Londres : Balade en forêt

Pour vivre pleinement l’expérience de ce qui va suivre, je vous demanderai d’écouter pendant la lecture le somptueux album de Ludovico Einaudi : Una mattina

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Vous êtes-vous déjà retrouvé au pied d’un gratte-ciel, le regard tourné vers le ciel, à la fois fasciné et intrigué par l’imposante structure de verre et d’acier qui se dressait devant vous ? Impossible de la quitter des yeux, comme happé par l’incroyable charme impérial des centaines de mètres de béton occupant la majeure partie de votre champ de vision ? Une sensation de vertige mêlée à une envie pressante d’y grimper s’empare de vous, vous marchez maladroitement le long d’un de ses murs en en oubliant la raison même de votre présence à son pied, quand vlan ! Un passant vous rentre dedans vous heurtant l’épaule droite. Vous perdez le contrôle de votre Caramel Macchiato qui repeint le blanc étincelant de votre chemise tout juste sortie du pressing, c’est le dur retour à la réalité. Vous repartez d’un pas ferme, le regard dans les chaussettes, agacé de vous être laissé distraire par le monstre de béton et honteux de l’avoir été en public. Votre regard ne quitte plus le sol, analyse les rainures des pavés, puis – en suivant l’une de ces dernières – se pose sur une magnifique paroi de verre qui se dresse devant vous. Votre visage se relève timidement, de plus en plus haut, vous constatez avec stupéfaction que vous êtes à nouveau au pied d’une méga structure. Vous vous remettez à divaguer, la tête de retour dans les nuages. C’est en tout cas l’histoire que la plupart des travailleurs de la City londonienne vous expliqueront en vous narrant leurs premières semaines en ses murs. Que l’on approuve ou non ces manifestations directes des tendances d’urbanisation massive, elles ont sur nous l’effet hypnotique des clairières de Sequoias géants de Californie. Qu’elles soient de béton, de verre ou d’acier, les parois des tours de la City forment en son cœur une magique forêt urbaine. Laissez-moi – par les quelques lignes qui vont suivre – vous emmener faire une balade entre les arbres qui la composent.

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Sortie du métro à Liverpool Street Station. Vous regardez autour de vous, envahi mais enivré par la scène de fourmilière qui se déroule devant vous. 66 millions de passagers ont emprunté cette station l’année dernière. Ils pourraient tous y être en ce moment que ça ne vous étonnerait peut-être pas. Oyster Card à peine remise en poche, vous vous lancez dans le travail d’hercule de traverser la foule. Vous accélérez, décidé à atteindre la sortie sud dont vous apercevez au loin le halo de lumière, quand d’un coup vous vous stoppez net. Vous avez manqué de renverser la poussette de jumeaux d’une maman indienne manifestement plus décidée que vous à arriver à destination. Elle passe, exaspérée. Vous repartez, toujours décidé mais cette fois plus prudent. « Put your skates on, kid ! », s’exclame une blonde en talons et tailleur vous dépassant énergiquement. Les règles du jeu sont posées, vous n’avez pas intérêt à être dernier. Le torse bombé, les épaules solides, vous arrivez finalement fièrement à bon port. Vous vous hissez dehors. La transpiration qui remplit encore les pores de votre visage se heurte à la froideur du vent s’engouffrant entre les immeubles. Vous renfilez le long manteau que vous aviez ôté plus tôt, dire que vous aviez hésité à l’emporter. Vos cheveux que vous aviez soigneusement plaqués en arrière avant de quitter votre domicile vous donnent maintenant des airs d’Albert Einstein. La balade commence, il est 11h15.

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Quelques mètres sur votre droite, Broadgate Circle. Vous entendez à travers le brouhaha des passants des bruits de frottement. Comme celui de la plume en métal d’un graveur de pierre qui apposerait tout en finesse sa signature au pied de son œuvre. Curieux, vous vous approchez, les bruits deviennent de plus en plus nets et denses. Comme si le graveur n’était pas seul et que tous ses collègues réalisaient la même action en même temps avec un léger décalage. Une fois le mur sud de l’arène dépassé, vous en apercevez le cœur. Ce ne sont pas des graveurs mais des dizaines de patineurs venus profiter de la patinoire éphémère installée pour l’hiver. Quelle bonne idée. Vous lancez une pièce d’une livre sterling dans le grand bol, vous saisissez d’une paire de patins et vous rendez aussi vite que possible au centre du cercle de glace. Tournoyant béatement sur vous-même, les yeux scrutant les alentours, vous constatez que la patinoire est encerclée d’immeubles géants. Face à vous, le flambant neuf numéro 5 Broadgate, de MAKE Architects. Une splendide structure de 70 mètres en alu brossé d’un style architectural rarement observé. À la fois massif et transparent, il se fond parfaitement dans le paysage. Sur le toit, un logo rouge en trois lettres vous rappelle la maison. Vous vous dites que les employés londoniens d’UBS ont tout de même de la chance. Comme les falaises de Margaret River sur la côte ouest australienne se jetant dans l’Océan Indien, la hauteur des bâtiments vous fait perdre l’équilibre. Fesses contre glace, vous tentez de reprendre vos esprits. Au loin, à travers les jambes des Philippe Candeloro en devenir, la rue vous appelle. Vous déposez vos patins, remettez vos chaussures et repartez en vadrouille, la coupe de cheveux toujours pas arrangée.

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Vous filez tout droit pour rejoindre Eldon Street, Blomfield Street, puis l’impressionnante avenue London Wall. Deutsche Bank en face de vous, vous jetez un regard à droite sur Moorgate. Vous y apercevez, derrière un vieux pub résistant, le tout nouveau développement de Brookfield et Multiplex, London Wall Place, presque terminé, ainsi que la géométriquement ingénieuse façade de One Coleman Street dessinée par David Walker, érigée en 2012. Mais l’envie vous prend plutôt de tourner à gauche. 200 mètres devant vous, un gratte-ciel. C’est officiellement la tour la plus haute que vous avez vue depuis le début de votre balade : Heron Tower. L’odeur des pots d’échappement aidant certainement, vous rêvez de monter au sommet, de vous envoler, d’observer de haut ce que vous vivez depuis déjà 50 minutes. Vous repérez l’entrée et vous-y faufilez. Devant les ascenseurs qui montent à toute vitesse le long des 202 mètres de la façade, une pancarte affiche la description suivante : « Sushi Samba, restaurant, 38th floor. ». Plus une minute à perdre, vous devez vous-y rendre. Depuis là-haut vous serez capable de prendre le recul dont vous avez tant besoin. Et puis il est midi passé, c’est le moment de manger. Vous mettez un pied devant l’autre et vous dirigez en direction de l’ascenseur. Presque dedans, une main se pose sur votre torse, vous empêchant d’aller plus loin :

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   – Any reservation ? vous demande un homme en costume chic.

   – Hum, hum.. Yes euh… hum… I have…, lui répondez-vous très clairement.

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Bien conscient de votre manque de crédibilité, vous rebroussez chemin. La pancarte affiche un autre logo, celui d’Open Table. Sachant que c’est celui d’une application smartphone vous permettant de réserver des tables en ligne, vous dégainez votre téléphone et parvenez par miracle à réserver une place au coin du bar. Le videur ayant compris ce que vous maniganciez, vous n’avez qu’à lui montrer votre écran. Sans même vous arrêter, vous entrez dans l’ascenseur avec un air de vainqueur. La capsule démarre. Ses parois entièrement vitrées promettent une ascension fabuleuse. Vous décollez. Les toits des immeubles voisins se rapprochent de votre ligne d’horizon, vous les dépassez. Vous vous sentez comme un de ces drones s’élevant à des centaines de mètres d’altitude sans perdre la moindre stabilité. Vous voyez maintenant toute la ville. C’est fantastique. Grace aux limitations du London Views Management Framework signé en 1991 garantissant la vue de la Cathédrale Saint-Paul depuis 8 endroits stratégiques autour de Londres, vous avez une vue transversale imprenable sur la capitale britannique. Maintenant confortablement installé dans votre siège en bordure de baie-vitrée, vous dégustez des sushis au bœuf de Kobe en vous imaginant voler entre les gratte-ciels.

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Le temps d’un rapide aller-retour aux toilettes, la ville s’est entièrement recouverte d’une épaisse couche de brume d’un blanc immaculé. C’est à couper le souffle. Vous êtes en-dessus d’une mer de coton. N’en dépassent que les quelques bâtisses de plus de 100 mètres de haut. Elles forment entre elles une espèce de famille. Celle de ceux qui de temps à autres vivent ce moment magique de flotter au-dessus des nuages. Vous vous rendez compte que le diplodocus sur la tête duquel vous êtes assis a des frères et sœurs. L’aînée s’appelle Tower 42, elle a maintenant 37 ans. Son style démodé en fait sans aucun doute la plus vieille. Elle vous fait face depuis le sud-ouest, regardant sa sœur avec nostalgie de ses belles années. Qu’est-ce qu’elle était belle, quand tout juste inaugurée par la reine Elizabeth II en 1980, elle dominait la ville. Un peu plus à gauche, de l’autre côté de Bishopsgate, le cadet : The Leadenhall Building. Bien que probablement architecturalement le plus courageux et le plus réussi, les locaux lui ont donné un surnom légèrement moins raffiné : The Cheesegrater (la râpe à fromage). Il faut avouer que ses traits originaux pensés par le cabinet Richard Stirk Harbour + Partners – qui en occupent le 14ème étage – a des airs de famille avec l’ustensile de cuisine. Cela n’en fait cependant pas moins une franche réussite. Dépasse aussi de la brume, le haut du célèbre Gherkin (Le Cornichon) – qui abrite également quelques compatriotes puisque siège de l’assureur Swiss Re. Ma foi, s’ils avaient voulu donner leur nom à la tour, ils n’avaient qu’à pas lui donner des allures de légume. Leurs voisins l’ont d’ailleurs mieux compris en faisant construire la Aviva Tower en forme de simple cube allongé noir. Sur la droite de Tower 42, vous apercevez un dôme majestueux. C’est celui de la Cathédrale anglicane de Saint-Paul, reconstruite après les dégâts du Great Fire of London. En septembre 1666, pendant 4 nuits, un incendie parti d’une petite boulangerie a ravagé la City, détruisant sur son passage 13’200 maisons, 87 églises et jetant 70’000 de ses 80’000 habitants dans la rue. En admirant le paysage depuis votre tour de verre, l’expression « renaître de ses cendres » a soudain pour vous une signification particulière. En scannant l’horizon, vous vous rendez compte de la multitude de tours pas encore mentionnées : 99 Bishopsgate de GMW Architects, Broadgate Tower, The Willis Building, 20 Fenchurch Street (Walkie-Talkie Tower) et bien sûr The Shard – la plus haute tour d’Europe avec ses 309 mètres – du célèbre architecte italien Renzo Piano. À travers la brume qui se dissipe peu à peu, vous apercevez maintenant le London Eye, puis juste derrière le mythique Globe de Shakespeare, la Tate Modern, cette ancienne usine ré-imaginée en musée par les Suisses Herzog & de Meuron.

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Pensif, admiratif, vous reculez votre buste pour vous appuyer sur le dossier de votre siège. Quelle ville, quelle densité, quel grouillement de population, et surtout quelles infrastructures ! Vous venez de lire dans le journal Evening Standard que TFL (Transport for London) a achevé 75% de Crossrail. Ce nouveau réseau de transport accueillera la nouvelle ligne de métro Elizabeth. Elle reliera dès 2018 la périphérie ouest de la ville (Reading) à celle de l’est (Shenfield) en la traversant la City en plein centre. Presque £15 milliards d’investissements (CHF 18.6 milliards), 10 nouvelles stations, 42km de nouveaux tunnels pour transporter 200 millions de passagers par année. Brexit ? Je ne vois pas de quoi vous parlez. Les nuages s’étant maintenant complètement dissipés, la rue vous fait à nouveau de l’œil. Bip ! C’est payé, vous redescendez le long du cou du monstre herbivore et vous remettez en chemin.

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Une fois dehors, vous prenez à gauche sur Bishopsgate. L’artère est gigantesque. Elle descend vers le sud jusqu’à Monument. Encore plus stupéfiant, les grues des chantiers qui occupent toute sa longueur. Juste sur votre gauche, la future 100 Bishopsgate. Un bloc de verre avec deux pans inclinés depuis la mi-hauteur, comme pour mieux le faire communiquer avec la rue. Vous vous activez pour arriver à prendre le métro à la station Bank avant la sortie des bureaux, sans oublier de jeter un rapide coup d’œil à la Bank of England, légèrement sous pression depuis le 23 juin dernier. Vous laissez donc le numéro 100 derrière vous pensant que la petite dernière allait déjà avoir de la peine à se faire une place dans la famille, quand vous tombez face au chantier de 22 Bishopsgate. Un écran incrusté dans la barrière de chantier vous narre ce qu’il va advenir de ce petit bout de terrain. La tour imaginée par le bureau PLP Architects de Lee Polisano mesurera en 2019, 278 mètres sur 62 étages, ce qui en fera pendant un moment la plus haute tour de la City. Il aurait été amusant de construire sur le toit une antenne de 32.1 mètres pour narguer Sellar Property Group et leur prestigieux Shard, mais les règles de la Civil Aviation Authority ont coupé court au débat. Quel chantier tout de même. Des centaines d’ouvriers coulent du béton, plantent des tiges d’acier, soulèvent des tonnes de matériaux à l’aide des 5 grues du chantier et s’œuvrent à faire de cette tour une réussite. À quelques mètres, vous apercevez un jeune homme en milieu de vingtaine donnant des instructions à un petit groupe d’ouvriers. Il se tourne vers vous, il a l’air sympa avec ses petites lunettes rondes, ses poignées d’amour de la même forme et sa chemise blanche pleine de café. Vous le saluez, comme si vous le connaissiez, puis vous tracez chemin. C’était moi. Coucou.

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Bon et puisque nous sommes déjà en train de discuter, laissez-moi vous expliquer en deux mots les autres fabuleux chantiers qu’attend le quartier. Juste derrière, le numéro 1 Undershaft de Eric Parry. Une fois construit, il nous piquera notre record. Ensuite, si vous prenez à gauche sur Leadenhall Street, vous allez tomber sur l’entrée du Cheesegrater. Continuez un peu et sur la droite, vous apercevrez le chantier de 52 Lime Street, déjà surnommé The Scalpel par le Financial Times de par sa forme tranchante. Il devrait être terminé cette année. Quelques mètres plus loin au numéro 40 Leadenhall Street, les autorités viennent d’accepter une proposition de Henderson Global Investors de construire 135’000m2 de bureau sur 34 étages. Prenez à gauche sur St Mary Axe et vous y apercevrez ce que les londoniens ont déjà surnommé le Can of Ham, en référence à la célèbre boite de jambon en conserve DAK qui lui ressemble drôlement. Si vous aviez pris deux fois à gauche en sortant du métro ce matin, vous seriez tombé sur Principal Tower, une tour résidentielle de 163 mètres qui abritera 298 appartements dès la fin de l’année. Le quartier est en train de vivre une expansion hors du commun et le paysage que vous voyez aujourd’hui, même si tant différent de celui d’il y a 20 ans, sera encore autre chose demain.

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Il y a bien sûr des inquiétudes liées à une potentielle sur-offre du marché immobilier, en particulier au centre de Londres. L’issue des négociations avec l’Union Européenne est inévitablement au cœur de celles-ci et la campagne A Global Britain de Theresa May ainsi que le London is Open de Sadiq Khan auraient en effet bon goût de porter leurs fruits. Mais par dessus tout, ces décisions d’investissement sont la preuve d’une confiance. Une confiance en l’avenir de la Grande Bretagne et de sa capitale. Une confiance dans sa capacité à innover et accueillir. Il y a un dicton célèbre qui dit « Dress for the job you want ». Si la situation politique du pays devait tourner au vinaigre, la capitale financière Européenne aura en tout cas le mérite de l’avoir pris au pied de la lettre.

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Vous arrivez vers la fin de Bishopsgate. Vous tournez la tête une dernière fois pour faire le bilan de tout ce que vous avez vu aujourd’hui. Quelque chose gigote sur la paroi de Tower 42. Qu’est-ce donc ? Un câble relie la créature au sommet de l’immeuble. Vous plissez légèrement les yeux et l’horizon devient moins flou. C’est un laveur de vitre qui se démène pour tenter de redonner un peu de fraicheur à la façade. Le courageux est suspendu à 160 mètres au-dessus du sol. Connaissant maintenant les ragots familiaux, cela vous fait sourire. Serait-elle en train de se refaire une beauté pour se préparer à l’arrivée des nouveaux nés ? Certainement. Et au vu de ce qui arrive, le laveur peut continuer d’astiquer. Vous retournez la tête, il est 16h30 et vous arrivez au terme de votre randonnée. Vous comprenez les réticents qui diront que le verre et le béton dénaturent une cité. La hauteur des gratte-ciels fait sortir de l’échelle humaine d’un quartier, ce qui lui fait perdre de son charme et de sa convivialité. Tout cela, vous l’entendez, et quelque part vous agréez. Mais ce que vous venez de vivre ces quelques dernières heures en vous baladant à travers les arbres de la forêt londonienne, vous n’êtes pas prêt de l’oublier. Enthousiaste, vous décidez de vous arrêter dans un Prêt à Manger pour y prendre un café. À l’emporter. Fort de votre expérience de londonien maintenant initié et de la tâche de café sur la chemise de l’empoté que vous venez de croiser, vous vous en faites la promesse : ce café, vous n’allez pas le renverser.

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J.G.

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Julien Grange

Julien Grange

Julien Grange a fait ses études d’économie entre HEC Lausanne et la Stern School of Business de NYU, New York. Il vit aujourd’hui à Londres et travaille pour une entreprise active dans le développement et le financement de projets immobiliers en Europe. Il se passionne pour le devenir du monde et celui de ses habitants. En tête de sa liste pour le Père Noël chaque année : une boule de crystal. Elle n'est pas encore arrivée, mais elle ne saurait tarder.

3 réponses à “Londres : Balade en forêt

  1. Merci Cher Julien,
    C’est une belle ballade londonienne que tu nous offres là.
    Je suis parti avec un café dans une main et “una matina” de Einaudi dans les oreilles, déambuler tranquillement avec toi, s’appuyer sur les vitrines pour lever le nez et observer les cimes arbres.
    Il ne me manquait que le bruissement des feuilles mortes sous les pieds…
    A bientôt

    1. Je te remercie pour ce joli commentaire Roland! J’espère que tu vas bien, ça me ferait plaisir de te croiser avant l’avant! Je t’embrasse, Jul.

  2. Je viens de tomber sur ton article : Comme c’est bien présenté. Je suis un peu perdu dans cet amoncellement de gratte ciels, et il faudrait être sur place pour croire que c’est une réalité!
    Bravo , cher guide, et à +

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