Les clips de campagne en Suède

Passage dorénavant obligé, les clips de campagne sont utilisés dans toutes les élections. Courtes ou longues, intimes ou générales, peu importe le format des vidéos, le but est identique : transmettre une émotion et espérer des suffrages. Les suédois ont renouvelé les 349 membres du Kiksdag, parlement monocaméral, ainsi que leur parlement municipaux et régionaux ce 9 septembre lors d’élections législatives. Tour d’horizon des clips officiels durant cette campagne politique.

“Ce que je veux ?” des Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti (28.4%)

Stefan Löfven, premier secrétaire et candidat du Parti social-démocrate (et accessoirement Premier ministre) se retrouve devant un kiosque de quartier où le vendeur lui demande ce qu’il veut. Au lieu d’une réponse attendue, l’homme politique répond par une tirade de fond. S’ensuit un monologue de 30 secondes avec les grandes lignes de son programme politique. Sécurité, santé, service public, formation, emploi, éducation, tout y passe dans une mise en scène léchée et active. L’élu passe d’un hôpital à une voiture de police pour finir dans un préau d’école en détaillant son programme: “Voilà ce que je veux. Et vous?” 


“Notre chef de parti en fait partie” des Moderaterna (19.8%)

Les suédois sont très nombreux à prendre cette élection au sérieux. Mais certainement pas autant que Ulf Kristersson. Le patron des Modérés est mis en scène dans des situations de tous les jours, fête de famille, running, jardinage, etc. On se rend compte assez vite qu’il n’a qu’un sujet de discussion à la bouche, la politique. Il en discute tout le temps et avec tout le monde, à ses voisins aux policiers qui patrouillent dans sa rue, et surtout à sa famille, quitte à quelque peu fatiguer ses proches. 

 


“Le clip anti-migrants” des Sverigedemokraterna (17.6%)

Le clip des Démocrates de Suède (ndlr. le parti politique suédois nationaliste et anti-immigration d’extrême droite) s’inscrit dans leur tendance anti-migrants. Un plan fixe sur une femme, des phrases chocs, des slogans creux, et une punchline pour la fin : « Il n’y a qu’un seul parti pour lequel voter, ce sont les démocrates de Suède. »

 


“La Suède est fantastique” des Centerpartiet (8.6%)

Le parti du Centre d’Annie Lööf a préparé un clip très travaillé où un vent continu durant la vidéo symbolise la difficile et longue tempête que traverse le pays et qui risque de le diviser. Dans ce vent de xénophobie et d’inquiétude, la présidente du parti rappelle la nécessité de rester intransigeant. « Peu importe la force du vent, nous ne bougerons pas. Au lieu de cela, nous continuerons à avancer avec fermeté ». Pendant qu’une bourrasque qui emporte des feuilles dans un bureau symbolise la bureaucratie qui empêche d’embaucher, une femme enceinte cheveux aux vents et perdue en pleine campagne dans son taxi incarne l’absence de service public dans certaines parties du pays.


“L’ultra personnification” des Kristdemokraterna (6.4%)

Pendant une minute trente, Ebba Busch Thor, présidente des Chrétiens-démocrates, apparaît dans de nombreuses situations de vie. On la voit courir et serrer des mains mais surtout avec ses deux enfants subtilement mis en scène dans le jardin familial. Sa voix en off témoigne de son vécu et explique que son engagement a débuté à 17 ans quand elle a vu comment son grand-père était traité par le service de soin à domicile. Cette expérience l’a tellement bouleversée qu’elle a décidé de s’engager en politique.


Les pourcentages représentent le score des partis aux élections législatives suédoises de 2018 au Rikstag.

Julien Rilliet

Julien Rilliet

Ayant été au centre de diverses campagnes nationales et après avoir été le chargé de campagne du parti socialiste vaudois, Julien Rilliet s’est spécialisé dans la communication politique. Désormais à la tête de sa propre entreprise de consulting, il porte un regard amusé sur la politique d'ici et d'ailleurs et la façon dont ses principaux acteurs tentent de la réinventer.

11 réponses à “Les clips de campagne en Suède

  1. Bonjour!
    Merci pour cet article, j’ai toujours du plaisir à vous lire. Pourquoi ne parlez-vous pas des vidéos du parti de gauche et des Libéraux ?
    Salutations

  2. Bonjour,

    les norvégiens doivent beaucoup apprécier votre carte géographique concernant les élections suédoises…

    Après la non-figuration du Kosovo dans les manuels scolaires, les suisses seraient-il définitivement brouillés avec la géographique européenne ?
    Cordialement,

    1. Bonjour Alexandre,

      Décidément, il semblerait qu’on ait effectivement un problème avec la géographie. Merci pour votre lecture attentive, la photo a été modifiée depuis.

      Bien à vous,

      [Correction: la photo de couverture en question représentait une carte de la Norvège et de la Suède aux couleurs suédoises. Mes excuses aux concernés.]

  3. Le clip du parti des démocrates de Suède, anti-immigration, est peut-être complètement nul, mais le slogan est imbattable. « Il n’y a qu’un seul parti pour lequel voter, ce sont les démocrates de Suède. » En effet le seul problème vital, existentiel, dans ce pays est celui de l’immigration. Un véritable génocide le population suédoise blonde aux yeux bleus est en cours par remplacement de population en faveur de pseudo réfugiés prédateurs. Pourquoi en Suède le phénomène est-il encore plus dramatique qu’ailleurs? On ne sait pas. Peut-être pour des raisons apparentées à celles qui ont causé l’assasinat d’Olof Palme. Punition pour la politique étrangère de ce pays. ll y aussi haine de la race blanche dolichocéphale blonde en général. Le pire est que la Suède a été tellement anesthésiée depuis des générations par le bourrage de crâne antiraciste de gauche, que ce peuple est sans défense, livré pieds et poings liés aux couteaux des égorgeurs, et si quelqu’un ose se plaindre c’est immédiatement la stigmatisation et la censure politiquement correcte. Quand un peuple est menacé de mort, soit il meurt, soit il réagit et se défend. Comme le seul parti qui ose braver l’interdiction de parler du problème numéro un est ce petit parti aux origines nazillones, mécaniquement, il n’y a pas d’alternative: c’est pour ce parti que doivent voter toutes les Suédoises et tous les Suédois qui n’acceptent pas la mort de leur peuple. Et c’est pourquoi ce slogan met dans le mille. En effet, il est impossible de voter pour un autre parti puisque tous les autres partis sont tellement tétanisés par la crainte de violer les tabous qu’ils consentent au génocide du peuple suédois. C’aurait été mieux si des partis modérés de centre gauche et centre droite avaient défendu le droit à l’existence du peuple suédois, mais comme aucun ne le fait il n’y a pas d’autre choix. D’ailleurs la preuve: ce parti a cartonné aux élections malgré l’indignation de la bienpensance universelle. CQFD.

  4. N’oubliez pas la phrase suivante qui met tout le propos en perspective:

    “C’aurait été mieux si des partis modérés de centre gauche ou centre droite avaient défendu le droit à l’existence du peuple suédois, mais comme aucun ne l’a fait il n’y a pas d’autre choix.”

    Et vous, consentez-vous à ce que le groupe ethnique auquel vous appartenez devienne minoritaire dans son propre pays? Je vous pose la question. Elle n’est pas académique. Elle se pose vraiment. Dans tous les pays européens, en Suède de manière encore plus aigüe, mais ce n’est qu’une question de temps et nous en serons au même point en Suisse.

    Ceux qui ont ouvert les vannes de l’immigration massive sont des criminels qui portent la responsabilité du sang qui coulera dans les futures guerres ethniques, qui ont d’ailleurs déjà commencé comme en attestent tant d’émeutes sanglantes qui se sont déjà produites. Notamment au Royaume Uni et en Suède.

    Enoch Powell avait raison. C’était un prophète. On aurait du l’écouter.

    1. L’intégration apporte de la richesse au sens large à toutes les sociétés. Là où ce modèle a failli, ils ont tenté l’assimilation et non l’intégration. Une intégration réussie, peu importe le lieu, n’est ni anesthésiante ni source de guerre. Et soyez sérieux, jetez un œil aux statistiques et votre argumentation sur une future minorité en devenir tombe de lui même.
      P.S.: Rassurez-moi, Powell c’était pas l’homme qui a dit “si tu veux que ton voisin soit nègre, vote travailliste”, n’est-ce pas ? Sur ce, je vous laisse dans votre triste rêve de murs autour de votre pays.

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