Et soudain, la réalité fait sens

Le Vieux Pays: la route vers le col du Simplon (photo: Clare66)

C’était en 2013 et Angela Merkel recevait son homologue américain Barack Obama pour une longue visite à Berlin. Au tournant d’une conférence de presse, la chancelière allemande a cette formule qui fera date: «Internet, c’est pour nous tous un nou- veau monde» (Internet ist für uns alle Neuland). Internet, une terre à découvrir, une nouveauté qui débarque dans nos vies, un événement dont l’arrivée mérite d’être proclamée. En 2013, vous avez bien lu.

Symbole du décalage entre le temps politique et la réalité économique et sociale? Certainement. Et pourtant, nous souffrons d’un même syndrome lorsque nous traitons de migration en 2017. Nous semblons découvrir la réalité d’un monde fait de mobilités. Attention, voici venir les migrants! Ils vont bouleverser notre pays et nos modes de vie, réinter- préter nos traditions et se marier avec nos enfants. Bien sûr que les migrants feront tout cela. Ils l’ont toujours fait et continueront à le faire. Comme la chancelière allemande avec internet, nous proclamons l’arrivée d’un nouveau monde déjà bien ins-tallé. L’ordre naturel des choses et des êtres semble voler en éclats. Et pourtant, la réalité nous a rattrapés depuis bien longtemps.

Voir la migration comme une perturbation d’un monde statique traduit avant tout une conception erronée de la réalité. Dans la longue histoire humaine comme dans la multitude de nos destins indivi- duels, le changement, le mouvement, la mutation jouent un rôle prépondérant. L’ordre des mobilités décrit au mieux la réalité de l’aventure humaine. Et c’est depuis cette perspective que nous devons appréhender la volonté des femmes et des hommes de créer des communautés politiques avec des systèmes démocratiques et des mécanismes de solidarité. Ces tentatives très légitimes d’instaurer de la stabilité et de la pérennité s’inscrivent dans un ordre de mobilités qui les dépasse.

Embrasser cette part de nous

Accepter ce renversement de perception rendra la réalité beaucoup plus sensée et l’action plus cohérente. Plus sensée tout d’abord, car les défis migratoires auxquels nous sommes confrontés se montreront dans leur profonde réalité. Tant qu’il y aura des conflits et des situations désespérées, les victimes chercheront refuge auprès d’autres communautés politiques. Et tant que l’humain souhaitera améliorer ses conditions de vie pour lui et ses proches, il se mettra en route vers les horizons qui lui offrent le plus de perspectives. Dans cette quête, il ira systématiquement vers les lieux de prospérité économique capables de permettre une amélioration de sa qualité de vie.

Vouloir nier ces forces fondamentales que sont le désir de sécurité et celui de prospérité revient à une méconnaissance de la nature humaine. Pour en prendre la mesure, il suffit de questionner honnêtement le comportement que chacun d’entre nous adopterait le cas échéant. Dans un flashback vertigineux, imaginez que vous rembobiniez votre vie jusqu’au moment précédant votre naissance. Sans savoir dans quel pays vous allez venir au monde, seriez-vous prêt à accepter les règles migratoires actuelles? Qui s’engagerait la main sur le cœur à ne jamais tenter de migrer? Qui continuerait à affirmer que les migrants sont des criminels lorsqu’ils tentent de franchir des frontières? Sans savoir de quel côté de la frontière nous naîtrions, la prise de risques serait énorme.

Les mobilités sont une réalité, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont aisées, sans contraintes et sans déchirement. Tout à l’inverse, mais les grandes et les petites histoires nous rappellent au quotidien que les humains sont prêts à de grands sacrifices pour améliorer leur vie. L’accepter et le reconnaître, c’est le premier pas vers des actions plus cohérentes pour répondre aux trois chantiers principaux s’imposant aux rési- dents des pays de destination.

Pour davantage de cohérence

Le chantier de la solidarité tout d’abord. Pour des Suisses qui ont fondé une société sur la défense de la liberté et de la dignité humaine, la souffrance existentielle d’autrui nous oblige, elle exige de nous une action responsable. Cet effort ne sera pas gratuit et nous ne pouvons espérer un hypothétique «retour sur investissement». Aider et secourir coûtent de l’argent, reconnaissons-le une fois pour toutes. De même, cet effort de solidarité que nous devrions mener avec fierté n’exige pas que nous devenions des saints ou des héros: faisons la juste part qui est la nôtre et ins- pirons les autres nations à faire de même.

Le chantier de la juste compétition ensuite. La mobilité des femmes et des hommes, leurs rêves et leurs compétences, sont un moteur très puissant de prospérité économique. Aucune frontière n’arrêtera l’envie d’améliorer sa vie, tout au plus parvient-on à marginaliser et fragiliser ceux qui seront toujours prêts à faire monter les enchères. A l’inverse, la piste la plus prometteuse consiste à organiser la mobilité professionnelle pour qu’elle soit à l’avantage de tous migrants, pays de destination, pays d’origine. Pour ce faire, elle doit être juste et équitable. La liberté de mettre sa force de travail à disposition doit être sauvegardée, tout en assurant une juste compétition. En politique nationale et cantonale, les forces constructives devraient s’allier pour exiger un renforcement des mesures de contrôle.

Le chantier de la démocratie finalement. Les parcours migrants sont multiples – tellement multiples que le simple mot de «migrant» est devenu inopérant. Nous avons tous un chapitre migratoire dans notre histoire familiale et personnelle. Dire que nous sommes «migrants», c’est à peu près reconnaître que nous sommes «humains». La distinction entre migrant et Suisse est devenue particulièrement problématique en termes politiques: près de deux millions de personnes résidentes n’ont pas le droit de co-décider des affaires de la Cité. Ils travaillent, paient des impôts et respectent la loi, mais n’ont rien à dire sur la marche du pays. C’est le scandale de notre démocratie, une faute majeure que nous tolérons depuis trop longtemps. Le principe démocratique est pourtant limpide: tous ceux qui participent au projet de société doivent avoir des droits politiques, sans plus, ni moins. S’il saisit la chance d’une nouvelle Constitution, le Valais aura une opportunité historique de s’approcher de cette vraie démocratie. Mais en vue de préparer cette échéance, les communes courageuses peuvent déjà ouvrir de nouveaux terrains d’expérimentation.

En parcourant la Suisse avec l’«Atelier d’éthique sur l’immigration», j’ai pu voir la diversité des idées à l’œuvre. Si le canton de Neuchâtel et ses communes possèdent un trésor d’expériences en matière de participation politique pour tous les résidents, nous pouvons également nous inspirer du «Conseil des étrangers» mis en œuvre à Kreuzlingen en Thurgovie. Mis en place par les autorités communales, ce conseil a pour mission de conseiller les autorités et de faire valoir les opinions des personnes pour l’heure exclues de la démocratie. De même, pourquoi ne pas explorer les promesses de nouvelles formes de participation politique que nous ouvrent les nouvelles tech- nologies? Quelle commune aura le courage d’ouvrir ses stratégies et ses choix à la critique citoyenne par le biais d’un processus de «crowdthinking» ouvert à tous les résidents?

Eté 2017: ces expérimentations sont à notre portée, il suffit de montrer sa volonté politique. Cela tombe bien, le Valais vient de renouveler l’ensemble de ses forces politiques. A eux, et à nous, de prendre ces trois chantiers à bras-le-corps pour montrer que celui qu’on appelle encore le «Vieux-pays» peut être à la hauteur de son histoire et de ses idéaux.

Article paru dans le Journal du Centre Suisses-Immigrés Valais

Pour aller plus loin dans ce Neuland:
foraus – Forum de politique étrangère «Neuland: Schweizer Migrationspolitik im 21. Jahrhundert»
(NZZ Libro, 2017)

Johan Rochel

Johan Rochel

Dr. en droit et philosophe, Johan Rochel est chercheur en droit et éthique de l'innovation. Membre associé du centre d'éthique de l’université de Zürich et auteur au think-tank foraus, il travaille sur la diffusion de l'innovation, la politique migratoire et l'Union européenne. Le Valaisan d'origine vit avec sa compagne et ses deux enfants à Zürich. En 2017-2018, il sera à l'université de Tokyo et à l'Institut suisse de Rome.

7 réponses à “Et soudain, la réalité fait sens

  1. Votre discours a une certaine logique. Mais vous vous placez uniquement du côté des migrants. Vous avez tort d’oublier la position des autochtones.

    Je suis convaincu que nous allons bientôt atteindre le point de rupture, où la menace représentée par l’afflux de migrants deviendra insupportable pour les autochtones qui exigeront alors la fermeture des frontières. A ce moment là la “Nazikeule” ne fonctionnera plus.

    Viktor Orban et les dirigeants du groupe de Visegrad l’emporteront alors sur Angela Merkel.

    Je vous suggère d’écouter la récente émission “Répliques” d’Alain Finkielkraut avec Renaud Camus et le démographe Hervé Le Bras. Ce démographe, que j’apprécie très peu idéologiquement, a fait une observation scientifique du plus haut intérêt. Il a relevé que les migrants qui viennent chez nous ne sont pas des miséreux. Le paysan africain très pauvre reste dans sa brousse. Ceux qui se déplacent sont ceux qui ont malgré tout une certaine épargne et un certain niveau d’études. Par conséquence ces gens vont être immédiatement une concurrence directe pour la petite classe moyenne européenne.

    C’est une menace plus grave et plus perceptible que celle de l’Islam, qui fait déjà si peur,

    C’est là que je vois se profiler à l’horizon un basculement où ce que dans vos milieux on appelle les “xénophobes”, vont devenir majoritaires. Comme ils le sont déjà au Tessin, où réellement la survie économique de la classe moyenne locale est en jeu.

  2. Il y a une autre chose à dire sur ce sujet: il y a un jugement moral à porter sur ceux qui comme vous, Johan Rochel, et comme la majorité de l’establishment politique et médiatique de nos pays, donnent leur consentement au changement de peuple en train de s’opérer.

    Leur attitude est une trahison abjecte envers leur propre peuple, qui si l’on ne ferme pas les frontières au plus vite, va être démographiquement remplacé par d’autres peuples. Ceci est un fait. Si on continue comme ça avec le sans-frontièrisme, dont Johann Rochel est un des militants les plus fanatiques, les peuples européens blancs et chrétiens seront génocidés par substitution démographique et civilisationnelle.

    Les immigrationistes donnent leur consentement à ce génocide. En celà ils se rendent coupables de la même faute morale que ceux qui ont donné leur consentement au mesures raciales du régime nazi.

    Je m’explique: le peuple allemand avait consenti à l’accession au pouvoir d’Hitler parce que les gens avaient besoin de sortir du marasme. Pour autant, la majorité des Allemands n’a pas voulu la persécution des Juifs. Mais beaucoup de gens ont préféré fermer les yeux sur les camps de concentration, tant ils tenaient à cette prospérité retrouvée sous le IIIème Reich. Ce faisant ils ont été indifférents aux persécutions que subissaient certains de leurs concitoyens, les Juifs, désormais exclus de la vie sociale.

    Les immigrationistes font exactement la même chose. Ils ont accepté d’élire des gens qui pensent comme Johann Rochel, c’est à dire qui acceptent de remplacer la population européenne par une autre. Les électeurs européens ne veulent pas ce remplacement. Ils sont inquiets. Mais pour se rassurer ils préfèrent faire la politique de l’autruche (comme les Alleamnds sous Hitler) et fermer les yeux tant ils sont terrorisés par le chantage économique dont ils sont victimes. On leur dit: vous n’avez pas le choix. La globalisation exige cette diversité, ce métissage, cette mobilité. Si vous la refusez ce sera une crise économique épouvantable. Tout va s’écrouler. Vous perdez vos emplois. Vous perdrez tout.

    C’est ainsi que les populations acceptent passivement leur extermination ethnique, par résignation, et par crainte du lendemain. Par lâcheté aussi. Ainsi ils font preuve de dureté de cœur, ne se souciant pas des souffrances qui seront subies par leurs frères dans les générations à venir. De meme les Allemands, pour les mêmes raisons, faisaient preuve de dureté de cœur en ne se souciant pas outre mesure des souffrances subies par les Juifs.

    Ceci doit être dit.

    On peut avoir à la limite une certaine indulgence pour ces électorats et populations soumises, violées par la propagande politique. Mais on ne peut avoir aucune indulgence pour les coupables: ceux qui, comme Johann Rochel aujourd’hui, ou comme les idéologues et propagandistes nazis, s’engageaient jouaient activement pour une politique préparant un génocide, tout en tentant de le présenter comme quelques choses, finalement, de pas si grave.

    Johann Rochel et les autres coupables devront un jour rendre compte de leur crime, devant leur Dieu certainement. Mais peut-être même devant des tribunaux humains. Comme c’est arrivé aux criminels nazis à Nuremberg. Dans ce genre de situations historiques les jugements sont sans indulgence.

    Pensez-y monsieur Rochel.

  3. Je suis obligé de remettre la compresse, parce que je viens de lire votre article scandaleux dans Le Temps, où vous critiquez la politique migratoire du Japon, pays dans lequel vous avez fait un séjour récemment.

    Le Japon a une politique migratoire TRÈS restrictives parce que les élites japonaises, contrairement aux nôtres, sont conscientes de leurs devoirs envers leur propre peuple et donc prennent des mesures pour que le peuple japonais reste japonais.

    Chez nous en Europe nous avons des élites dirigeantes, et une intelligentsia post-moderne irresponsable et criminelle, dont vous êtes très représentatif, qui poursuivent une politique génocidaire visant à exterminer les peuples autochtones, en les remplaçant par une immigration massive, le métissage et là soi disant diversité.

    Vos prises de position sont à l’évidence coupables et aberrantes et le jour viendra où ceux qui ont été complices de ces crimes ou qui les ont perpétrés activement par leur activité législative, gouvernementale ou autre, devront répondre de leurs actes. L’histoire vous rattrapera. Soyez en certain. Et elle vous demandera des comptes.

    La politique japonaise de contrôle de l’immigration est la seule légitime et c’est celle qu’on aurait dû suivre en Europe aussi, si on avait eu des dirigeants qui ne soient pas dans la haute trahison permanente. Et la haute trahison est toujours punissable parce que c’est d’ordre public, Monsieur le docteur en droit. On sait bien que les états de l’Union Européenne ont abrogé les textes légaux punissant la haute trahison ces dernières années. Bien évidemment ils l’ont fait pour se protéger car ils SAVENT qu’ils se rendent coupables de haute trahison à journées faites. Mais l’abrogation de ces textes est nulle et non avenue. La haute trahison pourra toujours être invoquée pour condamner les coupables le jour où le basculement se produira parce que les peuples européens décideront de reprendre les choses en mains et de chasser les traîtres.

    En attendant je vous conseille de vous intéresser aux réflexions d’une des rares universitaires lucides dans ces questions: la démographe française Michele Tribalat:
    https://youtu.be/FMj4xXJPOHU

    1. Au moins, mes articles vous inspirent…
      Juste un point à corriger: comme je l’écris, la politique migratoire japonaise est restrictive (elle ne dit surtout pas son nom ! => manque d’honnêteté politique et démocratique), surtout parce qu’elle reflète de violents conflits internes. Internes au parti “libéral” de Shinzo Abe, internes aux ministères en charge de ces questions. L’explication par la société qui veut rester homogène et se protéger des influences extérieures ne tient pas la route seule.

      Sur le reste, je suis d’accord avec vous: nous ne sommes pas d’accord sur grand-chose.
      En bref:
      – je ne pense pas que la Suisse (ou tout autre pays) ait un “peuple” propre, à protéger. Nous avons des citoyens, des institutions politiques, mais pas de peuple à protéger. => il ne peut donc pas y avoir de “grand remplacement”.
      – ces instances politiques sont à mon avis de libéral-démocrate bonnes. Elles doivent être défendues. Et je crois que c’est ce que nous faisons: nous punissons comme des criminels ceux qui mettent en question la sécurité, le système démocratique ou les autres piliers de notre système politique. Mais ce n’est pas une question migratoire, c’est une question de protection et de sécurité.
      – sur l’histoire: j’ai la conviction que les positions que je défends ne seront pas celles qui seront jugées coupables. En vrac: laisser mourir les gens en mer, entretenir de vastes injustices globales, priver les résidents de droits politiques….rendez-vous dans quelques années !

  4. La démocratie libérale est une chose. Celà n’autorise ni la forfaiture ni la haute trahison. Notre pays vit en régime de démocratie libérale depuis 1848, et jusqu’à récemment celà n’a pas empêché les autorités suisses de faire un travail honnête pour préserver les intérêts fondamentaux de la population vivant sur le territoire et dont elles tiraient leur légitimité. Mais la démocratie libérale n’autorise jamais les dirigeants à agir de manière hostile aux intérêts vitaux du peuple gouverné, et encore moins à se rendre coupable d’actions mettant délibérément en danger sa survie. Cet énoncé est vrai, dans une démocratie libérale aussi.

    Vous n’êtes pas le seul à être frotté de principes généraux du droit ni de philosophie. Vos élucubrations intellectuelles sont des idées très anciennes et bien connues. On pourrait remonter aux cyniques grecs. Bien sûr il existe une certaine nature humaine universelle. Bien sûr il est utile que les civilisations entretiennent entre elles des relations et commercent. En celà le processus économique de mondialisation est valable. Ce qui ne l’est pas c’est la mise en danger par des élites criminelles de la cohésion ses sociétés nationales existantes. Par exemple le président Xi Jinping est un défenseur de la mondialisation, contre Trump qui est tenté par le protectionnisme. Mais jamais les autorités chinoises ne permettraient une immigration qui soit de nature à miner la cohésion ethno-culturelle de la Chine.

    Quant à la question de savoir quelle idéologie sera jugée criminelle, nous verrons. C’est l’histoire qui tranchera. Il y a un devoir de venir en aide aux gens qui sont dans la détresse. Mais on peut organiser des camps de réfugiés sur des territoires d’Afrique du Nord, puis aider les gens à se réinstaller chez eux quand la situation se stabilise. On peut, certes, donner des permis de séjour et de travail à une toute petite minorité de ces gens, à condition que : à) ils ne soient pas indésirables (par exemple terroristes) et b) leurs compétences soient employables dans les économies européennes. Et celà n’implique nullement l’autorisation d’établissement de longue durée ni le regroupement familial.

    Personnellement je serais partisan d’une politique européenne généreuse d’investissement et de co-développement de l’Afrique. Une sorte de plan Marshall si vous voulez, A condition que l’on mette l’accent sur le fait que les gens doivent se développer chez et ne viennent pas envahir nos contrées. On viendra peut-être à cette politique, qui semble esquissée dans certaines déclarations récentes de Schaeuble.

    Au reste la décision sur la question de la culpabilité sera politique.

    Les élites que je juge criminelle font le calcul suivant: l’immigration sera tellement massive, et nous ferons en sorte que tous ces gens acquièrent la citoyenneté de sorte à rendre impossible pour les peuples européens de maîtriser leur destin. Ils seront donc submergés par une supériorité numérique, démographique et électorale d’immigrés allogènes par conséquent les petits blancs seront contraints de se soumettre comme l’ont été les Indiens d’Amérique. Dans ce cas les “justes” comme vous auront le beau rôle. Moralement il y aura eu un crime de commis: le génocide de la race blanche, pour simplifier. Mais l’histoire étant écrite par les vainqueurs, les bourreaux qui auront ainsi exterminé la race blanche ne seront pas jugés.

    Je ne pense pas que les peuples européens accepteront cette évolution. On approche (en Italie c’est déjà le cas) du point de rupture où les autochtones vont commencer à se soulever. Je dis bien : les autochtones vont commencer à se soulever.

    Il y aura peut-être, vraisemblablement, des guerres civiles, et si ce n’était pas le camp remplaciste qui gagnait dans ces guerres civiles, ce qui est mon pronostic, alors vous auriez du souci à vous faire. Je vous conseille donc un peu de modération et une sage prudence si vous ne voulez pas un jour être considéré comme un collabo.

  5. Dernier point: je note que vous niez purement et simplement l’existence de peuples, quels qu’ils soient. Pour vous il n’y a que des citoyens. Il n’existerait donc pas de Français, ni d’Allemands, ni de Japonais, ni de Suisses, ni de Chinois ni d’Israéliens. C’est une conçeption philosophique abstraite qui revient à un total déni de réalité. Mais philosophiquement on peut la défendre, sur le papier. “Le papier souffre tout” comme disait je ne sais plus qui.

    Conséquent avec votre aberrante pétition de principe, vous énoncez que tout citoyen du monde, a le “droit” de s’établir n’importe où dans le monde et d’y recevoir des droits civiques, à la seule condition qu’il soit un réfugié ou qu’il ait un contrat de travail. C’est votre position. Vous l’avez exposée publiquement. Et vous l’enseignez en tant que “chercheur” universitaire en “éthique” puisque Mutter Helvetia gaspille les deniers publics pour salarier des enseignements inutiles et nocifs comme celui-là et pour entretenir des intellectuels antinationaux comme vous.

    Vous êtes donc un libre-circulationniste mondial radical et intégral. OK, c’est votre droit et si vous réussissez à en vivre aux frais de diverses institutions qui vous sponsorisent pour faire du tourisme académique dans le monde entier au service de cette cause, grand bien vous fasse.

    Seulement voyez-vous, votre conception, si intellectuellement elle est concevable, n’est pas politiquement tenable. Je veux dire par là qu’elle ne pourra jamais recueillir le consentement d’un peuple quel qu’il soit. Je précise que le mot peuple est employé ici au sens de corps électoral : démos, et non au sens ethnique : ethnos, ce qui pour vous serait une notion à proscrire.

    En clair: la Suisse a voté le 9 février 2014 pour rejeter votre conception philosophique. Si d’autres peuples (corps électoraux) européens, pouvaient se prononcer, ils rejetteraient également cette conception philosophique et demanderaient la fin de la libre circulation des personnes et l’application de la préférence nationale à l’embauche. Bien sûr les institutions européennes ne tiennent aucun compte de cette volonté populaire. Il s’agit d’une dictature et non d’une démocratie. Vous êtes donc un représentant non de la démocratie libérale, mais du libéralisme anti-démocratique.

  6. Même les habitants de Moutier proclament qu’ils appartiennent à un peuple, le peuple jurassien, qui se distingue du peuple bernois (tout en appartenant tous deux à un peuple plus large, le peuple Suisse). Le peuple français existe et n’a pas voulu être dominé par le peuple allemand. Le peuple juif a jugé necessaire de s’installer sur un territoire, pour vivre pleinement sa vie de peuple. Celà a causé un conflit avec un autre peuple: le peuple palestinien. Il existe parfois des conflits entre peuples, qui se règlent de diverses manières, parfois pacifiques parfois par la guerre. Le projet de construction européenne se justifie par la volonté d’harmoniser politiquement divers peuples distincts les uns des autres, au sein d’une sorte de confédération. Celà postule l’existence d’un peuple européen au dessus des peuples français, allemand, italien, suédois, tchèque, slovaque etc. (d’ailleurs entre les Tchèques et les Slovaques ont a bien vu qu’il y avait là deux peuples puisqu’ils se sont séparés, tout en restant dans l’Union Européenne). Aujourd’hui le peuple européen au sens large et chacun des peuples regroupés au sein de l’Union Européenne sont confrontés au déplacement de peuples entiers qui débarquent sur son territoire. Il ne s’agit absolument pas d’individus, de citoyens comme vous le dites, qui pourraient être intégrés, mais de masses syriennes, afghanes, africaines, qui se déplacent en peuples entiers. On peut intégrer des individus, des familles, jamais des peuples entiers gardant toutes leurs caractéristiques.

    Nier l’existence de différents peuples est vraiment une des plus dangereuses vues de l’esprit qui puissent se concevoir. Le peuple européen est présentement abasourdi, sidéré, tétanisé, épouvanté, intimidé par une machine de propagande qui lui débite la même doxa inhumaine que vous développez dans vos articles. Mais le (et les) peuple(s) européen(s) sont en train de réaliser que leur survie en tant que peuples est en danger. Bientôt ce peuple européen affirmera sa volonté de ne pas mourir, soit d’une manière pacifique, soit, si l’on comprime trop l’expression de sa volonté de vivre, d’une maniere violente.

    Il y a une très faible chance que votre conception libre-circulationniste individualiste extrémiste ait le dernier mot.

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