Entrepreneurs : trouvez votre phare dans la tempête

Votre entreprise s’est fait surprendre par la tempête du coronavirus ? Comme tout capitaine de navire surpris par une tempête, l’équipage compte sur vous pour traverser les intempéries. Et vous aussi, vous comptez sur votre équipage. Chacun à un rôle à jouer pour diriger le bateau, le mettre à l’abri le temps nécessaire et lui permettre de reprendre sa route le moment venu. Parce qu’après la tempête, le beau temps reviendra, assurément. En tant que capitaine-leader, vous êtes à la barre pour redéfinir la stratégie et l’opérationnel et rassembler votre équipage pour sortir ensemble de la tempête.

Votre équipage, votre équipe

Votre équipage est affecté de manière différenciée selon les personnalités et expériences. Vous constatez diverses réactions. Certains sont incrédules, d’autres apeurés, d’autres banalisent quelque peu, certains prennent la fuite ou se cachent. En tant que capitaine-leader, il vous appartient de donner une réponse adaptée à chacune de ces réactions. Il s’agit d’abord d’accepter et d’accueillir ces réactions, en suspendant votre jugement. Ensuite, il est important de rassurer avec une approche spécifique pour chaque type de réaction. Par exemple, en cas de peur, communiquer sur les mesures qui ont été prises pour réduire les risques (sanitaires, économiques, organisation du travail, lien social, etc.). Ensuite, il s’agit de rassembler votre équipe autour d’un projet commun : sortir de la tempête. A vous de montrer l’exemple ! Soyez présent, physiquement si vous n’êtes pas à risque, ou par conférence vidéo ou téléphonique quotidienne. Un navire sans capitaine n’a plus de direction ! Et impliquez votre équipage, sur place ou à distance. Toutes les personnes doivent être mobilisées pour prêter main forte sur le pont. Chaque collaborateur peut apporter son aide et soutenir l’effort commun, même dans d’autres activités que sa fonction habituelle. N’hésitez pas à faire monter le cuisinier sur le pont ! Cela implique une réorganisation et une synchronisation des tâches au sein de votre équipe. En plus de vos leaders établis, identifiez autour de vous les nouveaux leaders qui émergent dans cette situation que vous pourrez aussi mobiliser pour guider vos équipes. En tant que capitaine-leader, restez à l’écoute de toute bonne idée qui pourrait surgir de votre équipe. Confiez de temps en temps, pour un moment, le gouvernail à une personne de confiance pour faire un pas de côté, prendre du recul sur la situation actuelle et changer de perspective. Allez visiter la cale, les machines et faites un état des lieux du bateau et de l’équipage.

Votre bateau est à l’arrêt, les moteurs sont coupés

Vous avez dû diminuer ou arrêter vos activités. Ce temps inattendu est une opportunité pour revoir votre business model et analyser ce qui fonctionne bien ou moins bien dans votre entreprise. De nombreux outils d’analyse sont à votre disposition, par exemple le diagnostic stratégique, SWOT, PESTEL, la matrice BCG, les 5 forces de Porter ou la chaîne de valeurs. Ils vous permettront de mettre en lumière vos forces, faiblesses, risques, opportunités pour mieux repositionner votre entreprise selon l’évolution du marché et les attentes de vos clients. C’est aussi le moment idéal pour observer ce que font vos concurrents et comment ils ont réagi face à la tempête afin de préparer les bases pour votre stratégie future.

Soyez prêts à faire repartir votre bateau, préparez la reprise

La tempête s’essouffle, la reprise est à l’horizon. Vous devrez être prêts à repartir, à relancer votre activité. N’attendez pas la reprise, soyez prêts avant vos concurrents ! Pour ce faire, définissez votre nouvelle stratégie à moyen et long terme. Il est illusoire de récupérer le temps perdu à court terme. Pour définir la stratégie, commencez par tirer le bilan de la crise. Quelles faiblesses avez-vous constatées ? Au niveau de vos produits et services, de la logistique, de la communication, de la structure d’entreprise, du financement, de la relation client, de la relation fournisseurs, du management, de l’agilité, etc. Étiez-vous préparé à l’environnement actuel VUCA (volatile, incertain, complexe, ambigu) ? Quels enseignements en tirez-vous ? Quels éléments retenez-vous pour faire évoluer votre stratégie ? Quelles innovations et diversifications pouvez-vous apporter à votre entreprise et votre activité ? Innovation de vos produits et services, de vos procédés et méthodes ou de votre organisation (management agile). Il est indispensable ici d’impliquer votre équipe qui est en contact direct avec les clients, les fournisseurs, les processus et le management. C’est une source constante et précieuse pour faire évoluer votre activité et une manière puissante de valoriser vos collaborateurs pour leur implication et leur travail.

Tracez la nouvelle route de votre bateau, votre plan d’action de relance

Votre stratégie est prête, vous avez déterminé votre destination. Il vous reste à tracer la route pour y arriver. Il est peu probable que vous y arriviez en ligne droite. Votre plan de relance se déclinera sur une année au moins. Vous devrez faire le plein des ressources telles que compétences, produits, services, finances, partenariats, etc. Ensuite, il faudra coordonner les actions et les planifier dans le temps. Les étapes dépendront fortement des ressources disponibles. Consultez régulièrement votre boussole pour vous assurer d’être sur le bon chemin et corrigez le cap si nécessaire. Si un jour, une nouvelle tempête devait surgir, seriez-vous mieux préparé à y faire face ? Établissez un plan d’action en cas de nouvelle crise.

Capitaine, vous avez des pistes à partager ?

Vous avez fait de bonnes expériences et avez des ressources à partager avec d’autres capitaines ? Alors elles sont bienvenues ici ! Merci à vous de participer à l’intelligence collective !

Article coécrit avec José Veloso

Chronique d’une maman ordinaire en période de Coronavirus

Le parcours semé d’embuches d’une maman ordinaire, divorcée, qui travaille et cherche des solutions pour assurer la prise en charge de ses enfants de 6 et 8 ans durant la crise du Coronavirus.

Vendredi 13 mars – superstitieux s’abstenir

Vendredi 13 à 14h00… le couperet tombe ! Le Conseil fédéral annonce en conférence de presse que la Suisse passe en situation particulière selon la loi sur les épidémies. Dans la foulée, les autorités cantonales neuchâteloises annoncent la fermeture des écoles de tous niveaux jusqu’au 30 avril.

La ministre de l’éducation du canton se veut rassurante dans la presse. “Tous les parents auront une solution de garde“, assure Monika Maire-Hefti. Dans l’interview que la ministre donne à la presse (ArcInfo, 13 mars 2020) elle précise “Mais d’ici là [lundi 16 mars], chaque parent aura été averti des dispositions prises et se sera renseigné sur les solutions d’accueil qui s’offrent à leurs enfants. Pour les familles qui n’ont pas de solution, un accueil minimal est organisé dans chaque centre scolaire. Nous les dépannerons, le temps que tout le monde puisse s’organiser et que les conditions d’accueil soient définies.

Tous les parents auront une solution de garde. Monika Maire-Hefti, Conseillère d’Etat

Une circulaire adressée le jour-même aux parents indique : “Pour les élèves de la scolarité obligatoire, un service d’accueil scolaire, dans le cadre des horaires habituels, et extrascolaire minimal sera mis sur pied pour les enfants dont les parents ne disposent d’aucune possibilité de les garder eux-mêmes, ni de les faire garder.

Lundi 16 mars – à l’épreuve de la réalité

Une nouvelle circulaire est adressée aux parents lundi 16 mars le matin. Des changements notables sont intervenus depuis vendredi : “Pour les élèves des années 1 à 8, seuls les élèves dont les parents sont actifs professionnellement (pour les deux parents ou en situation monoparentale) dans les domaines des soins, des secours et de la sécurité pourront y être accueillis selon l’horaire habituel.” Plus aucune mention de parents qui ne disposent d’aucune possibilité de les garder eux-mêmes, ni de les faire garder.

La maman que je suis est soudainement prise d’un accès d’adrénaline ! Mes enfants ont 6 ans et demi et 8 ans, ils sont en 3e et 4e année Harmos dans une école de Neuchâtel. Divorcée, avec une garde partagée, je travaille à 80% à Berne alors que le père de mes enfants travaille à 60% dans le canton. Nous pouvons donc être présents pour nos enfants trois jours sur cinq. En temps normal les deux autres jours sont assurés par les grands-parents et la structure parascolaire. Alors que faire lorsque ni la structure d’accueil ni les grands-parents ne sont disponibles ?

La cour d’école est vide et les portes sont fermées à clé

Au vu des circonstances, j’annule mes séances de travail à Berne lundi matin et m’organise pour travailler depuis le domicile, en télétravail. A défaut d’informations sur les possibilités de garde pour mes enfants, je décide de me rendre à l’école avec mes enfants pour obtenir des informations. Nous arrivons à 8h15 tapante, la sonnerie retentit. Par un magnifique temps ensoleillé de printemps, la cour d’école est désespérément vide. Aucun enfant, parent ni enseignant à l’horizon. Etonnant et inquiétant à la fois !

Je me dirige vers la porte du collège de la classe de mon fils. Elle est fermée à clé ! Je fais le tour du collège, toutes les autres portes sont aussi verrouillées. Aucune information n’est affichée. Pas de numéro de téléphone à appeler, ni d’adresse e-mail à contacter. Absolument rien. Je réalise que

Même pour les parents travaillant dans la santé ou la sécurité il n’y a aucune solution dans ce collège ce jour-là.

C’est absolument dramatique en pareille circonstance !

Serions-nous invisibles ?

Un peu déboussolée je l’avoue… je reste quelques instants incrédule dans cette cour. Mes enfants m’observent, sentent mon stress et attendent une réaction de ma part. Je reprends mes esprits et me dirige vers un autre bâtiment du collège, celui de la classe de ma fille. La porte n’est pas verrouillée cette fois-ci, alors nous entrons à l’intérieur. Nous montons les escaliers, des voix témoignent d’une présence. Je me sens soulagée. Lorsque nous arrivons à l’étage de la classe de ma fille, son instituteur est là et nous accueille gentiment. Il nous guide vers un groupe d’instituteurs et institutrices qui écoutent un briefing de leur directrice. Je regarde aux alentours, aucun autre enfant ou parent. J’écoute les informations… et au bout de quelques minutes, je me risque à prendre la parole pour demander ce qui est prévu pour la prise en charge des enfants dont les parents n’ont d’autre solution de garde que les grands-parents ou la structure d’accueil fermée. La réponse de la directrice est sans appel : “Comme c’est marqué dans la circulaire de ce matin, il n’y a rien qui soit organisé“. Elle poursuit ses explications à ses enseignants et ajoute, en ma présence et celle de mes enfants :

C’est bon, il n’y a aucun enfant qui est venu ce matin à l’école. Directrice adjointe du cycle 1

Je suis stupéfaite, la situation est complètement surréaliste !

Réponse des autorités

Après cet épisode perturbant, je rentre avec mes enfants à la maison. Je décide d’écrire un courriel au cercle scolaire pour demander quelle solution est prévue dans ma situation. Je reçois la réponse automatique suivante :

Bonjour, Compte tenu de la situation sanitaire actuelle, merci de vous référer aux indications que vous recevrez par les voies de communications officielles. Nous ne pourrons répondre à vos messages à ce sujet. Merci de vous adresser à nous seulement en cas d’extrême urgence. Merci de votre compréhension

Nous ne pourrons répondre à vos messages à ce sujet. Cercle scolaire

Je réponds à ce message en expliquant que je n’ai pas de solution de garde autre que les grands-parents de plus de 65 ans et la structure d’accueil fermée. J’ajoute qu’en l’absence de solution de leur part, je me verrai dans l’obligation de solliciter les grands-parents dès le lendemain. En fin de matinée, je reçois une réponse personnalisée du cercle scolaire :

Chers parents, Votre courriel a retenu toute notre attention. Nous vous remettons les directives validées par la Ville et le canton de Neuchâtel concernant cette situation de crise. En cas de difficultés de garde pour vos enfants, vous pouvez vous adresser à votre structure d’accueil. Nous vous adressons nos cordiales salutations.”

Une lueur d’espoir… vite douchée

Sur la base de la réponse du cercle scolaire, je décide de m’adresser à ma structure d’accueil. La directrice, aimable et réactive, me répond dans l’heure qui suit :

… Étant donné la situation, j’ai envoyé votre mail au canton afin de savoir si je peux ouvrir pour accueillir vos enfants. Dès que j’ai une réponse du canton, je vous recontacterai...”

Peu après, la réponse tombe :

Rebonjour Madame, J’ai téléphoné à l’OSAE suite à votre demande d’accueillir vos 2 enfants. Étant donné que vous ne travaillez ni dans le domaine de la santé, ni dans la sécurité, vous devez vous adresser à votre commune de domicile …

Tout le monde se renvoie la balle – les parents sont sur le carreau !

La commune autorise : “vous pouvez vous adresser à votre structure d’accueil

La structure d’accueil demande l’autorisation au canton.

Le canton refuse : “Étant donné que vous ne travaillez ni dans le domaine de la santé, ni dans la sécurité, vous devez vous adresser à votre commune de domicile.

La maman est sur le carreau… Un vrai casse-tête chinois !

Nous voilà mercredi soir, trois jours ouvrables après la fermeture des écoles et des structures d’accueil. Et aucun dispositif n’a pu être mis en place pour les parents dans ma situation. Je me sens totalement abandonnée par les autorités. Je suis démunie dans cette situation.

Je réécris donc au cercle scolaire mercredi en fin d’après-midi en transmettant la réponse de la structure d’accueil et du canton pour demander de l’aide :

A ce jour, je n’ai pas de solution. Je me sens complètement abandonnée par les autorités et je ne sais pas comment faire pour assurer la prise en charge de mes enfants de 6,5 et 8 ans. J’ai pris congé lundi, j’ai engagé une baby-sitter privée toute la journée mardi (à 130.- la journée), j’ai fait du télétravail mercredi. Le père des enfants va les prendre jeudi et vendredi. Je suis au bout de mes ressources et de mes possibilités. J’ai besoin d’aide. Sans solution de la part des autorités communales et cantonales à ma demande de prise en charge de mes enfants, je me vois dans l’obligation de recourir aux grands-parents dès le lundi 23 mars.”

Jeudi en fin  de journée, soit quatre jours ouvrables après la fermeture des écoles et des structures d’accueil, la réponse de la commune est sans équivoque… et sans solution non plus :

L’accueil d’urgence dans les écoles, dans les structures d’accueil privées subventionnées ou les structures d’accueil communales est destiné uniquement aux enfants dont les deux parents travaillent dans la santé, les soins et la sécurité. Avec ces directives, vous comprendrez que nous ne sommes pas en mesure de répondre positivement à votre demande malgré le contexte vous concernant.”

En vous souhaitant de trouver des solutions, nous vous adressons, Madame, nos cordiaux messages. Anne-Françoise Loup, Conseillère communale

Agir pour ne pas se laisser déborder par l’angoisse

Je travaille dans la politique nationale de la formation et la jeunesse à Berne. Les deux sphères, professionnelle et privée, se rejoignent aujourd’hui. Mes rôles de secrétaire politique et de maman sont sollicités. Je suis convaincue que beaucoup d’autres parents se sentent démunis et abandonnés dans cette situation. Certes, il y a des actions de solidarité via les réseaux sociaux, des réseaux de parents qui s’entraident. Mais cela ne suffit pas. Il est de la responsabilité des autorités de répondre aux besoins légitimes de la population en matière d’accueil des enfants d’âge scolaire.

Je suis à la fois inquiète, démunie et révoltée face à cette situation. J’ai donc décidé de partager mon expérience sur mon blog avec vous. Parce que l’éducation est mon domaine de cœur et que mes enfants sont dans mon cœur !

Vos témoignages sont les bienvenus

Vous souhaitez partager vos expériences avec la prise en charge de vos enfants durant cette période de Coronavirus ? Alors commentez cet article et je relaie vos témoignages dans une intention clairement positive de susciter la prise de conscience et de trouver des solutions.

Voyage au cœur de l’apprentissage

L’édition 2020 du salon des métiers et de la formation valaisan « Your Challenge » vient de fermer ses portes. De retour de Martigny, je vous propose de vous emmener dans une visite virtuelle de l’exposition « Au cœur de l’apprentissage » pour y découvrir le parcours de l’apprentissage.
Photo de l’entrée de l’expo, ©IFFP C. Chammartin

Posons le décor

Commençons la visite ! Nous entrons dans cet espace qui, de prime abord, ressemble à un labyrinthe. Rassurez-vous, il n’y pas de risques de s’y perdre, le parcours suivant la chronologie d’une formation : de l’embauche à l’obtention d’un diplôme. L’entrée invite les visiteurs à passer la tête dans un décor qui rappelle celui d’un appartement. Fauteuil, téléviseur, tableaux au mur et même un coucou. Tout rappelle l’implantation de la voie de l’apprentissage dans le quotidien helvétique. Cet espace introductif pose le décor en rappelant la longue histoire du système suisse, une galerie de photos permet ainsi de parcourir l’évolution de l’apprentissage, monde très masculin sur les premiers clichés. Plus récemment, des images de filles dans des métiers largement masculinisés illustrent certaines campagnes publicitaires.

Mécanicienne en maintenance d’automobiles CFC
©AGVS/UPSA, 2017

Dans ce premier espace, comme dans tous les suivants une porte fermée par une bâche permet d’entrer dans l’espace central qui vient présenter les zones d’ombre du système, les difficultés. Il est possible d’y accéder depuis chaque espace pour découvrir les difficultés en lien avec les thématiques abordées dans la salle précédente. La visite peut également se faire plus tard. Lire la section Angles morts ci-après.

Embauche

On quitte l’appartement pour entrer de plein pied dans le parcours : première étape, cruciale, l’embauche ! Apprentis et formateurs rappellent les enjeux : trouver une place d’apprentissage dans le « bon métier » dans un marché parfois tendu pour les uns. Trouver la « bonne » personne, qui fera de cette formation son métier, qui restera peut-être dans l’entreprise pour les autres. Un jeu invite à se mettre « Dans la peau d’un recruteur » et à choisir un-e apprenti-e, un-e seul-e, pour le métier que vous aurez sélectionné. La sensation est inconfortable, les informations insuffisantes, il faut évaluer au « feeling » qui sera ou non engagé-e. Malgré les notes, les tests et les stages, il y a bien quelque chose qui se joue dans le face à face de l’entretien d’embauche… Quelques personnages n’ont jamais passé la rampe de la « première impression ». Au moment de quitter cet espace, un graphique s’arrête sur les 20 métiers les plus choisis par les jeunes (top 5 : Commerce et administration ; Vente en gros et en détail ; Construction et génie civil ; Soins infirmiers ; Mécanique et technique apparentée). Cela rappelle à quel point la formation professionnelle est genrée. Et une jeune visiteuse de dire : « c’est pas vraiment une surprise, c’est l’éducation ».

Jeu « Dans la peau d’un recruteur », © Céline Ribordy

Apprentissage au quotidien

Une fois embauché-e, nous voilà dans le quotidien de l’apprentissage en entreprise. Un espace plus encombré, qui rappelle le travail et la spécificité de former en entreprise. Quatre films présentent les enjeux de cette transmission sur le lieu de travail, mais aussi d’autres : le jeune âge des apprenti-e-s, la transition vers le monde du travail, le passage à l’âge adulte, la pénibilité de certains métiers. Mais aussi l’envie, la motivation des jeunes et des personnes qui les forment.

Jeunes regardant les films sur la transmission, © IFFP C. Chammartin

L’accent est mis sur un point crucial de l’apprentissage : il faut à la fois former, se former et produire. Des graphiques illustrent comment dès la première année, de manière plus ou moins importante selon le métier, les apprenti-e-s participent à la production. Enfin, l’enjeu du temps ou plutôt de l’absence de temps est évoqué. Des témoignages sont présentés au travers d’un dispositif vidéo qui va en s’accélérant. Petit à petit on ressent à son tour cette pression typique de l’apprentissage dual.

Le quotidien, © IFFP C. Chammartin

Zones d’ombre

Avant d’arriver à la fin de la formation, entrons dans l’espace central, où sont présentées les difficultés. Fermé par des bâches, il est plus petit et légèrement oppressant. Tout d’abord, le rappel de l’allongement et des difficultés liées à la transition école-travail, les temps d’attente, les inquiétudes. Face à l’embauche, la réalité de la discrimination des jeunes immigrés, mais aussi des filles visant un métier où elles sont minoritaires. Rappel également du décalage qualitatif entre offres et demandes de places d’apprentissage (des places, oui, mais pas dans les métiers rêvés des jeunes !). On découvre les chiffres des arrêts prématurés (22%) et les raisons de ceux-ci (orientation et performances certes, mais aussi relations au travail, conditions de travail et de formation). Enfin, retour sur la réalité des échecs finaux ou encore sur l’attente avant de trouver un premier emploi. Les témoignages sont cachés sous un clapet, rappelant qu’en Suisse, on aime la discrétion quand il s’agit des limites du système d’apprentissage. A nous de le soulever et de découvrir ce qui s’y cache ! Cet espace, véritable réplique au discours vantant le « meilleur système au monde », se veut également un lieu d’approfondissement et de réflexion.

Les difficultés cachées, © Céline Ribordy

Obtention du diplôme

Nous voilà presqu’au terme du parcours. Entrons dans le dernier espace à l’ambiance plus festive. Au mur d’innombrables diplômes : de très anciens, des métiers ayant disparus, des curiosités, mais surtout des AFP, des CFC, des maturités professionnelles et autres brevets, maîtrises, bref toute la palette des diplômes de la formation professionnelle. Derrière ces diplômes, on trouve des histoires, celles des pionnières ayant bravé les bastions masculins, celles des mobilités sociales rendues possibles par une maîtrise après un CFC, celles aussi de familles où trois générations ont en commun d’avoir fait un CFC. Ces histoires renvoient au premier espace, où le décor a été posé, et soulignent encore une fois l’importance du système dans la réalité et le quotidien de notre pays.

A la croisée des chemins…

Pour quitter l’expo, un dernier dispositif interactif. Au sol, un cercle nous invite à nous positionner face à quatre sorties, autant de voies après un apprentissage : entrer sur le marché du travail, poursuivre vers la formation professionnelle supérieure et ouvrir son entreprise, poursuivre vers des études dans une haute école ou retourner dans l’expo et démarrer un nouvel apprentissage. Laquelle choisirez-vous ?

Sortie de l’expo, © IFFP C. Chammartin

Prochaines dates de l’expo

Vous avez raté l’exposition à Martigny ? Ou au contraire, vous l’avez adorée ? Alors vous pourrez la (re)voir dans différents salons des métiers et de la formation en Suisse romande et aux Swiss Skills aux dates suivantes :

  • Salon interjurassien de la formation, Delémont : 1er – 5 avril 2020
  • Swiss Skills, Berne : 9 – 13 septembre 2020
  • Salon des métiers et de la formation, Lausanne : 24 – 29 novembre 2020
  • Start! Forum des métiers, Fribourg : 2 – 7 février 2021
Fiche signalétique 

L’exposition « Au cœur de l’apprentissage » est un projet réalisé dans le cadre d’un financement FNS-Agora pour la vulgarisation et le transfert scientifique. Elle est le fruit de différentes recherches menées à l’IFFP par Prof. Nadia Lamamra et son équipe sur les arrêts d’apprentissage, les parcours de transition et le quotidien des formateurs et formatrices en entreprise. Elle est produite par l’IFFP et le Collège du travail à Genève et est soutenue par le FNS, la Loterie romande et divers fonds professionnels cantonaux.

Auteurs

L’exposition a été conçue par Nadia Lamamra, Barbara Duc et Isabelle Dauner, avec Stéphane Klaefiger (scénographie), KO Production (graphisme), Katharine Dominicé (films) et Isabelle Closuit Chouadra (médiation).

YES : une démarche innovante pour former les entrepreneurs de demain

Young Enterprise Switzerland (YES) développe des programmes de formation économique afin de connecter l’économie et l’école. Des élèves de 16 à 18 ans ont ainsi l’opportunité de créer leur mini-entreprise. L’initiative lancée en Suisse alémanique en 2006 se développe en Suisse romande depuis 2014.

Pour l’édition 2019-2020, sur un total de quelques 200 mini-entreprises au plan suisse, seules six étaient romandes, dont deux neuchâteloises. L’Ecole supérieure de commerce du Lycée Jean-Piaget à Neuchâtel a été pionnier en tant que première école romande à participer à ce projet en 2014.

Comment débute un projet YES ?

Selon le témoignage recueilli auprès de Pascal Debély, enseignant d’économie et coach d’équipe YES au Lycée Jean-Piaget à Neuchâtel, l’activité est présentée au mois de mai de la première année auprès de 50 à 70 élèves. Les personnes intéressées sont invitées à adresser une postulation d’une demi-page qui décrit leur motivation. Vingt personnes environ sont sélectionnées sur la base de l’énergie qui se dégage de chaque personne et pas de ses notes. Puis, les candidats passent un entretien individuel de dix minutes. Au final, douze personnes sont retenues, qui sont par la suite réparties dans deux équipes de six, selon les profils et les affinités. Les deux équipes sont alors invitées à une séance pour leur expliquer le déroulement du projet et ce qu’elles auront à faire durant les vacances d’été. Il s’agit d’une part de trouver un projet concret, et, d’autre part, de répartir entre les participants les domaines de Direction, Administration, IT, Marketing, Finances, Production et Ventes. Au mois de juin, les équipes sont constituées.

L’équipe de BÂCH&CO lors du concours suisse en mai 2019. Photo : Lycée Jean-Piaget

Et ensuite ?

A la rentrée en deuxième année, les deux équipes sont invitées à une rencontre. Les projets choisis sont discutés et le cadre de travail est fixé. Les équipes doivent ensuite définir un produit, choisir son nom, concevoir son logo, mettre en place sa production et en assurer la commercialisation. En septembre, cette étape doit être terminée. Mi-octobre, le prototype est présenté lors de la cérémonie d’ouverture YES à l’école. A cette occasion, les équipes lèvent des fonds à hauteur de 3000 francs au maximum sous forme de bons de participation de 15 francs des parents et amis présents. Cet «actionnariat» leur permet de financer la fondation de leur entreprise et de poursuivre leur projet. La production et la distribution démarrent ensuite avec des ventes dans les marchés de Noël. Le plan d’affaires doit être livré à YES en janvier. Le concours régional YES se déroule en mars à Neuchâtel, l’européen en avril et le national en mai à Zurich. Pour chacun de ces concours, les deux mini-entreprises conçoivent un stand à l’image de leur produit. Le rapport de gestion doit être transmis à YES en mai. Puis, les équipes procèdent au bouclement des comptes et à la liquidation des stocks. En juin, le projet se termine par la cérémonie de clôture à l’école avec les «actionnaires». A la fin de cette deuxième année, les élèves reçoivent leur note de travail de maturité, évalué sur des critères tels que le comportement en équipe, la motivation, l’attitude face aux problèmes ou l’implication dans le projet.

Rôle des coaches

Les coaches sont des enseignants qui accompagnent les équipes YES. A l’instar de Pascal Debély, ils apprécient de diversifier leur enseignement. Ils y voient une opportunité d’innovation et de challenge stimulante. Leur rôle est d’accompagner, encourager et guider les équipes. Ils ne leur disent pas ce qu’elles doivent faire mais leur laissent beaucoup de liberté. Ils aident les participants à faire le lien entre ce qu’ils veulent transmettre et leur marché potentiel. Les coaches doivent surtout leur dire ce qu’il n’est pas possible de pas faire sur la base de l’expérience des projets antérieurs, comme un projet trop compliqué ou des produits trop chers. C’est en quelque sorte un rôle de garde-fou.

Pascal Debély, enseignant et coach YES. Photo: Laura Perret

Motivation et bénéfices pour les jeunes

Pour les participants, c’est l’occasion de mettre en pratique leurs acquis de formation et de prendre de véritables responsabilités dans un projet innovant. Ils rêvent de créer leur propre entreprise et ils apprécient le travail en équipe. Grâce à ce projet, ils découvrent par eux-mêmes toutes les étapes, les joies et les difficultés de la création et de la gestion d’une petite entreprise, ainsi que la commercialisation d’un produit. Ils touchent à beaucoup de domaines professionnels comme l’économie, la commercialisation, la communication, l’informatique, le droit ou les finances. Ils vivent une expérience humaine unique de collaboration au sein d’une équipe. Ils présentent leurs réalisations à Zurich et en Europe dans des langues étrangères. Ils apprennent à parler aux médias et en public. Ils réussissent chaque année, et sans aide, à trouver une personnalité pour leur concept marketing, par exemple Bastian Baker ou Didier Cuche. Les participants développent également leur réseau, en cherchant des informations, des ressources et de l’aide, auprès de parents, d’amis ou de chefs d’entreprises. Par la suite, ils feront partie du réseau d’alumni YES international.

« Si le bénéfice ne figure pas forcément dans le compte d’exploitation, il est en tous les cas dans la tête et dans les acquis de ces douze étudiants ! A la cérémonie de clôture, ces jeunes ont grandi, mûri et gagné en assurance. » Pascal Debély, enseignant et coach YES

Tout est rose ?

Ce serait illusoire de croire que tout est rose. Il peut y avoir des problèmes avec les fournisseurs. En Chine par exemple, les coûts de production sont bas, mais la qualité et les délais laissent à désirer et il n’y a pas de contact personnel direct. La vente n’est pas facile non plus. Les équipes participent à des foires commerciales ou des marchés de Noël. Enfin, les délais à tenir sont stricts. Ces difficultés font partie de l’expérience et sont bénéfiques en termes d’apprentissage.

Exemples de mini-entreprises YES du Lycée Jean-Piaget

En 2016, le projet Cook’easy a produit un récipient pour réaliser diverses recettes de cuisine. L’équipe a gagné le premier prix du concours régional et le 2e prix du concours national à Zurich, parmi 220 teams. En 2017, le projet Movie’t a réalisé un mini-rétroprojecteur pour smartphone en bois et sans électricité. L’équipe a gagné le concours régional; elle s’est classée dans les 22 meilleures formations de Suisse au concours national et a participé au concours européen en Lituanie. En 2019, Drink’eat a commercialisé des pailles comestibles et aromatisées. Arrivée dans le top 22 au classement suisse, l’équipe a remporté le prix YES Media Award 2019 attribué par des professionnels alémaniques de la publicité. Ce prix consiste en une publicité professionnelle télévisée réalisée en studio qui passera à l’antenne sur deux chaînes zurichoises. Enfin, avec ses sacs banane en bâche de bateau recyclée, l’entreprise BÂCH&CO est arrivée dans les huit premières équipes suisses au concours national.

L’équipe de Drink’eat lors du concours suisse en mai 2019. Photo : Lycée Jean-Piaget

Et après ?

Certains projets tels que Cook’easy et Drink’eat continuent au moins une année. Une fois leur cursus terminé, les équipes se dispersent et les chemins se séparent. L’expérience reste cependant très utile sur un C.V., à l’image de cette alumni YES du Lycée Jean Piaget qui a poursuivi sa formation à Saint-Gall et qui a été engagée par un employeur, lui aussi ex-participant YES.

Références

Young Enterprise Switzerland YES

YES du Lycée Jean Piaget à Neuchâtel

Sélectivité sociale: quand la formation aggrave les inégalités sociales

En Suisse, il est possible de prédire avec une grande précision les voies de formation suivies en se basant sur les ressources socioéconomiques, le niveau de formation des parents et le genre. Ce phénomène s’appelle la sélectivité sociale.

Mauvaise nouvelle ! Si vous pensiez que la formation augmente les chances sur le marché de l’emploi, le revenu, la situation personnelle et sociale ainsi que la mobilité, alors vous serez déçu-e ! Un récent rapport du Conseil suisse de la science (CSS) sur la sélectivité sociale [référence] nous apprend qu’il suffit de connaître la situation socioéconomique, le niveau de formation des parents et le genre pour prédire à l’avance et de manière précise le parcours de formation des individus.

Cela signifie que quelles que soient leurs aptitudes et leurs efforts, tous les citoyens ne sont pas égaux concernant l’accès à la formation, la réussite des études et l’obtention d’un diplôme. Les chances de réussite dépendent du niveau socioéconomique, de l’origine migratoire, du niveau de formation des parents et du genre. Ces facteurs, qui font partie de la donne de départ et ne dépendent en rien des individus eux-mêmes, ont des conséquences durables sur la vie professionnelle et la retraite.

Quels facteurs sont en jeu ?

La sélectivité sociale commence dès le plus jeune âge, avant même l’entrée dans le système de formation, et s’amplifie à chaque transition vers un niveau supérieur de formation. Elle se produit à tous les niveaux de formation et dans toutes les transitions.

Avec les mêmes aptitudes et motivations, les jeunes issus de milieux sociaux défavorisés choisiront les voies les moins exigeantes et les moins risquées, et délaisseront tendanciellement les études supérieures. Ils se décideront souvent pour une formation courte et bon marché en raison de la pression financière et des chances de réussite estimées plus faibles.

Les jeunes issus de la migration choisiront pour leur part plus facilement la maturité gymnasiale et les études universitaires en raison notamment du manque de connaissance des parents de la formation professionnelle et de la crainte de la discrimination sur le marché du travail en cas de faible niveau de qualification.

Un manque de places d’apprentissage est aussi à déplorer pour les jeunes issus de milieux défavorisés ou de la migration. C’est une forme de discrimination.

Les enfants de parents avec une formation académique ont 7 fois plus de chances d’aller au gymnase et 5 fois plus de chances de suivre une formation académique que ceux dont les parents ont un faible niveau de formation. Alors que les jeunes dont les parents ont un faible niveau de qualification ont plus de chances de suivre une formation professionnelle.

Constat d’échec cinglant

La sélectivité sociale a une incidence négative sur le parcours de formation individuel, le système de formation, l’économie, et la société. Le système de formation non seulement reproduit les inégalités sociales, mais les accentue. C’est un constat d’échec absolument dramatique !

La sélectivité sociale est en contradiction directe avec le principe d’égalité inscrit dans la Constitution fédérale. En effet, le système de formation devrait garantir une égalité des chances équitables lors du passage à un niveau supérieur de formation, indépendamment de l’origine et du statut socioéconomique des parents.

Or, il n’existe pas de politique sociale visant à éliminer les inégalités sociales en Suisse, que ce soit au plan fédéral ou au plan cantonal. L’efficience du système de formation suisse est clairement insuffisante.

Il est urgent d’agir !

Pour renverser cette tendance, il est impératif de provoquer une prise de conscience collective et rapide de l’ampleur du problème afin qu’il devienne une priorité politique. Chaque acteur doit se sentir responsable, faire sa propre analyse et assumer sa part du travail : la Confédération, les cantons, les partenaires sociaux, les partis politiques, les organisations du monde du travail, les entreprises formatrices, les institutions de formation, etc.

Un objectif politique d’égalité de chances doit être défini et ancré dans les bases légales, notamment, mais pas seulement, dans les lois qui régissent la formation. Comme l’argent est le nerf de la guerre, il faut se donner les moyens financiers pour atteindre cet objectif. L’égalité des chances doit devenir un thème prioritaire dans la préparation du prochain message Formation, Recherche et Innovation 2021-2024.

Recommandations du Conseil suisse de la science

Le CSS émet les recommandations suivantes :

  • Prendre des mesures contre la discrimination due à l’origine sociale et assurer la coordination entre la Confédération et les cantons ;
  • Intégrer l’objectif d’égalité des chances dans le Message FRI 2021-2024. Celle-ci devrait déjà être réalisée avant l’entrée dans le système de formation. Par conséquent, il faut encourager l’éducation de la petite enfance ;
  • Encourager de manière ciblée l’acquisition des langues chez les enfants socialement défavorisés ;
  • Sensibiliser les enseignants à la problématique de la sélectivité sociale ;
  • Examiner les procédures de sélection et les passages à un niveau de formation supérieur sous l’angle de la sélectivité sociale ;
  • Encourager l’égalité des chances via un soutien organisationnel (plateformes, réseaux) et des subventions ;
  • Encourager la recherche d’accompagnement de mesures visant à réduire la sélectivité sociale et effectuer un monitoring.

Le CSS propose également de réduire les coûts de formation (supprimer les taxes d’études) et informer intensivement sur la valeur de la formation supérieure pour les individus, la politique, l’économie et la société. Il propose aussi d’organiser des séances d’informations ciblées sur les jeunes des milieux défavorisés et prendre des mesures pour compenser les désavantages liés à l’origine sociale.

Références

Rapport sur la « Sélectivité sociale » rédigé par les experts Rolf Becker et Jürg Schoch sur mandat du Conseil suisse de la science (CSS). Publication en décembre 2018.

 

 

Nouvelle année, nouveaux défis ! Et si vous vous lanciez dans une formation continue ?

Nous voilà en 2019 ! Vous avez eu quelques jours de repos pour les fêtes de fin d’année et partagé de bons moments en famille ou avec des amis. Vous avez fait le bilan de l’année écoulée et pris des bonnes résolutions pour l’année à venir. Vous avez peut-être pris le temps de regarder votre parcours, d’observer les évolutions dans votre domaine, d’écouter les expériences de vos amis ou des membres de votre famille, de réfléchir à votre avenir professionnel. Vous vous dites qu’il serait opportun d’actualiser vos connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences pour faire face aux défis qui vous attendent.

Et si vous vous lanciez dans une formation continue ?

Voilà une bonne idée. Mais alors, vous vous demandez peut-être quelles sont les possibilités dans votre domaine professionnel ? Ou dans un autre domaine vers lequel vous aimeriez évoluer ? Combien coûte une formation continue ? Combien de temps elle dure ? Quelles sont les sources de financement possible ? Qu’est-ce qu’elle peut vous apporter ? Je vous propose d’explorer ensemble quelques-unes de ces questions plus que légitimes.

Kesako ? Définitions

Commençons par la base. Qu’est-ce qu’on appelle formation continue ? Voilà quelques définitions utiles pour se repérer. Vous pouvez aussi consulter le schéma du système éducatif suisse ici :

Système éducatif suisse, SEFRI

Formation formelle

On appelle formation formelle la formation réglementée par l’Etat qui est :

  1. au degré primaire et secondaire I : l’école obligatoire ;
  2. au degré secondaire II : la formation professionnelle initiale (CFC ou AFP), l’école de culture générale (certificat de culture générale), la maturité (gymnasiale, professionnelle ou spécialisée) ;
  3. au degré tertiaire : la formation professionnelle supérieure (brevet, maîtrise ou diplôme fédéral, diplôme d’école supérieure) ou la haute école (Bachelor, Master, Doctorat).
  4. diplôme constituant la condition à l’exercice d’une activité professionnelle réglementée par l’État, comme architecte, fiduciaire ou opticien; la liste des professions réglementées en Suisse se trouve ici.

Formation continue

La formation continue, aussi appelée formation non formelle, est la formation structurée en dehors de la formation formelle. La formation structurée est la formation dispensée notamment dans des cours organisés, basés sur des programmes d’enseignement et une relation enseignant-apprenant définie. Voici quelques exemples de formations continues : fiscalité des PME, Information and Communication Technologies, Marketing horloger, sécurité embarquée, systèmes de gestion d’entreprise, etc. Il existe diverses titres ou certificats dans la formation continue. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais regroupe quelques termes qui reviennent fréquemment :

  • CAS : Certificate of advanced studies
  • DAS : Diploma of advanced studies
  • MAS : Master of advanced studies
  • MBA : Master of business administration
  • MPA : Master of public administration
  • EPD ES : études postdiplôme pour diplômé-e-s d’école supérieure

Attention aux confusions ! Même si les titres ci-dessus contiennent le terme « Master » et que les formations y relatives sont parfois dispensées par une haute école, ils n’ont rien à voir avec le « Master » au sens du système de Bologne (Bachelor, Master, Doctorat). Un MAS, MBA ou MPA relèvent bel et bien de la formation continue et pas de la formation formelle.

Formation informelle

Enfin, la formation informelle regroupe les compétences acquises en dehors de la formation structurée, par exemple la gestion d’un budget en tant que trésorier-ère bénévole d’une association culturelle ou d’un club sportif.

La formation continue en Suisse, faits et chiffres

La formation continue en Suisse est très hétérogène et diversifiée. La Fédération suisse pour la formation continue (FSEA), est la fédération faîtière nationale qui s’engage pour la formation continue en Suisse. Elle donne une multitude d’informations utiles à ce sujet. L’éducation en Suisse – rapport 2018, publié en avril 2018 par le Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation (CSRE), contient également des analyses et des données scientifiques sur la formation continue. La formation continue y est décrite comme un apprentissage structuré en dehors de la formation formelle. Elle est dispensée dans un cadre organisé et ordonné, sur le lieu de travail ou hors de celui-ci. Elle se déroule sous forme de cours, de séminaires, d’ateliers ou de leçons particulières. Elle débouche sur des certificats, mais pas des titres formels. L’Office fédéral de la statistique (OFS) publie également des données sur la formation continue en Suisse.

Participation à la formation continue selon le niveau de formation, OFS

De nombreux prestataires, privés (80% des offres) et publics (20% des offres) opèrent sur ce marché considérable. Selon une estimation de 2014 (Schläfli/Sgier, 2014), le nombre total de prestataires de formation continue en Suisse est de l’ordre de 3’000 institutions. Le chiffre d’affaires réalisé en 2007 était déjà estimé à 5,3 milliards de francs, soit 1% du PIB suisse. En 2013, le PIB étant passé à 646,2 milliards, le chiffre d’affaires a certainement encore augmenté, dépassant probablement les 6 milliards. En 2016, la participation à au moins une formation continue est de 63% dans l’ensemble de la population suisse âgée de 15 à 75 ans selon l’OFS. La majeure partie des personnes suivent une formation continue pour des raisons purement professionnelles (33.6%). Le contenu concernait principalement les domaines «économie et travail» (30%), «science et technique» (20%) et «santé» (16%). La participation à la formation continue varie selon l’âge (76% pour les 25-34 ans contre 57% pour les 55-64 ans) et le niveau de formation (40% avec école obligatoire, 56% avec diplôme du secondaire II et 81% avec diplôme tertiaire). S’agissant de la durée, 46% des personnes ayant suivi une ou plusieurs formations continues y ont consacré au total plus de 40 heures.

Pourquoi suivre une formation continue ?

Outre l’envie de se former, la formation continue est utile pour au moins trois raisons selon l’éducation en Suisse – rapport 2018. Premièrement, elle permet aux personnes qui n’ont pas de formation après l’école obligatoire ou aux personnes d’origine migratoire qui sont arrivées tardivement en Suisse de combler leurs lacunes de formation. Cela favorise leur intégration sur le marché du travail. La deuxième raison est liée au fait que les compétences perdent leur valeur au fil du temps et qu’il est donc indispensable de les actualiser. La troisième raison provient des développements technologiques et économiques qui touchent toutes les personnes professionnellement actives. En effet, l’automatisation, la numérisation, l’industrie 4.0 impliquent des changements dans les métiers, les activités, les processus.

Où trouver les offres de formation continue ?

La FSEA propose un portail avec une liste, non exhaustive, des offres de formation continue.

Orientation.ch, le portail officiel suisse d’information de l’orientation professionnelle, universitaire et de carrière, propose également des informations sur la formation continue et un outil de recherche des offres.

La majeure partie des institutions de formation offre des formations continues directement sur leur propre site Internet.

Combien de temps dure une formation continue ?

Une formation continue a une durée variable. Elle peut aller de 2-3 heures pour un petit cours à 2-3 ans pour un programme structuré complet. La formation peut avoir lieu en cours d’emploi selon des horaires compatibles avec le travail (le soir ou le week-end). Selon L’éducation en Suisse – rapport 2018, la durée médiane de formation continue en 2016 est de 36 heures par an et varie selon le niveau de formation.

Combien coûte la formation continue ?

Là aussi, cela varie fortement selon le type de formation, sa durée, l’institution qui la propose, les formateurs qui la dispensent. Cela peut aller de 21.- francs de l’heure à 85’000.- francs pour le programme MBA de l’IMD à Lausanne, voire plus. Selon L’éducation en Suisse – rapport 2018, les participants à la formation continue dépensent eux-mêmes chaque année 700.- francs (valeur médiane) pour les cours de formation continue. La médiane des coûts d’une heure de formation continue est de 21.- francs.

Quelles sont les possibilités de financement ?

Employeur

Selon L’éducation en Suisse – rapport 2018, plus de 80% des entreprises suisses soutiennent la formation continue de leurs collaborateurs. Le soutien des entreprises associe souvent une contribution aux coûts et un allégement des heures de travail. Les entreprises sélectionnent généralement les collaborateurs qu’ils soutiennent en se fondant sur le degré de qualification, la situation dans la profession, la fonction et les performances potentielles. Par ailleurs, 90% des personnes qui suivent une formation continue professionnelle bénéficient d’un soutien de l’employeur.

État

La Confédération a lancé récemment une initiative pour soutenir l’acquisition des compétences de base sur la place de travail. Les compétences de base regroupent la lecture, l’écriture, les mathématiques et l’informatique. Les entreprises peuvent obtenir un soutien financier pour organiser des cours de formation continue portant sur les compétences de base pour leurs collaborateurs. Une base de données permet de retrouver les cours disponibles par domaine et canton de résidence. Les information sur cette initiative se trouvent ici.

Depuis 2017, les personnes qui suivent des cours pour se préparer à un examen de brevet ou de diplôme fédéral passé en 2018 ou après peuvent se faire rembourser 50% des coûts de formation après avoir passé l’examen (sans nécessairement le réussir) jusqu’à un montant maximal de 9’500.- francs pour un brevet et de 10’500.- francs pour un diplôme. Les informations y relatives se trouvent ici.

Fonds

Il existe différents types de fonds qui soutiennent la formation : fonds en faveur de la formation professionnelle, fonds de conventions collectives de travail (CCT) en faveur de la formation professionnelle (service CCT d’Unia), fonds cantonaux en faveur de la formation professionnelle dans les cantons de Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel, Tessin, Vaud, Valais et Zurich (exemple pour le canton de Vaud) ou fonds de branche (exemple pour la branche fiduciaire et immobilière).

Impôts

Enfin, les coûts de formation continue peuvent être déduits des impôts jusqu’à concurrence de 12’000.- par année et par personne depuis 2016.

C’est la rentrée ! Le système de formation vous paraît compliqué ? Décryptage !

Ca y est, c’est la rentrée ! Après quelques six semaines de vacances d’été, il est temps de se préparer à reprendre une vie « normale ». La rentrée scolaire s’accompagne souvent de nouveautés… nouvelle classe, nouvelle école, nouveaux copains, nouvel horaire, nouveaux enseignants, nouvelles matières, nouveau matériel, et j’en passe. Vous vous sentez parfois perdu-e face à toutes ces nouveautés ? Or, il paraît que notre système de formation est le meilleur au monde. De nombreuses délégations étrangères viennent le découvrir chaque année. Les Etats-Unis et la France prévoient même de s’en inspirer pour leurs propres réformes. Mais avez-vous déjà essayé de le déchiffrer ? En tant que parents, vous avez surement dû vous y mettre… C’est alors que vous vous êtes heurté à des termes aussi insolites que HarmoS, cycle 1, 2, 3, formation professionnelle initiale, brevet, diplôme, études postdiplômes, Bachelor, Master, doctorat, CAS, DAS, MAS, etc. Et vous vous êtes dit : suis-je le/la seul-e à ne pas connaître ce jargon ? Vais-je paraître ridicule si je pose la question ? Eh bien rassurez-vous ! Vous faites partie de l’immense majorité pour qui notre système de formation est un véritable casse-tête chinois, voire un rubik’s cube à 12 faces.

Schéma du système de formation

Voici une représentation du système suisse de formation proposée par le Centre suisse de services Formation professionnelle, orientation professionnelle, universitaire et de carrière (CSFO) : https://www.orientation.ch/dyn/show/2800.

Source image : orientation.ch consulté en juillet 2018

Cela pourrait faire peur de prime abord… Et si on essayait de le découvrir ensemble, pas à pas ? Je vous emmène ! Première escale de notre visite guidée : l’école obligatoire.

Harmonisation de la scolarité obligatoire

L’école obligatoire est sous la responsabilité des cantons. Dans notre système fédéraliste, c’est la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), http://www.edk.ch/dyn/11926.php, qui est chargée de coordonner l’école obligatoire.

Le terme « HarmoS », http://www.edk.ch/dyn/11737.php, représente l’accord intercantonal sur l’harmonisation de la scolarité obligatoire. Introduit par la CDIP en 2009, il définit l’âge d’entrée à l’école et la durée de la scolarité obligatoire, la durée et les objectifs des degrés scolaires, l’enseignement des langues ainsi que des horaires blocs et les structures de jour.

C’est clair ? Pas complètement… alors reprenons :

  • L’école obligatoire commence à 4 ans et se termine à 15 ans
  • La durée de la scolarité obligatoire est de 11 ans
  • Le degré primaire, qui inclut l’école enfantine, dure 8 ans, soit de 4 à 12 ans
  • Le degré secondaire I dure 3 ans, soit de 12 à 15 ans
  • Les 11 ans d’école obligatoire sont découpés en 3 cycles :
    • le cycle 1 va de 4 à 8 ans
    • le cycle 2 va de 8 à 12 ans
    • le cycle 3 va de 12 à 15 ans

Plan d’étude pour la Suisse romande et le Tessin

A la fin de chaque cycle (1, 2 ou 3), le niveau de l’élève est évalué par rapport aux objectifs définis dans le plan d’étude romand (PER). Ah, voilà un nouveau terme ! Le PER, https://www.plandetudes.ch/, définit les objectifs de l’enseignement et en particulier les attentes fondamentales de fin de cycle. Adopté en 2010 sous l’égide de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) http://www.ciip.ch/, le PER s’applique donc à tous les cantons romands plus le Tessin.

C’est un peu abstrait, je vous l’accorde. Alors voici deux exemples concrets de ce qu’un-e élève de 8 ans doit être capable de faire à la fin du cycle 1 :

  • L1 13-14 pour le français : l’élève repère les personnages et la suite des événements dans un récit entendu
  • MSN 13, domaine Mathématiques, opérations : à la fin du premier cycle (donc à 8 ans, en fin de 4e année), l’élève utilise des procédures de calcul réfléchi pour effectuer de manière efficace une addition de deux termes dont la somme est inférieure à 100 sans échanges unités-dizaine et une soustraction dont chaque terme est inférieur à 100 sans échanges dizaine-unités (12+65; 24+13; 30+20; 48–6; 53–20,…)

Vous voulez en savoir plus ? Alors vous pouvez consulter tous les domaines définis dans le PER ici https://www.plandetudes.ch/web/guest/PG2-domaines_disciplinaires :

  • Langues : le français comme langue de scolarisation (langue 1 = L1), l’allemand (L 2) et l’anglais (L 3) comme langues étrangères
  • Mathématiques et Sciences de la nature : les mathématiques, la modélisation, les phénomènes naturels et techniques, le corps humain, la diversité du vivant
  • Sciences humaines et sociales : l’histoire, la géographie et la citoyenneté
  • Arts : activités créatrices et manuelles, les arts visuels et la musique
  • Corps et mouvement : l’éducation physique (comprenant l’expression corporelle) et l’éducation nutritionnelle

Plan d’étude pour la Suisse alémanique

Nos voisins alémaniques ont également introduit un plan d’étude nommé Lehrplan21 (plan d’étude 21) sous l’égide de la Deutschschweizer Erziehungsdirektoren-Konferenz (D-EDK), c’est-à-dire la CDIP de la Suisse alémanique https://www.d-edk.ch/lehrplan-21 . Vous pouvez le consulter ici : https://www.lehrplan.ch/ .

Quelque chiffres

Selon l’Office fédéral de la statistique, il y avait 936 550 élèves à l’école obligatoire durant l’année scolaire 2016/2017 : https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/education-science/personnes-formation/ecole-obligatoire.html. Ils se répartissent en 48.5 % de filles et 51.5 % de garçons.

  • 18 % étaient à l’école enfantine (4 à 6 ans, cycle 1)
  • 52 % à l’école primaire (6 à 12 ans, cycle 1 sans l’école enfantine et cycle 2)
  • 26 % à l’école secondaire (12 à 15 ans, cycle 3)
  • Près de 3 % suivaient un programme d’enseignement spécial, destiné aux élèves qui ne sont pas capables de suivre le programme normal, y compris les classes pour élèves de langue étrangère

Prochaine escale ?

J’espère que cette première escale, consacrée à la scolarité obligatoire, vous a permis d’y voir un peu plus clair. Nous continuerons notre visite guidée lors d’un prochain article avec le degré secondaire II. Je me réjouis de vous y retrouver ! D’ici-là bonne rentrée à toutes les petites têtes blondes et leurs familles !

Jobs d’été, jobs de vacances, jobs d’étudiant… que faut-il savoir ?

Votre fils, votre nièce ou votre filleul va commencer son premier job d’été ? Comme pour de nombreux écoliers, gymnasiens et étudiants, ces petits boulots lui permettront de se faire un peu d’argent de poche, d’en mettre de côté pour les prochaines vacances, de payer son permis de conduire et, très souvent, de financer ses études. Vous aimeriez que cette première expérience de travail se passe au mieux ? Vous vous posez plein de questions et ne savez pas exactement comment l’aider ? Alors voici quelques aspects à prendre en considération.

A partir de quel âge peut-on travailler ?

On ne peut heureusement pas faire travailler les enfants à partir de n’importe quel âge. La loi sur le travail ne l’autorise qu’à partir de 15 ans, 13 ans pour les travaux légers, voire moins de 13 ans pour les manifestations sportives et culturelles, à des conditions spécifiques et sur autorisation d’une autorité cantonale. Dans tous les cas, les moins de 18 ans ont besoin de l’accord de leurs parents avant de signer un contrat de travail.

Dans quelles branches ?

Il est interdit d’employer les jeunes à des travaux dangereux et d’employer des jeunes au service de clients dans les entreprises de divertissement telles que les cabarets, boîtes de nuit, dancings, discothèques et bars. Il est également interdit d’employer des jeunes de moins de 16 ans au service de clients dans les hôtels, restaurants et cafés, sauf si c’est dans le cadre d’un apprentissage ou de l’orientation professionnelle.

Avec quels horaires ?

Le travail dominical n’est autorisé que pour les jeunes ayant achevé leur scolarité obligatoire, au maximum un dimanche sur deux et uniquement dans la restauration (où ne peuvent être employés que les plus de 16 ans), la garde d’animaux et les boulangeries. Dans les zones touristiques, le travail dominical est possible dans les entreprises répondant aux besoins des touristes pendant toute la durée des vacances d’été. Le soir, les moins de 16 ans ne peuvent être employés que jusqu’à 20h00, les 16 à 18 ans jusqu’à 22h00. Quant au travail de nuit, il est interdit aux moins de 18 ans en dehors d’une formation professionnelle.

Et quelle durée ?

La durée de travail des moins de 13 ans ne peut pas excéder trois heures par jour et neuf heures par semaine. Les jeunes de plus de 13 ans n’ayant pas terminé leur scolarité obligatoire peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour (40 heures par semaine) pendant la moitié de la durée des vacances scolaires, entre 6h00 et 18h00, avec une pause d’au moins une demi-heure pour toute plage de travail de 5 heures et plus. Pour tous les jeunes, la durée du travail ne dépassera pas celle des autres employés de l’entreprise (maximum 9 heures par jour) et leur travail doit être compris dans une période de 12 heures. Ils ont droit à un repos quotidien d’au moins 12 heures consécutives.

Pour quel salaire ?

À ce jour, il n’existe pas de salaire minimum légal en Suisse. L’employeur est obligé de respecter les conventions collectives de travail (CCT) et les contrats-type de travail (CTT). Pour les petits boulots de vacances les CCT de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du nettoyage, des entreprises du commerce de détail, du travail temporaire et de l’agriculture sont les plus importantes.

Recommandations salariales de l’Union syndicale suisse (USS)

L’USS recommande un salaire minimum de 22 francs de l’heure. La plupart des salaires minimums conventionnés sont accessibles sous www.service-cct.ch. S’il n’existe pas de CCT ou CTT fixant des salaires minimums, les employeurs sont tenus de respecter les salaires d’usage de la branche et de la région. Les salaires d’usage peuvent être consultés sur www.salaire-uss.ch.

Faut-il être assuré ?

Tous les travailleurs et travailleuses, quel que soit leur âge, doivent être obligatoirement assurés à l’assurance-accidents par leur employeur. S’ils travaillent moins de 8 heures par semaine chez le même employeur, cette assurance ne couvre que les accidents professionnels. En travaillant 8 heures par semaine et plus, tous les accidents sont couverts. En cas d’accident, l’employeur doit avertir les parents. Pour les rapports de travail de moins de 3 mois, il n’y a pas d’obligation de payer le salaire en cas de maladie. Les autres cotisations sociales (AVS/AI/APG) ne sont obligatoires qu’à partir de l’année où l’on atteint 18 ans. Si l’employeur ne paie pas ses cotisations, il s’agit de travail au noir et cela entraîne des sanctions.

Attention, danger !

Le risque d’accident de travail est très élevé lors du premier emploi, surtout pendant les premiers jours. Même si l’on est engagé pour une durée très courte, il faut donc particulièrement faire attention aux prescriptions de sécurité. Avant de commencer, il faudra être attentif aux instructions de l’employeur et les respecter scrupuleusement, même si elles paraissent de prime abord inutiles ou exagérées. En cas de danger ou de doute, il faut oser dire STOP et demander l’aide d’un collègue expérimenté car les accidents, parfois, ne pardonnent pas.

Et les vacances alors ?

Il ne faut pas oublier les vacances auxquelles chaque travailleur et chaque travailleuse a droit, même pour un job de vacances. Si le salaire est payé à l’heure, un supplément de salaire de 10,64 % pour les moins de 20 ans et de 8,33 % pour les plus de 20 ans doit être payé en plus du salaire. Ce supplément doit être mentionné explicitement sur le décompte de salaire.

Vous avez encore des questions ?

C’est normal ! Ce blog n’a pas la prétention de répondre à tout !

La Commission jeunesse de l’USS met à disposition des jeunes et de leurs proches une brochure contenant toutes les informations utiles sur le droit du travail. Celle-ci peut être consultée sur le site : www.jeunesse-syndicale.ch.

L’USS vous donne également des informations sur le travail, la formation et la jeunesse sur le site : www.uss.ch.

Enfin, pour les plus motivés, voici les bases légales :

Loi fédérale sur le travail dans l’industrie, l’artisanat et le commerce (LTr)

Ordonnance sur la protection des jeunes travailleurs (OLT 5)

Merci de votre lecture et plein succès et de plaisir aux jeunes pour leur job d’été !