Pénurie de gaz : entre catastrophe et aubaine

Les conseillers fédéraux Simonetta Sommaruga et Guy Parmelin s’attendent à des pénuries (coupures) de gaz pour cet hiver. Plus de 300’000 ménages se chauffent au méthane qui représente 15% de l’utilisation d’énergies dans le pays. Quelques entreprises font appel au gaz pour leur production. Cette pénurie annoncée est-elle une catastrophe ou une aubaine ?

Depuis plus de 10 ans, les pénuries de gaz et de pétrole sont annoncées. Peu ou rien n’a été engagé pour s’en affranchir. Bien au contraire. Du côté politique et économique, tout est fait pour parler de la transition énergétique au lieu de vivre la transition énergétique. Cette hiver a le potentiel de nous faire passer à l’action.


 

Les mois gazier, qui arrivent, vont être rude pour la Suisse, qui se trouve en bout de ligne sans aucune autoroute gazière et sans de capacité de stockage. Même dans cette configuration, le lobby du gaz insiste. A contre pieds, Gabrielle Bourget, ancienne présidente du Grand Conseil Fribourgeois et devenue mercenaire pour l’industrie gazière suisse (ASAIG) annonce au Nouvelliste «L’avantage de la Suisse est que notre pays se situe au centre du réseau européen.»  A n’y rien comprendre.

Image: Publicité “Loi sur le CO2” partisans du Non: juin 2021

 

300’000 ménages est un bon échantillon

Cependant, dans ce contexte, une aubaine existe. En cas de pénurie de gaz, cela n’impacterait que petite frange de la population soit 300’000 ménages et quelques entreprises.

Ce test «en grandeur réel» pourra être étudié, notamment en terme de comportements, d’impacts financiers, sociaux et de fonctionnement des infrastructures. Cet échantillon est d’autant plus intéressant que tous les propriétaires et les industries qui utilisent un système gazier sont volontaires, volontaires bien malgré eux, mais volontaires.

Pour les locataires, leurs réactions seront intéressantes à surveiller. Vont-ils demander le non payement des loyers pour les mois non chauffés? Devant une baisse des revenus, les propriétaires verraient une incitation à quitter le gaz pour assurer les rentrées financières.

Cette pénurie aura l’avantage de ne pas mettre à genou l’économie du pays car elle se limite à quelques industries et quelques ménages.

Dès la fin de l’hiver 2023, les résultats pourront être partagés avec les autres citoyens et surtout envers les politiques. Ces deux acteurs font preuve d’une incompréhension totale de la situation actuelle et à venir. Une méthodologie pourra voir le jour basé sur des faits réels avec l’espoir de trouver des pistes pour avancer durant les 5 années à venir.

Qui aurait pensé qu’une rupture gazière puisse se transformer en une véritable aubaine ?

 

 

Laurent Horvath

Géo-économiste des énergies, Laurent Horvath, propose des analyses et des réflexions dans les énergies fossiles et renouvelables avec un objectif principal: "ne pas vous dire ce que vous devez penser, mais dire ce qui se passe. A vous de vous forger votre propre opinion." En 2008, il a fondé le site indépendant 2000Watts.org. Vous le retrouvez dans la version papier du journal Le Temps un jeudi sur trois.

23 réponses à “Pénurie de gaz : entre catastrophe et aubaine

  1. ça va faire depuis janvier (oui, JANVIER) que je pousse le propriétaire de mon immeuble à se sortir les pouces pour modifier le chauffage ici. Pourquoi janvier ? Parce que dans le Jura, on a déjà eu des augmentations astronomiques l’année passée, avant même la guerre en Ukraine..

    Ce qui me rend dingue :
    – le bâtiment est de 2018 (donc récent)
    – on a des panneaux solaires, mais ne couvrant, au mieux, que 50% de l’eau potable
    – le chauffage est 100% sur le gaz

    Deux solutions existent, dans notre situation:
    – mettre un gros réservoir en addition de ce qu’on a déjà, ce qui permettrait d’employer un peu du solaire pour le chauffage, et donc de moins dépendre du gaz. Coût estimé : 5’000.- Peanuts, pour un immeuble de 24 appartements, donc.
    – pompe à chaleur. Coût estimé : 45’000. Un peu plus cher, oui. Et comme c’est du neuf, 0 subvention si je ne me trompe pas. Ma foi, c’est leur faute, ils n’ont pas pensé plus loin que “oh cool, la commune a tiré le gaz”….

    Le côté très, très drôle, c’est encore les réponses du fournisseur (que je ne vais pas nommer, mais c’est pas l’envie qui manque) : lors des discussions début mars, il voulait “attendre la fin de la guerre” pour faire quoi que ce soit. Je vais m’abstenir de commenter plus loin cette réponse.

    S’ils sont tous aussi réactifs et ont tous autant envie de bosser, on risque de rire jaune en décembre. C’est *maintenant*, en été, qu’on change des chaudières et autres…

    Bref. Affaire à suivre, mais je doute avoir besoin de chauffage cet hiver, je serai assez énervé contre cette bande d’incapables pour chauffer l’appartement entier, je pense..

  2. Votre optimisme vous fait prendre un malheur pour une aubaine. Les « quelques entrepises » qui recourent au gaz, vous n’en connaissez pas le nombre, et ne songez pas à tous les petits indépendants recevant des clients pour offrir un service nécessitant des locaux chauffés à 21° sans interruption : physio, accompagnement des personnes âgées etc, sans compter les piscines destinées à la réadaptation physique, la liste est bien plus longue si l’on veut se donner la peine de l’établir. Ce sont des souffrances qui ne concernent évidemment pas l’homme jeune et sportif qui se raffermit les muscles et les idées sous une bonne douche froide.

    Après la « rupture gazière », il sera utile que vous fassiez une analyse de cette « aubaine » sans vous sentir trop pressé de fêter sous le soleil de février, mars, avril 2023… Peut-être que la rupture d’euphorie sera une aubaine pour trouver un meilleur équilibre dans la gestion de vos énergies spirituelles.

    Intéressez-vous aux solutions dans cette sale période à venir, plutôt que de vous conditionner positivement sur le starting-block et finir en longue glissade avant d’avoir fait le tour du terrain.

  3. Ben voyons…

    Vous vous en foutez pas mal des gens qui vont grelotter cet hiver à cause de ces sanctions absurdes qui enrichissent la Russie et plongent les économies occidentales dans le marasme.

    Sans parler du fait que la Suisse a réussi à se mettre troisième sur la liste des pays hostiles à la Russie, c’est à dire qu’elle ne sera aps protégée par sa neutralité quand la guerre s’étendra à l’ensemble du théatre européen, ce que personne ne saurait exclure. Ca aussi, vous vous en foutez pas mal. Vous approuvez même cette politique suicidaire.

    Ca vous est donc égal que la Suisse subisse bientôt une occupation étrangère, alors qu’elle avait échappé à ce triste sort en 1870, 1914-18 et 1939-45, grâce à sa neutralité.

    Pour vous, tout ça ce sont des “aubaines” qui vous permettent, en tant qu’intellectuel en chambre (bien chauffée) d'”étudier un test en grandeur réelle”, bien peinard.

    A quoi sert votre blog ? A quel jeu jouez-vous? On croyait que vous étiez un expert du marché énergétique. Vous êtes un idéologue au service de l’OTAN, au détriment des intérêts des Suissesses et des Suisses.

    Vous devriez avoir honte.

    1. Petite observation, nous ne sommes plus aux 19ème ou 20ème siècle. Une guerre “qui s’étendrait à l’ensemble du théâtre européen” deviendrait inévitablement nucléaire et dans ce cas la Suisse, située au milieu de pays de l’OTAN, neutre ou pas, ne serait pas plus épargnée que ceux-ci. même si elle n’était pas directement visée par des bombes A ou H. La “neutralité” ne protège pas des retombées radioactives! L’attitude moralement discutable (pouvait-on vraiment rester “neutre” devant les atrocités du régime nazi en 1939-45 ?!) de la Suisse qui durant la Seconde guerre mondiale “travaillait 6 jours sur 7 pour Hitler et priait le 7ème pour sa défaite” (!), comme je l’ai si souvent entendu dire dans non enfance, ne nous sauverait pas cette fois. Ménager la chèvre et le choux n’est aujourd’hui plus possible, il faut choisir son camp.

      1. @CEILTEACH

        Nous avons encore des abris antiatomiques partout, certes pas tout à fait suffisants pour l’ensemble de la population, à cause de l’immigration massive que nous subissons, mais c’est la plus forte densité d’abris antiatomiques au monde. Donc si nous sommes touchés par des retombées radioactives on pourra sauver au moins une partie de la population suisse. ll faudrait enlever les carnotzets et se préparer à utiliser ces abris.

        Mais le mieux serait d’éviter cette guerre nucléaire. Or la politique que vous préconisez pousse à la guerre. C’est comme si vous vous foutiez complètement du risque de guerre européenne, nucléaire ou non.

        Personnellement je ne crois pas au risque de guerre nucléaire car avec ses missiles hypersoniques, la Russie a actuellement la suprématie par rapport aux USA. Le nucléaire ne sera donc pas employé car sinon les Etats Unis seraient vitrifiés. sans pouvoir riposter en causant des destructions équivalentes.

        On constate que les USA excluent la possibilité d’une paix négociée, laquelle implique nécessairement (Henry Kissinger) des importantes cessions de territoires et la neutralisation de l’Ukraine. Vous ne voulez pas de ça, Biden n’en veut pas. Donc cela contraindra la Russie à occuper la plus grande partie du territoire ukrainien pour assurer sa sécurité en empêchant que ces territoires soient encore utilisés comme base offensive contre elle pour des missiles nucléaires, des armes biologiques, etc.

        Comme le nucléaire ne dissuade que le nucléaire, le danger est entier d’un conflit conventionnel, si ces fous furieux, que vous approuvez, continuent avec leur bellicisme. Renseignez vous et vous verrez que les forces conventionnelles russes sont infiniment supérieures à celles de l’OTAN, qui n’a pas de soldats, et des munitions à peine pour trois jours de conflit.

        Le risque de guerre conventionnelle en Europe est donc très réel, c’est à dire le risque d’occupation du territoire suisse, puisque la Suisse n’est plus neutre et qu’elle a choisi d’être mise comme numéro trois sur la liste des pays les plus hostiles à la Russie à cause des sanctions qu’elle a prises de manière totalement irresponsable.

        1. “Donc si nous sommes touchés par des retombées radioactives on pourra sauver au moins une partie de la population suisse”, les abris ne serviront à rien contre une contamination radioactive du territoire suisse. Ils ne protègent, et cela momentanément (on ne peut y vivre que quelques semaines au plus), que contre les effets de souffle et thermiques immédiats des explosions. Personnellement, si le pire devait arrivé, j’ai déjà décidé de ne pas utiliser ma place dans un abri; je préfère mourir immédiatement qu’à petit feu (du mal des radiations, de faim, de soif) dans un pays (et ses voisins) dévasté et fortement contaminé par la radioactivité. Et si vous regardez les TV russes, vous verrez que cette perspective “d’atomiser” les pays occidentaux, qu’ils abhorrent du fait de leur mode de vie “dégénéré” (mais qu’ils jalousent probablement), les excitent et les font sauter de joie. Et ils se fichent pas mal des représailles car “les Russes qui mourront iront au Paradis, alors que les Occidentaux, eux, iront en Enfer” (sic)! Il n’y aura pas de guerre généralisée conventionnelle en Europe; dans le cas d’attaques de pays de l’OTAN, elle dégénérera forcément en conflit nucléaire, ne serait.ce que parce que d’un côté comme de l’autre on voudra le faire “préventivement”.
          Cela dit, nous sommes bien d’accord qu’il faut tout faire pour éviter ce scénario. Le problème est que pour négocier il faut qu’il y ait volonté de compromis des deux côtés. Or Poutine a dit et redit qu’il ne négocierait pas avant que TOUS ses objectifs soient atteints, … et cela comprend ce qu’il appelle la “dénazification” non seulement de l’Ukraine mais de toute l’Europe de l’Ouest (Suisse comprise, ne vous faites pas d’illusions sur le respect de notre “neutralité”). Vous préconisez donc de lui céder pour arrêter la guerre? Rappelez-vous ce qui est arrivé après Munich en 1938.

    2. Les couards qui préférèrent leur confort personnel et servir de paillassons à la Russie en espérant ne pas être envahis ne méritent que le mépris le plus absolu. Qu’ils mangent de la brioche ! Porter un pull de plus, ou soutenir les violeurs d’enfants, tueurs d’enfants russes, quel choix draconien ! Je suis fier que la Suisse soit considérée comme hostile par l’état terroriste russe.
      Mais rassurez-vous cher Martin, les armées de l’Otan vous protègeront ! Les russes ont appris leur leçon lorsque des centaines de mercenaires du Wagner Group appuyés par l’armée syrienne ont eu la brillante idée de se prendre à une quarantaine de Marines. On sait comment cela s’est terminé. La Russie est un pays de raté, au PIB inférieur à celui de la Californie, qui ne produit rien d’intéressant et qui me sera plus rien d’ici quelques années.
      Le fait que vous écriviez que la Russie s’enrichisse alors que des gens compétents – à la différence de vous – estiment à 8% la contraction de son pib cette année nous dit tout sur la cohérence de vos analyses.
      Retournez donc sur le blog de la suzette, vous pourrez continuer de faire valider vos opinions avec le reste de l’archi minorité de boomers complotistes dont l’avis n’intéresse plus personne.

    3. L’intérêt de la Suisse est en occident pas en Russie. L’indépendance face à la Russie est une nécessité stratégique.
      Mieux vaut avoir des dépendances entre pays démocratiques plutôt que de subir l’humeur des dictatures.
      Quant à la neutralité, c’est dans l’imaginaire. On est vu depuis longtemps, comme occidentale et chrétiens, en gros 3/4 de la planète ne nous voit pas comme neutre. Donc, il nous faut au plus vite, ne plus dépendre des dictatures.

    4. Il est peut être vrai qu’il va faire froid dans certaines chaumières de Suisse (et d’ailleurs) cet hiver mais vous… vous êtes chaud bouillant 🙂 Un blog est une vision personnelle et tout le monde peut donner son avis. Y compris vous. Cet article est pertinent même s’il peut surprendre par sa franchise. On ne pourra pas dire que l’on était pas au courant!
      et je ne comprends pas vraiment la réaction de l’idéologue au service de l’OTAN.
      Dans tous les cas, si coupures il devrait avoir, la leçon sera forte et bénéfique. Parce que depuis la construction des grands barrages et des centrales nuclaires, il faut reconnaître que notre politique énergétique frise la tétraplégie mentale. Et je ne parle pas pour moi, car s’il y a coupure de gaz cet hiver, à moins d’un miracle et des investissements très conséquent, cela mettra au moins 15 personnes au chômage… et moi à la rue 🙂

    5. bravo bien vu; vous avez entièrement raison; il est temps d’ouvrir les yeux sur tous ces imposteurs qui se sont juste mis dans le business et sans état d’âme

    6. La pièce de Me Horvath est malheureusement une excellente mesure de la situation actuelle.

      Après avoir passé 20ans a poursuivre une stratégie d’outsourcing de notre approvisionnement energétique et de suivre aveuglément les idées soufflées par le lobby du fossile, nous nous trouvons dans une situation de dépendance presque complète pour notre énergie. Tous ça sous un verni idéologique néo-liberal. Le plus amusant pour moi est que cet abandon de souveraineté a ses plus fort partisants chez no chers amis de l’UDC.

      La réalité est ce qui reste une fois que deux décenies d’emfumage se dissipent. Et elle n’est pas belle à voir. Comme chaque fois, les citoyens moyens en paieront le prix. Le benefice tombera dans les poches des artisans dudit enfumage, comme il de doit.

      La transition qui aurait pu se faire sur la durée et au prix d’un effort modéré devra se faire dans la précipitation et la douleur.

  4. La pénurie annoncée…
    J’avais lu un article il y a quelques années, il était dit qu’il y a potentiellement du pétrole au-delà de ce siècle. Je pense que la question pour les pétroliers, c’est de faire des investissements rentables, et après la chute des prix du pétrole, s’est posée la question sur la recherche de nouveaux gisements.

    La réflexion n’est pas sur la pénurie qui a lieu parce qu’il y a rétorsion, mais sur notre indépendance énergétique qui aurait dû faire réagir les gouvernements depuis longtemps.

    C’est la vision naïve de bisounours qui a retardé l’évidence : l’Europe doit être indépendante pour des raisons stratégiques. Mais dans l’Europe business, la vision était à court terme, et tout investissements pour cette indépendance était mal vu pour des questions de coûts.
    Maintenant, grâce à cette guerre et aux pénurie covid de produits fait en Chine, les choses vont s’accélérer enfin.

    Pour moi aussi, cette situation est une chance. L’Europe se “sauve” de sa dépendance, malgré elle, elle n’a plus le choix. Enfin, ce n’est que le début, mais la direction est prise.

    Eh oui, le vrai sujet c’est vivre la transition. La crise pour l’hiver prochain, ce n’est pas la transition, mais une crise de guerre où il faut trouver des solutions pour un hiver. Mais cette crise accélère la nécessité de la transition, il faut trouver de nouvelles sources d’énergie et baisser la consommation, probablement par un contrôle pointu à l’aide du numérique.

    Cette crise dans le contexte du réchauffement climatique,n’est-ce pas un miracle de Dieu ?!

    1. Il faudra attendre le premier black-out en Suisse pour que le peuple admette qu’il a réagit de manière émotionnelle et non rationnelle à l’interdiction du nucléaire.

      Une nouvelle centrale prendra 15 minimum à se construire, donc elle ne résoudra pas nos problèmes dans un proche avenir, par contre cela évitera des problèmes supplémentaire lorsque les centrales actuelles fermeront. Personne n’admet qu’il sera très difficile de compenser les énergies fossiles par des énergies renouvelables, par contre devoir en plus compenser la fermeture des centrales nucléaires suisses par encore plus d’énergies renouvelables, cela devient impossible.

      Il faudrait garantir les 30% actuels de production électrique d’origine nucléaire pour au moins les 40 ans prochaines années, sinon on doit réduire notre train de vie, et pas seulement adopter une sobriété énergétique. Les revenus en Suisse dépendent d’une industrie, or sans énergie, pas d’industrie et on se retrouve tous dans un champ ou un jardin potager à faire pousser de quoi manger.

  5. Monsieur ou Madame Martin,
    Mais vous n’avez rien compris. Tout prendre bêtement au premier degré. C’est bien triste !

  6. Alors que les pays de l’Euroland ont fait des approvisionnements et stockages du gaz une priorité nationale (protectionnisme), l’hiver helvétique représentera un véritable défi étant donné que 42% sont consommés par les ménages; 34% par les industries – plus précisément celles de l’acier et de la céramique qui nécessitent de hautes températures – 22% par le secteur des services (chauffage des bureaux, etc.); et enfin 1% par les moyens de transport.

    En effet, au cours de ces prochaines années, la Suisse sera un véritable laboratoire économique à suivre de près!

    1. Ne nous inquiétons pas, la main invisible du marché pourvoira…

      Cobb-Douglas will save us !

      1. Bonjour HOWARD,
        Le même Adam Smith – dans son œuvre clé “La Richesse des Nations” – qui postulait “que la division du travail détruira les êtres humains et transformera les gens en créatures aussi stupides et ignorantes qu’il est possible de l’être pour un humain”. Mais le quidam en a-t-il seulement conscience?

        EXTRAIT DE MON POST SUR UN BLOG D’EXPERT :

        RAYMOND
        18 avril 2022 à 11 h 37 min
        L’homo-politicus, cette nouvelle génération d’hypocrites?

        Sur le plan sémantique, le terme “Green Tech” regroupait l’ensemble des innovations respectant l’environnement, que ce soit dans leur processus de production ou de distribution. Mais historiquement parlant – et avec un peu de sérieux – les innovations écoresponsables existent depuis des siècles. Cependant, l’engouement pour ce type d’innovations date d’un peu plus d’une décennie, car celui-ci remontait à la mise en avant du terme “Clean Tech” par l’entreprise américaine Clean Edge, au milieu des années 2000. Les “clean technologies” désignaient alors les innovations respectueuses de la planète. “So cute”, diraient nos jeunes d’aujourd’hui! Au fur et à mesure, le terme “Green Tech” a été poussé pour des raisons de marketing. Non sans blagues!!! Désormais, les deux termes sont utilisés de façon interchangeable. Le but de la “Green Tech” est donc de répondre aux besoins de la société actuelle en limitant l’impact négatif sur la planète. Pourtant, bien que dans le contexte actuel il soit impératif de s’intéresser de près à l’environnement, tout indique aussi de plus en plus clairement que la résolution du défi climatique ne pourra se faire sans un puissant mouvement de compression des inégalités sociales, à tous les niveaux, car avec l’ampleur actuelle des inégalités, la marche en avant vers la sobriété énergétique reste un vœu pieux ou une prochaine répression financière sur les moins nantis.

        J’entends déjà tous les Taruffes du pouvoir s’écrier, mais couvrez donc ce sein nourrissier que l’on ne saurait voir, dès lors que l’on pose un regard insistant du côté de la dime. Alors même que refuser à payer sa juste contribution, c’est précisément nous condamner collectivement. Les non moins célèbres révélations des “Paradise Papers” n’ont-elles pas révélé que plusieurs entreprises (parmi tant d’autres) du secteur des énergies fossiles – Total, Engie, Glencore – avaient eu recours à des sociétés offshore? Et c’est à mille lieux d’être une première. Utilisant ainsi des montages financiers complexes via des États aux juridictions indécemment complaisantes pour investir dans des projets charbonniers, gaziers ou pétroliers, escomptant augmenter mécaniquement leurs ressources, tout en préservant leur image en dehors du voile. Certes, de là à parler d’un lien systématique entre “évasion fiscale et crise écologique”, il n’y a que quelques pas qu’ont esquissé des chercheurs dans leur étude: “D’abord, la perte éventuelle de recettes fiscales en cas d’optimisation fiscale agressive, recettes qui pourraient être utilisées par les États pour financer des politiques sociales et des politiques environnementales”. Puis, un deuxième problème qui “est que l’utilisation des paradis judiciaires et fiscaux pourrait être comparée à des subventions cachées. Elles payent moins d’impôts, et ont donc plus de capital qui peut être utilisé pour étendre leurs opérations, ou tout simplement pour redistribuer plus de dividendes et ainsi attirer plus d’investisseurs peu scrupuleux des questions environnementales”. Enfin, “l’utilisation de paradis judiciaires et fiscaux empêche de savoir d’où vient et où va l’argent. La gestion des écosystèmes en devient donc d’autant plus difficile”.

        S’il est effectivement logique que “payer moins d’impôts et d’éviter les règlementations trop contraignantes permettent aux entreprises de gagner plus d’argent”, les conséquences sont dramatiques pour l’extrême majorité vivant sur notre planète qui, elle, n’est pas à géométrie variable.

        Comprenons bien que le fait de “ne pas payer d’impôts (où cautionner l’immense injustice fiscale), c’est précisément condamner la planète. Rien qu’en France, la pleurnicheuse devant l’éternel pour son “enfer fiscal”, le manque à gagner du budget national fut estimé avant la pandémie à quelques 80 milliards d’euros par an… causé – cette fois – par l’évasion fiscale. Or, aucun pays ne pourra raisonnablement faire de transition vers un monde plus juste et écologique sans un investissement massif de l’État. Car, à l’instar des oligarques du régime Poutinien, il ne faut surtout pas toucher aux ayatollahs de l’ultralibéralisme immoral.

        Ainsi, en l’état actuel, le financement de la transition écologique (climatique) n’est malheureusement qu’une énième version moderne de la “lutte des classes” (Das Capital/Marx).

        Et l’homo-politicus, une nouvelle génération d’hypocrites que l’on ne condamnera jamais pour “crimes contre l’humanité”!
        —-
        En attendant, nos politiques vont devoir régler cette grosse épine dans le pied que représentent les plateformes opaques de négoce domiciliées à Zoug et Genève.

        Bien à vous

  7. Merci mr Horvath pour vos billets fort bien documentés et intelligents .
    Pour ce qui est du gaz, pour les particuliers, il faut vite changer de stratégie et se tourner vers l’électricité à condition qu’elle n’utilise ni gaz-ni charbon ! c’est à dire ne pas faire comme les allemands, polonais par exemple …
    Pour l’industrie, c’est plus délicat car certaines en ont un besoin vital pour produire les produits qu’elles produisent ( chimie, pharmacie, gaz industriels ( azote, air comprimé, hydrogène en partie, etc… ) et qui sont importantes en Suisse . Pour d’autres, les changements sont possibles à court et moyen termes .
    Au final, il faudra relancer le nucléaire pour être moins dépendant et renforcer le développement des énergies renouvelables .
    En tout cas, de la situation que vous décrivez, la Suisse n’est pas le pays le plus touché mais il reste encore des efforts à faire . Certaines personnes devront réviser leurs réflexions sur les stratégies énergétiques à suivre sous peine de disparition ou faillite à moyen terme .

  8. C’est tout de même frappant de constater que le pouvoir profond mondialiste, qui avait misé sur les mensonges du GIEC et sur Greta Thunberg pour imposer son gouvernement mondial, maintenant que l’opération d’autodéfense russe en Ukraine constitue un obstacle à l’instauration de son nouvel ordre mondial, est prêt à bazarder complètement tous ses objectifs climatiques et à revenir au nucléaire et au charbon. De cette manière tous les mensonges sont démasqués.

  9. Il faut un plan d’urgence pour le 2-5 prochaines années: convertir tous les chauffages au mazout et au gaz vers la biomasse/pompe à chaleur.

    Toute installation d epompe à chaleur doit être couplée à des panneaux photovoltaïques et à un concept de stockage de l’énegie électrique sous forme d’eau chaude (dans les faits, cela implique un accumulateur d’eau chaude supplémentaire en plus du chauffe-eau). Coût d’une installation PV de 10kW+pompe à chaleur de même puissance avec accumulateur: 65-70 kCHF. Subventions actuelles: environ 5000 CHF pour le PV et 8000 CHF pour la pompe à chaleur.

    Bref, il faut interdire les chauffages au mazout et au gaz pour toutes les nouvelles construction dès maintenant, il faut interdire les chauffages au mazout et au gaz pour toutes les rénovations dès maintenant, il faut annoncer une obligation de changer les chauffages au mazout et au gaz dans les 10 ans et augmenter les subventions de 20-30 % pour les 3-5 prochaines années, subventions qui seront ensuite réduites pour atteindre 0 dans 10-15 ans.

    La politique doit afficher une vision à long terme afin de permettre à chacun de se projeter dans le futur.

  10. Des décennies que ça jazze autour des panneaux photovoltaïques alors que ces derniers n’ont que 15% de rentabilité et seulement une période de 10 à 15 ans, 98% de ces derniers sont produits en Chine à très grands coups de centrales à charbon. Il semble que si l’ont fait un simple calcul, ces panneaux photovoltaïques ne produisent même pas la moitié d’électricité que ce qu’il faut pour les fabriquer, les recouvrir de verre trempé, d’aluminium et de téflon tandis que le solaire thermique a un rendement qui frôle les 100%, demande peu d’énergie à produire et ont une durée de vie quasi illimitée !

    En Israel cette énergie est devenue obligatoire dès 1950 et chaque foyer chauffe son eau avec des installations très peu coûteuses et robustes.

    Effectivement, y a pas photo et la Suisse n’est pas Israel, même si aujourd’hui ce petit pays est en passe de devenir l’un des principaux exportateur de gaz naturel du bassin méditerranéen.

    Il est également facile de stocker quelques dizaines, centaines de m3 d’eau chauffée en sous terrain pendant les mois d’été et d’en profiter l’hiver venu. Des citernes creusées sous les maisons feraient triplement le boulot et permettraient des économies en Suisse allant jusqu’à 80% si le dispositif est présent dès la construction d’un maison. Le prix du m2 des capteurs solaires thermiques est inférieur à de la tuile, mais c’est sans compter sur les lobbies qui tournent depuis des années autours des produits chinois à haute valeur !

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