Guy Parmelin: Président de la Confédération suisse en 2021

L’UDC Guy Parmelin présidera la Confédération suisse pour la première fois dès le 1er janvier 2021. L’Assemblée fédérale (Conseil national et Conseil des Etats réunis) l’a élu mercredi 9 décembre dernier avec un joli score de 188 voix sur 202 bulletins valables. L’actuelle Présidente Simonetta Sommaruga lui remet les clés du pays sur fond de crise du coronavirus. De grands défis économiques et sociaux attendent l’UDC vaudois.

“Est élu avec 188 voix, Monsieur Guy Parmelin”. Il est midi ce mercredi 9 décembre 2020 quand le Président de l’Assemblée fédérale Andreas Aebi prononce cette phrase. L’UDC vaudois Guy Parmelin succède à la socialiste bernoise Simonetta Sommaruga à la présidence de la Confédération suisse. Son entrée en fonction est prévue pour le 1er janvier 2021. Si toutes les transitions de pouvoir pouvaient être aussi simples et courtoises que chez nous, il y aurait moins de conflits politiques à l’étranger. N’est-ce pas Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique, cher Donald Trump? C’est un joli score qu’a réalisé le Vaudois de 61 ans, avec 188 voix sur 202 bulletins valables. Pandémie de coronavirus oblige, Guy Parmelin n’aura pas le droit à la traditionnelle fête, ni même au déplacement en train jusque dans son Canton d’origine.

Le paysan devenu Président suisse

Même si aujourd’hui Guy Parmelin est un homme d’Etat, il n’oublie pas ses origines du monde paysan. Comme le rappelait d’ailleurs plusieurs de ses amis d’enfance dans le 24 heures de ce week-end. L’UDC vaudois arrive au sommet du pouvoir aussi un 9 décembre, mais en 2015. Décidemment, il porte le 9 dans son cœur. Il permet ainsi au Canton de Vaud de lui offrir son 15ème Conseiller fédéral. Il a succédé à Eveline Widmer-Schlumpf, la PBD grisonne, détestée et rejetée par son ancien parti l’UDC. Avant de diriger le Département de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR), Guy Parmelin a été pendant 3 ans à la tête du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Son prochain combat sera rude: convaincre les Suisses du bien fondé de “l’Accord de partenariat économique de large portée entre les Etats de l’AELE et l’Indonésie”. Verdict le 7 mars prochain.

A l’occasion de la journée de découverte des métiers de la terre, le Conseiller fédéral Guy Parmelin renoue avec son métier de base. Rencontre sympathique avec une participante à la Fête des vignerons, Puidoux, juin 2019. Photo: Keystone

Une année 2021 avec beaucoup de défis

Les premiers mois de sa présidence seront très scrutés par ses collègues, les Parlementaires et la population. Guy Parmelin devra essayer de sortir la Suisse de la crise du Covid-19. Ce sera le gros challenge de son année présidentielle. Arrivera-t-il à faire entendre les préoccupations vaudoises au sein du Conseil fédéral? Bilan dans une année. Sur le plan européen et/ou international, il ira représenter la Suisse à l’étranger. Un voyage est déjà programmé en Autriche le mois prochain, c’est un déplacement traditionnel que font tous les Présidents suisses élus. En vue de la votation du 7 mars prochain (voir paragraphe ci-dessus), probablement qu’il se rendra entre janvier et février en Indonésie, si les conditions sanitaires le permettent. Et ce n’est pas impossible qu’en cas de solution trouvée entre Berne et Bruxelles sur l’accord-cadre, il doivent se rendre dans la capitale belge et signer le texte. Comment réagira son parti l’UDC quand on sait qu’ils sont fermement opposés cet accord? Il ne recevra pas que des compliments et subira probablement beaucoup de pression de l’aile zurichoise. Mérite à sa collègue Simonetta Sommaruga d’avoir relancé les contacts avec la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour faire le point sur les relations Suisse – UE.

Une seconde année présidentielle sur fond de crise mondiale

La seconde année présidentielle de Simonetta Sommaruga restera comme unique dans l’histoire suisse. En temps normal, l’agenda d’un(e) Président(e) suisse consiste à voyager dans les Cantons, inaugurer des expositions, faire des discours, recevoir des chefs d’Etat et évidemment gérer son propre département. A l’étranger, il/elle représente la Suisse dans le monde lors de voyages officiels. Avec la pandémie, tout cela a plus ou moins été annulé ou s’est transformé en rencontre virtuelle. Simonetta Sommaruga aurait de quoi être un peu fâchée car depuis le début de la pandémie, on a beaucoup vu sur le devant de la scène médiatique ses collègues Alain Berset, Guy Parmelin et Ueli Maurer. Une année présidentielle, même si le pouvoir est limité en Suisse, c’est l’occasion de se faire connaître un peu plus et de laisser une trace personnelle. Simonetta Sommaruga n’a pas de chance car elle a déjà été présidente en 2015 et cette année-là avait été marquée par une vague d’attentats terroristes en Europe et la crise migratoire qui a fortement divisé les pays européens.

Le Conseil fédéral doit jongler entre intérêts économiques, défendus par Guy Parmelin, et intérêts sanitaires, défendus par Alain Berset. Photo: KEYSTONE/Alessandro della Valle

Clap de fin pour la “56e femme la plus puissante du monde”

Un troisième mandat présidentiel en 2027? Je ne le pense pas car en général un(e) Conseiller(ère) fédéral(e) reste au pouvoir entre 10 et 15 ans. Simonetta Sommaruga a été élue au Conseil fédéral en 2010, cela fait donc déjà 10 ans de pouvoir. Elle va sûrement rester jusqu’à la fin de la législature en 2023, et ensuite elle donnera sans surprise sa démission du Conseil fédéral. En attendant, on peut la féliciter pour deux choses: primo d’avoir affrontée cette crise sanitaire tout en gardant une certaine humilité et un calme, contrairement à d’autres chefs d’Etat. Secundo de s’être classé à la 56e position des femmes les plus puissantes du monde. Classement organisé par le célèbre magazine Forbes. Belle récompense pour une clap de fin!

 

PS: aux fous et intéressés comme moi des relations Suisse – monde…

Voyages de Simonetta Sommaruga en 2020: Autriche, Ukraine et Italie.

Réceptions officielles par Simonetta Sommaruga à Berne en 2020: Nauru, Ghana et Autriche.

Entretiens téléphoniques de Simonetta Sommaruga en 2020: Ukraine, Géorgie, Italie, UE, Allemagne, Cameroun, Iran, Suède, Ghana, Jordanie, Espagne, Corée du Sud, Ethiopie, Israël, Singapour, Tunisie, Népal, Pérou, Roumanie, Portugal, Finlande, Belgique et France.

Sebastian Kurz, un ami autrichien qui nous veut du bien

Après la visite officielle de la Présidente Simonetta Sommaruga à Vienne en début d’année, une impressionnante délégation du Conseil fédéral a accueilli avec honneurs militaires et hymnes nationaux le Chancelier autrichien Sebastian Kurz. Les deux pays ont fait le point sur la situation sanitaire, les relations entre la Suisse et l’UE ainsi que plusieurs dossiers internationaux. Cette visite souligne les relations diplomatiques exceptionnelles qu’entretiennent la Suisse et l’Autriche. Jean-Yves Le Drian, Ministre français des affaires étrangères, était attendu à Berne le même jour mais a dû annuler sa visite pour une raison inconnue.

Le jeune Chancelier fédéral de la République d’Autriche, Sebastian Kurz, a été accueilli vendredi à Berne pour une visite officielle. La Présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, lui a déroulé le tapis rouge au domaine du Lohn. Il s’agit d’un des trois bâtiments prestigieux avec la Maison Béatrice de Watteville et l’hôtel Bellevue Palace que le Conseil fédéral utilise pour recevoir les chefs d’Etats et de Gouvernement. Durant les entretiens officiels entre les deux délégations, Simonetta Sommaruga et Sebastian Kurz ont abordé plusieurs sujets : la gestion de la crise sanitaire dans leur pays respectif, la protection des Alpes, les relations entre la Suisse et l’Autriche et entre la Suisse et l’Union européenne ainsi que quelques dossiers internationaux. Dommage que les deux dirigeants n’ont pas évoqué le fameux accord-cadre. Le soir, Sebastian Kurz a rencontré brièvement Gerhard Pfister, par ailleurs président de mon parti le PDC, dans les jardins de l’Ambassade autrichienne. Le Parti populaire autrichien (ÖVP) et le Parti démocrate-chrétien (PDC) sont proches puisque les deux partis ont une orientation chrétienne-démocrate et libérale-conservatrice.

La Présidente suisse Simonetta Sommaruga et le Chancelier autrichien Sebastian Kurz en pleine discussion au domaine du Lohn, lors de la visite officielle de ce dernier à Berne, le 18 septembre 2020.

De solides relations bilatérales entre Berne et Vienne

Les relations ente Berne et Vienne sont plus qu’excellentes. A l’image de la relation spéciale entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la Suisse aussi a sa relation spéciale avec l’Autriche. La récente visite du Chancelier Kurz en témoigne. Ce n’est pas moins de cinq Conseillers fédéraux qui étaient présents autour de la table. Outre évidemment la Présidente Sommaruga, Alain Berset, Karin Keller-Sutter, Ignazio Cassis et Ueli Maurer ont pu échanger avec la délégation autrichienne. La coopération économique entre les deux pays se chiffre à plus de 20 milliards d’euros selon le DFAE. On est en droit de se demander pourquoi Guy Parmelin, Ministre en charge de l’économie, n’était pas présent au Lohn. Probablement parce qu’il est membre de l’UDC et donc de facto, il est contre tout ce qui vient de l’UE. La visite de Sebastian Kurz en Suisse est un renvoi d’ascenseur. Simonetta Sommaruga s’était rendue en visite officielle en Autriche en début d’année. Elle y avait rencontrée le Chancelier conservateur Sebastian Kurz mais aussi son homologue, le Président écologiste Alexander van der Bellen. Une tradition de longue date veut que la ou le président(e) suisse en fonction effectue sa première visite dans la capitale autrichienne.

La Président suisse Simonetta Sommaruga est accueillie par son homologue autrichien Alexander van der Bellen au Palais Hofburg, Vienne, le 30 janvier 2020. Photo : compte Twitter officiel de la présidence autrichienne.

Une visite annule passée malheureusement inaperçue 

La capitale fédérale aurait dû vivre une intense journée diplomatique vendredi. En plus de la visite officielle du Chancelier fédéral autrichien, la Présidente Simonetta Sommaruga et le chef du DFAE Ignazio Cassis devaient s’entretenir avec le Ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Sa visite avait été annoncée dans la presse mais pour une raison inconnue, il n’est pas venu à Berne. En faisant quelques recherches sur Google, je suis tombé sur un article de Bote der Urschweiz. Celui-ci nous apprend l’annulation de la visite de Le Drian en Suisse. Je suis surpris que les principaux médias romands n’ont pas évoqué ou cherché à comprendre le pourquoi du comment. A ce stade, je suppose une volonté de Berne comme de Paris de reprogrammer cette visite manquée. Aussi, j’espère une rencontre tout bientôt entre Simonetta Sommaruga et Emmanuel Macron à Berne ou à Paris.