Le Pétrole : cette bombe à retardement

Il y a trois semaines, sous l’impulsion du corona, de l’Arabie Saoudite et de la Russie, le pétrole a perdu 50% de sa valeur. Bien préparés et histoire de tenir le choc, ces deux pays avaient largement alimenté en pétrodollars leurs fonds souverains.

A contrario, les Etats-Unis n’ont rien vu venir et leur préparation à cette éventualité n’a d’égale qu’un discours de Donald Trump sans prompteur.


 

Le Dilemme Américain

Sans surprise, les pétroliers de schiste américains ont été touchés de plein fouet. En moins de deux semaines, une grande partie a déjà annoncé des coupures de budgets, des licenciements et lancé des procédures de faillites. Pour extraire un baril de schiste, un baril à 52$ est nécessaire. Les 25$ actuels n’offrent que les yeux pour pleurer.

Désireux de protéger sa doctrine «de dominance énergétique», le président Trump fait face à un dilemme. Comment maintenir les prix de l’énergie le plus bas possible afin de faire repartir son Economie, tout en gardant en vie les producteurs pétroliers qui ont besoin de cours élevés?

Durant l’année 2019, incapable de générer des revenus suffisants, 42 entreprises pétrolières américaines s’étaient mises sous la protection des faillites. L’année 2020 s’annonçait sous des auspices compliqués. Les pronostics ont largement dépassé les attentes.

Depuis deux semaines, tous les voyants du schiste ont tourné au rouge vif !

Cependant, grâce au coronavirus, Washington pourrait avoir trouvé une parade. Via les injections de la Banque Fédérale Américaine dans l’économie, les dettes des pétroliers pourraient être, en partie, effacées. Il n’aura fallu que quelques heures à Exxon et Chevron pour annoncer des mesures parfaitement calées sur le règlement proposé par la FED.

Il reste encore aux deux chambres à donner l’autorisation de livrer les valises de dollars gratuits.

 

Capacité de stockage en milliards de barils
Source: Rystad Energy

 

Le stockage : Un autre nuage plane sur le pétrole

A cause de la spectaculaire baisse de la demande, il est urgent de trouver des places de stockage. A contrario d’une ampoule, un forage pétrolier ne peut pas s’éteindre et s’allumer d’un clic, sous peine de ne pas repartir ou d’influencer tout le gisement. Seul le pétrole de schiste offre un délai “on/off” raisonnable.

Pour les prochaines semaines, la surproduction devrait être comprise dans une fourchette de 8 à 25 millions de barils par jour !

La problématique n’est pas triviale et fait le bonheur des propriétaires de tankers pétroliers qui ont rapidement revu leurs tarifs à la hausse.

Selon Rystad Energy, les capacités de stockage mondiales sont utilisées à 76% et elles pourraient être remplies assez rapidement. Là aussi, le président Trump joue avec finesse. Il a proposé de racheter, à un prix d’amis, 77 millions de barils de schiste américains afin de remplir la réserve nationale. Ce coup de pouce aura une durée de vie limitée.

Les pétroliers canadiens vendent déjà leur baril avec un rabais de 13$, soit en-dessous de 10$ l’unité. Lors de la crise de 2014, certains producteurs de schiste avaient payé 50 centimes le baril pour s’en débarrasser ! Vous avez bien lu : payer, pas vendre !

Dans le même état d’esprit, les producteurs ont financièrement intérêt à brûler le gaz sur le lieux d’extraction au lieu de le transporter et de le vendre.

En toute logique, si l’Arabie Saoudite et la Russie continuent sur leurs lancées et si le coronavirus déjoue les intuitions du président Trump, les cours vont tendre vers le bas le temps de la pandémie. Ensuite si l’Economie repart, sans une partie des 9,3 millions de barils de schiste US, les cours devraient remonter comme un bouchon de liège.

 

3….2…..1….

Le pétrole devient de plus en plus une bombe à retardement.

Les variations extrêmes de son prix, son impact sur les économies, les enjeux de pouvoir et de domination entre pays ainsi que le dérèglement climatique n’ont jamais été aussi dangereux, visibles et palpables. Tous ces comportements compulsifs doivent nous pousser à nous en éloigner le plus rapidement possible.

Alors que les pays producteurs vont déverser des centaines de milliards $ afin de garder en vie leur pétrole et maintenir une dépendance addictive, les pays importateurs doivent utiliser leurs plans de stimulations économiques afin de s’en éloigner et d’accroître leur indépendance énergétique en produisant localement les énergies dont ils ont besoin.

Cette stratégie permettra également de relancer les emplois, d’accompagner les entreprises locales et de faire bénéficier et circuler cet argent dans l’Economie du pays au lieu de l’exporter.

Gare aux pays atteints du syndrome de Stockholm, la tentation de retourner dans les bras du pétrole est rassurante, mais explosive.

 

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Le coronavirus est en train de ravager l’industrie pétrolière et la destruction de la demande pourrait atteindre le chiffre astronomique de 10 millions sur les 100 millions de barils consommés par jour (b/j). Les cours ont chuté à 23,38$ à New York et à 27,94$ à Londres.

En parallèle, l’une des passe-d’armes les plus virulentes du protectionnisme se révèle dans la guerre pétrolière déclarée entre la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA. La “Dominance Energétique” américaine est remise en cause mais chaque mètre sera défendu avec ardeur.

Ce chaos pourrait fondamentalement remodeler notre utilisation d’énergie ainsi que la géopolitique mondiale. Comment en sommes-nous arrivés là ?


Vendredi 6 mars 2020

Lors de la réunion de l’OPEP, l’Arabie Saoudite défend une diminution de la production de 1,5 million b/j pour répondre à la baisse de la consommation chinoise générée par le coronavirus. Le Prince Abdulaziz, le frère du prince héritier Mohammed bin Salman, pose cet ultimatum avec l’espoir de faire grimper les prix au-dessus de 60$.

Il ne manque que la signature de Moscou pour avaliser cette nouvelle proposition.

 

Samedi: Niet

La réunion de l’OPEP avec la Russie ne dure que 30 minutes avant de voir Igor Sechin retourner à Moscou avec un Niet définitif.

Rien ne laissait transpirer le refus russe. L’ouverture des hostilités contre les 9,5 millions de barils/jour du pétrole de schiste américain est lancée. En fait, cette décision intervient en réaction aux sanctions de l’administration Trump contre Rosneft Trading SA, fiscalement basée à Zoug, Suisse.

Cette société n’est autre que le bras de trading du géant russe Rosneft. Son PDG, Igor Sechin, fidèle de Vladimir Poutine, s’oppose de longue date aux coupures exercées par l’OPEP+.

Couplée au coronavirus, l’attaque Russe n’a pas l’intention de faire de prisonniers. Elle doit être rapide et fatale afin de pouvoir activer rapidement les prix à la hausse.

 

Dimanche: L’Arabie Saoudite contre-attaque

Peu habitué à être remis en question, Mohammed bin Salman n’apprécie pas la décision de Moscou. Les représailles sont immédiates.

Afin d’asseoir son autorité dans le pays, le prince héritier fait arrêter ses concurrents les plus menaçants dont son oncle Ahmed bin Abdulaziz et son cousin Mohammed bin Nayef. L’objectif est de prévenir toute rébellion face à sa décision : ouvrir les vannes du pétrole à 13 millions b/j quitte à vendre une partie des stocks.

Ryad propose également aux clients européens de la Russie des rabais jusqu’à 8 dollars le baril. Le bras de fer et l’honneur de la famille royale sont engagés.

 

Lundi : 9 mars: Chute des cours : -34%

Le cocktail est prêt : le baril s’effondre à 27$ le baril à New York et 30$ à Londres.

Pour participer à la fête, l’Agence Internationale de l’Energie prévoit que la demande de pétrole pourrait se contracter en 2020 sous la pression du coronavirus.

 

Mardi: Le schiste américain en alerte

La Russie montre ses muscles et annonce que son budget peut se contenter d’un baril entre 25 et 30$ grâce à son fonds souverain de 150 milliards $.

Jouant dans le même bac à sable, Riyad bombe le torse et ajoute que le royaume peut se contenter d’un baril à 30$ même si son budget nécessite des cours à 80$.

Du côté américain, la chute des marchés sème la consternation et une vague de terreur parmi les producteurs. Tous annoncent une réduction des coûts, des licenciements, l’arrêt de forages et surtout une réduction des dividendes appelés par Wall Street.

Championne des dividendes, la directrice d’Occidental Petroleum, Vicki Hollub réduit les versements aux actionnaires de 90%. Le même jour, l’activiste Carl Icahn quadruple ses actions dans Occidental Petroleum afin de renverser sa PDG.

 

Jeudi : Les dividendes disparaissent

Les dividendes prévus par ExxonMobil nécessitent un baril à 87$ selon JP Morgan. En 2014, la valeur de l’entreprise plafonnait à 446 milliards $. Depuis, elle a perdu 184 milliards $ et elle continue de creuser.

La liste des entreprises de schiste en difficulté s’allonge. En 2019, 42 entreprises avaient fait faillites. Le millésime 2020 s’annonce particulièrement fructueux.

De son côté, Chevron revient sur sa volonté de distribuer 70 milliards $ de dividendes durant les 5 prochaines années. Pour atteindre son objectif, la major a besoin d’un baril $ 55$.

 

Vendredi  13 mars: Trump intervient

Afin de soutenir les entreprises de schiste américaines et de maintenir la dominance énergétique du pays, Donald Trump ordonne d’acheter «de grandes quantités de pétrole afin de remplir, jusqu’au bord, la réserve stratégique».

Les stocks pourraient grimper de 100 millions de barils mais la mesure semble insuffisante à moyen terme. La Maison Blanche étudie la possibilité d’acheter pour plus de 200 milliards $ de dettes pourries dont une grande partie pourrait provenir des producteurs de schiste. Rien que cette année, plus de 40 milliards de dettes de schiste arrivent à échéance.

La Banque Fédérale Américaine pourrait privatiser les pertes des producteurs et les maintenir artificiellement en vie. Donald Trump serait-il plus socialiste que Bernie Sanders ?

 

Dimanche 15: 495 milliards $ évaporés

Une semaine après le début du krach, la valeur des 14 plus grandes entreprises pétrolières dans le monde a chuté de 495 milliards $ dont 97 milliards $ pour les 6 entités américaines.

 

Mardi 17 mars 2020 : L’Arabie Saoudite remet une couche

L’Arabie Saoudite informe les marchés qu’elle injecte plus de 10 millions b/j afin de faire baisser les prix. Effectivement les cours chutent et perdent 5 dollars.

Cependant avec les mois chauds qui arrivent, le pays va devoir utiliser 2 millions b/j afin de générer l’air conditionné.

Le gallon d’essence (3,8 lt) passe sous le 1 dollar aux USA. Bonne nouvelle pour Joe America qui votera pour Trump en novembre. Cependant, les USA voient le nombre de personnes contaminées s’envoler. Mauvaise nouvelle pour Joe America qui ira voter en novembre.

 

Mercredi 18 mars: A New York, le baril passe sous les 24$

Le baril débute la journée à 26,49$ le baril à New York et 30,26$ à Londres. A l’ouverture des marchés à New York, il chute encore à 23,38$ et à 27,91$ à Londres au plus bas depuis 17 ans.

La pieuvre, Goldman Sachs, prévoit un baril à 20$. L’Arabie Saoudite annonce qu’elle n’est pas prête à retourner à la table des négociations. Pour combien de temps encore ?

Au lieu de déverser des milliards dans le système bancaire, système qui a prouvé qu’il ne fonctionne pas, Trump annonce la possibilité d’utiliser le stimulus économique dit de l’hélicoptère. Chaque américain recevra 1’000$.

Les constructeurs automobiles européens ont pratiquement tous arrêté leur production par manque de pièces. Depuis février, la valeur des actions d’Airbus a été divisée en deux. La Banque Nationale Suisse détient pour plus de 6 milliards $ d’actifs pétroliers aux USA.

Sommes-nous en train de vivre un tournant?  L’avenir nous le dira.

 

 

 

Badaboum! Le prix du pétrole chute sous les 30$

Badaboum !  Ce matin au réveil, j’ai regardé les cours du pétrole, me suis frotté les yeux, ai rafraichi mon navigateur, refrotté mes yeux. Non, c’est bien ça.

En un weekend, les prix du pétrole viennent de perdre 30%. Alors que le baril flirtait avec les 70$ en janvier, et surfait à 45$ vendredi, il vient de se prendre les pieds dans le tapis. On le retrouve au niveau de la poussière à 27,71 à New York et 32,01 à Londres.

 

Le passager clandestin

Mais que s’est-il passé ? Vendredi, lors de la réunion de l’OPEP, l’Arabie Saoudite avait convié la Russie, non membre, afin de procéder à une nouvelle réduction de la production. Le «ce que vous savez » a diminué la consommation chinoise de pétrole de plus de 3 millions de barils par jour, et les autres pays se trouvent dans la même tendance.

Depuis 3 ans, Ryad et Moscou vivent une histoire d’amour et s’accordent systématiquement pour réduire leurs extractions.

Et bien vendredi, la Russie a demandé le divorce. Motif : dès qu’une baisse est concédée par l’OPEP+, elle est compensée par le pétrole de schiste américain. La patience des russes a fini par craquer face à ce «passager clandestin». Le timing est d’autant plus stratégique, que l’industrie pétrolière de schiste américaine est sur le point de s’écrouler sous le poids de ses dettes.

L’occasion de se débarrasser du schiste US est une opportunité à saisir. Pour les investisseurs inconditionnels de ce schiste, comme la Banque Nationale Suisse, c’est une véritable catastrophe.

 

Vexée l’Arabie Saoudite surréagit

Bref, BNS ou pas, il n’en fallait pas plus au prince d’Arabie Saoudite, Mohammed bin Salman pour piquer la mouche et déclarer : si la Russie n’accepte pas, nous allons ouvrir les vannes de notre pétrole et nous lancer dans une guerre des prix. Il a même cru bon d’ajouter qu’il allait vendre son pétrole avec un rabais de 8$ le baril. Aussitôt dit, aussitôt fait et les cours se sont effondrés.

Jusqu’où, telle est la question? La situation est à surveiller comme le lait sur le feu.

 

Prix à la pompe

Pour les automobilistes, le prix de l’essence en Suisse devrait atteindre les 1,35 francs le litre et en France 1$.  Le sablier a été tourné. Commençons à compter combien de jours votre station d’essence ajustera ses tarifs. Pour une baissen, il faut compter 7-10 jours alors que pour une hausse 1 jour suffit.

 

Pour de plus amples informations et pour suivre l’évolution du pétrole, revenez sur ces pages, d’ici à la fin de la semaine, afin de découvrir les coulisses de ce bras de fer.

 

 

 

 

Pris de panique, le pétrole passe sous les 50$ le baril

Quand on fait des plans, les dieux rigolent. Début janvier 2020, le pétrole devait grimper de 62$ le baril à 70$. C’était un coup sûr. A la bourse, tous les ordinateurs et les bots en étaient convaincus et auto-programmés.

Il n’aura fallu que quelques semaines pour que le coronavirus pèse sur le bouton panique, et les cours de s’effondrer. A la fin février, au fond du trou, on aperçoit le pétrole à 44,76$ à New York et 49,67$ à Londres.


Dans cette phase, il est possible d’observer quelques points intéressants:

Premièrement, les mécanismes du capitalisme fonctionnent toujours parfaitement: les stations d’essence n’ont toujours pas adapté les prix à la baisse.

Pour les pays importateurs de pétrole, c’est une bonne nouvelle. En théorie, la baisse des coûts de l’énergie permet de diminuer l’inflation et de stimuler l’activité économique avec une énergie bon marché. Cependant, un baril bon marché indique que l’économie mondiale ne va pas bien. Dans ce cas, c’est cette deuxième option qui brille le plus en ce moment.

En 2019, 42 entreprises pétrolières américaines ont fait faillites. Avec un baril sous la barre des 50$, le virus va augmenter la pression financières sur les entreprises les plus fragiles d’autant que plus de 40 milliards $ de crédits arrivent à échéance cette année. Donald Trump, qui demande depuis des mois l’abaissement des taux de la Réserve Fédérale Américaine*, pourrait utiliser cette excuse afin de voir ses vœux s’exaucer. Il espère stimuler l’activité économique aux USA et relancer la consommation de pétrole afin de soutenir les producteurs locaux.   (*Mise à jour 3 mars 2020. La FED américaine a annoncé une baisse surprise de ses taux de 0,50%!)

La Banque Nationale Suisse, qui a investi pour 6 milliards $ d’actions dans le pétrole et schiste aux USA, est touchée de plein fouet. La semaine dernière, plusieurs pétroliers ont émis des signaux de détresses dont une pré-annonce de faillite. Au total, pour 479 millions $ d’actions de la BNS sont contaminées. (‬Chesapeake  1,8 million; Cimarex Energy 10,2 millions; Oneok 98,6 millions; Valero: 122,4 millions; Occidental: 121,2 millions, Marathon: 125 millions).

L’OPEP se réuni cette semaine à Vienne et se questionne sur une coupe de la production afin de stabiliser les cours. En octobre dernier, les 13 membres de l’OPEP ainsi que 10 pays producteurs (dont la Russie) avaient déjà limité volontairement leur production pour faire grimper les prix du baril. Un tour de vis de 600’000 à 1 million de barils/jour est dans l’air. Mais qui se portera volontaire pour diminuer ses revenus et ses parts de marché ?

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Février 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:

– Pétrole: le prix du baril trébuche sous les 50$
– Chine: le coronavirus fait dérailler le pays et ses industries
– France: La centrale nucléaire de Fessenheim à moitié fermée
– USA: Le pétrole de schiste montre des signes de fatigue
– Canada: Les indiens bloquent la construction de gazoducs
– Japon: L’eau radioactive de Fukushima bientôt relâchée dans le Pacifique
– Libye: Le général Haftar paralyse la production pétrolière
– Suisse : Energy Vault propose un système ingénieux pour stocker l’électricité.


 

Le mois de février peut se résumer en deux mots: climat et corona. Si le dérèglement climatique influencera la consommation d’énergie dans les années à venir, le coronavirus est dans l’immédiat.

Le prix du baril chute. Comme il ne faut jamais essayer de rattraper un couteau qui tombe, on le ramassera quand il aura touché le sol. Pour expliquer le mécanisme. Le virus paralyse les industries, la production et les transports. Du coup la demande de pétrole diminue, les prix baissent et passent sous les 50$ et pour être précis à 49,76$ à Londres (56.77$ fin janvier) et 44,77$ à New York (51,72$ fin janvier).

 

Le Graphique du Mois
Prix moyen du baril de pétrole de Brent par année

 

Pétrole

La demande de pétrole devrait continuer d’augmenter en 2020 même si le virus freine ce début d’année. BP estime que la croissance pétrolière devrait atteindre 700’000 barils/jour (b/j) au lieu des 1,2 million prévus.

L’OPEP, qui va se réunir début mars, propose une coupe de 600’000 b/j avec l’espoir de faire remonter les cours. L’équilibre financier des membres de l’OPEP nécessite un baril bien supérieur à 60$.

Selon le Financial Times, plus de 900 milliards $ d’actifs pétroliers pourraient ne pas être exploités à cause de la transition énergétique. Vu sous cet angle, on comprend l’empressement de certains pays producteurs à jouer des coudes pour extraire le pétrole avant qu’il ne soit trop tard.

En 2018, les banques et les institutions financières ont contribué à hauteur de 654 milliards $ pour les énergies fossiles.

«Peak Diesel»: le premier déclencheur d’un pic pétrolier, pourrait provenir d’un manque de diesel nécessaire pour alimenter nos camions, nos avions et nos bateaux. Le pétrole de schiste est parfait pour la pétrochimie et la production de plastique. Il n’est pas assez calorifique pour le convertir en diesel ou kérosène. Comme les extractions de pétrole lourd diminuent, ce n’est qu’une question de temps pour que la petite aiguille montre midi.

 

 

Contrairement à la grippe annuelle qui passe comme une lettre dans une boîte à lettres,
le coronavirus a pesé plusieurs fois sur le bouton “panique”.

 

Gaz naturel

C’est en 1988, que le concept : «le gaz est une énergie de transition avec les énergies renouvelables» a été inventé par l’American Gas Association. L’objectif était une attaque frontale face au charbon. Après 30 années, ce concept est aujourd’hui mis à mal par les émissions de méthane générées par le gaz.

Ainsi ce mois, une nouvelle étude révèle que les extractions de pétrole et de gaz ont relâché 40% plus de méthane qu’initialement évalué. Le méthane est 28 fois plus virulent que le CO2. Découvrir l’étude publiée dans la revue Nature.

 

Planète

L’Agence Internationale de l’Energie (IEA) annonce que les émissions de CO2 se sont stabilisées à 33 gigatonnes en 2019. L’Europe et les USA baissent alors que l’Asie enregistre une augmentation de 80%.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, annonce que l’agence est en train de travailler sur un plan afin de réduire les émissions de CO2 d’ici à 2030. Ce plan sera divulgué le 9 juillet et propose la diminution des extractions pétrolières à 61 millions b/j au lieu des 101 actuels. Un détail reste à éclaircir : qui va avoir droit de consommer du pétrole?

Ah! un détail : avec +1,14 degrés, janvier 2020 a été le mois le plus chaud depuis 141 ans et février fait encore plus fort. Durant ce mois, un échantillonnage de tempêtes et de records ont détaillé le concept à venir surtout que la planète est en route pour les +2 degrés.

L’Antarctique argentin a connu un record de température avec une pointe à 18,3 degrés. Le précédent record était détenu par le 24 mars 2015 avec 17,5 degrés.
Quand il fait trop chaud, est-ce que les pingouins mangent des esquimaux ?

 

Point de situation sur les températures en Antarctique

 

Hit Parade du mois: les 3 pays au top

Chine

Il est encore trop tôt pour connaître l’impact du coronavirus sur l’économie chinoise. Certains indices, comme la consommation de charbon, la qualité de l’air dans les villes ou l’annulation de 2/3 des vols en avion montrent que l’activité économique serait passée sous les 50%.

Suite à cette baisse, les chinois montrent qu’ils ont bien intégré le concept de la Banque Centrale et de la manipulation des marchés en appliquant les mêmes principes développés par Powel, Draghi ou Jordan (de la BNS, pas le joueur de basket). Pour faire simple, si la Banque Centrale Chinoise doit devenir actionnaire majoritaire et propriétaire de toutes les entreprises cotées en bourse, manipuler les taux et sa monnaie, injecter du botox-monétaire, elle le fera.

Du côté, des bourses européenne, japonaises et américaines, les super-ordinateurs (qui ont remplacé les humains) ont intégré dans leur intelligence artificielle le mot coronavirus. Alors que nos amis les robots et bots n’ont pas besoin de masques, ils semblent aussi fébriles que les stars des “Anges de la Téléréalité” devant un sac à main. Par panique, les marchés ont baissé de 10%. (voir les chiffres actualisés du corona)

Afin de satisfaire la phase 1 de l’accord économique, l’American Petroleum Institute a averti Washington que les USA vont devoir livrer à Pékin pour 18,5 milliards $ supplémentaire de gaz et de pétrole en 2020 et 33,9 milliards $ en 2021. Au total, cet accord représente 1 million b/j de pétrole brut, 500’000 b/j de produits pétroliers et 100 cargos de gaz liquide (LNG). Petit problème, il n’est pas certain que les USA vont être capable d’extraire ces quantités de pétrole.

 


Pollution de Dioxyde d’azote (NO2) diesel, gaz, charbon (en orange/rouge)
Avant (à gauche) et pendant (à droite) le coronavirus en Chine.
Source: NASA, 29 février 2020

 

Les Etats-Unis

Comme prévu, le président Trump n’a pas été destitué et sa côte de popularité frise les 50%.

Trump a courageusement confié la gestion du virus à son invisible vice-président Mike Pence. Pour l’instant, Washington a empoigné le problème avec l’espoir que «tous ce qui est fabriqué en Chine n’est pas fait pour durer.»

Pour 2019, les deux géants pétroliers ExxonMobil et Chevron ont reporté des chiffres financiers qui indiquent la difficulté actuelle de l’industrie.

Darren Woods, PDG d’ExxonMobil confirme que son entreprise va investir entre 33 et 35 milliards $ en 2020 pour rechercher du pétrole et du gaz. Les bénéfices du géant américain se montent à 5,7 milliards $ au 4ème trimestre 2019. Petit bémol, dans ce chiffre, on trouve 4,5 milliards relatif à la vente d’un gisement pétrolier en Norvège.

Chevron a passé à la trappe pour 10,4 milliards $ d’actifs dont 6,5 milliards de gaz de schiste dans les Appalaches et 1,6 milliard $ dans son projet de gaz liquide Kitimat au Canada. Ces charges conduisent Chevron à une perte de 6,6 milliards $ contre un bénéfice de 3,7 milliards $ en 2018. Cette année, Chevron va investir 20 milliards $ pour l’extraction pétrolière.

L’énergie solaire est de plus en plus connectée à des batteries. La capacité de stockage devrait doubler à 4’800 MW cette année pour atteindre 32’000 MW en 2025, soit assez pour satisfaire 26 millions de foyers américains. Au total, la capacité électrique est de 1 million MW. La tendance est à réaliser des mini réseaux où les voisins se partagent leur électricité.

 

Solution de stockage d’énergie par le Suisse Energy Vault

 

Sous la pression de ses employés, le propriétaire d’Amazon, Jeff Besoz, va utiliser 10 de ses 130 milliards $ afin de créer un fond pour la planète. De son côté Microsoft va y déposer 1 milliard. En comparaison, en 2 ans Google va investir 32 milliards $ pour la construction d’infrastructures, de data centers et pour l’intelligence artificielle. Au total, l’informatique émet 2 fois plus de CO2 que l’aviation à 4% et les prévisions doublent ce chiffre dans les années à venir.

Pendant deux jours, un gazoduc a été bloqué par une attaque informatique de type ransomware selon le département de la sécurité intérieure.

Les démocrates sont en train de s’écharper pour choisir le messie qui aura le privilège de se présenter contre Donald Trump aux élections de novembre. Dans la liste des palpables, on retrouve le milliardaire Mike Bloomberg et son porte-monnaie de 62 milliards $. Le brave homme a déjà dépensé 509 millions $ en pubs dont 41 millions sur Google et 53 millions sur Facebook. Pour les autres candidats en course, leur survie dépend de leur capacité à lever des millions.

 

Pour la peine, voici une pub de Mike Bloomberg avec des cow-boys et tout et tout.

 

France

Pour 6 milliards €, le constructeur canadien Bombardier a cédé à Alstom sa division ferroviaire pour devenir le no2 mondial derrière la CRRC (China Railroad Rolling Stock Corporation). Les deux groupes comptent un total de 76’000 employés et les dettes de 9,3 milliards € de Bombardier l’oblige à cette cession. Les licenciements seront annoncés prochainement.  L’année dernière, une fusion entre Alstom et Siemens avait échoué.

Le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim, mis en service en 1977, a été arrêté. Le deuxième et dernier réacteur sera mis hors service en juin 2020. Selon les chiffres d’EDF, la production de Fessenheim était intégralement livrée en Allemagne.

Engie et EDF ont été mis en demeure pour leur collecte de données des compteurs électriques Linky. Les compteurs smart «intelligents » ont tendance à capturer plus d’informations sur la vie privée que nécessaire comme : les heures de lever et de coucher, les périodes d’absence ou encore le nombre de personnes présentes dans le ménage.

Les deux entreprises ont trois mois pour mettre en conformité la manière dont ils gèrent la collecte des informations personnelles des consommateurs selon la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Motifs : « en raison du non-respect de certaines des exigences relatives au recueil du consentement à la collecte des données de consommation ainsi que pour une durée de conservation excessive des données de consommation ».

Quitte à prendre l’avion, 59% des français de 25-35 ans choisissent leurs destinations de vacances en fonction du potentiel Instagram en recherche de la photo qui sera la plus partagée.

 

Dessin: Chappatte

 

Europe

Les Championnats Européens de foot Euro2020 vont faire exploser le bilan carbone dans le cadre d’une manifestation sportive. Cinquante matches dans 12 pays. Les supporters de la Pologne devront faire 6’000 km et les Suisses 14’600 km en dix jours pour suivre leur équipe.

Consciente de ce problème, l’UEFA a pris le taureau par les cornes. Elle propose l’utilisation de gobelets recyclés et de la nourriture bio. Dans cet arsenal impressionnant de mesures, elle a également rédigé un communiqué de presse collector qui stipule : «L’Euro 2020 sera le tournoi le plus respectueux de l’environnement de son histoire.»

 

Luxembourg

Le Luxembourg est le premier pays au monde à proposer des transports publics gratuits!  A l’exception des trains, les habitants et les touristes vont pouvoir se déplacer sans avoir à acheter un billet.

 

Russie

Les extractions pétrolières du Russe Rosneft ont atteint 5,8 millions b/j en 2019 selon son PDG Igor Sechin.

Afin de mieux valoriser le gaz, la Russie planche sur la construction d’usines pétrochimiques pour la création de plastique. Des projets totalisants 200 milliards $ sont en cours de réalisation. Entre les projets en Amérique, en Arabie Saoudite et en Russie, l’industrie du plastique aura investi plus de 600 milliards $.

La cour d’appel de La Haye, Hollande, a condamné en appel, la Russie à verser 50 milliards $ d’indemnisations aux ex-actionnaires de l’ancien groupe pétrolier Ioukos, désormais démantelé. Sans surprise, Moscou conteste et «regrette que la Cour ait ignoré le fait que les anciens actionnaires de Ioukos, dont Mikhaïl Khodorkovski, n’étaient pas tous de bonne fois.» Cet argument dans la bouche du gouvernement russe ne manque pas de saveur.

 

Allemagne

Le PDG de Siemens, Joe Kaeser s’indigne que des activistes pointent du doigt un contrat de 18 millions $ pour la réalisation d’un train afin de transporter du charbon en Australie. Droit dans ses bottes, le PDG a souligné «Siemens aide ses clients à réduire ses émissions de carbone. Il est grotesque qu’un projet en Australie devient la cible d’activistes.»

Toujours du côté de Siemens, le géant allemand a acheté le constructeur d’éoliennes espagnol Gamesa pour la rondelette somme de 1,1 milliards $.

D’ici à 2030, Berlin propose de générer 5 GW d’hydrogène pour les transports, l’industrie et le chauffage. De plus, les stations à hydrogène vont être multipliées. L’initiative est principalement soutenue par l’industrie du gaz qui propose ses gazoducs pour le transport de l’hydrogène.

Tesla a reçu le feu vert pour continuer la construction de son usine à Berlin. La coupe de très nombreux arbres avait bloqué le processus.

 

Suisse

Le salon de l’automobile de Genève a été annulé suite à l’épidémie du coronavirus. Depuis des années, le salon est sur une pente négative. Coup dur ou coup de grâce?

Le gouvernement Suisse avait promis que les nouvelles voitures n’émettraient pas plus de 13 kilos de CO2 par 100 km d’ici à la fin 2015 et moins de 9,5 kg dès 2020. En 2017 et 2018, cette quantité n’a cessé d’augmenter pour arriver à 13,7 kilos selon le Conseil Fédéral. Le parc automobile Suisse est le plus polluant d’Europe et les carburants parmi les meilleurs marchés.

Selon le journal Sonntagszeitung, en 2017, la banque Crédit Suisse a espionné Greenpeace. La Banque qui a investi plus de 57 milliards $ dans les énergies fossiles avait réussi à obtenir les actions prévues lors de son assemblée générale par l’ONG. Crédit Suisse n’a pas souhaité révéler de quelle manière elle y était parvenue. Avec toutes les opérations d’espionnage organisées par le Crédit Suisse, on imagine qu’elle a pu bénéficier de tarifs préférentiels.

Chaque année en Suisse, plus de 6’000 personnes décèdent à cause de la pollution notamment des voitures. Faudrait-il renommer NOX, NO2, etc.. par coronavirus pour que les autorités s’agitent?

 

Angleterre

Premier Oil a réussi à obtenir 2,9 milliards $ de ses investisseurs afin d’assurer sa survie pour les 2 prochaines années. La compagnie active notamment dans la Mer du Nord accuse une dette de 2,4 milliards $.

 


Dessin Chappatte. Les machines de cryptage Crypto

 

Les Amériques

Schiste Américain

Le taux de déplétion pour les forages de schiste est 10 fois supérieurs au pétrole conventionnel (4%). La seule manière de compenser cette perte est de forer des milliers de puits qui deviennent de plus en plus difficile à financer et de moins en moins productifs. Il semble que nous sommes sur le point d’avoir fait le tour de la question aux USA. Est-ce que le prochain producteur de schiste sera la Russie ?

Le baril est passé sous les 50$ à New York. Alors que l’industrie doit rembourser 40 milliards $ de dettes cette année, l’équation reste inconnue. On voit mal comment certaines entreprises vont pouvoir trouver de l’argent d’une main et en perdre de l’autre.

Selon le directeur de la North Dakota’s Mineral Resources, Lynn Helms, la production du Dakota du Nord va atteindre son pic d’ici 2 à 5 ans et les producteurs doivent forer dans des gisements moins prolifiques. En décembre la production a reculé de -43’000 à 1’475 millions b/j.

Le PDG de Hess Corp, John Hess, pense que dans le gisement du Bakken pourrait atteindre son pic d’ici à 2 ans et que le plus grand gisement de schiste, le Bassin Permin arrivera à son pic d’ici à 5 ans.

Dans son Bankruptcies report, Haynes and Boone reporte la liste de toutes les entreprises pétrolières américaines qui ont fait faillites depuis 2014. Pour l’année 2019, elles sont 42. Au niveau du schiste, c’est l’hécatombe.

La production de schiste continue de progresser, mais de manière plus subtile à +11’000 b/j en février avec une prévision de 18’000 en mars. Seul le Bassin Permien augmente son extraction sur la période de 2 mois. Tous les autres gisements sont à la baisse. Il est vrai que les prix très bas du baril ne pousse pas à l’extraction.  Quel sera le comportement des investisseurs si les cours remontent à 80$ ou plongent sous les 50?

Entre 2010 et 2018, la production moyenne des forages de schiste a augmenté de 28% et l’injection d’eau de de produits chimiques de 118%.

Avec un hiver chaud, la demande de gaz de chauffage a diminué poussant les prix du gaz à un bas record de 1,77$.

 

La croissance de la production américaine de pétrole de schiste semble atteindre un plateau

 

Canada

Des tribus indiennes ont bloqué des voies ferrées pour protester contre la construction de pipeline de 670 km de GasLink. Ce tuyau de 4,8 milliards $ va relier le pétrole des sables bitumineux et le gaz de l’Alberta au port de Kitimat dans le Pacifique. Les Mohawks et les Wet’suwet’en ont érigé des barricades sur leurs terres et bloquent le réseau rail du pays.

Comme le premier ministre Justin Trudeau n’est pas homme à prendre des décisions, on se demande comment il va s’en sortir. De surcroit, Trudeau affaibli politiquement par un gouvernement minoritaire applique la règle du mikado : le premier qui bouge, perd.

 

Venezuela

L’entreprise pétrolière nationale PDVSA a 661’000 b/j de pétrole invendus à cause des sanctions américaines.

Les USA ont inclus dans leurs sanctions la société fille Rosneft Trading SA basée en Suisse. Elles ne sont pas appliquées à la société mère Rosneft qui est en lien direct avec Vladimir Poutine.

L’entreprise commercialise une grande partie du pétrole vénézuélien au nez et à la barbe des américains. Comme Washington aimerait démettre le président Maduro, soutenu par la Russie, la Chine, Cuba et la Turquie, elle interdit à toute entité américaine de faire du commerce avec Rosneft Trading SA et ses actifs aux USA sont bloqués.

Dans les faits, l’entreprise pétrolière nationale du Venezuela, PDVSA, vend aux russes son pétrole avec un rabais indécent à 20-30$ le baril. Via ses transactions pétrolières, le Venezuela a déjà remboursé la quasi totalités de ses dettes à Moscou.

Trump a permis à Chevron de continuer ses extractions pétrolières au Venezuela. Ainsi la major américaine vient d’augmenter sa production dans le pays. La probabilité de générer des bénéfices permet aux lobbyistes du pétrole de mettre sous pression Washington afin de lever les sanctions.

 

Brésil

La production pétrolière a augmenté de 20,4% en une année à 3,168 millions b/j, notamment grâce aux gisements en haute mer.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Le prince héritier MbS vient de rebrasser les cartes du gouvernement. L’ancien ministre du pétrole, Khalid al-Falih a retrouvé un poste dans le nouveau ministère des investissements. Le sport, le tourisme et les ressources humaines auront également un Ministre ce qui montre l’envie du pays de s’ouvrir sur le monde et d’attirer des touristes ainsi que des dollars.

Avec la chute des cours du baril, Riyad va demander aux membres de l’OPEP, de diminuer les extractions de -600’000 b/j avec l’espoir de remonter au-dessus de 50$ dans un premier temps et 60$ après. Cette réunion aura lieu début mars. Le Royaume a besoin d’un baril à 85$ pour équilibrer les comptes de son budget.

 

Irak – Syrie

L’annonce de la nomination de Mohammed Tawfiq Allawi comme premier ministre reste en travers de la gorge notamment dans les régions pétrolières du sud de l’Irak. Du coup, les forces irakiennes ont été appelées à assurer la sécurité des forages pétroliers.

La plupart des gisements sont opérés par des sociétés et du personnel étranger. A Bassora, les manifestants continuent de demander des changements politiques et économiques. Si les manifestations pacifiques sont accueillies avec des vraies balles par l’armée, le blocage des gisements pétroliers touche une corde plus sensible du gouvernement.

En Syrie, la Turquie, la Russie et le gouvernement syrien jouent un jeu dangereux à base de testostérone. Heureusement que Trump n’est pas inclus dans cette partie. Plus de 33 soldats turques ont été tués par des bombes d’avions russes dans la région d’Idlib. Moscou confirme son soutien à la Syrie et la Turquie menace l’Europe de l’ouverture de ses frontières afin de laisser passer les migrants venus de Syrie.

 

Emirats Arabes Unis

Si les températures étouffantes ne suffisaient pas, Dubaï est devenue une proie privilégiée des stars du web dont l’objectif est de parader (pour le compte de marques) soit avec des sacs à main soit avec leur bébé trop mignon et vis versa.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le gouvernement a autorisé la construction d’une première centrale nucléaire dans le pays. Ainsi, Abou Dabi est autorisé à exploiter les 4 réacteurs de sa centrale nucléaire de Barakah. On espère que son nom lui porte chance. Elle devra couvrir 25% de l’électricité du pays avec 5’600 mégawatts. C’est le coréen Korea Electric Power Company (KEPCO), qui est en charge de mettre en service les 4 réacteurs pour une modique somme de 20 milliards $.

 

Iran

Lors des élections, le pays a vu une victoire des ultra-conservateurs. En même temps, des résultats différents auraient fait froncer les sourcils. En effet, presque tous les candidats modérés avaient été soigneusement écartés. Pour les 2 années restantes à son mandat, la position du premier ministre modéré Rouhani sera compliquée. Le mélange ultra-conservateur iranien et Trump prépare un cocktail qui pourrait donner des mots de tête.

Malgré l’embargo, Washington a accordé à l’Iran l’autorisation de livrer son gaz à l’Irak. L’Irak a besoin de gaz pour produire de l’électricité, car sans électricité, il est compliqué de vivre dans une région devenue trop chaude. Il reste un détail. Les transferts des payements irakiens vers l’Iran sont bloqués et Téhéran est incapable de transférer dans ses coffres plus de 5 milliards $.

La vague de froid pousse la consommation de gaz à des niveaux records. La quantité de gaz consommé pour le chauffage diminue la disponibilité pour la production d’électricité par les centrales à gaz. Des coupures de courants de plusieurs heures ont été instaurées dans la capitale Téhéran.

Le député iranien à l’Organisation de l’Energie Atomique, Ali Zarean a annoncé que l’Iran a dépassé la limite pour l’enrichissement d’uranium. Cette annonce est intervenue alors que les signataires européens Allemagne-France-Angleterre ont condamné l’Iran pour avoir rompu l’accord signé en 2015. L’ombre de Donald Trump et les menaces sur une taxation des exportations de voitures vers les USA planent sur le comportement européen.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Le gaz naturel liquide a touché un bas record à 3$ par million BTU contre 20$ il y a 6 ans. Les exportations américaines ont noyé le marché d’autant que les températures assez chaudes aux USA ont limité la consommation de gaz de chauffage.

 

Japon

Tokyo a déployé des bateaux militaires le long des couloirs de passages des pétroliers dans le Moyen-Orient avec la permission de faire feu. La constitution japonaise interdit l’utilisation de la force dans les eaux internationales, mais comme le 90% du pétrole japonais provient du Moyen-Orient, une entorse est justifiée.

Une manifestation a eu lieu au siège du Comité Olympique à Lausanne pour éclairer le CIO sur la relation entre la catastrophe nucléaire de Fukushima et les prochains Jeux Olympiques de Tokyo de cet été.

Tokyo a reculé les dates prévues pour déverser les millions de litres d’eau hautement radioactive de Fukushima dans le Pacifique. Le gouvernement va attendre la fin des Jeux Olympiques pour débuter ce processus.

 

Inde

Le prix de l’énergie solaire atteint $3,4 centimes kWh soit moins cher que le charbon. Cependant, les 1,3 milliards d’habitants comptent sur le charbon pour leur électricité.

 

Consommation de pétrole:
Ligne bleue: la consommation continue. Vert: avec les réglementations proposées.
Rouge: pour maintenir une température à +2 degrés

 

Afrique

Libye

Les grandes nations ont choisi la Libye pour se battent à distance. Bien que la Libye soit un grand désert, elle détient deux ingrédients explosifs : pétrole et migrants désireux de rejoindre l’Europe. A force de faire joujou, Turquie, Egypte, Russie, USA, France, Italie risquent bien de tous en sortir perdants.

Le général Haftar tente d’asphyxier financièrement le pays en bloquant les exportations pétrolières. Ainsi les extractions ont passé de 1,3 million à 125’000 b/j. Comme le pays n’a pas de capacité de stockage, le blocage des ports et certains pipelines permet de paralyser la production. Cette stratégie pourrait mener au chaos et les semaines à venir apporteront un éclairage sur les velléités du général et de son opposant.

Les revenus du pays ont diminué de 1,74 milliard $ depuis le 18 janvier.

La National Oil Corporation (NOC), en charge de la commercialisation du pétrole, craint que certains forages ne puissent pas être remis en service une fois la situation rétablie.

Du côté des marchés, la perte d’un million de barils par jour, permet d’amortir la chute des cours.

 

Nigeria

L’extraction pétrolière du plus grand pays producteur d’Afrique, pourrait diminuer de 35% dans les 10 prochaines années. Dans le même temps, le ministre du pétrole annonce une découverte d’un réservoir de 1 milliard de barils dans les territoires du nord.

 

 

Phrases du mois

«Nous savons que la demande va continuer à croitre grâce à l’augmentation de la population, la croissance économique et les nouveaux standards de vie. Nous savons que les surplus vont diminuer plus rapidement que ce que l’on pense. Alors les marges vont remonter et de nouveaux forages seront nécessaires.» Darren Woods, PDG ExxonMobil

«Si Justin Trudeau, le premier ministre canadien, était sérieux sur la sortie du pétrole bitumineux, il devrait venir avec une alternative pour les 11% de PIB produit par cette énergie.» Irina Slav, OilPrice.com

«Chercher des coupables occupe le temps et économise l’introspection.» Sylvain Tesson

«La grande question : avons-nous passé le pic de croissance du pétrole de schiste aux USA ? Nos prévisions prédisent le oui. Les développeurs de pipelines et leurs financiers sont de plus en plus concernés.» Wood Mackenzie (agence pétrolière).

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

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