Pétrole: Pertes abyssales de la Banque Nationale Suisse

Andréa_Maechler_1Pendant que 175 pays ont signé l’accord sur le climat à l’ONU ce samedi à New York, les grandes majors pétrolières, de charbon et du gaz se retrouvent également sous pression de leurs investisseurs. Ainsi Chevron, ExxonMobil, Total font face à leurs actionnaires qui leur demandent de prendre en compte l’impact de leurs activités sur le climat.

 

Cette semaine, c’est au tour de la Banque Nationale Suisse (BNS) de tenir son Assemblée Générale à Berne. L’institution détenue par les Cantons va également faire face à l’épineuse question de ses lourds investissements dans les énergies fossiles et de schiste.

 

3 milliards $ investis aux USA dans les énergies fossiles

Bien que dans sa charte éthique, la Banque Nationale Suisse se refuse d’investir dans des actions d’entreprises qui peuvent nuire au climat, la pratique démontre le contraire. Ainsi la BNS a acheté pour plus de 3 milliards $ d’actions dans les industries américaines actives dans le charbon, le gaz de schiste ou le pétrole.

Du côté de la gouvernance, ces investissements devraient être condamnés par le comité d’éthique interne. La pratique démontre le peu de préoccupation de la Direction.

 

Une perte abyssale qui prend l’ascenseur

Si le réchauffement climatique n’intéresse pas la BNS, les résultats financiers de ses placements devraient toucher une corde plus sensible. Mais là aussi, le comportement est surprenant.

Les actions achetées par la BNS dans l’énergie américaine ont perdu plus de la moitié de leur valeur depuis juin 2014, soit une diminution de 1,5 milliard $. Les faillites, qui s’amoncellent, ont fait déjà perdre plusieurs centaines de millions $ à l’institution. Avec la chute du baril, la situation continue de se péjorer.

Pour autant, la BNS continue de transférer des actions pourries dans ses comptes. In fine, se sont ses actionnaires qui passent à la caisse.

 

Un désinvestissement mondial

Le Fonds d’investissement Norvégien a déjà décidé de sortir ses investissements dans les énergies productrices de CO2 et la tendance est mondiale. Les centaines de milliards $ évaporés dans le schiste américain ont effrayé les grands investisseurs qui se rabattent sur d’autres secteurs moins dangereux pour leur portefeuille.

 

Les Cantons, qui ont besoin d’argent, doivent intervenir

Il est fort probable que les discussions, qui éclateront lors de l’Assemblée Générale du 29 avril, ne déboucheront aucune décision immédiate et visible. Une requête de plus de 20 actionnaires, qui demandait un désinvestissement dans les énergies fossiles, a été balayée de la main par la direction. Mais en coulisse, les cantons actionnaires, qui ont un urgent besoin d’argent, ont tout intérêt à demander la fin de ce gaspillage car les faillites américaines se précipitent.

Les pertes abyssales de la BNS démontrent que là aussi, le modèle d’affaires doit être revu. L’improvisation actuelle doit disparaître pour refléter les engagements du Gouvernement et du Peuple Suisse ainsi que faire place à une gestion plus rigoureuse de son argent.

Le pétrole fait pchitt après la réunion de Doha

Le pétrole fait pchitt après la réunion de Doha

le-ministre-saoudien-du-petrole-ali-al-naimi-c-arrive-a-la-reunion-de-l-opep-a-doha-le-17-avril-2016_5582805-500x281Les plus grands producteurs de pétrole n’ont pas réussi à se mettre d’accord à Doha sur un gel de leur production.

Suite à l’échec de cette réunion, le réveil a dû être difficile pour certains investisseurs et hedge funds qui avaient parié des montants record sur un accord à Doha et une augmentation des cours du baril.

En réalité, cette initiative s’apparente à une gigantesque campagne de public relations qui aura permis au baril de passer de 26 à 43$ et de rapatrier de précieux pétrodollars aux pays exportateurs.

 

A la base de cette initiative figurent la Russie et l’Arabie Saoudite même si les deux plus grands productions mondiaux tiennent un agenda séparé. Moscou doit impérativement compter sur une augmentation des cours pour alimenter son budget et Ryad désire freiner la progression pétrolière de son ennemi Chiite: l’Iran. Dans ce contexte, le gel de la production au niveau de janvier 2016 donnait un léger relief à ce projet bien qu’aucun mécanisme de contrôle ou de régulation n’allait contraindre les signataires de l’OPEP, le Mexique, la Norvège et la Russie.

En réalité, alors que la plupart des pays produisent à un niveau maximal, un gel de la production n’aurait eu aucun impact sur la surcapacité actuelle. De leur côté, les traders ont saisi cette opportunité pour réaliser des opérations financières en faisant grimper artificiellement les prix de plus de 50%.

En soit, l’idée et le concept de cette réunion est un réel succès pour les pays exportateurs qui ont ainsi pu rapatrier des milliards $ sur une rumeur et un bon coup médiatique. Une farce soulignait la Commerz Bank.

Dimanche avant le début de la réunion, le baril pointait à Londres à 43.10$ et 40.36$ à New York. Le baril vivait sous la barre des 30$ avant que l’idée ne jaillisse.

 

Arabie Saoudite – Iran: les frères ennemis

Ce qui aurait pu être le premier accord pétrolier depuis 15 ans semble avoir succombé aux rivalités entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. L’Arabie a refusé de signer un accord auquel l’Iran ne ferait pas partie même si Maohammed Bin Saleh Al-Sada, le ministre du pétrole qatari, demande « un peu plus de temps pour continuer les discussions ».

De son côté, l’Iran ne s’est pas rendu à Doha car pour le gouvernement, il n’est pas acceptable de geler sa production alors que les sanctions économiques viennent d’être levées. Au contraire, Téhéran désire augmenter ses rentrées en devises grâce à ses exportations pétrolières et espère atteindre son niveau d’avant les sanctions économiques à 4 millions de barils/jour (3,2 aujourd’hui).

 

L’Arabie Saoudite en mutation

Ce résultat montre également une querelle interne entre l’indétrônable ministre Saoudien du pétrole Ali al Naimi favorable à un accord et le nouveau Prince Mohammed bin Salman qui refuse toute signature sans implication effective de Téhéran. Ce bras de fer interne pourrait voir l’actuel CEO de Saudi Aramco, Khalid Al Falih reprendre les reines pétroliers du royaume.

En opposition avec l’actuel ministre du pétrole et une partie de la famille royale, le Prince Salman désire voir diminuer l’impact de l’or noir sur son pays et substituer cette activité par d’autres industries dont les énergies renouvelables.

 

Et maintenant

A court terme, certains Hedges Funds, banquiers et investisseurs vont prendre des aspirines pour diminuer leurs maux de tête et regarder le pétrole repartir à la baisse, eux qui avaient misé des sommes colossales sur une hausse.

Cependant, la surproduction temporelle mondiale actuelle devrait diminuer de manière naturelle grâce à la fermeture des gisements non rentables et la faillite de nombreuses entreprises actives notamment dans le schiste américain. De plus, avec les mois chauds qui arrivent, l’Arabie Saoudite va détourner la moitié de ses exportations vers sa consommation interne et ses gourmands systèmes de climatisation.

Mais d’ici là, les ministres des budgets de certains pays producteurs de pétrole vont devoir jongler avec leurs chiffres.

Du côté de l’économie mondiale, toute baisse du pétrole est à considérer comme une providence et un accélérateur de croissance bien que depuis juin 2014, ce phénomène a un peu de peine à s’installer.

Mais il faut se dépêcher car le tic-tac de la prochaine poussée de fièvre du baril pointe déjà le bout de son nez, avec où sans succès à Doha.

Climat: Les majors pétrolières et les banques sous pression

(FILES) An Exxon sign is seen at a station in this September 20, 2008 file photo in Manassas, Virginia. US oil giant ExxonMobil on July 31, 2014 reported higher second-quarter profits despite pumping less oil and gas than it did a year ago. Exxon, the biggest US oil company and the second-largest US company in terms of market capitalization after Apple, said earnings came in at $8.8 billion, up 28 percent from the year-ago level. "ExxonMobil's financial results were achieved through strong operational performance and portfolio management," said chief executive Rex Tillerson. "We continue to enhance shareholder value by funding capital projects and delivering robust shareholder returns through dividends and share purchases." Results translated into earnings per share of $2.05, 19 cents above analyst forecasts.AFP PHOTO/Karen BLEIER/FILESKAREN BLEIER/AFP/Getty Images ** OUTS - ELSENT, FPG - OUTS * NM, PH, VA if sourced by CT, LA or MoD **En plus de la baisse des prix du baril et de la chute de leurs revenus, ExxonMobil et Chevron, les deux grandes majors pétrolières américaines, font face à de une pression croissante de leurs actionnaires soucieux de l’impact  de leurs investissements sur les changements climatiques.

Du côté des banques, la Banque Nationale Suisse va devoir faire face à ses actionnaires lors de la prochaine assemblée générale fin avril pour ses investissements douteux dans le schiste et charbon américain.

 

Les investisseurs font pression sur les majors pétrolières
Une douzaine d’investisseurs ont demandé à ExxonMobil de se soumettre à un « stress test environnemental». Ils appuie leur requête sur les découvertes du procureur de l’Etat de New York, Eric Schneidermann qui a lancé une enquête sur la stratégie de la major afin de cacher l’impact du pétrole et du gaz sur le climat.

La famille Rockefeller, qui est à la base de la création du géant ExxonMobil, a qualifié sa progéniture de «moralement condamnable» et a abandonné ses dernières actions dans ce qui fut à l’origine Standard Oil.

La fronde vient de grands fonds d’investissement comme le californien Calpers, le fond de pension de l’Etat de New York et de la puissante Church of England. Ils ont demandé qu’Exxon publie une évaluation annuelle sur l’impact financier sur ses réserves pétrolières et l’objectif du maintien du réchauffement à 2 degrés.

Chevron, l’autre géant américain, est également pressé par ses actionnaires est soumis à ces mêmes tests.

En Europe, les boards de Total, Shell, Statoil ou BP ont accepté la proposition de la Churche of England et la proposition avait été acceptée par une large majortié des actionnaires.

 

La Banque Nationale Suisse prochaine sur la liste
En Suisse la Banque Nationale Suisse a refusé d’accéder à une requête de plus de 20 actionnaires afin de débattre lors de sa prochaine assemblée générale du 30 avril, du respect de sa charte éthique et d’abandonner ses investissements dans le charbon, le gaz et le pétrole de schiste américain.

La BNS détient notamment pour 625 millions $ d’actions dans ExxonMobil, 307 millions $ dans Chevron et 5 millions $ dans Peabody le géant du charbon. Son porte-feuille d’actions dans les énergies fossiles et de schiste US dépasse les 2 milliards $.

Les cantons n’ont pas encore fait connaître leurs opinions sur le sujet mais il serait étonnant qu’ils restent insensibles à ce sujet.

Il se pourrait bien que la contagion des investissements durables atteigne l’UBS et le Crédit Suisse qui soutiennent dans des investissements massifs les énergies polluantes.

250 milliards € pour fermer les Centrales Nucléaires

250 milliards pour fermer les Centrales Nucléaires

A l’heure où les Forces Motrices Bernoises vont fermer leur centrale nucléaire de Mühleberg en 2019 et qu’Axpo et Alpiq veulent donner une impression de faiblesse financière, la Commission Européenne estime qu’il faudra plus de 250 milliards € pour fermer et désaffecter les 129 réacteurs nucléaires en activité actuellement dans 14 Etats de l’Europe.

Dans une Europe endettée, cette nouvelle n’arrive pas au moment opportun et l’on comprend l’envie de certains de repousser le moment de passer à la caisse et de refiler le dossier aux générations futures.

A ce jour 89 réacteurs nucléaires fermés sont en phase de décontamination et 3 réacteurs ont jusqu’ici été complètement démantelés.

La Commission estime à 123 milliards euros pour le démantèlement des centrales et 130 milliards euros pour la gestion des déchets nucléaires. Par rapport à la précédente estimation de 2008, les chiffres ont progressé de 47%.

 

Une équation à plusieurs inconnues

Cependant, la grande question est: est-ce que ces chiffres sont fiables car il y a très peu d’expérience dans le démantèlement des réacteurs nucléaires et aucun pays n’a encore trouvé de solution au niveau des déchets.

Les propriétaires de Centrales auraient couvert le 50% de ces investissements mais de nombreuses centrales vont arriver en fin de vie dans les années à venir. Il n’est pas improbable que les Etats vont devoir puiser dans les impôts pour couvrir l’imprudence des propriétaires de centrales.

L’âge moyen des réacteurs est de plus de 30 ans. La question devient de plus en plus brûlante.

 

La France en grande difficulté

Du côté français, la Cour des Comptes a estimé à 100 milliards euros la remise en forme des centrales d’ici à 2025. Il faudra également 100 autres milliards euros à EDF pour décommissionner ces centrales alors que seuls 23 milliards euros sont provisionnés.

L’exercice se complique quand l’on découvre que la dette actuelle d’EDF se monte à 37 milliards euros, que le gouvernement Hollande propose de baisser les prix de l’électricité et que le géant français pourrait dépenser 25 milliards € pour la construction de deux centrales en Angleterre. On a beau tourner les chiffres dans tous les sens, ça ressemble à une mission impossible.

 

L’Allemagne est la première à faire face à cette montagne et ce défrichage est observé de très prêt. En tout cas, cette étape fait peur et il pourrait être un frein de plus pour remplacer les vieilles centrales par des nouvelles unités. En tout cas cette étape devra être réalisée avec transparence même si les mots “transparence” et “nucléaire” sont rarement utilisés dans la même phrase.

Mais tout évolue!

 

Revue Mondiale des Energies: Mars 2016

Comme chaque 1er du mois, retrouvez la revue mondiale des Energies & Economies

Monde_Map_Oil– USA: 1 million de maisons solaires
– Arabie-Russie: 50% d’augmentation du baril sur une rumeur
– Angleterre: EDF ne trouve pas le financement nucléaire
– Suisse-France: Malaise sur l’énergie hydraulique
– Inde: Boom de la consommation pétrolière
– Brésil: Dilma, Lula et PetroBras. La prochaine révolution
– Japon: Le sol de Fukushima gelé pour éviter la contamination
– Monde: 500 milliards $ d’investissements pétroliers coupés

 

A la Bourse

Le pétrole est remonté comme un bouchon de liège dans un verre d’eau grâce à une rumeur lancée par l’OPEP et la Russie. Après un stage à plus de 40$, il termine le mois à New York, 38.32$ le baril (32,78$ fin février) et à Londres 39.26$ (35,10$ à fin février).

Plus personne ne veut de l’uranium. Il plonge à 29.15$  (33,50$ à fin février 2016).

Prix du charbon : de 200$ la tonne en 2008, le charbon se vend à 40$ /tonne en ce moment.

 

Monde

Les prix du baril ont remonté grâce à une stratégie de communication orchestrée par L’OPEP et la Russie. Le concept repose sur une réunion providentielle au Qatar le 17 avril dont le but serait de s’accorder un gel de la production pétrolière! Tant Moscou que Ryad n’ont pas l’intention de baisser leur production mais n’ont également pas les moyens techniques de l’augmenter.
Commerzbank enfonce le clou et pense que cette réunion est une farce. Farce ou pas, ça marche!!! Au bonheur des pays exportateurs, les prix ont augmenté de 50% depuis cette annonce.

 

Peak oil

Wood Mackenzie annonce que 500 milliards $ (au lieu de 400) d’investissements pétroliers ont été coupés pour 2016 alors que la demande mondiale va augmenter d’un million barils/jour (b/j).  L’IEA s’inquiète car si les investissements ne vont pas s’accroître en 2017 et 2018, l’offre ne pourra plus suivre la demande.

En 2016, les nouveaux gisements (3 millions baril/jour) n’arriveront pas à compenser l’assèchement des anciens (3,3 millions b/j) selon Rystad Energy. En 2017, la différence devrait s’élever à 1,2 million b/j .

C’est la première fois depuis 1986 que les compagnies pétrolières voient leurs investissements diminuer 2 années consécutivement.

USA

Le nombre de forages est passé de 1’069 il y a 12 mois à 372 à fin mars (-150 depuis janvier).

Le fonds financier de la famille Rockefeller va sortir «le plus rapidement possible» de ses investissements dans le pétrole et notamment d’Exxon Mobil Corp. Le fond pense qu’Exxon a trahi le publique sur le réchauffement climatique. La justice de New-York est justement en train d’enquêter sur les agissement d’Exxon dans ce domaine. Plus tôt dans l’année, c’est le géant Peabody qui avait plié sous la justice américaine et Exxon se trouve à son tour sur le grill.

Un million de maisons américaines ont des panneaux solaires photovoltaïques sur leur toit ce qui satisfait la consommation électrique de 780’000 ménages. Le manque à gagner pour les producteurs d’électricité est estimé à 2 milliards $.

La consommation US d’électricité a atteint 3,72 milliards kWh en 2015 (-1.1%). La diminution provient de la baisse de la demande des industries et la stagnation des ménages.

Pétrole de schiste
Si vous aviez des actions des entreprises Sabine Oil & Gas ou Emerald Oil, pas de bol, ils ont fait faillite. Même punition pour Venoco qui laisse une dette de 1 milliard $ sur le tapis.

Si vous détenez des actions de Matador Resources (MTDR), Carrizo Oil & Gas (CRZO), Laredo (LPI), Oasis Petroleum (OAS) et SM Energy (SM) à l’heure où vous lisez ces lignes, vous devriez tout avoir perdu

Chesapeake a perdu 19,1 milliards $ en 2015, cumule une dette de 10 milliards $ et avec seulement 1 milliard $ en caisse. Il s’approche de la faillite mais ne plie pas. Le géant de schiste a également perdu son ancien CEO décédé dans un accident de voiture.

Peabody Energy Corp (BTU), le plus grand producteur de charbon américain (7’600 employés), s’est mis sous la protection de faillite et suit son ancien rival Arch Coal qui avait également levé les fers l’année dernière. La Banque Nationale Suisse posséde pour 25 millions $ d’actions dans l’entreprise.

Linn Energy, l’un des plus grand producteur d’énergie US, est dans une situation économique critique et pense ne pas pouvoir rembourser ses dettes.

Quel est le point commun entre Emerald Oil, Laredo, Oasis Pétroleum, SM Energy, Linn Energy, Chesapeake ou Peabody (toutes nommées ci-dessus?). La Banque Nationale Suisse a investi dans ces entreprises. Etrange, n’est-ce pas? Je dis ça, mais je ne dis rien!

 

Arabie Saoudite

En toute discrétion, François Hollande a décoré de la Légion d’honneur le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohamed ben Nayef. Ca tombe bien car l’Arabie Saoudite a justement besoin d’armements et pour la France, il est toujours sympa d’avoir un ami qui a du pétrole.

Le pays s’enlise de plus en plus au Yemen où plus de 3’000 civils sont tombés sous les munitions de l’armée d’Arabie Saoudite. Le Yemen est devenu le terrain de bataille entre l’Arabie et l’Iran.

Ryad a coupé 5% de ses dépenses et les coupes touchent tous les secteurs. Comme l’activité économique du pays est financée par le Gouvernement, l’impact devrait se répercuter sur toutes les entreprises.

En février, la production a atteint 10,22 millions b/j ce qui est stable par rapport aux mois précédents. Les mois chauds de l’année arrivent et vont limiter de moitié les exportations du pays.

France

La France a été sommée par la Commission Européenne de départir EDF de ses barrages hydroélectriques et de les soumettre à la concurrence étrangère. EDF pourrait même être écarté de cette vente aux enchères. Les autres pays comme l’Autriche, l’Allemagne ou la Suède ont trouvé une parade pour éviter ce pillage et de garder la gestion de leurs barrages. Pas la France.

De son côté, EDF semble être intéressée par les barrages suisses et comme certains ont été dévalués, notamment par Alpiq (dont EDF est actionnaire), la proie pourrait être intéressante et facile. Est-ce que la Suisse saura préserver son patrimoine?

 

Angleterre

C’est le 11 mai qu’EDF devra annoncer si l’entreprise a finalement trouvé le financement des 25 milliards € pour la construction des deux centrales nucléaires à Hinkley Point d’ici à 2025.

Selon le Financial Times, des ingénieurs d’EDF ont souligné la complexité du complexe nucléaire avec un redesign nécessaire des réacteurs et un retard minimum de 2 ans.

De son côté, les chinois partenaires financiers à hauteur de 30%, demandent qu’EDF soit responsable à hauteur de 80% des coûts additionnels et d’éventuels retards. Dans tout ce pataquès, Pékin voit venir les problèmes et on comprend cette soudaine envie de laisser la patate chaude dans les mains françaises.

Londres a planifié l’arrêt de centrales à charbon en 2025 en vue de l’arrivée en ligne de ses deux centrales nucléaires d’Hinkley Point. On imagine déjà les pénalités de retard.

L’EPR français ressemble furieusement au Concorde : une merveille technologique mais un fiasco commercial.

 

Suisse

Alpiq, l’un des plus grand producteur d’électricité suisse, a une nouvelle fois fortement amorti ses actifs afin de faire ressortir une perte dans ses comptes 2015. Durant les 3 dernières années, l’entreprise a généré plus de 1 milliard € de bénéfice avant amortissement/impôt et à chaque fois la CEO Allemande a fait modifier la comptabilité pour faire ressortir des pertes. Cette tactique interpelle.
L’entreprise chercherait-elle à dévaluer ses barrages en faveur d’EDF ou d’une entreprise suédoise ainsi qu’à se défaire de ses 2 centrales nucléaires fortement déficitaires?

Toujours du côté d’Alpiq, l’entreprise avait monté un plan de communication pour transférer ses centrales nucléaires au Gouvernement Fédéral. Le concept a été publié par la Bazler Zeitung et impliquait des hommes politiques influents comme Yannick Buttet, qui se trouve par hasard dans la commission de l’énergie. Il n’y a pas que le Brésil qui favorise les amis.

 

Allemagne

Vattenfall, le géant suédois, voulait vendre ses mines de charbon allemandes. Greenpeace était en lice pour les acheter dans le but de fermer ces deux mines de lignites. Vattenfall n’avait pas pris au sérieux Greenpeace et avait rejeté l’offre. Pas de bol pour Vattenfall, ils n’ont reçu aucune autre offre jusqu’à ce jour. Le management serait en train de méditer sur le diction: “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras” !

 

Russie

Par surprise, Moscou a annoncé son retrait partiel de Syrie. Les 9’000 sorties de son aviation ont permis au gouvernement d’Assad de reprendre le dessus.

La Russie aurait des réserves de 14 milliards de tonnes de pétrole de quoi tenir encore pendant 28 ans. Mais la production semble avoir touché un plateau et Moscou ne possède pas la technologie pour développer ses champs dans l’Arctique même si Gazprom Neft a annoncé le succès du forage dans le champ de Priraziomnoye. La plateforme pourrait produire 10’000 b/j. Cette quantité pour un forage en Arctique est insignifiant face au 10 millions b/j produits à terre.

La situation financière du pays va mieux grâce à l’augmentation de 50% des prix du baril de pétrole. Cependant, tout n’est pas rose.
Quand le baril flirtait avec les 100$, le gouvernement recevait 74$ pour chaque baril vendu; 15$ partait pour l’exploitation et le transport et 11$ pour les entreprises pétrolières.
Aujourd’hui avec un baril à 35-40$, Moscou reçoit env. 17$, les frais de production inchangés de 15$ et un bénéfice de 3$ pour les pétroliers.
Comme la moitié des revenus du pays provient du pétrole, vous comprenez les maux de tête du ministre du budget. Du côté des entreprises, elles ont coupé les frais d’exploration en attendant des jours meilleurs.

 

Brésil

PetroBras, l’entreprise nationale pétrolière annonce une perte de 10,2 milliards $ pour 2015 avec une dette de 130 milliards $. C‘est la Chine qui lui vient en aide via la China Development Bank avec un apport de 12 milliards $ en échange future de pétrole à des conditions favorables. Pour la peine, PetroBras va également licencier 12’000 personnes.

L’affaire Pétrobras secoue de plus en plus fortement le pays. L’ancien Président Lula aurait reçu une propriété privée et la présidente Dilma a tenté de protéger son mentor des enquêtes du juge Sérgio Moro en l’invitant dans le gouvernement. Du coup, le juge Moro a été suspendu de cette affaire après avoir publié les écoutes téléphoniques entre Dilma et Lula.

Dilma Rousseff était à la tête de PetroBras de 2003 à 2010 au moment où la corruption fut la plus forte au sein de l’entreprise. Elle pourrait être destituée et remplacée par Michel Temer. Ce dernier est pressé d’arriver au pouvoir car il serait également sur la liste des bénéficiaires de PetroBras. Un mandat présidentiel le mettrait à l’abri de poursuites.

Il risque d’y avoir une bonne ambiance durant les Jeux Olympiques.

Argentine

Le président Obama a dansé le tango sous les yeux du président argentin Mauricio Macri. Le pays pourrait détenir d’important gisement de schiste et les USA aimeraient leur refiler leur technologie et au demeurant d’importer le précieux liquide.

Hors sujet mais intéressant: 80% de la viande consommée en Argentine vient des USA! et la viande argentine est exportée en Europe. Cause: La viande US est moins chère que la viande d’argentine.

Buenos Aires maintient une politique de prix stables de l’essence à 67$ le baril afin de protéger les automobilistes des variations des cours. Actuellement la différence entre dans les caisses du gouvernement et permet de soutenir financièrement les producteurs pétroliers et notamment ceux de schiste qui ont besoin d’un baril au-dessus de 60$ pour survivre.

 

Iran

Téhéran continue de clamer haut et fort son envie d’augmenter sa production d’un million de barils/j d’ici à la fin de l’année afin d’atteindre son niveau d’avant-sanction de 4 millions b/j.
Mais entre la volonté et les capacités, il y a encore un pas: +187’000 barils en février pour un total de 3,1 millions b/j. Le gouvernement aimerait 900’000 baril de plus d’ici à la fin de l’année.

Les sanctions sont levées, mais peu de business a été activé. L’Iran peine a vendre son pétrole sur les marchés car les banques ont peur de se faire démonter pour une raison futile par la justice américaine. Pour l’instant, la touche “pause” est maintenue.

 

Syrie

Par surprise, la Russie se retire (en partie) de Syrie après avoir réussi à récupérer des villes importantes.

Le pipeline Irak/Kurdistan semble à nouveau en fonction. Pour le moment le pétrole, qui est produit dans la région de Kirkuk, n’utilise pas le pipeline entre les Kurdes et la Turquie. Bagdad privilégierait cette option pour négocier le partage des revenus du pétrole avec avec les kurdes.

Dessin Chappate

Chine

Pékin essaye de faire de son mieux pour convaincre les autres pays que son économie ne va pas s’écraser dans les mois à venir. Depuis début janvier, 100 milliards $ sont sortis du pays malgré les nouvelles réglementations imposées par le gouvernement.

L’industrie de l’acier, consommatrice de charbon, va réduire de 150 millions de tonnes sa production et se séparer de milliers d’employés dont les protestations sont de plus en plus visibles.

 

Japon

La centrale de Fukushima est toujours dans un Etat critique et fête le 5ème anniversaire de son explosion. Explosion il y a également au niveau du nombre de cancers surtout auprès des jeunes.

L’eau de refroidissement stockée dans d’énormes citernes devrait être déversée dans le Pacifique et il faudra encore attendre quelques années pour pénétrer dans les bâtiments des réacteurs 1-2-3. Même les robots ont une durée de vie limitée à l’approche des réacteurs.

TEPCO annonce avoir débuté le gel des terres autours de la Centrale de Fukushima afin de bloquer l’infiltration des eaux souterraines.

TEPCO, l’opérateur de la centrale a avoué avoir menti sur l’état de la situation après le tsunami. Bon tout le monde le savait, mais maintenant c’est officiel.

 

Inde

La demande pétrolière a augmenté de 300’000 b/j soit deux fois plus vite que les années précédentes.

 

Algérie

BP et Statoil pensent diminuer le nombre d’employés à cause d’attaques sur 2 gisements gaziers algériens d’Ain Amenas dans l’Est de l’Algérie le 18 mars. Les infrastructures gazières algériennes sont protégées par l’armée depuis les attaques de 2013 ou 40 employés avaient été tués, mais l’importance stratégie n’échappent pas aux milices islamiques.

Statoil, le géant pétrolier national, a fait face à une explosion dans l’une de ses usines en Algérie. L’unité basée à Salah a été touchée par des munitions explosives tirées à distance.

 

Tanzanie – Ouganda

La construction d’un pipeline va débuter en août de cette année pour un montant de 4 milliards $. Il sera terminé dans 2 ans pour connecter les deux pays en pétrole.

 

Phrases du mois

« Les défauts découverts ne sont pas des fissures, mais éventuellement des salissures ou des variations dans l’épaisseur du matériau par endroits». Andrew Walo Axpo sur les milliers de fissures découverts sur le réacteur de la centrale nucléaire du géant suisse.

Just as I believe you can’t take on Wall Street while taking their money, I don’t believe you can take on climate change effectively while taking money from those who would profit off the destruction of the planet” Bernie Sanders.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde. La revue complète