2019, l’année des comptes

L’année qui commence sera une année où les citoyennes et citoyens pourront demander des comptes. Les élections fédérales d’octobre seront un moment clef. Sommes-nous satisfaits des décisions prises et des projets mis en route par nos élu-es à Berne? Les membres du Parlement ont-ils respecté leurs engagements pris 4 ans plus tôt ? Demander des comptes fait partie de notre cahier des charges de citoyen-nes et, bonne nouvelle, la technologie nous facilite grandement la tâche. Les canaux pour contacter nos représentants sont nombreux et efficaces. Certains sont exemplaires dans leur réactivité et le respect pour les questions posées, d’autres le sont moins. Mais le prix de la « non-réponse » va continuer à grimper et ceux qui prennent le temps de répondre à leur électorat avec transparence et honnêteté seront récompensés.

Pour le Valais, 2019 rime également avec le début des travaux de la Constituante. Les 130 élu-es ont la belle et difficile mission de ré-écrire entièrement la Constitution du canton. Le processus est exceptionnel, il a lieu une fois par siècle, la Constitution actuelle datant de 1907. Ce processus implique une responsabilité historique des élu-es : ne pas travailler en vase clos, mais ouvrir la participation à la Cité, là où chacun peut demander des comptes. Comme nous l’écrivions avec Johann Roduit, le Valais peut s’appuyer sur toutes les expériences passées, notamment les cantons voisins, pour réaliser la révision la plus participative possible.

Pour ce faire, les Constituant-es doivent se doter d’un projet de participation citoyenne ambitieux. Il repose sur deux piliers : des rencontres citoyennes dans les villes et villages du canton, et une plateforme numérique pour recueillir les idées et commentaires sur les travaux en cours. La conjonction de ces rencontres « physiques » et de la mise à disposition en ligne représente une opportunité majeure de stimuler notre intelligence collective. Au terme de ce processus, toute la population devrait pouvoir affirmer avec conviction qu’il s’agit de “sa” Constitution. Chacun a réfléchi, participé, débattu et finalement voté. Dans 4 ans, nous devrions y voir la réussite collective d’un canton. Peut-on imaginer meilleur investissement pour la confiance des citoyens dans leurs institutions et dans leur futur ? La littérature scientifique sur les processus constitutionnels souligne les bienfaits collectifs de cette participation en termes de confiance dans les institutions et de renforcement d’appartenance à un projet commun*. Le jeu vaut toutes les chandelles et les Valaisan-nes feraient bien de demander des comptes à leurs Constituant-es.

 

*Pour une vue d’ensemble, E. Karamagioli et al., “Participatory Constitutional Design:A Grassroots Experiment for (Re)Designing the Constitution in Greece” (2017)

 

 

Johan Rochel

Johan Rochel

Dr. en droit et philosophe, Johan Rochel est chercheur en droit et éthique de l'innovation. Membre associé du centre d'éthique de l’université de Zürich et auteur au think-tank foraus, il travaille sur l'éthique de l'innovation, la politique migratoire et l'Union européenne. Le Valaisan d'origine vit avec sa compagne et ses deux enfants entre Monthey et Zürich. Il a co-fondé "ethix: Laboratoire d'éthique de l'innovation" (www.ethix.ch)

4 réponses à “2019, l’année des comptes

  1. Orthographe épicène ? Comment peut-on avoir fait des études dites supérieures et massacrer la langue de cette manière ? Quelle ignominie !

    Enfin, l’avantage, c’est que l’on sait de suite vers quel bord politique vont vos préférences…

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