France: bientôt un Divorce Nucléaire?

Le mariage entre l’Etat Français et l’industrie du nucléaire traverse une crise sans précédent. Si la mariée continue d’être dispendieuse, l’argent du ménage ne suffit plus.

Le basculement est d’autant plus foudroyant que les robots allemands et son Industrie 4.0 inquiètent les tricolores. Ils pourraient perdre la maîtrise du démantèlement des centrales ainsi que les milliards € et les emplois promis aux vainqueurs.

Ainsi l’annonce de Nicolas Hulot, sur la fermeture possible de 17 réacteurs, tient d’une logique autant financière que stratégique. Paradoxalement pour garder des emplois, Paris doit agir.


Un Mariage coup de foudre

Pendant des décennies, Paris a porté à bout de bras son industrie nucléaire quitte à imposer artificiellement des prix du kWh au-dessous de la moyenne européenne et d’utiliser l’argent des contribuables pour combler la différence.

Mais la/les centaine(s) de milliards nécessaires pour maintenir en vie certaines centrales, démanteler les plus dangereuses, trouver des solutions pour les déchets et couvrir les dettes monstrueuses du duo EDF-Areva sont totalement hors de proportion avec le budget de l’Etat.

De manière surréaliste et pratiquement le même jour, les français ont découvert le gel du budget de l’armée de 850 millions € et de leurs retraites, alors que le Gouvernement annonce le versement de 1,5 milliards € pour recapitaliser Areva et que 2 milliards € supplémentaires devront être ajoutés à la construction de 2 réacteurs AREVA-EPR sur le sol anglais.

Comme le proposait l’ancien directeur d’EDF, Henri Proglio, “le prix de l’électricité doit doubler afin de permettre l’assainissement des comptes et de faire face aux défis à venir”. Nicolas Sarkozy, en campagne électorale, avait humblement refusé cette décision impopulaire et laissé la patate chaude à son successeur.

 

L’Allemagne ouvre les hostilités

Avec l’arrêt de ses 17 centrales d’ici à 2022, les entreprises germaniques se sont mises au travail pour réaliser les robots et les outils spécifiques aux démantèlements de leurs réacteurs. A cet effet, les propriétaires de centrales ont provisionnés plus de 40 milliards € pour ces opérations ainsi que 22 milliards € pour s’occuper des déchets. Il est évident que Berlin désire utiliser la plus grande partie de ce pactole pour ses entreprises locales.

Le Japon s’est également lancé dans la course au démantèlement suivi par la Corée du Sud et les USA. Si dans ces pays les doses sont encore homéopathiques, Berlin, a l’avantage de s’attaquer à un nombre important d’unités afin «d’industrialiser les processus» et de remporter la guerre des coûts.

L’expérience acquise permettra aux Allemands d’exporter leur savoir-faire. C’est justement sur ce terrain que la France est attaquée.

 

France : l’efficience énergétique oubliée

Aussi cruel que cela puisse paraître, il devient de plus en plus évident que financièrement la France n’a pas les moyens de garder la totalité de son parc nucléaire.

Elle se retrouve dans la même situation que cet entrepreneur en faillite qui soulignait avec humour: «Je perds de l’argent sur chaque produit vendu, mais je me rattrape sur la quantité».

Poussée à utiliser un maximum d’électricité, la France n’a jamais activé un programme d’efficience énergétique et la marge de manœuvre est immense. Le gaspillage s’élève à 40% pour les particuliers et 45% pour les entreprises. Même avec un frein atomique, le français pourrait théoriquement et mathématiquement passer ce cap simplement en améliorant son efficience. De son côté, les entreprises françaises, très actives dans les technologies smart city, pourraient y trouver des opportunités d’emplois et de croissance.

Stratégiquement, l’arrêt de plusieurs centrales permettra à l’industrie française de ne pas perdre trop de terrain sur ses concurrents étrangers et de garder sa main d’œuvre qualifiée.

Cependant ce choix logique va se heurter à une culture du nucléaire ancrée profondément dans la fierté hexagonale et la crainte du changement.

La Suisse, l’Allemagne et bientôt la Corée du Sud ont fait ce pari. Pour Paris, ce divorce permettra peut-être la survie de sa mariée.

 

 

La mort annoncée de la voiture à pétrole

Après un siècle de domination, sommes-nous à l’aube de la disparition de la voiture à pétrole?  Objet de désir, de réussite et symbole d’un statut social, elle est en train de se faire dépasser par sa comparse électrique.

La nouvelle Mobilité apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie en passant par la géopolitique pétrolière mondiale et aux distributeurs d’électricité. Elle devient un élément clé de la nouvelle économie en se métamorphosant de glouton à outil intelligent.


Un changement rapide

Des banderilles électriques de plus en plus acérées ont été lancées et toute l’industrie vacille. Depuis le début de ce mois, la nouvelle petite Tesla est sortie des usines pendant que Volvo a annoncé l’arrivée de l’électricité dans tous ses modèles d’ici à 2019.

L’Inde, la Norvège, la Hollande et bientôt la Chine vont interdire la vente des voitures à essence ou diesel.

Ce revirement de situation est un pied de nez à l’empire Rockefeller. Si en 1900, les voitures électriques représentaient le 34% des ventes à New York, Boston et Chicago, le magnat du pétrole a su imposer aux constructeurs automobiles son or noir.

Effet exponentiel

A ce jour, les ventes ne représentent que le 1% des ventes, mais la boule de neige se transforme en avalanche et plus de 1 million de voitures électriques seront vendues cette année à travers le monde.

Si les producteurs automobiles se sont focalisés sur les grands modèles dispendieux, les voitures électriques low-cost pointent le bout de leur nez. L’Inde et la Chine travaillent sur des véhicules de 3’000 à 7’000$.

Même les pétroliers accusent le coup au point de se demander s’il vaut mieux extraire son pétrole aujourd’hui, même avec des prix bas, au lieu de prendre le risque de devoir, demain, le laisser sous terre par manque de demande. On comprend mieux les réticences des pays de l’OPEP à réduire leurs productions pour faire remonter les cours.

 

 

Evolution des nouveaux modèles de voitures électriques

 

L’accélération de l’industrie automobile électrique réside dans la batterie.

Pour démocratiser ce véhicule, le prix de la batterie devra descendre sous la barre des 100$ le kWh.

Depuis 2010, la chute est vertigineuse pour arriver actuellement à 190$/kWh. Le nouveau leadership de la Chine et l’augmentation du nombre de voitures vendues nous rapprochent rapidement de cet objectif de démocratisation.

Mais pour l’instant, les constructeurs électriques peinent à atteindre l’équilibre financier.

 

A la charge de la recharge

Un “plein” nécessite entre 9 et 30 minutes pour les modèles les plus performants bien que la majorité des voitures se rechargent comme les smart phones: à la maison durant la nuit.

De leur côté, les stations d’autoroutes et les grandes surfaces se profilent dans des solutions qui nécessitent le temps des commissions ou d’un repas.

La grande inconnue réside encore dans le recyclage des batteries. L’industrie du nucléaire a été incapable de résoudre la gestion des déchets et ce laxisme se retourne comme un boomerang sur cette technologie.

Les batteries pourraient bien avoir une deuxième vie afin de stocker la production d’électricité renouvelable dans les maisons et les habitations, mais in fine, un processus de retour à la nature devra être implémenté.

 

Evolution des ventes de voitures électriques dans le monde

 

 

De la voiture gloutonne à la voiture intelligente et utile

La Mobilité électrique apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie mondiale. Elle rebrasse les cartes au niveau de la géopolitique pétrolière et des matières premières. L’Amérique Latine et ses réserves de lithium pourraient supplanter le pétrole du Moyen-Orient.

La voiture va devenir bien plus qu’un simple moyen de se déplacer. Elle va permettre de stabiliser les réseaux électriques, de réduire les pics de demandes, d’ingérer la production renouvelable, de créer des micro-réseaux et de survivre au peak oil.

Ainsi les grands distributeurs électriques tremblent devant la possibilité donnée aux citoyens, anciennement captifs, de produire eux-mêmes leur électricité, de la stocker dans leurs voitures ou de la revendre à leurs voisins.

La voiture change son statut pour devenir un outil de partage et d’efficacité. Contraste saisissant entre une voiture à pétrole qui n’utilise que 2 dl sur 1 litre d’essence/diesel avalé et qui produit 15 kilos de CO2 au 100 km.

 

Paris a annoncé l’arrêt des ventes de voitures à essence et diesel pour 2040. Paradoxalement à la vitesse des changements actuels, si la France tient sa promesse, elle pourrait être l’un des dernier pays au monde à autoriser ces véhicules venus d’un autre siècle !

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: le baril chute à 42$ durant le mois
– Arabie Saoudite: le Roi nomme le prochain Roi
– Corée du Sud: le nouveau président renonce au nucléaire
– USA: Le merveilleux mois de Donald Trump
– Moyen-Orient: Embargo sur le Qatar et la Russie avance ses pions
– Cuba-Venezuela: les deux pays peinent avec le pétrole
– USA: et maintenant les américains veulent nous vendre leur bioéthanol.


Gros coup de mou pour le pétrole qui termine le mois à 47,42$ à Londres (51,84 mai) et 44.93$ à New York (49.66 mai).

En janvier 2016, le pétrole se traitait à 30$. Depuis, il est remonté à 55$ pour replonger à 42,25$ durant ce mois.

L’uranium continue sa descente à 20.10$ (21.50$ mai).

Flux du pétrole de l’OPEP à travers le monde

Monde

La Planète arrive à 7,6 milliards d’individus dont 2 milliards de prisonniers incarcérés dans les geôles de Facebook. L’Inde est en passe de devenir le pays le plus peuplé.

 

Prévisions pétrolières

L’IEA prévoit une augmentation de la demande +1,3 million barils/jour (b/j) cette année et +1,4 million b/j en 2018. La surproduction devrait continuer en 2018. L’agence américaine  calcule que le schiste US va augmenter de 430’000 b/j cette année et +780’000 en 2018.

 

Peak oil, peak demand ou peak economy ?

Le pic de la demande de pétrole redevient “tendance” dans les communiqués de presse. Le concept, poussé par les pays producteurs et les majors pétrolières, espère retarder les éventuelles restrictions ou taxes sur les énergies fossiles.

Cependant, ne serions-nous tout simplement pas sur le point de d’atteindre le pic de l’économie? Les niveaux records de la dette mondiale caressent-elle cette hypothèse?

 

Energies Renouvelables

Bloomberg New Energy Finance estime que l’énergie solaire rivalise financièrement avec la production électrique au charbon en Allemagne et aux USA. D’ici à 2021, le solaire sera compétitif en Chine et en Inde. Le scénario suggère que les énergies vertes prennent des parts de marché bien plus rapidement qu’anticipé. La major BP confirme cette probabilité dans sa revue annuelle sur l’énergie.

Le juste prix pour le pétrole pour les producteurs et les consommateurs

France

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a accepté l’utilisation jusqu’en 2024 de la cuve de l’EPR de Flamanville dont les ségrégations de carbone posent problèmes.  La décision n’a surpris personne tant le nucléaire est un sujet tabou en France.
Le rejet de la cuve par l’ASN enclencherait un «effet domino» en remettant en cause la faisabilité de l’ensemble des projets vendus par EDF et AREVA au Royaume-Uni, en Chine et en Finlande et comme le réacteur en construction a déjà dépassé de 3 fois son budget, ce serait ballot d’en remettre une couche. On espère que les élèves de l’Ecole des Mines, champions en lobbying nucléaire, sont également doués en math sinon il ne reste plus qu’à aller brûler un cierge pour que ce machin n’explose pas en vol d’ici à 2024.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanne, pense que le schiste aux USA ne va pas donner un avantage à son entreprise. A la place, il privilégie le schiste argentin, les forages en mer profonde dans le Golfe du Mexique ainsi qu’au Brésil. Il a également obtenu des accords avec les Emirats Arabes Unis, le Qatar et l’Iran. Mais pas l’ombre d’une goutte de pétrole facile à extraire et bon marché dans son escarcelle.

Total a envoyé ses top chefs à la Silicon Valley pour découvrir les nouvelles technologies ainsi que Tesla afin d’explorer le futur des voitures électriques.

 

Chine

La Chine a enregistré 351’000 nouvelles voitures électriques en 2016 alors que les USA en vendaient 159’000. Le gouvernement penche sur l’interdiction des voitures à essence ou diesel vers les 2020.

Tesla envisage de construire une partie de ses voitures en Chine.

 

USA

Est-ce que l’exploitation de pétrole de schiste est-elle rentable à 40$? La réponse est clairement non, mais les CEO des entreprises sont dans l’obligation de prétendre le contraire s’ils désirent trouver des financements des investisseurs.

Tesla désire lancer son propre service de streaming pour offrir de la musique connectée à toutes ses voitures. Actuellement s’est Spotify qui offre se service pour les voitures vendues en Europe.

Les Etats-Unis se retirent de l’accord sur le climat. Les opinions divergent sur la portée de cette décision. Certains voient un pied de nez aux efforts faits sur le climat, d’autres imaginent un renouveau des énergies fossiles qui déclanchera un nouveau boom économique, alors que certains soulignent que le mouvement de fonds des énergies renouvelables est tellement grand qu’il ne peut pas être arrêté.

Southern Co va suspendre son projet de transformer le charbon en gaz afin de générer de l’électricité. Le système pompeusement appelé «Charbon propre» est très loin d’être rentable et l’entreprise du Mississippi va passer directement au gaz pour abandonner sa «unproven technology».

Alors que la consommation d’essence stagne, le secteur du bioéthanol cherche à exporter. Ce liquide à base de céréales peut être mélangé à hauteur de 10% avec de l’essence. Washington alloue des subsides monstrueux aux paysans américains pour qu’ils utilisent les céréales OGM de Monsanto afin de produire 1,9 milliards de litres d’éthanol.

Le nombre de forages a atteint 941 soit 520 de plus qu’il y a une année.

Donald Duck et Donald Trump

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite se plait à souligner que ses exportations pétrolières diminuent à 7 millions b/j et qu’elle respecte les quotas de l’OPEP. Rien de plus normal. Durant les mois chauds, le pays avale entre 700’000 et 1 million de barils/jours pour faire tourner les installations d’air conditionné.

Le Roi ben Salman a nommé l’un de ses fils Mohammed ben Salman comme Prince héritier à la place de Mohammed ben Nayef. Le nouveau homme fort de 31 ans cumule les fonctions de vice-premier Ministre et Ministre de la Défense et supervise la compagnie pétrolière Saudi Aramco. La décision a une portée importante car elle pourrait assurer la famille Royale d’une succession et elle n’aurait pas à s’entre-déchirer après la mort du Roi Salman, à moins que les nombreux membres de la famille royale se la joue à Koh Lanta.

Corée du Sud

Le nouveau Président Jae-in Moon souhaite arrêter la construction de nouvelle centrale nucléaire et d’annuler les extensions de durée de vie pour les vieux réacteurs.

Le président va également mettre à l’arrêt les 8 centrales à charbon les plus polluantes du pays sur les 59 unités que compte la Corée. Le pays vient de mettre à l’arrêt sa première centrale érigée en 1977 et possède encore 24 réacteurs.

La dégradation de la qualité de l’air et de la pollution ont propulsé M. Jae-in Moon à la présidence et le nouveau élu désire produire 20% de l’électricité à base de renouvelables d’ici à 2030 contre 6,6% actuellement. La Corée va investir 12,2 milliards $ dans les énergies renouvelable cette année et pourrait à nouveau consommer du gaz russe via la Corée du Nord.

Europe

Angleterre

A contrario des autres pays européens, l’Angleterre a totalement libéralisé son marché électrique et gazier. Sans aucune influence, le gouvernement ne peut que compter les coups. En tout cas, Londres démontre la capacité des géants énergétiques à construire un système monopolistique fait d’ententes secrètes entre les grands acteurs pour se partager le gâteau au détriment des consommateurs.

L’exemple du mois: Le sémillant CEO de SSE, Alistair Phillips-Davies, s’est octroyé une augmentation de salaire de 72% passant à 3,31 millions € contre ses minuscules 1,94 millions € de 2016. Son collège, Gregor Alexander, directeur des finances, se sert également joyeusement dans la caisse avec une rémunération en très forte hausse à 2.5 millions €  (1,48 million en 2016).  La compagnie énergétique a augmenté les prix du gaz et de l’électricité de 7% en avril alors que les bénéfices de 2016 étaient de 2,2 milliards €.

Le Gouvernement a débloqué 300 millions € pour développer de nouveaux systèmes de stockage et améliorer les batteries: le Faraday Challenge. Le timing est parfait surtout avec la décision de Trump de favoriser la recherche sur les énergies fossiles.

 

Allemagne

En 2016, l’Allemagne comptait 355’000 employés dans les énergies renouvelables. Plus que la totalité des emplois aux USA dans le domaine du nucléaire, du charbon et pétrole réunis ! Berlin a également économisé 8 milliards $ dans ses importations d’énergies pour les réinvestir localement.

 

Suisse

Une délégation des indiens du Dakota a essayé de rencontrer le Crédit Suisse à Genève. Avec l’Union des Banques Suisse, UBS, le Crédit Suisse et d’autres banques ont investi plus de 1 milliard $ dans le projet de Donald Trump afin de réaliser le pipeline Dakota Access dont le Président possède des actions.
Ce pipeline va transporter le pétrole des sables bitumineux, le pétrole le plus sale qui existe sur notre planète, et traverser les territoires des indiens. Le plus naturellement du monde, les dirigeants du Crédit Suisse ont mis à la porte la délégation.  Si vous désirez agir, vous avez le pouvoir de retirer vos investissements de ces institutions et de changer de banque.

Le projet de la construction d’une centrale à gaz à Chavalon a été abandonné pour des raisons économiques.

 

Russie

Depuis janvier, Gazprom a augmenté de 13,2% ses exportations en direction de l’Europe et de la Turquie. Moscou s’est engagé dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre St-Petersburg et l’Allemagne ce qui a eu l’effet de fâcher Washington qui aimerait refiler aux européens leur gaz de schiste.

La nouvelle vague du virus WannaCry, Petrwrap, a touché le pétrolier Rosneft. Le géant russe s’est dit victime d’une «attaque puissante» mais a assuré que sa production n’avait pas été interrompue grâce à un serveur de secours. Du côté Ukrainien c’est la centrale nucléaire de Tchernobyl qui a été infectée par le virus. On ne connait pas l’ampleur des dégâts, mais jusqu’à présent aucun nuage radioactif n’a été observé, ce qui est plutôt bon signe.

L’italien ENI a vendu à Rosneft 30% du champ gazier égyptien Zohr. A l’époque ENI avait décrit le gisement comme probablement le plus grand champ gazier du monde. Comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, Rosneft annonce de bonnes perspectives pour ses recherches en Arctique dans la Mer de Laptev.

 

Pologne

Une première livraison de gaz liquide américain de Louisiana’s Cherniere Energy est arrivé dans le pays. Les américains aimeraient réduire les livraisons russes de Gazprom qui représentent 59% du pays. Le gouvernement polonais désire ne pas renouveler ses accords de livraison de Gazprom dès 2022.

Paradoxalement, il y a 5 ans, la Pologne devait devenir le champion européen de gaz de schiste grâce à des réserves prouvées. Quelques faillites plus tard, il ne reste aucun forage en activité.

 

Les Amériques

USA: Schiste

Le pétrole de schiste est en forte progression à 5,348 millions b/j mais commence à faire peur aux investisseurs. La chute des prix enclenchée par la surproduction américaine, pousse les prix à la baisse.

L’internet des objets touche également l’exploitation de schiste. De petits capteurs sont maintenant capables de collecter des tonnes de données comme la chaleur, l’usure, la pression des forages afin d’en maximaliser la durabilité et d’éviter les casses et réduire les coûts.

L’administration Trump a mis sur le mode «pause» la réglementation qui demande aux opérateurs de pétrole et de gaz de schiste de limiter les émanations de méthane. Au niveau des gaz à effet de serre, le gaz de schiste est plus destructeur que le charbon.

Au Texas, le nombre de tremblements de terre est passé d’une moyenne de 3 durant les années 1975-2008 (avant l’arrivée du schiste) à 15 depuis 2008.

 

Canada

Le nouvel éléphant dans la pièce, pour le pétrole et le gaz, se cache dans les volontés des gouvernements de l’Alberta et du Canada de réduire les émissions de méthane de 40 à 45% d’ici à 2025.

Les sables bitumineux de l’Alberta est certain le pétrole le plus onéreux à produire à cause de la complexité de transformer le tout en liquide qui va alimenter le V6 de Joe America.

A Québec, sur les 900 puits de pétrole ou de gaz mis hors service, le tiers laissent échapper des fuites de pétrole ou de méthane. Il y a 3 ans, le ministère de l’énergie du Québec avait promis de faire le nécessaire pour les inspecter et de colmater les puits problématiques. Grâce à la pression des grandes entreprises de l’industrie, rien n’a été fait. En effet, le colmatage pourrait coûter des fortunes aux entreprises et comme le prix du baril est bas, mieux vaut ne rien faire pour l’instant. (écouter Radio Canada)

 

Cuba

Alors que le Venezuela s’écroule et le pays n’arrive plus à livrer du pétrole à bon prix à Cuba. Depuis 1990, Cuba est dépendant du pétrole vénézuélien grâce à l’échange de médecins et d’autres employés qualifié. Cuba cherche 100’000 barils/jours soit presque la même quantité que la Suisse.

 

Venezuela

Comme Terminator, le pays tombe mais bouge encore. Caracas vend son pétrole lourd et soufré à 39$ le baril et ses raffineries n’arrivent plus à raffiner ce brut par manque de diluant.

Le pays va devoir rembourser 3,2 milliards $ et les poches sont vides à moins que la Chine ou la Russie mettent la main à la poche en échange de pétrole.

Pour l’instant le pays n’a pas payé 2,5 milliards $ à la Russie. On susurre que Goldman Sachs qui essaie de gagner rapidement de l’argent avec les obligations vénézuéliennes pourrait être la prochaine victime.

 

Un petit match de foot pour décompresser?
Dessin: Chappatte

Moyen Orient

Qatar

Il aura fallu 2 semaines après la visite de Trump pour que l’Arabie Saoudite, l’Egypte, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis proposent un embargo sur le Qatar. Le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz. Stratégiquement, le Qatar a très bien manœuvré en se faisant des amis un peu partout comme en France avec le PSG et les hôtels de luxe ou aux USA, le Qatar héberge une grande base militaire américaine. Le pays est allié de la Turquie et de l’Iran. Là, c’est carrément: ceinture, bretelle!

La tactique de saupoudrer tous les pays est un cocktail qui fonctionne bien pour assurer sa sécurité. L’embargo devrait se terminer très prochainement.

 

Yémen

Le détroit de Bab-Al-Mandan qui voit passer 4 millions b/j devient de plus en plus instable. Une coalition navale de 31 pays tente de maintenir la sécurité pour livrer le pétrole du Moyen-Orient.

 

Irak

La Russie a avancé 1 milliard $ aux Kurdes qui ont des besoins importants de cash pour la guerre contre l’Etat Islamique. En échange, Rosneft recevra du pétrole durant les 3 prochaines années ainsi que l’accès à 5 gisements et les infrastructures de transports.

Toujours dans la partie Kurdes entre Erbil et Kirkuk, Exxon, Chevron, Total Repsol, Genel ont abandonné leurs droits d’exploration. Il ne reste que les Russes. Si les Kurdes vont vouloir créer leur propre pays, ils vont avoir besoin de l’aide de Moscou, mais on imagine déjà la cacophonie.

 

Iran

L’Iran a débuté la livraison de gaz à l’Irak. L’accord avait été signé en 2013, mais le manque de sécurité irakien a retardé les livraisons.

L’attaque du Parlement par un groupe de l’Etat Islamique est suspicieuse dans une région si étroitement gardée par les Shiites. Téhéran penche pour l’Arabie Saoudite. A toute chose égale, cet attentat montre que la situation se péjore dans la région.

Afrique

Algérie

L’Algérie met sur le mode pause l’exploitation du gaz de schiste. En raison d’une grogne populaire de la région d’In Salah et surtout d’un manque de rentabilité sur le court terme, selon Nourreddine Bouterfa, l’ex-ministre de l’Energie l’Algérie a officiellement annoncé arrêter provisoirement toute opération dans le gaz de schiste, pour se tourner vers les énergies renouvelables.

Le pays a dernièrement dévoilé son programme en la matière qui lui permettra de passer de 500 mégawatts d’électricité renouvelable à plus de 12 000 mégawats en 2030.

 

Nigeria

Les exportations de pétrole atteignent des sommets à 2 millions b/j. en mai. Cette hausse est en partie due à l’expédition de vieux pétrole qui ne pouvait transiter dans les pipelines.
Cependant, les milices ont annoncé que les petites enveloppes ne suffisaient plus et qu’elles allaient à nouveau s’attaquer aux infrastructures pétrolières dès le 1 juillet. L’année dernière, ces attaques avaient considérablement réduit les capacités pétrolières du pays.

Puisque l’on aborde le sujet des petites enveloppes, la Nigeria National Petroleum Corporation annonce qu’il manque 21,8 milliards $ dans ses comptes. Waow ! Dans ce pays, être un politicien c’est mieux qu’une mine d’or. Détourner 21,8 milliards $!

 

Phrases du mois

«Ce fut un tournant historique dont les gens parleront pendant des années. On n’a jamais vu par le passé, à ce point d’une présidence, une telle réaffirmation des intérêts américains, et la mise en place d’une stratégie en politique étrangère visant à éloigner le monde des dangers croissants et des catastrophes continuelles provoqués par des années de leadership défaillant.» Sean Spicer lors de la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite et la vente pour 100 milliards $ d’armement.

So far, the country’s energy policy focused on low prices and efficiency. But this should change now with our top priority on public safety and the environment.” Jae-in Moon Président de la Corée du Sud

That is right: we don’t submit to terror. We make the terror.” House of Card. Dernière phrase de la 4ème saison, Kevin Spacey dans le rôle du Président des USA.

«Je vais vous donner une idée dont personne n’a encore entendu parler: la frontière sud, beaucoup de chaleur, beaucoup de soleil… Nous réfléchissons à la construction du mur comme un mur solaire. Cela générerait de l’énergie, et cela le financerait» Donald Trump

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

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