C’est la rentrée ! Le système de formation vous paraît compliqué ? Décryptage !

Ca y est, c’est la rentrée ! Après quelques six semaines de vacances d’été, il est temps de se préparer à reprendre une vie « normale ». La rentrée scolaire s’accompagne souvent de nouveautés… nouvelle classe, nouvelle école, nouveaux copains, nouvel horaire, nouveaux enseignants, nouvelles matières, nouveau matériel, et j’en passe. Vous vous sentez parfois perdu-e face à toutes ces nouveautés ? Or, il paraît que notre système de formation est le meilleur au monde. De nombreuses délégations étrangères viennent le découvrir chaque année. Les Etats-Unis et la France prévoient même de s’en inspirer pour leurs propres réformes. Mais avez-vous déjà essayé de le déchiffrer ? En tant que parents, vous avez surement dû vous y mettre… C’est alors que vous vous êtes heurté à des termes aussi insolites que HarmoS, cycle 1, 2, 3, formation professionnelle initiale, brevet, diplôme, études postdiplômes, Bachelor, Master, doctorat, CAS, DAS, MAS, etc. Et vous vous êtes dit : suis-je le/la seul-e à ne pas connaître ce jargon ? Vais-je paraître ridicule si je pose la question ? Eh bien rassurez-vous ! Vous faites partie de l’immense majorité pour qui notre système de formation est un véritable casse-tête chinois, voire un rubik’s cube à 12 faces.

Schéma du système de formation

Voici une représentation du système suisse de formation proposée par le Centre suisse de services Formation professionnelle, orientation professionnelle, universitaire et de carrière (CSFO) : https://www.orientation.ch/dyn/show/2800.

Source image : orientation.ch consulté en juillet 2018

Cela pourrait faire peur de prime abord… Et si on essayait de le découvrir ensemble, pas à pas ? Je vous emmène ! Première escale de notre visite guidée : l’école obligatoire.

Harmonisation de la scolarité obligatoire

L’école obligatoire est sous la responsabilité des cantons. Dans notre système fédéraliste, c’est la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), http://www.edk.ch/dyn/11926.php, qui est chargée de coordonner l’école obligatoire.

Le terme « HarmoS », http://www.edk.ch/dyn/11737.php, représente l’accord intercantonal sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire. Introduit par la CDIP en 2009, il définit l’âge d’entrée à l’école et la durée de la scolarité obligatoire, la durée et les objectifs des degrés scolaires, l’enseignement des langues ainsi que des horaires blocs et les structures de jour.

C’est clair ? Pas complètement… alors reprenons :

  • L’école obligatoire commence à 4 ans et se termine à 15 ans
  • La durée de la scolarité obligatoire est de 11 ans
  • Le degré primaire, qui inclut l’école enfantine, dure 8 ans, soit de 4 à 12 ans
  • Le degré secondaire I dure 3 ans, soit de 12 à 15 ans
  • Les 11 ans d’école obligatoire sont découpés en 3 cycles :
    • le cycle 1 va de 4 à 8 ans
    • le cycle 2 va de 8 à 12 ans
    • le cycle 3 va de 12 à 15 ans

Plan d’étude pour la Suisse romande et le Tessin

A la fin de chaque cycle (1, 2 ou 3), le niveau de l’élève est évalué par rapport aux objectifs définis dans le plan d’étude romand (PER). Ah, voilà un nouveau terme ! Le PER, https://www.plandetudes.ch/, définit les objectifs de l’enseignement et en particulier les attentes fondamentales de fin de cycle. Adopté en 2010 sous l’égide de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) http://www.ciip.ch/, le PER s’applique donc à tous les cantons romands plus le Tessin.

C’est un peu abstrait, je vous l’accorde. Alors voici deux exemples concrets de ce qu’un-e élève de 8 ans doit être capable de faire à la fin du cycle 1 :

  • L1 13-14 pour le français : l’élève repère les personnages et la suite des événements dans un récit entendu
  • MSN 13, domaine Mathématiques, opérations : à la fin du premier cycle (donc à 8 ans, en fin de 4e année), l’élève utilise des procédures de calcul réfléchi pour effectuer de manière efficace une addition de deux termes dont la somme est inférieure à 100 sans échanges unités-dizaine et une soustraction dont chaque terme est inférieur à 100 sans échanges dizaine-unités (12+65; 24+13; 30+20; 48–6; 53–20,…)

Vous voulez en savoir plus ? Alors vous pouvez consulter tous les domaines définis dans le PER ici https://www.plandetudes.ch/web/guest/PG2-domaines_disciplinaires :

  • Langues : le français comme langue de scolarisation (langue 1 = L1), l’allemand (L 2) et l’anglais (L 3) comme langues étrangères
  • Mathématiques et Sciences de la nature : les mathématiques, la modélisation, les phénomènes naturels et techniques, le corps humain, la diversité du vivant
  • Sciences humaines et sociales : l’histoire, la géographie et la citoyenneté
  • Arts : activités créatrices et manuelles, les arts visuels et la musique
  • Corps et mouvement : l’éducation physique (comprenant l’expression corporelle) et l’éducation nutritionnelle

Plan d’étude pour la Suisse alémanique

Nos voisins alémaniques ont également introduit un plan d’étude nommé Lehrplan21 (plan d’étude 21) sous l’égide de la Deutschschweizer Erziehungsdirektoren-Konferenz (D-EDK), c’est-à-dire la CDIP de la Suisse alémanique https://www.d-edk.ch/lehrplan-21 . Vous pouvez le consulter ici : https://www.lehrplan.ch/ .

Quelque chiffres

Selon l’Office fédéral de la statistique, il y avait 936 550 élèves à l’école obligatoire durant l’année scolaire 2016/2017 : https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/education-science/personnes-formation/ecole-obligatoire.html. Ils se répartissent en 48.5 % de filles et 51.5 % de garçons.

  • 18 % étaient à l’école enfantine (4 à 6 ans, cycle 1)
  • 52 % à l’école primaire (6 à 12 ans, cycle 1 sans l’école enfantine et cycle 2)
  • 26 % à l’école secondaire (12 à 15 ans, cycle 3)
  • Près de 3 % suivaient un programme d’enseignement spécial, destiné aux élèves qui ne sont pas capables de suivre le programme normal, y compris les classes pour élèves de langue étrangère

Prochaine escale ?

J’espère que cette première escale, consacrée à la scolarité obligatoire, vous a permis d’y voir un peu plus clair. Nous continuerons notre visite guidée lors d’un prochain article avec le degré secondaire II. Je me réjouis de vous y retrouver ! D’ici-là bonne rentrée à toutes les petites têtes blondes et leurs familles !

Jobs d’été, jobs de vacances, jobs d’étudiant… que faut-il savoir ?

Votre fils, votre nièce ou votre filleul va commencer son premier job d’été ? Comme pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, ces petits boulots lui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances, de payer son permis de conduire et, très souvent, de financer ses études. Vous aimeriez que cette première expérience de travail se passe au mieux ? Vous vous posez plein de questions et ne savez pas exactement comment l’aider ? Alors voici quelques aspects à prendre en considération.

A partir de quel âge peut-on travailler ?

On ne peut heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 ans pour les travaux légers, voire moins de 13 ans pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale. Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’accord de leurs parents avant de signer un contrat de travail.

Dans quelles branches ?

Il est interdit d’employer les jeunes à des travaux dangereux et d’employer des jeunes au service de clients dans les entreprises de divertissement telles que les cabarets, boîtes de nuit, dancings, discothèques et bars. Il est également interdit d’employer des jeunes de moins de 16 ans au service de clients dans les hôtels, restaurants et cafés, sauf si c’est dans le cadre d’un apprentissage ou de l’orientation professionnelle.

Avec quels horaires ?

Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries. Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été. Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20h00, les 16 à 18 ans jusqu’à 22h00. Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle.

Et quelle durée ?

La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder trois heures par jour et neuf heures par semaine. Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6h00 et 18h00, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus. Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures. Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives.

Pour quel salaire ?

À ce jour, il n’existe pas de salaire minimum légal en Suisse. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour les petits boulots de vacances les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail, du travail temporaire et de l’agriculture sont les plus importantes.

Recommandations salariales de l’Union syndicale suisse (USS)

L’USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l’heure. La plupart des salaires minimums conventionnés sont accessibles sous www.service-cct.ch. S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur www.salaire-uss.ch.

Faut-il être assuré ?

Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels. En travaillant 8 heures par semaine et plus, tous les accidents sont couverts. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents. Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG) ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on atteint 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions.

Attention, danger !

Le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. En cas de danger ou de doute, il faut oser dire STOP et demander l’aide d’un collègue expérimenté car les accidents, parfois, ne pardonnent pas.

Et les vacances alors ?

Il ne faut pas oublier les vacances auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même pour un job de vacances. Si le salaire est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64 % pour les moins de 20 ans et de 8,33 % pour les plus de 20 ans doit être payé en plus du salaire. Ce supplément doit être mentionné explicitement sur le décompte de salaire.

Vous avez encore des questions ?

C’est normal ! Ce blog n’a pas la prétention de répondre à tout !

La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celle-ci peut être consultée sur le site : www.jeunesse-syndicale.ch.

L’USS vous donne également des informations sur le travail, la formation et la jeunesse sur le site : www.uss.ch.

Enfin, pour les plus motivés, voici les bases légales :

Loi fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce (LTr)

Ordonnance sur la protection des jeunes travailleurs (OLT 5)

Merci de votre lecture et plein succès et de plaisir aux jeunes pour leur job d’été !