CETA : Un accord qui sent bon le Pétrole et le Gaz

tradeL’Europe et le Canada ont signé dimanche à Bruxelles le traité de libre-échange CETA. Cet accord va bien au delà du fromage ou du sirop d’érable avec un pays gentil et des entreprises encore plus gentilles comme ont bien voulu nous vendre les politiques européens.

Le CETA a été initié par les compagnies pétrolières, les multinationales et les cabinets d’avocats spécialisés dans les tribunaux d’arbitrages. Ils sont les grands gagnants.


Les tribunaux d’arbitrages : ISDS

A part la suppression des droits de douane sur une multitude de produits, le CETA propose le mécanisme de tribunaux d’arbitrages (ISDS) qui permet aux entreprises ou aux investisseurs d’attaquer directement les législations et les gouvernements.

Suite l’accord commercial USA-Mexique-Canada, les gentilles entreprises canadiennes se sont rapidement mises à la page sur les bonnes pratiques importées des USA et elles ont fait appel à des dirigeants américains aux méthodes musclées.

De manière pratique, le cas de l’entreprise pétrolière canadienne TransCanada augure du futur européen. L’expert dans le transport de pétrole et de gaz a lancé en 2016 une plainte contre le gouvernement américain. Motif: pour des considérant environnementaux, le gouvernement Obama a refusé la construction d’un pipeline de pétrole des sables bitumineux canadiens pour relier les USA. Mise à l’écart, l’entreprise canadienne demande 13 milliards $ de dédommagement pour ce refus.

TransCanada fait partie de ces nouvelles générations d’organisations guerrières. Dès 2014, elle a engagé l’une des plus grande agence de relations publiques américaine, Edelman, pour faire pression sur le gouvernement US. Son propriétaire Richard Edleman avait déjà été condamné pour avoir monté en ligne de faux groupes de réseaux sociaux afin d’influencer l’opinion publique. Ces campagnes avaient été réalisées pour faire croire qu’elles venaient des citoyens alors que tout était conçu par les employés d’Edleman. Ces mêmes méthodes agressives ont été utilisées en faveur de TransCanada et le pipeline Keystone XXL.

Selon l’UNCTAD, l’année 2015 a vu un record de 70 entreprises privées qui ont lancé des nouvelles actions en justice contre les gouvernements grâce aux accords de libre-échange. Même si les gouvernements gagnent souvent les poursuites dans le format d’arbitrage ISDS, ils ont dépensé un montant moyen de 8 millions $ puisés sur les fonds publics. Mais pour les entreprises le jeu en vaut la chandelle. (liste des entreprises et des pays)

De plus, la possibilité pour les entreprises privées de poursuivre les Etats a vu fleurir un nouveau business aux niveaux des grandes études d’avocats qui poussent et encourgagent les entreprises à tenter leur chance. (lire dossier du Corporate Europe Observatory and the Transnational Institute. En anglais)

Interview Kathryn Marshall (Ethic Oil) et le Sierra Club, 2012. En anglais

Importation de pétrole hautement polluant: Comment contourner les législations locales

Les domaines pétroliers et gaziers de l’accord sont passés totalement sous silence par les politiques européens. Dans la presse, aucun mot n’a transpiré sur la libéralisation des exportations de pétroles hautement polluants. Pourtant l’accord est clair: Il incorpore le pétrole bitumineux, le schiste ainsi que les entreprises actives dans ces domaines.

En 2012, pendant que l’Europe planchait sur le bannissement de l’importation du pétrole des sables bitumineux, le gouvernent canadien du premier ministre Harper travaillait dans l’ombre pour contourner toute entrave à une industrie pétrolière qui pèse plus de 20% dans les exportations du pays. La plus-value de la vente à l’Europe du pétrole bitumineux canadien, au lieu des prix bradés des USA, est estimée à plus de 7 milliards $ annuellement.

Dans son plan, Harper devait également «blanchir» le pétrole bitumineux de l’Alberta et le schiste, qui sont les formes de pétrole le plus dévastatrices pour l’environnement. Il fit appel à l’ancien lobbyiste du tabac Ezra Levant. Celui-ci inventa la notion de «Pétrole Éthique» via la  Ethical Oil Institute. Le tour de force de ce génie de la communication fonctionna et réussi à semer le trouble avec, là encore, des méthodes guerrières dont les européens sont totalement désarmés.

In fine, il sera également possible pour les entreprises américaines, logées au Canada, de forcer l’exploitation de schiste sur le sol européen et de transgresser toutes les entraves procurées par les législations environnementales.

Wallonnie : le dernier rempart a cédé

Traité de raciste ou de xénophobe, une pression énorme a été mise sur le Parlement Wallon pour qu’il accepte l’accord. Le célèbre avocat canadien Rocco Galati souligne « C’est ironique que tout le monde condamne les Wallons. Ils ont une Constitution similaire à la notre (Canada), mais eux il la respecte. Alors je ne vois pas pourquoi ils sont critiqués pour respecter leur Constitution! »

Du côté canadien, Paul Hellyer (ancien Ministre de la Défence Nationale), Ann Emmett et George Cromwell (du Committé de la Réforme Economique et Monétaire) ont déposé une plainte car le CETA est, à leurs yeux, non constitutionnel. «Le Parlement Canadien n’a jamais donné son accord et le traité place le droit des investisseurs privés étrangers au-dessus de la Constitution Canadienne et de ces citoyens.»

Passage en force

Avant d’attendre l’approbation du Parlement européen et la validation des différents pays européen, le CETA entre immédiatement en force!

Encore une bizarrerie démocratique proposée par Bruxelles. On ne sait pas encore quels seront les chapitres concernés par l’application provisoire, mais les grands pétroliers comme le français Total a déjà équipé ses raffineries pour être compatible au pétrole des sables bitumineux canadiens.

 

A 53$ le baril, le Pétrole va mieux, oui mais…

poutin-erdogan_turkish-streamLe gratin du monde énergétique s’est rencontré au World Energy Congress à Istanbul, histoire de célébrer le lancement du nouveau gazoduc « Turkish Stream » qui reliera la Russie et la Turquie et de débriefer sur la hausse actuelle des prix du baril de pétrole.

Suite à l’annonce de l’OPEP d’une hypothétique baisse de la production, le baril est passé de 45 à 53$ soit une plus value de 750 millions $ par jour pour les pays producteurs et autant de moins pour les pays consommateurs.

Si l’ambiance pétrolière est un peu plus décontractée, c’est la crispation qui l’emporte pour les années à venir.

 

Le CEO de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière d’Arabie Saoudite, Armin Nasser balance entre optimisme et perplexité. «Ces dernières années, grâce à de sains investissements, nous avons bénéficié d’une production pétrolière sûre et constante. Je suis inquiet car nous pourrions avoir l’effet inverse dans la décennie à venir.»

En effet selon Wood Mackenzie, plus de 1’000 milliards $ d’investissements ont été reportés ou simplement effacés depuis 2014. Plus de la moitié des investissements en exploration pétrolière sont passés à la trappe.

M. Nasser a également plaidé pour «ne pas bloquer les investissements à long terme avec des pressions environnementales, règlementaires ou sociales car les ressources pétrolières sont de plus en plus difficiles et chères à extraire.»

Pour le Président Vladimir Poutine «la plus grand chute des investissements depuis 45 ans va créer des sauts imprévisibles des prix pour les années à venir. »  Son pays fait largement les frais de la fluctuation impressionnante du baril depuis 2007. Si les pics sont une bénédiction pour le budget de l’Etat, les niveaux actuels offrent un moment de solitude pour l’économie russe.

Le CEO de BP, Bob Dudley tente une prévision: «le baril se devrait se stabiliser entre 50 et 70$ jusqu’en 2020 et j’espère que l’OPEP puisse régulariser le marché. Les producteurs ont vu qu’il n’est pas bon d’avoir un baril à 25$ ou à 100$. Ils tentent de trouver le prix optimum.»

Aujourd’hui, le pétrole et le gaz représentent 80% de la consommation énergétique mondiale et cette part de marché pourrait représenter 75% en 2040. La consommation actuelle est de 94 millions b/j et devra être poussée, en théorie,  à 104 millions b/j en 2040. Sera-t-il possible d’atteindre cet objectif ?

 

Le Gazoduc Turkish Stream
En marge de cet événement, les présidents Vladimr Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont confirmé la construction du gazoduc Turkish Stream. Il permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons à l’Europe.

L’accord prévoit la construction de deux conduites d’une capacité de 15,75 milliards de m³ chacune sous la mer Noire d’ici décembre 2019. Ce gazoduc remplace l’ancien projet européen South Stream abandonné l’année dernière suite aux sanctions européennes. Le tronçon qui reliera l’Europe, s’il devrait être construit, sera à la charge des pays européens.

Le gazoduc Turkish Stream doit relier la Russie à la partie européenne de la Turquie et à la frontière grecque par le fond de la mer Noire. Le tronçon sous-marin du pipeline sera long d’environ 910 km. Le coût du projet est évalué à 11,4 milliards d’euros.

Pétrole : La Mauvaise Série Noire de BP

Deepwater_MovieDécidément, quand ça ne va pas, ça ne va pas. Suite à une fuite de pétrole mineure, le géant britannique BP a décidé de fermer sa plateforme Clair à 75 km des Shetlands, Royaume-Unis, entre l’Atlantique et la Mer du Nord. Même minime, l’incident de dimanche fait tâche et arrive au plus mauvais moment.

Il aurait pu passer totalement inaperçu si la semaine dernière Hollywood n’avait justement pas sorti le film sur BP au sujet de la marée noire de DeepWater Horizon. En avril 2010, la plateforme, située dans le Golfe du Mexique, avait explosé alors qu’elle forait le puit Macondo 252, à plus de 1’500 m de profondeur.


Une erreur technique est à l’origine de l’incident de la Plateforme Clair dont la fuite pourrait être estimée à 3’000 barils (500’000 lt). BP essaie de déterminer l’ampleur des dégâts et espère que la marée noire va se disperser d’elle-même.

Deepwater Horizon: la plus grande marée noire

La sortie du blockbuster Deepwater Horizon, du réalisateur Peter Berg, avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich, Gina Rodriguez, Dylan O’Brien et Kate Hudson aura coûté 156 millions $.
Le film  prend pour thème l’explosion de la plateforme de BP et l’énorme marée noir qu’il a suivit. Onze personnes avaient perdu la vie et des milliards de litres de pétrole avaient noyé le Golfe du Mexique. Cette catastrophe est sans conteste la plus grande marée noire avec 4,9 millions de barils, soit 780 millions de litres de pétrole. Le puit Macondo 252 avait pu être colmaté en juilllet 2010.

BP a sorti un communiqué lapidaire à l’encontre du film qui aurait trop romancé la catastrophe, alors que la major pétrolière tente de se racheter une virginité après cette énorme catastrophe qui impact, encore aujourd’hui, le Golfe du Mexique.

Le Dossier DeepWater Horizon

 

OPEP, un communiqué qui rapporte des milliards de dollars

Il n’aura pas fallu plus de cinq heures aux membres de l’OPEP pour se mettre d’accord sur le contenu du communiqué de presse diffusé à l’issue de la rencontre. L’annonce de la diminution de la production pétrolière a surpris.

Ce communiqué poursuit un effet double:

1. Eviter que le prix du baril de pétrole ne repasse sous la barre des 40$

2. Faire monter artificiellement les cours afin de soutenir les économies des 14 pays producteurs du cartel.
Stratégiquement, l’OPEP a réussi un coup de maître.


A regarder de plus prêt, l’annonce «de mettre sur pied une commission qui va étudier l’éventualité que certains pays diminuent leur production pétrolière» est magistrale.

Chacun connaît le rôle inutile et alibi d’une commission. Cependant, cette proposition fait planer un certain doute parmi les traders qui seraient tentés de miser sur une baisse des cours. Cette épée de Damoclès pourrait garantir de rester, à minima, sur la barre des 40$. Elle oblige les entreprises de négoce à tabler dès maintenant sur un futur qui pointe irrémédiablement vers une hausse des cours.

Pour les traders, aller à contre-sens, alors que les bonus de fin d’année commencent à entrer en jeux, relève du génie ou d’un burn out.

Pousser rapidement le baril sur les 50$

Si il est plausible d’imaginer que le baril ne va pas remonter immédiatement à 100$, il pourrait graduellement entrer dans la zone des 50-60$ durant 2017.

A l’instant, les marchés sont toujours préoccupés par la surproduction, même si la différence entre l’offre et la demande tend gentiment mais sûrement à s’estomper. Elle avoisine les 700’000 barils/jour alors qu’elle dépassait le million en début d’année.

La réduction massive des investissements a quasiment stoppé l’émergence de tout nouveaux gisements nécessaires à compenser ceux qui arrivent en fin de vie tandis que les forages d’un coût de production supérieur à 50$ attendent leur heure pour être activé.

L’Agence Internationale de l’Energie prévoit le croisement des courbes courant 2017 et allume les voyants au rouge dès 2020 à cause de la chute stratosphérique des investissements actuels. Du jamais vu en 70 ans.  (voir le graphique ci-dessous)

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Dans l’immédiat, la stratégie de l’OPEP est de gagner du temps et de faire monter rapidement les cours aux niveaux attendus de 2017. Au bord du gouffre, le Venezuela, le Nigeria, l’Irak, la Libye ont besoin d’entrées financières urgentes pour alimenter leurs budgets. De son côté, après des années de frustrations et de disettes, l’Iran trépigne.

Changement de business models

Le talon d’Achille des producteurs est l’absence totale de coordination de la production suite à la défection de l’Arabie Saoudite qui a tenu ce rôle durant des années.

A l’image d’Uber ou d’AirBnB, l’arrivée du schiste américain et des énergies renouvelables ont rendu obsolète les business models de l’industrie. Les majors pétrolières dont l’objectif premier est de générer du cash (l’extraction du pétrole n’est qu’un moyen pour arriver à ce but) naviguent dans un océan inconnu. Pour n’avoir pas vu arriver cette vague, tout ce beau monde se trouve aujourd’hui endetté ou en faillite.

Leur redressement va s’effectuer grâce à la remontée des cours du baril. Mais qui dit entrée de devises, dit sortie de devises. Pas sûr que la santé de l’Economie mondiale puisse se permettre de recommencer à transférer des milliards $ dans les caisses des pays producteurs.

2,7 milliards $ pour chaque $ gagné

Les pays et les citoyens qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui auront débuté à se découpler du pétrole. Pour les autres, les promesses politiques, les leurres des lobby ou les tours de passe-passe des banques centrales, n’auront qu’un goût amer.

En attendant, les membres de l’OPEP ne peuvent que contempler leur succès. A ce rythme, 17 milliards $* supplémentaires pourrraient transiter des pays consommateurs vers les producteurs de pétrole d’ici à la fin décembre.


*une variation de +1$ du baril augmente les revenus de 2,7 milliards $/mois pour les pays producteurs de pétrole. L’augmentation de 2$ depuis l’annonce, si maintenue jusqu’à la fin décembre, représentera une plus-value de 17 milliards $.

Energies et Economie: Revue Mondiale Septembre 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– L’OPEP: Un accord qui rapporte des milliards $
– Angleterre: Ok pour la centrale nucléaire de Hinkley Point
– Allemagne: Le pays se lance dans la voiture électrique
– Inde: La consommation d’essence explose grâce aux voitures
– USA: Garry Johnson: champion du monde des candidats
– Iran: Bientôt 4 millions de barils/jour. Une prouesse
– Afrique: Les Négociants écoulent leur pétrole sale


Depuis l’annonce de l’OPEP, le pétrole a repris des couleurs et de l’altitude. Il termine à 49,24$ à Londres (48.37$ à la fin août) et à New York 47.83$  (46.35$ fin août).

L’uranium fait comme Angelina et Brad Pitt. Il chute: 23.75$  (25.25$ fin août).

Monde

L’OPEP a annoncé qu’elle allait former un groupe de travail pour étudier une baisse de la production de 700’000 b/j.  Le baril a augmenté de 2$ sur la nouvelle. Si le baril garde ces 2$ durant les 30 prochains jours, ce joli coup médiatique permettra aux producteurs d’empocher 6 milliards $ de plus. Certainement la campagne de public relation la plus lucrative de l’année.

Les émanations fugitives de méthane et d’éthane des forages pétroliers et gaziers de schiste sont nettement plus importantes que les publications de l’industrie. Toute similitude avec les constructeurs automobiles n’est que fortuite. Le méthane est 86 fois plus virulent que le CO2 durant sa vie (20 ans). Le gaz de schiste est plus polluant que le charbon.

En 2016, la croissance du commerce mondial sera la plus lente depuis la crise de 2008. L’OMC l’évalue à 1,7% contre 2,8% en avril. Le PIB devrait progresser de 2,2%.

 

Europe toujours avec l’Angleterre

Après un mois de septembre qui a vu les températures dépasser entre 1 et 3,5 degrés la moyenne, l’Europe a paraphrasé l’accord sur le Climat de Paris.

France

L’américain Chesapeaker Energy a vendu des forages de schistes dans le champ de Barnett aux USA au groupe Total. Le champ de Barnett a été fortement exploité et se trouve sur la pente descendante. Il offre des opportunités d’achats pour les majors en quête de gaz.

Pour qu’EDF puisse retrouver ses billes dans le nouveau chantier nucléaire Anglais de Hinkley Point, les deux centrales EPR devront être terminées au plus tard en 2029 avec un dépassement de coûts de 30% maximum. Le PDG d’EDF, qui sera à la retraite d’ici là, pense pourvoir y arriver et du coup il touche un bonus en passant sur la case start et évite, pour l’instant, la case prison.

La voiture française Venturi VBB-3 est devenue aux Etats-Unis la voiture électrique la plus rapide du monde en atteignant une vitesse de pointe de 576 km/h.

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Suisse

Meyer Burger, le fabricant de scies de silicium et de panneaux solaires va biffer 250 emplois sur ses 1’500.

Il n’aura fallu que 4 mois, après une votation qui autorise les entreprises publiques à réaliser des bénéfices et accorder des salaires paradisiaques aux dirigeants, pour que les Chemins de Fer Suisses annoncent: une augmentation de 230 € du forfait annuel, la suppression de 1’400 postes et la confirmation du salaire de son Directeur, Andreas Meyer à 1,05 millions frs. Si tous ceux qui râlent sur les réseaux sociaux avaient votés, la situation serait peut-être différente aujourd’hui.

Les hommes politiques font preuve de générosité. Ils viennent de sucrer le coeur de la stratégie de transition énergétique suisse « Energie 2050 » afin de laisser les prochaines générations régler le problème du climat pour eux.

40 milliards Frs. Ce serait le coût d’un accident nucléaire en Suisse selon le Conseil Fédéral. Le coût des mesures à court terme, s’entend. Pour les années suivantes, on ne sait pas trop. Paradoxalement, le Conseil Fédéral a fixé à Frs 2 milliards le montant a assuré par réacteur en cas de catastrophe.

Tiens, l’action de la Banque Nationale Suisse a bondi de Frs 1017 à 1700.–. La BNS traine toujours ses milliards $ investis dans les entreprises de schiste aux USA.

 

Angleterre

La première ministre a autorisé la construction de deux centrales nucléaires par EDF à Hinkley Point. L’Angleterre offre une subvention de 30 milliards $ sur 35 ans ainsi qu’une aide financière qui double le prix de l’électricité actuel.

Les chinois, coréens et américains proposent également la construction de leurs propres réacteurs sur le sol anglais. Le Royaume, qui a libéralisé son marché de l’électricité, pourrait devenir un centre de test pour les nouvelles centrales nucléaires. Cela devrait simplifier les synergies en cas de catastrophe.

La plus grande éolienne du monde a été installée dans la baie de Liverpool à Burbo Bank. L’installation a été commandée par le danois Dong Energy. La turbine de 8MW de Vestas mesure 195 m de haut. Son doux nom : Vestas V164-8.0MW. Dong Energy vise un coût de 10 ct €uro le kWh amorti sur 15 ans seulement. Une éolienne a une durée de vie de 20-25 ans.

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La plus grande éolienne du monde

Russie

Le prix relativement bas du baril continue de créer des ravages dans l’économie russe. Moscow songe à privatiser son principal producteur pétrolier Rosneft afin de faire entrer du cash dans ses caisses.

Les responsables de la communication de la Russie et de l’Arabie Saoudite ont bien compris le mécanisme. Il suffit d’annoncer que les deux pays sont en négociation pour geler la production pétrolière pour que le baril grimpe. Un mois avant la rencontre de l’OPEP les deux compagnons ont fait courir le bruit de discussions. Résultat: +2$ pour le baril soit 6 milliards $ de plus-value durant le mois pour les producteurs pétroliers.

 

Allemagne

Après avoir découvert que les ingénieurs allemands passent autant de temps à construire leurs voitures qu’à d’inventer des systèmes pour contourner les tests anti-pollutions qu’ils ont eux-mêmes mis au point, les voilà qu’ils se lancent à 100 à l’heure dans la voiture électrique.

Au salon de Paris, Mercedes annonce pour 2020 sa première voiture électrique : Generation EQ. Elle devrait être commercialisée aux environs de 50’000$. De son côté VW aimerait lancer son nouveau modèle électrique la I.D, en-dessous de 30’000 $, d’une autonomie de plus de 500 km. VW n’a pas annoncé comment l’entreprise allait calculer l’autonomie de ses véhicules mais on peut leur faire confiance! Lancement 2020. Tesla a quelques longueurs d’avance.

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La Mercedes Electrique EQ disponible en 2020

Les Amériques

Make America Great Again

L’industrie solaire a installé 2’051 MW d’avril à juin 2016 aux USA. C’est le onzième trimestre d’affilé qui voit une augmentation sur l’autre. Les prix du solaire ont diminué de 60% depuis 2010.

La nouvelle Chevy Bolt, General Motors, sera la grande rivale de la nouvelle Tesla. Plus de 300 km d’autonomie pour 37’000$. Arrivée sur les marchés : début 2017. En Europe, c’est sous la marque Opel Ampera qu’elle sera commercialisée.

Le procureur général de l’Etat de New York, Eric Schneidermann, enquête sur les raisons qui ont poussé Exxon Mobil à ne pas divulguer à ses actionnaires les impacts financiers sur l’entreprise du changement climatique. L’entreprise avait identifié ce problème depuis les années 80.

Proterra a dévoilé un nouveau bus électrique capable de rouler pendant 950 km avec une seule recharge. Bon, il trimballe une plombe de batterie, mais bel exploit. Le Catalyst E2 sera capable d’être utilisé pour les transports urbains avec une version remastorisée d’une autonomie de 500 km.

La Californie en rajoute. Déjà sur le point d’atteindre ses objectifs de réduction de CO2 prévu en 2020, le Gouverneur Jerry Brown propose de réduire de 40% les émissions de CO2 pour 2030 (basé sur l’année 1990). L’industrie et les républicains prévoient la fin du monde, mais ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.

La vague de faillites pétrolières américaines diminue mais ne tarit pas. Debtwire a publié une liste de 180 entreprises qui pendent en-dessus du vide. Au fond du ravin, il y a déjà plus de 90 entreprises qui ont laissé pour plus de 100 milliards $ de dettes.

Dans la série, les candidats à l’élection présidentielle américaine sont formidables, Gary Johnson, crédité de 12% dans les intentions de votes est sans conteste le Champion du Monde toute catégorie. Il dépasse même le fils Bush. Le voici incapable de nommer le moindre dirigeant étranger, après avoir, il y a trois semaines, ne pas connaître la ville d’Alep en Syrie. On reste comme lui, sans voix.

Schiste
Le nombre de forages de pétrole de schiste creusés mais non activés s’élève à 4’117 dans les 4 régions majeures (Bakken, Eagle Ford, Niobrara et Permian) et 914 de gaz de schiste (Utica, Mercellus et Haynesville).

Enbridge rachète Spectra Energy pour 28 milliards $. La capitalisation d’Enbridge grimpe à 127 milliards $ et devient too big to fail. Et quand on est dans ce cas, c’est que l’on est too big.

 

Venezuela

Le pays est en voie d’effondrement. Il a émis pour 110 milliards $ d’obligations financières qui pourraient disparaître en même temps que le pays s’écroule. La Chine aurait mis 60 milliards $ dans la corbeille de mariage en échange de pétrole.

 

Argentine

Selon le CEO de BP, Bob Dudley, l’Argentine pourrait être le nouvel eldorado du pétrole de schiste. Le bassin de la Vaca Muerta située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza semble prometteur.

 

Asie

Chine

Bien que la Chine dépende à 77% du charbon pour produire son électricité, le pays est en train de faire des efforts impressionnants pour reverdir le tout.  Après le solaire, le pays est en passe de devenir le No1 mondial de l’éolien. Cinq des 10 plus grandes entreprises sont déjà chinoises. La Chine se positionne comme le leader mondial du renouvelable et l’acteur incontournable dans le changement climatique. Qui l’aurait cru il y a 10 ans de cela ?

Pékin a décidé de ne plus supporter à n’importe quel prix les exploitants de pétrole et préfère s’alimenter sur les marchés internationaux moins chers. Ainsi, pour des raisons financières, la Chine a atteint, pour l’instant, son peak oil en 2015. En août, la Chine a produit 3.9 millions b/j (-8,9% par rapport à août 2015) et importé 7,77 millions b/j.

La Chine a diminué ses importations afin de combler sa réserve stratégique. Des questions de stockage pourraient freiner le processus. De nouveaux réservoirs pourraient être prêts d’ici la fin de l’année ou début 2017. La Chine possède une réserve pétrolière de 30 jours.

La nouvelle ligne de train rapide entre Zhengzhou et Xuzhou s’ajoute au 20’000 km déjà installé à travers le pays. Sur le tronçon de 360 km est traversé en un tout petit peu plus d’une heure. Les chinois sont devenus maitre dans l’installation de train ultra rapide.

 

Inde

La consommation d’essence est en train d’exploser en Inde. Le remplacement des motos par des voitures fait un tabac. Celui qui ne considère pas sa voiture comme un symbole de réussite a le droit de lancer la première pierre. Bon an mal an, la consommation est passée de 480’000 barils/jour en août 2015 à 550’000 barils/jours ce mois d’août. Cela représente 8,745 millions de litres par jour ou 2,6 milliards de litres par mois. Là, c’est déjà plus impressionnant. L’Inde est en train de compenser la baisse d’appétit de la Chine.

L’Inde a instauré une limitation de construction de nouvelle centrale à charbon. Cette limitation n’est pas due uniquement à des considérations environnementales car une partie des centrales est sous utilisée.

 

Kazakhstan

Il aura fallu 16 ans et engloutir 50 milliards $ pour que le champ pétrolier de Kashagan puisse débuter sa production commerciale. Il faudra encore 10 ans pour délivrer tout son potentiel.  L’Italien Eni SpA, Shell et Total ont mis l’argent sur la table et 370’000 barils/jour devraient être extraits chaque jour dès l’année prochaine. Peut-être que d’ici là, le prix du baril aura repris l’ascenseur.

 

Japon

Depuis la catastrophe de Fukushima, mars 2011, et l’arrêt de toutes les centrales du pays, le gouvernement a réussi à donner le feu vert pour 5 centrales. Pour le moment 3 centrales sont en activité. 21 autres centrales vont demander la remise en service avec la construction d’une nouvelle centrale.

Bande Annonce du Film: DeepWater Horizon sur la catastrophe pétrolière. Sortie 12 octobre 2016

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Le royaume a repris la première place mondiale devant les USA pour la production pétrolière.

 

Iran

La production a touché les 3,65 millions b/j en août, pas très loin de l’objectif de 4 millions. C’est une prouesse réalisée par Téhéran. L’Inde semble apprécier ce partenariat et gobe 600’000 b/j. mais à des tarifs préférentiels.

Ironiquement, alors que l’Iran devient l’un des plus grand exportateur de pétrole, le pays croule sous la chaleur du réchauffement climatique. Une partie du pays est sur le point de devenir inhabitable dans les 10-20 années à venir à cause des températures exécrables. Le manque d’eau et l’asséchement des nappes phréatiques deviennent des problèmes majeurs du Moyen-Orient et tous ces pays vont devoir y faire face.

 

Irak

La production irakienne continue sa progression alors que son or noir est l’un des meilleur marché à extraire. Un baril à 40$ permet de retirer de juteux bénéfices.

Le grain de sable se situe au niveau de la relation entre les Kurdes et Bagdad. Les premiers désirent créer leur pays et garder les revenus pétroliers. Même la ville de Kirkuk (région pétrolière) désire rejoindre les kurdes. Bref, c’est compliqué et on pourra en parler le mois prochain.

 

Afrique

Les sociétés de négoce pétrolières basées en Suisse ont trouvé un moyen économiquement juteux pour déverser les résidus pétroliers invendables en Europe. Ils les mélangent aux carburants vendus en Afrique. Profit :1-2 centimes € par litre. Vous voulez certainement connaître le nom des directeurs qui dirigent ces compagnies et qui « approve this method » : Vitol CEO Ian Taylor, Trafigura  CEO Jeremy Weir, Addax&Oryx CEO François Jaclot  et Lynx Energy Président Cyrille Costes.

 

Nigeria

La milice Niger Detal Justice Mandate a fait exploser un pipeline important. Son objectif est de diminuer les capacités de production du pays pour forcer le gouvernement à partager les revenus.

Le plus grand producteur pétrolier d’Afrique se trouve dans une situation économique très tendue et sa note de crédit a été passé au niveau : junk.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

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