Pétrole: il manque 1’000 milliards de dollars

Alimenté par une offre excédentaire, la production mondiale du pétrole semble surfer sur une vague.

Cependant, cette vague pourrait augurer les prémices d’un tsunami.

En effet, l’énorme pénurie d’investissements d’explorations inquiète de plus en plus. Après l’Agence Internationale de l’Energie et les grandes majors comme Shell et BP, c’est au tour d’Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale de l’Arabie Saoudite, de tirer la sonnette d’alarme.


Il manque 1’000 milliards $

Depuis juin 2014, 1’000 milliards $ ont été retirés des projets d’explorations. Ces budgets sont essentiels pour compenser la baisse annuelle de 4,5% des gisements conventionnels.

D’ici au début des années 20, il faudra trouver plus de 20 millions de nouveaux barils/jour.

Depuis la crise pétrolière, aucun grand projet d’envergure capable d’extraire plusieurs millions de barils/jour n’a été activé ou déniché d’autant que les coûts d’extractions dépassent les 100$ le baril. Les grandes majors pétrolières ne semblent plus avoir les reins assez solides pour s’y aventurer dans les conditions actuelles.

Corolaire de cette situation, durant les 3 dernières années, les découvertes importantes de pétrole conventionnel ont diminué de moitié.

Ainsi, les opportunités situées en Arctique ou dans des exploitations off-shore, en grande profondeur, du Brésil, dans le Golfe du Mexique ou sur les côtes africaines attendent patiemment la hausse des prix du baril. Dès ce feu vert, il faudra encore compter 5 à 10 années pour extraire commercialement ce pétrole.

Combien d’années durera le pétrole de schiste

Dans ce paysage, une seule exception: le pétrole de schiste américain. Une nouvelle ruée vers l’or noir a débuté depuis le début de l’année. Contrairement au pétrole conventionnel, le cycle de vie d’un gisement de schiste de l’exploration à sa commercialisation et son épuisement se compte en mois. Dans la balance, 4-8 millions de barils/jour pourraient être apportés sur les marchés.

Mais pour combien d’années ?

Prendre des mesures pendant qu’il est temps

Comme ses collègues pétroliers, Armin Nasser «repousse l’idée de peak oil dans un avenir prévisible et confirme que le pétrole va jouer un rôle majeur pour les décennies à venir», histoire de ne pas laisser la porte grande ouverte aux énergies renouvelables.

Ces petites années qui nous séparent d’une nouvelle hausse des prix, doivent permettre aux PME et aux particuliers de prendre les mesures nécessaires afin de diminuer leur dépendance au pétrole.

Comme le soulignait Darwin, les espèces qui ont le plus de chances de survie ne sont pas les plus grandes mais celles qui savent s’adapter.

Laurent Horvath

Laurent Horvath

Géo-économiste des énergies, Laurent Horvath, propose des analyses et des réflexions qui vont au-delà de la simple information dans le monde passionnant du pétrole, du gaz, du nucléaire, du charbon et des énergies renouvelables. Il est le fondateur du site indépendant 2000Watts.org qui n'accepte ni publicité, ni sponsors ou influence politique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *