Quand routine partisane devient boulet national

Initiative UDC sur les juges étrangers

Nous sommes en 2016. L’UDC dépose son initiative « Le droit suisse au lieu de juges étrangers ». Rien d’étonnant, le contexte est le même qu’en 2014  : un parti à la veille d’échéance électorale, une thématique qui ne peut que diviser et l’ignorance délibérée des réalités. À quelques mois de sortir le gâteau du four, nous pouvons encore espérer éviter l’indigestion que nous a provoquée l’initiative sur l’immigration de masse.

 

Courageux mais pas fous !

Nous sommes courageux, parfois téméraires mais de loin pas fous. Face à une initiative qui laisse derrière elle un véritable champ de bataille juridique, tant le texte est confus puisqu’il ne précise ni quand une dénonciation des accords internationaux devrait survenir, ni qui serait responsable d’actionner le couperet, nous pouvons nous permettre de douter. Et à raison, car politiquement, cette initiative vise les accords sur la libre-circulation des personnes et un éventuel futur accord institutionnel avec l’Union Européenne. Pourtant, l’initiative reconnaît l’immunité aux accords soumis au référendum. Dès lors et contrairement à ce que visent les initiants, la plupart des accords bilatéraux, dont celui limitant le renvoi des criminels étranger, ne sont pas touchés par cette initiative. En revanche, elle remettrait potentiellement en cause plus de 600 traités moins connus et plus techniques, mais pourtant essentiels pour le fonctionnement de notre économie et pour la création de futurs emplois !

 

Notre crédibilité en jeu

Sachant qu’un traité est aux États ce qu’un contrat est aux individus, ils doivent être respectés par les parties signataires, sans quoi ces dernières se décrédibilisent pour les négociations futures. Faire primer le droit national sur le droit international revient à rendre toute négociation extrêmement compliquée puisqu’on peut unilatéralement renoncer à respecter l’accord final. Cette initiative s’attaque aux éléments fondamentaux de la réussite suisse : notre crédibilité, notre fiabilité et notre stabilité juridique. Avec cette initiative, autant dire que même s’ils sont aussi courageux que nous, les prétendants à de nouveaux accords ne seront pas nombreux, aussi jolie soit la mariée.

Qu’en pensent les concernés ?

Eux ! Tous ceux qui exportent chocolat, fromage, montres, machines, médicaments, café… Eux ! Tous ceux qui travaillent pour et avec des entreprises actives au niveau international. Et puis nous ! Nous tous qui avons bénéficié du succès économique de nos entreprises pour atteindre un confort et une qualité de vie que nul ne peut renier, sauf peut-être les adeptes de la décroissance.

Qu’en est-il en réalité ? Ricola, petite exploitation familiale en 1930, est aujourd’hui présente sur plus de 50 marchés étrangers et y génère plus de 90% de son chiffre. Autre exemple, autre produit : la fédération Chocosuisse qui a vu ses exportations augmenter de 1.4%, à 117’031 tonnes, alors que les Suisses mangent de moins en moins de chocolat et que les frontières vers le Japon, Singapour, l’Australie et les Émirats arabes unis lui sont ouvertes.

Sans oublier nos fleurons régionaux que sont Liebherr, Vifor ou encore Meggit qui pour les 2 derniers sont à plus de 90% exportateurs. Décidément, les réalités démontrent que la cible de cette initiative est loin d’être notre ennemi… Ou alors un ennemi qui nous veut de bien.

Un mythe à moitié considéré est un leurre

Cette initiative qui fait appel aux mythes fondateurs du pays et veut rappeler une certaine résistance face à l’étranger ne peut faire oublier que si nous nous sommes battus contre l’envahisseur par le passé, nous avons aujourd’hui affaire non plus à des envahisseurs mais à des partenaires économiques avec lesquels nous commerçons.

Tout comme les fondateurs de notre pays, nous avons la mission de nous battre avant tout pour la Suisse.

 

Casinos exigent, Parlement propose

En février 2013, le Conseil fédéral annonçait les grandes lignes d’une loi que tous attendaient suite à la votation de 2012. La mission était claire : fusionner les 2 lois concernant les jeux d’argent et réserver les bénéfices à des fins d’utilité publique. Le temps des débats terminé, la loi prévoit la censure généralisée des sites de jeux d’argent situés à l’étranger déroulant ainsi un imposant tapis rouge pour les casinos suisses, qui seraient dorénavant exclusifs sur le marché des jeux d’argent en ligne.

 

Une loi forgée sur mesure pour les casinos

En 2012, le peuple votait en faveur de l’utilisation des bénéfices à des fins d’utilité publique, alors qu’actuellement le montant reversé avoisine un milliard de francs par année. Il est important de rappeler que ce montant provient des jeux d’argent traditionnels et qu’il continuera d’être versé en faveur de l’intérêt public, quelle que soit l’issue du vote le 10 juin. En outre, ce principe n’est aucunement remis en question par les référendaires, que ce soit dans la présente loi ou dans une future loi, cette volonté populaire doit être respectée et appliquée.

Ce qui est remis en cause, c’est la censure des sites Internet de jeux d’argent situés à l’étranger. Nous l’avons bien compris, les casinos ont profité de cette mise à jour pour s’imposer en éliminant toute concurrence étrangère, afin de préserver leur secteur d’activité et en ayant pour dernière préoccupation l’intérêt prépondérant des Suisses. Dans un monde idéal, cette mesure protectionniste pour les casinos suisses fonctionne : les casinos physiques proposent des offres en ligne  et tous les joueurs les utilisent. Sauf qu’en réalité, les citoyens ont l’habitude d’être libres et nous pouvons attendre d’eux qu’ils continuent d’utiliser les sites qu’ils connaissent depuis plus de 2 décennies, autorisés ou non en Suisse. Alors nous serons les grands perdants : moins de recettes fiscales pour L’État et perte de contact entre les organismes de prévention et les joueurs à risque.

Dans de telles conditions, un système de licences, ouvert à tous les acteurs de ce marché, aurait dû être proposé au vu de ces avantages : il permet de taxer les bénéfices et de cadrer strictement les acteurs, tout en garantissant que les citoyens jouent dans un cadre protégé, légal et respectueux des lois de notre pays.

 

Prévenir plutôt qu’interdire

Les associations de prévention étaient présentes, sans doute moins visibles que les casinos au vu du résultat au Parlement, mais actives dans les discussions et pro-actives en matière de propositions : elles suggéraient notamment d’augmenter les taxes pour donner plus de moyens aux organes en charge de la prévention, et de créer une commission indépendante pour conseiller les autorités en matière de prévention. Ces deux mesures étaient judicieuses et constructives; elles ont toutefois été rejetées. À la place, le Parlement a choisi l’interdiction, qui est tout sauf efficace en matière de prévention.

Le recours à la censure, combattue par les générations qui nous ont précédés, reviendrait aujourd’hui par la petite porte et serait même défendu par certains qui l’avaient combattue en leur temps, pour motif qu’elle permettrait d’augmenter très légèrement les bénéfices des jeux d’argent reversés à la collectivité… C’est à n’y rien comprendre. L’intérêt matériel des loteries et casinos compte-t-il vraiment plus que certains principes élémentaires ? Plutôt que d’interdire, il aurait mieux valu améliorer la prévention et recourir à la réglementation de sorte à inclure et taxer les offres de sites étrangers.

 

Le protectionnisme n’est pas une solution

La censure sur Internet pourrait être demandée par de nombreux secteurs soumis à la concurrence étrangère, à commencer par l’industrie ou le commerce de détail qui souffrent bien plus que les casinos des offres internationales en ligne. Ce n’est évidemment pas avec des mesures protectionnistes que l’on garantira la prospérité de demain. Au contraire, nous devons miser sur l’innovation et la digitalisation; et pour cela nous avons avant tout besoin d’un accès ouvert à Internet, n’en déplaise au lobby des casinos.

La Suisse est une économie de pointe, interconnectée et tournée vers le monde, qui gagne de la valeur et des emplois grâce à un internet libre et ouvert. Le blocage automatique de sites Internet dont le seul défaut est de se trouver à l’étranger ne fait pas partie de notre programme pour l’avenir. Cette loi réintroduirait la censure comme mesure prioritaire, remettant en question la liberté des citoyens gagnée par les générations précédentes. Les citoyennes et citoyens suisses ont intérêt à voter “Non” le 10 juin, afin de renvoyer ce texte au Parlement. Celui-ci aura alors pour mission de revoir sa copie et de proposer une véritable loi dans l’intérêt public, et non dans l’intérêt des casinos.

Inégalités en tous genres

En Suisse, les femmes gagnent en moyenne 18% de moins que les hommes. 40% de cet écart restent inexpliqués et résultent donc d’une discrimination entre les genres. Est-ce là une injustice ou le résultat d’une politique conservatrice qui se refuse à toute évolution dans la sphère familiale ?

 

L’État impose là où lui-même échoue

L’inégalité salariale est une conséquence de l’absence d’égalité entre les hommes et les femmes au quotidien et si les entreprises ont tout intérêt à traiter sur un pied d’égalité leurs collaboratrices et collaborateurs, le politique a également son rôle à jouer.

À commencer par le congé maternité qui reproduit un modèle archaïque, imposé à une société dans laquelle la femme restait à la maison pour s’occuper des enfants. Aujourd’hui, chacun doit pouvoir choisir son mode de vie et adapter son existence en conséquence. À travers un congé réservé aux femmes, non seulement nous privons les parents du libre-choix, mais en plus, nous inculquons dans l’esprit des générations futures ce modèle et perpétuons l’inégalité des sexes. Un congé parental ouvrirait de meilleures perspectives.

Parlons aussi de l’imposition individuelle. Elle a été balayée par le Parlement, alors qu’elle serait une solution simple pour que chacun soit taxé individuellement en fonction de ses propres revenus. Par ce système, l’État inciterait les 2 époux à rester actifs professionnellement, alors que certains y renoncent à ce jour quand ils comprennent que le cumul des revenus leur coûte davantage.

Moins discutée mais tout aussi importante : la question de l’éducation. Comment expliquer que certaines personnes peinent à défendre leurs intérêts et ne parviennent pas à réclamer ce qui leur est dû, notamment sur le plan salarial ? Doit-on accepter que certaines renoncent à des fonctions, alors qu’elles ont été formées pour avoir les compétences, sous prétexte qu’elles ne s’en sentent pas capables ? C’est aussi et avant tout une question d’éducation qui, aujourd’hui, cantonne les femmes dans des rôles préétablis discrets, quand ils ne sont pas soumis.

 

Au final, nous sommes tous égaux

Un récent article du journal « Le Matin » définissait la question des inégalités salariales comme taboue. La question en soi ne l’est pourtant pas et elle est d’ailleurs largement débattue.

Une autre question est toutefois taboue : celle de l’inégalité générale, car si nous pouvons reconnaître une égalité entre les humains, nous ne pouvons considérer être tous égaux en tout point. Certains sont meilleurs en sport, d’autres en musique, d’autres encore sont des génies en informatique ou en histoire…

« Ne confondez pas égalité et uniformité », c’est un célèbre philosophe indien qui le disait et sans doute est-ce l’une des clés pour ouvrir ce débat, en recherchant les inégalités dans tous les domaines et en permettant de les réduire non seulement pour les femmes mais pour tous les individus de cette société. C’est la mission des entreprises, mais pas seulement.

 

En punissant, l’État renonce au dialogue

En Islande, l’État amende les entreprises de plus de 25 salariés qui ne respectent pas l’égalité salariale. Si la transparence des entreprises vis-à-vis de l’État peut être souhaitable, l’amende est sans doute l’aveu d’échec le plus criant, sans compter qu’elle prouve l’absence de discussions et de compromis entre l’État et le monde économique.

En Allemagne, l’État instaure une nouvelle loi permettant aux employés de demander le salaire de leurs collègues du sexe opposé. Prôner la responsabilité individuelle : voilà qui n’aura pas échappé à l’Allemagne. Pourtant la responsabilité individuelle ne peut être un prétexte pour se décharger sur les collaborateurs, car ces derniers réfléchiront à deux fois avant d’effectuer cette démarche, par crainte d’instaurer un climat de méfiance et de se retrouver dans une situation pour le moins délicate vis-à-vis de l’employeur.

La Suisse reste fidèle à elle-même et promeut le dialogue, avant la sanction. En ligne de mire, des contrôles réguliers dans les entreprises de plus de 50 employés pour garantir que l’égalité est respectée. Si les syndicats dénoncent l’inefficacité de la mesure, celle-ci aura pourtant le mérite de mettre en lumière les entreprises qui respectent cette égalité et nul n’ignore l’importance qu’à aujourd’hui cet aspect pour l’image de l’entreprise, vis-à-vis des clients, mais aussi des différents partenaires commerciaux.

 

Hier, nos grands-mères gagnaient le droit de vote

La bataille se veut positive. Elle est de celles dont le résultat renforcera la société plutôt que l’affaiblira et nous avons maintenant la responsabilité de la mener avec un esprit créatif pour trouver les mesures à même de nous mener vers cette société qui donne aux hommes et aux femmes les mêmes chances, en respectant le choix de chacun.

Hier, nos grands-mères gagnaient le droit de vote et nous transmettaient un bel héritage. À présent, il nous reste à faire valoir nos compétences pour devenir les grands-mères qui ont gagné l’égalité salariale.

Le fédéralisme, c’est quoi ?

La Conférence nationale sur le fédéralisme se déroule ces jours à Montreux. Deux jours pour repenser le fédéralisme, à travers des débats, des analyses, des points de vue. La course vers la centralisation arrange certains, dérange d’autres et en laisse très peu indifférents.

Le fédéralisme, c’est quoi ?

  • Le fédéralisme c’est un mythe suisse, 75% des Suisses disent y être attachés… mais seulement 35% des gens en ont une idée assez vague
  • Le fédéralisme c’est une force, qui a grandement aidé la Suisse à conserver son unité, en préservant sa diversité.
  • Le fédéralisme c’est le principe du power sharing qui caractérise la Suisse, avec la séparation assez stricte des pouvoirs
  • Le fédéralisme c’est un frein aux réformes, puisqu’il y a plus de gens à convaincre, ce qui crée des blocages dans la mise en oeuvre
  • Le fédéralisme c’est un gage de qualité des réformes. Il permet l’expérimentation et une adaptation des solutions proposées aux réalités de chacun.

Au cœur du fédéralisme, il y a encore la subsidiarité. Ce fameux concept inventé d’abord par l’Église catholique pour répartir les tâches entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. La subsidiarité fonctionne selon 2 principes : on n’a pas la possibilité de le faire à un niveau donc c’est le niveau supérieur qui s’en charge. Ou alors un niveau supérieur est mieux à même de réaliser la tâche. C’est une considération bien souvent purement politique et subjective. Une région ou une commune sera d’ailleurs capable de le faire alors qu’une autre sera dans l’incapacité de le faire et pourtant l’uniformisation, la standardisation est imposée à tous. Sommes-nous face à la dictature de la médiocrité ?

Et pourtant, celui que nous rêvons n’est pas celui que nous avons

Nous avons idéalisé notre fédéralisme et pour retrouver la formule gagnante, c’est de réalisme dont nous avons besoin. Le statut de fédéralisme de coopération qu’on nous prêtait est bien loin de coller à la réalité. Concrètement, la Suisse est un pays très décentralisé, où certaines choses se réalisent au niveau local, mais le fédéralisme qui s’applique chez nous est un fédéralisme d’exécution, là où les décisions viennent du haut- comprenez par là la confédération – sans plus grande prise en compte des besoins exprimés par le bas du système – que sont les communes.

Nous l’avons voulu

De par l’évolution sociétale, nos changements de mode de vie, notre désintérêt face à une identité locale… Nous laissons, peu à peu, le consommateur qui est en nous prendre le dessus sur le citoyen que nous étions. Nous voulons des prestations de qualité, nous voulons un standard. Nous avons pu le constater avec l’exemple de l’harmonisation scolaire. Pourquoi ? Et bien parce que les gens déménagent et retrouver ce même programme de formation partout en Suisse est dans l’intérêt de nos petits, bien évidemment. Mais finalement, cet argument s’applique à tous les domaines. C’est un phénomène sociologique assez simple : on compense la mise de côté de nos traditions, de nos spécificités locales, qui sont finalement d’une légitimité populaire par une légitimité “de rationalité”, censée venir de la loi et de la technique scientifique. Le résultat est sans appel: plus on éloigne le pouvoir, plus il devient complexe, plus la bureaucratie nous éloigne du bon sens. A première vue, il n’y a aucun moyen mais surtout aucune volonté populaire d’en sortir.

La fin du fédéralisme ?

Se passer du fédéralisme est inimaginable. Le fédéralisme a toute son utilité d’un point de vue fiscal pour le prélèvement des impôts. Il prend aussi tout son sens dans la réalité politique puisque les cantons servent de base à la répartition des parlementaires au niveau fédéral. Sanas oublier la réalité administrative qui permet à la confédération de déléguer des tâches, gérées ensuite par les cantons et de soulager, ainsi, l’appareil administratif fédéral.

Si nous devions dessiner un idéal : la confédération poserait le cadre, les cantons dessineraient les contours, les communes rempliraient les formes. Mais pour que ce système fonctionne parfaitement, chaque commune et chaque canton devraient avoir les mêmes capacités, ce qui n’est pas le cas à ce jour et ce qui rend parfois la centralisation évidente.

Anticiper est politique

Si le fédéralisme d’exécution est une réalité, l’engagement aux niveaux communal et cantonal est pourtant nécessaire pour comprendre l’évolution et faire gagner le fédéralisme sur la centralisation, quand bien même cette dernière est parfois source de simplicité à court terme.

Chacun à son niveau est à même d’influencer les décisions fédérales, afin d’appliquer ensuite des lois et des règlements qui laissent suffisamment de marge de manœuvre pour tenir compte des spécificités locales. Se résigner à être figés par la loi et les règlements est un choix lourd de conséquences pour la société, que nul responsable politique ne pourra assumer.

La sécurité alimentaire : sur le bulletin c’est bien, dans le caddie c’est mieux !

L’Union suisse des paysans (USP) a rapidement fait comprendre au monde politique qu’elle n’était pas la seule à se préoccuper de la sécurité alimentaire dans notre pays. En seulement 5 mois, elle a récolté les 150’000 signatures pour son initiative et a démontré, ainsi, l’intérêt et le soutien de la population.

 

L’article qui dit tout mais ne fait rien

Chercher des contre-arguments serait faire preuve de mauvaise foi. Si l’application soulève des interrogations, les objectifs semblent faire l’unanimité, pour garantir l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires : la préservation des terres et des ressources, une production adaptée aux conditions locales et aux exigences du marché, des relations commerciales transfrontalières qui contribuent au développement durable et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Un concept global, qui va de la fourche à la fourchette ou du champ à l’assiette.

L’énoncé est simple, les objectifs sont clairs et le chemin paraît tracé. Pourtant, les parties prenantes sont, elles, bien nombreuses et si le citoyen est amené à se prononcer sur un article constitutionnel, ce sont les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs qui vont devoir se mettre à table pour que l’engagement devienne réalité.

 

L’écrire, c’est bon pour la conscience. Le faire, c’est bon pour l’avenir

Inscrire la sécurité alimentaire dans la Constitution en revient davantage à afficher de bonnes intentions qu’à agir concrètement pour préserver nos terres agricoles et nos ressources. Tant que nous préférerons acheter du porc élevé juste derrière la frontière, au porc élevé par nos producteurs, nous encouragerons une diminution de la production locale avec, à la clé, des pertes au niveau économique, au niveau de l’emploi, du savoir-faire et nous nous rendrons de plus en plus vulnérables.

Si le Conseiller fédéral Schneider-Amann a déjà annoncé qu’en cas de oui, le contre-projet n’aura pas de conséquences pratiques immédiates, le peuple peut déjà influencer les décisions des distributeurs par ses préférences de consommateurs, sans demander que la plaine de l’Asse devienne un champ de bananes mais en focalisant son attention sur les aliments disponibles dans nos contrées.

 

La solution passera par une réduction des coûts

Un encouragement à la production suisse par une consommation responsable serait un premier pas important. Mais la solution passe aussi par des mesures pour réduire les coûts de production et les tâches administratives. Que ce soient les critères de construction et de production imposés par certains distributeurs, les contraintes administratives auxquelles sont soumis les agriculteurs ou encore la difficulté à trouver de la main-d’œuvre, sans parler des contraintes liées à l’aménagement du territoire ;  les perspectives sont de plus en plus sombres et l’image dont usent les publicitaires correspond de moins en moins à la réalité du monde paysan.

Il va falloir aimer le travail en équipe car seul, personne ne fera progresser la situation alors que tout un chacun bénéficiera de son amélioration. La transparence dans le domaine de l’origine des matières premières, l’abandon de critères excessifs en matière de construction des exploitations agricoles, la simplification des mesures administratives, ou encore une collaboration directe et constante entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ; ce sont quelques mesures qui permettraient aux familles paysannes d’entrevoir de meilleures perspectives et d’envisager des investissements à long terme, permettant ainsi aux générations futures de poursuivre l’activité.

La vieille prévoyance

Nous attendions une réforme en phase avec notre temps. Flexibilité, équilibre des 3 piliers, équité de traitement, respect du contrat intergénérationnel. Voilà ce que la société demandait ! Le Conseil fédéral l’avait promis. Mais le résultat n’est pas à la hauteur. On dirait que les architectes de ce projet avaient pour mission la mise à mort de l’AVS. Certains se réjouissent déjà de voir le système s’écrouler. Ils ont tort, les solutions existent. Et elles seront possibles si le peuple refuse ce projet le 24 septembre prochain.

 

La réforme proposée : arroser sans cibler, ni compter

Dans le rouge depuis 2014 et annonçant 766 millions de perte en 2016 encore, les résultats de notre AVS sont préoccupants. Ils pourraient devenir alarmants si aucune mesure n’est prise. Nous sommes confrontés à une espérance de vie plus longue, à l’arrivée des baby-boomers à la retraite et au souhait de bon nombre de citoyens de prendre leur retraite quelques années avant l’âge de référence.  Tant mieux ! Pourtant, de l’autre côté de la balance se situent les actifs, ceux qui travaillent et versent des cotisations pour pouvoir financer les rentes. Ceux-là sont de moins en moins nombreux : 6.5 cotisants pour 1 rentier en 1948, 2.3 cotisants pour 1 rentier en 2035. Nul besoin d’être un génie en mathématiques pour constater qu’il y aura toujours plus d’argent qui sort que d’argent qui ne rentre. Trois solutions se profilent pour maintenir l’équilibre : soit on cotise davantage, soit on diminue les rentes, soit on recule l’âge de la retraite.

Dans ce contexte, augmenter les rentes des futurs retraités de CHF 70.- pour compenser la baisse du taux de conversion dans le second pilier  va à l’envers du bon sens et n’améliore pas véritablement la situation des personnes dans le besoin. Les retraités actuels ne bénéficieront que marginalement de cette augmentation, car elle est déductible des prestations complémentaires pour ceux qui en touchent (donc sans effet réel), et elle est imposable pour ceux qui paient des impôts.  Et tous paieront davantage puisqu’ils contribueront, via l’augmentation de la TVA également prévue dans ce projet, au financement de la présente réforme. Les études de cas concrets démontrent déjà qu’au final, le revenu des retraités ne sera pas plus important qu’aujourd’hui, alors que le coût supplémentaire à charge des personnes qui travaillent se chiffrera à 1,4 milliard de francs par année.

 

Le comble d’une réforme sur la prévoyance : l’absence de pérennité

L’objectif du Conseil fédéral était double : maintenir durablement les rentes à leur niveau et assurer la santé financière des 2 principaux piliers. Le premier objectif est loin d’être rempli puisque la perte annuelle sera déjà de 3 milliards en 2030 avec cette réforme. Dans ce contexte, le niveau des rentes ne pourra pas être maintenu, à moins d’accepter un endettement constant au détriment des générations futures. La réforme passe également à côté du second objectif, en proposant d’augmenter les rentes au détriment de la santé financière du 1er pilier. L’ajustement de l’âge de retraite des femmes, l’augmentation de la TVA ou encore l’adaptation des charges sociales ne permettront pas de compenser ce surcoût. La pérennité est pourtant essentielle dans le domaine de la prévoyance : la réforme doit être durable, sans quoi elle ne respecte plus le contrat intergénérationnel et ne peut qu’être rejetée par celles et ceux qui la financent.

 

Un refus pour garantir l’équilibre

La réforme comprend aussi des mesures qui visent à garantir l’équilibre recherché dans notre système de prévoyance. Il s’agit de l’alignement de l’âge de retraite des femmes à celui des hommes, du renforcement du financement des rentes ou encore de la plus grande flexibilité prévue pour anticiper ou reporter sa retraite. Même s’il convient de saluer ces mesures, elles ne permettront pas de maintenir l’AVS à flot durablement. La réforme que nous voulons est  celle qui garantira le niveau des prestations et assurera un équilibre pérenne entre les générations. Pour ce faire, la solution consiste à procéder par paquets en séparant strictement le premier et le deuxième pilier. Dans un premier paquet se retrouveront l’uniformisation de l’âge de la retraite à 65 ans, le financement de l’AVS par un prélèvement sur la TVA et la flexibilité de l’âge pour partir à la retraite. Le second paquet permettra, quant à lui, de renforcer le 2ème pilier grâce à une baisse rapide du taux de conversion, à la garantie que le système ne désavantage plus l’emploi multiple ou  à temps partiel ou encore à encourager l’emploi de collaborateurs plus âgés par un aplanissement des prélèvements salariaux.

 

Un rejet tourné vers l’avenir

L’expérience montre que nous ne pouvons nous passer de réforme mais celle-ci est déséquilibrée et les échecs seront encore nombreux si l’on persiste sur cette voie. Comment convaincre les actifs de payer davantage si en même temps on scie la branche sur laquelle ils sont assis ?  Il faut une réforme de l’AVS qui n’accélère pas la chute du système et qui tienne enfin compte du nombre d’années d’activité (également pour l’éducation des enfants), de la pénibilité du travail ou encore qui favoriserait les cotisations supplémentaires. Refusons cette réforme qui ne procure aucun avantage pour construire une nouvelle réforme profitant à tous.

La LRens cible les ennemis de nos libertés

Entre respect de la sphère privée et garantie de la sécurité, les auteurs de la loi sur le renseignement (LRens) ont dû peser chaque article, afin d'en faire une protection face aux menaces actuelles, sans tomber dans l’extrême de la surveillance généralisée, pratiquée par d’autres.

Préservés, nous ne le sommes pas. Par nos valeurs et notre comportement, nous représentons ce que certains ennemis, les terroristes en particulier, rejettent. Peu importe le profil, le nombre ou le lieu, atteindre la cible représente leur victoire et la peur ou l'enfermement sont les symboles de notre défaite.

 

La liberté : un droit qu'il faut garantir

Alors que le terrorisme a fait plus de 270 morts en Europe en une seule année, personne ne peut nous reprocher d’être envahis par la peur lorsque nous apprenons la survenance d'un attentat à quelques kilomètres de chez nous, sur une place que nous avons fréquentée, touchant des individus de moins en moins anonymes à nos yeux. La peur nous enferme, elle nous prive de liberté et nous en venons à mesurer à quel point la liberté n'est jamais acquise. Elle est un droit mais aussi un combat du quotidien, voire un devoir envers les générations futures.

Reprocher à la Loi sur le Renseignement de porter atteinte à notre sphère privée est la réaction naturelle de tout défenseur des libertés, craignant une surveillance généralisée. Mais être libéral, c'est défendre la liberté responsable et consciente. Quand bien même nous la voudrions totale, elle se veut parfois dictée pas un contexte que nous ne pouvons maîtriser et qu’il serait fatal d’ignorer. Le terrorisme, quant à lui, ne peut nous ôter la liberté mais, par ses actions, il parvient peu à peu à nous contraindre d’y renoncer. Loin des réactions émotionnelles, la Suisse reste timide mais prend les menaces aux sérieux et réagit. A la surveillance généralisée pratiquée par certains, la loi suisse préfère la recherche ciblée des informations et met en place un système nécessitant l'aval de trois instances avant de donner l’autorisation de rechercher des informations. Nul doute que cela calmera la ferveur des plus téméraires.  Si certains se sentent encore épiés, ce doit être qu'ils font partie de la dizaine de cas touchés par ces mesures par année.

 

La sécurité : un service et non un droit

Entre sécurité et liberté, il n'y a ni opposition, ni comparaison. La sécurité est un service, la liberté est un droit qui s'applique où que l'on soit. Il n'y a d'ailleurs pas lieu de penser réduire l'un pour renforcer l'autre et comme disait déjà Franklin "Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre et finit par perdre les deux". L'Etat n'a aucun intérêt à réduire la liberté, il a pour mission de garantir la sécurité et si la frontière est parfois difficilement perceptible, il est le premier gagnant lorsque les citoyens sont libres et responsables. 

Responsable, l'Etat l'est aussi et l'ignorance pratiquée n'est pas digne d'un État prenant à cœur sa mission de protection des citoyens. L'ignorance ne garantit pas la sécurité et nos voisins l'ont bien compris puisque les services d'espionnage étrangers viennent se servir sur notre territoire, sans véritablement se poser de questions à propos de notre sphère privée, ni même de ce qu'en pense notre gouvernement.

 

Se doter de moyens adaptés et cohérents

La cible est claire et peu de personnes se sentiront visées, à moins qu’elles ne pratiquent le terrorisme, l’espionnage, la prolifération d’armes de destruction massive ou qu’elles ne préparent des attaques contre des infrastructures critiques.

Le but aussi est clair. La LRens est appelée à organiser la nouvelle répartition des tâches dans le domaine du renseignement ; elle répartit les rôles et les missions entre les différents acteurs de la lutte contre le terrorisme et remplacera la loi fédérale instituant des mesures visant au maintient de la sûreté intérieure, ainsi que la loi fédérale sur le renseignement civil.

Nous ne pouvons attendre de l'Etat qu'il garantisse notre sécurité face aux menaces ciblant notre modèle de société, tout en lui refusant les moyens nécessaires pour accomplir cette mission. Refuser cette loi reviendrait à exiger de la Confédération qu'elle nous protège armée de glaives et de boucliers, face à une division de blindés. Lorsque les dangers évoluent, les outils pour se protéger doivent évoluer dans le même temps, sans quoi nous deviendrons de plus en plus vulnérables, au détriment de notre bien-être, de notre liberté et de notre stabilité, tant politique, qu’économique.

 

Préférons la clairvoyance à l'ignorance, car nos ennemis ne sont pas sans savoir.

Se reposer ou être libre

Une citation de Thucydide pourrait prendre tout son sens dans le débat actuel sur le revenu de base inconditionnel, "Il faut choisir, se reposer ou être libre". Détachée de toute époque, cette citation met en évidence notre relation à notre existence au-delà de notre relation au travail quotidien.



L'abandon n'est pas une solution

Effrayés par la révolution numérique, les initiants préfèrent abandonner plutôt qu'innover. Nous sommes à un tournant et avons la possibilité, soit de créer de nouveaux emplois, soit simplement de renoncer aux nôtres. Si certains préfèrent l'option de la simplicité, ils doivent être conscients qu'ils incitent, non seulement à renoncer à notre travail, mais aussi à notre savoir, à notre indépendance, à nos valeurs, pour faire de chaque individu, non plus un être indépendant mais un rentier soumis au diktat d'un Etat qui ne lui fait plus suffisamment confiance.



La liberté apporte davantage de dignité que la rente

La dignité est un principe cher à la droite. Ce sont les radicaux qui se sont battus pour que la dignité ne soit pas une exclusivité ou le privilège des classes les plus aisées, mais bien qu'elle soit le moteur de notre société libérale et équitable. Ce sont les radicaux qui ont convaincu de l'importance d'un filet social et qui ont su construire un système capable d'attribuer une aide aux citoyens dans le besoin, sans pour autant rendre tout un chacun dépendant de l'Etat. Le revenu de base inconditionnel ne contribue pas à la dignité, il contribue à l'enrichissement personnel, et met ainsi fin à un système de solidarité. Verser un revenu de CHF 2'500.- par mois à un patron gagnant déjà dix fois ce montant et verser le même montant à une personne invalide n'ayant pas la possibilité de vivre du revenu de son travail n'a rien de rationnel, c'est une absurdité.





L'abandon de valeur qui a un coût

Si les chiffres effraient tant ceux qui pourraient être séduits par un revenu de base inconditionnel, ce dernier va rapidement les ramener à une réalité, loin de toute idéologie. Car, vouloir renoncer à la relation entre le travail et la valeur de celui-ci n'est pas sans conséquences financières, bien au contraire. Ce ne sont pas les mieux lotis qui vont s'en plaindre puisqu'ils verront leur revenu augmenter de CHF 2'500.- par mois, mais ce sont tous ceux que nous dissimulons derrière des chiffres pour nous éviter de penser qu'ils sont nos voisins, nos amis, nos parents, nos enfants. Une fois les économies promises réalisées, nous pourrons alors véritablement manquer de parler des abus dans les assurances sociales et sortir notre masque de la honte car nous aurons privé des individus et des familles dans le besoin d'aides entre 18 et 140 milliards,  pendant que nous nous verrons attribuer un revenu sans condition, sans effort.  





La Suisse qui se couche

Alors que nos voisins rêvent de se lever tôt pour aller travailler et contribuer à la croissance de leur pays, la Suisse deviendrait, si cette proposition venait à être acceptée, la victime d'une révolution numérique dont elle aura manqué d'en faire une opportunité. Bien loin du paradis promis par les initiants, ce sont les portes de l'enfer qui nous sont ouvertes. Notre Suisse qui occupe les premières places en matière d'innovation prendrait dorénavant ses aises en queue de peloton. Les rois du travail que nous sommes deviendraient les rois de la paresse. Notre label suisse saurait convaincre seuls les plus médiocres… Ceci jusqu'au jour où nous devrions aller frapper à la porte de l'Europe en demandant de l'aide pour financer notre système idéal et nous nourrir, car la Suisse ne serait plus qu'une coquille vide. Vide de savoir, vide de valeurs, vide d'ambitions, vide de rêves.



Mais nous avons encore le choix, nous reposer ou être libres

La fusion fait la force

La fusion est un outil qui a prouvé son efficacité pour répondre à des problèmes financiers, politiques ou encore administratifs. Dans le cas présent, elle est une opportunité pour renforcer une région. Le préfet de la Gruyère, Patrice Borcard, a fait preuve de son sens politique, a démontré son courage et surtout sa passion pour la région plutôt que pour son siège, puisque le terme fusion éveille d'abord la hantise face à une possible perte d'identité, la résistance au changement ou encore la crainte de voir disparaître l'ambiance villageoise. Ces réactions sont naturellles et une fois l'émotion passée, nous pouvons et devrions tenir compte de la réalité. Qu'avons-nous maintenant?

 

25% des conseillers communaux ont démissionné durant la législature

L'engagement politique, le travail de milice sont devenus, pour bon nombre, synonymes de sacrifice plutôt que de service à la société, non pas en raison du manque d'intérêt pour la tâche mais en raison du manque de reconnaissance et de la difficulté à assumer les responsabilités qui accompagnent la fonction. Celui qui s'engage ne compte pas le temps et il vaut mieux ne pas compter le retour sur investissement. Seuls les passionnés et les fous veulent bien s'y lancer et, dans certaines conditions, l'engagement politique des miliciens a atteint ses limites. Limites prouvées par les chiffres, alarmants, en Gruyère, où nous dénombrons 25% de démission dans les conseils communaux depuis les dernières élections, le double de la précédente législature.

 

21'500 habitants à Bulle, 1'250 habitants dans le Haut-Intyamon

Le déséquilibre se fait sentir entre les régions. Développer une commune, Bulle en l'occurence, semble être une évidence au vu de sa force économique. Pourtant, une ville se développe aussi grâce à l'attractivité de la région. Telle une entreprise, une région se développe par pôle. Nous y trouvons le tourisme, l'agriculture, l'économie, le sport et chaque pôle est essentiel à la stabilité de la région. Renforcer l'une des villes, sans veiller à la stabilité globale revient à affaiblir toutes les villes et/ou villages alentours, au détriment de la région.

 

1 district, 70 associations et ententes intercommunales

En Gruyère, comme dans bien d'autres régions, la régionalisation est déjà effective. Que ce soit en termes d'écoles, d'EMS, de mobilité, de soins à domicile, de service social…. des associations existent pour chacun de ces domaines et rassemblent toutes les communes qui, finalement ne sont totalement indépendantes que pour des tâches secondaires.

 

Avant la fusion, 33 sociétés de jeunesse. Après la fusion, 33 sociétés de jeunesse

Les fanfares, les choeurs, les clubs sportifs ou culturels, les associations, les sociétés de jeunesses sont les premières concernées par cette fusion. Non pas parce qu'elles sont appelées à disparaître, surtout pas. Parce qu'elles sont appelées à se développer et à gagner la place qu'elles méritent, celle de poumon de leur commune.

Telle que proposée dans le projet de fusion, la région pourrait compter sur une instance régionale pour avoir une vision globale. En parallèle, des administrations communales géreraient tant la partie administrative que la partie technique. Cette proposition ressemble étrangement à la réalité et revient à officialiser une situation déjà en vigueur et à organiser l'avenir, en tenant compte des défis.

Les “bonnes” résolutions de 2016

Alors que Madame et Monsieur Tout-le-Monde ont l'intention de boire moins et de bouger davantage en 2016, l'État a, lui, l'intention de faire tout le contraire : s'engraisser et centraliser.

Le régime selon l'Etat


Exit le régime détox d'après-fête, le régime étatique plaira aux plus gourmands. En 2016, comme durant les années précédentes, ce sont plus de 1'000 pages contenant de nouvelles lois et réglementations qui verront le jour. Si la suractivité de nos élus renforce notre foi en la démocratie, il en découle souvent une atteinte à la responsabilité individuelle, à la souveraineté des cantons, à nos libertés et c'est désormais l'État qui semble perdre toute confiance en chacun de nous.

Au menu : interdictions et réglementations



Les changements sont nécessaires. Mais derrière les bonnes intentions, se cachent des modifications du système beaucoup moins réjouissantes. En 2016,  les banques se verront imposer de nouvelles contraintes en matière de publicité. La protection du consommateur aura été un argument pour restreindre la liberté des acteurs économiques, avec une loi qui ne parvient pas même à contenter les milieux de la prévention.  Toujours en 2016, la disparition du statut d'artiste de cabaret est  également une mesure limitant la liberté de commerce et condamnant la majorité, alors qu'une récente étude menée par l'Office fédéral de la police (Fedpol) relève que les cas de prostitution forcée sont relativement rares. L'interdiction généralisée semble avoir été préférée pour lutter contre la traite d'êtres humains, quand bien même des mesures ciblées seraient plus efficaces et plus justes. Au programme 2016 également, de nouvelles restrictions sur le paiement en espèce, sur la circulation routière ou encore sur le tri des déchets. De quoi se demander si les restrictions ne présageraient pas la disparition imminente du bon sens ?

Un État qui a de l'avenir



Si le constat est morose, la jeunesse a tout en main pour entreprendre des changements et redonner à l'État la forme qui le rend efficace et réactif,  pour assurer la sécurité, garantir la santé publique, permettre l'accès à la formation. Cet État est celui qui fut pensé et voulu par les radicaux au moment de le fonder et s'il mérite des réformes, il ne devrait pas s'éloigner de son rôle, qui est celui de permettre, à chaque citoyen, de vivre en liberté et en sécurité. Plus de libertés, moins d'État ne signifie en aucun cas de combattre l'État, mais bien de le renforcer, en redonnant sens à ses fonctions. Il n'est pas un couvercle au-dessus de chaque citoyen, mais un filet qui encourage chacun à entreprendre et qui permet d'assurer la dignité, en cas de besoin.



A nous d'inverser la tendance et de prendre de véritables bonnes résolutions en 2016.