Guerre entre Sous-Marins Diesel et Nucléaire

Il n’y a pas que le climat qui s’échauffe. La guerre froide aussi. Cette fois, c’est la Chine qui croise le fer avec les Etats-Unis. La première victime est la France avec une discussion torpillée à € 50 milliards pour 12 sous-marins diesel. Ca fait cher la torpille!

La France proposait des sous-marin au diesel, les Américains ont vu plus grand avec des unités au nucléaire. Pour la France de l’atome, le camouflet est d’autant plus violent!

Sans tenir compte des considérations géopolitiques avec le nouvel “OTAN du Pacifique” entre Londres, Cambera, Washington, quelles sont les différences entre les deux types de sous-marins ?


Moteur Diesel contre Nucléaire

La France a proposé un sous-marin conventionnel de type diesel-électrique. Les génératrices au diesel rechargent les batteries qui alimentent des moteurs électriques silencieux et furtifs.

Nécessité, le sous-marin embarque une certaine quantité de diesel et doit refaire le plein pour éviter la panne. Ce type d’appareil est plus petit et totalement silencieux. De l’autre côté de la pièce, le gros désavantage est devoir refaire surface afin de faire tourner les diesels pour de recharger les batteries. Lors de cette opération, le sous-marin redevient visible.

Pour les submersibles nucléaires, ils possèdent une autonomie hors norme. Les réacteurs génèrent de l’électricité qui alimentent les moteurs. Un sous-marin nucléaire possède assez d’énergie pour rester sous l’eau pendant plus de 30 ans. Ils n’ont besoin de revenir au port que pour la maintenance, se ravitailler en vivres et permettre aux humains de le redevenir.

Cependant, cette machine est d’une complexité complexe avec un réacteur nucléaire à l’arrière, des missiles à l’avant et un hôtel au milieu ou l’équipage vit pendant plusieurs mois.
De plus, la gestion de ces unités nécessite un personnel formé ainsi que des docks sur-mesure. L’Australie, qui n’est pas une puissance nucléaire, devra compter sur l’Angleterre et les USA pour cette partie.

 

Pour l’instant, Washington a cru bon de préciser que les sous-marins australiens n’embarqueront pas un missile atomique, mais techniquement rien ne les empêche.

Sur les mers, en nombre d’unités, l’armada chinoise a dépassé la Navi Américaine. Au niveau militaire, celui qui utilise le plus d’énergies est le plus fort. Comme dans la vraie vie en quelque sorte.

 

Avec les sources: Sylvia Pfeifer, FT.com

Laurent Horvath

Géo-économiste des énergies, Laurent Horvath, propose des analyses et des réflexions dans les énergies fossiles et renouvelables avec un objectif principal: "ne pas vous dire ce que vous devez penser, mais dire ce qui se passe. A vous de vous forger votre propre opinion." En 2008, il a fondé le site indépendant 2000Watts.org. Vous le retrouvez dans la version papier du journal Le Temps un jeudi sur trois.

3 réponses à “Guerre entre Sous-Marins Diesel et Nucléaire

  1. bonjour; macron a vendu à General Electrique la partie turbines d’Alsthom ! vraisemblablement le sous-marin français fonctionnant au diesel utilise une turbine, turbine sous couvert d’autorisation US donc ! ainsi on nous ferait croire encore une fois (avec celle du covid) à une mascarade ! se serait donc une bonne occasion pour mon président de se la jouer fâché ! le pauvre, comme je le plains ! la politique au rayon jouet, quelle calamité !

  2. Le choix du Diesel n’était pas un choix de la France mais de l’Australie. Pour rappel, la Nouvelle-Zélande n’autorise pas la navigation de sous marins à propulsion nucléaire dans ses eaux territoriales et ce depuis 1984. Et l’Australie est un pays fondamentalement anti-nucléaire.
    D’autre part, le projet de la France n’était pas francais mais franco-américain. Les Etats-Unis était un très gros partenaire du contrat commercial. L’annulation de ce contrat n’a rien à voir avec la prétendue vente de turbines à General Electric.

  3. La France avait proposé à l’origine des sous-marins nucléaires mais ce sont bel et bien les australiens qui leur ont demandé d’adapter leurs modèles à une propulsion conventionnelle. Comme indiqué par DDU, l’Australie est un pays anti-nucléaire, qui n’a d’ailleurs aucune centrale. Et la Nouvelle-Zélande, pays voisin intimement lié, a ancré dans ses lois l’interdiction de tout engin nucléaire sur ses terres et dans ses eaux territoriales.
    De plus, à l’époque de la signature du contrat, les USA refusaient catégoriquement de partager leur technologie nucléaire.

    Dans les mauvaises excuses, l’Australie cite le changement du combustible nucléaire tous les 10 ans, ce qui serait un défaut des navires français. En réalité la France proposait de former les ingénieurs australiens et de transmettre leur technologie afin de donner une autonomie maximum pour l’entretien des submersibles par les forces navales australiennes. Des centaines d’Australiens se sont d’ailleurs installés avec leurs familles près des chantiers navals français afin d’acquérir l’expérience nécessaire à la maintenance.
    De plus, les français avaient accepté qu’une partie de l’équipement électronique des navires soit fournie par les américains (Lokheed Martin), permettant ainsi une meilleure interopérabilité. Tous ces arrangements ont évidemment pesé sur les délais et les coûts, autre reproche, mais ces demandes d’adaptation viennent majoritairement du client lui-même.

    Autre grande différence entre les sous-marins américains et français: les sous-marins nucléaires français sont propulsés avec de l’uranium faiblement enrichi tandis que les américains utilisent du plutonium. Or le plutonium est un combustible qui provient généralement de centrales nucléaires et pouvant servir à la fabrication d’armes atomiques. Cela demande une maintenance fréquente et de très haut niveau. Leurs navires australiens devront donc être régulièrement à quai soit aux USA, soit en Angleterre, à moins que les USA ne développent un centre d’entretien en Australie, avec pour conséquence que les navires d’Aukus américains et anglais viendront s’y approvisionner eux-aussi.
    Les USA défendent bec et ongles les accords de non prolifération nucléaire qui stipulent entre autres qu’une nation nucléaire ne peut partager ses technologie avec des nations non-nucléaires. Or c’est exactement ce qu’ils font avec l’Australie, en indiquant tout de même que le plutonium à des fins de propulsion n’entre pas dans ces règles. L’Australie devient de facto une nouvelle puissance nucléaire, faisant fi des accords et des positions anti-nucléaires d’une grande partie de la population.
    Les autres puissances nucléaires n’ont d’ailleurs jamais (officiellement) partagé leurs technologies avec des pays non-nucléaires, mais vu que les USA ont ouvert une brèche dans leur propre cuirasse, d’autres nations pourraient s’empresser d’y entrer.

    Il paraîtrait que c’est Boris Johnson qui serait derrière certaine de ces manœuvres, une manière de rendre la monnaie de sa pièce à la France qui ne lui facilite pas son Brexit, sans compter son ton ironique concernant son ‘amour’ pour la France. Mais il y a un revers à cette médaille.
    Les Français, qui sont très échaudés, pourraient parfaitement rendre coup sur coup, tout d’abord en bloquant les accords commerciaux entre l’UE et l’Australie, en ignorant les négociations post-Brexit, et en allégeant les contrôles aux frontières, laissant des dizaines de milliers de réfugiés envahir sans retenue l’Ile d’Albion. Ensuite Emmanuel Macron pourrait aussi annoncer que la France quitte l’OTAN (à peu près tous les partis français le demande). Il pourrait ensuite annoncer des accords avec l’Inde et d’autres pays géostratégiquement importants, et pousser à une véritable défense européenne, défense qui manque au vieux continent, encore et toujours vassal de son prétendu ‘ami’ américain.

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