A Lausanne comme au Tchad (ou à Belleville) – Recette d’un jus de gingembre

Bonjour,

 

Quand le temps est ensoleillé, quand d’adorables amies vous rapportent des épices qui ont voyagé dans leur valise, quand on partage sa vie avec quelqu’un qui vit (trop) loin, on est transporté : ubiquité, rêve d’ailleurs, instantanément, en même temps.

Quand on a changé de pays, la politesse fait que l’on apprend à faire avec ce qui s’offre à nous. Le goût change (je raffole de tout ce qui est aromatisé à la fleur de sureau), mais les principes restent les mêmes.

Parfois pourtant, on reconnait : ce basilic à petites feuilles plus parfumé, ce fromage qui ressemble au pecorino mais qui pique et sent plus fort la brebis, les gens qui poussent de joyeux cris dès qu’il se met à pleuvoir de grosses gouttes après avoir eu chaud, etc. On est ramené par un “à table”, qui nous rappelle où l’on se trouve : chez soi.

Quand on m’a rapporté du Tchad du gingembre minuscule, j’ai demandé comment on le préparait là-bas. C’est délicieux mais un peu roots : on met dans un blender le gingembre, les petits citrons verts, avec toutes les peaux/écorces, un peu d’eau un peu de sucre, et c’est tout. On retire quand même ce qui remonte à la surface, à la cuillère, sans filtrer.

Etre à Lausanne comme au Tchad.
Commencer à fredonner cette chanson : Ti Lozani Ti Kozani (A Lausanne Comme à Kozani).

 

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RECETTE DU JUS DE GINGEMBRE DE LAUSANNE COMME AU TCHAD (ou comme à Belleville quand tu as yoga le lundi soir)

Les Ingrédients (bio c’est beaucoup mieux, de ces magasins qu’on a tous, près de chez nous!) :

  • 500g de gingembre frais
  • 2L d’eau (du robinet ça ira)
  • 250g de sucre de canne complet ou 6 cuillères à soupe de sirop d’agave (mais ça ne s’ajoute pas au même moment)
  • 2/3 petits citrons verts (résolument bio)
  • Eventuellement quelques feuilles de stevia, de menthe, de diosmos, pourquoi pas une ombelle de fleurs de sureau sans les tiges (à choix, selon ce qui pousse près de chez vous ou qui apportera un parfum qui vous enchante)

La Recette :

  • Eplucher le gingembre, le mettre dans un blender avec un peu d’eau, mixer
  • Couper les citrons verts avec la peau dans un grand récipient (moi je préfère en verre avec un couvercle), comme ça on ne perd pas le jus
  • Ajouter l’eau, le gingembre mixé et le sucre (si c’est ce qu’on a décidé d’utiliser cette fois-ci) : laisser reposer au moins 1h
  • Filtrer le jus à travers un chinois pour pouvoir bien tout presser en retenant les fibres et les morceaux, mais une passoire fine fera l’affaire, c’est juste un peu plus long
  • Ceux qui auront opté pour le sirop d’agave, c’est ici qu’il faut l’ajouter
  • Finir avec ce sur-ajout qui vous transportera où vous le souhaitez/vous rappellera où vous vous trouvez (la stevia sucre et apporte un très très discret goût de réglisse, moi j’ai l’impression de manger des fleurs d’héliotropes ou d’immortelles…)
  • Conserver au frais (dans des bouteilles, des bocaux, des boîtes en verre. Il y a des gens qui préfèrent l’inox, je conseillerais néanmoins de ne mettre le jus dedans qu’avant de le servir)

 

 

 

Recette : la pâte Shortbread pour une tarte simple qui en met plein la bouche

Bonjour,

 

On a tous entendu dire des milliers de fois : “faire sa pâte maison ne demande pas beaucoup de temps et c’est bien meilleur”. C’est certain, mais c’est plus rare qu’on nous dise : “Mazette! C’est toi qui as fait la pâte?!” avec les yeux et la bouche remplis d’étoiles…

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C’est pourtant simplissime et épatant, ça ne nécessite pas de robot ou de préparation monstre, ni même un carnet à consulter : 1/2/3 – 3o minutes – 150°c. Vous obtenez un fond de tarte pour un grand moule mais également une base pour 24 biscuits (ceux qui sont reconnaissables à leur emballage orné de tartan). Chez moi un peu moins car les enfants boulottent la pâte crue (et je me surprends à rêver qu’ils viennent chaque dimanche réclamer “ma” tarte quand ils seront adultes!)

 

RECETTE DE  PÂTE À TARTE SHORTBREAD :

 

Les Ingrédients :

Pour la pâte 1/2/3 :

  • 1oog de sucre
  • 200g de beurre à température ambiante (de bonne qualité, demi-sel c’est mieux mais vous pouvez aussi ajouter une bonne pincée de fleur de sel à du beurre doux)
  • 300g de farine blanche (T55 – fleur)

Pour la garniture sans cuisson, comme elle vous plaira:

Tout est permis car c’est un fond de pâte à blanc (précuit)

  • Juste du mascarpone vanillé (un grand pot!) et les fruits légèrement sucrés, c’est succulent
  • Vous pouvez aussi décider d’y mettre un curd pour une tarte au citron/passion/etc. ou bien une ganache au chocolat

 

La Recette :

  • Travailler dans un bol le beurre (et le sel), le sucre et la farine jusqu’à obtenir une pâte homogène
  • L’étaler sur une feuille de papier cuisson (1cm d’épaisseur pour des biscuits, plus fin pour une tarte), réfrigérer environ 1/2 heure
  • Préchauffer le four à 150°c
  • Mettre votre pâte à cuire (ou les biscuits découpés avec des emporte-pièces) pendant 30 minutes
  • Si comme moi, vous les aimez pléthoriques, pleines de crème et de fruits, il vous faudra faire de larges rebords : cuire alors la pâte recouverte d’une feuille de papier cuisson lestée de billes/légumes secs pour éviter que les bords retombent
  • Il ne faut surtout pas que la pâte soit colorée, elle reste pâle, quand le centre n’est plus mou, c’est bon.
  • Laisser refroidir avant de manipuler car c’est très friable

 

  • Vous pouvez ensuite mettre un appareil de mascarpone-1 grosse cuillère à soupe de sucre-graines d’1 gousse de vanille
  • Rajouter des fruits baies saupoudrés au préalable d’un nuage de sucre très fin voire du sucre glace

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Quelques conseils :

Pour la rendre moins friable et ainsi plus présentable à la découpe, rajoutez un jaune d’oeuf à la pâte. 

Si vous la conservez au frais, pour éviter que la pâte ne détrempe, vous chablonnez : c’est à dire que vous enduisez au pinceau, la pâte cuite et refroidie, d’une très fine couche de chocolat blanc fondu. Puis vous attendez qu’il durcisse avant de mettre la crème ou les fruits juteux (le sucre fait ressortir le jus).

 

Pane, Amore e Fantasia

Bonjour,

Sur un blog qui présente mon quotidien, il va être inévitable que je vous parle un peu de moi.

J’aime : tout compter par multiples de 6, cuisiner avec des produits bio et locaux, papillonner en buvant du café, partager la nourriture et manger avec les doigts, faire goûter et donner la recette, utiliser les verts/épluchures/le pain sec pour ne pas jeter la nourriture, l’ail, les étoiles, faire pousser des trucs qui se mangent…

Je n’aime pas : le gras surtout celui laissé par des doigts sur le moulin à poivre et l’odeur de la friture en général, le vin blanc sauf le pouilly fumé, le café filtre et pire encore avec du sucre ou du lait, que mes enfants râlent car ils préfèrent les cochonneries, que mes enfants râlent parce que j’ai pas fait ma pâte à pizza moi-même, quand il n’y a pas de plat à partager sur la table, les lardons,…

Sinon, j’ai pour habitude de laver la viande et de ne pas rendre un récipient vide, de refaire les plats mangés dans des restaurants, vus dans des films ou décrits dans un livre et qui m’ont fait envie, d’adapter les recettes des autres pour les faire miennes, toujours à l’oeil, de faire un repas de restes, une pita aux « verts » et du bouillon de carcasses et épluchures chaque semaine!

Je n’ai pas de MAP ou de kitchen aid et je suis allergique au latex et aux noisettes

Cette liste est longue et variable.

A tout cela, j’ajoute l’envie de nous nourrir correctement et de mener une vie heureuse.

 

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La vie s’articule autour d’événements, de saisons et nous impose un rythme. La journée s’articule autour de l’école, des repas, du travail, du sommeil et nous impose un rythme. L’éducation que l’on reçoit s’articule autour de ce que l’on nous enseigne comme des principes et nous impose un rythme…

Vouloir manger bio/local/de saison crée une routine calquée sur les récoltes. Il est parfois difficile de varier les produits frais en hiver. Les journées sont courtes. On attend les beaux jours pour retrouver pléthore de fruits et de légumes, qui demandent peu pour être succulents.

Ce qui va faire la différence, c’est un pas sur le côté, un choix personnel, pour que la routine devienne rituel. Les rituels sont finalement des routines personnelles qui vont permettre d’éprouver du plaisir.

N’étant pas Mary Poppins, je ne vais pas chanter; cependant :

Si je me lève à 7:02 et me fais un café avant le réveil des enfants, c’est une routine. D’autant que le grand secret de la cafetière italienne c’est de l’utiliser tous les jours. Si je dorlote ma cafetière, bois ce café dans une jolie tasse japonaise et l’accompagne de douceurs offertes par des amis, ça devient un rituel.

Si le samedi matin je vais faire le (grand) marché et que je prends un poulet grillé parce qu’au vu de l’heure, je ne vais pas avoir le temps de préparer le dîner, c’est une routine. Le manger avec les mains et garder les restes pour en faire un bouillon en rêvant à un risotto sublime, c’est un rituel.

Si on mange de la soupe tous les soirs en pensant que c’est la seule manière de faire passer les carottes, poireaux, pommes de terre, panais, courges et céleris de l’hiver aux enfants, c’est une routine. Décider d’y intégrer chaque jour une épice différente du placard, suivant l’ordre dans lequel elles sont rangées : voici encore un rituel.

Ce n’est finalement pas bien compliqué, c’est juste une question de point de vue, pour que le rituel dépasse la routine. Parsemer la vie de ces précieux moments, la rend bien plus douce. Alors il faut adorer ces fêtes et les plats qui les accompagnent : la salade grecque des vacances, les dernières aubergines de la mémé de Noirmoutier, les bocaux de ces haricots qu’on a mangé au beurre-sautés-avec des tomates et des oignons durant 3 semaines, le gâteau aux pruneaux, la soupe à la courge en hiver, le gras d’avant Carême, la résurrection par l’agneau et les oeufs teints, la jardinière de légumes du printemps, la première tarte aux fraises… D’ailleurs les grands-mamans du marché de Grancy répondent toujours cela, quand on leur demande leurs délicieuses fraises du jardin au moment où d’autres qui ont poussé sous serres sont déjà apparues au supermarché : “Les fraises c’est à partir de la fête des mères”!

 

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Comment est-ce que nous transmettons?

Bonjour,

La question de la transmission me semble primordiale. Nous pourrions considérer que vivre c’est transmettre, échanger, regarder, écouter et faire à son tour. De mon temps, il y avait déjà la télé, les médias, certes, mais plus encore, il y avait des anciens avec lesquels on vivait, qu’on observait sans toujours comprendre ce qu’ils racontaient, des familles qui se retrouvaient à différents moments de l’année et qui mangeaient. Nous sommes au mois d’Avril, je repense à ces fêtes de Pâques, Pasha, Pessah, à la sainte Julie, à l’agneau tourné pendant 6h le jour où j’ai fait connaissance avec une nouvelle famille, à la chasse aux oeufs, aux premiers repas sur l’herbe vert tendre du printemps.

Il sera ainsi question de cuisine ici, pas seulement de recettes, mais de tout ce qui a trait de près ou de loin aux repas et à la nourriture, à ce qui fait partie du quotidien. Prendre part, partager. C’est par là que me mène mon bon sens, celui qui m’a été transmis.

La cuisine, dans ma famille, revêt une forme d’intégration et de politesse. C’est un médium pour échanger. Grossièrement, chacun apporte son amour sur un plateau pour montrer d’où il vient et nous décidons de ce que nous pouvons désormais construire ensemble, piochant avec tendresse dans les principes et savoir-faire. Tant qu’il y avait ma grand-mère maternelle, je ne cuisinais pas, puis j’ai eu des enfants et ça a été mon tour. Tout naturellement.

A la manière d’un couteau-suisse, vous serez invités à faire avec ce que vous avez, à utiliser vos ressources, vos souvenirs et ce qui vous fait plaisir. Loin de moi l’idée de me poser en papesse de la débrouille en cuisine, plutôt l’envie de raconter comment l’on peut faire en concertation et en conscience. Transmettre aujourd’hui. Ici, comme j’ouvrirais une porte, une fenêtre.

C’est à la fois simple et complexe, toujours respectueux et bienveillant…la vie quoi!

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