Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Un baril à -37$, ça vous dit?
– USA: Le pétrole de schiste est en train de s’écrouler
– Russie: Le coronavirus s’attaque aux installations nucléaires
– Chine: Pékin en profite pour remplir ses réserves stratégiques
– USA: Elon Musk pollue le ciel avec ses satellites Wifi
– Suisse: L’essence est trop chère de plus de 10 centimes
– Venezuela: Premier pays producteur de pétrole à s’effondrer?
– Gaz Naturel: Encore une étude sur les fuites de méthane.


 

Nous venons de vivre un mois historique avec des records… historiques. Le pétrole est passé dans une machine à laver avec un programme qui oscillait entre -37,63$ à New York et 10,07$ à Londres. Pas étonnant qu’il en ressort lessivé. Une telle volatilité est effrayante.

Ainsi, pour ne pas finir comme un cancre au fonds de la classe, le baril s’est repris le dernier jour du mois. A Londres, le Brent s’affiche à 25,27$ (26,20 fin mars) et à New York, le WTI s’affiche à 18,60$  (20,20$ fin mars).

 

 Graphique du mois
Le baril termine à -37$ le baril à New York

Source: Bloomberg, graphique BBC

 

Energies

Au niveau mondial, la pandémie a diminué la demande d’énergie de 6% selon l’Agence Internationale de l’Energie, soit l’équivalent de la consommation de l’Inde!

La baisse touche le pétrole, le gaz et le charbon mais, de manière très intéressante, pas les énergies renouvelables. En effet, les coûts de production d’électricité à base d’énergies renouvelables (opex) sont proche de zéro. Cette distorsion de comportement est regardée avec intérêt par les investisseurs dans une perspective d’une sortie de crise et pour des opportunités d’investissements futures.

Selon Fatih Birol, directeur de l’AIE, les émissions d’équivalent CO2 ont diminué de 8% soit au niveau de 2010.

 

Pétrole

Il était attendu. Comme le Beaujolais, le krach pétrolier nouveau est arrivé. Le millésime 2020 s’appelle “Black Monday” Ainsi, durant le joli mois d’avril, le baril de Brent est descendu à 10.07$ à Londres, au plus bas depuis 1999. A New York, c’est la gabegie dans une industrie qui est en train de structurellement s’écrouler.

Les producteurs notamment aux USA, en Afrique et au Moyen-Orient vendent leurs barils avec des rabais entre 5 et 10$ par rapport aux cours. Le Canada commercialise son baril en-dessous de 1$.

Si vous désirez investir dans le pétrole: “Acheter du pétrole est une affaire de pros” comme le souligne Thomas Veillet dans son sympathique article. Dans les grandes lignes, des financiers requins ont créé des ETF à l’attention des marionnettes. Si votre financier vous propose d’acheter du pétrole, vous savez qui est la marionnette.

 

Stockage du pétrole

Suite la baisse de la demande estimée à 25 millions de barils par jour (b/j), les pétroliers cherchent des places de stockage. A part le schiste, les forages n’ont pas l’option “on/off”. En cas d’arrêt, ils ne peuvent pas repartir ou pourraient endommager le gisement. Dans certains cas, il sera préférable de le brûler sur place, comme on le fait depuis des années avec le gaz.

Selon Vortexa depuis la fin mars, la quantité de pétrole stockée dans les tankers est passée de 33,7 à 72 millions de barils  Il n’en fallait pas plus pour que la main invisible du business s’en mêle. Les prix de location des tankers a doublé selon le concept de l’offre et de la demande.

Selon Vortexa depuis la fin mars, la quantité de pétrole stockée dans les tankers est passée de 33,7 à 72 millions de barils Il n’en fallait pas plus pour que la main invisible du business s’en mêle. Les prix de location des tankers a doublé selon le concept de l’offre et de la demande.

Pour un tanker de 800’000 barils, vous allez devoir signer un chèque de 173’000 $ par jour. Pour la version plus petite de 500’000 barils, 112’000$ devraient suffire. Il n’y a pas encore une offre spéciale sur Qoqa.ch, mais ça devrait venir.

 

 

Economie

Il est trop tôt pour savoir si les pays européens se lancent dans l’ouverture de leur Economie ou dans une deuxième vague de pandémie. La réponse devrait émerger dans quelques semaines.

Les Banques Centrales ont ouvert les vannes de liquidités à hauteur de 15’000 milliards $. Comme en temps de guerre, la victoire n’a pas de prix. Avec cette inondation de liquidité, les bourses devraient retourner vers des niveaux records alors que dans la vraie vie, les pagaies seront de rigueur.

Sommes-nous en récession (qui est un cycle normal dans l’économie) ou une dépression (causé par une guerre ou une pandémie). L’histoire montre que les dépressions sont plus longues mais apportent les plus grands changements. Dans ce deuxième cas, quels seront les changements qui émergeront?

Dans une dépression, l’injonction d’argent par les Banques Centrales est aussi efficace que Don Quichotte avec ses moulins à vent mais cela a le mérite d’apporter du cash à Bill Gates, Elon Musk, ou Jeff Bezos.

 

Uranium

A l’opposé du pétrole, le corona limite l’extraction d’uranium notamment dans les mines de Cameco au Canada et  de Kazatomprom au Kazakhstan. La réduction a réduit les extractions de 23 millions de tonnes. Le minerai grimpe +33% à 33.3$ l’unité. Ca fait beaucoup de trois!

Aux USA, l’extraction d’uranium représente 1.2 million de tonnes soit 7% des besoins de ses 98 centrales. Le reste est importé notamment de Russie.  Chut! Il ne faut pas le dire trop fort car si Donald met la main sur ce dossier.

 

Climat

Des records de températures laissent présager un été mouvementé notamment dans l’Atlantique, le Golfe du Mexique, le Pacifique et l’Océan Indien selon l’US National Centers for Environmental Information.

Les eaux du Golfe du Mexique atteignent 24,6 degrés alors qu’il fait plus de 34 en Floride, soit 6 degrés de plus que la moyenne pour un mois d’avril. La température devrait encore monter, car le Sénateur de l’Etat a levé le confinement et pense que tout est réglé.

La hausse des émissions de méthane inquiète. Mauvaise nouvelle pour les végans, car elle n’est pas due aux bovins, mais principalement à l’extraction et le transport de gaz naturel.

Grâce aux observations satellites, il est possible de mesurer les émanations de méthane de l’industrie gazière et pétrolière de schiste dans le Bassin Permien, Texas, USA. Des résultats spectaculaires ont été publiés dans le journal Science Advances. Les émanations de méthane du gaz naturel et pétrole de schiste sont deux fois plus élevés que dans les relevés officiels des exploitants. Le gaz naturel présenté comme solution transitoire avec les énergies renouvelables n’est qu’une bombe à retardement. De plus en plus de villes aux USA interdisent son utilisation pour le chauffage, la mobilité et la cuisine.

 


Dessin: Chappatte

 

Aviation

L’aviation est le seul moyen de transport qui ne paie pas de TVA sur les carburants et les compagnies sont devenues expertes dans l’art de l’optimalisation fiscale. C’est avec un certain amusement que l’on observe cette industrie venir demander de puiser dans les impôts des citoyens pour les sauver. Motif: “too big to fail”. Cet argument avait fonctionné à merveille en 2008 avec les banques.

En avril, le transport aérien a connu une chute de 53% à travers le monde et de 90% en Europe et aux USA.

Selon le Washington Post, de 2014 à 2019, les compagnies aériennes américaines: American, Delta, Southwest et United ont dépensé pour 44,7 milliards $ pour payer des dividendes et racheter leurs actions. Ces mêmes compagnies demandent maintenant une aide de 50 milliards $ aux contribuables américains!

British Airways a licencié 12’000 employés sur 42’000. Virgin Australia s’est mis en faillite tout comme Norwegian Air Shuttle. Scandinave SAS se sépare de 5’000 employés. L’Airbus A380 ne sera plus fabriqué. Lancé en 2005, le super avion est trop gourmand et entasser 500 personnes dans un avion n’est plus un concept à la mode. Airbus travaille avec le gouvernement Macron afin de préparer un chèque en blanc ou une deuxième version avec un chiffre dessus mais avec beaucoup de zéros.

De la part de Berlin, Lufthansa va recevoir une aide de 66’000€ par employé. La compagnie allemande négocie également avec l’Autriche, la Suisse et la Belgique pour ses sociétés filles Edelweiss, Swiss et Brussels Airlines. La Suisse doit encore valider un prêt de Frs 190’500 par employé. KLM & Air France vont recevoir une aide publique de 245’000 € par employé. La palme du plus grand jackpot revient à Boeing. L’administration Trump va verser une subvention de 392’000 $ par employé.

 

 

Les pays du Hit-Parade du mois

USA Schiste

Sans hésitation, le pays No 1 du mois: les Etats-Unis et particulièrement le pétrole et gaz de schiste.

Depuis le début de l’année, 7 compagnies pétrolières de schiste ont fait faillites alors que 42 entreprises avaient mis la clé sous le paillasson en 2019. La crise couvait depuis plus de 9 mois. Le schiste était souffrant. Avec le coronavirus, il est aux urgences.

Le Texas implore le gouvernement pour des subsides afin d’effacer les dettes des producteurs. Le sénateur Ted Cruz ose: “Maintenir notre production pétrolière d’énergie locale et protéger plus d’emplois aux USA, ou retourner à la dépendance avec les sources étrangères.” Présenté sous cette forme, les cordes sensibles de Trump devraient être touchées d’autant que la dominance énergétique des USA est en jeu.

Whiting Petroleum a annoncé sa faillite et n’a pas payé 25 de ses sous-traitants.
Après avoir manqué un remboursement de 500 millions $, Diamond Offshore Drilling a également annoncé sa faillite. Son actionnaire principal Loews va perdre 2 milliards $.

La quasi-totalité des entreprises de schiste ont vu les notations de leurs actions passer au niveau de “junk – pourrie” soit à un niveau dangereux et avec des taux d’emprunts qui grimpent à plus de 6%. C’est le double effet kiss kool.

En moins d’un mois, 27 milliards $ d’investissements ont été suspendus dans le schiste aux USA. La coupe d’ExxonMobil représente 10 milliards $. Dans la foulée, Moody a dégradé le rating d’Exxon de Aaa à Aa1 avec une prévision négative.

Warren Buffet avait chaudement supporté le rachat du pétrolier Anadarko par Occidental Petroleum. Coûts de l’opération : 55 milliards $. Depuis, l’opération est nominée dans la catégorie du pire achat dans l’histoire du pétrole. La valorisation d’Occidental est passée de 42 à 12 milliards $ en 12 mois. Sa dette de 37 milliards $ est passée au niveau de pourrie.

Au total, l’industrie du schiste américain compte 2,1 million d’emplois. Pour atteindre le seuil de rentabilité, les producteurs ont besoin d’un baril à plus de 40$.

 

Prix pour atteindre l’équilibre financier dans
les différents gisements de schiste aux USA

Prix en dollars US
Source: Federal Reserve Bank de Dallas, Texas

 

USA

En mars, le secteur pétrolier américain a perdu 51’00 emplois. Avril devrait dévoiler l’ampleur du désastre. Ce crash pétrolier est en train de menacer de manière structurelle, géologique et financière l’industrie pétrolière américaine.

Le nombre d’installations pétrolières a chuté à 378 contre 650 avant le krach. Avec une production maximale de 12,2 millions de b/j, est-ce que les USA auraient atteint leur peak oil ou n’est ce que partie remise ?

A Washington, l’administration Trump penche sur le sauvetage de l’industrie pétrolière et gazière. Pour l’instant, la décision est bloquée par les démocrates qui réfutent un sauvetage à plusieurs centaines de milliards. Dans le futur immédiat, les faillites devraient secouer le schiste pour arriver sur une consolidation du secteur autours des grandes majors comme ExxonMobil ou Chevron.

Les milliardaires Elon Musk et Bill Gates évoluent sur la planète comme en pays conquis. Sans autre bénédiction que la leur, Bill veut pucer toute la population avec ces vaccins à nanoparticules injectables et l’autre abruti va balancer 40’000 satellites dans l’espace pour vendre une connexion internet à haut débit. Le premier train lumineux de SpaceX ne compte que 60 appareils et la probabilité, que les enfants nés en 2020 n’arrivent plus à voir les étoiles, augmente. Google veut également lancer ses propres trains de satellites.

La dette publique américaine, de 25’000 milliards, va augmenter d’au moins 3’700 milliards $ cette année.

Aux USA, la consommation d’électricité est au plus bas depuis 17 ans à 64’177 GWh -6.1% sur une année. Selon Bloomberg, il n’y a pas de comparaison historique à cette baisse. La demande débute plus tard dans la matinée. En collant à la demande, l’éolien et le solaire capturent des parts de marché face au charbon et au gaz.

Sur un total de 3,4 millions d’emplois, plus de 106’000 ont été biffés dans les énergies renouvelables et 500’000 sont sur le fil du rasoir selon l’American Council on Renewable Energy.

Zoom, l’application de vidéo conférence, souffre de confidentialité. Pour s’occuper des problèmes de sécurité, Zoom a engagé le zouzou qui s’occupait chez Facebook de la relation avec Cambridge Analytica. Rien à voir avec l’énergie, mais drôle.

Il y a 10 ans, le 20 avril 2010 explosait la plateforme DeepWater Horizon de BP qui déversa 750 millions de litres de brut dans le Golfe du Mexique. Deep Water forait à des profondeurs inédites à cette époque.

TESLA a livré 88’400 véhicules durant janvier et février alors que le mois de mars était fermé. Les “experts de la finance” attendaient 89’000 voitures sur le trimestre. Le titre de TESLA a augmenté de 145% en un mois et son PDG, Elon Musk, a reçu une prime de 750 millions $. Notons aussi que Musk en a profité pour dire que le confinement était une atteinte aux droits de l’homme. Est-ce que son train lumineux n’entre pas dans une atteinte aux droits de l’homme afin de regarder le ciel et les étoiles ?

 

Le premier train de 60 satellites Wifi. Au total 40’000 satellites sont prévus!
C’est juste moi, où ce truc est indécent?

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a mené à bien une réduction extraordinaire de 10 millions de barils par jour au sein de l’OPEP+ (y compris la Russie non membre de l’OPEP).

Le pays devrait prendre à sa charge une diminution de 2,5 millions de barils. Quelques heures après l’annonce, les prix se sont effondrés.

Riyad a proposé un cessez-le-feu au Yémen officiellement pour combattre le virus. Cela permettra à l’Arabie de ménager son budget.

Sur les océans, 10% des tankers sont remplis du brut de l’Arabie Saoudite. Alors que leurs capacités de stockage sont pleins, l’Arabie pourrait devoir couper sa production et arrêter certains forages notamment à Ghawar. Ce gisement découvert dans les années 50 est le plus grand gisement au monde.

Avant la pandémie, plus de 43 millions de barils de pétrole avaient été vendus aux USA pour une livraison du 24 avril au 24 mai. Rystad Energy dénombre 28 tankers en route pour livrer leur cargaison dans le Sud des USA où l’Arabie possède des raffineries. Au total, les américains avaient commandé 76 tankers. La congestion dans les ports US va rendre difficile ces livraisons et ne va pas arranger le cours du pétrole aux USA.

Le fonds d’investissements de l’Arabie Saoudite a profité de la chute de la bourse pour acheter à bon prix des entreprises comme Carnival, bateaux de croisières, le groupe d’événement Live Nation Entertainment ou des actions dans les pétroliers européens dont les cours avaient baissé de 30% comme Total, Equinor, Shell et Eni. Ces achats vont permettre à l’Arabie Saoudite de peser et de freiner les investissements verts entrepris par ces pétroliers.

 

Russie

Suite à l’accord de l’OPEP+ et du G20, Moscou a demandé à ses entreprises pétrolières de diminuer de 20% leurs extractions par rapport au mois de février. Si la Russie respecte ses quotas, cet événement sera à marquer d’une pierre blanche. Cependant, le manque de place de stockage pourrait est décisif. Certaines compagnies envisagent de brûler le pétrole sur place au lieu d’éteindre et d’endommager les gisements.

Le directeur de Rosatom, Alexey Likhachev, tire la sonnette d’alarme. Le géant russe de l’énergie atomique est très touché par le coronavirus. Ses 3 centrales de Sarov, d’Elektrostal et de Desnogorsk sont fortement impactées et fonctionnent avec un personnel réduit. L’annonce officielle à la télévision du PDG est assez inhabituelle et présage d’une situation tendue.

Le fonds souverain de 170 milliards $ était prévu pour supporter financièrement le budget la Russie pendant 8 ans avec un baril à 42$. Au rythme actuel et la pandémie de coronavirus, il pourra durer 4 années. Le budget de la Russie s’équilibre avec un baril à 42$. Par le passé, toutes les ventes qui dépassaient ce montant étaient virés dans ce fonds.

 

Nombre de forages de schiste aux USA

Europe

Le marché automobile européen a chuté de 55,1% en mars essentiellement affecté par la fermeture des concessionnaires.

 

Hollande

Pour la première fois depuis la deuxième guerre mondiale, Shell va diminuer ses dividendes de 47 à 16 ct $ par action selon son PDG, Ben van Beurden. Les revenus ont passé de 5,3 milliards à 2,9 milliards $.

 

Angleterre

BP va maintenir ses dividendes de 10,50ct $ par action alors que son bénéfice du 1er trimestre est passé de 2,4 milliards $ l’année passée à 791 millions. BP va diminuer ses dépenses de 15 milliards $ alors qu’elle a réussi à lever 7 milliards $ auprès des investisseurs.

Les pétroliers et gaziers de la Mer du Nord pensent que 30’000 emplois (sur 151’600) seront supprimés dans une crise qu’ils estiment plus virulente qu’en 2014. En 2014, l’industrie comptait encore 247’000 employés.

 

France

EDF et le géant du nucléaire chinois CGN vont déposer une nouvelle offre pour la construction d’un 3ème réacteur nucléaire EPR sur le sol anglais.

Les deux compères sont déjà alliés pour la construction des deux réacteurs à Hinkley pour la rondelette somme de 27.5 milliards €. Pour ce premier projet, le gouvernement anglais avait accepté l’exorbitant montant de € 10.6 ct par kWh sur une durée de 35 ans soit deux fois le prix du renouvelable aujourd’hui.

Le financement de la centrale EPR de Suffolk pourrait s’appuyer sur les consommateurs. Dès à présent, une taxe serait perçue sur leur facture afin de payer cette centrale. Si le projet est approuvé, la Chine gèrera le 20% de la production d’électricité en Angleterre.

 

Ukraine

Dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, des incendies de forêt gigantesques ont démultiplié de 16 fois le niveau des radiations.

Dans la capitale, Kiev, le niveau des radiations est resté normal.

 

Belarus

On reste dans le nucléaire. La nouvelle centrale nucléaire d’Astravets devrait débuter sa production d’ici à l’automne. La centrale a été construite à 40 km de la frontière de la capitale de la Lituanie, Vilnius. La Lituanie a indiqué son inquiétude sur la mise en service de cette unité.

 

 

Danemark

Sur ses 25’500 employés, Vestas, producteur d’éoliennes, s’est séparé de 400 personnes au Danemark suite à l’arrêt des ventes et des installations causées par la pandémie.

 

Suisse

La vente de voiture a diminué de 39.4% au mois de mars à 17’556 unités.

En 2019, la consommation d’électricité est restée stable à 57,2 milliards de kWh. La production a augmenté de 6,4% à 67,8 milliards kWh soit un surplus de 10 milliards kWh. Le prix moyen du kWh était de 4,9 ct.

Alors que le gouvernement a confiné le pays durant le mois d’avril, les trains suisses CFF se sont lancés dans une campagne “Coup de Cœur” afin de remercier leurs fidèles clients. Ainsi les heureux détenteurs d’abonnements ont dû payer l’entier du mois même s’ils n’ont pas pu utiliser le train. Mieux, pour tous ceux qui se sont offusqués, des frais de rappels de Frs 15.—ont été ajoutés à la douloureuse. Décidément, les CFF sont impayables !

En 2018, les émissions de CO2 liées au transports ont grimpé à 15 millions de tonnes d’équivalents CO2 soit 1% de plus qu’en 1990 alors que l’objectif était de les diminuer de 10% d’ici à … 2020. Avec un taux de 39,6%, le plus élevé d’Europe, de chauffages à mazout (fioul) et des prix de l’essence parmi les plus bas en Europe, on ne peut que constater l’excellent travail de l’Union pétrolière Suisse auprès des politiciens.

Les stations d’essence n’ont pas entièrement répercuté la baisse du baril de pétrole. Le prix moyen de l’essence de Frs 1.45 surpasse de 10 à 15 centimes le prix d’un baril à 25$. Certaines stations indépendantes ont fait le pas avec un litre à Frs 1.32.

 

 

 

Asie

Chine

A la fin du confinement, les ventes d’IPhone ont explosé avec 2,5 millions d’unités vendus au mois de mars. En gros, tu passes 6 semaines en confinement, on t’autorise finalement à ressortir de chez toi avec un masque, on te demande de garder tes distances avec tes semblables et la PREMIÈRE chose que tu fais ; c’est aller à l’Apple Store pour acheter la dernière version de l’iPhone. On aurait pu supposer qu’une balade au bord de mer ou boire un verre sur une terrasse aurait fait l’affaire ; mais non! Paf ! Apple Store et iPhone 11 – sans compter qu’il faudra y retourner cette automne avec l’arrivée du 12 note avec humour Thomas Veillet.

La Chine profite pour remplir ses réserves stratégiques de pétrole. Il sera nécessaire afin de relancer l’économie. Elle est l’un des derniers pays à posséder des capacités de stockage et de débarrasser gratuitement le pétrole aux producteurs est une belle affaire.

Le PIB est en contraction de 6.8% pour le premier trimestre 2020, par opposition à une croissance de 6% lors des 3 derniers mois de 2019.

Avec l’arrivée d’une deuxième vague de corona, de nouvelles restrictions de mobilité ont été imposées notamment à Harbin et ses 10 millions d’habitants. La limitation de la mobilité induit une baisse de la consommation pétrolière.

Bien que Pékin a demandé à ses industriels de relancer leur production, la question de la commercialisation se pose. Les potentiels acheteurs comme l’Europe et les USA ainsi que les transports par containers sont toujours en mode pause. Pour relancer son économie, la Chine pourrait redémarrer des programmes de construction d’infrastructures utiles ou inutiles.

 

Inde

La demande de pétrole a diminué de 50% dans le pays suite au confinement imposé par le gouvernement le 25 mars.

Les capacités de stockage des raffineries ont atteint 95% soit 13 milliards de litres. La consommation de diesel, qui représente le 50% des ventes, a diminué de 60% durant la première partie d’avril.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Alors que les USA et l’Iran se battent pour détenir une marche sur le podium du corona, ils trouvent encore le moyen des faire des crocs-en-jambe militaires. De petits bateaux iraniens se sont approchés des énormes vaisseaux de la Navy. Trump en a profité pour faire un tweet: “shoot down” (descendez-les) même s’il est plus facile de descendre un avion qu’un bateau.

Sous l’embargo américain, l’Iran se trouve dans une situation financière délicate, d’autant que les cours du pétrole sont bas. Les capacités de résilience de Téhéran seront testées dans les mois à venir.

 

Irak

Le pays fait face à des problèmes vitaux : le corona, la chute du pétrole et donc des revenus, trouver un nouveau premier ministre, couper les quotas imposés par l’OPEP, le retour de l’Etat Islamique, les USA et l’Iran qui se battent sur son territoire et l’arrivée de la saison trop chaude et de la sécheresse. A part ça, tout est calme.

Avec la chute des prix du pétrole, le pays ne va pouvoir payer que le 50% des salaires des employés de l’Etat au mois de mai. Déjà que les tensions dans le pays avaient soulevé de larges manifestations, qui demandaient l’arrêt de la corruption et des emplois. Il est difficile de prévoir les prochaines étapes.

Les réserves financières du pays touchaient 68 milliards $ l’année dernière. Elles devraient chuter à 33 cette année et 10 l’année prochaine.

Dans le nord de la Syrie, des djihads de l’Etat Islamique ont perpétré un attentat avec un camion-citerne. De nombreux morts ont été dénombrés.

 

 

 

Les Amériques

Argentine

La production des gisements de schiste de la Vaca Muerta est en chute libre (-50%). L’entreprise nationale YPF n’a plus de place pour stocker le pétrole et la pandémie fait le reste. La consommation pétrolière du pays a diminué de 70%.

L’américain Chevron et YPF étaient associés dans l’exploitation de gisement de Loma Campana. Vista Oil & Gas, Royal Dutch Shell, ExxonMobil et Pan American Energy ont tous dû couper dans leurs productions.

Le gouvernement va subventionner et favoriser le pétrole extrait par les producteurs argentins en indexant les prix d’achats du pétrole. Les raffineries n’achètent pas ce brut et les capacités de stockage diminuent.

Le champ de la Vaca Muerta était déjà en difficulté en 2019 passant de 676 forages à 346 en janvier.

 

Mexique

La compagnie nationale Pemex cumule 105 milliards $ de dettes. Son rating a été baissé au rang de pourrie. Cette année, elle devra rembourser pour 6,7 milliards $ d’intérêts.

Par chance, avant la chute du baril, elle avait assuré son pétrole à un prix de vente à 50$. Ainsi, même avec la chute actuelle, elle peut vendre son pétrole à ce tarif. On comprend mieux pourquoi le Mexique avait refusé de diminuer sa production de 400’000 b/j comme l’avait demandé l’OPEP.

 

Canada

Justin Trudeau annonce une aide de 2,45 milliards $ canadiens pour financer les compagnies pétrolières et gazières. Jason Kenney, Gouverneur de l’Alberta, demande une aide supplémentaire afin d’aider les sables bitumineux.

Par manque de stockage, certains producteurs canadiens vendent leurs barils à 1 ct $. La grande partie des producteurs ont cessé leurs activités même dans les pétroles bitumineux qui nécessitent de la production de vapeur. Ces installations délicates rencontrent des problèmes quand elles sont mises à l’arrêt.

 

Venezuela

Le Président Nicolas Maduro a nommé Tareck el Aissami comme nouveau ministre du pétrole avec la tâche de restructurer l’entreprise nationale PDVSA. Il remplace le Général Manuel Quevedo.

Alors que le pays extrait du pétrole, il est presque incapable de le distiller et d’en faire des carburants. Les stations d’essence sont passées dans les mains de l’armée et le précieux carburant se vend à 2,5$ le litre au marché noir.

Malgré la pandémie, Trump et Pompeo continuent d’enfoncer la tête du pays sous l’eau. Chevron, Weatherford, Baker Hughes, Schlumberger devront limiter leurs engagements dans le pays d’ici à décembre.

Le Venezuela pourrait devenir le premier pays à s’écrouler à cause de son pétrole.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Algérie

Pour équilibrer son budget, Alger compte sur un baril à 157$ selon le Fonds Monétaire International. Ce n’est pas une typo, il s’agit bien de cent cinquante-sept ! Le gouvernement va couper de 30% ses dépenses.

Le fonds souverain qui contenait encore 96 milliards $ il y a 3 ans, va reculer à 36 milliards cette année et 12,8 en 2021.

Avec le Venezuela, l’Iran, le Nigeria, l’Algérie fait partie des potentiels producteurs de pétrole et de gaz à pouvoir s’écrouler.

 

Phrases du mois

Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle: beaucoup moins de circulation, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et un commerce local“. Pierre-Gabriel Bieri, secrétaire général, Centre patronal Vaudois, Suisse

La comparaison avec d’autres période de krach pétrolier sont inévitables mais mal placée. L’industrie pétrolière n’a jamais rien vu de comparable à 2020.” L’Agence Internationale de l’Energie

Nous allons reconstruire notre économie en l’honneur de ceux qui sont décédés du coronavirus aujourd’hui.” Donald Trump.

Les lieux où les habitants ne pensent pas que le réchauffement climatique est réel, qu’ils ne croient pas que les humains en sont responsables, ou qu’ils ne pensent pas que les citoyens ont la responsabilité d’agir … et bien ils ne parviennent pas non plus à changer leurs comportements pendant la crise du coronavirus.”  Paul Krugman

Et puisque nous sommes en guerre contre le virus, pour notre pays, il s’agit d’anticiper afin d’être le premier à occuper des positions stratégiques. Notre but est désormais de sortir plus vite de la crise que les autres.” Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz.

Vous espériez un monde qui change nos vies?” Yves Petignat

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète sur 2000watts.org