Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Laurent Horvath

Laurent Horvath

Géo-économiste des énergies, Laurent Horvath, propose des analyses et des réflexions qui vont au-delà de la simple information dans le monde passionnant du pétrole, du gaz, du nucléaire, du charbon et des énergies renouvelables. Il est le fondateur du site indépendant 2000Watts.org qui n'accepte ni publicité, ni sponsors ou influence politique.

46 réponses à “Les défis de l’énergie nucléaire

  1. Bonjour,
    article intéressant, mais quelques données m’interpellent un petit peu.
    -50 à 150g de CO2 par kWh nucléaire? C’est la 1ère fois que je lis ça, quelles sont vos sources de référence? Le Haut Conseil pour le Climat en France parle de 10/20g par kWh.
    -L’hydraulique n’est pas classée avec l’éolien et le solaire (nouvelles renouvelables) habituellement; ici vous faites passer les renouvelables “au-dessus” du nucléaire, ce qui pourrait fausser le regard. Le solaire et l’éolien réunis ont une production modeste.
    – Dans vos calculs, vous n’intégrez pas vraiment le fait que les centrales pilotables sont indispensable au système électrique. En Allemagne par exemple, ils ont baissé les GW nucléaire pour les remplacer par une autre énergie pilotable: le gaz.Ils ont conservé leur 100 GW pilotables de 2002 en 2020, tout en ajoutant 100GW d’intermittent, à consommation constante. L’excédent est exporté quand ça les arrange. Quel que soit le nombre d’éoliennes ou de panneaux, ils ne permettront jamais de substituer une centrale pilotable, à cause des besoin de réglage (manque de vent, pointe, période anticyclonique froide l’hiver,etc). Comme, d’après l’Agence européenne de l’énergie, il est impossible de développer le stockage à l’échelle des États d’ici les 30-40 prochaines années, le coût de ce réglage doit figurer quelque part!Non? Avez-vous de nouvelles données scientifiques sur le développement du stockage de masse que vous évoquez?
    Merci de vos réponses et bonne journée, cordialement

    1. La question du stockage des excédents solaires est en passe d’être résolue. Outre le pompage turbinage (qui fait l’objet d’un débat acharné plus bas dans cette page), il y a la filière power-to-gas. Celle-ci permet d’utiliser le CO2 autrement rejeté par les incinérateurs (ou par les cimenteries ou encore lors de la production de biogaz). Ce CO2 est ensuite mélangé à l’hydrogène produite par les surplus estivaux du solaire. Le mélange du CO2 et de l’hydrogène forme un méthane qui peut être facilement stocké et utilisé en hiver. Ce méthane est neutre sur le plan CO2 dans le sens qu’il ‘annule’ le bilan CO2 des incinérateurs (ou des cimenteries). Le rendement énergétique n’est pas très bon, mais comme le surplus solaire est un invendu, ceci compense cela.
      Pour en savoir plus sur le bilan CO2 de la filière power-to-gas, voir l’excellent article de Meylan F.-D., Piguet F.-P. et Erkman S. et al. (2017) (Université de Lausanne): “Power-to-gas through CO2 methanation: Assessment of the carbon balance regarding EU directives”, Journal of Energy Storage.

    2. Moi aussi, je n’ai jamais lu/vu ces chiffres (50g à 150g) et visiblement, on ne saura pas d’où ils viennent. Pourtant ils sont à la base de la réflexion et comparaison avec les autres modes de production d’électricité.

      Mais je dois m’arrêter là car je vais être taxé de irrespectueux, agressifs et impolis…

  2. Tout comme il me paraît absurde de s’imaginer qu’on pourra se passer du pétrole dans les générations à venir, aussi longtemps qu’il y aura du pétrole en suffisance que son prix sera raisonnable, il me paraît absurde de penser qu’on se passera complètement d’énergie nucléaire. C’est irréaliste.

    De fait, le seul problème du nucléaire civil est celui des déchets. C’est vrai que de les enfouir n’est pas satisfaisant. Il faudrait trouver une meilleure solution. Ne pourrait-on pas trouver moyen de laisser la combustion des barres d’uranium se faire jusqu’au dernier atome de chaque barre, sans rien laisser perdre ? Comme si au lieu de jeter un mégot de cigarette à moitié fumé, on laissait la cigarette se consumer entièrement. Ou alors ne pourrait-on pas passer au thorium, comme le préconise Jean-Christophe de Mestral, ou à la fusion nucléaire?

    1. Pour répondre à votre question, non il n’est pas possible de “brûler” un combustible nucléaire “jusqu’au dernier atome” pour des raisons physiques (masse critique nécessaire pour entretenir les réactions en particulier). Mais il existe effectivement une meilleure solution que d’enfouir les déchets; certains types de nouveaux réacteurs dits de “Génération IV” actuellement développés permettraient de “brûler” les déchets de longue durée de vie (“actinides”), c’est-à-dire ceux qui posent véritablement problème, avec le double avantage de les transformer en déchets de courte durée de vie et de produire de l’énergie en même temps. Une solution idéale!

      1. Bonjour
        Merci pour votre article plus sérieux que ce qu’on lit trop souvent.

        Le principal problème du nucléaire est médiatique. Beaucoup de médias se nourrissant de la peur entretiennent une perception déformée dans l’opinion publique, support des politiques électoralistes :
        Santé des populations: Le fossile cause 9 million de morts chaque année; les centrales nucléaires : 0.

        Fukushima, la plus grande catastrophe nucléaire du 21eme siècle fait 0 décès par irradiation jusqu’à ce jour et pas d’augmentation détectable de cancer.

        Déchets : Le nucléaire encaspule et enterre ses déchets. Le fossile empoisonne l’air que je respire, que toute vie respire. Le choix est vite vu.

        Les centrales nucléaires ont une durée de vie de 40-60 ans. Contre 10 – 20 ans pour les panneaux solaires et éoliennes qu’il faut recycler en partie, deviennent des déchets et reconstruire.

        Coût et co2 du kWh comparé entre solaire, éolien et nucléaire : il faut comparer des choses comparables. Je ne trouve pas moins chère une voiture qui coûte 5 mais qui ne roule que si il y a du solaire ou du vent , qu’une qui coûterait 8 mais sur laquelle je peut compter.

    2. En effet on ne “brule” que quelques % de l’uranium. Les déchets tant décriés contiennent “potentiellement” une dizaine de fois l’énergie que l’on a déjà extrait. Ce n’est pas infini, on ne crée pas d’énergie, et c’est “potentiel”, parce qu’il faut mettre les réacteurs qui vont bien en face : la génération 4, dont Super Phenix était la première version industrielle.
      Les Russes l’ont déjà :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/BN-800

      L’intérêt n’est pas dans l’énergie nucléaire en elle même, mais dans le “temps supplémentaire” disponible pour aller vers d’autres technologies (fusion continue ou impulsionnelle), tout en limitant le CO2

      Dans une centrale nucléaire, le bilan carbone correspond à sa construction (béton, acier, etc) qui est fait avec de l’énergie fossile, le minage, extraction, enrichissement de l’uranium.

      Dans les renouvelables “anciens” (hydro) ou “nouveaux” (solaire, éolien), le bilan carbone provient du même poste de construction des systèmes

      La différence entre le nucléaire et les renouvelable réside à ce jour dans l’absence de stockage d’envergure des renouvelables. Celà peut être pallié de différentes façons, allant d’une modification drastique du monde calé sur la disponibilité énergétique, à différentes solutions de stockage ayant elles même des coûts carbone et de rendement en passant par la sobriété (voulue ou subie)

      Concernant Abu Dhabi :
      “La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.”
      Je n’ai pas la confirmation dans l’article, mais le 1GW, il s’agit probablement de la puissance crête. La centrale produira donc 1GW x facteur de charge, je ne trouve pas l’info, on atteint peut être 20 à 25% sous ces latitudes ? 200 à 250MW. Et 0MW la nuit. Ce n’est pas un problème est soi, mais ce n’est pas une solution complète de remplacement.

  3. Bonjour,

    Petite faute de frappe dans le texte : la centrale réalisée par Jinko et EDF bénéficie d’un tarif de 1,25 centimes, et non 1,25 euros.

    Très intéressant, Merci.

  4. Merci, pour cette analyse claire qui résume bien la situation actuelle et les enjeux.
    Comme toute énergie fossile, le nucléaire repose sur des ressources non renouvelables qui sont aussi limitées par le coût d’extraction . La donnée d’espérance de vie du nucléaire dépend donc du nombre de centrales en activité et du prix de l’uranium , soit pas plus qu’une nouvelle génération de réacteurs ou jusqu’à la fin du siècle au maximum .
    Cette source d’approvisionnement ne va pas combler la totalité des besoins et va rester à moins de 10% de la consommation électrique et ne peut en aucun cas remplacer les autres sources fossiles !
    On ne parle plus beaucoup de la filière du thorium qui avait fait les titres pendant quelques mois seulement , mais qui semble être mise de côté , car trop longue à développer pour si peu d’avantages.
    On pourrait espérer compter sur la fusion nucléaire les prochains siècles éventuellement, mais cette option est loin d’avoir fait ses preuves tant technologiques qu’économiques , dont nous n’avons aujourd’hui aucune idée .
    A long terme ou très long terme, il faut bien reconnaitre que nous n’avons que le choix raisonnable des énergies renouvelables puisque par définition, elles sont inépuisables, qui plus est , le solaire représente une source bien supérieure à nos besoins , le Soleil est une centrale thermonucléaire de 10 puissance 26 watts (difficile à imaginer ) qui en envoie 10 puissance 17 watts vers la Terre ( 1360 watts/ m2) , alors qu’on en consomme de 10 puissance 13 au maximum . Les progrès techniques et les économies d’échelle feront descendre son prix avec le temps au contraire des fossiles .

    1. Le potentiel GLOBAL du solaire est indiscutable, mais comme mentionné dans l’article, tant que l’on n’aura pas résolu la question de son stockage saisonnier à grande échelle (et ce n’est demain la veille!), on en manquera toujours en particulier en hiver ou lors de longues périodes sans ensoleillement. Pour illustrer ce problème, j’ai des panneaux solaires sur ma maison qui produisent de l’ordre de 600 kWh/mois dans les mois les plus favorables (juillet en général), mais en décembre 2017 pour prendre cet exemple ils n’ont produit que 25 kWh; heureusement qu’il y avait le réseau, alimenté en bonne partie par des centrales nucléaires (suisses et françaises) en cette période, pour “combler le trou”!

      1. Bonjour,
        La fiabilité garantie des renouvelable intermittentes en hiver, en particulier pendant les périodes de froid anticyclonique (éolien et solaire) est de 1 %. Ce n’est pas pour autant qu’il faut sous-estimer le solaire. Le stockage saisonnier (été pour l’hiver) du solaire en Suisse pourra se faire par pompage turbinage à moyen terme, car le prix du solaire baisse vite et sera probablement concurrentiel sur les bourses européennes qui pilotent les tarifs du marché, pour autant que le prix du CO2 augmente suffisamment. Ce n’est par contre pas du tout le cas de l’éolien prévu en Suisse, qui à cause du vent faible et irrégulier, restera toujours “physiquement” très cher, autour de 17-20 ct et donc instockable. Le pompage/turbinage est le seul moyen de stockage massif d’électricité, mais comme la perte de rendement est de 30% en comptant les allers et retour sur le réseau, pour que la station de pompage s’en sorte, il nous faut investir dans ce qui est efficace et utile dans notre pays montagneux à la topographie irrégulière: hydraulique (disponible à la demande!) et solaire. Et surtout investir pour éviter le gaspillage dans le chauffage et les transports .

        1. Le pompage-turbinage est certes une bonne solution de stockage indirect de l’électricité (même si on perd de l’énergie de cette manière), mais il n’y a tout simplement pas assez de capacité potentielle (et de loin) derrière nos barrages pour permettre réellement de mettre suffisamment d’électricité “en réserve” en été pour combler la demande d’hiver.

          1. Certes, mais comme les scénarios prévoient une baisse d’apport de 10% à partir d’une date entre 2040 et 2060 selon les scénarios, les retenues dont l’apport aura baissé pourront être utilisées, sans parler des nouvelles retenues qu’on pourra construire dans les verrous devenus disponibles suite à la fonte des glaciers, comme à Aletsch, ce qui permettra en même temps de gérer les problèmes de sédiments. Référence scientifique:
            *Impacts du changement climatique sur la production hydroélectrique alpine : comment une nouvelle retenue à Oberaletsch pourrait garantir la gestion durable des installations existantes*
            Emeline CALIXTE , Fränz ZEIMETZ , Pedro MANSO
            Jonathan FAURIEL ,2017

          2. @O.Bays: Pour avoir participé à plusieurs études de l’EPFL sur l’approvisionnement énergétique de notre pays, dont le projet “Swiss-Energyscope”, je peux vous assurer que, malheureusement, quel que soit le cas de figure considéré, le potentiel de stockage derrière nos barrages ne permettra jamais de mettre suffisamment d’électricité en réserve en été pour couvrir la demande d’hiver (qui a toutes les chances d’augmenter encore d’ailleurs, de plus en plus de services, y compris mobilité individuelle, fonctionnant à l’électricité).

          3. @Pierre -André Haldi: Sans revenir sur l’article universitaire de 2017 (mentionné ci-dessus, avec aussi une personne de l’EPFL), c’est pourtant vos collègues de l’EPFL Vuille et Favrat et ses co-auteurs qui affirmaient l’intérêt du stockage saisonnier issu du solaire dans l’ouvrage d’Energyscope “100 questions brûlantes et 100 réponses la tête froide” en 2015, pp.161, ouvrage préfacé par Doris Leuthard pour faire passer la SE 2050…
            Si il y a eu changement de position de l’EPFL par rapport à l’intermittence et au stockage des énergies intermittentes, je serai tout à fait ravi de connaître leur nouvelle position, et le public aussi je pense.

          4. @Pierre-André Haldi C’est justement Energyscope et vos collègues Favrat et Vuille de l’EPFL qui montraient l’importance du futur stockage solaire saisonnier en Suisse dans leur ouvrage “100 questions brulantes, 100 réponses la tête froide” de 2015. Mais peut -être la position de l’EPFL sur l’énergie renouvelable intermittente indigène a-t-elle changé? Si oui n’hésitez pas à en informer le public. L’article de 2017 cité plus haut comprend aussi un chercheur de l’EPFL, soit dit en passant.

          5. Je n’ai jamais nié l’intérêt du, ni écrit qu’il n’y avait pas de possibilité de, stockage saisonnier, mais seulement que le potentiel de stockage derrière nos barrages n’est pas suffisant pour couvrir la demande hivernale en toutes circonstances (en tout cas dans l’immédiat, mais même à plus long terme). Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit!

    2. Vous avez sans doute remarqué que c’est le nucléaire Français qui dans ses périodes de pandémie à faible consommation électrique européenne sert de moyen d’ajustement à l’intermittence (10 centrales/j) vent et soleil Europe, et contrainte de la faire en étant payé moitié prix (Loi du marché de l’électricité votée par les verts Allemands et Français en particulier), on verra combien il faudra payer l’importation outre Rhin cet hiver.
      Donc ce qui est dit ici estompe beaucoup d’aspects scélérats.
      Tout dépend ou on met la bare temps pour être considéré comme énergie renouvelable, dont l’hydraulique d’ailleurs qu’on nous promet rare avec le réchauffement.
      Il convient de signaler que la mise en service de la génération IV des réacteurs rapides serait une solution qui permettrait de multiplier par 1000 le stockage de combustible nucléaire, et réutiliser les stocks d’U appauvri…des siècles d’autonomie…..c’est d’ailleurs fallacieusement la raison pour laquelle le gouvernement à fermé cette porte en plein débat sur la PPE, on nous avez déjà joué le coup des masques et cela continu. ASTRID reviendra sur le tapis dans 20 ans quand il y aura tension sur le combustible? et que les autres auront fait le travail.
      La rentabilité financière ici est faussée pour deux raisons, le cout du nucléaire Français ancien nécessite 75 Md€ pour 20 ans à minima de plus de fonctionnement ( certaines centrales Américaines sont en route pour les 80 ans) , 25Md€ sont les dépenses courantes de maintenance de l’ensemble du parc,
      La deuxième est la pollution engendrée par l’intermittence sur l’aspect financier, car subventionnée ( en 2028 il est prévu un total des engagement de 180Md€ de subventions seulement ,elles bénéficient en plus de l’obligation d’achat et de services annexes énormes ( raccordement au réseau THT mer des éoliennes offshore payé par RTE par ex…)
      Enfin la pollution tout court, n’ayant plus aucune confiance dans les analyses de l’ADEME et de RTE (pas les données qui sont fiables) je peux vous assurer que les simulations effectuées sur la ppe pour 2023 et 2028 à partir des données 2018 accessibles, sont d’un gâchis épouvantable de notre mix électrique qui n’aura aucune influence sur les GES émis, mais des perturbations énormes que seul la capacité du nucléaire Français pourrait absorber mais à quel prix….sur l’usure et sollicitation permanente… des instabilités de réseau énormes ou les effacements de production comme de consommation seront de mise… avec l’appoint à minima du secours gaz.
      les quantités d’énergie a lisser et stocker dépassent de loin tout l’hydraulique Européen, toute technologie sous 10 ans. la solution est claire, pour réussir à temps contre le réchauffement climatique c’est pas le moment de fermer nos centrales nucléaires bien au contraire. Non seulement elle montrent leur résilience en court de pandémie mais en plus nous font gagner des milliers/an de vies sur notre territoire…par ailleurs la gestion des déchets tellement médiatisée est claire et complétement documentée et n’a rien de comparable avec les 45000 morts/an de la pollution de combustion en France par ex.
      Si vent et soleil sont des énergies apparemment renouvelables et gratuite pour les transformer c’est une autre histoire, comme le pétrole il est gratuit mais il faut aller le chercher…il faut 400 fois plus de surface consommée en éolien qu’en centrale nucléaire par ex.
      Dans la difficulté majeure économique ou va se trouver notre pays il serait plus judicieux de dépenser ces impôts ailleurs, et laisser notre mix électrique des moins carbonnés d’Europe et pilotable tranquille D’arrêter le gâchis de fermeture de centrale rentables qui nous prive de moyens pilotables dont on va avoir grand besoin pour tenter de réindustrialiser le pays.

      1. Désolé, les chiffres en montrent pas que le nucléaire est un moyen d’ajustement dans le réseau. Aucun ajustement, juste une production rigide en bande sans aucune élasticité.

        Le nucléaire de 4 génération: vous pourrez en reparler le jour ou cela existera.

        Que le nucléaire sauve des milliers de vie causé par le corona! Drôle de mettre le corona à toutes les sauces pour supporter sa cause.

        Va falloir revenir sur terre mon brave Monsieur.

  5. Si le potentiel global de l’énergie solaire est indiscutable, pourquoi ne pas chercher à l’exploiter avec des solutions globales ? Le combustible nucléaire des centrales suisses et françaises ne provient pas des Alpes, à ma connaissance. C’est dingue de voir les moyens dépensés pour sauver un statuquo destiné à disparaître à plus ou moins long terme, au lieu de s’atteler à construire une solution que nous n’aurons pas honte à laisser à nos descendants.

  6. Apparemment, votre calcul sur le coût du nucléaire ne tient pas compte du coût des accidents liés à ces mêmes centrales, pour autant qu’un chiffre fasse véritablement du sens. Mais selon des chiffres, les coûts directs des accidents de Tchernobyl et Fukushima sont supérieurs au coût de construction de toutes les centrales réunies. Voilà qui renchérit considérablement le prix de l’électricité nucléaire. Il reste cette question fondamentale: les accidents nucléaires majeurs existent, pouvons-nous nous le permettre en Suisse?
    Autre sujet polémique à propos du coût des centrales, il semble que les coût de déconstruction ont été largement sous-estimés.

    1. Bonsoir,
      je vous conseille de lire les rapports de l’agence sur la sécurité nucléaire de l’ONU (UNSCEAR). Les coûts tiennent compte des démantèlements déjà effectués dans plusieurs pays dont les USA. À Fukushima, il n’y a eu aucun mort *à cause des radiations*, toujours selon l’ONU. De toute façon, la page nucléaire est tournée pour longtemps en Suisse en ce qui concerne les nouvelles centrales, concentrons-nous plutôt sur ce qu’il faut faire pour le climat, et pas sur ce qu’il faut faire pour protéger les investissements des groupes électriques. Bonne lecture!

      1. @Olivier Bays: merci de ne pas disséminer le slogan du nucléaire qui ne tue pas. Fukushima n’a pas eu de mort dû au radiations, mais il n’y aura personne pour évaluer la hausse du nombre de cancer dans les trente ans qui vont suivre. Les millions de litres contaminés au tritium qui vont être relargués dans le Pacifiques n’auront pas un impact nul, juste non significatif si personne le prend le soin de suivre le problème dans les années qui vont suivre.

  7. Le blog de Romande Energie sur ce même site vient de parler des divers coûts de production du kWh, en prenant des chiffres de l’OFEN de 2017, et donc sans encore retenir ceux de l’étude publiée tous les 5 ans conjointement par l’AIE et l’AEN (l’édition 2020 est en préparation). Mais, bien évidemment, et il faut toujours le rappeler aux oublieux de la chose, à ces coûts pour la seule production du photovoltaïque ou de l’éolien, il faut ajouter ceux, incontournables, de l’inévitable stockage, ou de la redondance (backup) par d’autres systèmes (probablement à gaz), pour assurer la consommation de nuit et en hiver lorsque ces sources d’énergie aléatoires et intermittentes ne donnent rien.
    Comme il a été dit ci-dessus, le stockage hydraulique par pompage-turbinage serait le meilleur, mais on peut vite calculer qu’il faudrait disposer de 5 à 6 Grandes-Dixence supplémentaires (N.B. : une Grande-Dixence = 2 GW de puissance et 2 TWh d’énergie turbinés en 40 jours !), où les trouver ?
    Pour un stockage en batteries, envisageons les futures batteries du type lithium-air qui seront les plus efficaces par la quantité d’énergie stockable par kg de métal actif, ici le lithium. On calcule que ce stockage saisonnier demanderait de consommer pour la seule Suisse plusieurs fois la totalité du marché annuel mondial du lithium pour les batteries nécessaires en Suisse. En effet, stocker un seul TWh (= 1 milliard de kWh) demanderait, à raison d’un maximum possible théorique de 4 kWh/kg de lithium (mais on est encore très loin de cette performance), environ 250’000 tonnes de lithium. Le marché mondial annuel actuel est tout juste de 100’000 tonnes… Il y a donc loin de la coupe aux lèvres, ou du rêve à la réalité.

    1. L’idée est là… il y aura tellement de KWh, GWh, TWh, PWh, EWh, ZWh ou même de YWh produits jour et nuit qu’il n’y aura pas besoin de stocker le moindre électron. Le soleil et le vent nous apporteront l’opulence énergétique. Yaka fokon.

      1. Donc le GIEC se trompe en donnant 12g de co2/kwh???

        Est ce que les autres calculs du GIEC sont aussi erronés à ce point? Parce que entre vos chiffres et ceux du GIEC, c’est 4x à 12x plus… donc les températures à l’horizon de 2100 devraient être de +12 à +48 degrés?

        C’est intéressant.

        Je suis quand même abasourdi qu’après pratiquement 70 ans de nucléaire, on nous sort une fourchette entre 50gr à 150gr (1 à 3x!) parce que c’est la plus citée… sic!

        AdS

        1. Alors Antonio, au lieu de vous foutre de la gueule de l’auteur et de faire le malin, c’est quoi le bon chiffre?

          Je suis également abasourdie qu’en 70 ans l’industrie du nucléaire est incapable de fournir un autre chiffre que zéro… sic!

  8. La 4e génération de réacteurs nucléaires est en préparation pour demain. Il s’agira alors de ne pas seulement utiliser les 0,7% de l’uranium (l’isotope U235), comme on le fait dans les réacteurs actuels, mais aussi les 99,3% (l’isotope U238) et après-demain le thorium (l’isotope Th232) qui est encore bien plus abondant dans la croûte terrestre. Avec cette technique de surgénération à neutrons rapides, il y a assez de combustibles pour des centaines d’années.

    Voici, en complément, quelques dernières nouvelles fort intéressantes sur le développement actuel et futur de l’énergie nucléaire en Chine :
    https://metainfos.fr/2020/05/10/le-dragon-nucleaire-chinois-pret-pour-le-grand-bond-en-avant/

    Encore un point concernant les résidus nucléaires issus des réacteurs. Pour ce qui est de la Suisse, après 50 ans de production, soit 1200 TWh produits ( 1 TWh = un milliard de kWh), ce seront 3’600 tonnes de combustible qui auront été utilisés, donnant autant de tonnes de résidus si on ne fait aucun retraitement (ce qui est en fait un gaspillage, car 95% sont recyclables…). En conditionnant tout cela dans une matrice de verre, le volume total sera de 8’000 m3, soit un cube de 20 m de côté, soit aussi un volume de 1 L par habitant, cela après 50 ans de production nucléaire ! Un stockage souterrain en profondeur dans des couches d’argile étanches, présentes là depuis des millions d’années et encore pour autant, sera la solution. Après quelques années d’observation, la surveillance sera passive, assurée par la seule géologie.

    1. La 4ème génération de centrale nucléaire est toujours à l’état de la science fiction!

      On ne connait pas les coûts et si c’est faisable et quand. Alors arrêter de vous accrocher à un dogme de la fée clochette.

      Le 95% de déchets recyclable est une grosse blague de l’ancienne PDG d’Areva. En réalité, on arrive à recycler 4%.

      1. Dans les faits, la 4ème génération existe déjà, et est en production … ailleurs
        https://www.sfen.org/rgn/russie-bn-800-reacteur-neutrons-rapides-refroidi-sodium-puissant-monde
        https://www.sortirdunucleaire.org/Le-reacteur-nucleaire-russe-BN-800-est-le
        https://www.contrepoints.org/2019/08/13/351168-reacteurs-de-4e-generation-le-nucleaire-de-demain

        Est-elle bien, mieux, sûre, souhaitable, sexy ? C’est une toute autre question.
        La fusion elle n’a pas d’exemples commercialisés.
        La route des tokamak (ITER) est fatalement très longue (au moins 50 ans)
        Les autres solutions de fusions restent relativement spéculatives

      2. 4% ?
        Bilan d’un combustible usé : 1% U-235, 1% Pu-239, 94% U-238 et 4% de PF (produits de fission). Seuls ces derniers 4% NE sont PAS recyclables et doivent être gérés et isolés de l’environnement, et donc 96% sont recyclables ; ce ne sont pas des « déchets » nucléaires, mais des résidus valorisables, car contenant encore 20 fois plus d‘énergie que ce qui a été produit par ce premier passage du combustible dans une centrale.

  9. L’exemple allemagne confirme que les énergies renouvelables ne servent pas à grand chose.

    Après avoir dépensé des centaines de milliards d’euros dans le solaire et l’éolien, non seulement l’Allemagne n’est pas sortie du nucléaire mais a toujours autant de centrales thermiques soit une puissance de 74 GW.

    La seule chose qui a changé, c’est que l’Allemagne a modernisé son parc de centrales thermiques afin de réduire leurs émissions de CO2.

    Elle a remplacé certains anciennes centrales au charbon par des centrales ultra supercritiques à haut rendement comme la centrale au charbon RDK 8, avec son rendement record de 47,5% et celle de Lünen avec son rendement de 46%.

    Et a aussi remplacer 6 GW de centrales au charbon par 6 GW de centrales au gaz. Avec pour conséquence une hausse des importations de gaz.

    Sauf que, comme ces centrales sont utilisées de façon intermittente, leurs rendements sont moins élevés que si elles étaient utilisées à pleine puissance et à puissance constante.

    Ainsi, démarrer une centrale, modifier sa puissance augmentent les émissions de CO2 par kwh.

    Donc même si elles produisent moins de kWh, elles émettent plus de CO2 par kWh que si elles étaient utilisées à pleine puissance et à puissance constante.

    Au final, c’est qui gagné d’un coté est perdu de l’autre.

    Et, évidemment, importer du gaz naturel, non seulement cela coûte cher mais en plus, en amont, cela émet beaucoup de gaz à effet de serre, à cause des fuites de méthane. Surtout quand le gaz vient de Russie.

    1. L’exemple de la France montre que le nucléaire ne sert pas à grand chose à part creuser des dettes et sucer les subventions dans un parc qui devient tellement vieux que plus personne ne sait comment il va fonctionner.

      Pendant ce temps, d’ici à 2038, l’Allemagne n’aura ni nucléaire, ni charbon et regardera dans le rétroviseur la France qui rame!

      1. “Pendant ce temps, d’ici à 2038, l’Allemagne” souhaite ne plus avoir de ” nucléaire, ni charbon et regardera dans le rétroviseur la France qui rame!”.
        Elle fera du stockage ? Ou bien elle “cale en grande partie” la vie du pays sur la disponibilité énergétique ?
        Ou bien le souhait ne se réalisera pas et il restera une certaine quantité de lignite ?

        1. Le nucléaire ne produit que 9% des besoins en énergie mais comme votre religion c’est le nucléaire, donc tout ce qui n’est pas nucléaire est de la m.

          Pas beaucoup entendu sur les perspectives du nucléaire durant les derniers mois. Est-ce que cette énergie est en train de mourir. Aie! comment allez-vous vivre sans elle?

          1. Malheureusement, il ne s’agit pas de religion (qui dépend du bon vouloir des humains), mais de physique (qui s’impose aux humains).

            Pour aller plus loin le nucléaire produit environ 10% de l’électricité mondiale et donc “uniquement” 4% de l’énergie totale (les 3 premières énergies étant le pétrole, charbon, gaz).

            Le “remplacement” de l’électricité nucléaire peut se faire de plusieurs façons :

            -par une diminution équivalente de la consommation. Il y a en plus un petit gain direct en CO² – et probablement un indirect.

            -par une substitution vers d’autres énergies ayant les mêmes caractéristiques (pétrole, charbon, gaz). Mais avec une contribution CO² significativement plus importante.

            -par une substitution vers des énergies renouvelables “nouvelles” (solaire, éolien), sans stockage massif. Le contenu CO² est un peu plus important mais l’on a plus de l’électricité “à la demande” mais en fonction de la disponibilité, vent, soleil. L’organisation de la société est à revoir. Ce n’est pas infaisable, mais un choix politique fort.

            -par les mêmes renouvelables associés à du stockage. Le contenu CO² s’envole (pour la fabrication), les matériaux aussi, et donc cette solution reste partielle uniquement.

            -par une substitution vers des énergies renouvelables “anciennes” (hydraulique). Le seul problème étant le manque de sites disponibles.

            -par une substitution partielle en biomasse (problématique de surface), avec une contribution CO² un peu plus importante – le pétrole pour les tracteurs et les engrais

            Comme ça été débattu, le nucléaire est une source d’énergie très concentrée.
            Ce qui implique des déchets concentrés – de haute toxicité en volume restraint, des risques concentrés vs des risques diffus pour la majorité des autres énergies, etc.

    2. @Emmnuel Ravon
      Vous dîtes que la quantité de déchets du nucléaire est minime et concentrée. Mettons des chiffres.

      Il y a 449 réacteurs dans le monde. Selon http://www.world-nuclear.org un réacteur crée en moyenne 25’000 kg de déchets par année. Sur 40 ans, cela fait 450 millions de kg de déchets nucléaires dont on ne sait pas quoi en faire et qui polluent et vont polluer notre planète pour des siècles!

      Cela équivaut au poids de 45 Tour Effeil de déchets soit le poids d’une Tour Effeil par année.
      Et vous appelez cela minime et concentré! Tout est une question de point de vue.

      1. Peut-être faudrait-il considérer plutôt le volume que la masse de ces déchets nucléaires pour s’en faire une bonne représentation. La masse volumique (densité) de l’oxyde d’uranium est de 11 t/m^3 (tonnes par mètre cube). Ces 450’000 tonnes représentent donc un volume de 41’000 m^3, soit un cube de 34,5 m de côté. En règle de trois, pour la Suisse et ses 5 réacteurs, cela ferait un volume de 456,5 m^3, soit un cube de 7,7 m de côté. Comme je l’ai écrit dans un commentaire ci-dessus en date du 10 mai, en vitrifiant ces déchets dans une matrice de verre à environ 5 à 6% de dilution, on obtiendrait un volume de 8’000 m^3, soit un cube de 20 m de côté, soit aussi l’équivalent d’une bouteille de 1 L par habitant. Est-ce vraiment ingérable ?

        1. En fait, le demi-milliard de kg de déchets nucléaire est une bénédiction pour la planète et pour les générations à venir. On peut même en utliser pour faire pousser les haricots!

          Vivement que l’on ouvre de nouvelles centrales nucléaires, j’adore les haricots!

      2. Il n’y a pas de solution parfaite. Tout est question de priorité.
        Le nucléaire (5% du mix énergétique) conduit à enfouir des déchets et émet le moins de CO2/KWh.
        Le fossile (80% de mix) empoisonne l’air, contribue fortement au réchauffement climatique pendant des millénaires et cause 9 millions de décès prématurés par an (soit 81 millions de morts depuis Fukushima dont le nombre de décès par irradiation est plus proche de 0 que de 9 millions par an).
        Le solaire et l’éolien nécessitent l’extraction de 100 fois plus d’acier (ce qui est un peu polluant), mille fois plus de place, et du fossile pour la fabrication et leur remplacement au bout de 20 à 30 ans (soit 2 à 3 pendant la durée de vie d’une centrale nucléaire).
        Faire tourner à fond un mix à 80% fossile, pour produire des panneaux solaires et des éoliennes, est suicidaire. Quand l’urgence est climatique, se polariser sur les inconvénients du nucléaire, c’est prendre le risque de se tromper de combat.
        PS: Avez-vous visionné le documentaire de Michael Moore; Planet of the humans ?

        1. @JM
          Je ne peux pas vous laisser dire qu’il y a zéro morts à Fukushima!!!! C’est de la désinformation!
          Le gouvernement japonnais conduit une recherche en grandeur nature sur les effets de Fukushima. Au 20 mai 2020, il y a un total, 2’304 personnes qui sont mortes des radiations dont 32 ex-employés. Renseignez-vous un peu au lieu de balancer des inepties.

          Pour extraire 1 kg d’uranium, savez-vous combien de tonnes de terres et roches il faut extraire? Votre comparaison avec le solaire est d’un ridicule!

          Avec un demi-milliards de kg de déchets mortels des centrales nucléaires, vous prétendez que le nucléaire est propre! Vous faîtes certainement partie de l’agence de com du nucléaire!

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