Trump: Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

Après la carte blanche offerte à l’industrie pétrolière par le Président Trump, l’industrie automobile n’aura pas attendu très longtemps pour réclamer sa part du gâteau.

Ainsi, 18 fabricants dont General Motors, Ford, Fiat, Chrysler, Toyota, Volkswagen, Honda, Hyundai, Nissan ont officiellement demandé l’assouplissement des réglementations légales sur les émissions polluantes et de gaz à effets de serre des véhicules produits aux USA. La tâche sera d’autant plus aisée que le nouveau directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, est un climato-sceptique de haut vol.


En janvier, le Président Trump avait rencontré les CEO des 3 grands géants GM, Ford, Fiat-Chrysler. Promesse avait été faite d’alléger “les réglementations environnementales inutiles et hors de contrôle” afin d’aider à l’implantation d’usines et la création d’emplois aux Etats-Unis.

Dans son soutien inconditionnel au pétrole, le président Trump considère la voiture comme l’outil idéal pour consommer immédiatement et localement l’or noir.

 

Terminer avec l’ère Obama

Pourtant en 2011, la réglementation avait été acceptée par tous les constructeurs automobiles. Le gouvernement Obama proposait de réduire la consommation moyenne des voitures de tourisme, (hors pick-up et SUV) à 4.6 lt/100 km (10,5 kg CO2 au 100/km) d’ici à 2025 au lieu des 5,7 litres de l’époque.

En comparaison, l’objectif moyen 2020 pour l’Europe est de 4,1 lt/100 km  (9,5 kg CO2 /100 km)

Pour ce faire, les constructeurs devaient réduire la taille des moteurs sur vitaminés américains, améliorer leur efficience énergétique et éventuellement supprimer les logiciels cachés qui permettent de contourner les tests de pollution.

 

Le forcing de l’Industrie

Dans l’accord de 2011, l’EPA avait prévu une réévaluation de la réglementation d’ici à avril 2018 pour les modèles 2022-2025.

Aujourd’hui, les constructeurs demandent d’ouvrir cette étude «sans préjuger du résultat final» tout en soulignant «l’engagement du président Trump pour renforcer l’Economie des Etats-Unis et l’emploi dans le secteur automobile».

En se référant au manuel de base de la communication qui privilégie l’utilisation de chiffres élevés ainsi que la menace sur l’emploi pour influencer l’opinion, les constructeurs ont entonné en cœur le refrain «que ces règles menacent la production future mettant en péril des centaines de milliers et peut-être jusqu’à 1 million de postes». Dix millions auraient été encore plus imposant, mais ce chiffre aurait été immédiatement classé dans la case «fake news».

On comprend mieux la retenue relative du lobby automobile. Un million: c’est classe et ça fait juste assez peur.

 

Consommer le pétrole américain

A l’époque, l’administration Obama avait estimé les économies pour les consommateurs à un peu plus de 100 milliards $ par an. Du côté de l’industrie les coûts devraient se monter à 15 milliards par année sur 13 ans (200 milliards $ au total) soit en moyenne 100$ par voiture.

Aujourd’hui, la motivation des constructeurs est soutenue par la préférence des consommateurs américains qui orientent leurs achats principalement sur des SUV et des pick-up très gourmands ou des voitures puissantes. Ce comportement est amplifié par la forte baisse de l’essence qui est passé depuis 2008 de 1$ à 50 ct $ le litre.

Chaque jour, les USA consomment plus de 19,5 millions de barils de pétrole, 20 % de la production mondiale et ne produisent que 9 millions b/j. (10,7 millions b/j au plus haut).

 

Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

L’abandon des règles de l’EPA va également permettre à l’administration Trump d’éradiquer les règles encore plus strictes édictées par l’Etat de la Californie. La nouvelle loi fédérale ayant la primauté, tous les autres Etats tentés de suivre la Californie devront se cantonner à cette nouvelle décision.

Pour l’administration Trump, cette stratégie s’incorpore parfaitement avec l’aide apportée aux majors pétrolières et d’offrir un débouché à cet or noir en le canalisant directement vers les automobilistes. De facto, l’automobiliste US va financer une partie des infrastructures pétrolières du pays et les emplois associés.

De son côté, le monde de la finance pourra se réjouir des généreux dividendes habituellement versés par ces deux industries.

Ce système, bien huilé, pourra fonctionner pour autant que les prix du baril, au niveau mondial, restent dans une fourchette qui permette à Joe American de remplir son réservoir.

Et pour le climat ? Who cares ?

 

 

Démantèlement: le futur du Nucléaire

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabriquant de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.


Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

 

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

 

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le future du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

 

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à ces frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

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Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Janvier 2017

Comme tous les 1er de chaque mois, l’inventaire mondial des Energies.
– Trump: Son soutient au pétrole sera-t-il décisif?
– Russie: Moscou premier exportateur pétrolier à la Chine
– Arabie Saoudite: à nouveau attaquée par un virus informatique
– Venezuela: des tankers noyés dans le pétrole
– Arabie Saoudite: les réserves n’ont pas bougé en 37 ans!
– Angleterre: L’éolien dépasse la production électrique au charbon
– Libye: Le pétrole part à la hausse, les russes arrivent.


Le pétrole s’est coincé le dos et n’a pratiquement pas bougé durant le mois. Le baril termine à 55,23$ à Londres (56,09$ décembre 2016) et à New York 52.36$  (53.90$ décembre 2016).

On commence à reparler du peak uranium alors que la partie d’uranium militaire pour les centrales ne représente plus que le 20% et 80% pour l’extraction minière. L’uranium remonte à 23$ (20.25$ décembre 16).

Graphique du mois: Quantité probable de pétrole de schiste par pays

Source EIA / FT.com

Monde

OPEP

En compilant le nombre de tankers qui sillonnent le monde et les chiffres de l’OPEP, la baisse de production pour le mois de janvier serait de 900’000 barils/jour (b/j).

Les surplus pétroliers mondiaux se trouveraient entre 270 millions et 1 milliard de barils. L’IEA ajoute que depuis septembre, ce stock est en train de diminuer. Ce mois de janvier, la baisse est de 82 millions de barils. L’Arabie Saoudite pense que l’équilibre offre/demande se rencontre durant cet été.

L’énergie solaire est moins chers que le charbon dans plusieurs pays du monde (Chili, Moyen-Orient) avec une moyenne de 0,03 ct $ kWh contre 0,06 pour le charbon.

A travers le monde 200 millions de personnes sont au chômage et 3,4 millions supplémentaires devraient rejoindre ce groupe durant 2017. De l’autre côté, 8 milliardaires possèdent autant d’argent (426 milliards $) que les 3,6 milliards les plus pauvres (moyenne 100 €).  Comparez votre salaire avec le reste du monde.

 

USA

Tous les experts financiers l’avaient prévu : en cas d’élection de Trump, la bourse allait s’effondrer. Résultat, pour la première fois dans l’histoire, le Dow Jones dépasse les 20’000.

En acceptant de participer au gouvernement Trump, l’ancien CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, a reçu une enveloppe de départ de 179 millions $. Le pauvre homme a dû également vendre ses 55 millions $ d’actions ExxonMobil afin d’être compatible avec son nouveau poste. Ce sacrifice inspire le respect.
De son côté, Gary Cohn, qui quitte Goldman Sachs pour également rejoindre Trump, a reçu un parachute de 106 millions $.
La beauté du système veut que ces nouveaux membres du Gouvernement bénéficient d’une exemption totale d’impôt (dont zéro impôt sur ces montants). Elle n’est pas belle l’Amérique ?

Si la majorité des nouveaux ministres de Trump reconnaissent qu’une « partie du réchauffement climatique serait dû à l’homme », ils adhèrent à l’équation : la menace du réchauffement est si lointain qu’elle ne doit pas interférer avec la croissance de l’industrie pétrolière américaine.

Tesla, le fabricant américain de voitures électriques a lancé la production de masse de batteries lithium-ion dans sa « gigafactory », son usine géante située dans le désert du Nevada. Au printemps, l’usine accompagnera le lancement du Model 3, la nouvelle voiture d’entrée de gamme de la marque qui sera vendue à partir de 35.000 dollars.

Pour la première fois depuis 1980, Chevron annonce une perte : 497 millions $ en 2016.

Dessin Chappatte

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, les USA devraient devenir un exportateur net d’énergies d’ici à 2026 grâce au pétrole et gaz de schiste. L’Agence n’est pas super connue pour la justesse de ses prévisions, mais il faut relever son enthousiasme.

De nombreux forages en haute mer débutés en 2010 vont être mis en service cette année. Il faut parfois plusieurs années entre la recherche à l’exploitation. Exxon, Shell, BP, Eni et Statoil devraient fêter l’arrivée de 400’000 barils p/j dans les mois à venir.

 

Chine

La dépendance énergétique étrangère pousse Pékin à une certaine agressivité dans l’acquisition de gisements notamment en Afrique. La Bank of China vient de prêter 600 millions $ à l’Angola pour la construction d’un terminal pétrolier.

En 2016, la Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine devant l’Arabie Saoudite avec 1,04 million b/j,  +24%. L’embargo européen pousse de plus en plus Moscou dans les bras du géant asiatique.

Pendant que l’on tente de justifier les salaires monstrueux de certains managers d’entreprises énergétiques occidentales, le CEO du plus grand groupe énergétique chinois, CNPC (China National Petroleum Company), Wang Yilin, reçoit une rémunération de 106’800$ par année. En comparaison le CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, s’octroyait un salaire de 27,3 millions $ avant d’aller servir Donald Trump et le CEO d’Alpiq, Suisse 1,8 million $.

L’arrivée de la pollution à Pékin

Venezuela

Les exportations ont passé de 1,82 million b/j à 1,59 et les ennuis s’accumulent.

Les installations des ports pétroliers ont tellement de fuites, que les coques des tankers doivent être nettoyées avant de repartir en haute-mer. Comme la compagnie nationale n’a plus les moyens de payer ce nettoyage, plus de 12 tankers patientent avec 4 millions de barils dans leurs soutes. Pour compliquer la tâche, la durée de la file d’attente pour être nettoyé est de 2 mois.

De plus 11 tankers pour 2,9 millions de barils sont retenus pour des raisons financières car les cargaisons n’ont pas été payées.

 

Arabie Saoudite

La vente de 5% des actions de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, pousse à publier des chiffres. Depuis 1980, la transparence n’est pas le point fort de cette entité. Ainsi en 1980, les réserves pétrolières du pays atteignaient 261 milliards de barils. Aujourd’hui, 37 ans plus tard, en exploitant 3 milliards de barils/an, les réserves sont de… 261 milliards de barils. LOL.

Shamoon, le virus informatique, qui avait sévit dans le pays en 2012, est de retour. Shamoon 2.0 a attaqué 15 agences gouvernementales dont le producteur pétrolier Saudi Aramco. Le virus efface toutes les données des ordinateurs. L’Iran pourrait être à la base de cette mauvaise grippe.

L’Arabie a exporté le chiffre record de 8,26 millions b/j en novembre, juste avant la réduction de la production voulue par l’OPEP. Du coup, c’est forcément plus facile de réduire sa production après avoir poussé toutes les machines au maximum.

Selon le CEO d’Aramco, Amin Nasser, le monde a besoin de 25 trillons $ d’investissement durant les 25 prochaines années pour répondre à la demande.

Toujours selon Amin Nasser, le Royaume pourrait produire 12 millions b/j ainsi que doubler sa production de gaz durant les 10 prochaines années et le tout les doigts dans le nez et avec 261 milliards de barils en réserves.

Lequel d’entre vous a dit: pic pétrolier?

Nigeria

Shell Nigeria a annoncé la fermeture d’un pipeline d’une capacité de 140’000 b/j à cause d’un incendie». Au Nigeria les mots «à cause d’un incendie » signifient que les milices locales ont fait exploser le tout. Mais la situation devrait s’arranger. Le Gouvernement a repris les versements en faveur de ces milices pour « qu’elles protègent les installations pétrolières ». Là aussi il faut comprendre « si tu paies pas, badaboum ». Comme en Corse mais en plus grand.

Royal Dutch Shell a gagné. Les populations du Delta du Niger, qui avaient poursuivi la major pour marée noire et pollution devant les tribunaux Anglais, ont été déboutées. Le cas doit être porté devant les tribunaux au Nigeria et non en Angleterre.


Dessin: Chappatte

Europe

Angleterre

Pour la première fois sur une année, la quantité d’électricité éolienne (10,5) a dépassé la production au charbon (9,2%) durant 2016.

BP a publié son Energy Outlook 2017 et son optimisme fait plaisir à voir. BP annonce que 2’500 milliards de barils dorment encore sous nos pieds ce qui devrait suffire pour les 35 prochaines années. Détail, le rapport n’indique pas le prix du baril nécessaire pour extraire ce pétrole.

Le rapport mentionne également que tout le pétrole qui se trouve sous nos pieds pourrait ne pas être extrait à cause de la diminution de la demande. Dilemme pour les producteurs qui ont intérêt à extraire un maximum avant ce basculement sans toutefois trop produire pour ne pas faire baisser les prix.

 

France

CGG, entreprise française spécialisé dans les équipements géophysiques et la fourniture de données sismiques aux compagnies pétrolières affiche une perte de 2,32 milliards $ avec le mince espoir de voir le secteur rebondir cette année.

Gros suspense sur la course que se livrent Pemex et EDF. La dette d’EDF grimpe à 74 milliards € pour un chiffre d’affaires équivalent. Le géant français est sur le point de rattraper l’entreprise pétrolière mexicaine Pemex qui cumule 100 milliards $ de dettes.

 

Hollande

Shell se prépare à équiper ses stations d’essence avec des chargeurs pour les voitures électriques. Après le français Total et l’Italien ENI, c’est une nouvelle major pétrolière qui franchit le cap et qui considère les voitures électriques comme un nouveau marché important, d’autant que pour recharger une batterie le consommateur va devoir patienter devant un café ou un repas.

Shell va tester le concept en Hollande et en Angleterre.

 

Allemagne

En 2016, Volkswagen, (Audi, Porsche, Seat, Skoda et Bentley) est redevenu le premier constructeur automobile mondial avec 10,3 millions de voitures vendues (+ 3,8 %). Un record malgré le scandale des moteurs diesel. L’entreprise allemande met fin à la longue suprématie de Toyota, champion du secteur depuis 2008. Toyota, (Lexus, Daihatsu, Hino vendu 10,18 millions de véhicules (+0,2%).

A travers le pays, Shell va participer à la construction d’un réseau de 400 stations de recharge pour les voitures à hydrogène.


Allemagne: le charbon diminue. Les renouvelables et gaz augmentent
Graphique: LeMonde.fr

Italie

Le gazoduc Trans-Adriatique qui devrait transporter le gaz d’Azerbaïdjan en Europe, sans passer par la Russie, se trouve bloqué par des champs d’oliviers et de superbes plages dans la région des Pouilles. Le bras de fer entre la population et les industriels est pour l’instant à l’avantage des citoyens.

 

Suisse

La quantité de solaire photovoltaïque installé en Suisse a diminué de 20% en 2016 par rapport à 2015. Problème typique d’un pays riche qui voit dans le moindre changement une menace. Ne rien toucher dans cette belle mécanique est le mot d’ordre.

Est-ce que Trump viendra bouleverser la donne même dans ce petit pays ?

Les Amériques

USA (suite) Pétrole et gaz de Schiste

La consommation de sable pour les forages de schiste devrait atteindre un record de 120 milliards kg en 2017. Les producteurs utilisent de plus en plus de sable afin de faire remonter le pétrole et de garder ouvertes les fissures du fracking. Comme le nombre de forages et 70% inférieur au pic de 2014, cette utilisation massive de sable montre que cette une nouvelle technique permet d’extraire plus rapidement le pétrole.

Depuis Avril 2015, la production de schiste a reculé de 19% dans les champs du Bakken et 37% à Eagle Ford, Texas alors qu’elle a augmenté de 14% dans le Bassin Permien. En toute logique, les regards se tournent vers le Bassin Permien, Texas et Nouveau Mexique. (lire article) où ExxonMobil vient d’acquérir pour 6 milliards $ un terrain qui pourrait contenir 3,4 milliards de barils de pétrole.

La carte blanche environnementale que devrait recevoir les producteurs de schiste de la part du président Trump va pousser l’industrie à creuser et forer partout où cela est profitable ou en d’autres mots : polluer tant que cela fait financièrement du sens (ou pas). Mais ces entreprises vont toujours faire face aux protestations et aux poursuites des environnementalistes.

Une question à méditer durant les prochains mois. A l’image des Bush, le président Trump aura-t-il besoin de créer une guerre pour unifier les américains dans un projet commun ?

 

Canada

Deux jours après avoir reçu le feu vert de Trump, TransCanada a remis sur la table la construction du pipeline Keystone XL entre le Canada et les USA pour la modique somme de 8 milliards $. Obama avait abandonné ce projet en fin d’année et TransCanada avait décidé de poursuivre légalement le Gouvernement Américain pour demander 16 milliards $ de dédommagement.

La planche de TransCanada a été savonnée par le mari de Melania qui exige d’utiliser de l’acier US pour les tuyaux et l’entretien du pipeline soit réalisé par des entreprises américaines. Les comptables de TransCanada sont en train de faire chauffer leurs calculatrices.

Le Premier Ministre Justin Trudeau a suggéré que le pétrole bitumineux de l’Alberta devait gentiment cesser. Le lobby du pétrole a rapidement souligné que le 1/3 des emplois de la région sont générés par cette industrie, sans toutefois préciser le nombre de travailleurs canadiens.

 

Mexique

Le prix de l’essence a augmenté de 20,1% et celui du diesel de 14,2%. A partir du 18 février, le prix plafond fixé par le gouvernement sera réajusté tous les jours. Ainsi, il faudra 78 centimes $ pour obtenir un litre d’essence et 0,87$ pour le diesel, ce qui est toujours une bonne affaire selon les critères internationaux.

Il s’agit là de la première étape de l’ouverture au privé du marché des carburants et la fin du monopole de Pemex, le producteur pétrolier national qui pousse à la baisse des subventions du pays sur les carburants. De nombreux magasins ont été pillés par des manifestants dans tout le pays. quelque 800 commerces petits ou moyens et 250 grands magasins ont subi des dégâts à travers le Mexique et 600 personnes arrêtés.

Le Président Enrique Pena Nieto a annulé sa rencontre avec son homologue américain après un Tweet annonçant que le Mexique allait payer pour la construction du déjà fameux mur.

Asie

Inde

La France tente de pousser sa technologie nucléaire (tech-push) et de refiler ses réacteurs nucléaires EPR Areva au premier ministre indien Narendra Modi. Après la visite de François Hollande, c’est Jean-Marc Ayrault qui a tenté d’enfoncer le clou.

Le concept français est comme d’habitude: P-H-A-R-A-O-N-I-Q-U-E

Située à Jaitapur, la centrale nucléaire aurA une capacité de 9 900 MW (20% de la production nucléaire française) avec un coût de construction estimé aujourd’hui à 60 milliards $ soit presque autant que la dette d’EDF. Le projet français fait face à une très forte opposition de la population locale d’autant qu’une chape de plomb couvre les négociations et que « personne ne sait » ce qu’EDF a proposé à NPCIL qui devrait commander ce joyau.

 

Moyen Orient

Les pays du Moyen-Orient vont probablement tous respecter la limitation de production proposée par l’OPEP. Pour les autres pays, leur situation économique demande des entrées immédiates de pétrodollars. Il y a déjà des doigts accusateurs qui se tendent notamment en Irak ou Bagdad vilipende les Kurdes qui produisent à tout va.

 

Iran

La Chine va prêter 3 milliards $ à l’Iran pour passer la raffinerie de Abadan à la version 2.0. La vieille dame avait été en partie détruite en 1980 durant la guerre Iran-Irak et produisait 635’000 b/j. Depuis les sanctions, les maintenances avaient été mises de côté.
En échange de ce prêt d’amis, l’Iran fera également un prix d’ami sur les livraisons pétrolières.

L’Iran exporte 2,16 millions b/j en janvier contre 2,6 en septembre. C’est qu’en septembre, le pays a pu vider les tankers qui stockaient depuis des mois le pétrole déjà extrait.

Le pays attend la prochaine élection présidentielle le 19 mai prochain.

Après l’annonce de Trump de bloquer l’accès aux USA pour les iraniens, Téhéran a donné la réciprocité aux américains. Dans le cas ou Washington voudrait renégocier les accords sur le nucléaire, on voit mal l’Europe s’y conformer.

 

Irak

Bagdad souligne que sa production a été coupée de 210’000 b/j pour se conformer aux veux de l’OPEP. Le Gouvernement a accepté de produire seulement 4,56 millions b/j mais dans son rapport mensuel sa production est de 4,75 millions b/j ! Traduisez : le pays n’a pas vraiment l’intention de diminuer sa production.

Pour 210 millions $, Halliburton va forer 30 puits pour le compte de Shell dans le champ de Majnoon dans le Sud, à zut, ceux du Nord…  Les 400’000 b/j prévus devraient arriver vers 2019.

A Mossoul, il reste 1 million d’habitants dont les combattants de l’Etat Islamique. Les américains et européens n’ont pas encore trouvé un moyen de les déloger.

Lors de sa visite à la CIA, le président Trump a claironné qu’en Irak les Américains auraient dû prendre le pétrole pendant qu’ils en avaient la chance et il a ajouté, «maybe we wil have another chance».

Afrique

Libye

La production à la pêche avec un objectif à 1,1 million b/j. ce qui interfère avec les objectifs de diminution de l’OPEP. Le pays pourrait monter à 1,6 million b/j pour autant que les astres soient alignés et que la Nationael Oil Company puisse trouver 100 milliards $ pour financer son développement.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye commence à aller mieux.  C’est le moment idéal pour qu’une grande puissance vienne y mettre son grain de sel. Comme l’Europe fait de l’Europe et que les américains regardent leur nombril et Twitter, c’est logiquement la Russie qui revient vers son ancien allier.

Vladimir soutient le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôlerait à 80% le pays et l’est libyen. Une excellente opération stratégique pour Moscou qui consolide son influence dans le monde arabe et en Méditerranée.

 

Phrases du mois

« A Flamanville et à Taishan, en Chine, les EPR sont presque terminés. Il aura fallu du temps mais l’EPR est aujourd’hui le plus puissant et le plus sûr des réacteurs nucléaires dans le monde. »  Jean-Bernard Lévy, CEO EDF

L’armée américaine doit être la mieux dirigée, équipée et la plus mortel dans le monde. “U.S. forces must be the “best led, best equipped and most lethal in the world.” Mad Dog, Gen. James Mattis, nouveau ministre de la defense américaine, directeur du Pentagon.

Coming into this country is a privilege, not a right.” Porte parole Maison Blanche. Sean Spicer.

Au sujet de l’Irak: “If we kept the oil, you probably wouldn’t have ISIS because that’s where they made their money in the first place, so we should have kept the oil, but, OK, maybe we’ll have another chance,” Donald Trump, devant la CIA, 20 janvier 2017.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

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