Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.

 

 

L’Ouragan Harvey: le Fukushima Américain ?

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump n’a cessé de promouvoir sa doctrine de «Dominance Energétique» sur le reste du Monde.

Il aura fallu l’arrivée de l’ouragan Harvey, puis dans une moindre mesure, celle d’Irma, pour souligner la fragilité du secteur pétrolier et gazier américain ainsi que le manque de résilience du système énergétique. La région, balayée par les ouragans, est le cœur de l’industrie pétrolière et pétrochimique du pays. Ces événements soulignent que tous les œufs ont été mis dans le même panier et questionnent les choix du Gouvernement.


L’industrie pétrolière secouée par Harvey

Certes Harvey est un événement exceptionnel (pour combien de temps encore), mais en un seul passage, il aura réduit de 25% les capacités de raffinage américaines (2 millions de barils/jour), mis à l’arrêt les nombreuses plateformes pétrolières du Golfe du Mexique, ralenti les forages de schiste dans les terres texanes et stoppé une grande partie des pipelines qui convergent vers la Louisiane et le Texas.

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, 45% de la capacité de raffinage pétrolier du pays et 51% du gaz sont localisés dans cette région. De plus, les plus grands champs de schiste, sensés participer à la renaissance énergétique du pays, se trouvent également dans cette zone de tir.

En toute logique, c’est dans cette région que l’industrie pétrochimique s’est installée. En quelques heures, 61% de la production de plastique à base d’éthylène a été mise hors service.

A grands coups de millions de dollars, 8 des 20 raffineries endommagées ont pu reprendre du service. Motiva, la plus grande unité du pays, située à Port Arthur, devrait atteindre 40% de sa capacité dans les jours à venir.

Cependant, pour combler le manque de production et très loin de la «Dominance Energétique», 40 tankers pétroliers ont été redirigés d’Europe et d’Amérique Latine en direction des USA.

 

Irma ferme les centrales nucléaires de Floride

En Floride, entre Miami et Fort Lauderdale, 36% des stations d’essence étaient à sec, malgré plus de 40 millions de litres livrés en urgence pour permettre l’évacuation des habitants. Les moyens de transports en commun inexistants, c’est en voiture que la population a dû fuir l’Etat.

Du côté électrique, les deux centrales nucléaires, Turkey Point et St. Lucie ont été mises à l’arrêt. Son propriétaire assure que les murs de protection de 6 mètres, érigés autours des réacteurs, suffisent pour faire face aux inondations.

 

Harvey et Irma : le Fukushima Américain?

Il est encore trop tôt pour évaluer les impacts de Harvey et d’Irma sur la politique énergétique du pays. Une certaine humilité et un recul pourraient être envisagés, mais pour l’administration Trump, il semble compliqué de mettre tous ces mots dans une même phrase.

Une première tendance se dégage.

Les médias n’ont pas cessé de souligner l’importance de l’augmentation de la température de l’eau dans le Golfe du Mexique et dans l’Atlantique, la rapidité de la formation des ouragans et leurs puissances démultipliées dues au réchauffement climatique.

Ce thème est en train de s’ancrer comme une évidence au sein de la population, même si le Directeur de l’Agence de l’Energie, Scott Pruit, a sobrement annoncé «Ce n’est pas le temps de parler de changement climatique !»

De son côté, le Gouverneur du Texas, Greg Abbott, farouchement opposé à l’idée d’un réchauffement, se trouve sous les feux de la rampe pour avoir privilégié la croissance à tout prix, encouragé les constructions et de n’avoir pris aucune mesure contre les inondations durant ces dernières années.

Peut-être que nous allons atteindre le point ou les dégâts seront trop sérieux pour être ignorés et que les émissions de CO2, de méthane ou de gaz à effet de serre générés par les énergies fossiles seront prises en compte dans la facture de ces dévastations.

Il reste à voir si ce jour est arrivé ou pas!

Harvey a le potentiel d’un Fukushima américain. Sous la pression des électeurs, des entreprises et des victimes, le président américain pourrait être tenté de revoir sa copie sur les ambitions énergétiques du pays et son positionnement sur les catastrophes météorologiques.

Pendant ce temps, le puissant réseau Fox News, proche du gouvernement Trump, a apporté une réponse, à sa manière, sur sa Page d’Accueil: Irma arrive, où est Dieu ?

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.

– Qatar: 1,5 jour de production pour le PSG et Neymar
– Texas: L’ouragan Harvey disrupte le pétrole
– USA: Déjà les premiers signes du déclin du pétrole de schiste
– Chine: Feu vert pour réaliser un nouveau réacteur nucléaire
– Venezuela: Bras de fer Russo-Américain pour le contrôle de Citgo
– Angleterre: Après l’essence, Shell va vendre de l’électricité!


Même l’ouragan Harvey n’aura pas réussi à faire remonter le baril de pétrole. Au contraire, il baisse: 50.86$ à Londres (51.49 juillet) et 45.96$ à New York (49.04 juillet).

L’uranium est toujours en vacances 20.50$ (20.50$ juillet).

Monde

En juillet, la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine a enregistré le deuxième mois le plus chaud sur la planète terre.

 

Nucléaire

Il semble que les constructeurs de centrales nucléaires sont engagés dans une féroce compétition afin de réaliser le plus grand fiasco financier. Areva garde une longueur d’avance avec les dépassements des budgets des EPR à Flamanville en France et à Olkiluoto en Finlande. Les deux centrales en Angleterre devraient également faire un carton. Cependant Toshiba remonte la pente.

Ainsi, Santee Cooper and South Carolina Electric & Gas Company a ordonné à Toshiba, Wetinghouse, l’arrêt de la construction des deux centrales nucléaires AP1000 à VC Summer plant, à Jenkinsville, Caroline du Sud, USA. Motif: une spirale haussière des coûts incontrôlables. Initialement devisé à 5,1 milliards $, le score actuel est de 11,4 milliards $ et la date de livraison passe de 2019 à 2024. Avec l’arrêt immédiat, Santee Cooper aura dépensé 4,7 milliards mais économisera 7 milliards $.

 

OPEP

La production du cartel dépasse de 470’000 barils/jour (b/J) les quotas imposés. Quand les coûts de production sont inférieurs à 50$, les pays producteurs sont satisfaits de vendre leur pétrole et de générer du cash.

Dessin Chappatte, Le Temps

 

USA

Trump a signifié à l’ONU son retrait officiel de l’accord de Paris sur le climat.

Dame Nature est très joueuse. L’ouragan Harvey a balayé le Texas et notamment les champs du très polluant pétrole de schiste d’Eagle Ford. De plus, Harvey a réussi à mettre hors service la plus grande raffinerie pétrolière américaine à Port Arthur ainsi que 12 autres unités et de nombreux forages. Du côté humain, c’est une tragédie.

Le dernier jour du mois, 20% de la capacité de raffinage pétrolier est hors service et Washington a commencé à puiser dans les réserves stratégiques pour combler le manque. De plus, 40 tankers pétroliers ont été redirigés d’Europe vers les USA.

Bonne nouvelle pour les assureurs américains. Une grande partie des propriétaires des maisons ravagées par les inondations de l’ouragan Harvey possèdent une assurance de base qui ne couvre pas les inondations.

La demande d’essence a atteint un nouveau record aux USA à 9,85 millions b/j. Le club automobile AAA constate que le prix moyens des carburants est de 2,34$ le gallon, soit 0.61 ct le litre.

La production pétrolière US atteint 9,5 millions b/j en août, un plus haut depuis 2 ans. Paradoxalement, le prix du baril est toujours en-dessous de 50$. A ce tarif la grande majorité des exploitants perdent de l’argent.

Avec le départ de Steve Bannon de l’admiration Trump, le charbon a perdu son plus grand supporter. M. Bannon voulait accorder à l’industrie du charbon des subsides à hauteur de 15$ la tonne et taxer fortement l’importation de panneaux solaires chinois.

Les USA ont effectué une première livraison de gaz liquide de schiste à un pays de l’Est: la Lituanie.

Selon l’EIA, la production des forages offshores du Golfe du Mexique devrait atteindre son peak oil en 2017 avec 1,91 million b/j. Le nombre de forages actifs ainsi que la mise en service de nouveaux puits n’ont pas cessé de diminuer depuis 2014.

L’élémentaire John Watson, CEO de Chevron, va être remplacé par Michael Wirth. Chevron a essuyé une perte de 497 millions $ en 2016.

Tiens, les banquiers américains sont en train de vendre les actions de leurs propres banques. Quand votre banquier vend les actions de sa propre banque, c’est un peu comme la mer qui se retire avant un tsunami.

La 7ème flotte américaine basée en Asie ne tient pas la grande forme. Depuis le début de l’année, 4 bateaux militaires américains sont entrés en collision avec d’autres bateaux. Ce mois, c’est l’USS John S. McCain qui a réussi à heurter le pétrolier Alnic MC qui était à l’arrêt et ancré à l’est des côtes de Singapour.

L’administration Trump, via Benjamin Friedman, a démantelé le comité scientifique de la National Oceanic and Atmospheric Administration concernant le réchauffement climatique.

Le Gouverneur de la Californie, Jerry Brown, a donné son accord pour poursuivre la réduction de 40% les émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 2016). Le gouverneur a demandé de repenser complètement l’Economie de l’Etat.

L’administration américaine a le chic pour tout faire de travers, jusqu’au choix des chaussures de la First Lady

 

Venezuela

La question reste ouverte pour savoir qui de Trump ou de Nicolas Maduro va être déchu en premier. Malgré les efforts continus du premier, le président Vénézuélien garde un petit avantage.

Les ventes de la major pétrolière nationale, PDVSA, ont chuté de 34% en 2016 à 48 milliards $. Le bénéfice s’est effondré de 90% à 828 millions $ contre 7,3 milliards $ en 2015.

Le Venezuela est le troisième fournisseur de pétrole à Washington et la chute du régime pourrait mettre à mal les livraisons aux raffineries américaines.

Statoil, Chevron et Total ont demandé à leurs travailleurs étrangers de quitter le pays.

Le Russe Rosneft a déjà payé à l’avance 6 milliards $ pour du pétrole et ne va pas faire de nouvelles avances tant que ce pétrole n’a pas été entièrement livré. Ainsi, afin de payer les dettes de Rosneft, Caracas a réduit ses livraisons à Citgo, qui paie en cash. Comme PDVSA possède 49,9% de l’entreprise américaine Citgo, si le producteur national PDVSA devait faire défaut, la Russie pourrait devenir l’heureuse propriétaire de plusieurs raffineries et stations d’essence aux USA.

Pour riposter à cette menace, Washington a imposé des sanctions bloquant la possibilité d’acheter de la dette vénézuélienne et bloquant la possibilité au Venezuela ou à PDVSA de rembourser ses dettes.

Le pays pourrait s’écrouler avant la fin de l’année.

Saturday Night Life SNL – Parodie Donald Trump

 

Arabie Saoudite

Ryad a produit 10 millions b/j en juin et n’a exporté 6,8. Comme d’habitude le royaume brûle d’importantes quantités de pétrole pour la climatisation d’un pays devenu invivable. La consommation intérieure a atteint 2,6 millions b/j durant les mois d’été.

Durant le 2ème trimestre, l’Arabie Saoudite a généré 269 milliards $ de revenus grâce au pétrole (+28% par rapport à 2016).

Ryad se focalise toujours sur la diversification de son économie afin d’anticiper la baisse des revenus du pétrole. Un premier contrat de 5,2 milliards $ pour la construction d’un entrepôt à Ras Al Khair a été conclu. Deux villes, l’une de la taille de la Belgique et l’autre de Moscou, sont en projet.

Avec le réchauffement climatique et la moyenne journalière à plus de 50 degrés ainsi que le manque d’eau, la liste des volontaires pour habiter ces villes ne sera pas facile à remplir.

Cet été, il a fait jusqu’à 53 degrés Al-Ahsa et Al-Kharj (à l’ombre).

L’IPO de Saudi Aramco est toujours au programme et Goldman Sachs tente d’avoir accès au gâteau. Pour des considérations politiques, le Prince Mohammed bin Salman aimerait que la mise en bourse se fasse à New York au lieu de Londres.

L’Arabie Saoudite tente de se rapprocher de l’Irak dans le but d’éloigner l’Iran de Bagdad.

 

Chine

Pékin a approuvé un plan pour que ses deux constructeurs nationaux de centrales nucléaires s’allient et réalisent un nouveau type de centrale nucléaire avec l’objectif de les commercialiser à l’étranger. A l’interne, la Chine développe un ambitieux programme nucléaire avec 200 GW d’ici à 2030. Dans la foulée, les chinois tentent de vendre leurs centrales nucléaires bon marché, mais bien peu de candidats ont le courage (ou la folie) de faire le pas.

Areva et Toshiba, qui ont donné leur savoir-faire aux chinois, se mordent les doigts.

En Chine, la demande d’énergie pourrait atteindre son pic d’ici à 2040 à 4,06 milliards de tonnes d’équivalent pétrole.

La Chine aurait découvert de vastes champs de méthane congelé à proximité de champs de pétrole et de gaz. Les ingénieurs ont réussi à pomper ce méthane mélangé à de la boue. Le Japon a également annoncé la même percée. Le méthane est un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2.

L’IEA pense que la Chine sera responsable de +40% de la consommation de gaz dans le monde d’ici à 5 ans.

Renault (25%) Nissan (25%) et le constructeur chinois Dongfeng Motor (50%) ont annoncé la création de la coentreprise eGT (dont les brevets appartiendront aux chinois) afin de développer et de vendre en Chine des véhicules électriques bon marché coût (3-5’000 euros).

Habituée à ne pas faire dans la dentelle, la Chine a débuté la construction du deuxième plus grand barrage hydraulique au monde, sur le fleuve Yangtze, dans la province du Sichuan. De son côté la ville de Pékin va augmenter sa flotte de bus électriques et va passer de 1’000 à 10’000 unités.

Les producteurs de charbon se frottent les mains avec de solides ventes. Les grandes inondations ont paralysé les installations hydroélectriques et le charbon a été appelé à la rescousse notamment avec l’importation de charbon américain.

La dette chinoise pourrait être supérieure de 6’800 milliards $ par rapport aux chiffres du gouvernement. Le montant des dettes pourries pourraient atteindre les 7’600 milliards $ d’ici à la fin de l’année, soit 5 fois plus que les estimations des banques (avec un ratio de 34% de dettes pourries.)

La Chine a raffiné 10,7 millions b/j en août, au plus bas depuis 7 mois. Il se pourrait que la réserve stratégique soit remplie. Si cette tendance continue, c’est un mauvais signe pour les producteurs pétroliers qui aimeraient voir les cours du baril remonter.

Le bateau de forage Deep-Sea Metro I, opéré par l’Espagnol Repsol pour le compte du Vietnam, a dû arrêter ses travaux dans le bloc offshore 136/3. Pékin conteste ce forage dans la mer de Chine.

La Chine perd 17% de sa production d’énergies renouvelables à cause de manque de capacité de stockage.


Chappatte

 

Europe

Suisse

Transocean, qui s’est judicieusement logée dans le Canton de Zoug à des fins d’optimalisations fiscales, a acheté son concurrent norvégien Songa Offshore SE pour 1,1 milliard $. La firme active dans le forage pétrolier répond à Ensco Plc qui a avalé Atwood Oceanics Incs pour 839 millions $. Un vent de consolidation plane sur le secteur des services pétroliers.

Addax Petroleum, active dans le trading, a décidé de quitter Genève.

 

Russie

Avec une baisse de production de 307’000 b/j par rapport à octobre 2016, la Russie est en phase avec la diminution de production demandée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP).

L’équipe de Trump a imposé de nouvelles sanctions à la la Russie. Cette fois, les américains sanctionnent les entreprises européennes qui travaillent avec Moscou notamment dans le domaine de l’énergie et pour la construction du gazoduc Nord Stream 2. Historiquement dès 2014, les sanctions de Washington voulaient empêcher la Russie de développer le pétrole non conventionnel (schiste) dans le but de protéger les entreprises américaines contre une concurrence Russe.

En pratique, le norvégien Statoil travaille avec le russe Rosneft et BP pourrait débuter un autre projet ce qui a le don d’agacer Exxon ou Chevron.

Sous embargo technologique, les russes pourraient avoir découvert un système thermochimique de fracturation plus efficace que la fracturation américaine. Le processus pourrait augmenter la production de 1,7 à 6 fois.

 

Allemagne

Les constructeurs automobiles ont trouvé un filon pour écouler leurs voitures diesel truquées devenues invendables en Occident. C’est en Inde que les Allemands font le forcing pour écouler leurs stocks.

La capacité de production d’énergie solaire et éolienne se monte à 95 GW (+3,8 GW depuis janvier).

L’inflation est grimpée à 1,7% en juillet. Un record depuis 2008.

 

France

Total, la compagnie pétrolière française, annonce l’acquisition pour 7,45 milliards $ du Danois Maersk Oil & Gas, filiale du numéro un mondial du transport maritime Maersk. Le prix d’achat se situe entre 50 dollars et 55 $ le baril.
Elle permettra au groupe tricolore d’accroître ses réserves prouvées et probables de 1 milliard de barils, s’ajoutant aux 11,5 milliards actuels. Entre 2014 et 2020, la production de Total pourrait passer de 2,1 millions à 3 millions de barils par jour si les prix du baril remontent.

Record de chaleur en France durant le mois d’août. Le thermomètre est monté jusqu’à 42,8 degrés.

Le Qatar a offert Neymar et Kylian Mbappé au PSG pour 400 millions €. Somme colossale? Non, 1,5 jours de production pétrolière. A mettre dans la catégorie: “peu mieux faire”.

 

Angleterre

Royal Dutch Shell va vendre de l’électricité à ses clients industriels et montre sa capacité de passer de l’essence à l’électron. Cette stratégie représente une menace pour les producteurs électriques. Pour les autres pétroliers, cette position bouscule leurs business modèles basés sur le tout à l’essence.

L’américain Cuadrilla Resources va commencer l’extraction de gaz de schiste dans le Lancashire devant une opposition populaire de plus en plus forte. Si tout se passe comme prévu, d’ici à quelques mois, Cuadrilla Resources devrait annoncer un bouillon financier et sa retraite d’Angleterre.

 

Norvège

L’industrie pétrolière salive à l’idée d’extraire du pétrole le long des splendides côtes des Lofoten. L’élection à venir et la nouvelle sensibilité des norvégiens face au pétrole pourraient bloquer ce rêve.

Puisque l’on parle des Lofoten, il est possible de manger de la baleine dans un grand nombre de restaurants du coin. La Norvège dépasse le Japon dans la capture et la mise en conserve des baleines.

 

Arctique

Le bateau de gaz liquide Christophe de Margie, affrété par Total, a été le premier tanker à passer à travers l’Arctique sans aucune aide, pour livrer sa cargaison dans le port de Boryeong, Corée du Sud.

Le réchauffement climatique et la fonte des glaces ne font pas que des malheureux.

Le réchauffement climatique est un canular

 

Les Amériques

Brésil

Il y a quelques années seulement, Petrobras était la compagnie pétrolière la plus endettée du monde. Grâce à la nouvelle équipe et la découverte de puits offshores prolifiques, la situation est en train d’évoluer.

De son côté le président Michel Temer se débat toujours dans des histoires de corruption.

 

USA : Pétrole et gaz de Schiste

Dans le Bassin Permien, les investisseurs s’inquiètent de l’augmentation du ratio d’extraction pétrole/gaz. Les quantités de gaz ne cessent d’augmenter au détriment du pétrole. Historiquement, c’est un signe que les gisements se vident. Pioneer Natural Resources, l’un des plus grand producteur de schiste pourrait voir sa valorisation boursière baisser de 3 milliards à 19 milliards $.

L’optimisme du schiste américain s’étale presque partout. Les articles publiés par les agences de communication plébiscitent le schiste et annoncent des niveaux record de production dans les mois à venir. Objectifs: séduire les investisseurs et Wall Street.

Les meilleurs forages dans les champs du Permien, Eagle Ford, Bakken Haynesville, Marcellus, Niobrara et Utica ont produit 350’000 barils de moins par jour entre juillet et août. Comme le niveau de déplétion est très rapide, les producteurs ont dû mettre en service de nouveaux puits à hauteur de 350’000 b/j pour maintenir le niveau de production.

Le Permien possède la moitié des forages sur sol américain et certains experts pensent que la production de pétrole de schiste va entrer dans un déclin dans les 3 années à venir, qu’importe le prix du baril.

Le nombre de forages de schiste a diminué à 763 unités.

Les compagnies de pétrole de schiste tentent de diminuer la quantité de sable utilisé pour la fracturation. La forte demande pousse les prix du sable à la hausse. Le Texas produit 60 millions de tonnes à cet effet. Un forage consomme entre 12’000 et 25’000 tonnes de sable alors qu’il n’en fallait que 750 tonnes il n’y a encore que quelques années.

4 accidents pour la USS Navy.

Asie

Inde

La croissance des ventes de voitures a atteint 9,24% cette année et la majorité des voitures utilisent du diesel. L’Inde pourrait être une roue de secours pour l’industrie allemande qui cherche à se débarrasser de ses moteurs truqués et devenus invendables en occident.

Le géant Tata a installé, dans tout le pays, le système LoRa de la société Suisse Orbiwise. Ce système permet de connecter les objets (internet des objets) dans le cadre du smart city afin notamment d’améliorer l’efficience énergétique et l’intégration des énergies renouvelables .

 

Corée du Sud

Le CEO, Dirk Ahlborn, d’Hyperloop Transportation Technologies pense qu’il sera possible de mettre son train sur les rails d’ici 3 à 4 ans. La technologie magnétique propulsera le train à presque 1’200 km/h entre Séoul et Busan sur un trajet de 300 km.

IciNousYallonsDeNouveauStan  (nouveau plan de Trump avec l’arrivée de nouveaux soldats en Afghanistan

 

Moyen Orient

Iran

Le Président Trump a émis le souhait d’annuler le traité nucléaire signé avec l’Iran bien que Téhéran remplisse les conditions. Du coup, le Président Rouhani a menacé de reprendre le programme nucléaire. Avec le chaos qui règne à Washington, il est difficile de savoir ce qui va se passer.

Moscou et Téhéran ont conclu un accord de troc de 500’000 b/j de pétrole iranien contre des équipements et des produits russes. Ce processus permettra aux deux pays de contourner les sanctions bancaires américaines.

Le frère du président Rouhani a été arrêté par les gardes de la Révolution et mis en prison probablement en signe d’avertissement. Malgré le support des électeurs, les conservateurs font pression sur le Président afin que les changements ne s’effectuent pas trop rapidement.

 

Irak

La production de juillet a légèrement baissé à 3,81 millions b/j dont 3,2 pour l’exportation. Une part grandissante de ce pétrole part pour les USA.

De nombreux voyages de dirigeants irakiens en Arabie Saoudite ont été dénombrés ces derniers mois. L’Arabie Saoudite tente de séparer Bagdad et Téhéran.

Afrique

Libye

Le plus grand gisement du pays, 280’000 b/j, a été bloqué par des milices armées. A travers le pays, plus de 360’000 b/j n’ont pu être extraits sur un total de 1 million b/j.

Le Commandant Khalifa Haftar de la Libyan National Army (LNA), qui a mis la main sur les ports pétroliers et permis au pays d’atteindre un niveau de production pétrolier élevé, s’est rendu à Moscou pour la deuxième fois en une année.

De son côté les américains supportent la partie opposée: le «Government of National Accord» (GNA). Ce jeu montre les alliances qui se dessinent afin de contrôler le pétrole libyen.

 

Nigeria

A 74 ans, le Président Muhammadu Buhari est retourné au pays après un séjour de 3 mois à Londres pour se faire soigner.

Dans le Delta du Niger, 800 habitants ont bloqué des installations pétrolières et réclamé du travail et le développement d’infrastructures.

Le Ministre du Pétrole, Ibe Kachikwu, estime que les coûts de production, corruption comprise, atteint 32$ le baril et que des efforts doivent être faits pour atteindre 15$ le baril. Pour l’instant, le ministre juge qu’il serait préférable que son pays cesse sa production pétrolière au lieu de produire à des coûts élevés et un prix du baril trop bas.

Shell avoue que ses opérations au Nigeria sont menacées par l’insécurité et les raffineries pirates dans le Delta du Niger.

 

Phrases du mois

«Nous ne pouvons pas demander à nos clients de payer pour un projet qui est devenu économiquement impossible”. Lonnie Carter, CEO Santee Cooper pour l’arrêt de la construction deux 2 centrales nucléaires, USA

Quand les taux d’intérêts descendent, cela permet au pétrole de monter et ainsi d’augmenter la production. La chute des taux entre 1981 et 2014 a permis de retarder le peak oil… mais le peak de l’Economie n’est pas très loin. Nous n’avons pas besoin d’encourager le peak oil en remontant les taux (ndr aux USA) et en vendant les titres de la Réserve Fédérale Américaine. Nous avons besoin que les gens comprennent la connexion entre les taux d’intérêts et les prix du pétrole et combien il est important que les taux ne remontent pas.” Gail Tverberg,

« Tout le monde sait que la Chine a un problème de crédits, mais je trouve que les gens oublient souvent l’ampleur.» Charlene Chu

«Si dans un saut d’humeur, Donald Trump veut faire quelque chose contre Kim Jong Un, il y a peu de chose que peuvent l’arrêter. Le système a été construit pour assurer une réponse rapide, si nécessaire. Il y a donc très peu de contrôle sur l’exercice de l’utilisation de l’option nucléaire, ce qui est assez effrayant » James R. Clapper, Ancien Directeur du renseignement national

Nous continuons de croire que le problème avec les nouvelles centrales nucléaires n’est pas l’utilisation du combustible nucléaire. La difficulté est économique. Une centrale est onéreuse, produit en continu alors que la production est devenue de moins en moins chère et décentralisée. A l’avenir, il y aura moins besoin de ces grandes unités de production indépendamment de leur combustible. De plus, les constructeurs de centrales doivent parier d’énormes sommes d’argent pour une production qui débutera dans 10 ans. Avec l’incertitude de la demande d’électricité et des prix, c’est un pari bien difficile à prendre.” Leonard Hyman et William Tilles Oilprice.com

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.