L’Art de la guerre : 20 citations clés pour mieux comprendre l’intelligence économique en affaire

L’intelligence économique et Sun Tzu :

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Citations majeures sur la guerre

économique et le renseignement

d’affaires

     Si les aspects financiers sont souvent importants pour nos entreprises, ils ne suffisent pas à garantir leurs succès : Dans la guerre, le nombre seul ne procure aucun avantage. N’avancez pas en vous reposant exclusivement sur la puissance militaire.

     Au regard d‘une “guerre économique“, ces préceptes se transcrivent assez aisément en ressources financières et humaines ; innovations technologiques ; management et gouvernance ; marketing, communication et déploiement commercial.

     Il suffit seulement d‘y voir le bon sens caché derrière chaque action économique dont les résultats – bons ou mauvais – procèdent d‘un ensemble de facteurs engagés par une organisation pour atteindre un but.

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Actifs invisibles : les aspects cachés recèlent souvent les plus grandes valeurs. Invisible ne veut pas dire inexistant…

1 – Le renseignement [intelligence] économique au service des affaires

     Pour Sun Tzu, tout est dans la préparation, la coordination et la qualité des renseignements économiques recueillis : “Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril. Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite. Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles.“

Percevoir le concurrent identifié comme un ou ‘seul‘ adversaire peut s‘avérer trompeur quand d‘aucuns agît en méconnaissance des facteurs clés que sont : la doctrine (le modèle économique) , le temps (l‘agenda des actions) , l’espace (le secteur d‘activité et ses acteurs) , le commandement (le management) , la discipline (la coordination et la préparation).

Que ce soit sur le plan des affaires, de la diplomatie ou de l’influence, il s’agît ici surtout de mieux savoir pour mieux agir…

Quelques citations :

  • « Un prince avisé et un brillant capitaine sortent toujours victorieux de leurs campagnes et se couvrent d’une gloire qui éclipse leurs rivaux grâce à leur capacité de prévision. Or la prévision ne vient ni des esprits ni des dieux ; elle n’est pas tirée de l’analogie avec le passé pas plus qu’elle n’est le fruit des conjectures. Elle provient uniquement des renseignements obtenus auprès de ceux qui connaissent la situation de l’adversaire . »

  • « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. »

  • « Tout le succès d’une opération réside dans sa préparation. »

  • « Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l’ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? »

  • « Connaissez l’ennemi et connaissez-vous vous-même ; en cent batailles vous ne courrez jamais aucun danger. »

  • « Si tu ignores à la fois ton ennemi et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites. »

  • « Sois subtil jusqu’à l’invisible; sois mystérieux jusqu’à l’inaudible; alors tu pourras maîtriser le destin de tes adversaires. »

  • « Une armée sans agents secrets est exactement comme un homme sans yeux ni oreilles. »

  • « Qui ignore les objectifs stratégiques des autres princes ne peut conclure d’alliance. »

  • « Impalpable et immatériel, l’expert ne laisse pas de trace ; mystérieux comme une divinité, il est inaudible. C’est ainsi qu’il met l’ennemi à sa merci. »

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2 – Préparation et Protection [défense] des entreprises

     La protection des entreprises consiste à préserver et sécuriser son patrimoine. Il s’agît ici non seulement de veiller à ses actifs matériels, mais surtout à identifier et comprendre l’ensemble de ses actifs immatériels dont la valeur financière ‘invisible’ représente jusqu’à 75 % de la richesse d’une entreprise.

     Selon les différentes interprétations comptables internationales, le capital immatériel – aussi appelé ‘actifs intangibles’ – représente l’ensemble des actifs identifiables qui participent à la « rentabilité présente et future » de l’entreprise. Leurs valeurs restent pourtant ‘hors bilan’.

Aussi et selon la définition la plus acceptée en matière financière, le capital immatériel se décompose en trois catégories :

Le Capital Humain : expérience, formation, gouvernance, management, relations interpersonnelles, motivation, etc.) ;

Le Capital Structurel : la culture de l’entreprise, la communication interne, la sécurité de son patrimoine informationnel, l’organisation (management), l’innovation/ inventions, brevets, marques, franchises, licences et contrats, inventions, formules, processus, dessins, modèles et savoir faire, copyrights et droits d’auteur.

Le Capital Relationnel , ou l’environnement d’affaires : les relations avec les actionnaires, les partenaires, les clients (fidélisation, ancienneté, solvabilité …), les fournisseurs (solvabilité, réputation, diversifications …), la société (réputation, influence, communication…).

La valeur globale d’une entreprise repose donc avant tout sur un savant dosage de ces différents types de ressources productives, mais aussi sur l’intelligence collective (émotionnelle) en place à les combiner, les développer et surtout les exploiter de manière opérationnelle.

Ainsi, comme on peut le voir, ce n’est pas nécessairement l’entreprise la plus riche en ressources qui l’emporte et qui dispose de la plus grande valeur…

Quelques citations :

  • « Lorsque le monde est en paix, un homme de bien garde son épée à son côté. »

  • « […] vaincre l’ennemi sans même se battre, voilà le fin du fin. »

  • « Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre. »

  • « Celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu’elles ne surviennent. »

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Certains espaces vides le sont volontairement… Piège ou opportunité ?

3 – Diplomatie : La communication d’influence

     Dans l’ouvrage “L’influence, le noble art de l’intelligence économique” paru en 2012 sous les plumes averties d’Alain Juillet et Bruno Racouchot, l’influence passe principalement par deux formes de communications :

     « D’une part, une communication classique, ayant pour objet la diffusion de l’information vers des cibles extérieures, mais aussi en direction de ceux qui ont à la connaître en interne pour optimiser leurs actions. Envisagée sous l’angle sécurité, cette communication est aussi à visée pédagogique pour avertir des dangers potentiels, sensibiliser et apprendre à se protéger. »

Et d’autre part :

     « il y a la communication active et offensive sous la forme de l’influence. On va utiliser les informations recueillies pour déstabiliser l’adversaire ou le faire aller dans la direction où l’on souhaite qu’il aille. Aussi surprenant que cela puisse paraître pour des esprits non-avertis, la communication est – et ce dès l’origine – consubstantielle à la démarche d’intelligence économique. Celle-ci, bien loin de s’enfermer dans une conception strictement sécuritaire, doit au contraire explorer les ressources offertes par la logique communicationnelle. Il est de son intérêt de le faire, sur un mode offensif, via la mise en œuvre de stratégies d’influence. »

Quelques citations :

  • « La grande science est de faire vouloir à autrui tout ce que vous voulez qu’il fasse, et de lui fournir, sans qu’il s’en aperçoive, tous les moyens de vous seconder. »

  • « Vous profiterez de la dissension qui surgit chez vos ennemis pour attirer les mécontents dans votre parti en ne leur ménageant ni les promesses, ni les dons, ni les récompenses. »

  • « Entretenez des liaisons secrètes avec ce qu’il y a de plus vicieux chez les ennemis ; servez-vous-en pour aller à vos fins, en leur joignant d’autres vicieux. »

  • « l’appât de la vengeance, celui des richesses ou des postes éminents que vous leur promettez, suffiront amplement pour les gagner. »

 

A méditer avec discernement …

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Précepte N° 3 : gouvernance et … “conformité” ?

Gouvernance et conformité dans “l’art de la guerre” ?

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     Lors d’une récente intervention auprès de professionnels du monde bancaire, l’un des participants me défia de trouver dans l’art de la guerre des exemples pouvant être assimilées à la notion de ‘conformité’.

L’idée que cet ancien traité Chinois – écrit approximativement vers le 4° siècle avant J.C. -, pouvait ou non intégrer des notions de ‘conformité’ – déjà, à cette époque -, me laissait un temps songeur.

#intelligence #economique #renseignements #affaires #suisse     La question était pourtant légitime : pouvons nous identifier une ligne de conduite ‘philosophique’ en matière de conformité – c’est à dire de l’existence de règles et de leurs applications – dans la gouvernance et la gestion des risques sur un plan stratégique et militaire ? Si la notion de conformité est devenue, en moins de 20 ans, le pare-feu ‘moral’ d’institutions et d’organisations occidentales (sur des bases morales et doctrinales principalement issues du monde judéo-chrétien), l’application de la ‘conformité’ pour un Général en campagne reste pour le moins de la science-fiction. Et pourtant… 

 

De la conformité réglementaire à “l’art de la guerre”

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Un rappel s’impose. L’objet premier de la « compliance » (conformité) est – dans le texte – de s’assurer du respect des règles, dispositions législatives et réglementaires établies au sein d’un groupe. Fréquemment employé dans le secteur financier ou assurantiel, il est de plus en plus présent dans tous les secteurs économiques confondus. Le pare-feu ‘moral’ porte la double responsabilité de protéger l’entité économique de risques de réputation, de pertes financières mais surtout ! de sanctions judiciaires.

Entre les notions de ‘bien’ et le ‘mal’ et le juste Vs. le légal.

La doctrine principale englobant le cadre fonctionnel de la ‘conformité’ procède naturellement d’une vision éthique et déontologique partiellement assimilable à celle pratiquée dans le cadre judiciaire, à une exception près… le judiciaire s’appuie sur le droit pour punir. Il est curatif.

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La conformité elle, intègre en plus les aspects préventifs liés à la gestion et la prévention des risques. Le codex de la conformité reste finalement inscrit dans le principe de moralité et d’éthique qui sépare le mal du bien… Il est inscrit dans un marbre intemporel qui, pour une organisation privée, se définit comme « un ensemble d’actions visant à rendre les mesures comme les comportements des dirigeants et personnel au sein d’organismes publics ou privés (associations à but non lucratif, entreprises, syndicats, etc.) comme vis-à-vis de tiers conformes à la norme externe et/ou interne applicable au lieu où ils opèrent ».

L’évaluation de la conformité par des processus internes permet aux banques de se prémunir contre d’éventuelles sanctions administratives ou judiciaires et de préserver leur image de marque. La conformité  reste ainsi et surtout un outil défensif de prévention des risques.

Bâle : quand la conformité façonne la gouvernance

Si l’on reprend le corpus de Bâle II et du Règlement 97-02 du CRBF (Comité de la réglementation bancaire et financière), on y retrouve les principes de base suivants (en synthèse) :

  • D’identifier et à jauger le degré de non-conformité d’une entité économique (régulée) par rapport à l’ensemble des règles de conduite qui lui sont applicables ;
  • De mesurer son taux d’exposition aux risques de sanction judiciaire et administrative et de réputation ;
  • D’évaluer les pertes financières significatives qu’elle pourrait subir. 

La réputation d’une organisation ne tient pas seulement à sa discipline et savoir-faire intrinsèque mais aussi à le faire savoir. Elle doit savoir communiquer sur son respect de la loi – il s’agît de son image publique -, mais aussi prouver sa différence vis-à-vis d’organisations similaires de manière préventive, voir en cas de risques – il s’agît bien ici de consolider tous les risques internes (sûreté) pour renforcer sa réputation externe.

Ces principes de contrôles internes modifient irrémédiablement la nature managériale imposée aux directions générales (états majors). Dans les chapitres de “l’art de la guerre” il faut procéder par synonymie pour retrouver les notions de conformité en lien à la gouvernance.

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Dans le cadre de notre ouvrage, la conformité implique un ensemble de règles en concordance avec une morale (doctrine). Elle impose avant tout l’intégrité de chacun.

L’art de la guerre n’est pas si loin des normes ‘Bâloises’… Une politique intègre de gouvernance juste, identifiable dans ses principes et équitable.

 

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Pour Sun Tzu la juste gouvernance est une combinaison d’intégrité hiérarchique,

de connaissance du terrain et d’adaptation.

“Dans quelque position que vous puissiez être, si pendant que vos soldats sont forts et pleins de valeur, vos officiers sont faibles et lâches, votre armée ne saurait manquer d’avoir le dessous; si, au contraire, la force et la valeur se trouve uniquement renfermées dans les officiers, tandis que la faiblesse et la lâcheté domineront dans le coeur des soldats, votre armée sera bientôt en déroute; car les soldats pleins de courage et de valeur ne voudront pas se déshonorer; ils ne voudront jamais que ce que des officiers lâches et timides ne sauraient leur accorder, de même des officiers vaillants et intrépides seront à coup sûr mal obéis par des soldats timides et poltrons.”

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XI’AN, CHINA – armies of Qin Shi Huang, the first Emperor of China

 

Il ne peut y avoir de juste conformité dans un environnement ou

la gouvernance est corrompue ou défaillante.

 

     Sur l’adaptation aux changements,  dans le chapitre VIII  (des neuf changements), il ajoute :

“Un grand général doit savoir l’art des changements [ex : économiques/ réglementaire]. S’il s’en tient à une connaissance vague de certains principes, à une application routinière des règles de l’art, si ses méthodes de commandement sont dépourvues de souplesse, s’il examine les situations conformément à quelques schémas, s’il prend ses résolutions d’une manière mécanique, il ne mérite pas de commander.”

     Et dans le chapitre VI (du plein et du vide) :

“Les cinq éléments ne sont pas partout ni toujours également purs; les quatre saisons ne se succèdent pas de la même manière chaque année; le lever et le coucher du soleil ne sont pas constamment au même point de l’horizon. Parmi les jours, certains sont longs, d’autres courts. La lune croît et décroît et n’est pas toujours également brillante. Une armée bien conduite et bien disciplinée imite à propos toutes ces variétés.”

Finalement, si la conformité devait être un champs de bataille, le vainqueur serait celui dont la gestion de la gouvernance ne serait pas simplement la mieux renseignée ou disciplinée, mais surtout, la mieux adaptée au terrain et la plus intègre.

“Vous donc, qui êtes à la tête des armées, n’oubliez rien pour vous rendre digne de l’emploi que vous exercez. Jetez les yeux sur les mesures qui contiennent les quantités, et sur celles qui déterminent les dimensions: rappelez-vous les règles de calcul; considérez les effets de la balance; la victoire n’est que le fruit d’une supputation exacte.”

(chapitre IV ; de la mesure dans la disposition des moyens).

En dernier ressort, rien n’est véritablement définitif en matière de gouvernance et de conformité. Chacun doit composer avec le temps et le terrain ; terrain législatif et moral pour les uns, géographique et climatique pour les autres … Mais en matière de conformité, pour reprendre le titre du dernier essai de l’avocat général à la cour d’appel de Paris, Philippe Courroye : “Reste la justice”.Pour autant que les règles soient claires…

Précepte N° 2 : pouvoir et gouvernance

 Parce que celui qui incarne la puissance doit en apprendre la maîtrise…

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J‘entends par commandement, l’équité, l’amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général; la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité de général; vertus nécessaires pour l’acquisition desquelles nous ne devons rien négliger: seules elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement à la tête des autres.”

(Sun Tzu – Chapitre I : ‘de l’évaluation’)

Gouvernance : contrôle et maîtrise #intelligence #economique #renseignements #affaires #suisse

     Dans le premier chapitre de ce blog, il est fait référence à nos démocraties dans leurs difficiles batailles face aux irrésistibles tendances humaines à la soif de pouvoir : “Les aléas du temps font de la gouvernance un exercice des plus difficiles à comprendre. La maîtrise de cet art ne dépend pas d’un seul mais d’une intelligence collective portée par un but commun œuvrant en territoire inconnu.” Milton Friedman nous le rappelait quand il opposait démocratie et tyrannie : ” Les grandes avancées de la civilisation, que ce soit dans l’architecture ou dans la peinture, la science ou la littérature, l’industrie ou l’agriculture, ne sont jamais nées de l’intervention d’un gouvernement centralisé. ” Il en va aussi de l’art de nous gouverner.

 

     Le sujet est vaste et son ombre se projette sur chaque chapitre des 13 tableaux d’enseignement de l’art de la guerre. La notion de ‘gouvernance’ reste néanmoins un concept proprement humain puisque profondément emprunt de psychologie. Gouverner c’est avoir : de l’influence sur une ou plusieurs personnes ; des capacités de diriger la conduite de personnes au sein d’un système ; maîtriser et conduire ses affaires. Enfin, c’est détenir un pouvoir sur les autres.

” Celui qui dirige les autres est peut-être puissant, mais celui qui s’est maîtrisé lui-même a encore plus de pouvoir. “

(Lao-Tseu)

Gérer le pouvoir #intelligence #economique #renseignements #affaires #suisse

     Certes, une PME ne se gouverne pas comme une armée ; mais certaines règles humaines lui sont similaires. Pour Sun Tzu, l‘intelligence (le QI) importe moins que la capacité à rassembler en conquérant les esprits (le QE). Parmi les cinq axes fondamentaux qu’il considère comme essentiels dans la direction et la gestion de ses hommes –  la doctrine, le temps, l’espace, le commandement, la discipline –, trois d’entre eux : la doctrine, le commandement et la discipline impliquent une posture humaine digne de nos meilleures démocraties.

     Nous traiterons en priorité dans ce chapitre de la philosophie du commandement qui, aussi surprenante soit-elle venant d’un général, nous rappelle que la vrai force d’une entreprise se situe d’abord dans la légitimité de son existence, sa politique interne fédératrice, la qualité de ses chefs en matière de délégation de pouvoir et la juste répartition de ses richesses.

Gouverner c’est savoir,… motiver

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     Outre le ‘savoir’ provenant du renseignement économique et concurrentiel, il est tout aussi fondamental d’être informé de l’état de ses propres collaborateurs ; leurs besoins ou griefs.

“En un mot, la conduite des troupes demande des attentions continuelles de la part d’un général. Sans quitter de vue l’armée des ennemis, il faut sans cesse éclairer la vôtre; sachez lorsque le nombre des ennemis augmentera, soyez informé de la mort ou de la désertion du moindre de vos soldats.”

Il est aussi fondamental de prendre des mesures justes et proportionnées pour éviter la déroute :

“Si vos soldats, d’audacieux qu’ils étaient auparavant, deviennent timides et craintifs, si chez eux la faiblesse a pris la place de la force, la bassesse, celle de la magnanimité, soyez sûr que leur cœur est gâté; cherchez la cause de leur dépravation et tranchez-la jusqu’à la racine.”

De la distribution des moyens

     Si la motivation (ou quotient émotionnel) est la force motrice essentielle qui porte un projet et son organisation, sa nature doit être connue, entretenue et contenue par une certaine reconnaissance :

“Si vos troupes paraissent pauvres, et qu’elles manquent quelquefois d’un certain petit nécessaire; outre la solde ordinaire, faites-leur distribuer quelque somme d’argent, mais gardez-vous bien d’être trop libéral, l’abondance d’argent est souvent plus funeste qu’elle n’est avantageuse, et plus préjudiciable qu’utile; par l’abus qu’on en fait, elle est la source de la corruption des cœurs et la mère de tous les vices.”

“par l’abus qu’on en fait (argent), elle est la source de la

corruption des cœurs et la mère de tous les vices.”

Quand il ne reste plus que l’argent pour garder et motiver ses troupes, préparez vous à subir les défaites avant même le début des batailles. 

Enfin…, savoir s’entourer  #intelligence #economique #renseignements #affaires #suisse

     Si l’art de la guerre nous rappelle à l’une des qualités principales d’un Chef, c’est probablement Nicolas Machiavel qui nous éclaire le mieux sur la question :  ” Ce n’est pas une chose de peu d’importance que de choisir ses ministres. Car c’est par les gens que le Prince tient auprès de sa personne que l’on juge de son esprit et de sa prudence.

     L’interprétation des transcriptions de l’art de la guerre sont moins ‘tacticiennes’ dans leurs restitutions. Elles nous portent à voir la gouvernance moins comme une froide mécanique, mais comme une somme plus globale : “d‘équité, l’amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général.” 

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Alors, peut être avons nous là, une des pierres d’achoppement essentielles dans l’entreprise de chaque projet économique et de sa gouvernance ‘stratège’ : le sens profond du respect et de l’équité.

 

 

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Doris et le dragon chinois 龍 – (libre tribune)

     Le 13 août dernier, alors qu’en Europe la canicule achevait une bonne fois pour toute les derniers glaciers d’Europe, l’Aargauer Zeitung – sous la plume de Patrik Muller – , publiait une interview  exclusive de l’ex-Présidente de la Confédération dont le récent mandat l’a investi de la charge – non moins stratégique -, de ministre de l’environnement, des transports, de l’énergie et des communications.

L’article, intitulé : « Sociétés Suisses [‘traditionnelles’] : Doris Leuthard met en garde contre leurs ‘ventes’ à la Chine » (Traditionsreiche Schweizer Firmen: Doris Leuthard warnt vor «Ausverkauf» nach China), révèle une conseillère fédérale en visite en Chine, en prise à des sentiments partagés entre enthousiasme et réserve quant aux récentes activités d’acquisitions du dragon chinois en Suisse.#intelligence #economique #renseignements #affaires #suisse

Soudainement, à la lumière du partenariat économique avec le dragon de feu, des ombres multiformes seraient apparues…

Entre ombres et lumières…

     L’article révèle en effet, les réserves de la conseillère fédérale sur les acquisitions chinoises de sociétés suisses stratégiquement sensibles. Doris Leuthard ajoute à ces craintes le souhait d’assurer les mêmes droits pour les investisseurs suisses que pour les investisseurs chinois en Suisse.

“Nous devons, comme l’Allemagne l’a fait depuis longtemps, mener la discussion sur la manière dont nous traitons la faim des entreprises chinoises.” (Doris Leuthard)

Même si, selon la conseillère fédérale : « les relations avec la Chine sont excellentes », résume t’elle, et « que le pays en profite économiquement et technologiquement », quelques ombres se seraient glissées dans le tableau économique des relations sino-suisses…

Une accélération du temps. L’horloge biologique chinoise fonctionne… au compte à rebours.

     Quand la vitesse est la clé : en juin 2017, nous apprenions qu’après dix-sept ans d’absence, la compagnie aérienne chinoise Air China avait ‘rouvert’ son vol direct entre la capitale chinoise et l’aéroport de Kloten (Zürich). Un article du Temps précisait aussi que « quatre fois par semaine, des Airbus A330 feront le transit entre les deux continents » et qu’en l’espace de six ans, le nombre de vols directs entre la Suisse et la Chine avait presque triplé.

Dans le même article, Gérald Béroud de l’observatoire Sinoptic.ch, en précise les raisons principales : «C’est un mouvement général que l’on observe depuis des années. Les entreprises chinoises deviennent de plus en plus puissantes et reçoivent des encouragements du gouvernement, car il y a une volonté politique de se développer à l’international.»

1950 – 2018 : de la reconnaissance au libre-échange

     Si la bonne santé des relations bilatérales n’a pas toujours été au beau fixe entre les deux nations, la Suisse a pourtant été l’un des premiers états au monde a avoir reconnu la République Populaire de Chine en 1950.

En 2007, la Suisse et la Chine ont signé un protocole d’entente visant à « intensifier les consultations politiques à haut niveau et à approfondir les relations bilatérales dans différents domaines ».

Depuis cette date, de nombreux projets de partenariat ont été entrepris par les cantons et mis en lumière grâce aux échanges croissants d’institutions académiques et groupes d’experts scientifiques et technologiques. Les domaines d’intervention historiques touchent aussi bien la coopération environnementale que le changement climatique et depuis 2016, la Chine et la Suisse ont conclu un partenariat stratégique innovateur pour aboutir, en avril 2018, a la mise en place d’une plate-forme ‘stratégique novatrice’ de haut niveau.

Aussi, depuis 2010, La Chine est devenue le principal partenaire commercial de la Suisse en Asie et son troisième partenaire commercial, derrière l’UE et les États-Unis.

Trois ans plus tard, en juillet 2013, un accord de libre-échange [Free Trade Agreement] sino-helvétique dans les dispositions de son article majeur ‘13.1’, a été signé. Intégralement accessible sur le site du SECO, c’est ce même accord qui reste en vigueur à ce jour entre les deux nations. Il n’a à ce jour fait l’objet d’aucune réserves ni de mesures organiques préventives dans le cadre d’acquisitions stratégiques sensibles…

Free Trade Agreement : Accord de libre-échange – Formation, recherche et innovation

     Cet accord bilatéral n’est que la suite logique d’une politique de coopération libérale soutenue et volontariste, progressivement engagée par la Confédération depuis plus de 10 ans. En 2008 déjà, selon selon le département fédéral des affaires étrangères, « la Chine faisait partie des États extra-européens qui ont été définis comme pays prioritaires dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation.»

Parmi l’ensemble des nombreuses dispositions en vigueur on y retrouve le ‘Work Programme for Economic and Technical Cooperation’ qui traite sans contrainte et de manière libérale un ensemble d’accords de principe de coopération – parmi d’autres -, au plan industriel, de la santé, de l’agriculture et de la propriété intellectuelle.

“les ressortissants chinois forment depuis, le plus important contingent d’étudiants extra-européens en Suisse.”

     Depuis 2008, la Suisse est aussi représentée à Shanghai grâce à sa plateforme d’innovation ‘Swissnex’ qui soutient activement un ensemble de projets en lien avec la recherche et l’innovation. Le succès de ces initiatives a ainsi permis un accroissement des échanges universitaires avec la Chine dont les ressortissants forment depuis, le plus important contingent d’étudiants extra-européens en Suisse.

Le guide de la survie : recherche et développement, transferts technologiques, partenariats, M&A.

Le cas ChemChina-Syngenta : un arbre étatique qui cache une forêt de POE : Privately Owned Enterprises… 

     Selon les experts du secteur des fusions-acquisitions, les petites et moyennes entreprises suisses, en particulier, restent des cibles attrayantes pour les investisseurs étrangers. En fait, selon une étude exécutées par Deloitte en 2016, les PME sont la clé de voûte dans l’activité suisse de fusions et acquisitions pour plus de 85 % des transactions.

Pour modérer les ‘complotistes’, et selon ce même rapport, le pays le plus actif en Suisse dans ces transactions (en nombre) étaient la France, suivie par le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis. L’Asie en tant que région reste bien évidemment également très actif. Les cibles les plus favorisées appartiennent au services aux entreprises, services aux consommateurs et TMT (Technologies, Medias et Télécommunications).

La survie économique est multiforme : les notions stratégiques de Zheng et de Qi

     Au delà de la bruyante acquisition de ChemChina sur Syngenta ou celle d’Infront Sports & Media AG par le groupe Dalian Wanda, plusieurs autres acquisitions chinoises d’envergure évaluées à plus d’un milliard de dollars ont récemment été opérées en Suisse dans les secteurs du transport et des médias par un seul groupe Chinois, le conglomérat HNA Group Co basé à Haikou (Hainan) – Ces acquisitions ont concerné le Gategroup Holding AG, Swissport (HNA) et SR Technics (HNA – branche Aviation).

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     Transcription : si l’acquisition de ChemChina a fait couler beaucoup d’encre comme élément de fixation médiatique (notion de Zheng), elle ne doit pas occulter les forces économiques de

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Go : de l’encerclement

diversion (forces Qi) dont les actions sont plus rapides et aux moindres frais, sur des secteurs fragiles ou les défenses présentent des failles notoires en matière réglementaire, financière ou de gouvernance.

Gouvernance stratégique : de la nécessité étatique du droit de réserve 

     De la conformité : le cas HNA est emblématique de cette frénésie d’acquisition opérées par des POE (Privately Owned Enterprises) dans le monde entier. A l’instar de Wanda (immobilier, cinéma), Fosun (tourisme, divertissement) ou Anbang (assurance, hôtellerie), le groupe HNA a récemment fait l’objet d’investigations financières par les autorités Chinoises mais aussi Suisses (Zurich). Ces dernières sont préoccupés par la provenance controversée des fonds, leur ampleur et la complexité des structures d’actionnariat mise en place pour les levées de fonds.

M&A chinoises dans le monde en 2015 = 116 milliards $

     Selon plusieurs sources financières, dans le cas d’HNA, le groupe aurait dépensé pas moins de 50 milliards de dollars ces deux dernières années dans des investissements et prises de participations centrées dans les transports aériens (Aigle Azur (France), Virgin Australia (Australie), TAP (Portugal) ou encore Azul (Brésil).

La cas HNA ne représente qu’une partie des acquisitions chinoises ans le monde. Sur l’année 2015, les entreprises chinoises auraient dépensé environ 116 milliards de dollars en fusions et acquisitions… (Thomson Reuters).

Realeconomik : la politique dérivée de la géopolitique ‘économique’

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Crise = Risque (danger) + Opportunité

     Les ambitions chinoises ne sont un secret pour personne et notre conseillère fédérale le sait fort bien. Les enjeux politiques et défis économiques du pays sont à la hauteur des besoins massifs en ressources et en soins d’une population de plus d’un milliard et demi d’habitants. S’il est démontré que la fin de la politique de l’enfant unique depuis 2015, ne provoquera pas un accroissement incontrôlé de sa population actuelle, les nécessités légitimes en matière de confort, d’hygiène et de santé qui ont littéralement explosées sur ces 30 dernières années, ne diminueront pas… Bien au contraire ! Un véritable raz de marée en matière d’exploitation des ressources naturelles à l’échelle du temps humain.

La fin de l’innocence…

     Tous les secteurs économiques sont impactées et si il y urgence aujourd’hui en termes d’environnement mondial (réchauffement climatique) et de renouvellement des ressources naturelles vitales (alimentation, énergies, industries), la Chine n’a cessé de progresser à l’échelle des indices économiques et sociétaux internationaux pour se hisser non plus comme un potentiel ‘challenger’, mais bien comme une incontournable alternative économique et géopolitique à l’influence étasunienne.

En matière de survie économique, il faut composer avec toutes les forces en présence et l’exemple Chinois n’est qu’une composante d’un tout ‘planétaire’.

Aujourd’hui, nous le savons, la définition exclusivement mercantile du mot ‘croissance’ est à réviser d’urgence, car cette fois-ci, ni les montagnes ni les dragons ne pourront nous protéger.

Alors, il serait aussi urgent pour nos gouvernements démocratiques d’apprendre à ‘mieux collaborer’ afin de mieux préserver nos intérêts vitaux.

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Précepte n° 1 : mieux savoir pour mieux comprendre – le prix de l’ignorance marketing

 Quand la ‘fin’ justifie les moyens… d’anticipation.

Mei Yaochen by Kanō Tsunenobu (18th century)

« Après quelques années de guerre, les dommages infligés à l’économie par la mise à l’écart du secteur productif de 700 000 hommes sont considérables. Aussi est-ce faire preuve de la plus grande insensibilité que de vouloir épargner les trois sous qui permettraient, … ‘en pratiquant un renseignement économique’*, de tout connaître des intentions de l’ennemi et de remporter la victoire. »

*(Commentaire attribué à Mei Yao-Tch’en (梅堯臣 ), commentateurs de Sun Tzu au 2° siècle. La phrase initiale précise : ‘en soudoyant des espions’)

Le renseignement stratégique est assimilé à la capacité d’anticipation et donc de prévision. Or la prévision ne vient ni des esprits ni des dieux : « Elle n’est pas tirée d’analogies avec le passé ni le fruit de conjectures. » (Jean Lévi) 

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Parce qu’une conquête économique peut être périlleuse, la notion d’analyse du risque ne peut procéder que sur les bases de renseignements fiables.

Renseignement économique : quand le marketing existait encore…

Dans les années cinquante, de nombreuses entreprises étasuniennes engagées sur les nouveaux marchés internationaux d’après guerre entreprirent d’investir une partie de leurs ressources pour mieux comprendre et exploiter les nouvelles opportunités économiques existantes.

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La pérennisation par l’adaptation (reconversion) de l’incroyable machine militaro-industrielle américaine vers des applications civiles justifiaient quelques sérieuses études de marché…

L’application de la sciences du ‘marketing’ prenait alors tout son sens dans la mesure ou celle-ci répondait parfaitement à trois impératifs de conquête : comprendre les besoins, connaître la concurrence et protéger ses investissements. Ces principes de bon sens sont immémoriaux, intemporels et procèdent de notre condition humaine principale : la survie.

Elle se résume par la définition la plus universelle suivante : “un ensemble des techniques qui ont pour objet la stratégie commerciale et notamment les études de marché.”

Il n’est pas simplement question ici d’une politique systématique d’expansion maladive liée à une croissance impérialiste de type ‘grandir ou périr’ – une infantile vue de l’esprit dans la plupart des cas d’entreprises -, mais bien de consolider ses propres bases avant d’engager des actions d’influence économique pertinentes, efficaces et ciblées. Il s’agît moins ici de sacrifier aveuglément des hommes et des ‘munitions’ financières mais bien d‘identifier les besoins exploitables – ou les ‘espaces vides’ – pour conquérir efficacement les marchés les plus captifs, quitte à réadapter ses outils de production et ses services.

Études de marché : analyses stratégiques et gestion des risques

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Risques : probabilités et impacts

Le macro-environnement marketing d’une entreprise consiste en une variété de facteurs externes qui se manifestent sur une grande échelle (ou macro).

Se renseigner pour mieux comprendre : une méthode courante d’évaluation du ‘macro-environnement’ d’une entreprise consiste à effectuer une analyse ‘PESTEL’. Les analyses de marché macro-économiques comprennent un ensemble de points vitaux que sont les aspects politiques, économiques, sociaux, technologiques, juridiques (réglementaires) et écologiques.

Dans le cadre d’une analyse de marché, une entreprise analysera donc les questions de politiques nationales, de réglementation, de culture et le climat des affaires, les tendances économiques et les évolutions comportementales et sociétales. Viendront ensuite l’adaptation des processus commerciaux en interne puis en dernier ressort, la politique de communication [l’influence] la mieux adaptée.

Dans le cadre des entreprises et des institutions financières, l’analyse ‘macro’ porte exclusivement sur l’environnement des risques, leurs natures, leurs probabilités et l’analyse des impacts réels et sérieux dans le cas de leurs survenances.

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Années 1980, la fin d’une logique : Le marketing n’est plus… Vive la communication !

Pourtant, à l’aube des années 80 pour des raisons liées entre autre à une rupture générationnelle, la définition initiale se trouva amputée de sa doctrine la plus élémentaire – le renseignement économique-, pour devenir, selon l’American Marketing Association : « une activité, un ensemble d’institutions et de processus de création, de communication, de diffusion et d’échange d’offres qui ont de la valeur pour les clients, les partenaires et la société en général. »

Ces 30 dernières années ont vu fleurir une nouvelle génération de managers et ‘experts’ marketing plus souvent portés par la communication du contenant que la composition du contenu.

Entre esthétique et pratique

L’expansion et l’accessibilité des moyens de communications virtuels par le plus grand nombre jouent en leur faveur. Les aspects visuels et esthétiques que sont le design et la communication ont progressivement phagocytés les plus gros budgets de fonctionnement des entreprises au détriment de leurs surveillance des marchés.

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Esthétique Vs. Pratique

Pour les entreprises les plus importantes, ces choix esthétiques plutôt que pratiques n’ont pas été immédiatement perçus comme des causes d’échecs. Les coupables par contre sont d’office désignés d’avance : le manque de budget publicitaire couplé à des ‘errements’ de choix dans le positionnement auprès de supports/relais médias.

Il n’en va que trop rarement des raisons liées à une mauvaise segmentation de marché ; du manque d’anticipation de la survenance d’une crise politique ou économique ; d’un affaiblissement du pouvoir d’achat ; d’une concurrence mieux implanté (réseaux de distribution ou référencement internet) et plus réactive ; de changements réglementaires conséquents ; de ruptures technologiques prévisibles… La plupart du temps, des signaux pourtant ‘forts’, quand on veut les voir… le terrain

Si chaque année les meilleurs ‘flops marketing’ s’alignent avec autant d’entrain sur les blogs d’experts de la chose ‘mercatique’, les raisons ‘techniques’ invoquées ne doivent pas occulter le manque de pragmatisme et les déficiences constatées dans la compréhension du terrain à occuper.

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Intelligence(s) : information et compréhension

Si la digitalisation de nos moyens de communication a certes, porté un coup sérieux au marketing dit ‘traditionnel’ – plus ‘grégaire’ et moins sexy -, il n’empêche que le bon sens en matière d’affaires – par la pratique (à temps plein) de veilles et d’analyses -, ne peut que mieux renforcer le poids d’influence et la pérennité d’un acteur économique sur son terrain de prédilection.

Dans le cadre de la préparation d’une stratégie d’influence ‘marketing’ et de renforcement de sa réputation, Sun Tzu nous rappelle bien que « le plus important, est le peuple [le marché]. Obtient sa confiance et son soutient et tu obtiendras tout ce que tu voudras. »

‘Écouter le marché’ n’est pas qu’une vaine expression…, pour être mieux entendu.

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Genèse : des Royaumes Combattants aux guerres économiques

Transcrire l’Art de la guerre dans le contexte économique actuel

Au commencement : L’expansion par la destruction

     En 450 avant J.-C., il existait en Chine huit États importants dont six engagés dans une perpétuelle prédation destructrice au travers de guerres endémiques issues de leurs insatiables ambitions.

La plupart des guerres pouvaient opposer jusqu’à six cent mille hommes par faction et rares furent sans doute les généraux qui moururent dans leur lit pendant les 150 années qui s’étendent de 450 à 300 avant J.-C.

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“La guerre est semblable au feu, lorsqu’elle se prolonge elle met en péril ceux qui l’on provoquée.”

 

Cette période fut la plus chaotique de l’histoire de Chine. Des bandes armés razziaient les villages, enlevaient les voyageurs et rançonnaient les marchands. Un grand nombre de ces hors-la-loi étaient des paysans démunis et contraint à subsister dans le ‘crime’. D’autres étaient des criminels évadés, déserteurs et des dignitaires en disgrâce.

L’affrontement devient un aveu d’échec : la guerre seule, ne peut plus être “qu’une continuation de la politique par d’autres moyens”… 

Le tableau apocalyptique des massacres, malheurs et souffrances endurés par les populations provoquent de vibrants plaidoyers de sophistes, pacifistes et intellectuels à cette époque… mais aussi de militaires qui, comme Sun Tzu, sont préoccupés par le poids désastreux en pertes humaines et économiques que font peser sur un état ces macabres campagnes de domination.

Une question d’importance vitale pour l’État – la guerre est ailleurs…

     La guerre ne pouvant être entrepris à la légère ni imprudemment, il fallait la faire précéder de mesures visant à faciliter la victoire. Selon Sun Tzu : “la guerre est pour l’état une préoccupation sérieuse ; elle nécessite une étude approfondie.” Ce verset est une des clés de la philosophie de Sun Tzu : elle pose la reconnaissance qu’une lutte armée n’est pas une anomalie éphémère , mais un acte conscient.

Contrairement à la plupart des écrivains gréco-romains, Sun Tzu ne s’intéressait pas avant tout à l’élaboration de stratagèmes compliqués ou purement tacticiens (transitoires).

Il s’était donné pour but de rédiger un traité méthodique à l’usage des meneurs d’hommes et des généraux lancés dans la poursuite intelligente d’une guerre victorieuse.

Il croyait que le stratège habile doit être capable de soumettre l’armée ennemie sans engagement militaire, de prendre les villes sans les assiéger et de renverser un État sans ensanglanter les épées.

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La transcription des 13 chapitres en… 1000 secrets.

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Chinese Go players (Nan Yan – 500 BC)

     Si Sun Tzu savait fort bien que le combat implique beaucoup plus que le choc des armées – « Le nombre à lui seul, ne donne nullement l’avantage. » -, il nous rappel surtout au bons sens en considérant avant tout les facteurs psychologiques, moraux et intellectuels – et non les éléments matériels -, en amont de toute entreprise.

“Tout le succès d’une opération réside dans sa préparation”

De toutes les citations que nous retrouverons au travers de ses écrits, toutes sans exception font la part belle à l’art de la gouvernance ; la gouvernance stratège dont le premier pilier relève avant tout de la connaissance de ses propres vulnérabilités avant d’entreprendre de connaitre celles des autres…

“Une armée [société] dénuée de renseignement est exactement comme un homme sans yeux ni oreilles”

Dans le contexte économique propre aux acquisitions et fusions stratégiques – ou de raids hostiles -, et au delà des ‘guerres fantômes’ et hauts faits ‘d’espionnage industriel’ dont la presse économique nous fait régulièrement écho, il réside toujours une ‘victime’ économique dont les vulnérabilités ont été habilement exploités par un adversaire bien renseigné…

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Deux ouvrages pour développer sa pensée et ses réflexes stratégiques 

Collection Maîtres et Dirigeants - Sun Tzu - Arcana Strategia

© 2020 – Arcana Strategia (arcanastrategia.com)

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Sun Tzu : un Maître au service des Dirigeants | La Sagesse et l’Intelligence des Anciens au service des Dirigeants Stratèges |

Présentation du Blog

Comprendre les clefs des meilleures gouvernances stratégiques

  Intitulé “Sun Tzu parle aux dirigeants stratèges “, ce blog explore les arcanes de la pensée et des cultures stratégiques des civilisations les plus performantes afin d’en définir les contours et les secrets (Arcana Strategia & Arcana Imperii). Il propose un forum de réflexion stratégique en ces temps inédits ‘pandémiques’ — chapitre ô combien révélateur de notre atavisme en matière de gouvernance stratégique dont les défauts d’anticipation et de gestion des risques en sont les principaux symptômes. Si pour certains, ce chapitre ne reste qu’un évènement ‘révélateur’ à bas bruit, pour les stratèges il va s’agir à partir de maintenant d’en saisir les effets ‘accélérateurs’ : pour nos démocraties, nos priorités économiques, technologiques, géostratégiques et y intégrer les nouveaux risques politiques liés à la ‘fin’ — non pas de l’Histoire — mais des idéologies qui ont battis un ordre mondial issu d’un autre temps, d’une autre époque.

  Initié en 2018, il participe humblement à sa manière, à décrypter les meilleures méthodes et cultures stratégiques sous-jacentes aux gouvernances les plus efficaces. Si l’Histoire se répète, alors peut-être que nos solutions d’avenir sont à décrypter dans notre passé…

  Dirigeants et Gouvernants trouveront peut-être ici les sources philosophiques et les ressources cognitives d’un Art : celui de la gouvernance éclairée des Hommes de Raison. Dans un monde irrémédiablement entré dans une ère de déconnexion des réalités sensibles et de fragilité numérique, l’amnésie collective associée à l’absence de discernement raisonné nous conduira une fois de plus — à défaut d’un sursaut — au cœur des ténèbres : celui de l’obscurantisme et de la barbarie.

  Auteur de plusieurs restitutions et ouvrages sur Sun Tzu et la pensée stratégique, Jérôme Gabriel propose une nouvelle approche managériale centrée sur les meilleures pratiques de gouvernance stratégique intégrant les notions de management de rupture et d’anticipation, de gestion des risques (comités stratégiques) et de sûreté-sécurité économique.

En cliquant sur l’image ci-dessous, vous trouverez l’ensemble indexé des articles publiés dans ce blog par thématiques principales.

Sun Tzu parle aux dirigeants stratèges - Index du blog

Avant-propos sur ce blog

Démocratie et Gouvernance : de l’état stratège au dirigeant stratège

   Nous, simples blogueurs des temps modernes ne sommes nous pas les colporteurs inconscients de nos pairs et mentors ? – le plus souvent grecs, tels Pythagore, Socrate et Platon ou encore Périclès et Euripide -, dont les nombreux legs ont profondément influencé nos meilleurs philosophes occidentaux dans l’élaboration d’une vision du monde rationnelle et structurée.

  Enfants légitimes, mais aussi légataires de sociétés démocratiques enfantées dans la douleur ; héritiers d’une paix chèrement acquise au prix fort – celui du sang -, l’Histoire nous démontre encore chaque jour qu’aucun modèle politique ou philosophique, aucun procédé ni méthode d’organisation ne garantit à elle seule la bonne gouvernance d’une nation ou la pérennité d’une entreprise.

  Les aléas du temps font de la gouvernance un exercice des plus difficiles à comprendre. La maîtrise de cet art ne dépend pas d’un seul mais d’une intelligence collective portée par un but commun œuvrant en territoire inconnu. Parce que rien n’est immuable et qu’aucune condition favorable n’est jamais acquise dans le temps, nous sommes constamment mis à l’épreuve dans nos capacités de survie par l’adaptation et la résilience ; chaque jour condamnés ou graciés par les aléas à se prémunir des risques, affronter l’inconnu ou saisir les opportunités malgré les dangers.

Le ‘Sun Tzu’ : entre guerre et paix

  Ce qui fut le premier traité historique dénommé L’art militaire des Chinois (pour sa traduction la plus juste) – et non “l’art de la guerre” -, aurait été rédigé au cours du 4° siècle avant J.-C, il y a 2500 ans, par un exceptionnel général d’armée nommé Sun Tzu (de son vrai nom Sun Wu), dont l’appellation honorifique signifie : Maître Sun de Wu (Sun Zi en pinyin). “L’art de la guerre” reste un sujet à débat quant à sa paternité mais nous n’en ferons pas cas ici.

  La première version occidentale traduite des 13 chapitres chinois originaux de ce traité date de 1772. Cette première traduction et interprétation est l’œuvre d’un jésuite -le père Amiot -, en poste à Pékin sous la dynastie Qing (1644-1912) de cette même ère. Si cette première version en langue tartare-mandchoue reste relativement orientée, voire ‘colorée’, sa valeur documentaire reste encore à ce jour une des meilleures références de travail pour les universitaires – exégètes, sinologues et philosophes – mais aussi et surtout pour les professionnels portés par leurs fonctions stratégiques. La version d’Amiot date de 1710 et serait probablement la plus ‘aboutie’ dans sa forme finale puisqu’elle serait le fruit d’adjonctions éclairées de nombreux stratèges et philosophes chinois au cours du temps.

  Sun Tzu fut en effet le premier général à fournir les conditions fondamentales de conduite du pouvoir en alliant la stratégie à la tactique ainsi qu’une doctrine pratique de gouvernance dictant non seulement les méthodes mais surtout l’état d’esprit et les bonnes pratiques d’un commandant stratège afin d’anticiper les conflits, les éviter par tous les moyens et, en dernier ressort, vaincre l’adversité par les moyens humains, la sophistication tactique et les stratagèmes politiques les plus efficaces pratiqués encore à ce jour en matière de stratégie.

 

#art_de_la_guerre #stratégie

Sun Tzu 2020 : une nouvelle version adaptée pour Le Temps

  Plusieurs versions existent du « Sun Tzu [Zi] (Wu) Bing Fa » qui, outre sa première version traduite en ‘Art de la guerre’, reste à relativiser dans le temps – plus de 2500 ans – quant aux variantes possibles du sens des caractères chinois utilisés pour son titre. Le sens des caractères ‘bing’ (armes, soldats, troupes, militaires) et ‘fa’ (loi, méthode, conformité, magique) restent néanmoins cohérent dans le contexte général du traité qui aurait bien pu s’appeler (mais hors contexte) : ‘méthodes militaires’ ou ‘la voie des armes’. Son titre pourrait donc être trompeur sauf si, comme on le voit, l’on se réduit à une grille de lecture purement martiale ; ce qui n’est pas le cas.

  L’art de la guerre est surtout un recueil philosophique universel s’inscrivant plus justement, selon Jean Lévi, dans une réflexion bien plus globale dans laquelle « rhétorique, diplomatie, commerce, politique et contrôle de soi se répondent ». Ces ‘forces’ utilisées avec méthode et raison permettent les conditions avantageuses décrites dans le traité. Porté sur l’art de la gouvernance, les tactiques psychologiques et la stratégie politique, je lui ai préféré le titre Maîtres et Dirigeants : Les forces de la raison.

Sun Tzu -Maîtres et dirigeants - Les forces de la raison

Une nouvelle synthèse de Sun Tzu, adaptée,

enrichie et libre de droit.

  Outre la première version traduite et référentielle de l’art de la guerre du Père Amiot, il existe une dizaine de variantes ‘occidentalisées’ du texte originel. La plupart retraduites littéralement du français à partir de la version initiale du Père Amiot (1772)  ; du groupe de l’Impensé radical, Lucien Nachin et plus récemment Valérie Niquet et de celle, la plus récente de Jean Lévi pour les francophones. Pour les versions de référence anglophones, plusieurs versions sont actuellement disponibles et pour les principales : Lionel Giles (1910), Samuel Griffith (1963), Thomas Cleary (1988), Ralph Sawyer (1993), et la dernière en date Jonathan Clements (2012). De toutes ces références, la seule version anglophone a faire encore de nos jours l’unanimité parmi les spécialistes reste celle de Samuel Griffith. Cette dernière version, traduite en français par Francis Wang en 1972 pour Flammarion, possède le mérite d’intégrer les commentaires des glossateurs de l’époque – historiens, philosophes et stratèges -, dans la compréhension des textes originaux et leurs applications concrètes.

Méthodologie de cette nouvelle version 2020

 La présente version des treize chapitres de l’Art de la Guerre de Sun Tzu pour les dirigeants stratèges- dont les 13 articles représentent à eux seuls près de 30.000 mots, porte pour intitulé : Les forces de la raison.

  Ces treize chapitres sont rendus ici dans leur plus grande intégralité – la plus récente – quand cela aura été possible. Seules les versions d’Amiot (et version de l’I.R) et celle de L. Giles étant libre de droit, la version majeure – support de base – utilisée dans le travail croisé des interprétations du Sun Tzu a été celle du Père Amiot, reprise dans son intégralité puis mise à jour par croisement avec les meilleures versions les plus récentes.

  Pour cela, chaque chapitre de cette nouvelle version a fait l’objet d’un croisement systématique des dernières versions de référence provenant pour la langue française de la traduction et des travaux exceptionnels de l‘Impensé radical, Jean Lévi et Valérie Niquet pour les francophones et de Samuel Griffith pour les anglophones.

  Pour la version anglaise, outre la version de Lionel Giles restant contestée encore à ce jour, le même travail de croisement a été effectué sur les travaux originaux en anglais de Thomas Cleary (1988) et Jonathan Clements (2012).

La restitution publiée sur ce blog est en conformité avec les lois internationales sur le Copyright et dans le respect intégral des précédentes versions et leurs auteurs. Chaque chapitre publié sur ce blog a fait l’objet de vérifications systématiques avant sa mise en ligne.

Nous commencerons par cette citation : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux.»

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En vous remerciant pour vos contributions, je vous souhaite d’excellentes lectures.

 

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