Les Guerres du Gaz: Géopolitis

Dans ce nouvel épisode de l’excellente émission de la Télévision Suisse Romande, Géopolitis, Marcel Mione explore avec Laurent Horvath, les coulisses du gaz à travers les continents.

Dans le monde des Energies, c’est le règne du chacun pour soi. Chaque pays regarde son intérêt propre. Ce qui se passe dans le gaz est une parfaite illustration entre la partie stratégique qui confronte la Russie, l’Europe, l’Allemagne, la Turquie, l’Ukraine, la Chine et les USA.


 

Le gazoduc Nord Stream 2 sème la discorde avec en fond de toile le gaz de schiste et la main mise de la Russie ou de des USA sur l’Europe. Comment se confronter avec Vladimir Poutine, Joe Biden, Recep Tayyip Erdoğan le président Turc. Quelle est la place du gaz naturel dans la transition énergétique et le climat? Est ce que le gaz est aussi propre que l’on veut bien le prétendre?

Cette émission de 26 minutes de Marcel Mione présente les enjeux stratégiques avec des illustrations vidéos très pertinentes, qui intéresseront tous ceux qui veulent en savoir plus.

 

Voir l’émission du 28 mars 2021: Les Guerres du Gaz: Geopolitis

 

Fukushima : 10 années déjà

Il y a 10 ans, la centrale nucléaire de Fukushima Daichi fut terrassée par un tsunami. Le tremblement de terre coupa l’électricité et les générateurs noyés sous l’eau ne purent répondre à leur mission. Sans système informatique et sans électricité, les 3 réacteurs en service partirent dans un processus de désintégration et de fonte du combustible nucléaire. Les explosions causées par l’accumulation d’hydrogène devinrent le symbole de cette catastrophe nucléaire.

Depuis, Tepco, le propriétaire de la centrale et le gouvernement japonais se débattent avec cette bête qui se meurt à petit feu mais qui ne rend pas les armes. Initialement, 40 années étaient prévues pour décommissionner les 3 réacteurs. Aujourd’hui, 50 à 60 années semblent plus réaliste selon la Japan Atomic Energy Commission.


 

Après la catastrophe, les coûts avaient été estimés à $ 101 milliards $. En 2021, elles dépassent les 200 milliards $.

 

Le casse-tête du combustible nucléaire fondu

En décembre dernier, Tepco a déclaré que les travaux visant à retirer le combustible nucléaire fondu des trois réacteurs seraient retardés et reportés en 2022, voir après. Le corium émet encore des niveaux de radiations extrêmes qui empêchent toujours des robots de s’en approcher.

Ainsi entre 800 et 900 tonnes de combustibles se trouvent dans les sous-sols des réacteurs 1, 2  et 3, et au total, 7,6 millions de tonnes de déchets radioactifs devront être retirés et traités.

Certains pensent qu’il sera impossible de retirer ce combustible alors qu’il doit être systématiquement refroidi avec de l’eau. En décembre dernier, la Nuclear Regulation Authority a relevé des niveaux de 10 sieverts/heure proche des réacteurs 2 et 3 soit une dose mortelle après une heure. Ces radiations ne facilite pas la tâche pour décommissionner les réacteurs.

Un sarcophage du style de Tchernobyl est évoqué, même si l’eau utilisée continue de fuiter dans le Pacifique.

 

1 million de tonnes d’eau contaminée

Pour refroidir les 3 réacteurs, Tepco utilise des tonnes d’eau. Comme il n’est pas possible de la traiter et de retirer les composants radioactives, elle s’entasse dans des centaines de réservoirs.

Le gouvernement avait prévu de vidanger cette eau et de la diluer dans le Pacifique après les Jeux Olympiques de 2020. Mais les protestations internationales, dont celle de la Corée du Sud, ont remis cette stratégie sur la table. Cependant pour des raisons de coûts et de manque de la place, une solution devra être trouvée bien que le Pacifique semble la seule option financièrement possible.

 

Photo: asahi.com
Des centaines de réservoirs, qui contiennent de l’eau radioactive,
s’entassent dans la centrale de Fukushima

 

La population ne revient pas

20 millions de m2 de terres contaminées ont été retirées afin de décontaminer les villes autours de la centrale avec l’objectif de repeupler la région. Mais même avec cette entreprise gigantesque, les sols n’arrivent pas à se débarrasser de ces niveaux de radiation.

Sur les 36’000 personnes évacuées, seules 22% sont revenues. Principalement des personnes âgées qui sont revenues dans leur maison. Les familles et les enfants ne sont pas du voyage. Lire la touchante histoire Naoto Matsumara, Le dernier homme de Fukushima. L’homme césium resté pour s’occuper des annimaux abandonnés.  J’avais eu le privilège de le rencontrer lors de sa visite à Lausanne en 2014.

 

Un décompte des morts très difficile

L’organisation Mondiale de la Santé, entité qui dépend directement de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, n’a pas dénombré de victimes des radiations nucléaires à Fukushima.

Cependant, 200 liquidateurs, qui ont travaillé sur le site après la catastrophe, sont morts de “mauvaises grippes”. En 2015, le gouvernement japonais a finalement reconnu la mort d’un employé et en septembre 2018, d’un autre liquidateur de 50 ans, décédé d’un cancer des poumons.

A ce jour, 202 enfants ont développé un cancer de la thyroïde, phénomène connu suite à une exposition à des radiations. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé rechigne à relier leurs cancers et l’accident nucléaire.

Ils étaient 103 en 2014 et 57 avaient été opérés. Lire Fukushima : 103 enfants atteints d’un cancer (25 août 2014)

 

 

Retrouver l’historique, jour par jour de la catastrophe de Fukushima

 

Du premier jours au 31 mars 2011 : le journal presque heure par heure de la catastrophe (11 mars au 31 mars 2011)

Le mois d’Avril 2011  (le journal jour par jour du mois d’avril 2011)

Tout le dossier complet de Fukushima (tous les articles depuis le début de la catastrophe)

 

 

Berlin paie € 2,8 milliards pour sortir du Nucléaire

Pour la fermeture définitive des centrales nucléaires sur son sol, le gouvernement allemand va indemniser avec un chèque de € 2,8 milliards les propriétaires EnBW, Eon, RWE et Vattenfall.

En 2016, la cour constitutionnelle avait statué que la décision de Berlin de sortir du nucléaire était légal. Il ne restait qu’à trouver une compensation financière assez élevée pour satisfaire les actionnaires des quatre compagnies.


 

Ainsi Vattenfall recevra € 1,43 milliard, 880 millions pour RWE, 80 millions pour EnBW et 42,5 millions pour Eon. Les aides financières pour RWE et Vattenfall servent à compenser l’électricité qui ne pourra plus être produite. Pour EnBW et Eon, la compensation couvrira les frais engagés en 2010 pour étendre la durée de vie des centrales.

La fermeture des 17 centrales Allemandes d’ici à 2022 avait été actée après la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Ce montant met un terme aux disputes engagées par les propriétaires de centrales. De son côté, Vattenfall avait trainé le gouvernement Allemand devant le Centre de dispute (International Centre for Settlement of Investment Disputes) basé à Washington, USA pour un montant de € 5 milliards.

 

Et pour le Charbon

D’ici à 2040, l’Allemagne va également sortir du charbon et les défraiements prévus pour les propriétaires de centrales se montent à € 38 milliards.

Ces montants intéressent les fonds d’investissements étrangers, qui voient une opportunité d’acheter ces centrales afin de bénéficier des retombées financières prévues pour les fermetures.

 

 

 

Pétrole : L’OPEP reste droit dans ses bottes. Le baril grimpe vers les 70$

Lors de sa réunion, l’OPEP a décidé de ne pas changer les quantités d’extractions pétrolières et le niveau des exportations. L’objectif est de faire grimper les prix et ça fonctionne.

Avec le départ de Donald Trump, qui avait pris l’habitude de menacer le cartel du pétrole dès que les prix montaient, la voie est libre. Les prix du baril grimpent en direction des 70$. Il y a une année, le baril flirtait avec les 30$ alors que la Russie et l’Arabie Saoudite avaient coordonné leurs efforts pour faire couler le pétrole de schiste américain.

Le ministre russe, Alexander Novak, a commenté : “Nous ne voulons pas un baril à 70$, mais des prix stables. La situation actuelle et bien meilleure qu’à l’automne dernier” alors que le ministre du pétrole d’Arabie Saoudite, Abdulaziz bin Salman, pense que «l‘incertitude qui entoure le rythme de la reprise n’a pas diminué» et on ne peut pas lui donner tord. Il a ajouté, “la grande incertitude est la demande pétrolière.”

Aux stations d’essence, les prix devraient grimper avant ce weekend alors que pour les baisses, certainement grâce à la main invisible du business, il faut compter 10 à 15 jours. Le litre d’essence devrait monter au-dessus de Frs 1,70.– .

Même l’Arabie Saoudite va s’auto-appliquer une réduction supplémentaire de 1 million de barils par jour (b/j). Du côté des amis de l’OPEP, les non-membres Russie et Kazakhstan ont reçu une exemption de 130’000 et 30’000 b/j

L’OPEP pense que la demande de pétrole va augmenter de 2,7 millions b/j au prochain trimestre pour arriver à 97 millions b/j. Pour mémoire, avant le covid, nous en étions à 101 millions b/j. Pour confirmer la tendance, l’Agence Internationale Energie a souligné que les émissions de CO2 grimpent à grande vitesse. La Chine prévoit une croissance de +6% cette année.

Si l’on pouvait se demander si le monde allait retourner dans sa surconsommation d’avant le covid, la réponse est en train de s’écrire.