Gaz: Trump veut imposer sa puissance à l’Europe

L’approbation du projet de loi par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre Moscou augure de la doctrine Trump: faire des USA la plus grande puissance énergétique de la planète.

Avec la délicatesse d’un éléphant, Washington veut interdire aux entreprises européennes de participer à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 qui reliera la Russie à l’Allemagne. Sans se démonter, l’équipe Trump propose, en toute modestie, que l’Europe s’abreuve avec le gaz de schiste américain afin de créer des emplois aux USA et sauver financièrement ses entreprises gazières.


Pour mieux comprendre ce bras de fer, il est nécessaire de voir la question sous de multiples facettes.

Russie: Construction du gazoduc Nord Stream 2

Le déclenchement des hostilités a débuté avec le démarrage de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie à l’Allemagne. D’une capacité de 55 milliards m3/an dès 2019, le nouveau gazoduc suivra le tracé de Nord Stream 1.

Il y a un mois, les entreprises énergétiques européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall ont conclu l’accord avec le géant gazier russe Gazprom. Les entreprises européennes investissent le 50% des 9,5 milliards € nécessaires à cette construction.

USA: Make it Great Again

Les gaziers américains rêvent d’écouler en Europe et à prix fort leur surproduction de schiste. L’Europe, qui commercialise son gaz à des tarifs 4 fois supérieurs aux Etats-Unis, est une cible prioritaire d’autant que des gaziers de schiste américains continuent de perdre des sommes astronomiques.

De toute évidence, l’annonce de la construction de Nord Stream 2 et de l’augmentation de la dépendance énergétique Européenne face à la Russie bousculent les ambitions américaines.

La parade de Washington est venue via le Sénat qui utilise «l’ingérence présumée des autorités russes dans la campagne présidentielle de 2016 et le respect du Protocole de Minsk avec l’Ukraine», comme justes motifs afin de bloquer la construction de Nord Stream 2. Pour se faire, les sociétés majoritairement allemandes et autrichiennes impliquées dans Nord Stream 2 sont lourdement sanctionnées.

Ainsi, les États-Unis ont l’intention d’entraver la mise en œuvre du projet Nord Stream 2 qu’ils considèrent «comme présentant des risques pour la sécurité énergétique de l’Europe, le développement du marché gazier en Europe centrale et de l’Est et les réformes énergétiques en Ukraine».

Pour que cette loi entre en force, le président Trump et le Congrès doivent encore donner leur aval.

Ukraine : deux milliards $ en jeu

L’Ukraine perçoit presque 2 milliards $/an de la Russie pour le transport du gaz vers l’Europe. Le contournement de l’Ukraine permettra à Vladimir Poutine de diminuer sensiblement ces paiements et d’imposer les tarifs du marché pour les futures livraisons gazières à Kiev.

Pour bien marquer le territoire, Donald Trump a rencontré en personne le président Ukrainien Petro Poroshenko dans le bureau ovale et il s’est même fendu d’un tweet. C’est dire l’importance de la rencontre.

Allemagne: Tenir tête

Angela Merkel a balayé les réticences des pays européens comme la Pologne et les autres pays de l’Est face à la construction de ce gazoduc. Comme d’habitude, l’intérêt Allemand prime sur les considérations européennes.

Pour tenter d’augmenter la croissance et produire son électricité, Berlin privilégie une connexion directe entres les gisements gaziers russes et ses entreprises, quitte à froisser les autres membres de l’Union.

De plus, les puissants acteurs allemands comme BASF et le fournisseur d’électricité et de gaz E.ON sont engagées dans le projet Nord Stream 2.

Autriche : Blessée

Le géant autrichien OMV Aktiengesellschaft est l’un des pilier du pays et participe au consortium. Les USA ciblent directement cette entreprise dans leur démarche et comme Vienne est déjà très chatouilleuse sur les considérations territoriales, cette sanction ne fait pas du tout rire.

L’Europe : Le Financement de l’Ukraine et l’indépendance énergétique

Bruxelles voit d’un mauvais œil la réalisation de ce gazoduc notamment parce qu’il permet à l’Allemagne de bénéficier en primeur du gaz Russe, au nez et à la barbe des autres pays de l’Union Européenne et accroit l’importance énergétique de la Russie sur le vieux contient.

On comprend également les réticences de l’Europe, elle qui tient financièrement à bout de bras l’Ukraine. Avec l’argent des contribuables, Bruxelles devra combler le trou financier généré par la perte des droits de transports payés par Moscou.

Finalement, le gaz Russe produira plus de 120 milliards de kg de CO2 annuellement ce qui permettra de faire monter encore plus la température sur le continent alors que les thermomètres explosent déjà.

Donald Trump a promis d’imposer la puissance énergétique (Energy Power) des USA. Le premier test touche l’Europe.

Est-ce que les européens plieront l’échine ou seront-ils capables de faire front. En ce qui concerne Bruxelles, on en doute.

Pour l’Allemagne, sa compétitivité en dépend et l’on voit mal les industriels allemands ne pas se tenir tête à Washington.

L’été risque d’être chaud, très chaud!

Aviation: Cette impression que les vols bon marché ne polluent pas

L’Office Fédéral de la Statistique Suisse a publié les tendances de la mobilité des Helvètes. En moyenne en 2015, le Suisse a parcouru la moitié de la terre avec 24’850 km dont le tiers, 8’986 km, en avion. Le reste se partage entre la voiture, le train ou le vélo de plus en plus électrique.

L’augmentation du nombre de km effectués en avion a augmenté de 50% depuis les années 2000 pour devenir l’un des postes principal de la consommation énergétique des ménages.

Si le Suisse fait des efforts pour diminuer son empreinte carbone, les tarifs très bas de certaines compagnies procurent le sentiment que pour 50 euros, un avion ne pollue pas ou peu.


En 30 ans, le voyage en avion est passé du stade de luxe à celui de produit jetable. Mais à contrario de ses concurrents comme le train ou la voiture, sa technologie peine à évoluer et ses innovations se focalisent sur l’entassement des passagers ou l’utilisation de matériaux plus légers.

Aucune révolution n’est en vue, mais si l’aviation n’arrive pas à s’émanciper du pétrole, cette dépendance pourrait lui couter la vie.

Repas dans un avion en 1950

Innovation ne rime pas encore avec aviation

A part une brève incartade du Concorde, la vitesse moyenne des avions n’a pratiquement pas évolué depuis les années 70.

Si dans les années 50, les passagers empruntaient l’avion avec la sensation et l’envie de côtoyer de près le progrès technique, aujourd’hui c’est la sensation de liberté et de vacance qui déclenchent l’acte d’achat.

La consommation moyenne de carburant baisse pour s’établir en 2013 à 3,7 litres par passager pour 100 kilomètres contre 4,02 litres en 2007. Cette frugalité est en grande partie due à l’augmentation du nombre de sièges par avion et à la diminution de l’espace à disposition par passager.

Dès 2001, 200 millions d’heures supplémentaires annuellement sont nécessaires pour passer les contrôles de sécurité dans les aéroports alors que dans la majeure partie des incidents, il s’agissait du défaut de design de l’accès au cockpit.

L’utilisation de nouveaux matériaux plus légers a permis d’alléger ces grands oiseaux. Les sièges des passagers ont perdu en moyenne 8 kg.


Pour avoir le même espace qu’en 1977, aujourd’hui, il faut ajouter en moyenne 55€ de plus sur son billet. En comparaison avec 1950, les tarifs actuels sont, en moyenne, 4 fois moins chers. Cependant, les coûts supplémentaires pour les bagages en soute, les repas ou la réservation des sièges tendent à réduire la différence.

Si le confort diminue, par contre, les possibilités d’amusement ont été démultipliées. A la place du seul film, le passager bénéficie aujourd’hui d’un divertissement individualisé.

Point commun avec les années 50, les ordinateurs personnels n’ont plus droits de citer sur certains vols.

Finalement, la plus grande révolution de l’aviation est l’instauration de billets électroniques!

Recherche des Bertrand Piccard

Le fait de payer un tarif infime pour un billet procure la perception que la pollution est négligeable, donc pardonnable. A contrario, un billet à 1’000 € déclenche une culpabilité qui nécessite le besoin d’acquérir des bons de CO2. Cependant le réflexe de compenser ses émissions diminue dans les classes affaires et first class.

Cerise sur le gâteau, alors que l’essence est taxée, le kérosène est mondialement exonéré comme s’il s’agissait d’un produit inoffensif pour la planète.

Un Boeing 747-400 consomme 12’788 litres par heure. Un airbus A320-200 consomme 3’025 litres/h, de kérosène. De son côté, le plus grand avion du monde, l’Airbus A380 consomme 15’000 lt/h soit 110’000 litres pour un vol Paris New-York.

L’aviation a cruellement besoin de nouveaux Bertrand Piccard pour se réinventer. Le temps presse, les réserves de pétrole diminuent, tout comme l’espace pour nos jambes!

Une Chance : Trump n’est pas Smart

En focalisant sa stratégie sur l’exploitation des énergies fossiles, Trump a pris une décision d’une portée magistrale.

Certes, cette erreur stratégique est une malédiction pour le climat, mais elle offre l’opportunité à la Chine d’imposer son leadership industriel dans les énergies du futur et à l’Europe son intelligence dans les technologies «Smart».


Rêver du rêve américain

Miser sur le charbon et le pétrole sent bon les fabuleuses années 50-60 ainsi que sur la grandeur du rêve américain.

Cependant, depuis 5 ans le charbon a perdu 36’000 postes pour rester sur la barre des 50’000 employés. Au temps de la splendeur du charbon en 1980, les USA comptaient 130’000 mineurs.

Le secteur pétrolier dénombre 187’000 emplois directs avec une tendance à la hausse grâce à la seconde vie du schiste. Le lobby soutient qu’avec les emplois indirects, plus d’un million de personnes sont impliqués dans l’or noir.

Alors que les USA comptent 152 millions d’emplois, on perçoit la légèreté des arguments du président Trump. L’essentiel n’est pas là.

En coulisse Wall Street, Goldman Sachs et les pétroliers se frottent les mains car des fortunes devraient être déversées dans ce jeu de l’avion. Pilier de cette opération, la Banque Nationale Suisse, qui soutient à coup de milliards $ le schiste et le charbon américain.

 

La Chine industrielle. L’Europe de l’intelligence

Au début des années 2000, l’Europe et les USA étaient les moteurs mondiaux du solaire et de l’éolien.

Après la crise de 2008, l’arrivée de Pékin, avec son soutien financier illimité et un protectionnisme assumé de ses industries ont permis à la Chine de baisser ses coûts de production et d’écraser la quasi totalité de la concurrence internationale.

En 10 ans, la Chine a créé plus de 3,5 millions d’emplois dans les énergies renouvelables selon l’Irena (agence des énergies renouvelables). On peut espérer que cette Blitzkrieg aura laissé des traces en Europe et en Suisse pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

Nombre d’emplois dans les énergies renouvelables, en milliers

Source: IRENA

Les nouvelles technologies Smart: La peur des USA

L’histoire se répète aujourd’hui avec les technologies intelligentes où l’Europe et la Suisse possèdent une certaine avance technologique.

Ces outils permettent, par exemple, d’intégrer et de stocker l’électricité des énergies renouvelables dans le mix de production, d’augmenter l’efficience énergétique, d’intégrer la mobilité électrique ou les voitures autonomes. La liste est longue.

Si les USA sont maîtres dans le marketing et la communication, en réalité les PME et start-up américaines «Smart» n’arrivent pas à rivaliser avec l’ingéniosité du Vieux Continent. Peut-être que l’objectif premier des entrepreneurs et des investisseurs, «se faire racheter à prix d’or par Facebook, Amazon, Apple, IBM, HP, Google ou Microsoft», leur fait oublier les besoins de leurs vrais clients.

L’opportunité Suisse et Européenne réside dans la peur du Monde d’avoir maille à partir avec l’équipe Trump. Depuis quelques mois, un mot d’ordre revient constamment. Ne pas stocker ses données aux USA ou collaborer avec une entreprise américaine, de peur de voir ses data décortiquées par Big Brother.

La décision de la semaine dernière renforce encore plus le besoin de se distancier de Washington et de privilégier la prudence.

 

Local is beautiful

A l’opposé des monstres de la Silicone Valley, les mondes de l’internet des objets et du Smart City sont en train de se faire une place auprès des entreprises et des citoyens locaux.

En Suisse, les cantons de Genève, Vaud, Zurich et Neuchâtel sont à la pointe avec une myriade d’entreprises qui offrent des solutions innovantes et souvent surprenantes. Les emplois se créent et le monde académique y voit un débouché pour la jeune génération qui peine à trouver un premier emploi.

De plus ces nouvelles technologies vont aider l’implémentation de la stratégie énergétique 2050 auprès des communautés publiques ainsi que des citoyens qui sont de plus en plus nombreux à y voir leurs avantages.

Donald Trump nous donne une fenêtre d’opportunité de 4 ans. Est-ce la Suisse et l’Europe sauront la saisir et la conserver?

Dans tous les cas, le climat et la planète ont besoin de notre innovation et de notre enthousiasme.

 

 

A voir cette semaine, la conférence:  IoTWeek /Smart City Geneva 2017

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. Dans cette revue:

– Trump: Restera, restera pas dans l’Accord sur le climat?
– Arabie Saoudite: des promesses d’achats pour 348 milliards $ aux USA
– OPEP: encore 9 mois de réduction de la production
– France: Le premier ministre, un ancien d’Areva
– Chine: Objectif 50 millions d’utilisateurs de vélos libres
– Danemark: Dong Energy propose un éolien sans subvention
– USA: Le dernier réacteur nucléaire de Three Mile Island va fermer


Suite à la rencontre de l’OPEP  et la tentative de faire remonter le baril, rien ne se passe. Le pétrole termine le mois à 51,84$ à Londres (51,73 avril) et 49.66$ à New York (49.33 avril).

L’uranium boude. Il redescend à 21.50$ (22.75$ avril).

Le thème de l’interro du mois est:  Si une nation ne produit pas assez d’énergie locale afin de supporter la demande de ces citoyens, alors elle doit mendier, acheter, échanger ou la voler à quelque part, ou faire face à son écroulement ou la famine jusqu’à ce que le nombre d’habitants atteigne un niveau durable. Loi fondamentale sur la survie nationale.

 

La France a un nouveau Président

Monde

Le monde attend la décision de Donald Trump: sortira ou sortira pas de l’Accord sur le Climat de Paris? Si les USA devaient se retirer, cela pourrait être une excellente nouvelle pour l’Europe et la Chine qui auraient l’occasion de profiler leurs entreprises dans le secteur des énergies du futur. Si les USA restent, les puissants lobbys du charbon, du pétrole et du gaz pèseront de toutes leurs forces sur le frein. A choisir, mieux vaut partir avec des gens motivés, les autres suivront.

Annuellement, la demande mondiale de pétrole est de 34 milliards de barils soit 5’400 milliards de litres ou 2 millions de piscines olympiques. Alors que le peak oil est tourné en dérision par certains, il n’y a pas besoin de faire plus de mathématique pour comprendre qu’à ce rythme, cette matière première s’épuise gentiment, mais sûrement.

L’Agence Internationale des Energies Renouvelables dénombre 9,8 millions d’emplois dans les énergies renouvelables à travers le monde en 2016 soit deux fois plus qu’en 2012 où l’on en comptait déjà 5 millions.

 

OPEP

Les pays membres ont décidé de reconduire pour 9 mois la réduction de production entamée en novembre. La baisse de 1,8 million b/j (barils/jours) durera jusqu’en mars 2018 et pour l’instant cette diminution est compensée par l’augmentation de la production américaine, de la Libye et du Nigeria.

La nouvelle aurait dû faire remonter les prix, mais comme “chat craint l’eau froide”, les investisseurs demandent pour voir.

Magnifique et hilarant dessin de Chappatte

Justement… les USA

Si les réalisateurs des séries West Wind ou de House of Card avaient décrit le Bronx qui règne à Washington, tout le monde aurait roulé les yeux. Là, on roule les yeux, mais ce n’est pas une série.

Après 100 jours à la présidence du pays, Donald Trump a réussi l’exploit de faire passer Georges W. Bush Junior pour un type intelligent. La grande crainte est de voir Mike Pence, l’actuel vice-président et futur Président, de faire passer Trump pour un gars brillant.

Durant le premier trimestre, la capacité des nouvelles éoliennes ont atteint 2’000 MW. Le Texas est le lieu de prédilection. L’éolien produit le 8% de l’électricité des USA.

Le pape François a réservé un geste fort pour les caméras lors de la visite du Président Trump au Vatican. Il a en effet offert à Donald Trump son encyclique Laudato Si’, «sur la sauvegarde de la maison commune», un texte marquant l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre le changement climatique.
François a également demandé à Mélania: “qu’est-ce que vous lui donnez à manger”? Trop fort ce Pape !

En 30 ans, les USA ont importé 91,2 milliards de barils de pétrole de 80 pays différents dont le Canada qui tient la tête du palmarès avec 17,3 milliards de barils.

La consommation électrique du pays stagne. L’arrivée des LED, des appareils moins énergivores et la baisse de la production industrielle sont les principaux facteurs. De son côté la consommation pétrolière a diminué de 2,4% sur les 12 derniers mois.

Murray Energy va fermer l’une de ces centrale et mine à charbon ainsi que licencier 255 employés dans l’Illinois. Les prix du gaz font des ravages parmi le charbon.

Puis que l’on parle de fermeture. La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island fermera en 2019 selon son propriétaire l’entreprise Exelon. La centrale, qui n’a plus qu’un réacteur en service depuis l’accident qui a vu le coeur de son autre réacteur fondre partiellement le 28 mars 1979, emploie 675 personnes.  Le groupe exploite 23 réacteurs nucléaires aux Etats-Unis et fait face à des problèmes de rentabilité à cause du gaz de schiste et aux énergies renouvelables bien plus économiques.

Douze centrales nucléaires américaines ont fermé ces dernières années et il reste 99 réacteurs en activité. Le business du nucléaire réside dans son démantèlement.

 

France

La puissante industrie du nucléaire a réussi à placer une pièce maitresse au sein du Gouvernement. Édouard Philippe, le premier ministre, est un ancien employé d’Areva. Son activité principale était de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome  Il avait voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité.

Total pense qu’un tiers des voitures produites d’ici à 2030 seront électriques. La demande pour le pétrole devrait atteindre son pic en 2030.

Avec 5,6 millions de véhicules vendus en 2016, le marché de l’occasion français est, en volume, deux fois et demi plus important que celui des voitures neuves.

La Commission européenne autorise EDF à prendre le contrôle d’Areva NP, la filiale du groupe nucléaire, rebaptisée New NP, qui assure la conception et la fabrication des réacteurs français (EPR, Atmea), mais aussi la maintenance de plus de la moitié des centrales dans le monde. En pratique, l’Etat français a simplement transvasé les actifs d’une entité à une autre. Aucun concurrent ne s’est offusqué de la transaction tant les comptes d’Areva sont dans le rouge et que le géant français ne fait peur à plus personne.

Le président Macron a croisé le fer avec Trump. Il n’y avait tellement rien à dire sur cette rencontre que les médias se sont focalisés sur une poignée de main digne des bacs à sable quand on était gamin.

 

Chine

On dénombre 16,9 millions d’utilisateurs de vélos partagés en Chine, un chiffre qui devrait grimper à 50 millions d’ici à la fin de l’année. Le vélo regagne des parts de marché face aux voitures engluées dans les bouchons.

Les clowns de l’agence de notation Moody ont mis leur nez rouge avant de descendre le niveau de rating de la Chine de A1 à Aa3. Motif : la croissance chinoise est en baisse.

On parle beaucoup de l’OPEP pour la stabilisation des cours du pétrole, mais la Chine pourrait être le facteur le plus influent. Sur la croissance de la demande pétrolière mondiale de +1,3 million b/j cette année, la Chine gobe 400’000 barils/jour.

Avec une consommation de 12,3 millions b/j, le pays du milieu s’est lancé sur les traces des USA tandis que sa production interne ne fait que de chuter -500’000 b/j en 12 mois. La Chine aurait-elle atteint son peak oil?

Cependant, les problèmes de dettes pourraient pourrir la croissance du pays. A vrai dire, sans la consommation de la Chine, le marché pétrolier ne peut pas survivre.

 

Arabie Saoudite

Lors du World Economic Forum en janvier, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih avait annoncé que grâce aux coupes de l’OPEP et de la Russie, la situation serait sous contrôle d’ici à juin 2017. Visiblement, le grain sable dans la machine s’appelle pétrole de schiste américain.

Afin de résoudre les tensions militaires aux Moyen-Orient, Donald Trump a une solution : vendre pour 100 milliards $ d’armes à l’Arabie Saoudite. Rien que le dire, ça va déjà beaucoup mieux.

Le Royaume a déjà fortement puisé dans ses réserves financières pour survivre. Des coupes dans le budget sont effectuées pour freiner la tendance. Les promesses de dépenses de plus de 348 milliards $ faites à Trump tombent de nulle part et pourraient simplement être un effet de communication sans lendemain, le temps d’un tweet.

Europe

Allemagne

La ville de Stuttgart, cœur de l’automobile allemande et la ville la plus polluée du pays, a confirmé son intention de restreindre sous conditions et les jours de pics de pollution, l’accès au centre-ville à tous les véhicules diesel antérieurs à la norme Euro 6.

En campagne pour sa réélection, Angela Merkel se positionne comme la seule à pouvoir faire face à Trump. Du coup, elle en a rajouté des tonnes avec la main sur le coeur de l’Europe. Est-ce que cette stratégie de communication lui permettra de lui donner une victoire?

 

Suisse

L’industrie Hydroélectrique avait demandé des subsides sous prétexte d’une baisse du chiffre d’affaires. L’opacité de la comptabilité des acteurs de la branche ne permet pas de vérifier si effectivement les grands producteurs perdent de l’argent ou pas. Pour l’instant, le parlement a refusé cette aide ce qui a déclenché une nouvelle vague de larmes de certains politiciens très (trop) proche des milieux concernés.

Un sondage des banques souligne que 95% des Suisses font confiance à ces mêmes banques. Ils les estiment solides avec du personnel compétent et bien formé.
C’est plus qu’avant la crise de 2008 (juste avant qu’une des banques «solide» se fasse sauver par les impôts des mêmes gens qui ont été sondés…) Pas rancunier le Suisse quand même. Les amendes records du Crédit Suisse et de l’UBS pour tricheries ne semblent également pas perturber les helvètes.

Glencore compte 155’000 collaborateurs et a choisi de s’établir en Suisse. Bref, ce serait ballot de détruire la planète et de devoir, en plus, payer des impôts!
L’entreprise minière traite plus de 90 matières premières dont le cuivre, le cobalt, le charbon et le pétrole. Mais ce géant est sous le feu des critiques pour prendre des largesses au niveau environnemental, des violations des droits humains et sur la santé notamment dans ses mines en Colombie, en Argentine, au Pérou et en Bolivie. Son CEO, Ivan Glasenberg, écarte tout ça de la main avec un «Nous sommes une entreprise responsable et non des spéculateurs». Autant de sincérité de la part d’un personnage aussi éthique que Glasenberg est touchant !

 

Danemark

L’entreprise danoise Dong Energy vient de céder ses activités de production d’hydrocarbures au pétrochimiste suisse Ineos pour 1,16 milliard d’euros. Ainsi, le leader mondial de l’éolien offshore se désengage totalement des énergies fossiles.

Dong propose la réalisation de fermes d’éoliennes avec des systèmes de stockage sans demander des subsides et montre que cette énergie devient concurrentielle face au charbon et à toutes les énergies fossiles.

 

Russie

Moscou respecte la diminution de production suggérée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP) et a diminué de 300’790 barils sa production par rapport à octobre 11,247 millions b/j. La prouesse russe réside plus dans sa capacité à monter sa production à 11 millions b/j qu’à revenir à une production normale de 10,9 millions b/j.

Gazprom Neft souligne ses progrès dans le développement du champ pétrolier Novoportovskoye situé dans le cercle Arctique. Un peu plus de 35 millions de barils ont été produits avec 85 forages. On ne connait pas le prix de revient du baril.

 

Dessin Chappatte

Les Amériques

Les USA: Schiste

Le nombre de forages continue à augmenter : 885 (449 il y a une année).

La production pétrolière de schiste continue de croître aux USA. Si le Bassin Permien attire tous les investissements, les autres régions voient une déjà une diminution des quantités extraites et les entreprises ont du mal à s’adapter à la rapide chute de production des puits.

 

Venezuela

La pieuvre, Goldman Sachs, a acheté pour 2,8 milliards $ d’obligations de l’entreprise pétrolière nationale Petroleos de Venezuela SA. La Banque Centrale du pays a vendu ces obligations pour 865 millions $. Les fonds vautours américains sont de retour.

La résilience du président Maduro crée de plus en plus le chaos dans le pays. Les chiffres d’exportations pétrolières ne sont plus publiés.

La National Oil Company n’arrive plus à acheter les diluants et produits chimiques qui permettent de liquéfier le pétrole très lourd du pays pour le transporter jusque dans les terminaux pétroliers.

La Russie a commencé à livrer du pétrole à Cuba pour remplacer les livraisons qui n’arrivent plus depuis le Venezuela.

De 1960 à 1989, Cuba recevait l’essentiel de son or noir de la Russie. Depuis Caracas et la Havane avaient trouvé un accord de troc médecins/pétrole. Dans la situation actuelle, Caracas n’arrive plus à honorer son accord.
De son côté, les USA exportent des quantités records vers les Caraïbes ce qui suggère que les pays qui importaient le crude vénézuélien ont quelques problèmes de livraisons.

 

Brésil

Ca sent de plus en plus le roussi pour le Président actuel qui pourrait devoir démissionner pour de sombres histoires de corruption.

La Chine s’intéresse de plus en plus au pétrole situé aux larges des côtes du Brésil.

 

Fonte du Glacier Larsen C dans l’Antarctique

Asie

Inde

Comme la grande majorité des pays, l’Inde ne va pas atteindre ses objectifs de réduction de CO2. Il y a deux ans le ministre de l’environnement avait introduit des niveaux de pollutions limites pour les centrales à charbon qui génèrent presque 80% de l’électricité du pays.

Ce mois, le ministre de l’énergie, Piyush Goyal, a annoncé que les 132 centrales à charbon, à 75% la propriété du gouvernement, n’atteindront pas ces limites et que pour l’instant rien n’a été fait. Motif: ce n’est pas à nous à faire des efforts, mais aux pays riches! On perçoit toute l’énergie positive dégagée par ce point de vue.

Par personne, l’Inde émet 1,59 tonne de CO2, 7,55 tonnes pour les chinois et 16,39 tonnes pour les fans de Trump.

 

Malaisie

Pour se conformer aux coupes de l’OPEP, la Malaisie stocke son pétrole dans une douzaine de tankers pétroliers au large de ses côtes.

Avec le prolongement de la diminution des quotas, l’équation semble détenir plusieurs inconnues.

 

Kazakhstan

Le pays pourrait produire 250’000 b/j de plus en développant de nouveaux forages d’ici à 2022. Le gisement de Kashagan, qui aura coûté la bagatelle de 50 milliards $, propulse actuellement la production du pays à 370’000 b/j.

 

Nouvelle publicité de Donald Trump: 100 jours

Moyen Orient

Iran

Les élections ont confirmé le président Hassan Rohani avec une majorité de 58% contre 37% pour son opposant un peu plus extrême.

Depuis la levée des sanctions, l’Iran a augmenté de 34% ses ventes de pétrole. Cependant une part de cette hausse provient de la vente de barils stockés sur des tankers durant les années de vaches maigres. Aujourd’hui, l’Iran n’a plus que sa production quotidienne à vendre et il semble que ses vieux forages trainent les pieds. Pour des raisons techniques, l’Iran ne devrait pas avoir de peine à limiter la production comme le demande l’OPEP.

Le ministre du pétrole, Bijan Zanganeh, annonce la mise aux enchères des gisements d’Azadegan, à la frontière avec l’Irak. Il pourrait être les plus juteux du pays. L’Iran espère attirer des investisseurs étrangers ainsi que des majors pour tenter de faire remonter la production et faire entrer des devises. Cependant, l’utilisation du dollar et la peur des banques européennes de faire du business avec l’Iran bloquent les ardeurs de chacun même si Dubaï permet de contourner les restrictions américaines.

 

Irak

Les norvégiens de DNO désirent doubler leurs activités pétrolières dans le nord du pays dans le territoire Kurde.

De nouvelles explosions ont fait de nombreux morts à Bagdad alors que la ville de Mossoul est toujours dans les mains de l’Etat Islamique.

La Dette, une explication de la Barbe

Afrique

Nigeria

Le gouvernement vient de fêter 3 mois sans exposition et sabotage des installations pétrolières par les milices. Il semble que la taille et le contenu des petites enveloppes soient suffisants pour maintenir la trêve. Le Nigeria pourrait augmenter ses exportations si la situation perdure.

Pour la deuxième fois, le pays a réussi à échapper aux quotas de l’OPEP afin de limiter la production du pays.

 

Phrases du mois

Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler l’argent d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois. Mayer Amschel Rotchschild, Le fondateur de la Banque Rotchschild

In the Energy sector, optimism is more important than facts. And, it’s essential for attracting investors. Alice Friedmann

The US will shoot itself in the foot if it quits the Paris climate accord because China, India and Europe will snap up the best power sector jobs in future, U.N. Environment chief Erik Solheim

On vous retrouve à la même place, même heure le mois prochain!

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde