Patrimoine, Art et Technologie Solaire

L’Union européenne et la Suisse se sont fixées des objectifs ambitieux dans le cadre du plan de mise en œuvre de la COP21 et des objectifs Climat et Energie 20/20/20. Pour faire face aux challenges énergétiques, il est aujourd’hui évident que l’énergie solaire photovoltaïque est en train de jouer un rôle clé. D’une part les coûts du photovoltaïque sont devenus aujourd’hui très compétitifs et d’autre part de nouvelles solutions technologiques permettent de facilité toujours plus son intégration au niveau esthétique. Du panneau solaire noir au blanc en passant par l’intégration d’images à haute résolution, il existe une multitude de solutions techniques qui ne demandent qu’à trouver leur place au sein de nos villes et de notre patrimoine construit.

Le photovoltaïque intégré au bâtiment jouera sans aucun doute un rôle important, notamment dans les villes et les zones urbaines. En effet, nos villes offrent un nombre important de surfaces disponibles pour l’exploitation de l’énergie solaire, sur les toits plats, les bâtiments industriels et les nouvelles constructions. La quantité d’énergie qui pourrait être fournie ainsi est estimée à 22% au niveau mondial.
Néanmoins on observe que le marché du photovoltaïque intégré au bâtiment à tout de même du mal à démarrer. Ces projets sont aujourd’hui encore nouveaux et uniques et nécessitent de nouveaux types de collaborations entre différentes corps de métier ou même de nouveaux métiers. Comment faire connaître ces nouvelles solutions et faire en sorte que le panneau solaire devienne un véritable matériau de construction? Et au delà de leur application sur le bâtiment, est ce qu’ils ne pourraient pas contribuer de façon innovante au dévelopement de la « Smart City » vraiment « Smart » et rendre actives et attractives des surfaces qui jusqu’alors ne produisaient pas d’énergie ? Imaginez que les panneaux publicitaires et autres billboards, que les expositions en plein air en plus de leur fonction première de communication et support artistique deviennent aussi producteurs d’électricité ?
Grâce aux récents développements de la recherche dans le domaine qui permettent même l’intégration d’images à hautes résolution, le panneau solaire peut aujourd’hui devenir un support artistique et contribuer ainsi à un changement de paradigme nécessaire.


Mise en lumière des sites Palafittes des rives neuchâteloises, un projet de Compáz

Emersion, une fresque photos-voltaïques.

L’art est indissociable de la vie sociale, son rôle à l’intérieur de celle-ci évolue en fonction des époques, des cultures et des technologies. En associant pouvoir de création et développements technologiques, l’association Compáz entend mettre la science au service de l’art et l’art au service de la science. Les projets Compáz sont des espaces pour désigner des questions importantes de sociétés. La question énergétique en fait partie intégrante.

Le Laténium est le plus grand musée archéologique de Suisse. Présentant 50’000 ans d’histoire régionale il a connu depuis son ouverture plusieurs consécrations officielles importantes dont notament le Prix du Musée du Conseil de l’Europe en 2003. En 2011, le Latenium organise la cérémonie officielle de l’UNESCO célébrant l’inscription des palafittes du pourtour alpin au Patrimoine mondial de l’humanité. Dès lors, le musée rayonne d’un attrait particulier et cherche à développer l’intérêt du public pour l’archéologie neuchâteloise ainsi que la préservation et la mise en valeur de ce patrimoine unique.
Ce patrimoine millénaire est néanmoins fragile et ne peut être mis à jour au grand public sans risqué sa dégradation.
Compaz au travers de son projet e-mersion a inauguré le 23 octobre dernier une installation unique qui combine technologie solaire et photographie pour faire découvrir au grand public les vestiges palafittes enfouis mystérieusement au fond du lac et permettre ainsi une valorisation unique de ce patrimoine UNESCO. Ainsi, la représentation de ce site lacustre à l’échelle 1 :1 sous la forme de 19 panneaux solaires de 1.6 m2 est à découvrir sur les murs du plan d’eau se trouvant dans le parc du Laténium et qui restitue l’altitude historique du lac de Neuchâtel, avant son abaissement artificiel à la fin du 19e siècle. L’énergie produite par cette surface active de 27 m2 est directement injectée dans le réseau électrique local pour être directement autoconsommée par le bâtiment du Musée. Cette source d’énergie renouvelable contribue à alimenter notamment, l’éclairage nécessaire et conséquente du musée qui a été construit dans un esprit de durabilité et a reçu en 2004 le Prix Minergie.
Au travers de ce projet, Compáz met en scène un savoir faire neuchâtelois unique, tant dans la muséographie que dans la technologie. A découvrir à Neuchâtel !