Le Président des EAU Khalifa Ben Zayed Al Nahyane est mort

Absent de la scène internationale depuis un AVC en 2014, Khalifa Ben Zayed Al Nahyane a été remplacé par son demi-frère, le Prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed Al Nahyane. Déjà aux commandes du pays, il a été élu président hier.

Feu Khalifa Ben Zayed Al Nahyane avait accompagné ces deux dernières décennies le développement fulgurant de son pays sur la scène régionale et internationale. Le Président des Emirats arabes unis est mort à l’âge de 73 ans, ont annoncé vendredi 13 mai les autorités de cette riche monarchie du Golfe. Le gouvernement a pour l’occasion décrété « un deuil officiel et les drapeaux mis en berne » pour une durée de quarante jours, selon l’agence de presse officielle WAM. Le portrait du président défunt a immédiatement été affiché partout dans les rues du pays. Rarement vu en public depuis l’AVC dont il a été victime en 2014, Khalifa Ben Zayed Al Nahyane a été remplacé rapidement par son demi-frère, le Prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, dit « MBZ », déjà considéré comme le dirigeant de facto de ce pays. Le dernier grand voyage de Khalifa Ben Zayed Al Nahyane remonte à 2013, c’était à l’occasion d’une visite d’Etat au Royaume-Uni. Les Émirats arabes unis ont été pendant longtemps un protectorat britannique.

Le Président des Émirats arabes unis Khalifa Ben Zayed Al Nahyane en 2004.

Un pays ami et allié de l’Occident

Plusieurs dirigeants internationaux ont salué publiquement sur Twitter la mémoire de Khalifa Ben Zayed Al Nahyane. Le Président indien Ram Nath Kovind, le Roi saoudien Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, le Président israélien Isaac Herzog, le Président russe Vladimir Poutine, le Président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Boris Johnson ou encore le Président américain Joe Biden. Côté suisse, aucun tweet d’Ignazio Cassis. Ce qui est à mes yeux assez regrettable, car les Émirats arabes unis sont notre premier partenaire commercial au Moyen-Orient. Seul le compte Twitter de l’Ambassade de Suisse aux Émirats arabes unis a communiqué pour présenter les condoléances et indiquer que les drapeaux sur la Place fédérale à Berne ont été mis en berne. Contrairement à plusieurs chefs d’Etat européens, Ignazio Cassis n’a même pas pris la peine de se déplacer en personne à Abou Dhabi pour commémorer l’ancien président et rencontrer le nouveau. Je considère cela comme une faute diplomatique. Un partenaire économique de cette importance-là mérite un excellent traitement.

Puissance régionale et économique

Né en 1948, Khalifa Ben Zayed Al Nahyane a succédé en 2004 à son père, Zayed Ben Sultan Al Nahyane, président et père fondateur des Emirats arabes unis. Ce riche Etat du Golfe regroupe sept émirats au total, mais les deux plus importants sont Abou Dhabi, la capitale, et Dubaï. Les Emirats ont connu un rapide essor économique ces vingt dernières années. Il y a évidemment les richesses pétrolières à Abou Dhabi, mais aussi la finance et le tourisme à Dubaï. Cette ville est d’ailleurs appréciée des touristes suisses. Les Émirats arabes unis sont aussi un carrefour du transport aérien. Les Européens qui se rendent en Asie du Sud-Est ou en Océanie passent souvent par Dubaï. C’est sous l’impulsion du Prince héritier Mohammed Ben Zayed Al Nahyane que le pays est sorti de sa discrétion. Il a gagné une influence grandissante au Moyen-Orient. A ma connaissance, les autorités de cet Etat du Golfe n’ont jamais été invités à effectuer une visite officielle ou d’Etat à Berne. A l’inverse des autorités suisses qui ont souvent été reçues à Abou Dhabi ou à Dubaï.

 

Jonathan Luget

Jonathan Luget est né en 1993, un mois après la visite du premier chef d'Etat européen, François Mitterand, dans la jeune République du Kazakhstan. En marche avec un CFC, deux maturités et deux diplômes SAWI (communication et réseaux sociaux). Les loisirs se partagent entre la lecture d'ouvrages géopolitiques, la rédaction d'articles, la cuisine et la natation.

2 réponses à “Le Président des EAU Khalifa Ben Zayed Al Nahyane est mort

  1. Une fois encore je me trouve en accord avec vous. Et je ne vais pas être diplomate du tout en ajoutant que M. le ministre Cassis me semble accumuler, sinon les fautes diplomatiques, du moins avoir un manque grave de clairvoyance et d’à propos politique. Ne jamais avoir convié un personnage d’une telle importance en Suisse est une maladresse ou la preuve flagrante d’une absence de largeur de vue. Nous sommes neutres, soit, et faut-il le rappeler, du point de vue militaire mais cela ne doit pas nous empêcher d’être pro-actifs et de savoir montrer autre chose que de la mollesse.

    1. Bonjour Konqui Claude, je vous remercie sincèrement pour votre commentaire. Cela me fait plaisir de vous entendre dire ça. Les Émirats arabes unis sont effectivement notre partenaire principal dans cette région du monde. J’ai trouvé surprenant que ni Ignazio Cassis ni un de ses six collègues ne se soient rendus à Abou Dabi pour rendre hommage à la famille régnante Al Nahyane. Les président allemand, français, italien et d’autres se sont rendus personnellement sur place. J’ai essayé de contacter nos Conseillers fédéraux sur Twitter, mais sans succès. Malaise?

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