Pétrole, le calme avant la tempête

Oil-Storm Depuis que le prix du baril a chuté, les inquiétudes sur les quantités de pétrole à disposition ont pratiquement disparu des écrans tout comme les mots « peak oil » dans les recherches de Google.

Sur le terrain, le sentiment est tout autre. Les faillites s’enchaînent et même l’Agence Internationale de l’Energie s’inquiète. Motif : l’industrie n’est plus capable de faire coïncider offre/demande. Elle n’arrive plus à répondre à l’équation : offrir un prix assez bas pour stimuler la demande et extraire à un tarif assez élevé pour couvrir les coûts d’exploitation.

Ainsi aux USA uniquement, plus de 90 entreprises ont mis la clé sous le paillasson durant les 18 derniers mois et 183 sont dans une position précaire selon Debtwire.

Il y a à peine 10 ans, Exxon Mobil, Chevron et BP devaient expliquer au Gouvernement Américain la raison de leurs profits jugés indécents. Aujourd’hui, les mêmes entreprises doivent s’endetter pour effectuer des forages aux coûts exponentiels. Elles pourraient même être dans l’incapacité de payer des dividendes à leurs actionnaires qui sont de plus en plus nombreux à quitter le navire. C’est ainsi que plus de 500 milliards $ d’investissements ont été biffés et plus de 100 milliards $ engloutis dans les faillites.

 

La surproduction continuera en 2017
Les nuages continuent de s’amonceler. L’Agence Internationale de l’Energie pense que la surproduction continuera en 2017. Corolaire de cette situation, le maintien du prix du baril sous la barre des 50$ continue de bloquer la relance des investissements.

Bloomberg_OilDécouvertes pétrolières depuis 1947
Les nouveaux gisements sont tombés au niveau le plus bas depuis plus de 60 ans.
Source Bloomberg

Un capharnaüm
La production mondiale atteint le record de 95 millions de barils/jour grâce au mélange entre le pétrole traditionnel et le non conventionnel comme le schiste, l’offshore, l’Arctique ou les sables bitumineux. Les pétroliers extraient un maximum avec l’objectif de payer les factures les plus urgentes et de survivre un mois de plus.

Du côté de la demande, la baisse des importations chinoises, la faiblesse de l’activité économique mondiale, la désindustrialisation et l’efficience énergétique diminuent l’appétit.

Par le passé, l’Arabie Saoudite tenait le rôle de gendarme mondial avec sa capacité et sa volonté de moduler sa production pour coller à la demande. Le plus grand producteur mondial a abandonné cette régulation sans trouver de remplaçant. C’est à se demander comment il est possible de laisser sans gouvernance une matière première aussi stratégique.

 

Le pétrole prit entre l’enclume et le marteau
Le pétrole s’est imposé comme la matière première essentielle au développement de notre Economie et plus particulièrement dans les transports avec une part de marché de 95%. Si les bateaux, camions, trains ou avions étaient privés de ce combustible, le monde s’arrêterait pratiquement de tourner. Même pour extraire du pétrole, du charbon, de l’uranium, du gaz ou pour produire de l’électricité, des éoliennes, du solaire, le pétrole est incontournable. Nous avons basé notre économie sur la présomption et l’idéal qu’il était inépuisable.

Depuis 150 ans, des quantités phénoménales de pétrole ont été extraites selon le concept des fruits les plus accessibles en premier. Aujourd’hui, il faut une échelle et elle ne suffit bientôt plus.

Si au début du 20è siècle, il faillait 1 baril de pétrole pour en extraire 100, le schiste ou le bitume nécessitent 1 baril pour en produire entre 3 et 10. D’un pétrole léger qui affleurait le sol, nous devons actuellement creuser à plus de 3-4-5’000 mètres avec des techniques de plus en plus onéreuses. Alors que les coûts d’exploitation stagnaient à 10$ le baril au début des années 2000, ils ont été multiplié par 5 et parfois 10. Le découplage actuel entre le prix de vente et le prix de production détruit l’industrie alors que dès que le baril passe sur les 100$, il électrocute la croissance et cette fois c’est l’Economie qui s’écroule.

 

Substitution, Electrification et Consommer local
Dans le domaine des transports, la tendance est à substituer le pétrole par l’électricité. Si l’idée peut sembler réaliste pour les vélos, les motos ou les voitures, les batteries actuelles permettent difficilement de transporter les lourdes charges des camions, des avions de ligne ou des bateaux cargos, même si certains constructeurs comme Proterra tente une incursion sur le sujet.

D’autres technologies, comme l’hydrogène font leur bonhomme de chemin mais de l’eau va devoir couler sous les ponts avant d’obtenir des résultats solides.

Une résultante semble inéluctable et rappelle le peak à 147$ de 2008: la diminution des transports de marchandises et un ralentissement des échanges internationaux. Le «consommer local» pourrait devenir très tendance.

Chevy_Bolt
Chevy Bolt : 100% électrique

Recherche Homme d’Etat
Devant la tempête qui s’annonce, le pragmatisme suggèrerait de minimiser l’impact économique du pétrole sur les entreprises et les citoyens.

La Norvège, la Finlande et la Suède sont en train de réduire drastiquement leur dépendance au pétrole. En octobre, la Hollande va voter sur l’interdiction de la vente de voitures à essence/diesel dès 2025. La Chine s’est lancée dans un programme à son échelle.

Les USA conscients de ce problème tentent de réinstaurer les trains électriques et se profilent dans d’électrification des véhicules. Même le dinosaure General Motors, propose une solution avec la Chevy Bolt à 37’000$ qui concurrencera la nouvelle Tesla.

En Europe, la France fait de la France. L’Allemagne pompe le gaz/pétrole russe et la Suisse fait rimer son programme d’énergie 2050 avec green washing. Tous ces pays sont dans l’attente de voir émerger dans cette bouillabaisse d’hommes politiques un homme d’Etat capable de relever les défis sans avoir les yeux rivés sur les sondages. Dans le renouvellement politique qui s’annonce aux quatre coins du monde , une perle rare pourrait émerger.

En attendant, le pétrole s’approche de l’œil du cyclone.

Votation: Economie Suisse et le Moyen-Age

simpsonLes USA et la Chine ont ratifié l’accord de la COP21 de Paris sur le climat ce qui pourrait donner le feu vert à une réduction de CO2 au niveau mondial.

En Europe comme en Suisse, les groupes de pression des grandes entreprises montent aux barricades pour prophétiser une vague de licenciements sans précédent ainsi que la perte de compétitivité des entreprises liées à la décarbonisation.

La Suisse va voter à la fin septembre pour activer cette transition écono-energétique d’ici à 2050 et elle n’échappe pas à la pression de ces lobbies.

Est-ce que les emplois paieront massivement la facture et quel est l’impact des énergies renouvelables sur la productivité et l’innovation?

Surtout ne rien changer
Si l’on se fie au puissant lobby EconomieSuisse, la transition énergétique fait planer une vague de licenciements, de désindustrialisation ou de perte de compétitivité qui menacent la croissance et les entreprises même si en 2050 une grande partie de ces entreprises n’existeront plus.

Les grands groupes industriels,  qui dirigent et financent ces lobby, profitent souvent d’une rente monopolistique qui les pousse à conserver le plus longtemps possible le statu quo et à éviter tout changement dans le microcosme où ils ont établi leur camp. Souvent ces entreprises ont investi d’importants capitaux financiers dans leurs outils de production avec la nécessiter d’être amorti sur des périodes souvent longues. Le statu quo est la situation privilégiée.

Au-delà de cette paralysie recherchée, le capitalisme repose sur une spirale continue de la réduction des coûts et l’innovation a presque toujours permis de relever ce défi. Dans cette course inlassable, deux facteurs sont devenus déterminants: diminuer les coûts de personnel et augmenter l’efficience énergétique.
Emploi : Les robots sont devenus assez intelligents pour devenir des ouvriers
Parmi nombre de facteurs, l’Europe est née sous l’impulsion des multinationales, dont le dessin était d’instaurer une liberté de circulation entre les travailleurs des différents pays afin d’augmenter la concurrence entre les employés et de diminuer leurs salaires. A cet égard, la libre circulation a été une réussite, mais elle pourrait être concurrencée aujourd’hui par l’immigration jugée encore plus rentable. C’est en tout cas le pari de l’Allemagne. La course à la réduction des coûts du capital humain est à ce prix.

Cependant, l’arrivée de robots, plus intelligents que les ouvriers, pourrait être un tournant décisif.
Par exemple, bien qu’un robot soit plus lent à assembler une montre, il travaille sans broncher 24h/24, 7 jours sur 7. L’heureux employeur n’a plus à cotiser au chômage ou aux différentes assurances sociales alors que le leasing de Frs 6’000.–/mois de sa nouvelle recrue est fiscalement déductible.

Ces féroces prédateurs ne s’attaquent pas uniquement aux emplois répétitifs ou pénibles. On les retrouve de plus en plus dans les services à haute valeur ajoutée. Les fruits d’une recherche par une armée d’avocats et de juristes arrivent en un mois à des résultats tout aussi pertinents qu’une machine dotée d’intelligence artificielle en l’espace de 24 heures. Ce gain de productivité va devenir la norme et les investissements dans le facteur humain vont être transférés dans des actifs fiscalement déductibles.

Dans le monde, depuis la crise de 2008, plus de 10 millions d’emplois ont déjà été remplacés par des robots et le rythme s’intensifie. Cette révolution va être socialement virulente et ceci indépendamment des mesures climatiques.

 

Efficience Energétique: la deuxième opportunité d’optimalisation des coûts d’une entreprise.
Aux USA, entre 1900 et 1980, l’efficacité énergétique globale (rapport entre le travail physique utile via l’extraction des matériaux et son maximum) a augmenté de 2,3 à 13%. Avec les nouvelles technologies de l’internet des objets, ce chiffre pourrait tendre vers les 40%. Ce chiffre fait office de Graal pour celui qui cherche à rester compétitif.

L’émergence des énergies renouvelables, dont le coût de production marginal est proche de zéro (le soleil, le vent sont gratuits) couplé avec l’internet des objets vont permettre de s’approcher de ce but. Ainsi les PME qui investissent dans la production de renouvelable (capex) se trouvent dans une situation bien plus favorable que les grands groupes statiques. Capable d’alimenter leurs usines avec de l’énergie renouvelable au coût marginal quasi gratuit, elles obtiennent aujourd’hui un avantage qui va devenir la norme d’ici à quelques années.

Aux USA, en 1918 alors que l’électrification des maisons était florissante et acquise, les grandes entreprises américaines de l’époque, freinaient des quatre fers cette nouveauté énergétique. Il aura fallu attendre plusieurs années, pour qu’elles fassent le grand saut avec le succès que l’on connait.

Aujourd’hui, si nous avions écouté la voix des lobbies, il est presque certain que nous n’aurions pas encore accès à l’internet. Il est d’autant plus fascinant et hilarant de découvrir la stratégie de communication d’EconomieSuisse pour la campagne contre la prochaine votation sur l’Economie Verte avec le moto : «ne pas revenir au Moyen-Age».
Le Leadership énergétique va-t-il remplacer celui de la puissance armée?
La matrice Digitalisation/Internet/Energie va bouleverser le marché du travail et la stratégie des entreprises. La Chine l’a bien compris, elle qui se positionne géopolitiquement dans ces domaines. Pour éviter un clash social, Pékin doit impérativement créer des emplois pour ses travailleurs et trouver de nouvelles niches industrielles. Il semble que le gouvernement ait porté son dévolu sur les énergies renouvelables.

En une décennie, la Chine a déjà anéanti l’industrie solaire américain et européen. Grâce à la passivité de Bruxelles et Washington, elle est en passe d’accomplir le même tour de force avec l’éolien. Son annonce de participation à l’accord COP21 de Paris précise un peu plus sa stratégie et son leadership. Aurait-elle l’ambition de devenir le nouveau Moyen-Orient de l’énergie ?

A long terme, la force d’un pays ne sera plus uniquement calculée sur sa puissance militaire, mais également à sa capacité de maîtriser la production d’une énergie propre gratuite, de répondre aux changements climatiques et à intégrer l’internet des objets dans une énergie sans carbone.

Les Suisses vont voter en prenant en compte ou pas l’avenir des prochaines générations. Mais quelque soit le résultat, les robots remplaceront toujours plus de travailleurs et les entreprises qui freinent aujourd’hui des quatre fers l’efficience énergétique, risquent bien à l’avenir de se trouver à l’arrêt pour de bon.

Energies et Economie: Revue Mondiale Août 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Mais où va le baril de pétrole?
– USA: Exxon, Chevron, BP: les majors à la peine.
– USA: Quand une entreprise attaque judiciairement le Gouvernement
– Arabie Saoudite – Russie: un remake du gel de la production
– France: Entre nucléaire, Total, Renault et les élections
– Chine: Le pays aurait-il atteint son peak oil?
– Russie et Turquie: les nouveaux amis énergétiques.

Le pétrole ne sait plus où aller. Après l’annonce du gel de la production de la Russie et de l’Arabie Saoudite il est grimpé pour redescendre et terminer à 48.37$ à Londres (50.61$ à la fin juin) et à New York 46.35$  (49.88$ fin juin).

L’uranium chute. Mais chut! 25,25$ en ce mois d’août (27$ fin juin).

Les revenus de l’OPEP ont diminué de 46% à 404 milliards $ durant 2015 en comparaison avec 2014. C’est autant d’argent qui n’a pas été exportés par les pays importateurs.

 

Monde

L’Arabie Saoudite et la Russie ont refait le coup du «nous allons diminuer notre production» le mois prochain à la réunion de l’OPEP à Alger. Il n’en fallait pas plus aux traders pour se précipiter sur le baril et le pousser à la hausse. En pratique, on ne sait plus où le stocker et il déborde de partout. Une chose est certaine : personne ne sait où va le pétrole, mais aux environs de 50$ il semble apprécier ce coin douillet.

Du côté Ambiance: la situation politique au Moyen-Orient se désagrège, les températures de la planète pulvérisent les records, la population continue de croitre, l’économie chinoise, qui a été le moteur mondial depuis des années, boit la tasse et le poids de la dette atteint des sommets.

BP, Chevron et Exxon ont atteint un niveau record de dettes alors que le baril est à 50$. Elles pourraient avoir des difficultés à payer des dividendes alors qu’il y a juste 10 ans, elles étaient devant le Congrès US pour s’expliquer sur leurs profits outrageux.

La production pétrolière mondiale serait de 96 millions b/j selon l’IEA. L’OPEP avec ses 33,21 millions b/j est le plus grand producteur.

Europe

Allemagne

VW pourrait trouver une nouvelle croissance dans la commercialisation de voitures électriques. Le constructeur allemand effectue le grand écart entre ses moteurs diesels et ceux de la nouvelle génération électrique. VW montre une fois de plus que les changements surviennent lors de crise.

Poussé par Tesla, le chinois BYD et VW le marché de la batterie pourrait atteindre 10 milliards $ en 2020 et 25% du marché des voitures pourrait être électrique d’ici à 25 ans. La planète ne comptait que 6’000 voitures électriques en 2009 et 1,2 million l’année dernière.

Publicité de BMW contre Tesla

France

Le géant pétrolier Total est fortement secoué par la baisse du baril et par la difficulté de trouver de nouveaux gisements pétroliers. Total est probablement la major pétrolière qui se trouve au plus proche du mur! Une reconversion vers les énergies renouvelables est tentée. Total en a profité pour racheter une entreprise active dans la recharge de voitures électriques pour leurs stations d’essence.

 

Angleterre

L’Angleterre a donné son aval pour la construction de la plus grande centrale éolienne au monde avec 300 machines et une production égale à 2 centrales nucléaires. Coûts : 7 milliards €.

 

Russie

La chute du rouble a permis aux acteurs pétroliers de s’en sortir et de continuer à explorer de nouveaux champs. Rosneft a poussé sa production de 500’000 barils à 4,1 millions b/j et a augmenté le nombre de forage de 48% depuis juin 2015. De son côté Gazprom Neft a mis en exploitation 32 forages en Arctique dans la mer de Pechora. 10 millions de barils ont été extrait de barges capables de résister aux glaces hivernales.

La Russie et la Turquie se sont mis d’accord pour la création d’un gazoduc qui livrerait du gaz à la Turquie et permettrait de réaliser une extension capable de livrer l’Europe. Du côté géostratégique, la Russie, l’Iran et la Turquie se trouvent une amitié pour peser de tout leur poids au Moyen-Orient. La Turquie s’est même excusée auprès de Poutine pour l’avion russe abattu en Syrie.

Gazprom espère livrer plus de pétrole à l’Europe grâce à la baisse de production hollandaise. De son côté la Pologne désire cessez ses importations de gaz à la Russie et se tourne vers l’Iran. La Pologne est un peu agacée par la situation entre l’Ukraine et la Russie.

 

Les Amériques

USA

Les 3 présidents : Mexique-Canada-USA désirent que le 50% de l’électricité produite en 2025 devienne verte. L’objectif est global pour la totalité des 3 pays et non un objectif par pays. L’avis de Trump n’a pas été demandé.

Selon Haynes and Boone, 90 entreprises pétrolières américaines ont mis la clé sous le paillasson durant les 19 derniers mois avec des factures impayées de 66,5 milliards $. C’est au Texas que la casse est la plus grande : 44 entreprises pour 29,5 milliards $.

Il manque une génération dans l’industrie pétrolière. A la fin des années 80, beaucoup d’entreprises avaient dû se séparer de leurs employés. Une génération entière a été poussée hors de cette industrie. Les 30 et 50 ans sont sous représentés alors que les baby boomer partent à la retraite.

L’IEA, International Energy Agency, annonce que la part de marché du Moyen-Orient atteint les 34% avec 31 millions b/j. C’est le plus haut niveau depuis 1975 (35%).

Murray Energy, la plus grande entreprise de charbon privée, annonce qu’elle va licencier 4’400 employés (80%) à cause d’un marché du charbon en chute libre.

Oklahoma a vu le nombre de tremblement de terre diminuer suite au ralentissement de la production de schiste en 2016. Le départ de KD (Kevin Duran) pour Golden States est certainement le plus grand tremblement de terre qu’à subit la ville durant ces été (basketball pour les non initiés).

Il devrait neiger prochainement. Exxon Mobil tourne sa veste et soutient une taxe sur le carbone pour limiter les changements climatiques. Bon, nul doute que la major va tout faire pour freiner le processus, mais c’est déjà un revirement de situation impressionnant pour celle qui a toujours combattu le réchauffement climatique, quitte à soudoyer des scientifiques (même s’il n’est pas très difficile de soudoyer un scientifique).

L’Etat de Californie poursuit en justice Valero Energy et Chevron pour s’être entendu sur les prix de la vente d’essence. Shell Phillips 66, Tesoro, Exxon Mobil sont également sous investigation. Douter de l’intégrité des pétroliers, n’est pas chose commune aux USA.

La vente des voitures électriques pourrait atteindre 200’000 unités cette année et une croissance de 60% durant les années à venir selon Navigant Research. Ce boom provient de l’augmentation du rayon d’action de 300 km et de prix de vente en-dessous de 40’000 $. Une révolution au pays du tout pétrole.

Canada

Vous voulez savoir à quelle sauce seront mangé les Gouvernements européens si l’accord trans-Atlantique TTIP sera signé entre les USA et l’Europe ?
La compagnie privée TransCanana Inc poursuit le Gouvernement américain pour un montant de 15 milliards $ pour la non-construction du pipeline Keystone. L’entreprise avance que le Gouvernement US avait donné des signes que le projet allait se réaliser. Boum Badaboum, revirement de situation et l’administration Obama a changé d’avis. C’est ce changement que l’entreprise n’a pas avalé.

La production pétrolière du pays est revenue à sa capacité normale après les incendies de Fort-McMurray en Alberta. Les USA ont importés 2,6 millions b/j en cette fin de juillet soit presque le même niveau qu’avant les incendies.

La compagnie pétrolière chinoise CNOOC avait acheté l’année dernière le Canadien Nexen particulièrement actif dans les sables bitumineux de l’Alberta. Montant de la transaction : 15 milliards $. Devant les pertes, l’exploitation de ce gisement bitumineux a été arrêtée en juillet et aucune date de reprise n’a été annoncée.

 

Venezuela

Une entreprise Colombienne de transports, proche du président Maduro, a gagné un appel d’offres pour forer 600 puits de pétrole. L’appel a été annulé par l’opposition des compagnies pétrolières du pays face à un gagnant qui n’avait jamais foré un seul puits de pétrole.

Les compagnies pétrolières étrangères ont des factures en souffrance pour plus de 2 milliards $ et commencent à lever le pied. Le peu de nourriture qui reste dans le pays va dans l’ordre : aux riches, aux politiques et à ceux qui ont un fusil.

Asie

Inde

Singh Indian Oil Corp va investir 6 milliards $ pour augmenter de 30% ses capacités durant les 6 prochaines années et assouvir la demande d’essence dans le pays.

 

Chine

La production pétrolière chinoise pourrait avoir atteint le peak oil. Elle est passés de 4,3 millions b/j en 2015 à 3,95 millions b/j cette année. A moins qu’il ne s’agit qu’une réaction aux prix bas du marché.

La consommation intérieure de charbon et de pétrole ont diminué respectivement de 10 et 5,1% depuis le début de l’année.

Le pays se présente comme un nouveau grand centre de raffinage de diesel et d’essence +38% en un an. La Chine a importé de grandes quantités de pétrole pour remplir ses réserves mais inonde les pays avec du pétrole raffiné. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les raffineries européennes. La Chine se présente de plus en plus comme un géant énergétique en commercialisant la quasi-totalité des panneaux solaires, elle est en train d’absorber le secteur éolien et c’est au tour du pétrole.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Après avoir annoncé que le pays pourrait couper sa production (la même campagne de pub avait fait gagner 15$ au baril au début de l’année), on constate que Riad a poussé la machine et les pompes à un niveau record: 10,67 millions b/j en juillet et août avec des exportations de 7.5 millions b/j.

Pour activer l’air conditionné, l’Arabie a consommé 894’000 b/j en 2015 et 700’000 cette année alors que la température a atteint une moyenne record de 44 degrés en juillet. L’Arabie a lancé un programme pour générer de l’électricité à base de gaz au lieu du brut.

Pour souligner la gabegie, les centrales électriques saoudiennes utilisent de pétrole brut au lieu des résidus normalement utilisés par les autres pays.

Afin de garder ses parts de marché, Riad a baissé ses prix pour le pétrole livré en Chine.

Le cessez-le-feu vieux de 3 mois au Yémen est parti en éclat. Le Yémen est le terrain de jeu trouvé par l’Iran et l’Arabie pour se combattre. Les Houtis du Yémen, noyés sous les bombes des avions Arabes, ont envoyé un missile sur une raffinerie de Saudi Aramco dans le Sud de l’Arabie. Riad souligne que les dégâts ont été minime et que l’installation pétrolière fonctionne.

 

Iran

La ligne dure traditionnelle semble prendre le dessus sur les plus modérés. Ainsi les nouvelles propositions de contrats pour les compagnies pétrolières étrangères sont peu encourageantes et financièrement intéressantes. La ligne dure suggère de ne pas se faire voler le pétrole par les étrangers. Cette position pose la question : combien d’entreprises vont-elles participer ? Les Russes et les Chinois ont levé la main.

L’Iran a augmenté sa production gazière et va exporter une partie vers l’Irak. Une partie de l’extraction pourrait se diriger vers la Turquie et l’Europe.

Téhéran va participer à la réunion de l’OPEP en septembre à Alger. Le ministre du pétrole a annoncé que son pays ne va pas diminuer sa production tant qu’il n’a pas regagné ses parts de marché. On sent que la réunion de l’OPEP part sur une bonne base dans la joie et une ambiance récréative. L’Iran a produit 3.85 millions b/j en août.

 

Irak

Le pays a un nouveau ministre du pétrole : Jabar Ali al-Abadi. Le brave homme a pour mission de rencontrer les Kurdes et les champs pétrolifères du nord en mains kurdes. Les kurdes ont commencé à vendre leur pétrole via la Turquie au rythme de 70’000 b/j. Un partage équitable des revenus est sur la table.
Un convoi pétrolier de 25 camions citernes de l’Etat Islamique a explosé sous les bombes américaines. L’organisation pourrait bientôt se trouver à cours de carburant.
Le pays a exporté 3,2 millions b/j en août et le gouvernement a demandé aux compagnies pétrolières étrangères en charge des champs pétroliers d’augmenter la cadence car le pays à besoin de cash.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur de pétrole africain est également l’un des pays qui installe le plus de panneaux solaires sur le continent.
Un nouveau groupe le Niger Delta Greenlannd Justice Mandate (NDGM) entre en guerre contre le pétrole et le gouvernement. Le concept est que le gouvernement paie ce nouveau groupe pour éviter qu’il ne fasse exploser les installations pétrolières.

La production du pays est estimée à 1,3 millions b/j.

Libye

L’Etat Islamique semble être à la peine à Sirte et la ville pourrait être reprise.
Il y a peu d’indices qui montrent que la production pétrolière du pays pourrait remonter dans les semaines qui viennent tant la situation est confuse.

Phrases du mois

“You have to play by the rules and excel on every level. And one level is fundraising” – Lynn Forester de Rothschild, prominent Clinton donor. Hillary Clinton espère récolter 1 milliard $ pour sa campagne présidentielle.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde