Transports publics ou voiture : le dilemme

Pendant que le coronavirus confine certains employés au télétravail, ceux-ci ne peuvent plus emprunter les transports publics. Corollaire à cette situation, les détenteurs de “l’abonnement général” des CFF continuent de payer pour une prestation qu’ils ne peuvent plus utiliser.

Alors qu’il ne devrait y avoir aucun dilemme à choisir entre sa voiture ou les transports publics, les acteurs de la mobilité douce font tout pour que le citoyen reconsidère ses choix.


 

Maximum de pertes pour l’Abonnement Général

Pour ceux qui ont acheté leur abonnement général des CFF en début d’année, c’est le jackpot. Depuis l’arrivée du coronavirus, entre 3 à 5 mois de télétravail ont privé les passagers de leur train. Comme la facture court toujours, et à Frs 321.– par mois, on frise ou dépasse le millier de francs payé pour rien.

Si l’on contacte le service après-vente des CFF, pour un éventuel remboursement ou un geste commercial, le message est limpide. “Lisez les conditions de ventes.” Il est marqué noir sur blanc que : “Vous êtes pomme avec le bourg“.

C’est au moment de raccrocher le téléphone que le capital sympathie auprès du rail, déraille.

 

Alternatives supprimées

Bref, une partie de ces perdants se sont orientés vers une alternative plus attractive. Un abonnement pour 4 mois à Frs 340.–/mois (soit un renchérissement de 6% sur l’offre annuelle) avec la possibilité de le déposer pendant un mois. Cette solution a l’avantage de minimiser ses pertes en cas de télétravail ou de confinement.

Cependant, cette solution était trop belle. Elle va être supprimée par les CFF et remplacée par un abonnement d’une durée minimale de 6 mois.

Dans une situation de télétravail coronatique, cette solution permettra de lire à nouveau “Vous êtes pomme avec le bourg.”

 

Abonnement à prix (fortement) majoré

Une dernière alternative s’offre à vous. Prendre un abonnement mensuel d’un mois. Mais dans ce cas, la majoration du sésame est de +31 % à Frs 420.– par mois !!!

Comparaison n’est pas raison. Cependant quand des investisseurs de type «business angels» raquette une une start-up, ils demandent un intérêt de 15 à 20%.

Mais là, pour les CFF, ce n’est plus du racket, c’est du tennis !

Cerise sur le gâteau, si vous devez laisser votre voiture dans un parking des CFF, il vous faudra compter sur une douloureuse qui grimpe à Frs 660.–/mois soit Frs 8’000 par année.

 

Puis-je déduire ces coûts de ma déclaration fiscale?

Vous ne pourrez pas déduire la totalité des frais de transports publics dans votre déclaration fiscale.

Hé oui ! Afin de financer les projets des CFF, l’impôt fédéral directe n’autorise qu’un montant maximal de Frs 3’000 pour les déplacements. L’augmentation de vos impôts finance le train.

Bien que cette mesure fut acceptée démocratiquement par le peuple, on pourrait imaginer une meilleure oreille des CFF.

 

Vevey: une pépite dans la mobilité douce

Du côté des communes, c’est du côté de Vevey qu’il faut se tourner pour y trouver une véritable pépite.

Plus de 100 places de parc, qui étaient utilisées par les pendulaires du train, ont été déclassées en un parking de 3 heures maximum.

Ainsi, si vous désirez prendre le train pour aller travailler, durant la semaine, ou skier durant le weekend, impossible de vous parquer. Vous devez prendre votre voiture.

Cette interdiction spécifique aux pendulaires motorisés, touche particulièrement les habitants des villes de la Veveyse dont les transports publics ne riment pas avec efficacité.

 

Une idée à plus de 100’000 kg de CO2/an

Au niveau des chiffres, Vevey perd annuellement plus de Frs 300’000 de revenus de parking des pendulaires du train.

Pour l’Agenda 21 de la commune, la formule est simple «vous n’avez qu’à habiter à Vevey sinon débrouillez-vous». A noter que la mesure génère plus de 100’000 kg de CO2 par an ce qui est paradoxal pour un Agenda 21.

Pour être franc, une alternative est offerte avec un parking au sommet de la ville avec une liaison en bus, mais elle semble avoir été concoctée par la même équipe qui a installé à Rennaz l’Hôpital du Chablais dans un no men’s land de la mobilité.

 

Pour le bonheur de l’Union Pétrolière Suisse

Alors que le choix entre transports publics et voiture ne devrait pas se poser, tout est fait pour qu’elle se pose. Les freins viennent justement des institutions censées promouvoir la mobilité douce.

Pour une fois, l’Union Pétrolière Suisse n’y est pour rien.

D’ailleurs si vous prêtez l’oreille, vous pourrez entendre leurs employés hurler de rire.

 

 

Parking à Vevey


Historiquement, les pendulaires du train pouvaient parquer sur ces places et prendre le train.
Ces places ont été limitées à 3h. Depuis elles sont désespérément vides.
Les pendulaires doivent ainsi prendre leur voiture
pour se rendre à leur travail ou pour aller skier durant le weekend.

 

Le pétrole à 37$ le baril, les majors empilent les dettes

Aujourd’hui, journée spéciale aux USA. Pour l’information et surtout pour l’Histoire: le pétrole se traite à 37$ à New York et 39$ à Londres. Qu’en sera-t-il demain?

En regardant 2020, c’est une parfaite annus horribilis pour les compagnies pétrolières. Les chiffres du 3ème trimestre le démontrent.

En Europe, depuis le coronavirus, les pétroliers et gaziers ont vu leurs capitalisations boursières chuter de 364 milliards $. On comprend la grise-mine des investisseurs. Aux USA, c’est pire. Les 84 faillites ont effacé $ 89 milliards et le montant pourrait grimper à $ 100 milliards avec la deuxième vague de coronavirus. A ce tarif, l’industrie pétrolière n’est pas hyper rentable.


 

Rassurez-vous. Comme les chiffres sont souvent indigestes, une pointe d’humour et du bicarbonate ont été rajoutés pour la digestion.

Avant d’entrer dans les détails, une explication s’impose sur nos majors pétrolières préférées: ExxonMobil, Chevron, Shell et BP.

 

Des dettes, toujours plus de dettes

Les majors accumulent des dettes abyssales. En temps normal, ces dettes sont cautionnées par les réserves pétrolières. Cependant, la probabilité de ne plus pouvoir extraire le pétrole jusqu’à la dernière goutte, inquiète l’industrie, d’autant qu’il faut aller chercher du pétrole de plus en plus cher et de moins en moins bonne qualité.

Paradoxalement, les prix du baril restent proche des 40$, seuil de non rentabilité. Il reste l’espoir de voir grimper les cours à 100$, mais là, c’est l’Economie mondiale qui ne supportera pas le choc.

Afin de continuer à alimenter en cash leurs caisses, tradition oblige, les majors doivent offrir des dividendes quitte à s’endetter encore plus.

L’équation est simple: pas de dividendes, pas d’investisseurs donc pas de forages et surtout plus de chocolat!

 

ExxonMobil

L’américaine, proche de Trump, a annoncé son troisième trimestre négatif consécutif. La perte se monte à 680 millions $ alors que sa production pointe à 3,7 millions de barils de pétrole par jour (-6%). L’année dernière, à même époque, elle annonçait un bénéfice de 3,2 milliards $.

Le No 1 américain surfe sur une dette  $ 69.5 milliards pour un chiffre d’affaires de 260 milliards.

Darren Woods, son PDG, reste droit dans ses bottes. Il va continuer à offrir de larges dividendes et éviter méticuleusement les énergies renouvelables. Ainsi pour maintenir ses dividendes, 14’000 employés, soit le 15 % de son staff, vont prendre la porte. C’est vraiment cool de bosser pour une entreprise pareille, non?

Exxon va également réduire ses investissements de 23 milliards $ à 16 milliards en 2021. Le boss (Darren Woods pas Bruce Springsteen) aimerait réduire de 30 milliards $ les actifs dont la compagnie de gaz de schiste XTO Energy, qui avait été payée 42 milliards en 2009. A l’époque, l’opération avait été qualifiée de deal du siècle. Aujourd’hui, fiasco a remplacé deal.

 

Chevron

Le No 2 américain annonce une perte de $ 207 millions contre 2,6 milliards de bénéfice sur la même période en 2019.

Son PDG, Mike Wirth, concède que le coronavirus n’est pas tendre avec ses objectifs. Comme ExxonMobil, il va licencier 15% de ses employés afin de maintenir les dividendes pour ses actionnaires.

L’entreprise pourrait également vendre des actifs, mais dans cette période de disettes, qui voudrait en acheter ?

Chevron cumule une dette de $ 34 milliards pour un chiffre d’affaires de $ 120 milliards. De ce côté, c’est assez bien.

 

Shell

Ben van Beurden, le PDG, annonce une “nouvelle ère de croissance des dividendes”. Du coup, il a augmenté ses dividendes de 4 % à 16,65 ct.

Là aussi, afin de garder des dividendes, les emplois sont sabrés et les coûts minimisés. Plus de 16’000 postes ont été supprimés ce mois.

A contrario des deux américaines, au 3ème trimestre, Shell a réalisé un bénéfice de $ 955 millions contre 4,8 milliards en 2019. Bel exploit.

Les dettes de Shell se montent actuellement à $ 73,5 milliards. Pour vous imaginez 70 milliards $: cela représente les dettes cumulées d’EDF et Areva avant que l’Etat français n’intervienne. C’est aussi la moitié de la fortune de Jeff Bezos, d’Amazon. Bon là, avec cet exemple, ça paraît tout petit. Mais quand même, ça représente quelques mois de salaire pour un ouvrier moyen.

 

BP

L’entreprise anglaise termine son 3ème trimestre sur un bénéfice de $ 86 millions contre un bénéfice de 2,3 milliards sur la même période l’année passée.

Son PDG, Bernard Looney, a promis d’effectuer un changement stratégique et de devenir zéro carbone d’ici à 2050, mais n’a pas apporté le mode d’emploi pour y arriver.

Contrairement à Exxon, Chevron, Shell ou Saudi Aramco, BP a décidé de couper dans les dividendes. Un crime de lèse majesté dans l’industrie. Mais le changement de paradigme est à saluer.

BP aimerait vendre pour 25 milliards d’actifs d’ici à 2025, pour autant qu’elle trouve des acheteurs. Comme pour Shell, BP cumule $ 68 milliards de dettes dont une grande partie à cause de la catastrophe DeepWater Horizon du 23 avril 2010. (lire l’article de 2010)

 

On donnera l’avant dernier mot, au géant pétrolier Russe. Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

Le mot de la fin, on le donnera au nouveau président des Etats-Unis et au coronavirus.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Pour cette édition spéciale américaine, à l’agenda:
– La présidentielle américaine: Un show a 14 milliards $
– Japon: L’eau contaminée de Fukushima déversée dans le Pacifique
– Etats-Unis: General Motors lance un Hummer électrique de 1’000 chevaux
– France: Pour 7 milliards, Engie veut importer du gaz de schiste américain
– Chine: Une voiture électrique à 5’000$ fait un tabac
– Australie: La plus grande installation solaire dans le monde
– Libye: Le pays pourrait à nouveau exporter 1 million de b/j de pétrole.


 

Ce mois le pétrole a chu ou a atchoumé, c’est selon. Mais dans les deux cas, le coronavirus est passé par là. Le reconfinement est synonyme de moins de trajets en voiture, moins de camelotes achetées, moins de transports en bateaux, moins d’avions. Bref, tous les composants pour que le baril de pétrole dégringole.

Finalement, il laisse des plumes pour se trouver à $37,45 ($40,95 fin septembre) à Londres et $35.59 ($39,87 fin septembre) proche de la Trump Tower.

Cette édition est illustrée par nos deux champions américains et notamment avec leurs pubs. Amusez-vous bien. D’ailleurs leur spectacle devrait soit se terminer le 3 novembre, soit commencer pour de bon.

Ceci est une version abrégée. Vous trouvez la revue entière sur 2000Watts.Org.

 

 Graphique du mois
PIB mondial et production pétrolière

Climat

Le mois de septembre aura été le plus chaud depuis 1880. L’année 2020 pourrait être la plus chaude et devancer 2016. Aucune surprise. La question est de savoir où cela va s’arrêter ?

Après les satellites qui mesurent les fuites de méthane dans les forages de gaz, un nouveau type de satellite va maintenant scruter la hauteur des océans. Sentinel-6 va mettre à jour, au millimètre près, l’augmentation des niveaux des mers et des océans.

 

Solaire

L’Agence Internationale de l’Energie annonce que le solaire est la source de production d’électricité la meilleur marché devant le charbon et le gaz. Au Moyen-Orient, des contrats solaires se sont négociés sous les $ 2 ct le kWh et le Portugal atteint même les 1,6 ct $. Qui l’aurait cru! En 10 ans, les prix des composants solaires ont chuté de 90%.

La marge de progression est encore grande car le taux de conversion du solaire n’est que de 17 à 20%.

En Suisse, pour une villa, le kWh revient à Frs 12-14 ct. Avec l’autoconsommation, des rendements financiers de 8 à 10% deviennent courant.

Pour la première fois depuis la création de Wall Street, un fournisseur d’énergies renouvelables, NextEra, a affiché une valorisation boursière supérieure à celle des géants pétroliers ExxonMobil et Chevron.

Grâce à la pérovskite, la National Renewable Energy Laboratory américaine espère faire monter le taux de conversion des panneaux solaires à 25%. Dans certains laboratoires, ce taux arrive, en théorie, à 66%. A ces niveaux, la planète risque de déborder d’électricité.

 

Did Something Happen to Joe Biden? Pub supportée par Trump

 

Hydrogène

Pendant des décennies, l’hydrogène était considérée comme trop chère et pas très pratique. Depuis quelques mois, Wall Street a changé d’avis et loue tant sa versatilité que son utilité. Bank of America pense que le point de bascule a été atteint tant sur le côté financier que de l’utilité. (lire article: Hydrogène notre meilleur plan B).

Gros bémol. Selon l’IRENA, 95% de la production hydrogène mondiale provient actuellement des énergies fossiles. L’hydrogène vert pourra changer la donne, mais il y a encore du chemin à faire. Par contre, si vous êtes un investisseur, vous y verrez de belles opportunités.

 

Finance

Mais où est passé une partie des stimulus économiques des banques centrales ?

Selon l’UBS, le “club des milliardaires” cumule une fortune de 10’200 milliards $ à la fin juillet contre 8’900 en juillet 2017 (+1’800 milliards).

Sur la même période, les revenus des milliardaires Suisse a bondi de 29% à 123,5 milliards $.

 

Dessin Chappatte

 

Pic Nucléaire ?

Alors que les énergies propres ont le vent en poupe, le nucléaire souffre et s’essouffle. Aurions-nous déjà atteint le peak nucléaire?

Le World Nuclear Industry Status Report souligne qu’au niveau mondial l’énergie nucléaire est devenue la production la plus onéreuse dans la production d’électricité. Même la Chine tend à réduire son plan initial, ralenti par des délais de construction et des coûts de construction dispendieux.

De plus, les déchets radioactifs ne cessent de s’accumuler et personne n’a de solution. Toujours selon la WNISR, il y a actuellement 411 réacteurs en activité soit 27 sous la quantité record et la baisse de production est de 8 GW en une année.

 

Vous avez regardé le premier débat?

Dessin: Signe Signe Wilkinson

 

Les deux pays au hit parade du mois

USA

Sans aucune surprise, tous les yeux sont tournés vers les Etats-Unis.

Les démocrates et des républicains ont réussi à quémander 14 milliards $, soit le double de l’édition 2016.  Les deux zozos se partagent le 50% du pactole alors que les sénateurs se partagent les 7 milliards restants. Honteux, indécent, normal? à vous de choisir.

Le Républicain, Paul Shumaker pense que “l’argent est le nerf de la politique américaine. Il faut considérer la politique américaine comme le plus pur exemple du libéralisme économique sur cette planète.”

Le pétrolier ExxonMobil est en train d’étudier la nécessité de supprimer certains emplois aux USA et au Canada. Le nombre de licenciement sera publié après les élections présidentielles. Cette méthodologie laisse à supposer que le chiffre sera conséquent et aurait pu faire de l’ombre à Trump.

Cette année, 84 entreprises pétrolières américaines ont annoncé leur faillite contre 142 lors de la crise de 2016. Par contre, au niveau de l’ardoise, c’est un trou de 89 milliards $ contre 70 en 2016. La 2ème vague de Corona, le virus pas la bière, pourrait pousser les pertes à plus de 100 milliards $. Si l’envie vous prend d’investir dans le pétrole, asseyez-vous et attendez que cela passe.

Quel sera l’énergie de choix du prochain président? (lire article)

Le département de la protection de l’Environnement, EPA, propose que les raffineries pétrolières et les unités de production d’électricité au charbon et au gaz n’aient plus besoin de demander d’autorisations de construire ou de s’aligner sur les réglementations antipollutions.

Boeing va supprimer 7’000 emplois en 2021. En début de pandémie, il y avait 160’000 employés, il devrait en rester 130’000.

De son côté, si elle ne reçoit pas des subsides, American Airlines a menacé de licencier 32’000 employés.

General Motors a transformé une usine en fabrique de voitures électriques. La Factory Zero propose des voitures zéro-émission, zéro crash et j’ai gardé le meilleur pour la fin, zéro congestion du trafic (je vous assure qu’il ne s’agit pas d’une erreur de traduction)!

Naïvement, on aurait pu penser que GM effectue sa mue par une petite voiture, surtout pour l’option zéro congestion dans le trafic. Et bien non, GM débute avec un monstre: un Hummer électrique de 1’000 chevaux avec l’option “trouver une place de parc assez grande” certainement en option.

 

 

Maui, la deuxième plus grande île d’Hawaï, poursuit les 20 plus grandes entreprises pétrolières à cause du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau des océans qui menace l’île.

On reste avec le département de l’Energie qui met sur la table 100 millions $ pour les 5 prochaines années afin de remplacer le diesel par de l’hydrogène pour les camions. Le département va soutenir 2 consortiums afin de réduire les coûts de production et d’accélérer l’adoption de l’hydrogène dans le pays.

 

President Trump Says He’ll Leave America if He Loses, Joe Biden For President 2020

 

Japon

Pays très touché par le réchauffement climatique, le Japon désire devenir neutre en carbone d’ici à 2050. Le 5ème plus grand pollueur de la planète avec 1,24 milliards de tonnes d’équivalent CO2 en 2018, compte sur ses entreprises pour trouver des solutions et créer des emplois.

Le gouvernement a décidé de déverser dans le Pacifique, les tonnes d’eau radioactive utilisées pour refroidir les réacteurs de Fukushima. Les coûts de stockage sont tellement pharaoniques, qu’il est économiquement judicieux d’utiliser l’océan comme dépotoir. La Corée du Sud et les pécheurs de Fukushima ont annoncé leur désaccord. Initialement, ce déversement aurait dû être réalisé après les Jeux Olympiques de Tokyo, mais le coronavirus a reporté les JO d’une année. La quantité d’eau est telle, que le gouvernement ne peut plus attendre.

Le premier train japonais propulsé à l’hydrogène est en cours de construction avec Toyota, Hitachi et les trains japonais.

 

A part un masque, qu’est-ce qui pourrait me protéger quand je parle en public?
Un ruban adhésif.
Dessin Ken Catalino

Europe

Angleterre

National Grid Plc a débuté sa phase finale afin de connecter électriquement la France à l’Angleterre avec un câble sous-marin. Dans cette configuration, la production éolienne de la Mer du Nord pourra rejoindre le continent.

L’ionBird de Rolls-Royce a terminé ses tests afin de propulser l’avion électrique le plus rapide au monde. Il s’agit d’un avion de course pas de ligne. L’objectif est de dépasser les 650 km/h. La batterie est capable de stocker de l’énergie pour 250 ménages. A terme, l’hydrogène remplacera la batterie qui alimentera le moteur électrique.

Easyjet a vendu 9 avions pour alléger la voilure. La lumière au bout du tunnel semble être un autre train qui arrive, ce qui dans l’aviation est paradoxal.

 

Russie

La Russie a extrait 9.93 millions b/j de pétrole en septembre, +0,6%.  En mai, les quotas de l’OPEP+ limitait sa production à 8,4 millions b/j.  Moscou pense que le marché pétrolier va remonter lentement, mais sûrement. Reste à trouver la date de ce renouveau.

L’OPEP+ va se rencontrer à la fin du mois de novembre pour faire le point. Les marchés croulent à nouveau sous le pétrole alors que la demande continue de diminuer.

Le Danemark a retiré les derniers obstacles à la construction du gazoduc Nord Stream 2, qui relie en gaz la Russie et l’Allemagne. Le pays était sous une pression importante du gouvernement Trump afin de bloquer ce projet. D’ailleurs Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre les entreprises qui participent à sa réalisation.

Le géant pétrolier Rosneft pense que BP et Shell sont en train de se créer une crise existentielle en voulant s’engager dans les énergies renouvelables.

 

France

Sitôt vendu sa participation dans Suez Environnement à Veolia, Engie fait des siennes. Le géant français de gaz négocie depuis plusieurs mois un contrat de 7 milliards $ avec le texan NextDecade pour des livraisons de gaz de schiste américain.

Le gaz de schiste américain est la plus polluante forme de gaz et il est plus nocif pour la planète que le charbon notamment avec ses émanations de méthane. De plus, si Engie se tourne vers les USA, c’est pour bénéficier de tarifs très avantageux.

Cependant, les marges actuelles sur la vente de gaz dépassent les 10 fois. Le client achète à 10€ ce qu’Engie achète à moins d’un euro. Pour tous les gaziers, la vente de gaz génère des bénéfices monstrueux. Acheter du schiste américain à des prix bradés, permet d’augmenter cette montagne de cash. La France n’est pas à une contraction prête sur sa stratégie climatique.

 

La tempête Alex, une énorme bombe climatique, a ravagé le sud de la France.
Les pluies diluviennes ont ravagé les Alpes-Maritimes avec plus de 500 lt d’eau au m2
en quelques heures.

 

Suisse

Philipp Hildebrand, Vice-Président de BlackRock et directeur du directeur de la Banque Nationale Suisse, a été proposé comme directeur de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE).

Il y a quelques années, le brave homme avait démissionné pour une affaire d’escroquerie. Depuis qu’il a rejoint BlackRock, les investissements de la BNS dans le pétrole, le charbon et le gaz américain ont été multipliés par 10. Sa mutation serait un splendide coup pour BlackRock.

Le fabricant de scie à silicium et de panneaux solaires, Meyer Burger, va renoncer au marché chinois accusé de “copier sans vergogne les innovations” selon l’entreprise.

Leclancher Capacitor, qui avait déjà passé en mains françaises, va délocaliser en Allemagne et licencier ses 12 employés helvètes. La Suisse n’est décidément pas un havre de paix pour les entreprises énergétiques innovantes.

Covid, hors sujet mais intéressant: pour connaître le nombre de lits disponibles  en soins intensifs en Suisse.

 

Dessin: Signe Signe Wilkinson

Allemagne

Volkswagen va couper 9’500 emplois et va fermer des usines en Allemagne. Par contre, le constructeur investi 17 milliards $ en Chine afin de construire 15 modèles électriques d’ici à 2025. Pour le plus grand bonheur de Pékin, qui a implémenté une stratégie gagnante, le transfert de main d’œuvre de l’industrie automobile est en train de s’opérer.

L’industrie allemande de l’automobile concerne 2 millions d’emplois et pèse 5% du PIB.

L’aéroport de Berlin Brandenburg a été inauguré avec 9 années de retard et 4 milliards $ de dépassement. Il ouvre alors que l’aviation est clouée au sol. Quand ça veut pas, ça veut pas !

 

Pologne

Le gouvernement polonais pourrait annoncer la construction d’une centrale nucléaire américaine pour un montant de 18 milliards $. La Pologne voudrait réduire sa dépendance au gaz russe et aux mines de charbon qui s’épuisent ainsi qu’à la pression européenne de réduire ses émissions de CO2.

Varsovie a choisi les USA face à la Russie et la Chine. Ca, c’est pour le côté glamour.

Cependant, il y a un minuscule détail. Comme les USA ne fournissent pas d’uranium, il n’est pas impossible que la Pologne doive se tourner vers la Chine, le Kazakhstan ou la Russie pour alimenter en combustible nucléaire sa centrale.

 

Laughed At. Pub de Joe Biden contre Donald Trump

 

Asie

Chine

L’américain General Motors fait un tabac avec sa voiture électrique Hongguang Mini EV à 5’000$. La petite peut parcourir 170 km et 50’000 commandes ont été passées.

De son côté, en Chine Tesla a diminué ses prix de son Model 3 à $36’800, une fois les subsides enlevés, pour faire face à la concurrence.

Pékin est en train de ratisser large afin de capturer un maximum de part de marché et d’emplois dans la construction de voitures électriques. Bloomberg pense que 500 millions de véhicules électriques seront en circulation en 2040, sans expliquer où les matières premières seront trouvées. Au même titre que les industries solaire, nucléaire et éolienne, les constructeurs automobiles européens semblent avoir perdu la partie.

 

Inde

Suite au coronavirus, le PIB du pays a chuté de 24% en juin et la consommation énergétique a suivi la tendance.

L’Inde compte sur le diesel pour alimenter sa croissance économique. D’ailleurs une solide partie des voitures aux moteurs truqués ont été vendues par VW, Audi, etc.  dans le pays. Cependant, depuis le corona, le diesel peine à reprendre du poil de la bête, ce qui pose un problème financier aux raffineries.

 

Australie

La plus grande centrale solaire au monde pourrait voir le jour d’ici à 2026 avec une capacité de 10 gigawatts. Les 2/3 de la production sera exportée et vendue à Singapour.

L’opération coûtera 12 milliards € et un câble sous-marin transportera l’électricité entre les deux pays.

 

Dessin: Malcolm Mayes Edmonton Journal

 

Les Amériques

USA Schiste

Le pétrole de schiste est devenu un enjeu de la présidentielle. Trump pense que Biden va le tuer (le schiste pas Trump) notamment en Pennsylvanie et au Texas, deux Etats important pour le pétrole et le réservoir d’électeurs. De son côté, Biden a rétropédalé sur ses positions tranchées sur le schiste. Aux USA, le 95% des nouveaux forages sont dans le schiste notamment dans le Nouveau-Mexique.

 

 Biden Would Destroy the Oil Industry. Pub Trump contre Biden

 

ConocoPhililips a mis 9,7 milliards $ pour racheter Concho Resources. Un record pour l’année 2020. Conoco entre dans les cours des grands parmi Occidental et Chevron. Le pari est risqué, mais le schiste entre dans une phase de consolidation où les petits producteurs disparaissent.

 

Argentine

Le gouvernement espère attirer pour 5 milliards $ d’investissements dans le but de développer ses gisements de gaz de schiste dans la région de la Vaca Muerta. L’objectif semble éloigné alors que la production a chuté et qu’ExxonMobil est l’un des derniers grands acteurs de la région.

 

Dessin: Graeme MacKay

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le pays a effectué sa première livraison «d’ammoniaque bleue» à Tokyo. Le Japon l’utilise afin de générer de l’électricité. Le royaume converti le pétrole en hydrogène et ensuite en ammoniaque tout en récupérant le CO2 pour ses forages.

Bien que le pays tente de monter un certain aplomb économique, la réalité d’un baril à 40$ pourrait creuser un trou de 490 milliards $ entre 2020 et 2023.

L’Etat Islamique appelle ses membres à cibler l’Arabie Saoudite à cause de son rapprochement avec Israël. Dans les viseurs : les installations pétrolières, raffineries ou pipelines.

Le PIB du pays a chuté de 7%, ce qui est un bon score en comparaison avec certains pays de la région. Cependant, la baisse des cours du baril avec le coronavirus montrent l’urgence de diversifier l’Economie, à moins que le réchauffement climatique le rende invivable.

 

Israël

Après un accord de collaboration et de paix au mois d’août, les Emirats Arabes Unis et Israël ont signé un accord afin de livrer le pétrole Arabe en Europe via un pipeline, qui connecte la Mer Rouge à la Méditerranée. Bon, il va falloir attendre un peu, car le président turc, Erdogan, pourrait s’y opposer.

Sous le sponsoring de l’administration Trump, le Soudan vient également de signer un accord de paix et de reconnaissance d’Israël, après Bahreïn et les Emirats Arabes Unis. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu offre à son ami Trump des succès avant l’élection et profite de l’aubaine.

Comme retour d’ascenseur, Israël pourra acheter des bombardiers F-22 et ses bombes de 14 tonnes, ainsi que des F35 et des hélicoptères V22 aux américains et conserver une longueur d’avance sur les autres pays de la région.

 

Afrique

Libye

Depuis le 18 septembre, le général Haftar a autorisé l’exportation de pétrole. De moins de 100’000 b/j, le pays serait en train d’extraire 500’000 b/j avec la perspective de voir de l’argent revenir dans les caisses d’un pays en grande peine. L’objectif d’extraire 1 million b/j pourrait être atteint.

L’arrivée du brut Libyen sur les marchés et de la nouvelle vague de corona poussent les prix à la baisse.

 

Phrases du mois

A l’Agence Internationale de l’Energie, nous croyons que le temps de l’hydrogène est arrivé.” Fatih Birol, directeur.

L’exploitation de charbon, de l’industrie du gaz naturel et le pétrole ne seront pas fondamentalement modifiés. Ils sont déjà en transition. Ce que je dis, c’est que nous ne continuerons pas de subventionner, d’accorder des allégements fiscaux aux pétrolières qui s’élèvent aujourd’hui à 40 milliards $. Ils n’obtiendront pas cela, et cet argent sera investi dans la recherche et le développement pour comprendre comment capturer le carbone ce qui se dégage du gaz et du pétrole.” Joe Biden

With the tremendous progress we have made over the past three years, America is now energy independent.”  Donald J. Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org