Energie/Climat : Puissance ou Finance, qui tient qui par la barbichette ?

Un article interactif où vos idées sont les bienvenues.

En juin, la nouvelle fuita via l’AFP. Sans surprise le GIEC vient d’annoncer que du côté du climat, ça va chauffer. Dans cette grisaille, une bonne nouvelle. Toutes les catastrophes climatiques de cet été ne sont pas pires que celles qui viendront l’année prochaine et les années suivantes! Ode à l’instant présent.

 

Voulant faire passer la Suisse comme bonne élève, sa ministre de l’énergie et de l’environnement, Simonetta Sommaruga a immédiatement tweeté, que “lors de la #COP26, la Suisse s’engagera pour une protection #climatique efficace à l’échelle mondiale.”

C’est bizarre. Il y a 2 mois le peuple suisse refusa de limiter ses émissions de CO2. De son côté, le Conseil Fédéral a donné carte blanche à la Banque Nationale Suisse pour investir $ 10 milliards dans les énergies fossiles les plus polluantes (et perdre plus de 3 milliards dans l’opération) et il s’est battu corps et armes afin d’acheter pour 6 milliards d’avions de combats.

Par un heureux hasard, ces exemples permettent d’effectuer la transition sur le coeur de cet article et des questions qui sont posées à votre sagacité.

 

La puissance d’un pays est proportionnelle à sa consommation d’énergies

Ainsi, afin de diminuer les émissions de CO2 et de Méthane, il est nécessaire de diminuer la consommation du pétrole, du gaz et du charbon. L’équation est posée. La résoudre est plus osé.

La quantité d’énergies utilisée par un pays est proportionnelle à sa puissance. Le pays le plus puissant du monde est celui qui en consomme le plus.

La doctrine Obama s’appuya sur le pétrole et gaz de schiste, comme outil « de puissance énergétique» alors que Trump préféra la «dominance énergétique». Tout est dit.

L’Armée américaine est l’entité mondiale qui consomme le plus d’énergies fossiles, suivie par l’armée chinoise.

Du côté des pays, qui maitrisent, l’arme énergétique ultime, la bombe atomique (Chine, États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Inde, Pakistan, Israël), aucun ne montre l’envie de céder son rang dans le classement des superpuissances.

Ainsi, tant qu’il n’y a pas un outil ou une ressource capable de remplacer le pétrole/gaz/charbon à l’échelle 1/1, aucun pays ne peut réduire sa consommation de fossiles sous peine d’être rétrogradé.  Le rejet des actions climatiques par le président Macron est en parfaite osmose avec cette réalité.

A sa petite mesure, les nouveaux avions de chasse de la Suisse, entrent dans cette philosophie. La possibilité de brûler 20’000 litres de pétrole en moins d’une heure est un signe de puissance.

 

Le monde magique des GAFAM et de la finance

Au-delà des nations, les GAFAM (géants du numériques) rivalisent financièrement et intrusivement avec les Etats bien qu’avec le Pass-Covid certains pays rattrapent leur retard.

A leur côté, les financiers BlackRock, Vanguard, les banques privées, les Banques Centrales et les fonds d’investissements des caisses de retraites sont les véritables faiseurs de Rois énergétiques.

Les énergies fossiles reposent sur des subventions pharamineuses (6x celles des énergies renouvelables). Cette manne est en partie siphonnée à la source par les financiers grâce à des mécanismes qu’ils ont eux-mêmes mis au point.

Le gouvernement Allemand a débloqué € 38 milliards afin de compenser les actionnaires pour la fermeture des centrales à charbon d’ici à 2040. Il n’en fallait pas plus pour les fonds se précipitent sur ces actifs afin de bénéficier de cette prime à la casse.

Calqué sur les prix du pétrole, les gaziers bénéficient de marges prodigieuses (entre 8-9 $ de bénéfices pour 10$ vendus).

La raréfaction du combustible nucléaire sur les marchés est une opportunité d’achat. On remarquera que le financement de centrales nucléaires est strictement réservé aux Etats, car trop risqué et dispendieux.

 

Puissance et Finance : la barbichette

Quelle sera la grande puissance qui fera le premier pas vers une transition énergétique hors fossiles et pourquoi prendra-t-elle cette posture?

Au niveau financier, à part engager Léo Messi, quel déclics pourraient émerger afin de faire basculer les investissements hors énergies fossiles ?

Qu’en pensez-vous ?

Laurent Horvath

Géo-économiste des énergies, Laurent Horvath, propose des analyses et des réflexions dans les énergies fossiles et renouvelables avec un objectif principal: "ne pas vous dire ce que vous devez penser, mais dire ce qui se passe. A vous de vous forger votre propre opinion." En 2008, il a fondé le site indépendant 2000Watts.org. Vous le retrouvez dans la version papier du journal Le Temps un jeudi sur trois.

27 réponses à “Energie/Climat : Puissance ou Finance, qui tient qui par la barbichette ?

  1. Merci pour votre article toujours instructif et… presque constructif 🙂
    Aujourd’hui il frise le complotiste… ou suis-je un viel enfant de coeur qui croit encore au curé abstinent!
    Il est tellement difficile de changer les idées de nos dirigeants, c’est désespérant, fatiguant et frustrant. En discutant avec des personnes de mon entourage, je m’aperçois que rien ne changera avant un certain temps, la notion du lendemain reste une notion à plusieurs vitesse et il est souvent difficile de passer de la quatrième à la première sans faire péter le moteur…

    1. Je ne prise pas le monde du complotisme. Je creuse afin de trouver des chiffres, des faits, des informations et les mets à disposition.
      A chacun de se faire son propre avis.

      Dans ce billet, ma curiosité me pousse à connaître les avis des lecteurs, parce qu’au niveau : Energie / Climat / Pouvoir et Finance il y a là des éléments à creuser.

    2. C’est pour cela qu’on a inventé les freins. 😉
      Si en plus il s’agit d’un freinage à récupération d’énergie, c’est tout bénef.

  2. >Calqué sur les prix du pétrole, les gaziers bénéficient de marges prodigieuses (entre 8-9 $ de bénéfices >pour 10$ vendus).

    Ca me parait énorme comme affirmation. Une source la-dessus ?

    1. Prenez les cours du gaz sur les marchés et la facture finale de votre fournisseur. Une règle de trois, et vous y êtes.
      Un voisin m’a montré sa facture à Frs 19.-/m3 (avec la livraison, en Suisse). Là, on dépasse largement les 10x

  3. Votre argumentation me semble irréprochable et un peu désespérante. et vos sources sont en général sérieuses. Il m’est venu cette question, “Quelles décisions personnelles prenez vous dans ce contexte, quelle est votre attitude ?”

    1. Personnellement, je n’arrive pas à répondre à la question de la transition tant elle est compliquée et complexe. C’est la raison pour laquelle, ce débat est ouvert. Peut-être qu’un lecteur a une idée que personne n’a vue.

  4. Est-ce que l’instauration d’un régime démocratique où chaque citoyen aurait un revenu de base comprenant un ratio de consommation énergétique verte pourrait changer la situation? À Genève, on peut choisir de consommer 100% vert voire souscrire pour des projets de transition dont nous sommes régulièrement informés. De plus on bénéficie de remise sur sa facture si on diminue sa consommation. Le revenu minimum permettrait aussi de travailler plus local, de réduire la dépense en transports, en sports et en soins coûteux. À l’échelle d’un pays tout entier, si la géographie le permet, cela devrait être réalisable?

    1. ” À Genève, on peut choisir de consommer 100% vert”.

      Greenwashing. Il est impossible que les SIG vous garantissent que le courant qui arrive dans votre prise est vert: la nuit ou en hiver, il y a automatiquement du courant nucléaire qui arrive chez vous.

      Les SIG vous trompent en compensant le courant non vert par des projets verts ou en achetant des certificats à des producteurs d’énergies renouvelables.

      Pour être totalement vert, il faut avoir un réseau électrique coupé du réseau suisse et européen et des unités de production vertes dédiées uniquement au réseau isolé.

      Le passe-passe est possible via le marché des certificats verts: si j’achète l’équivalent de ma consommation électrique en provenance du nucléaire par des certificats verts, je peux prétendre consommer vert, par contre réellement je suis dépendant du nucléaire.

      1. J’ai pris ici ma consommation Totale verte GE comme exemple et comme emblème. Je ne cherche pas à faire preuve de naïveté. Pour moi, l’idée est de commencer par rationnaliser l’énergie en tant que bien commun auprès de toutes et dr tous ceux qui en ont besoin. Si on vit avec un ratio d’énergie verte ou presque, on réduit la spéculation. Aux moyens d’économiser et de limiter la croissance évoqués plus haut, j’ajoute ma consommation liée à ma pratique informatique: je travaille sur un excellent appareil de 3e main, suis hébergée et archivée sur des nuages attestés “fair trade”. Je n’ai jamais possédé de véhicule à moteur,
        ai voté de longue date contre l’achat d’avions inutiles et ai encouragé au sein de mon entreprise l’instauration d’un revenu de base pour tous. N’est-ce pas la libre disposition des moyens énergétiques qui fait flamber les prix au gré des humeurs dirigeantes et qui menace les réserves? Mon premier “maître” en la matière était chef des 3 huit dans une usine à gaz au Locle en 1948, vivait de la manière la plus “écologique” possible sans ignorer ce qui se passait dans les 6 continents. Bref, tout ça pour suggérer que tandis qu’un gouvernement se perd en intentions louables, les citoyens peuvent tranquillement attendre de s’éclairer à la bougie. On vit actuellement dans un monde de surveillance idéologique, et rarement sur une aire de responsabilité éclairée. Si le revenu minimum pour tous avec montant conseillé en consommation uniquement verte tous azimuts était instauré, je parie que les comportements en hubris baisseraient au moins d’un cran. Bien à vous

  5. Dès que la Chine sura assise sa supériorité mondiale devant les USA, le monde pourra basculer dans la transition énergétique

  6. Merci pour cette pièce à la lecture stimulante.

    Une question que je me pose est l’impact du déclin de l’énergie retournée par rapport à l’énergie investie dans l’extraction des fossiles (EROEI) et un possible piège énergétique possible avec la nature frontale des investissement (en terme d’énergie) dans le renouvelable.

    Pour le moment les fossiles disposent d’un avantage dans le fait que toute notre infrastructure est construite autour d’eux, alors que le passage aux renouvelables va nécessiter d’investir une part significative de notre “rente” fossile de front sur une longue durée pour construire des renouvelables qui repaient l’énergie investie seulement après plusieurs années d’utilisation.

    Autrement dit il me semble que notre énergie nette disponible via les fossiles devrait diminuer progressivement, et pour remédier à cela il va falloir investir une part non négligeable de cette énergie nette en déclin dans la construction de renouvelables qui ne vont repayer cette investissement seulement après plusieurs années.

    Si on suit le postulat que la puissance militaire et économique d’un état est proportionnelle à l’énergie nette disponible, n’a t’on pas là un “piège énergétique” où tout état se lançant dans la transition va voir sa puissance réduite dans le court-moyen terme face à des rivaux qui ne le ferrait pas ?

  7. Bonjour,

    votre article est intéressant et l’aspect puissance – énergie montre bien que ce sera difficile de réduire la consommation de façon importante, sutout concernant le côté militaire.
    Toutes ces discussions sur la transition climatique me laisse très septique. Pour les écolos ce ne serait qu’une question de choix technique: tout électrique avec des éoliennes et des panneaux solaires et plus de fossiles, voilà c’est simple…Si on ne le ferait pas ce serait parce qu’on y croit pas, qu’on a des intérêts financiers, dans les fossiles, etc…mais moi je crois que le problème est tout simplement que l’on ne peut pas remplacer les énergies fossiles qui fournissent plus de 80% de l’énergie utilisée dans le monde par des renouvelables.
    Quelqu’un a fait une fois le calcul suivant: remplacer toute cette énergie par des centrales nucléaires: il en faudrait 11000! Sachant qu’une centrale nucéaire produit plus que 1000 éoliennes de 5 MW faite le calcul et n’oubliez pas que la durée de vie d’une éolienne n’est que de 20 ans et qu’elle a besoin de beaucoup de matériaux et de terres rares.
    Beaucoup de gens débattent mais je ne vois jamais de plan concret et réaliste montrant comment on
    pourrait y arriver. C’est sans doute parce que ce n’est pas possible qu’on nous fait comprendre qu’il va fallloir devenir sobre énergétiquement…

  8. Les grands changements éclatent après une épidémie, une guerre ou une catastrophe majeure. On vient de passer une épidémie, rien. Donc il faudra attendre autre chose…

    1. Pour ce qui est de notre consommation d’énergie je doute que nous arrivions à la faire baisser sans mesures contraignantes, ou des pénuries. Les dernières votations sont là pour le prouver

  9. Dans la définition du EROEI le numérateur est clair, c’est l’énergie qui est tirée de la technologie ou de l’agent utilisé. Par contre, le dénominateur ne se limite de loin pas, par exemple, à la seule énergie nécessaire à l’extraction de l’agent fossile (il y a encore, le transport du brut, le raffinage, le transport vers le lieu de distribution, y compris les salaires encourus et leurs coûts énergétique, etc. encore à prendre en compte !).
    Pour toute technologie, éolien, photovoltaïque, gaz, charbon, nucléaire, le dénominateur dépend du périmètre pris en compte pour comptabiliser l’énergie investie. Il faut considérer idéalement tout le cycle de vie de l’installation et de ses composants. Pratiquement, on a des chiffres qui, au final ne sont pas comparables entre eux, car ici ou là on a toujours négligé quelque chose dans l’analyse du cycle de vie.
    Voir cet excellent article introductif sur la question :
    https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/chronique-retour-energetique-39038/
    L’introduction de nouvelles technologies de production qui ne seront plus basées sur des gents fossiles, donc des technologie basées sur des sources d’énergie renouvelables, demande évidemment de fabriquer leurs composants et construire ces installations avec inévitablement le recours à des sources fossiles. Cela conduit à la notion de “cannibalisme énergétique” dont Wikipedia en anglais donne une bonne présentation :
    https://en.wikipedia.org/wiki/Energy_cannibalism

    Il n’y a donc pas à envisager seulement les coûts financiers de l’introduction de nouvelles technologies de production, mais aussi les coûts énergétiques.

  10. Bonjour et merci pour cet intéressant article.
    Pour envisager un changement global, une gouvernance mondiale devrait pouvoir prendre et contrôler ces sujets, c’est évidemment utopique.
    Mais en vrac quelques idées qui me semblent intéressantes à creuser :
    * un quota par habitant/pays de consommation/pollution annuel correspondant à l’objectif fixé. Ceux qui veulent polluer plus doivent acheter le droit aux autres. Malgré tout cela nécessite une énorme infrastructure et un accès équitable à celle-ci, une utilisation possible d’une blockchain ? Comment contrôler ceci sans tomber dans l’autoritarisme ?
    -> Pourquoi ? Car beaucoup de gens parlent de surpopulation et de la réduire pour régler le problème, mais par habitant l’Inde ou la Chine pollue moins qu’un suisse et encore moins qu’un américain. 3 fois moins de monde qui pollue comme un américain ne réglera pas le problème. C’est tout à fait injuste de faire porter le poids de la culpabilité à des populations qui n’ont jamais autant pollué que nous.
    * Autre idée, une taxe aux kilomètres parcourus pour chaque produits, sous produits, sous sous produits, personnes etc.
    -> Pourquoi ? On se rend compte que certaines pratiques sont absurdes, pêcher un poisson en mer du Nord, l’envoyer en containers frigorifique pour être découpé en Thaïlande avant de revenir sur nos étals pour économiser est scandaleux.

    Il va certainement falloir faire des choix douloureux dans les prochaines décennies, malheureusement les programmes politiques ou financiers ne voient rarement plus loin que le prochain mandat ou prise de bénéfices. Et si on faisait confiance aux scientifiques et techniciens en général ?
    Merci pour votre lecture et désolé pour les éventuelles fautes de frappe ou autres !

  11. 1. il y a trop de gens sur la planete (faites moins d’enfants!). faites du velo electrique (bon pour l’environment, fitness, etc/pour70% de la population active). 3. taxation et gouvernance mondiale (vlir “Foie Baha’ie” par example)…

    1. @JIM: “il y a trop de gens sur la planète”, peut-être (encore qu’un simple survol de bien des régions du monde, même non désertiques, montre que ce surpeuplement reste relatif), mais que voyez-vous comme solution pour obtenir rapidement une diminution de cette population? La décroissance du taux de natalité est déjà fortement amorcée, au point que ce taux soit devenu négatif dans certains des pays les plus développés qui, heureusement en l’occurrence, sont aussi de loin ceux qui consomment et polluent le plus. Et cette tendance se vérifie partout dans le monde. La situation actuelle résulte du “boom” des naissances d’après guerre, couplé à une forte augmentation de l’espérance de vie. C’est ce qui nous fera inéluctablement passer par un pic autour de 9 à 10 milliards d’humains sur cette planète. Réduire plus fortement encore que ce n’est déjà le cas la part des jeunes générations va conduire à une vraie catastrophe du fait du vieillissement des populations et du manque de forces actives alors pour assurer le bon fonctionnement de la société. Il n’y aurait en fait qu’une “solution” pour un résultat rapide, euthanasier les “vieux” (dont je fais partie) à partir d’un certain âge (!); c’est ce que vous préconisez?
      Il faut faire attention avec les taux qui conduisent à des évolutions exponentielles. Un taux négatif peut conduire tout aussi vite à un effondrement démographique qu’un taux positif à l’explosion que l’on a connue essentiellement au 20ème siècle/début 21ème, Et il n’y a pas besoin que ces taux soient très élevés; pour l’illustrer, un déficit de 2%/an conduit déjà à une réduction de presque 2/3 sur 50 ans (le même pourcentage positif conduit à une multiplication par un peu moins d’un facteur 3). Imaginez à quelle catastrophe cela conduirait!

  12. Je voudrai vous remercier pour la qualité et la richesse des réflexions proposées ainsi que pour le respect des idées présentées par chacun. Il y a de très intéressants points de vue qui peuvent (et qui vont) être creusés.

    Ce qui est très réjouissant, c’est qu’il est possible d’échanger et d’avancer sans entrer dans des duels et dérapages comme se délectent les “Blick”, “20minutes”, “Facebook” ou “Twitter”.

    Pour des questions aussi complexes, des bouts de solutions pourront émerger grâce à une riche participation et par un éventail de points de vue divers.

  13. Merci pour cet article.
    Les pays qui maîtrisent l’énergie ont non seulement la puissance économique mais aussi un pouvoir, ce sont les grandes puissances mondiales. La crainte des pays puissants que les changements nécessaires pour stopper le réchauffement climatique ne compromettent leur puissance semble contradictoire avec leur impuissance à réduire rapidement et complètement leurs émissions de gaz à effet de serre.
    Pourtant, Chine et USA par exemple pourraient continuer à exercer leur pouvoir, et même l’augmenter, bien que les ressources mondiales soient limitées, en utilisant pleinement des ressources illimitées disponibles sur leur propre territoire : le vent et le soleil qui fournissent gratuitement une énergie zéro carbone.
    Concernant la Finance, l’argent qui doit se placer n’a pratiquement aucune morale, et, de plus, les possibilités d’investissements éthiques sont rares tant qu’on n’a pas de projet de transformation ambitieux visant zéro émissions.
    Augmenter le prix du CO2 est-il suffisant pour dissuader les extractions de pétrole et même l’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert ? Il semble bien que les règles de marché usuelles soient insuffisantes, il faudrait une coalition industrielle impliquant par exemple constructeurs et fournisseurs d’énergie pour généraliser les véhicules électriques avec l’objectif d’éliminer le pétrole dans les transports.
    Force est de constater qu’une entreprise comme Total n’a absolument pas l’intention d’abandonner le pétrole à moyen terme.
    Il y aurait des déclics progressifs avec des pays pionniers comme l’Allemagne capable de renoncer au nucléaire civil et de miser sur les énergies renouvelables. Chaque pays a des atouts et des contraintes spécifiques ainsi que sa propre histoire.
    Pourquoi les USA ont choisi le pétrole de schiste plutôt que l’éolien et le solaire ?
    Selon le dernier rapport du GIEC, stopper le réchauffement climatique est physiquement encore possible, mais le système climatique met en jeu un mécanisme « à cliquet » : quand un palier par exemple à + 2 °C d’élévation de la température moyenne mondiale est franchi, il est impossible de revenir en arrière à l’échelle de temps humaine. Après, rien n’est garanti, si des paliers comme + 4 ou + 6 °C sont franchis, c’est une bascule dans un Monde inconnu.

  14. Pourrais-je savoir pourquoi mon commentaire envoyé hier n’a pas été publié? Quelle est la raison de cette censure? Il me semble pourtant que je présentais une vision intéressante de la question démographique, trop peu évoquée dans les argumentations lues sur ce blog et d’autres, qui y font référence généralement sur la base d’une vision faussée des réalités.

    1. Cela s’explique simplement. C’est mon choix de ne pas être collé à mon ordinateur toute la journée. Entre votre clic et le mien, il y a donc un décalage temporel.

      Concernant le mot “Censure”. C’est mon préféré, même s’il est violent et de moins en moins utilisé à bon escient! Il est souvent utilisé par les personnes qui pensent que la hauteur de leur commentaire nécessite l’impression.

  15. Bonjour Monsieur,

    Tout d’abord Merci pour votre revue mensuelle que je lis régulièrement ,

    J’aimerais vous faire part de ma réflexion très certainement très naïve et utopique.

    Une partie de la solution de cette problématique énergétique serait que les propriétaires de la grande majorité des maisons et immeubles d’Europe d’Amérique du Nord de Chine et Japon ( les plus consommateurs) soient fortement incités par leurs dirigeants ( par des déductions fiscales ou subventions) a installés des panneaux photovoltaïques (même peu) sur leurs toits. Il y aurait beaucoup d’avantages pour tout le monde.

    Pour les propriétaires : réduction de leur facture d’électricité, déduction fiscale, éventuelle subvention, revente de l’excédent et plus value de leur bien immobilier.

    Pour la collectivité : l’énorme quantité d’électricité produite en excédent pourrait soit être stockée, soit servir a fabriqué de l’hydrogène, ou a recharger les voitures électriques qui sont en train d’arriver sur le marché et dans ce domaine la demande d’électricité va être très forte.
    Cela serait un comble que ces voitures soient rechargées par des centrales à charbon !.

    L’avantage de cette électricité même si elle est intermittente, elle est très locale et contrairement aux éoliennes, les installions de PV ne font en principe l’objet d’aucune opposition.

    Pour les états : une plus grande indépendance énergétique

    Pour l’économie : Vu la forte demande de panneaux photovoltaïques (PV) qu’il faudrait fabriquer et installer, la relocalisation de cette industrie serait peut être rentable et moins dépendante de la production Chinoise. Du coup cette industrie créerait des emplois (fabrication et installation).

    Pour les investisseurs : Un moyen de gagner de l’argent en investissant dans cette industrie au lieu de l’investir dans le charbon ou le pétrole.

    Pour la planète : Cette énorme production décarboné pourrait faire chuter le prix du Kw/h et pourrait ainsi ringardisé le charbon et permettre de supprimé quelques centrales à charbon plus rentables et ainsi détourné de gros investisseurs de cette industrie polluante.

    Bien sur les PV ne pourront pas combler l’énorme demande mondiale d’électricité et le stockage de cette énergie intermittente est encore un gros problème, mais nous ne sommes peut-être qu’au début, il y aura surement dans le futur de gros progrès qui seront réalisés dans ce domaine.

    Pour répondre à vos 2 questions tant qu’il y aura du charbon et du pétrole à placer et beaucoup d’argent à gagner dessus pourquoi changer !

  16. Il est toujours facile de blâmer nos gouvernants, mais en fin de compte, ceux qui chauffent à 22 au lieu de 19 parce que c’est plus confortable, c’est nous, ceux qui prennent la voiture dans les embouteillages urbains au lieu du vélo ou des transports publiques (performants), c’est nous, ceux qui jettent leur masque par terre ou leurs mégots, c’est nous,… et la liste est longue! Si nos gouvernants n’édulcorent pas leurs décisions politiques, nous les virons, et actuellement plutôt au profit des extrêmes, qui, on le sait, ne serviraient qu’eux-mêmes. Je veux donc bien que les gouvernants aient des leviers que nous, le peuple, n’avons pas, mais nous, le peuple, avons un potentiel d’économie et de sobriété que nous méprisons. Mais qui ose encore nous froisser? Certainement pas la presse qui préfèrent caresser ses lecteurs dans le sens du poil. Certainement pas les gouvernants qui sont entre le marteau et l’enclume (la presse et le peuple).

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