La politique de Trump va offrir de magnifiques opportunités pour prendre la place des entreprises américaines ou pour les accueillir sur notre territoire.

Pétrole, Peak Oil, Energies: La Revue Mondiale Novembre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
Monde_Map_Oil– OPEP: Accord surprise sur une baisse de la production
– USA: And the winner is… Donald Trump
– Suisse: Le pays conserve ses records nucléaires
– Chine: une pénurie de charbon en vue
– France: 13 réacteurs nucléaires à l’arrêt
– Canada: Trudeau donne le feu vert pour 2 pipelines pétroliers
– Prix du baril: Il repasse sur la barre des 50$ à Londres


Sympa les membres de l’OPEP. Ils se mettent d’accord sur une diminution de la production juste avant d’écrire cette revue. Le pétrole repasse sur la barre des 50$:  pour être précis  50,45$ à Londres (49,71$ à la fin octobre) et à New York 49.37$  (48.70$ fin octobre).

L’uranium surfe sur une vague qui descend: il ne vous faudra pas plus de 18$ pour acheter une livre de 450 gr (20$ fin octobre).

 

Monde

L’OPEP annonce un accord pour la réduction de la production pétrolière mondiale: -1,2 million barils/jour (b/j). Cela devrait être assez facile, car pratiquement tous les pays ont poussé leur production au max durant les derniers mois. Intuitivement, on pourrait penser que les prix devraient grimper dans les jours/mois à venir. Dans cette équation, la réaction des producteurs de schiste américains sera intéressante tout comme le temps de réaction de votre station service à changer les prix de l’essence.

La conférence sur le climat : COP22 a été lancée le 4 novembre avec l’ombre de Trump et la volonté de la Chine de créer des emplois dans le renouvelable. La conférence s’est terminée deux semaines plus tard. C’est tout. Suite de l’épisode à la COP23.

Majors pétrolières
Ca va mieux pour elles. Shell a annoncé un bénéfice de 1,4 milliard $ au 3ème trimestre après une perte de 6,1 milliards $ à la même époque il y a une année.  BP saute de joie avec 933 millions $ de bénéfice.
Shell pense que le peak de la demande va arriver dans 5 ans alors qu’ExxonMobil prévoit une augmentation de la même demande de 20% d’ici à 2040.

Arctique
En Arctique, les mois d’octobre et de novembre servent traditionnellement à créer de la glace et des banquises. Pas cette année qui pulvérise tous les records (+12 degrés en moyenne) et la glace qui n’arrive pas à se former avec une température légèrement au-dessus de zéro degrés. Mais à part ces légers détails, tout va bien.

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USA

Bon, voilà: Trump est Président et Steven Mnuchin, ex Goldman Sachs, ministre des finances. Il pourra retrouver ses potes Mario Draghi de la Banque Européenne et José Manuel Baroso qui a été blanchi de tout soupçon pour avoir rejoint la pieuvre.

Les USA pourraient réduire les impôts des entreprises de 35 à 15%. L’Irlande et le Luxembourg ont le sommeil difficile depuis cette annonce.

Elon Musk (Tesla et SolarCity Corp) a annoncé l’arrivée de tuiles solaires et la batterie de stockage d’énergie solaire pour les particuliers la Powerwall 2.0. Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise propose des tuiles solaires, mais toutes les tentatives ont été des flops. Le dernier en date Dow Chemical qui renonce à sa Powerhouse.

Les centrales nucléaires ferment par manque de rentabilité. Bloomberg confirme que les coûts d’une nouvelle centrale sont 5 fois supérieurs à ceux d’une centrale à gaz. Selon le groupe d’investissement Carlyle Group, si le gouvernement n’insuffle pas des subsides, le nucléaire civil US pourrait disparaître dans 10 ans.

La moitié de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

ExxonMobil est de plus en plus dans l’œil du cyclone concernant ses agissements dans le dénigrement des changements climatiques depuis 1980. Après l’Etat de New York, les journalistes, les environnementalistes, c’est au tour de la famille Rockfeller, en personne, de s’attaquer au plus grand producteur pétrolier américain. Pas sûr que le géant Exxon soit d’aplomb pour combattre son ancien fondateur.

Walmart, la plus grande chaîne de magasin du pays, va produire 50% de son électricité à base de renouvelable d’ici à 2025. L’idée est de réduire les factures d’électricité. Une fois l’installation payée, le kWh produit est proche de zéro ce qui donnera une longueur d’avance par rapport à ses concurrents.

10 jours après l’annonce de Walmart, c’est Microsoft qui annonce l’achat d’une ferme d’éolienne dans le Wyoming pour son data center à Cheyenne. 237 Megawatts sont dans le panier. Il faut juste espérer que les éoliennes ne tournent pas sur Windows.

La production pétrolière 100% Made in America devrait atteindre 8.84 millions b/j en 2016 (9.42 millions en 2015). Les USA consomment 18 millions b/j.

La production de charbon a diminué de 10% en 2015 à 897 millions de tonnes, au plus bas depuis 1986. Les emplois ont diminué de 12% à 66’000 employés. Donald Trump espère faire redémarrer le secteur mais on a beau malaxer les chiffres dans tous les sens, le compte n’est toujours pas bon.

Les compagnies aériennes Delta United et American pourraient payer plus cher leur kérosène si la législation US demande à Colonial Pipeline Co de cesser d’envoyer aux compagnies une qualité dégradée et moins cher de kérosène.

La méga fusion de 32 milliards $ entre General Electric et Baker Hughes dans les domaines des services pétroliers/gaziers arrive au moment où tout patine. C’est ballot. GE parie sur la reprise dans les forages pétroliers et gaziers. Connaissant l’impatience des actionnaires de l’autre côté de l’Atlantique, le CEO va devoir être très diplomatique. GE a également acheté le français Alstom et procédé à des premières vagues de licenciements.

Mississippi Power Co va ouvrir sa centrale à charbon de 58 MW Kemper Project sise à côté de la mine de charbon. C’est la première unité qui utilise le procédé de gazéification ainsi que le stockage de CO2 à cette échelle. Jusque-là tout va bien à part la douloureuse. Devisée à 2,9 milliards $, elle arrive aujourd’hui à 7 milliards $. Il est paradoxal de faire d’une centrale à charbon, une usine à gaz.

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Chine

La production pétrolière chinoise a chuté durant le mois d’octobre à 3,8 million b/j (-11,3% par rapport à octobre 2015). Le plus grand importateur de pétrole mondial tente d’avoir accès aux gisements étrangers via des acquisitions. Les USA, dont les producteurs ne sont pas sous le contrôle du gouvernement, sont une cible privilégiée. Pékin se demande si l’arrivée de Trump ne va pas freiner les acquisitions chinoises dans des entreprises clés.

Selon le plan quinquennal chinois, le pays consommera 2’000 GW d’électricité dont 320 GW (16%) avec le solaire et l’éolien et 110 avec le gaz.

Les coupes dans la production de charbon génèrent des pénuries et forcent Pékin à s’approvisionner en Australie et en Indonésie afin de maintenir la production électrique. L’IEA prévoit que la demande chinoise de charbon devrait augmenter de 214 millions de tonnes durant les 25 prochaines années.

Le prix du charbon a doublé en l’espace de 6 mois ce qui a fait plier Pékin qui relâche ses restrictions sur la production en attendant que le nucléaire et le renouvelable puissent prendre le relais.

Pékin sert la vis sur les achats chinois à l’étranger. Les entreprises et les particuliers ont dépensé plus de 140 milliards $ (dont 40 pour le Suisse Syngenta). Il ne sera plus possible d’investir plus de 10 milliards $ pour des entreprises et 1 milliards $ pour des propriétés immobilières. Le concept est de soutenir la monnaie et d’investir en Chine en priorité. Le même programme que Trump mais un mois avant.

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France

Treize réacteurs nucléaires sont hors circuit.  A cause de la défaillance de certains réacteurs, de contrôles renforcés requis par l’Autorité de sûreté nucléaire ainsi que la découverte de falsifications chez le constructeur Areva, près d’un tiers des réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt.

Les éoliennes et les panneaux solaires qui ont poussé ces dernières années, apportent un supplément de capacité de 1’900 mégawatts par rapport à l’hiver 2015-2016 soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires.

Pékin pourrait investir dans Areva qui est toujours à la ramasse financièrement. A voir si la nouvelle réglementation chinoise va permettre cet accord.

 

Suisse

La Suisse a été à deux doigts de perdre 2 de ses 3 records du monde dans le domaine nucléaire. Grâce au refus du peuple Suisse de mettre à la retraite ses très vieilles centrales nucléaires, l’Helvétie maintient son leadership mondial dans les domaines suivant:
1) la plus vieille centrale nucléaire au monde : Beznau 1 (1969)
2) la cuve de réacteur la plus fissurée avec 900 trous de 5-6 millimètres
3) la quantité per capita de déchets radioactifs balancés dans l’Atlantique en guise de recyclage : 4’420 térabecquerels ont été immergés.

Ce vote démocratique soulage la France qui ne devrait plus entendre les Suisses demander la fermeture de Fessenheim.

La voiture électrique est en train de prendre son élan : 16’814 véhicules sillonnent actuellement le pays. Les prévisions tablent sur 60’000 véhicules d’ici à 2020. Le coût actuel pour un plein varie entre Frs 3.—pour 100 km (2,7 €) à Frs 9.—/100 km (8.1€) avec des bornes publiques.

En provenance de France, deux convois de déchets nucléaires ont été livrés par rail à la Suisse. Va falloir maintenant leur trouver une place, pour les siècles et des siècles. Amen!

Nigeria

Grosse baston entre le Gouvernement et le groupe Niger Delta Avengers qui demande un partage des revenus pétroliers. Ce mois, ils ont fait exploser 3 pipelines dont celui du port de Forcados (200’000 b/j) ainsi que le Bonny Export Terminal d’une capacité de 300’000 b/j.

Le groupe se plaint des attaques de la Navy contre ses raffineries illégales qui opèrent dans le Delta. Le gouvernement est incapable de sécuriser les pipelines qui s’étirent sur des centaines de km. La seule option est de payer ces groupes pour avoir la paix. De plus, 10% de la production se volatilise et une bonne partie du solde sert à faire fonctionner la corruption. Bonne ambiance dans le pays.

La production nigérienne est estimée à 1,84 million b/j en octobre, en forte progression. Le pays pourrait reprendre la première place du plus grand producteur d’Afrique.

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Europe

145’000 voitures électriques ont été vendues en 2015 soit le double de 2014 pour une part de marché de 1%. En 2016, la barre des 200’000 véhicules devrait être franchie.

Allemagne

VW va couper 30’000 emplois. Le constructeur automobile va également tenter de rattraper son retard dans le fabuleux monde de la voiture électrique en construisant une usine consacrée aux batteries et en engageant 9’000 techniciens. La batterie est à la voiture électrique ce que le moteur est à la voiture à essence.

On peut se demander si les techniciens qui ont développé les logiciels «diesel» vont pouvoir utiliser leur savoir-faire en travaillant sur un moyen de traficoter artificiellement l’autonomie des batteries qui devraient être commercialisées d’ici à 2020-2025.

Martin Schulz, Président du Parlement Européen, a démissionné pour tenter de remplacer Angela Merkel à la tête de l’Allemagne. Le sieur Schulz a connu son heure de gloire en soutenant la créativité  de Jean-Claude Junker, l’actuel Président de la Commission Européenne.
M. Junker, alors Ministre de l’Economie du Luxembourg, avait monté un système astucieux pour permettre l’optimalisation fiscale des sociétés internationales. C’est toujours plus rassurant de se savoir gouverné par des gens intègres.

Finlande

Le pays étudie la possibilité d’arrêter toutes ses centrales à charbon d’ici à 2030 afin de réduire les émissions de CO2. Le charbon produit le 7% de l’électricité du pays, contre 45% pour le renouvelable et 34% par le nucléaire. En sachant que 30-40% d’électricité est gaspillé, le défi semble facilement réalisable.

Angleterre

Officiellement la dernière centrale à charbon devrait s’arrêter en 2025. Cependant, pour des raisons économiques, la fin du charbon pourrait déjà intervenir en 2022.

 

Russie

La Banque Centrale Russe est moyennement optimiste sur les prix du baril. Elle le voit à moitié vide ou moitié plein en flirtant vers les 40$ mais ne chutant pas à 30$. Ca, c’était avant la diminution de la production envisagée pour l’OPEP. Le Père-Noël semble venir avant l’heure.

Le Président Poutine a averti la Chancelière Allemande Merkel que l’Ukraine n’achète plus de gaz à la Russie. L’Ukraine va pomper dans ses réserves de diesel surtout si l’hiver est rigoureux.

BP va investir 300 millions $ pour développer de nouveaux projets exploratoires avec Rosneft.

 

Kazakhstan

Le nouveau champ pétrolier de Kashagan produit 52’600 b/j. Pour être financièrement dans les cordes et rembourser les 55 milliards $ d’investissements, il faudrait 75’000 b/j.

2016_04_TTIP_RenardLes Amériques

USA Schiste

La production de pétrole de schiste a atteint 4,518 millions b/j en novembre (4,949 millions b/j en 2015).

La US Chamber’s Institute for 21st Century Energy pense que si le schiste devrait être interdit aux USA, 14,8 millions d’emplois passeraient à la trappe.

Un tremblement de terre d’une magnitude de 5.0 a secoué la ville de Cushing en Oklahoma. Bien que des nouvelles réglementations ont limité les stockages d’eau des forages de schiste dans les sous-sols, la terre n’arrête plus de trembler.

Wall Street semble de moins en moins impressionné par les discours des producteurs de schiste. Après l’annonce de deux bons trimestres, les entreprises ont beaucoup de peine à trouver des fonds.

Ca va nettement mieux du côté d’Occidental Petroleum. La compagnie annonce une perte de 241 millions $ au 3ème trimestre contre une perte de 2,61 milliards $ il y a une année.

Apache Corp a divisé en 2 sa production (270’000 b/J) et annonce une perte de 607 millions $ au 3ème trimestre.

Le point commun entre ces deux entreprises actives dans le schiste et qui perdent des millions?  Elles ont la Banque Nationale Suisse comme investisseur. Là aussi, c’est rassurant de savoir que nos finances sont dans des mains intègres.

 

Venezuela

A court de cash, le gouvernement aimerait couper de 40% ses exportations Petrocaribe. Ce programme, initié par Chavez en 2005, exporte le pétrole à un prix d’ami vers 17 pays d’Amérique Centrale. Les bénéficiaires paient en cash 5 à 50% de la valeur des marchés et le solde dans 25 ans avec un taux d’intérêt de 1%. (Pas convaincu que de remettre un payement qui ne peut pas être fait aujourd’hui à après-demain soit un concept gagnant).

Les entreprises américaines, qui commercent avec le pays, sont en train de passer les dettes dans des comptes «perdus sans espoir d’en revoir la couleur». Le gouvernement n’a plus les moyens de les payer. Les importations ont diminué de 45% durant les 8 premiers mois de l’année et la descente continue.

 

Canada

Justin Trudeau et la ministre de l’environnement, Catherine McKenna, ont proposé de mettre hors service d’ici à 2030, toutes les centrales à charbon du pays.

Justin Trudeau, toujours lui, a donné son accord pour la construction de deux pipelines pour transporter 1 million b/j  de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers Vancouver et aux Wisconsin, USA. Le Kinder Morgan (6,8 milliards C$) se dirigera vers Vancouver et le Enbridge 4.8 milliards C$ ira aux USA.

Le premier ministre canadien se présente, à qui mieux mieux, comme le champion de la lutte contre le changement climatique, blah, blah, blah…  et de l’autre il encourage l’exploitation du pétrole le plus sale qui existe! Schizophrène ?

 

Panama

Les autorités du Canal de Panama ont lancé l’initiative «Environmental Premium Ranking, » afin de favoriser les cargos qui atteignent certains standards environnementaux. Ceux-ci pourront passer plus rapidement à travers le Canal.

 

Brésil

La compagnie nationale Petrobras va baisser les prix des carburants dans le pays. Il y a une année, elle avait augmenté les prix pour retrouver un peu de cash alors qu’elle était en grande difficulté et à deux doigts d’organiser les Jeux Olympiques.

Tiens une autre compagnie qui galère. Petroles Brasileiro SA a perdu 4,9 milliards $ durant le 3ème trimestre.

Shell va investir 10 milliards $ durant les 5 prochaines années pour tenter d’extraire du pétrole au large des côtes et en eau profonde.

 

Argentine

A part le foot, il y a une vie en Argentine. La preuve: le gouvernement projette 4 milliards $ d’investissements pour produire 1’280 MegaWatts avec les énergies propres dans 30 projets éoliens et solaires identifiés.

Plus tôt dans l’année, Buenos Aires avait proposé de garantir un prix de 67,5$ le baril pour les compagnies pétrolières. Arrière toute ! Vu que le baril ne monte plus et que l’initiative coûte un bras, le gouvernement a retiré cette option de la table.

Le gouvernement planifie 1,2 milliard $ pour la construction d’une ligne de chemin de fer afin de transporter le pétrole de schiste du gisement de la Vaca Muerta. La Vaca Muerta est une formation de pétrole et de gaz de schiste située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza. On espère juste que ce gisement ne fasse pas pchitt comme en Pologne.

 

Cuba

Le Général Fidel Castro est décédé.

La compagnie nationale CUPET a mandaté Malbana Energy Ltd. d’Australie pour continuer les explorations de pétrole sur l’île.

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Moyen-Orient

Iran

Roulement de tambour : l’Iran est sur le point d’extraire 4 millions b/j. Il n’en manque que 80’000 pour faire le compte. Qui l’aurait cru il n’y a que quelques mois encore. +230’000 b/j en octobre !

Cependant, l’accord conclus avec l’OPEP demande à l’Iran de se contenter de 3,8 millions b/j. La hausse des prix devraient combler la baisse de production et pour autant que l’Iran limite effectivement sa production. Je parie mon sandwich que Téhéran va passer outre et atteindre ses 4 millions b/j. juste pour le fun et émoustiller l’Arabie Saoudite.

 

Koweït

Pour les 3 prochaines années, le pays va livrer du pétrole à l’Egypte. Dans une passe financière délicate, l’Egypte a vu chuter ses importations de pétrole (très) bon marché de l’Arabie Saoudite.

Avec la hausse des prix des carburants, les taxis égyptiens vont augmenter d’un tiers leurs tarifs.

Il a neigé en Arabie Saoudite

 

Asie

Les USA exportent 98% de light crude (pétrole léger). L’inde et la Chine raffinent 19 millions b/j et uniquement du pétrole lourd. Pas de chance.

Les entreprises d’électricité fonctionnent à plein régime dans la région avec des températures glaciales en Corée, Chine et Kazakhstan. Au début du mois, ce furent des températures très chaudes qui baignaient cette région. Les prix du gaz, de charbon et de diesel, qui servent à cette production, partent à la hausse.

 

Japon

Après Volkswagen, Daimler, General Motors et Jaguard Land Rover, c’est au tour de Toyota et Mazda de se lancer dans les voitures électriques. Ces deux derniers ont trainé les pieds pour se lancer dans ce segment.

Revirement de situation, les deux géants nippons vont construire des usines pour produire des batteries. Aucun des deux ne possède une technologie révolutionnaire et ils ne savent pas s’ils peuvent atteindre le seuil de rentabilité. Toyota s’était illustré dans la voiture hybride, mais le concept est en train de faire long feu.

Après des records de chaleur, il a neigé à Tokyo avec 40 jours d’avance sur la moyenne. La capitale japonaise, habituée à des températures hivernales froides mais pas glaciales, n’avait pas connu d’averses de neige à cette époque de l’année depuis 1962. Un peu comme en Arabie Saoudite.

 

Inde

Le pays à la plus forte croissance en besoin pétrolier au monde voudrait investir 15 milliards $ au Nigeria afin de rapatrier de l’or noir. De son côté, la raffinerie de Essar Oil Ltd a conclu un deal de 13 milliards $ pour du pétrole Vénézuélien. Tant le Venezuela que le Nigeria sont des pays imprévisibles au niveau pétrolier.

New Delhi a dû fermer ses écoles, chantiers, etc. à cause de la pollution et un niveau de 900 microgrammes de particules dans l’air (90 fois le taux limite).

Afin d’augmenter les ventes de son charbon de mauvaise qualité, le gouvernement va diminuer les frais de transports en abaissant le prix des carburants pour ce secteur. Avec la hausse des prix du charbon, l’Inde espère faire entrer de nouvelles devises.

 

Australie

Le groupe français ENGIE a finalement annoncé, jeudi 3 novembre, la fermeture de la centrale à charbon d’Hazelwood, dans le sud du pays. Celle-ci est souvent présentée comme la plus polluante d’Australie, et même l’une des plus sales du monde. La centrale, qui emploie 750 personnes et produit jusqu’à 5 % de l’électricité du pays, cessera de fonctionner le 31 mars 2017.

Le directeur d’Engie en Australie, Alex Keisser, a expliqué dans un communiqué que la centrale n’était plus viable économiquement. «Elle a contribué de manière formidable au marché électrique national, mais nous avons maintenant atteint le point où il n’est plus rentable de la faire fonctionner ». Il faudrait investir «plusieurs centaines de millions de dollars» pour qu’elle soit viable et sûre.

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Afrique

Maroc

A Ouarzazate, le pays est en train de construire la plus grande ferme solaire au monde. Elle sera financée en grande partie par l’Europe et aura une capacité de 160 MW.

 

Angola

En 20016, le pays est devenu le premier pays producteur de pétrole avec 1,7 million b/j devant le Nigeria à 1,5 million. Mais durant les derniers mois, le Nigeria reprend des forces pour repasser sur les 1,8 million b/j.

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Phrases du mois

It’s about 20C warmer than normal over most of the Arctic Ocean, along with cold anomalies of about the same magnitude over north-central Asia…. The extreme behavior of the Arctic in 2016 seems to be in no hurry to quit.
Jennifer Francis, Arctic specialist at Rutgers University

Des améliorations technologiques vont être nécessaires si l’on veut utiliser le gaz sur le long terme notamment pour diminuer les émissions de CO2 et de méthane que génère le gaz.   IEA

La demande pétrolière ne provient pas des voitures, mais des camions, de l’aviation et de l’industrie pétrochimique. Nous n’avons pas d’alternative au pétrole dans ces domaines. Je ne suis pas d’accord avec l’argument que seules les voitures électriques vont créer le peak oil de la demande, au moins pour le moment. Fatih Birol, CEO International Energy Agency (IEA)

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Climat – Energie: Si Trump s’inspirait de l’Europe?

donald-trumpAlors que les programmes énergétiques et environnementaux du prochain président élu américain, Donald Trump, sont toujours inconnus, les spéculations vont bon train. Des pistes sont évoquées, mais rien n’est officiel.

En attendant que le Président Trump dévoile son plan, que se passerait-il, s’il s’inspirait de certaines actions menées en Suisse et en Europe ?

 

En Suisse

La Banque Nationale Suisse a déversé plus de 3 milliards $ pour soutenir les entreprises américaines actives dans le charbon, les sables bitumineux, le pétrole et le gaz de schiste.

Depuis la COP21 de Paris sur le Climat et l’annonce de la participation Suisse, la Confédération Helvétique n’a pas encore initié la moindre stratégie. Rien, nada “comme s’il serait préférable que ce dossier dorme” se plaignent les fonctionnaires en attente d’une direction.

Si en 2012, un élan prometteur dans les technologies propres “cleantech” fleurissait, l’organe officiel de la Confédération, Cleantech Switzerland, est passée de vie à trépas comme d’ailleurs la quasi-totalité des initiatives cleantech cantonales. En 2016, seul CleantechAlps survit à cette razzia. Le peuple a enfoncé le clou en enterrant l’initiative Cleantech 2050 lors de la votation de juin dernier.

La Confédération Suisse a mandaté les pétroliers pour diminuer la consommation de carburants et de fioul. Le système installé est tellement abracadabrant que des millions inutilisés dorment dans les coffres de la Fondation Klik de l’Union Pétrolière Suisse. Même s’il paraît logique de confier la construction d’une usine à gaz à des pétroliers, c’est un peu comme demander au renard de s’occuper du poulailler.

 

Et en Europe

Les premières importations de gaz et de pétrole de schiste sont arrivées en Europe par tankers. Avant 2016, les importations de schiste étaient interdites.

Dans son accord avec le Canada (CETA), l’Europe va autoriser les importations de pétrole des sables bitumineux.

L’accord promulgué par Bruxelles autorise également les entreprises canadiennes à venir explorer le sol européen à la recherche de gaz et de pétrole de schiste.

 

Des Idées pour Trump

Ainsi, si le président élu Trump devait s’inspirer des exemples ci-dessus, il pourrait :
– demander à ExxonMobil et Chevron de mettre au point une stratégie pour diminuer la consommation de carburants et de protéger le climat
– prier la Banque Fédérale Américaine de déverser des milliards pour soutenir le charbon, le pétrole et le gaz
– encourager les ventes de pétrole de schiste et construire un pipeline pour amener le pétrole bitumineux du Canada dans son pays
– développer les exploitations de schiste.

 

Effet Miroir

Comme l’effet miroir, les défauts qui nous dérangent le plus chez un ami, ce sont les défauts que nous avons.

Serait-il possible que ce qui nous gêne dans les probables plans climatiques et énergétiques de Trump, c’est qu’ils mettent le doigt sur les problèmes que nous n’avons pas encore réglés et qui trainent dans nos chaussures comme des grains de sable ?

Le jour où le président élu Trump dévoilera son plan, avant de bondir ou de tomber de notre chaise, il serait peut être opportun de regarder le chemin qui nous reste à parcourir et de se demander: c’est grave Docteur ?

A 53$ le baril, le Pétrole va mieux, oui mais…

poutin-erdogan_turkish-streamLe gratin du monde énergétique s’est rencontré au World Energy Congress à Istanbul, histoire de célébrer le lancement du nouveau gazoduc « Turkish Stream » qui reliera la Russie et la Turquie et de débriefer sur la hausse actuelle des prix du baril de pétrole.

Suite à l’annonce de l’OPEP d’une hypothétique baisse de la production, le baril est passé de 45 à 53$ soit une plus value de 750 millions $ par jour pour les pays producteurs et autant de moins pour les pays consommateurs.

Si l’ambiance pétrolière est un peu plus décontractée, c’est la crispation qui l’emporte pour les années à venir.

 

Le CEO de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière d’Arabie Saoudite, Armin Nasser balance entre optimisme et perplexité. «Ces dernières années, grâce à de sains investissements, nous avons bénéficié d’une production pétrolière sûre et constante. Je suis inquiet car nous pourrions avoir l’effet inverse dans la décennie à venir.»

En effet selon Wood Mackenzie, plus de 1’000 milliards $ d’investissements ont été reportés ou simplement effacés depuis 2014. Plus de la moitié des investissements en exploration pétrolière sont passés à la trappe.

M. Nasser a également plaidé pour «ne pas bloquer les investissements à long terme avec des pressions environnementales, règlementaires ou sociales car les ressources pétrolières sont de plus en plus difficiles et chères à extraire.»

Pour le Président Vladimir Poutine «la plus grand chute des investissements depuis 45 ans va créer des sauts imprévisibles des prix pour les années à venir. »  Son pays fait largement les frais de la fluctuation impressionnante du baril depuis 2007. Si les pics sont une bénédiction pour le budget de l’Etat, les niveaux actuels offrent un moment de solitude pour l’économie russe.

Le CEO de BP, Bob Dudley tente une prévision: «le baril se devrait se stabiliser entre 50 et 70$ jusqu’en 2020 et j’espère que l’OPEP puisse régulariser le marché. Les producteurs ont vu qu’il n’est pas bon d’avoir un baril à 25$ ou à 100$. Ils tentent de trouver le prix optimum.»

Aujourd’hui, le pétrole et le gaz représentent 80% de la consommation énergétique mondiale et cette part de marché pourrait représenter 75% en 2040. La consommation actuelle est de 94 millions b/j et devra être poussée, en théorie,  à 104 millions b/j en 2040. Sera-t-il possible d’atteindre cet objectif ?

 

Le Gazoduc Turkish Stream
En marge de cet événement, les présidents Vladimr Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont confirmé la construction du gazoduc Turkish Stream. Il permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons à l’Europe.

L’accord prévoit la construction de deux conduites d’une capacité de 15,75 milliards de m³ chacune sous la mer Noire d’ici décembre 2019. Ce gazoduc remplace l’ancien projet européen South Stream abandonné l’année dernière suite aux sanctions européennes. Le tronçon qui reliera l’Europe, s’il devrait être construit, sera à la charge des pays européens.

Le gazoduc Turkish Stream doit relier la Russie à la partie européenne de la Turquie et à la frontière grecque par le fond de la mer Noire. Le tronçon sous-marin du pipeline sera long d’environ 910 km. Le coût du projet est évalué à 11,4 milliards d’euros.

Energies et Economie: Revue Mondiale Septembre 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– L’OPEP: Un accord qui rapporte des milliards $
– Angleterre: Ok pour la centrale nucléaire de Hinkley Point
– Allemagne: Le pays se lance dans la voiture électrique
– Inde: La consommation d’essence explose grâce aux voitures
– USA: Garry Johnson: champion du monde des candidats
– Iran: Bientôt 4 millions de barils/jour. Une prouesse
– Afrique: Les Négociants écoulent leur pétrole sale


Depuis l’annonce de l’OPEP, le pétrole a repris des couleurs et de l’altitude. Il termine à 49,24$ à Londres (48.37$ à la fin août) et à New York 47.83$  (46.35$ fin août).

L’uranium fait comme Angelina et Brad Pitt. Il chute: 23.75$  (25.25$ fin août).

Monde

L’OPEP a annoncé qu’elle allait former un groupe de travail pour étudier une baisse de la production de 700’000 b/j.  Le baril a augmenté de 2$ sur la nouvelle. Si le baril garde ces 2$ durant les 30 prochains jours, ce joli coup médiatique permettra aux producteurs d’empocher 6 milliards $ de plus. Certainement la campagne de public relation la plus lucrative de l’année.

Les émanations fugitives de méthane et d’éthane des forages pétroliers et gaziers de schiste sont nettement plus importantes que les publications de l’industrie. Toute similitude avec les constructeurs automobiles n’est que fortuite. Le méthane est 86 fois plus virulent que le CO2 durant sa vie (20 ans). Le gaz de schiste est plus polluant que le charbon.

En 2016, la croissance du commerce mondial sera la plus lente depuis la crise de 2008. L’OMC l’évalue à 1,7% contre 2,8% en avril. Le PIB devrait progresser de 2,2%.

 

Europe toujours avec l’Angleterre

Après un mois de septembre qui a vu les températures dépasser entre 1 et 3,5 degrés la moyenne, l’Europe a paraphrasé l’accord sur le Climat de Paris.

France

L’américain Chesapeaker Energy a vendu des forages de schistes dans le champ de Barnett aux USA au groupe Total. Le champ de Barnett a été fortement exploité et se trouve sur la pente descendante. Il offre des opportunités d’achats pour les majors en quête de gaz.

Pour qu’EDF puisse retrouver ses billes dans le nouveau chantier nucléaire Anglais de Hinkley Point, les deux centrales EPR devront être terminées au plus tard en 2029 avec un dépassement de coûts de 30% maximum. Le PDG d’EDF, qui sera à la retraite d’ici là, pense pourvoir y arriver et du coup il touche un bonus en passant sur la case start et évite, pour l’instant, la case prison.

La voiture française Venturi VBB-3 est devenue aux Etats-Unis la voiture électrique la plus rapide du monde en atteignant une vitesse de pointe de 576 km/h.

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Suisse

Meyer Burger, le fabricant de scies de silicium et de panneaux solaires va biffer 250 emplois sur ses 1’500.

Il n’aura fallu que 4 mois, après une votation qui autorise les entreprises publiques à réaliser des bénéfices et accorder des salaires paradisiaques aux dirigeants, pour que les Chemins de Fer Suisses annoncent: une augmentation de 230 € du forfait annuel, la suppression de 1’400 postes et la confirmation du salaire de son Directeur, Andreas Meyer à 1,05 millions frs. Si tous ceux qui râlent sur les réseaux sociaux avaient votés, la situation serait peut-être différente aujourd’hui.

Les hommes politiques font preuve de générosité. Ils viennent de sucrer le coeur de la stratégie de transition énergétique suisse « Energie 2050 » afin de laisser les prochaines générations régler le problème du climat pour eux.

40 milliards Frs. Ce serait le coût d’un accident nucléaire en Suisse selon le Conseil Fédéral. Le coût des mesures à court terme, s’entend. Pour les années suivantes, on ne sait pas trop. Paradoxalement, le Conseil Fédéral a fixé à Frs 2 milliards le montant a assuré par réacteur en cas de catastrophe.

Tiens, l’action de la Banque Nationale Suisse a bondi de Frs 1017 à 1700.–. La BNS traine toujours ses milliards $ investis dans les entreprises de schiste aux USA.

 

Angleterre

La première ministre a autorisé la construction de deux centrales nucléaires par EDF à Hinkley Point. L’Angleterre offre une subvention de 30 milliards $ sur 35 ans ainsi qu’une aide financière qui double le prix de l’électricité actuel.

Les chinois, coréens et américains proposent également la construction de leurs propres réacteurs sur le sol anglais. Le Royaume, qui a libéralisé son marché de l’électricité, pourrait devenir un centre de test pour les nouvelles centrales nucléaires. Cela devrait simplifier les synergies en cas de catastrophe.

La plus grande éolienne du monde a été installée dans la baie de Liverpool à Burbo Bank. L’installation a été commandée par le danois Dong Energy. La turbine de 8MW de Vestas mesure 195 m de haut. Son doux nom : Vestas V164-8.0MW. Dong Energy vise un coût de 10 ct €uro le kWh amorti sur 15 ans seulement. Une éolienne a une durée de vie de 20-25 ans.

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La plus grande éolienne du monde

Russie

Le prix relativement bas du baril continue de créer des ravages dans l’économie russe. Moscow songe à privatiser son principal producteur pétrolier Rosneft afin de faire entrer du cash dans ses caisses.

Les responsables de la communication de la Russie et de l’Arabie Saoudite ont bien compris le mécanisme. Il suffit d’annoncer que les deux pays sont en négociation pour geler la production pétrolière pour que le baril grimpe. Un mois avant la rencontre de l’OPEP les deux compagnons ont fait courir le bruit de discussions. Résultat: +2$ pour le baril soit 6 milliards $ de plus-value durant le mois pour les producteurs pétroliers.

 

Allemagne

Après avoir découvert que les ingénieurs allemands passent autant de temps à construire leurs voitures qu’à d’inventer des systèmes pour contourner les tests anti-pollutions qu’ils ont eux-mêmes mis au point, les voilà qu’ils se lancent à 100 à l’heure dans la voiture électrique.

Au salon de Paris, Mercedes annonce pour 2020 sa première voiture électrique : Generation EQ. Elle devrait être commercialisée aux environs de 50’000$. De son côté VW aimerait lancer son nouveau modèle électrique la I.D, en-dessous de 30’000 $, d’une autonomie de plus de 500 km. VW n’a pas annoncé comment l’entreprise allait calculer l’autonomie de ses véhicules mais on peut leur faire confiance! Lancement 2020. Tesla a quelques longueurs d’avance.

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La Mercedes Electrique EQ disponible en 2020

Les Amériques

Make America Great Again

L’industrie solaire a installé 2’051 MW d’avril à juin 2016 aux USA. C’est le onzième trimestre d’affilé qui voit une augmentation sur l’autre. Les prix du solaire ont diminué de 60% depuis 2010.

La nouvelle Chevy Bolt, General Motors, sera la grande rivale de la nouvelle Tesla. Plus de 300 km d’autonomie pour 37’000$. Arrivée sur les marchés : début 2017. En Europe, c’est sous la marque Opel Ampera qu’elle sera commercialisée.

Le procureur général de l’Etat de New York, Eric Schneidermann, enquête sur les raisons qui ont poussé Exxon Mobil à ne pas divulguer à ses actionnaires les impacts financiers sur l’entreprise du changement climatique. L’entreprise avait identifié ce problème depuis les années 80.

Proterra a dévoilé un nouveau bus électrique capable de rouler pendant 950 km avec une seule recharge. Bon, il trimballe une plombe de batterie, mais bel exploit. Le Catalyst E2 sera capable d’être utilisé pour les transports urbains avec une version remastorisée d’une autonomie de 500 km.

La Californie en rajoute. Déjà sur le point d’atteindre ses objectifs de réduction de CO2 prévu en 2020, le Gouverneur Jerry Brown propose de réduire de 40% les émissions de CO2 pour 2030 (basé sur l’année 1990). L’industrie et les républicains prévoient la fin du monde, mais ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.

La vague de faillites pétrolières américaines diminue mais ne tarit pas. Debtwire a publié une liste de 180 entreprises qui pendent en-dessus du vide. Au fond du ravin, il y a déjà plus de 90 entreprises qui ont laissé pour plus de 100 milliards $ de dettes.

Dans la série, les candidats à l’élection présidentielle américaine sont formidables, Gary Johnson, crédité de 12% dans les intentions de votes est sans conteste le Champion du Monde toute catégorie. Il dépasse même le fils Bush. Le voici incapable de nommer le moindre dirigeant étranger, après avoir, il y a trois semaines, ne pas connaître la ville d’Alep en Syrie. On reste comme lui, sans voix.

Schiste
Le nombre de forages de pétrole de schiste creusés mais non activés s’élève à 4’117 dans les 4 régions majeures (Bakken, Eagle Ford, Niobrara et Permian) et 914 de gaz de schiste (Utica, Mercellus et Haynesville).

Enbridge rachète Spectra Energy pour 28 milliards $. La capitalisation d’Enbridge grimpe à 127 milliards $ et devient too big to fail. Et quand on est dans ce cas, c’est que l’on est too big.

 

Venezuela

Le pays est en voie d’effondrement. Il a émis pour 110 milliards $ d’obligations financières qui pourraient disparaître en même temps que le pays s’écroule. La Chine aurait mis 60 milliards $ dans la corbeille de mariage en échange de pétrole.

 

Argentine

Selon le CEO de BP, Bob Dudley, l’Argentine pourrait être le nouvel eldorado du pétrole de schiste. Le bassin de la Vaca Muerta située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza semble prometteur.

 

Asie

Chine

Bien que la Chine dépende à 77% du charbon pour produire son électricité, le pays est en train de faire des efforts impressionnants pour reverdir le tout.  Après le solaire, le pays est en passe de devenir le No1 mondial de l’éolien. Cinq des 10 plus grandes entreprises sont déjà chinoises. La Chine se positionne comme le leader mondial du renouvelable et l’acteur incontournable dans le changement climatique. Qui l’aurait cru il y a 10 ans de cela ?

Pékin a décidé de ne plus supporter à n’importe quel prix les exploitants de pétrole et préfère s’alimenter sur les marchés internationaux moins chers. Ainsi, pour des raisons financières, la Chine a atteint, pour l’instant, son peak oil en 2015. En août, la Chine a produit 3.9 millions b/j (-8,9% par rapport à août 2015) et importé 7,77 millions b/j.

La Chine a diminué ses importations afin de combler sa réserve stratégique. Des questions de stockage pourraient freiner le processus. De nouveaux réservoirs pourraient être prêts d’ici la fin de l’année ou début 2017. La Chine possède une réserve pétrolière de 30 jours.

La nouvelle ligne de train rapide entre Zhengzhou et Xuzhou s’ajoute au 20’000 km déjà installé à travers le pays. Sur le tronçon de 360 km est traversé en un tout petit peu plus d’une heure. Les chinois sont devenus maitre dans l’installation de train ultra rapide.

 

Inde

La consommation d’essence est en train d’exploser en Inde. Le remplacement des motos par des voitures fait un tabac. Celui qui ne considère pas sa voiture comme un symbole de réussite a le droit de lancer la première pierre. Bon an mal an, la consommation est passée de 480’000 barils/jour en août 2015 à 550’000 barils/jours ce mois d’août. Cela représente 8,745 millions de litres par jour ou 2,6 milliards de litres par mois. Là, c’est déjà plus impressionnant. L’Inde est en train de compenser la baisse d’appétit de la Chine.

L’Inde a instauré une limitation de construction de nouvelle centrale à charbon. Cette limitation n’est pas due uniquement à des considérations environnementales car une partie des centrales est sous utilisée.

 

Kazakhstan

Il aura fallu 16 ans et engloutir 50 milliards $ pour que le champ pétrolier de Kashagan puisse débuter sa production commerciale. Il faudra encore 10 ans pour délivrer tout son potentiel.  L’Italien Eni SpA, Shell et Total ont mis l’argent sur la table et 370’000 barils/jour devraient être extraits chaque jour dès l’année prochaine. Peut-être que d’ici là, le prix du baril aura repris l’ascenseur.

 

Japon

Depuis la catastrophe de Fukushima, mars 2011, et l’arrêt de toutes les centrales du pays, le gouvernement a réussi à donner le feu vert pour 5 centrales. Pour le moment 3 centrales sont en activité. 21 autres centrales vont demander la remise en service avec la construction d’une nouvelle centrale.

Bande Annonce du Film: DeepWater Horizon sur la catastrophe pétrolière. Sortie 12 octobre 2016

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Le royaume a repris la première place mondiale devant les USA pour la production pétrolière.

 

Iran

La production a touché les 3,65 millions b/j en août, pas très loin de l’objectif de 4 millions. C’est une prouesse réalisée par Téhéran. L’Inde semble apprécier ce partenariat et gobe 600’000 b/j. mais à des tarifs préférentiels.

Ironiquement, alors que l’Iran devient l’un des plus grand exportateur de pétrole, le pays croule sous la chaleur du réchauffement climatique. Une partie du pays est sur le point de devenir inhabitable dans les 10-20 années à venir à cause des températures exécrables. Le manque d’eau et l’asséchement des nappes phréatiques deviennent des problèmes majeurs du Moyen-Orient et tous ces pays vont devoir y faire face.

 

Irak

La production irakienne continue sa progression alors que son or noir est l’un des meilleur marché à extraire. Un baril à 40$ permet de retirer de juteux bénéfices.

Le grain de sable se situe au niveau de la relation entre les Kurdes et Bagdad. Les premiers désirent créer leur pays et garder les revenus pétroliers. Même la ville de Kirkuk (région pétrolière) désire rejoindre les kurdes. Bref, c’est compliqué et on pourra en parler le mois prochain.

 

Afrique

Les sociétés de négoce pétrolières basées en Suisse ont trouvé un moyen économiquement juteux pour déverser les résidus pétroliers invendables en Europe. Ils les mélangent aux carburants vendus en Afrique. Profit :1-2 centimes € par litre. Vous voulez certainement connaître le nom des directeurs qui dirigent ces compagnies et qui « approve this method » : Vitol CEO Ian Taylor, Trafigura  CEO Jeremy Weir, Addax&Oryx CEO François Jaclot  et Lynx Energy Président Cyrille Costes.

 

Nigeria

La milice Niger Detal Justice Mandate a fait exploser un pipeline important. Son objectif est de diminuer les capacités de production du pays pour forcer le gouvernement à partager les revenus.

Le plus grand producteur pétrolier d’Afrique se trouve dans une situation économique très tendue et sa note de crédit a été passé au niveau : junk.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

Lire la revue complète

 

Les Banques passent du green washing à la réalité

jean-studer-christian-brun1Depuis la chute des prix du baril, les compagnies pétrolières ont diminué de plus de 500 milliards $ leurs investissements. Ce montant devrait doubler d’ici à 2020 selon Wood Mackenzie, la référence américaine dans l’analyse pétrolière.

Le yoyo des prix du baril (de 100$-27$-50$) ont mis les investisseurs et les banquiers face à de lourdes pertes.

Comme un chat échaudé craint l’eau froide, le robinet financier, dans les productions les plus onéreuses et risquées comme le schiste, le offshore ou les sables bitumineux canadiens, se ferme.

 

Les Banques profitent de la crise pour changer de stratégie

Depuis la Conférence sur le Climat, COP21 de Paris, et sous la pression des actionnaires, plusieurs fonds d’investissements et certaines banques ont pris l’initiative de diminuer leurs expositions aux énergies fossiles.

Les mentalités tendent à changer au niveau des CEO des grandes banques et des institutions financières. Alors qu’elles ne misaient que sur du greenwashing pour redorer leur blason, certaines profitent de la crise pétrolière pour passer à une étape supérieure.

La Deutsche Bank, championne des financements dans le charbon de 2013 à 2015 avec de plus de 7 milliards $ a annoncé, en mars, qu’elle allait sortir des investissements et dettes dans le domaine des mines et de l’exploitation charbonnière.

Citigroup avec ses 24 milliards $ d’investissements dans l’industrie du charbon se dit «supporter la transition vers une économie allégée en carbone et de continuer ses efforts pour réduire son exposition financière dans le secteur minier».

JP Mogran Chase tenait le haut du pavé pour les financements du pétrole extrême dans le offshore, les sables bitumineux ou le schiste avec 38 milliards $ entre 2013-2015. La Banque américaine emboite le pas avec l’arrêt du financement de nouvelles exploitations minières mais tout en restant dans les anciennes. Les bonnes intentions ont certaines limites.

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Les Banques réfractaires

Quant à la Banque Nationale Suisse, elle a utilisé l’argent de ses citoyens pour injecter 3 milliards $ dans le charbon, le gaz et le pétrole de schiste aux USA. Cette politique de placement est d’autant plus surprenante qu’elle se heurte au code éthique de l’institution.

Lors de la dernière assemblée générale en avril, son président Jean Studer (photo), a préféré jouer à l’autruche en refusant de répondre aux demandes des actionnaires sur l’implication de sa banque dans les énergies dangereuses pour l’environnement. Mais les pertes abyssales de la BNS, réalisées dans ce domaine, vont être difficilement justifiables face aux cantons actionnaires en manque d’argent.

Les deux autres géants suisse que sont l’UBS et le Crédit Suisse restent toujours encrés dans le fossile, mais les performances négatives du fossile pourraient faire pencher la balance.

 

Influencer Google comme stratégie

En faisant des recherches sur Google sur l’implication de ces banques dans leurs investissements fossiles, les résultats témoignent des efforts fournis par les responsables de communication pour influencer artificiellement les moteurs de recherche.

Cette couche artificielle de vernis vert est déjà une étape mais elle sonne de plus en plus faux aux oreilles des actionnaires et de leurs clients surtout que les pertes s’accumulent même si le baril a repris 95% depuis le début de l’année.

 

La baisse des investissements va faire remonter les prix du baril

Pour l’année à venir, la production pétrolière mondiale devrait diminuer de 4% (-3,6 millions barils/jour) et annihiler le surplus actuel pour retendre les prix sur les marchés et peser sur la croissance mondiale.

En 2016, ExxonMobil ne va investir que 23 milliards $ (42,5 milliards en 2013).
Chevron suit la même tendance avec 23 milliards $ en 2016 (41.9 en 2013) et le mouvement est identique à travers le monde.

Même si les prix tutoient la barre des 50$, la sagesse va certainement pousser les majors à attendre pour voir, d’autant qu’elles ont intérêt à ce que la pénurie à venir pousse les prix vers de nouveaux sommets.

D’ici là, de plus en plus de banques devraient annoncer leur sortie du fossile à moins que la perspective de nouveaux profits les confinent à jouer avec Google.

Donald Trump: Make the Energy Great Again

donald-trumpDonald Trump n’avait officiellement pas encore donné son avis sur la question énergétique et du réchauffement climatique.

Depuis jeudi, c’est chose faite. A son image, il n’a pas fait dans la demi-mesure.

Aligné sur la doctrine du parti républicain, celui qui pourrait devenir le prochain président américain n’a pas déçu. Accord sur le Climat de Paris, réglementations sur la pollution et les énergies fossiles, tout passe à la trappe.

Lors de son allocution à la Petroleum Conference à Bismarck dans l’Etat pétrolier du Dakota du Nord, le candidat républicain a adopté la position du parti en favorisant largement les énergies fossiles et en effectuant un 180 degrés par rapport au président Obama.

 

Préparer le terrain
sarah_palinOn se souvient qu’en janvier dernier, l’ex candidate à l’élection de 2012, Sarah Palin avait donné son soutien à Trump dans l’espoir de devenir la prochaine Ministre de l’Energie. Avec la simplicité qu’on lui connait, l’ancienne sénatrice de l’Alaska, avait déclaré sa flamme pour les énergies fossiles. (lire article)

Il y a quelques jours, afin de définir sa stratégie en politique énergétique, Donald Trump avait annoncé l’arrivée dans son équipe de Kevin Kramer. Cet homme du Dakota du Nord est connu pour ses positions anti-climat et un fervent défenseur du pétrole et du gaz.

Avant sa conférence de presse et pour paufiner sa stratégie, Trump s’était entretenu avec Harold Hamm, le pionnier du schiste américain et CEO de Continental Resources.

Le terrain était prêt.

 

Fidèle à la doctrine du parti républicain : Drill baby Drill

Le candidat républicain a attaqué ses rivaux démocrates, Hillary Clinton et Bernie Sanders, qui désirent imposer des régulations plus strictes dans les forages de schiste et l’environnement.
«Si vous faites ça, nous allons devoir retourner au Moyen-Orient et les supplier pour avoir du pétrole. Cela ne se passera pas avec moi»,  a-t-il souligné.

Le milliardaire a ajouté qu’il désire annuler l’accord sur le climat de la COP21 de Paris, supprimer les régulations fédérales américaines sur l’environnement, raviver l’industrie moribonde du charbon et voir la construction du pipeline Keystone XL qui transportera le pétrole des sables bitumineux canadiens jusqu’aux USA.

Comme le Sénateur McCain face à Obama en 2012, il accuse “les démocrates de mettre les intérêts étrangers avant les intérêts américains et de freiner la production énergétique”. Avec cette même rhétorique, Donald Trump désire que “les États-Unis deviennent énergiquement indépendants et voir même d’exporter le surplus”. Même si aujourd’hui le pays importe toujours la moitié de sa production pétrolière soit presque 9 millions de barils par jour.

A une question posée par un journaliste canadien sur la construction du pipeline Keystone XL, Trump a martelé « qu’il obtiendra un meilleur accord actuel proposé par l’entreprise TransCanada. Je veux ce pipeline, mais le peuple américain doit recevoir une part signifiante des bénéfices». Ce concept rappelle la construction d’un mur anti immigration entre le Mexique et les USA que le milliardaire désire faire financer par le Mexique.

Concernant l’accord de Paris sur le climat, M. Trump souligne que «les bureaucrates vont contrôler ce que nous utilisons et ce que nous faisons sur nos terres et dans notre pays. No way, no way (pas question, pas question)».

Il en a profité pour réitérer son soutien à l’industrie du charbon et prédit qu’au final “le charbon va devenir très bon marché“. Bien que le charbon américain soit attaqué en frontal par le gaz de schiste, il n’a pas détaillé son plan pour maintenir en vie les deux productions ennemies.

Le candidat pense que «le président Obama a tout fait pour barrer la production énergétique américaine. Si Crooked (corrompue) Hillary est en charge, les choses vont aller de pire en pire. Croyez-moi, elle fermera les entreprises de production à travers tout le pays.»

 

L’homme providentiel

Ce samedi à Fresno en Californie, il a continué sur sa lancée d’homme providentiel. Trump a lancé que “l’État californien ne subit pas de sécheresse et que la technologie pourrait résoudre ce problème”. S’il est élu, il fera tout pour amener de l’eau du Pacifique aux fermiers qui depuis cinq ans font face à de graves pénuries d’eau.

La fronde Républicaine s’est également étendue sur les enquêtes fédérales lancées contre les grands groupes énergétiques comme ExxonMobil ou le charbonnier Peabody. Depuis des années, ces géants ont caché au public et aux actionnaires les effets des énergies fossiles sur réchauffement climatique. C’est en tout cas ce que pensent les procureurs en charge de ces dossiers. Le grand parti demande l’arrêt immédiat de ces enquêtes. Si Peabody a déjà avoué, Exxon se trouve dans une situation critique. La major pétrolière a déjà dû dévoilé des documents compromettants sur des systèmes qui s’inspirent de l’industrie du tabac.

 

Le Monde a-t-il changé en 8 ans?

Si fondamentalement, il ne devrait pas y avoir une grande différence entre la doctrine de Donald Trump et celle de Georges W Bush, huit années se sont écoulées avec des bouleversements énergétiques mondiaux ainsi que des événements climatiques de plus en plus surprenants.

Il sera intéressant de voir comment la communauté internationale et notamment la Chine réagiront dans ce domaine face au style bulldozer de Trump, si en tant que Président des Etats-Unis, il décide de mettre en pratique sa nouvelle promesse électorale: Make the US Energy great again!

D’ici là, l’eau risque de couler sous les ponts, sauf en Californie.

 

Conférence de presse: Jeudi 26 mai, Dakota du Nord.

Energie: dès 14 minutes