Multimédia, vidéo, social, audience… 12 mois au sein du «lab» numérique du Temps

Après un printemps particulièrement chargé sur le front de l’actualité, ce mois de juin aura été un peu plus propice pour mettre de l’ordre dans les réalisations du «lab» numérique du Temps depuis un an. Et de jeter ainsi un œil dans le rétroviseur.

Voici donc une sélection des projets digitaux que Le Temps a réalisés ces 12 derniers mois: multimédia, vidéo, social… Tous ces projets ont été faits collectivement: l’équipe numérique du Temps, une douzaine de personnes (journalistes, développeurs, designeurs, vidéastes), accompagnent simplement leur réalisation, en s’appuyant sur le savoir-faire de l’ensemble de notre rédaction (reporters, iconographes, infographistes…). Qu’ils en soient ici remerciés.

NDLR: Cette petite présentation pêle-mêle a deux défauts. Le premier, c’est qu’elle ne tient pas compte du travail ordinaire (et parfois ingrat) qui fait le quotidien de notre petite équipe digitale (édition web, présence sociale, réponses aux lecteurs, maintenance et évolution technique…). La deuxième, c’est que cette sélection n’aborde pas les projets ratés: ceux-ci sont toujours les plus riches d’enseignements (et mériteraient à eux seuls un post de blog).

  Multimédia: chercher la mise en scène efficace

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Cette année, nous avons réalisé plusieurs dizaines de longs formats multimédia, mêlant photographie, vidéo, bande dessinée ou infographie. Nous avons essayé, pour chaque projet, d’avoir le souci de servir au mieux l’histoire que nous voulions mettre en scène, et de ne pas tomber dans la mise en scène «gadget».

La production de nos projets aura été facilitée par la mise sur pied l’an dernier de notre Toolbox, qui, grâce à des templates réutilisables, nous permet aujourd’hui d’être à la fois plus productifs et plus rapides, et de focaliser notre travail sur la pertinence éditoriale de nos réalisations.

Lire: Ne faisons pas de projets multimédia, construisons les outils pour les fabriquer!

Nos efforts ont été récompensés: en avril 2017, notre long format intitulé «Fioul lourd, le sang impur de la globalisation» a reçu le Swiss Press Award (le prix de référence en Suisse) du meilleur projet digital suisse de l’année: ci-dessous, la remise des prix (il s’agit du projet de la version “papier” du projet primé, 5m70).


«Fioul lourd, le sang impur de la globalisation» | Long-format | Essai de graphiques interactifs au scroll


«Quand la Chine skiera» | Long-format | Vidéos tournéee avec un drone.. qui a gelé avec le froid polaire


«Mossoul, la sanglante agonie de l’Etat islamique» | Long-format | Tournage à la GoPro


«Bol d’Or, une épopée technologique» | Long-format | Vidéo 360° à bord d’un voilier de course


«Comment le canton de Vaud s’est transformé» | Avant-après | Création d’un template maison


«2001-2016, la guerre perdue contre la terreur» | Récit photographique


«Le dernier coup de fil, par Chappatte» | Reportage BD interactif | Un projet mené avec l’Hebdo


 «La nouvelle scène musicale romande» | Jukebox | Inspiré d’un projet de la NPR


«Explorez les finances de votre caisse d’assurance maladie» | Datavisualisation


«L’Etat islamique, une histoire violente» | Timeline


 

  2  Vidéo: pour expliquer & raconter

 

Notre équipe vidéo est constituée de deux personnes, qui réalisent et accompagnent l’ensemble de la rédaction à la production de vidéos (tournage, montage, formation…). Cette année, nous avons systématisé la réalisation d’«explicateurs» en motion design, toujours très populaires auprès de notre audience. Pour nos reportages, nous avons essayé de ne pas singer la télévision et d’apporter à la fois une expertise et un regard différent de nos concurrents.


«Comment fonctionne WeChat, l’application chinoise à tout faire»


«Comment démonte-t-on une centrale nucléaire?»


«L’affaire Cahuzac en 2 minutes»


► «FIFA17: les footballeurs du Lausanne-Sport jouent face à eux-mêmes»


► «Mon instrument, ma voix et moi»


► «Incassable, la Casio G-Shock? Vraiment»


  3   Réseaux sociaux: à la rencontre de nos lecteurs

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Plutôt que la course au nombre de fans, nous essayons de faire de notre présence sociale un lieu d’échanges entre nos internautes et nos journalistes, afin de construire une communauté fidèle et engagée. En juin dernier, nous avons ainsi invité nos fans Facebook dans nos murs. Nous avons proposé cette année une dizaine de Facebook Live, pour échanger avec nos journalistes de retour de reportage ou des experts. Cette année, ce fut aussi la saison 2 de nos «Booktubes», ces petites vidéos sociales hebdomadaires où nos journalistes culturelles et nos internautes partagent leurs coups de cœur littéraires. Nous avons aussi expérimenté une forme de «télévision augmentée» en proposant à de jeunes militants suisses de commenter en direct le débat présidentiel français (photo: Barry Lopes). Notre communauté de blogueurs a aussi grandi.

Nous croyons à l’idée d’être utiles à nos lecteurs. Face à la vague de «fake news» qui a envahi nos comptes Facebook, nous avons réalisé une série de trois vidéos pédagogiques, articulées autour de conseils simples pour que nos lecteurs apprennent à vérifier la source d’une information ou la véracité d’une image.


«A la rencontre de nos fans Facebook»


«Facebook Live avec B. Piccard et A. Borschberg de Solar Impulse»


«Booktube, le goût des livres partagé»


«Comment vérifier l’information sur internet (trois vidéos)» 


«Télévision augmentée: de jeunes militants suisses commentent le débat français» 

 


  4  Audience: sortir de la dictature du «clic»

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Au sein de la rédaction du Temps, nous avons comme tous nos concurrents des outils d’analyse d’audience en temps réel, tels Charbeat, Google Analytics. Mais nous voulons aussi sortir de la dictature du «clic» comme unique indicateur de succès d’un article. Pour cela, nous avons lancé le développement d’un outil maison, dénommé Zombie.

Ce outil, actuellement en test en mode beta, nous permet deux choses:

1- Il assigne à chaque article publié sur notre site des indicateurs de qualité, non pas uniquement sur le nombre de clics générés, mais sur l’attention, le débat qu’il a généré, la durabilité dans le temps, son audience auprès de nos abonnés payants.

Toutes ces données nous permettent d’avoir une connaissance beaucoup plus fine du contenu nous proposons. Et nous permet d’avancer vers notre objectif: continuer à faire croître une audience fidèle et de qualité.

2- Zombie est aussi doté d’un algorithme capable de «fouiller» dans les archives du Temps pour en ressortir les pépites endormies. Nous avions d’ailleurs consacré un long post pour expliquer son fonctionnement (lien juste en-dessous).

Ce projet sera pleinement opérationnel à l’automne 2017.


«Avec Zombie, Le Temps veut redonner une seconde vie à ses meilleurs articles»

 


 

  5  Nouveaux formats pour nouvelles audiences

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Depuis un an, l’audience du Temps numérique a augmenté de près de 50%, selon Net Metrix (l’organisme certificateur). Mais nous sommes aussi conscients de la nécessité de rajeunir notre audience.

Sans renier notre identité, nous avons ainsi imaginé plusieurs formats adaptés, plus punchy, plus décalés, inspirés des codes Youtube.

Durant les élections américaines, nous avons co-produit une série vidéo intitulée «SO L.A».  Solal, un jeune Genevois de 14 ans, a suivi toute la campagne, portant sur l’élection de Trump son regard frais et décalé. Durant la présidentielle française, nous avons travaillé avec l’humoriste Thomas Wiesel sur un format de vidéo tout à la fois informatif et amusant.


«SO L.A, un jeune Genevois raconte l’élection de Donald Trump»


«Thomas Wiesel commente depuis sa cuisine l’élection française» 


«Comment les Youtubers rendent la science cool» 


  6  Améliorer notre site, refondre nos newsletters

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L’an dernier, nous avions lancé notre nouveau site. Cette année, nous avons basculé notre site en HTTPS, pour offrir une expérience de lecture plus sécurisée. Nous avons aussi amélioré l’accessibilité de notre site pour les personnes handicapées. Nous sommes donc très fiers d’avoir été classé comme le site média de Suisse le plus accessible par une étude de référence financée par la Confédération.

Un autre gros chantier du début 2017 aura été la refonte de nos newsletters. Nous avons voulu sortir de la logique des flux RSS automatisés  sans aucune hiérarchie et nous avons pensé chacune de ces huit infolettres comme autant de petits médias en eux-mêmes. Les taux d’ouverture s’échelonnent aujourd’hui entre 30% et 65%. Pour simplifier le workflow, nous avons développé notre propre module Drupal (voir la vidéo ci-dessous), très pratique à l’usage.


«Toutes nos newsletters»



«Comment Le Temps a basculé son site en HTTPS»


«Étude Accessibility 2016 en Suisse» 


 

  7  Un hackathon pour valoriser nos archives

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L’année dernière, Le Temps avait ouvert ses 200 ans d’archives et lancé son site «Le Temps Archives», grâce au savoir-faire de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de la Bibliothèque nationale suisse (BNS), en créant une fondation ad hoc à but non lucratif.

En juin 2016, nous avons organisé un grand hackathon avec des historiens, des développeurs, des experts en analyse sémantiques et des journalistes. Plusieurs prototypes ont pu être mis sur pied durant ces deux jours, comme ce robot twitter publicitaire: ou le projet FlashBack, capable de faire le lien entre un reportage actuel et une archive parlant du même sujet (exemple ci-dessous).


«Nous leur avons demandé de hacker nos archives. Voici leurs projets» 


 

  8  Femmes expertes: un (tout petit) pas en avant

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Lors de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons réalisé une édition spéciale entièrement rédigée par des expertes de toute la Suisse. A cette occasion, l’une de nos journalistes, aidée par une chercheurs en analyse sémantique de l’EFPL, a épluché 18 années de pages «Opinions débats» du Temps, pour connaître la part des femmes dans ces dites pages. Au vu du résultat, nous n’avons pas de quoi être fiers: seulement 15% des tribunes ont été écrites par des femmes, malgré un très léger mieux depuis quelques années.

Sans que ce soit évidemment la solution miracle, nous avons mis en place une base de données collaborative et ouverte à tous en Suisse romande, comprenant près de 400 expertes de leur domaine.


 Base de données: trouvez votre experte en Suisse romande


«Les femmes sont les grandes absentes des pages «Opinion et débat» du Temps» 


 

  9   Partager notre code et nos pratiques

 

Nous aurions aimé le faire davantage ici-même, mais nous essayons dès que nous avons un peu de temps, de partager nos expériences via ce blog ou sur les réseaux sociaux.

Outre nos bonnes (et mauvaises) pratiques, nous partageons aussi une partie de notre code. Cette année, nous avons «ouvert» notre boîte à outils, désormais librement accessible sur Github et réutilisables par d’autres rédactions.


«Notre blog Making-of» 


«Le code de nos projets sur notre compte Github» 


«Notre boîte à outils open source» 


 

Jean Abbiateci

Jean Abbiateci

Rédacteur en chef adjoint au Temps. Journaliste couteau suisse (mots, images, data, code...)

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