La place de la sécurité de l’information à l’ère des accélérations

Entrez dans l’ère des accélérations
L’accélération de l’innovation technologique est l’une des trois accélérations identifiées par les scientifiques au cours des deux dernières décennies, les deux autres étant la mondialisation et le changement climatique. Comme ces trois phénomènes sont étroitement liés, dans son livre “Thank You for Being Late“, le chroniqueur du New York Times Thomas Friedman parle de notre époque comme de l’ère des accélérations.


Photo de Nicolas Hoizey sur Unsplash

Un impact marquant de l’entrée dans l’ère des accélérations est la nécessité pour les entreprises (ainsi que pour les individus) de s’adapter à un nouveau concept de travail.

L’auteur et stratège commerciale Heather McGowan explique qu’une des conséquences est la dissociation du travail – ou plus précisément, des tâches complexes – qui sont complètement ou partiellement numérisés en composants discrets pouvant être exécutés n’importe où dans le monde. Elle note que des entreprises telles que UpWork, TaskRabbit, Hourly Nerd “ont permis la production de taches atomisés”. (Voir The Adaptation Advantage par Heather E. McGowan, Chris Shipley)

En outre, une étude réalisée en 2016 par l’économiste Lawrence Katz de l’université de Harvard et Alan Krueger de l’université de Princeton a révélé que 60 % de la croissance nette de l’emploi au cours de la dernière décennie est due à l’augmentation du nombre d’entrepreneurs indépendants, de travailleurs indépendants et de travailleurs sous contrat avec des entreprises. C’est ce qu’on appelle souvent “l’économie du gig”.

Un nouveau concept pour le travail
Les trois phénomènes évoqués jusqu’à présent, à savoir l’accélération technologique, la mondialisation et la dissociation du travail, obligent les entreprises à modifier leur mode de fonctionnement, notamment en favorisant l’innovation à partir d’une main-d’œuvre composée d’employés de plus en plus mobiles, mais aussi d’employés temporaires, de free-lances et de personnel externalisé.

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Dans son livre, Friedman explique que l’humanité a connu deux étapes de changements technologiques : le premier changement a eu lieu vers 2000 avec l’essor de la connectivité omniprésente et le second vers 2007 avec l’accès aux données qui est devenu possible à tout moment et en tout lieu grâce à la technologie du Cloud.

Le résultat est la disponibilité de flux d’informations numériques que les entreprises et les particuliers peuvent exploiter pratiquement sans frais pour améliorer leurs opérations.

Dans “Digital Globalization : The New Era of Global Flows“, le McKinsey Global Institute définit la transformation comme suit : “Les flux commerciaux et financiers internationaux qui ont caractérisé le XXe siècle se sont stabilisés ou ont diminué depuis 2008. Pourtant, la mondialisation n’est pas en train de s’inverser. Au contraire, les flux numériques s’envolent – transmettant des informations, des idées et des innovations dans le monde entier et élargissant la participation à l’économie mondiale”.

La place de la sécurité de l’information dans les flux numériques
La récente prise de conscience accrue de la cybersécurité en général résulte de l’intérêt des entreprises à tirer profit des flux d’informations. Hélas, ces flux s’accompagnent d’une mise en garde : il n’y a aucune garantie inhérente de sécurité. Il est clair qu’il n’y a aucune promesse quant à la véracité des informations véhiculées par ces flux.

Pensez à tous les flux d’informations fausses ou déformées utilisés comme des chambres d’écho renforçant les biais de confirmation.

Photo par Erico Marcelino sur Unsplash

Même lorsque la source d’un flux est vérifiée et en fonction de son utilisation, il peut également être nécessaire de garantir ses propriétés de sécurité telles que la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité, de sorte que le flux puisse être intégré en toute sécurité dans un processus commercial dont les tâches ont été dégroupées par les forces d’accélération.

Pour les entreprises, l’externalisation des activités est le moyen le plus courant aujourd’hui d’intégrer les flux d’informations numériques dans leurs opérations. Un cas d’utilisation particulier et intéressant est la pratique de l’externalisation du développement de codes comme moyen de tirer profit de la mondialisation et de l’accélération de l’innovation technologique.

Pour tirer clairement parti des flux, un défi important pour les entreprises modernes sera de déterminer un mécanisme permettant d’équilibrer les avantages de l’intégration avec le risque d’exposer des secrets commerciaux, des informations confidentielles et la perte potentielle de propriété intellectuelle.

Commentaires, réactions : Laurent Balmelli (Twitter Laurent Balmelli)

Laurent Balmelli

Laurent Balmelli

Je suis un professionnel de l'innovation, en particulier envers les technologie (de la cybersécurité, du cloud et de l'approche DevOps) et les modèles d'affaires. J'ai reçu mon doctorat de l’EPFL en 2000 et ensuite vécu ensuite à New York et Tokyo avant de revenir en Suisse en 2012. Mes intérêts aujourd'hui sont la création de produits technologiques, la lecture, l’écriture et ma famille. Mise à part mes activités professionnelles, j'enseigne l'innovation à l’université en Suisse et au Japon à Tokyo. Retrouvez aussi mes articles en Anglais sur Medium à l'adresse: https://medium.com/@laurentbalmelli

3 réponses à “La place de la sécurité de l’information à l’ère des accélérations

  1. L’espionnage me créé moins de soucis que la fragilité de la société basée sur les objets connectés.
    Les récentes attaques contre tesla, où un fabriquant de montre connecté qui empêchait les utilisateurs sportif de lire leurs données, n’est que le début.

    La dépendances des villes, des entreprises dans le futur monde de la 5+G, est une aubaine pour le terrorisme. Nous serons un géant aux pieds d’argiles.
    La sécurité dans notre monde de bisounours a été négligée, comme l’a montré en Suisse, cette naïveté des entreprises. Ce nouveau monde en devenir, plus agressif, va peut-être changer la donne : Une prise de conscience, celle de l’affaiblissement de la sécurité de la société à mesure que le monde se connecte.

    Le danger n’est pas le pillage de données, mais la paralysie de villes, des attaques sur des systèmes de refroidissement, d’appareils médicaux,…

    La sécurité doit précéder les avancées technologiques, et on fait l’inverse. L’aveuglement face aux nouveautés m’inquiète. Face aux nouvelles technologie, il faut une éducation au danger parce que ce sera pire que le covid en terme de conséquences..

  2. Je tiens une petite entreprise que je veux emmener très loin et je dois donc suivre les tendances ainsi que les nouveautés pour être dans l’air du temps. Cet article m’a permis de comprendre le fait que la technologie ne cesse d’évoluer dans le temps et que je dois effectuer des changements pour pouvoir avancer dans mon projet.

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