« Smart City » est le nouveau mot clé de la réussite des multinationales

Alors que le World Economic Forum débat cette semaine de la 4ème révolution industrielle, il paraît judicieux d’aborder aujourd’hui le thème des villes intelligentes.

Visa, Audi, AT&T, Cisco, GE, ont toutes un programme dédié aux « smart cities ». On en dirait presque une mode. Plus qu’une mode, les populations se rendent compte de la puissance des nouvelles technologies et de l’impact qu’elles peuvent avoir sur l’environnement urbain.

« Les multinationales ont souvent beaucoup de clients, mais pas autant qu’une ville. » a finement expliqué Ralph de la Vega, de chez AT&T.

Que ce soit par ses déchets, ses moyens de transport, sa consommation d’eau et de nourriture ou son utilisation d’énergie, chaque citoyen interagit avec son environnement urbain absolument tous les jours. Tout cela, les géants de notre monde l’ont bien compris. Pour se faire bien voir, il va falloir parler « smart city ».

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Qu’est-ce qu’une « Smart City » ?.

Une « smart city » est une ville qui utilise les technologies d’informations et de communications (ICT) pour améliorer la qualité, la performance et l’interactivité de ses services urbains, pour réduire les coûts et la consommation des ressources et pour améliorer le contact entre citoyens et Gouvernement. Définition assez vaste qui permet à beaucoup d’utiliser – à juste titre ou non – le terme en or de « smart city » dans son programme marketing.

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Un mal pour un bien

Cette frénésie a cependant l’avantage de mettre au centre de l’attention la réinvention de nos habitudes et modes de vies. Surconsommation, pollution, gaspillage, bouchons, pertes de temps, accidents, ces mots auraient peut-être enfin une chance de disparaître de notre vocabulaire. Phénomène d’ailleurs déjà observé lors de la montée en puissance de l’écologie.

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Quelques exemples

Mobypark est une application qui permet à ses utilisateurs de louer leurs places de parking libres. Les données générées par l’application permettent ensuite à la ville d’Amsterdam de déterminer le trafic et la demande de places de parkings en son centre.

Capteurs d’irrigation : Barcelone a installé des capteurs dans la pelouse de son « Parc del Centro de Poblenou » qui envoie des données en temps réel aux jardiniers de la ville leur indiquant le niveau d’eau nécessaire à l’arrosage du parc.

Feux rouges intelligents : Barcelone a créé un système routier intelligent à l’aide d’un mélange de GPS et de système de gestion du trafic. Les bus empruntent des itinéraires conçus pour optimiser le nombre de feux verts. Quand une urgence est signalée, la route approximative de l’ambulance est entrée dans le système et fait en sorte de faire passer tous les feux sur son chemin au vert.

Management du crime : la ville de Santa Cruz en Californie a conçu un système de management des zones à risque dans ses quartiers dangereux. L’outil utilise les données historiques des crimes pour prévoir le déploiement nécessaire des forces de police. Par exemple, il génère tous les jours une liste de 10 quartiers où les cambriolages sont le plus probable d’arriver.

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Barcelone sacrée championne

Selon Juniper Research et leur récent rapport sur le sujet, Barcelone est la ville la plus intelligente du monde, devant New York City, Londres, Nice et Singapour. Avec son nouveau quartier 22@Barcelona, son réseau électrique particulièrement efficient, sa gestion du trafic intelligente, son éclairage urbain bien pensé et son ouverture sur l’utilisation du open data, la ville catalane est un bel exemple de ville 2.0.

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Tous les exemples mentionnés dans cet article ne sont bien sûr que des petits exemples d’application du concept de « smart city ». Pour couvrir la totalité du sujet, il faudrait encore parler d’efficience énergétique des bâtiments et véhicules, de transport public, de gestion des déchets, d’objets et vêtements connectés, de services de votation améliorés, et de tout un tas d’autres innovations dont on ne soupçonne pas encore l’existence. Le concept n’est pas statique. Pour faire plus juste, nous le définirons comme une série d’étapes aux travers desquelles les villes tendent à devenir plus réactives aux nouveaux défis. Si il y a bien une chose que les « smart cities » ont compris, c’est donc que la meilleure façon de s’adapter est de se rendre adaptable.

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Julien Grange

Julien Grange

Julien Grange a fait ses études d’économie entre HEC Lausanne et la Stern School of Business de NYU, New York. Il vit aujourd’hui à Londres et travaille pour une entreprise active dans le développement et le financement de projets immobiliers en Europe. Il se passionne pour le devenir du monde et celui de ses habitants. En tête de sa liste pour le Père Noël chaque année : une boule de crystal. Elle n'est pas encore arrivée, mais elle ne saurait tarder.

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