Donald Trump: Make the Energy Great Again

donald-trumpDonald Trump n’avait officiellement pas encore donné son avis sur la question énergétique et du réchauffement climatique.

Depuis jeudi, c’est chose faite. A son image, il n’a pas fait dans la demi-mesure.

Aligné sur la doctrine du parti républicain, celui qui pourrait devenir le prochain président américain n’a pas déçu. Accord sur le Climat de Paris, réglementations sur la pollution et les énergies fossiles, tout passe à la trappe.

Lors de son allocution à la Petroleum Conference à Bismarck dans l’Etat pétrolier du Dakota du Nord, le candidat républicain a adopté la position du parti en favorisant largement les énergies fossiles et en effectuant un 180 degrés par rapport au président Obama.

 

Préparer le terrain
sarah_palinOn se souvient qu’en janvier dernier, l’ex candidate à l’élection de 2012, Sarah Palin avait donné son soutien à Trump dans l’espoir de devenir la prochaine Ministre de l’Energie. Avec la simplicité qu’on lui connait, l’ancienne sénatrice de l’Alaska, avait déclaré sa flamme pour les énergies fossiles. (lire article)

Il y a quelques jours, afin de définir sa stratégie en politique énergétique, Donald Trump avait annoncé l’arrivée dans son équipe de Kevin Kramer. Cet homme du Dakota du Nord est connu pour ses positions anti-climat et un fervent défenseur du pétrole et du gaz.

Avant sa conférence de presse et pour paufiner sa stratégie, Trump s’était entretenu avec Harold Hamm, le pionnier du schiste américain et CEO de Continental Resources.

Le terrain était prêt.

 

Fidèle à la doctrine du parti républicain : Drill baby Drill

Le candidat républicain a attaqué ses rivaux démocrates, Hillary Clinton et Bernie Sanders, qui désirent imposer des régulations plus strictes dans les forages de schiste et l’environnement.
«Si vous faites ça, nous allons devoir retourner au Moyen-Orient et les supplier pour avoir du pétrole. Cela ne se passera pas avec moi»,  a-t-il souligné.

Le milliardaire a ajouté qu’il désire annuler l’accord sur le climat de la COP21 de Paris, supprimer les régulations fédérales américaines sur l’environnement, raviver l’industrie moribonde du charbon et voir la construction du pipeline Keystone XL qui transportera le pétrole des sables bitumineux canadiens jusqu’aux USA.

Comme le Sénateur McCain face à Obama en 2012, il accuse “les démocrates de mettre les intérêts étrangers avant les intérêts américains et de freiner la production énergétique”. Avec cette même rhétorique, Donald Trump désire que “les États-Unis deviennent énergiquement indépendants et voir même d’exporter le surplus”. Même si aujourd’hui le pays importe toujours la moitié de sa production pétrolière soit presque 9 millions de barils par jour.

A une question posée par un journaliste canadien sur la construction du pipeline Keystone XL, Trump a martelé « qu’il obtiendra un meilleur accord actuel proposé par l’entreprise TransCanada. Je veux ce pipeline, mais le peuple américain doit recevoir une part signifiante des bénéfices». Ce concept rappelle la construction d’un mur anti immigration entre le Mexique et les USA que le milliardaire désire faire financer par le Mexique.

Concernant l’accord de Paris sur le climat, M. Trump souligne que «les bureaucrates vont contrôler ce que nous utilisons et ce que nous faisons sur nos terres et dans notre pays. No way, no way (pas question, pas question)».

Il en a profité pour réitérer son soutien à l’industrie du charbon et prédit qu’au final “le charbon va devenir très bon marché“. Bien que le charbon américain soit attaqué en frontal par le gaz de schiste, il n’a pas détaillé son plan pour maintenir en vie les deux productions ennemies.

Le candidat pense que «le président Obama a tout fait pour barrer la production énergétique américaine. Si Crooked (corrompue) Hillary est en charge, les choses vont aller de pire en pire. Croyez-moi, elle fermera les entreprises de production à travers tout le pays.»

 

L’homme providentiel

Ce samedi à Fresno en Californie, il a continué sur sa lancée d’homme providentiel. Trump a lancé que “l’État californien ne subit pas de sécheresse et que la technologie pourrait résoudre ce problème”. S’il est élu, il fera tout pour amener de l’eau du Pacifique aux fermiers qui depuis cinq ans font face à de graves pénuries d’eau.

La fronde Républicaine s’est également étendue sur les enquêtes fédérales lancées contre les grands groupes énergétiques comme ExxonMobil ou le charbonnier Peabody. Depuis des années, ces géants ont caché au public et aux actionnaires les effets des énergies fossiles sur réchauffement climatique. C’est en tout cas ce que pensent les procureurs en charge de ces dossiers. Le grand parti demande l’arrêt immédiat de ces enquêtes. Si Peabody a déjà avoué, Exxon se trouve dans une situation critique. La major pétrolière a déjà dû dévoilé des documents compromettants sur des systèmes qui s’inspirent de l’industrie du tabac.

 

Le Monde a-t-il changé en 8 ans?

Si fondamentalement, il ne devrait pas y avoir une grande différence entre la doctrine de Donald Trump et celle de Georges W Bush, huit années se sont écoulées avec des bouleversements énergétiques mondiaux ainsi que des événements climatiques de plus en plus surprenants.

Il sera intéressant de voir comment la communauté internationale et notamment la Chine réagiront dans ce domaine face au style bulldozer de Trump, si en tant que Président des Etats-Unis, il décide de mettre en pratique sa nouvelle promesse électorale: Make the US Energy great again!

D’ici là, l’eau risque de couler sous les ponts, sauf en Californie.

 

Conférence de presse: Jeudi 26 mai, Dakota du Nord.

Energie: dès 14 minutes

Prix de l’électricité: les électriciens sous le choc

electricté_22Comme la chute des prix pétrole,  celle de l’électricité fait également des dégâts. Après les exploitants de schiste américain, c’est au tour des producteurs d’électricité européens de découvrir les joies de la crise.

De 6 centimes € le kWh en 2011, l’or bleu ne coûte plus que 2,5 ct aujourd’hui et envoie tous les modèles d’affaires élaborés depuis des décennies à la casse. Durant les 6 dernières années, les dévaluations d’actifs atteignent déjà 104 milliards €!

Pour les électriciens, qui vendent machinalement leur électricité à des clients captifs depuis des décennies, le réveil est aussi brutal qu’inattendu.

 

Après le Gigantisme, la Panique
Durant les années folles de 2000 à 2008, les grands acteurs se sont battus pour acheter des unités de production géantes basée sur une prévision de hausses constantes des prix de l’électricité. Nul n’imaginait que le marché puisse baisser.

La démesure trouva son apogée avec la création du nouveau réacteur nucléaire français EPR, un symbole de puissance et de grandiloquence, synonyme de croissance infinie.

Mais l’imprévisible arriva. La compétitivité des énergies renouvelables, la crise industrielle actuelle qui pèse sur la consommation et la catastrophe de Fukushima ont déstabilisé ces entreprises habituées à naviguer par beau temps. Les rêves se sont écroulés en même temps que les prix.

Aujourd’hui, l’EPR français ressemble au Concorde, les centrales à gaz sont à l’arrêt et les centrales à charbon commencent à fermer, écrasées par un prix de vente du kWh inférieur aux coûts de production.

Pris de panique, les managers ont dû trouver des parades artificielles et comptables en lançant des vagues géantes d’amortissements afin de dévaluer la valeur de leurs installations. En 2015 seulement, 30 milliards € d’actifs ont disparu des livres comptables. Dans certains cas, ces dévaluations reflètent une saine correction mais d’autres tendent à cacher un autre problème de fond.

 

Etape 1: Jouer au Casino et amortir
Sur le modèle des banquiers, les électriciens se sont lancés dans la spéculation et le trading d’électricité. Ainsi, le Suisse Alpiq, qui génère seulement 340 millions € de revenus avec ses centrales électriques, affiche dans sa rubrique Commerce & Trading plus de 4,2 milliards €. Ces grandes entreprises se sont mises à jouer au Casino dans l’espoir de redresser la barre, de camoufler les errances de leurs investissements et accessoirement de justifier les salaires exagérés de leurs dirigeants.

Dans cette loterie, il est difficile de connaître les noms des vainqueurs et des perdants car l’industrie ne brille pas par sa transparence. Cependant, certains amortissements douteux peuvent donner une indication sur le montant des pertes accumulées au Casino. En effet, les montants des dévaluations des centrales nucléaires, hydrauliques, à charbon à gaz ou des barrages permettent de dissimuler les pertes liées à la spéculation.

 

Etape 2: Se débarrasser des actifs encombrants
Alors que plusieurs centrales nucléaires terminent leur vie, les RWE, E-On, Axpo, Alpiq font face à la réalité des coûts et du stockage des déchets.

Certes, des fonds ont été provisionnés pour couvrir une partie de ces frais. Mais comme dans les majors pétrolières, les producteurs ont préféré utiliser leurs revenus pour privilégier les dividendes à leurs actionnaires afin de s’assurer des sources de financements et un accès aux crédits.

Alors que l’Allemagne a revu sa copie et prévoit un montant de 23,3 milliards € pour couvrir les frais de stockage du combustible nucléaire, les producteurs chargés de payer la facture découvrent que c’est au pied du mur que l’on voit mieux le mur.

Pour minimiser les risques, l’Allemand E-On a décidé de diviser ses activités et entités entre «fossiles» et «renouvelables». La production d’énergies fossiles (charbon, gaz, diesel, nucléaire) et à risque (trading) ont été transférés dans Uniper alors que E-On se réserve les énergies renouvelables (éolien) bien moins risquées. En temps voulu Uniper pourra utiliser l’arme de la faillite pour éviter de faire face à ses engagements alors que E-on pourra continuer à voguer.

A l’opposé de cette stratégie, EDF intègre toute la palette d’installations du parfait producteur d’électricité et fait confiance à l’Etat pour couvrir ses dettes monstrueuses.

Tel un requin, les électriciens, qui ont volontairement complexifié leur business, ont voulu nous emmener dans leurs eaux troubles et les voilà pris à leur propre jeu.

 

La crise qui secoue l’électricité européenne peut être une opportunité salvatrice. En 2015,  dans le monde, la moitié des nouvelles unités de production électrique installées ont été à base de renouvelable. Ce changement de paradigme apporte plus de transparence et moins de complexité dans le système. Il pourrait offrir une solution à ces managers dépassés par le monstre qu’ils ont créé.

Mais la puissance des lobby, le peu de compétence des financiers et des banquiers et l’immobilisme politique poussent à maintenir le statu quo. Décidément, l’électricité européenne affronte les mêmes démons que les producteurs de schiste américains.

 

Incendie de Fort McMurray: L’Enfer du Décor

FortMcMurray1L’énorme incendie, qui ravage la ville de Fort McMurray, Alberta, est perçu comme une tragédie au Canada. Plus de 2000 km2 de forêts et des milliers d’habitations ont été détruits dans une ville inventée pour extraire un pétrole non conventionnel.

Bien que les feux se propagent loin des centres d’exploitation des sables bitumineux, la production a déjà diminué de 1 million de barils/jour (b/j). On ne peut s’empêcher de faire un lien entre le réchauffement climatique et la technologie d’extraction d’or noir la plus polluante. Est-ce que cet écosystème industriel, environnemental et économique pourra se reconstruire alors que les cours du pétrole remontent grâce à cette catastrophe ?

 

Fort McMurray: Capitale Mondiale du Réchauffement Climatique
A la fin des années 90, avant l’arrivée des compagnies pétrolières, Fort McMurray recensait à peine 10’000 citoyens. La semaine dernière, elle comptait 78’000 habitants ainsi que 43’000 «shadow workers» (travailleurs de l’ombre), logés directement dans les exploitations pétrolières à 50 km plus au nord.

Il a fallu déboiser, bétonner, construire et faire sortir de terre une ville artificielle et tenter de lui donner une once de viabilité.  La grande majorité de ces infrastructures ont été financées par les investissements privés des grands producteurs pétroliers soucieux d’attirer assez d’employés dans cet endroit austère et au climat hostile.

Avec le temps, Fort Mc Murray a réussi à forger une population expérimentée dans l’exploitation des sables bitumineux ainsi que de se créer une renommée mondiale dans une industrie qui produit le 8,3% des gaz à effet de serre du Canada

Combien seront-ils à revenir dans cette ville devenue fantôme où ils ont tout perdu?

Avec les prix actuels du baril, est-ce que les pétroliers et les assurances auront le financement disponible et la volonté de recréer les infrastructures dévastées?

 

 

Un business modèle basé sur les travailleurs immigrés
Pour répondre aux besoins financiers des compagnies pétrolières, le gouvernement a dû importer en masse de la main d’œuvre étrangère pour assurer, à très bas coûts, les tâches logistiques secondaires comme dans la restauration, les hôpitaux, les magasins, la construction, la prostitution ou certains emplois difficiles dans l’exploitation des sables bitumineux.

En échange, le gouvernement a exigé des compagnies pétrolières que les emplois les plus rémunérateurs soient réservés aux canadiens.

Les immigrés représentent 70’000 des 133’000 emplois que compte le secteur. Sans ces travailleurs de seconde zone, le boom n’aurait pas été possible. Ils se retrouvent aujourd’hui sans travail et donc sans permis.

Les services de l’immigration canadienne ont fait savoir qu’ils allaient examiner la situation afin de faire exception au principe du renvoi automatique.

Mais un retour à Fort Mc Murray pourrait prendre plusieurs semaines. Auront-il les ressources financières pour tenir durant tout ce temps?

 

 

Baisse de 1 million de barils de pétrole par jour. Le baril remonte
En temps normal, l’Alberta produit un peu plus de 2,1 millions baril par jour (b/j) de pétrole bitumineux.

Une grande partie des 43’000 travailleurs de l’ombre ont dû être évacués des zones d’exploitation afin que leurs mobile homes soient déplacés et mis à disposition les habitants évacués de Fort McMurray.

Même si pour l’instant les terrains d’exploitation ne sont pas directement menacés par l’incendie, faute de main d’œuvre Syncrude, Suncor, Shell, Nexen, ConocoPhilips, Total, Husky et Connacher ont dû se résigner à suspendre leurs opérations. Leurs pertes pourraient s’élever à 5 milliards $ alors qu’elles sont déjà en difficulté.

Cependant, la coupe sèche d’un million b/j est une excellente nouvelle pour les producteurs qui ont vu les prix du baril remonter à 45$ à New York.

Si la paralysie devait continuer pendant plusieurs semaines, les marchés pourraient durablement regrimper et redonner espoir aux producteurs.

 

Environnement et Incendie: La violence des feux interpelle.

La création de Fort Mc Murray repose sur des bases anarchiques dans la plus grande tradition du grand frère américain.

La déforestation pratiquée de manière sauvage favorise les feux de forêt en laissant brindilles et branches sèches et appauvrissant les sols. Un hiver très sec, des températures dépassants de 15 degrés les normales saisonnières et un fort vent auront fait le reste. Les causes du départ de l’incendie ne sont pas connues, mais en revanche sa propagation s’explique.

Sur les réseaux sociaux canadiens, ceux osent mettre les mots «réchauffement climatique» et «Pétrole bitumineux» dans la même phrase font face à la virulence de ceux qui ne voient aucun impact sur le climat. Comme les participants ont des opinions très tranchées, les étincelles embrasent cette fois-ci le Net.

 

Au-delà de cette catastrophe, on peut se demander si tout ce business modèle n’est pas la dernière folie des hommes pour tenter d’extraire du sol les dernières gouttes de pétrole?

Importer des travailleurs bon marché, exploiter anarchiquement le sol, polluer sans se soucier des conséquence et exporter la quasi totalité de la production aux USA. Combien de fois les canadiens voudront-ils reconstruire cet écosystème?
Du côté des assureurs, la réponse est déjà connue.

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Inde: sur les traces énergétiques de la Chine
– USA: Tesla renonce à ses grandes batteries maisons
– Arabie Saoudite: ça devient rock&roll
– Monde: 200 tankers pétroliers bouchonnent les ports
– Venezuela: Après le pétrole, le manque d’électricité menace
– Nigeria: L’armée postée devant les stations d’essences

 

Après l’échec de la conférence de Doha sur le gel de la production de pétrole, le baril est étrangement remonté comme vous avez pu le voir dans votre station d’essence préférée: à New York, 45.92$ le baril (38.32$ mars) et à Londres 48.13 $ (39.26$ à la fin mars).

Pour fêter les 30 ans de Tchernobyl, l’uranium descend les escaliers quarte par quatre:  27.5$  (29.15$ à fin mars 2016).

 

Monde

Il y aurait 200 millions de barils stockés dans 100 à 200 tankers pétroliers qui se trouvent en attente dans les ports du monde entier. Imaginez un bouchon de 75 km de bateaux. Les ports du Moyen Orient sont particulièrement congestionnés par des tankers qui patientent plusieurs semaines avant d’être chargés. L’encombrement est tout aussi important en Chine, mais cette fois pour le déchargement.

La dette mondiale de l’industrie pétrolière se monte à 3’000 milliards $ dont 1’000 milliards $ dans des projets non rentables. Goldman Sachs pense que 2/3 es 400 plus grands projets mondiaux ont besoin d’un baril à 70$ pour être rentable. Si vous ajoutez à l’équation la quantité de CO2 contenue dans ces projets non rentable, est-ce que le jeu en vaut la chandelle? De plus en plus d’investisseurs désinvestissent des énergies fossiles et le charbon semble être la première victime aux USA, en Chine et en Europe.

Un rapport publié par l’AAPG anglais (All-Party Parliamentary Group) pense que le peak oil sera atteint en 2025 et prévoit l’effondrement de l’économie dû à l’épuisement des ressources. A part cette annonce un tantinet dépressif, le rapport a le mérite de pointer du doigt le fait que le risque d’effondrement ne repose pas sur l’épuisement des ressources mais sur le fait qu’il devient de plus en plus onéreux d’extraire des matières premières de moins en moins bonne qualité.

175 pays se sont réunis à New York pour signer l’accord sur le climat. Les 3 premiers mois de 2016 ont été de loin les plus chauds depuis le début des mesures il y a 136 ans.

2016_04_TTIP_Renard

Europe

L’Europe est noyée dans une surproduction de diesel. N’allez pas penser que les constructeurs automobiles ont réussi à concocter des véhicules diesel peu gourmands. Après les Allemandes, c’est au tour de Nissan d’avouer une tricherie lors des contrôles.

Angleterre

Le géant pétrolier BP s’est fait chahuter lors de sa traditionnelle Assemblée Générale annuelle. L’augmentation de salaire de son CEO, Bub Dudley, qui voit son chèque passer de 16,4 à 20 millions $ a été remis en question par les actionnaires alors que l’entreprise a perdu 5,2 milliards $ en 2015. C’est ballot de s’offrir une augmentation de 20% alors que vous devez licencier des milliers d’employés pour diminuer vos coûts. In fine, l’obole est passée.

 

France

L’Etat doit injecter 3 milliards d’euros pour la recapitalisation d’EDF d’ici à février 2017. Pour Areva, l’augmentation de capital est chiffrée à 5 milliards d’euros des français soit 285 € par ménage ou une augmentation de 6,5 centimes € le kWh. Comme cela passe via les impôts, la France peut toujours se targuer d’offrir des factures d’électricité allégées en comparaison européenne.

Paris a vécu son premier Grand Prix de Formule E (voiture électrique). Une formule E consomme au maximum 56 kilowattheures (kWh) en course avec une puissance du moteur limitée à 200 kW. Belle évolution depuis les débuts du championnat.

 

Suisse

La Banque Nationale Suisse a vécu une Assemblée Générale mouvementée. Parmi les questions des actionnaires, les investissements dans le schiste américain ont été soulevés. Pour l’instant, la question est balayée d’un revers de main, mais devant l’impopularité de ces investissements, les Cantons actionnaires vont devoir réagir surtout que la Banque a déjà perdu plusieurs centaines de millions $ et la facture finale pourrait avoisiner le milliard et demi.

GreenPeace lance une pub originale contre les vieilles, très vieilles centrales nucléaires suisses. Un énorme panneau de signalisation a été créé dans un champ à l’approche de l’Aéroport de Zürich.

2016_04_Beznau_GreenpeaceLe plus vieux réacteur nucléaire au monde: 22 km

Russie

La Russie a encore augmenté sa production pétrolière à 10,91 millions b/j en mars. Ce chiffre pourrait marquer le pic de production du pays, mais depuis le temps que je le dis, je commence à vraiment avoir l’air bête! Ils sont vraiment taquins ces russes.

Le rouble a repris des muscles et remonte à 66 roubles pour 1$ (80 il y a quelques mois). L’économie devrait mieux s’en sortir cette année mais les investissements étrangers font défauts et les dépenses en Syrie n’aident pas.

Les efforts de Moscou, pour doubler la capacité du gazoduc Nord Stream qui transporte le gaz de la Mer Baltique en Europe de l’Ouest, rencontrent l’opposition de l’Europe qui aimerait diminuer sa dépendance envers la Russie.

 

Hollande

Ben van Beurden, CEO de Royal Dutch Shell, a perçu 24,2 millions € en 2014 et seulement 5,6 en 2015 car l’entreprise est à la peine.

ExxonMobil et Royal Dutch Shell ont dépensé 115 millions $ par an pour obstruer les politiques de changement climatique selon Influence Map

2016_04_Depense_Lobby_ClimatPour voir le graphique

Les Amériques

USA

Le lobby pétrole, gaz, pétrole du pétrole ont contribué à hauteur de 5.3 millions $ à la campagne d’Hillary Clinton. Sur les 57 entreprises, 43 ont donné le montant maximum autorisé par le règlement américain.

Le Département de la Justice américain pourrait empêcher la fusion entre Haliburton et Baker Hughes pour des raisons monopolistiques.

Discrètement, Tesla a retiré de son catalogue sa batterie de stockage d’énergie solaire de 10 kWh pour les particuliers. Trop compliqué ou trop cher? Pas de réponse d’Elon Musk. Par contre la batterie de 7 kWh est sur les rails.

Schiste américain
Alors que les faillites continuent, les entreprises possèdent de nombreux puits forés mais pas encore en exploitation. En faillite, mais sous la protection du Chapter 11 qui protège des créanciers, cela vaut toujours le coup de tenter sa chance et d’exploiter un puits. Avec la quantité d’argent reçu par Wall Street et les grandes banques/fonds comme UBS, Wells Fargo, JP Morgan, Bank of America, BlackRock les entreprises sont assises sur des montagnes d’argent.

Halliburton va couper 6’000 postes.

Schlumberger a déjà sabré 36’000 emplois depuis juin 2014 et ça continue.

 

Canada

PetroChina va débuter l’exploitation de sables bitumineux à MacKay River dans l’Alberta. Le projet avait été lancé quand le baril frisait les 100$. Pour l’instant, l’extraction tourne au minimum pour ne pas trop perdre d’argent surtout que 3,9 milliards $ ont déjà été engloutis.

Le Canada a exporté 3,2 millions b/j aux USA en 2015 (+10%) alors que les USA importent 7,4 millions b/j. Washington est encore assez loin de l’indépendance énergétique.

 

Mexique

Le Gouvernement va injecter 4,2 milliards $ dans son champion pétrolier Pemex afin de payer les retraites des employés. La 8ème majors pétrolière mondiale se trouve dans une situation délicate avec la chute des prix et l’assèchement des gisements qui réduisent ses revenus. Pemex reporte une perte de 32 milliards $ en 2015.

 

Brésil

La présidente Roussef a été priée de regarder les Jeux Olympiques à la maison. Certains annoncent un coup d’Etat et pointent du doigt les USA qui voient d’un bon œil un revirement à droite de l’Amérique Latine. Ce qui est sûr c’est que le Président ad’interim, Michel Temer, possède lui aussi des casseroles via la compagnie pétrolière PetroBras.

Statoil (Norvège), Repsol Sinopec Brasil (Chine) et Petrobras ont réussi leurs forages dans le bassin de Campos. Le consortium pourra extraire 4’000 barils par jour en passant à travers l’épaisse couche de sel des profondeurs de l’Océan. A cette profondeur et à travers le sel qui détruit les instruments de forage, c’est à la fois une prouesse technologique et un gouffre financier.

 

Venezuela

Le pays est financièrement le plus mal en point de tous les pays de l’OPEP. La grande partie des 2,3 millions b/j extraits sont exportés vers la Chine pour rembourser la dette détenue par Pékin.

L’inflation devrait atteindre les 500% en 2016.

Le barrage hydraulique Guri n’a plus que 2 m d’eau au-dessus de ses turbines et les coupures d’électricité pourraient paralyser le pays. Le président Maduro a imposé une coupure de 4h par jour dans 10 des 23 Etats du pays. La surproduction du barrage serait la cause et s’il ne devait plus produire, une grande partie du pays serait concernée. Un pays sans électricité ne peut plus fonctionner normalement pendant bien longtemps.

2016_04_TTIP_MickeyLe traité TransAtlantique TTIP – TAFTA entre les USA et l’Europe

Asie

Chine

Bien qu’en baisse de 4,5%, la production chinoise de charbon s’est élevée à 294 millions de tonnes en mars. Durant le premier trimestre 2016, la Chine a produit 1’355 milliards kWh et 77% à base de charbon.

La Russie est devenue le plus grand fournisseur pétrolier de la Chine avec 1.09 million b/j pour 1.03 pour l’Arabie Saoudite.

Saurez-vous compléter la suite de la série? Le PIB chinois des 7 derniers trimestres selon Pékin : 7,1% ;  7,2% ;  7,0% ; 7,0% ; 6,9% ; 6,8% et 6,7%.

La consommation d’électricité a augmenté de 1,8% durant les 12 derniers mois au lieu de +10% dans lors périodes précédentes.

 

Inde

Niveau consommation d’énergie, l’Inde est la nouvelle Chine. Tous les indicateurs sont à la hausse, y compris ceux de l’économie.

Le pays a importé +6,7% de pétrole en 2015 et consomme 4,05 millions b/j. Les nouvelles voitures économiques et l’électrification sont en train de faire exploser la demande de pétrole dans le pays.

L’Inde aimerait investir 20 milliards $ dans l’industrie énergétique iranienne afin d’importer du pétrole et du gaz avec des conditions favorables. On se réjouit de voir les négociations entre des indiens qui peinent à respecter des accords signés et les iraniens champions de la négociation.

2016_04_dessin-kakIf you want que je reste, il faudrait faire a litte plus d’efforts, my friends
Dessin KAK

Moyen Orient

Iran

Si quelqu’un à une boule de cristal pour découvrir si Téhéran a les capacités d’augmenter sa production à 4 millions b/j d’ici à la fin de l’année. Mais pour l’instant, l’Iran a de la peine à trouver des tankers disponibles. La moitié de sa flotte de 60 tankers est utilisée pour stocker le surplus et les autres trainent dans les files d’attentes dans les différents ports dans l’espoir d’être vidé.

Le PIB de l’Iran devrait augmenter de 4% cette année. Téhéran tente de rapatrier l’argent de ses ventes de pétrole. A cause des sanctions, 6,5 milliards $ sont encore bloqués à l’étranger.

Le problème de l’Iran est de trouver des investisseurs qui désirent prendre le risque d’investir dans les installations pétrolières et gazières surtout que la question d’autoriser des compagnies étrangères à participer au partage des revenus n’est pas encore tranchée au sein du Gouvernement.  Les dernières propositions faites aux majors étrangères sont tellement défavorables que même un labrador refuserait de ronger cet os.

Arabie Saoudite

La débâcle de la conférence de Doha reposerait sur les épaules du Roi Salman d’Arabie Saoudite. Avant la conférence, les ministres du pétrole de la Russie et de l’Arabie Saoudite avaient trouvé un accord. Pas de bol, le Roi et son Prince de fils auraient mis leur véto et demandé que l’Iran gèle également la production.

Un « Plan National de Transformation » a été mis au point pour diminuer la dépendance du pays face au pétrole avec la mise sur pieds d’un fonds de 2’000 milliards $ et la création d’emplois autre que dans l’or noir.

La famille Royale espère augmenter les revenus non pétrolier à 100 milliards $ d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, la vente de 5% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, est sur le tapis.

Pour y arriver, le pays commence par affronter les vents contraires. Pour l’instant, les prix du baril ne permettent pas à Ryad de réaliser ce matelas. La diminution des subsides généreusement versés aux citoyens et l’augmentation des taxes ne vont pas renforcer la côte d’amour du nouveau roi.

Son Prince de fils pense que le pays est capable d’augmenter la production pétrolière de 10 millions b/j à 11,5 immédiatement et à 12,5 dans les 6 mois. Info ou Intox?

Les USA menacent de publier les 28 pages de rapport sur l’implication du gouvernement d’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Si Washington le fait, l’ambiance va être chaude surtout que les Saoudiens menacent de retirer leurs pétrodollars investis dans la dette américaine. Heureusement que Trump va régler tout ça.

 

Irak

Les efforts pour créer un nouveau cabinet dans le gouvernement se poursuit surtout que la corruption de 20 officiels via la Northern Oil Company n’arrange pas les affaires. La corruption est le plus grand frein à la création d’un nouveau gouvernement pendant que le puissant chef religieux Muqtada Sadr s’impatiente.

Les revenus pétroliers de l’Etat Islamique semblent diminuer.

Dans le Sud pétrolifère du pays, les esprits s’échauffent. Le Sud montre une envie certaine de garder ses revenus pétroliers et d’arrêter de financer le gouvernement de Badgad. Une division du pays en plusieurs parties revient dans les agendas.

 

Lybie

Les américains et les Européens ne laisseront pas tomber la Lybie. Il y a trop de pétrole en jeu. L’Etat Islamique a rencontré quelques victoires dans le pays mais l’opposition n’est pas féroce. Les opérations ont également touché les infrastructures pétrolières dont le port de Brega. Ca c’est plus agaçant.

Pour simplifier la donne, un 3ème gouvernement s’est déclaré Gouvernement officiel. La Libya National Oil Company semble être sous le contrôle de ce nouveau gouvernement, mais c’est la Banque National qui collecte les revenus pour les distribuer aux 3 différents gouvernements. Pas facile à expliquer et encore moins à vivre.

 

Afrique

Nigéria

La police et les soldats ont été déployés aux stations d’essence pour maintenir l’ordre car les carburants se font de plus en plus rares alors que le pays est le plus grand producteur pétrolier africain.

Cette pénurie a doublé les prix dans le pays le plus peuplé de l’Afrique. La pénurie de diesel impact encore plus le pays car une grande partie de l’électricité est générée avec du diesel.

 

Phrases du mois

Le ministre du pétrole saoudien Ali Al-Naimi suggère à l’industrie mondiale “d’enlever sa « Dark Side » (face sombre) et de montrer une image de bien «force of good». Comme industrie, nous devrions célébrer ce fait et mieux expliquer l’importance de cette ressource précieuse.

L’incursion de la banque américaine Wells Fargo dans le schiste montre combien Wall Street a mal évalué les risques cachés d’un type de production pétrolier ésotérique et financé en pensant qu’il était imparable.   Asjylyn Loder, Bloomber News, pétrole de schiste

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde