Couvre-feu, pare-feu, contre-feu : quelle stratégie ?

Couvre-Feu - Quelle stratégie ?

Couvre-feu, Pare-feu, Contre-feuLes solutions de l’homme des cavernes à l’homme confiné…

  Outre la fascination des Hommes pour l’élément feu tant pour sa flamboyance que pour ses capacités destructrices, son utilisation martiale dans son aspect offensif – au sens du Sun Tzu – porte avant tout sur la capacité de cet élément à agir émotionnellement : à détourner ou à fixer l’attention ; à créer la confusion, l’effroi ou à favoriser une dispersion. De tous les éléments, il est le plus destructeur pour l’humanité car, contrairement aux autres éléments naturels, il provoque des destructions massives souvent irréversibles.

  Dans le cadre d’une guerre totale, et de tous les temps, le feu ravageur a été utilisé non seulement comme arme de destruction mais surtout comme moyen tactique de diversion et de confusion. Outre la fascination qu’il opère sur le genre humain, il est le seul élément naturel à posséder le pouvoir d’éradiquer les traces historiques d’une civilisation. Que celui-ci soit utilisé pour conduire un autodafé, réduire une ville avec ses habitants et ses ressources en cendre ou brûler les ‘impies’ par le bûcher, l’attaque par le feu est un procédé d’effacement irréversible. (Source : Décryptage stratégique de la pensée Sun Tzu – Chapitre XII, p. 262)

Un peu d’histoire : Couvre-feux défensifs et offensifs

  De tous les recueils et études historiographiques connues, l’origine la plus probable de mesures de couvre-feu remonterait à l’Europe du XIe siècle en tant que mesure préventive contre tout départ d’incendie nocturne. Des cloches signalaient alors le couvre-feu à la tombée de la nuit, indiquant aux populations de recouvrir les foyers en les isolant d’un ustensile de cuivre ou de terre cuite ou d’un couvercle en fonte ou en fer afin de circonscrire les risques d’incendie et de propagation – chaumières et habitations de l’époque étant de parfaits ‘combustibles’ à base de bois et de paille.

  La tradition de la cloche de couvre-feu subsiste dans quelques rares villes de France, notamment à Pont-Audemer en Normandie ou à Strasbourg où la Zehnerglock de la cathédrale sonne tous les soirs après 22h00.

  Pendant la seconde guerre mondiale, plusieurs couvre-feux sont décrétés durant l’occupation afin de contenir les mouvements de la population et contrôler la sédition dans une doctrine à but contre-insurrectionnelle. Outre ses aspects astreignants voire coercitifs, la consigne dite « d’extinction des feux » était aussi pratiqué afin de masquer toutes sources de lumière dans le but de désorienter le repérage et le ciblage d’objectifs tactiques par les bombardiers ennemis.

  Depuis 1945, cette mesure a été fréquemment utilisée de par le monde dans le cadre exceptionnel dit « d’état d’urgence » pour isoler, protéger ou diminuer toutes formes de risques majeurs pour les Nations. Plus récemment, l’utilisation du terme a depuis encore été élargie dans le cadre de politiques de force majeure ou d’état d’urgence en limitant la circulation nocturne de la population afin d’en assurer la sécurité ou limiter la propagation d’une menace épidémique, bactériologique ou chimique.

Si son aspect défensif est reconnu malgré les désagréments qu’il produit pour les populations assujetties aux restrictions imposées, qu’en est-il des stratégies de pare-feux et de contre-feux ?

Pare-feux et contre-feux : définitions et solutions

  Un pare-feu est une barrière protectrice. Visible, car de nature ‘physique’, son rôle n’est pas seulement de protéger ses initiateurs, mais de montrer aux adversaires – dans un cadre martial – l’existence de capacités défensives accrues. Un mur, une enceinte, un château, un fort ou une ‘ligne’ sont des frontières architecturales de nature défensives. Mais pour parer un ‘feu’ (= un adversaire) dans un contexte civil, encore faut-il pouvoir l’identifier sous une forme visible et en connaître les desseins. Qu’il soit physique ou logique, le pare-feu n’est efficace que s’il possède la connaissance de la nature génétique de l’adversité : ses armes et son mode opératoire -en d’autres termes plus ‘prophylactiques’ : soit une bulle d’isolement étanche (prévention) ou un vaccin (curation)… Solution isolée qui reste parfaitement inefficace contre un occupant invisible, omniprésent et immatériel.

  Le contre-feu, lui, est de toutes les stratégies – de celles qui incarnent le mieux, la politique de la terre brûlée ou de la diversion. Pour empêcher une propagation incontrôlée devenue incontrôlable, le stratège isole les sources potentielles de combustibles en créant des espaces artificiels pour circonscrire le feu sur des parcelles réduites. La stratégie consiste alors à baliser le terrain de vastes allées et zones aménagées pour empêcher la propagation par contact : une forme de no man’s land défensif et incapacitant. Le contre-feu est aussi une arme politique de diversion largement abordé dans le Sun Tzu mais dont l’utilité face à une pandémie reste à la marge, sauf dans un seul cas, s’il est avéré qu’un ‘contre-virus’ peut l’annihiler…

Alors, le couvre-feu est-il aussi efficace que le pare-feu ou le contre-feu ?

  La synthèse de deux stratégies : Confinement et contre-feu (coupe-feu)

  Depuis le mois de mars, l’humanité a eu l’opportunité d’observer l’adversaire et d’en découvrir le modus operandi, la vitesse de propagation et ses profils de cibles les plus fragiles (voir l’article ‘mutations’ du 19 avril 2020).

  À défaut d’une source d’eau pour éteindre le feu – douce métaphore prophylactique à la découverte d’une hypothétique vaccination – c’est dans la combinaison de deux facteurs aujourd’hui démontrés qu’une autre solution bien plus efficace aurait-été salvatrice pour la santé des plus fragiles mais aussi de nos économies :

Identifier les plus fragiles – La force des uns n’étant que la faiblesse des autres : Quels sont les profils cibles dont les immunités sont les plus fragiles aux attaques ?

    Réponse : ni le sexe, ni la génétique mais les tranches d’âge. On le savait… Mais l’avons nous compris ? Selon les dernières statistiques de Santé Publique France du 15 octobre,

  • 92 % des cas létaux étaient âgés de 65 ans ou plus.
  • L’age médian des décès est de 84 ans (dont 55 % Hommes – 45 % Femmes)
  • 66 % des décès sont associés à une comorbidité ( principalement hypertension et pathologie cardiaque)
  • La répartition précise des personnes décédées en fonction de l’âge du 1er mars au 12 octobre (avec ou sans comorbidité) : 0-14 ans : 0 % ; 14-44 ans : 1 % ; 45-64 ans : 9 % ; 65-74 ans : 15 % ; et 75 % pour les 75 ans et plus …

  Une solution : la combinaison d’une stratégie verticale d’isolement – non par région ou lieux publiques – mais par tranche d’âge et profils économiques !

En synthèse de ce dernier rapport*, il en ressort la solution suivante :

1 –  Contre-feu préventif – 45-64 ans (actifs économiques) : Une politique de dépistage prioritaire de la tranche médiane des 45-64 ansdite des ‘actifs économiques’ – par test sanguin afin d’identifier et de les informer de leur état immunitaire : pour eux-mêmes et leurs familles.

  Cette tranche d’âge est touchée par la létalité dans 9 % des patients hospitalisés. En réglant la priorité de dépistage sur cette génération d’âge (généralement cadres, dirigeants) on évite la dispersion budgétaire et on rétablit rapidement l’ordre et la confiance dans les entreprises. Mathématiquement, en priorisant cette tranche d’âge, on réactive de manière efficace 100% de l’activité économique pour plus de 90 % de la population.

2 –  Confinement partiel et évitements inter-générationnels  : 65 ans à 75 et plus

  Un isolement prioritaire circonscrit aux plus âgés – 65 à 75 ans – Retraités dit ‘non-actifs’.

  Aujourd’hui mieux informés, l’identification des personnes les plus fragiles au virus est clairement établi. Avec 90 % de létalité constatée au plan mondial touchant ces catégories, une deuxième phase de dépistage pourrait être envisagée en parallèle des 45-64 ans. L’évitement inter-générationnel dans les activités quotidiennes serait alors le plus approprié…

3 – Le contre-feu prophylactique – 0 à 45 ans – Seule obligation de dépistage pour les moins de 45 ans : uniquement dans le cadre de risques de santé ou de visites ou réunions familiales auprès des plus de 65 ans. Aucune restriction économique ni activité sociale intra-générationnelle ne doivent leur être interdite.

En conclusion

  Si la prévention n’empêche pas le danger, rien n’est plus incohérent que d’imposer à une majorité active des mesures globales dont les premiers bénéficiaires en urgence seraient écartées : nos plus de 65 ans. La stratégie de confinement et de couvre-feu adaptée a eu une efficacité démontrée dans le passé sur la base de notre ignorance d’un adversaire inconnu. Cela n’est plus le cas aujourd’hui, mais visiblement certains politiques semblent ne pas avoir les mêmes éléments d’analyse – par déni ou par craintes électorales…

  La question prégnante à laquelle il faudra s’atteler très rapidement, est celle de la troisième vague – un tsunami économique – bien plus dangereux et mortifère pour le monde et générée – non pas par un virus – mais par l’absence totale d’anticipation stratégique… Une nouvelle catastrophe bien humaine cette fois-ci.

  A méditer (rapidement) avec discernement…

  En vous remerciant pour votre attention et pour aller plus loin : Lien : Le document de Santé Publique France avec l’ensemble des statistiques au 15 octobre 2020

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L’Art du Brainstorming : quand rien ne va plus, pensez en brainstormer

Brainstorming - Une_étape_stratégique - Arcana_Strategia

 

Avant la vie, il y a le chaos. Un ordre dans le désordre qui dépasse l’entendement humain et déstabilise le cerveau par le vertige abyssal qu’il engendre. Les signaux se brouillent ; s’installent les craintes, puis la perte de repères. Il est temps d’appeler le brainstormer.

Prenons un temps philosophique de nous immerger en terre inconnue

Avant l’ère du Rainmaker

voici le temps du Brainstormer

 

Le brainstorming : Un branding sur la créativité

  Alex Faickney Osborn (1888-1966) est un publicitaire américain fondateur en 1919 avec deux associés de l’agence de publicité BDO. Après une fusion en 1928, la société est rebaptisée BBDO et son fondateur y restera jusqu’à sa retraite en 1960. C’est en 1940 que le groupe conçoit pour la première fois un outil cognitif appelé brainstorming ou ‘remue-méninge’ afin de promouvoir son agence par une communication différenciatrice. Il en révèle les secrets en 1948 dans un ouvrage intitulé « Your creative power : How to use imagination to brighten life, to get ahead. » Porté sur le développement personnel et le développement de soi, l’ouvrage y décrit les méthodes appliquées au brainstorming et la philosophie immanente derrière les techniques de résolution des problèmes.

  Développé depuis dans le monde professionnel bien au-delà des sphères publicitaires, il est devenu un outil de management fondamental avant tout lancement de projet et donc d’engagement stratégique. Les problèmes et les blocages trouvent alors dans le brainstorming des solutions variées tant pour faciliter la diversification par l’innovation que pour analyser une ré-orientation d’un modèle business face à de nouveaux enjeux réglementaires, technologiques, sociétaux ou économiques.

Nowhere is now and here - arcana strategia

  Jamais, depuis la deuxième guerre mondiale, un temps ne nous avait donné pour réévaluer nos modèles et nos principes. Jamais le ‘nowhere’ du doute et de l’absence de signaux clairs s’est autant mué en NOW HERE : maintenant et ici.

Une stratégie de l’errance pour solutionner les doutes et les contradictions

Le principe vital : la créativité par le vide cognitif – une philosophie du ‘non-soi’

  La méthode est pourtant simple, face à un défi humain, rappeler que la première des techniques pour en solutionner l’issue est de se ‘débloquer’. La méthode procède d’une utilisation différente du cerveau rationnel (hémisphère gauche) en transportant les concepts et les problématiques sur l’hémisphère droit : le cerveau émotionnel et créatif.  Sortir d’une culture artificielle vers une culture universelle qui ne procède d’aucune idées préconçues, ni normes, ni influence, ni process ; il s’agit alors de se perdre volontairement dans des hémisphères trop souvent sous-exploités du cerveau, celles de la créativité et du sensible : sortir en quelque sorte d’un raisonnement structuré et limité pour rejoindre une ‘résonance’ créative illimitée. Brainstorming-Innovation-Arcana Strategia

  Problèmes et difficultés trouvent alors des voies nouvelles par un travail de groupe afin que, dans un cadre décomplexé, ils produisent collectivement un maximum d’idées nouvelles sur un thème donné. Quand rien ne va plus, la créativité collective démultiplie les possibles.

  Pourtant, L’art du ‘brainstorming’ n’est pas une invention en soi. L’Humanité a largement démontré ses capacités sans limite – voire hors-limite – à résoudre ses défis. De tous temps les peuples les plus avancés ont toujours procédé en amont par l’observation des éléments avant d’en saisir le sens ou le fonctionnement.

Les trois fondamentaux du brainstorming : Quand rien ne va plus

  Il y a deux prérequis majeurs et trois concepts essentiels à tout brainstorming en mode projet face à des contradictions d’objectifs, de services ou de produits afin de décrypter les signaux perturbateurs et les avis contradictoires menant à la confusion.

  P1 : Avant d’aborder une session de brainstorming, le plus important peut être de tous les facteurs est celui de passer son ego sous silence : oublier les chapeaux et les titres.

  P2 : Rappeler ou Définir les raisons et les enjeux : après avoir redéfini la problématique, en décortiquer les éléments visuellement – par concept et thématique. Cette pratique est appliquée en industrie dans le re-engineering. Le processus consiste à démonter pièce par pièce l’objet ou la machine à analyser pour en comprendre le fonctionnement. Ce deuxième prérequis favorise la créativité en repensant les ‘blocs’ et leur ‘ordre’ : reposer le problème sous des angles inédits afin de créer les conditions de la créativité. Le brainstormer ouvre les possibles en ouvrant le champ des référentiels et des représentations de chacun. L’aléatoire est fondamental, car l’inconscient agi avec la force du visuel et s’exprime souvent en image – non en mots.

Les 3 concepts essentiels : la philosophie ‘Quand rien ne va plus’

Quand rien ne va plus

Va où rien ne t’attend

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Se perdre

 Errer dans l’inconnu ; vagabonder en périphérie. Derrière chaque problème il y a un ou plusieurs autres nœuds qui n’ont pas été dénoués. Le doigt indicateur ne doit pas cacher la lune, ni l’arbre la forêt. Un train en cache toujours un autre. Repenser une action implique toujours de questionner la motivation initiale : apprendre à se perdre pour mieux se retrouver.

 

Quand rien ne va plus

Va où le Temps n’est plus rien

Brainstorming-arcana strategia

Ne pas compter

Ni le temps, ni l’argent ne sont bienvenus à ce stade. Ce sont des perturbateurs endocriniens au plan d’un brainstorming. Les moyens sont ailleurs et ne seront discutés qu’après avoir trouvé la ou les solutions. Quand il y a la foi, il y a la voie.

 

Quand rien ne va plus

Reviens sur tes plans

Brainstorming-arcana_strategia

Ne pas planifier

Le futur n’est qu’une excroissance du passé – avec ses errements, ses succès ou ses échecs. Mais les leçons doivent être tirés des errements du passé. C’est l’Histoire et l’expérience collective qui fabrique l’avenir. Ce troisième espace est un temps critique où chaque élément est repositionné sur une nouvelle cartographie conceptuelle.

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Après le ‘storm’, le temps de la synthèse et le retour au concret – L’inévitable SWOT :  la matrice des forces et des faiblesses

 

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  C’est enfin l’heure d’une première synthèse. Outre l’utilisation d’une matrice SWOT, cette étape de synthèse oblige chaque concept à être évalué sur des bases empiriques et factuelles de force, de faiblesse et d’importance. Il en résulte la rédaction d’une fiche de synthèse – sorte de lettre de ‘motivation’ – suivie d’un plan d’action. Le SWOT sera évolutif dans le temps car les notions d’urgence et de priorité seront elles aussi mises à l’épreuve ; mais cette fois-ci en comité stratégique.

En conclusion

  Le processus est itératif et continu, il ne doit jamais cesser. L’approche du brainstorming est une manière collective de nous rappeler que la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais que cela ne nous empêche pas d’y naviguer en sécurité avec des moyens adaptés. La tempête comme les crises emmène son lot de risques et d’opportunités. C’est peut-être en cela, que le temps est venu de repenser le ‘nowhere’ en now here : ici et maintenant !

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Ni marketing, Ni stratégie : l’art de l’ignorance et le prix de la méprise sémantique

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   Si l’intelligence stratégique est assimilée à la capacité d’anticiper le pire et porte dans ses gènes l’art de prévoir, elle se différencie du simple marketing par son application opérante en tant que science de la gestion des risques. Cette génétique managériale, pourtant cruciale dans la bonne gestion d’une entreprise et sa pérennisation dans le temps ne vient ni des esprits ni des dieux car, elle ne doit jamais être tirée d’analogies avec le passé ni le fruit de conjectures ou de supputations conjoncturelles.

   Pourtant, si beaucoup d’entreprises ne pratiquent pas ou trop peu l’analyse stratégique dans leurs conquêtes économiques et leur gestion des risques, elles ignorent encore ce que fut et ce que doit être la base de toute création, diversification ou partenariats commerciaux : le marketing stratégique. Simple méprise sémantique ou réinterprétation culturelle volontaire ?

   En voici quelques indices.

Repenser son intelligence stratégique

De la difficulté de penser la stratégie pour les dirigeants : quelques indices managériaux

   La majorité de nos entreprises n’intègrent pas ou difficilement les notions et les bases structurelles d’une architecture stratégique ; soit par défaut d’accompagnement dans leur croissance, soit – et c’est très souvent le cas – par ignorance des fondamentaux invisibles – l’ossature en quelque sorte – d’une solide infrastructure défensive. Préalable à tout engagement économique, la capacité première de préservation et de repli en cas d’imprévus ; et la majorité de ces imprévus sont à 99% du ressort de l’ordre humain.

   Diriger est avant tout une série de qualités qui précèdent celles de la fonction. Si la plupart des managers le deviennent avec le temps par l’expérience au sein d’un secteur d’activité particulier, beaucoup transportent leur savoir-faire au gré des opportunités économiques et naviguent avec un bagage et des méthodes emprunts de secteurs aux enjeux stratégiques très différents. Dans cet article, nous parlerons essentiellement de secteurs et d’entreprises soumis à des contraintes technologiques et concurrentielles fortes ; en d’autres termes, de sociétés dites ‘sensibles’.

Manager en ‘stratégie’ : Identifier avant tout ses faiblesses… Vos premières menaces.

Une autre intelligence pour la stratégie

   Il est reconnu par beaucoup que la pensée ‘stratégique’ n’est pas suffisamment enseignée dans nos écoles ou nos formations professionnelles continues. La notion reste abstraite, voire secondaire dans les pratiques managériales de la plupart de nos entreprises. On lui préférera des méthodes intuitives basées sur des analyses lacunaires ou des arrangements de salon en comité de direction réduit, tant par ses privilèges que pour l’intérêt prioritaire de ses actionnaires.

En instituant une infrastructure de ce type, on dilue le cœur même de l’entreprise et son efficacité pour la conduire invariablement à perdre sa raison d’être. Cet état de fait – d’ordre humain et organisationnel – est l’une des principales causes des échecs économiques et des dissolutions qui s’ensuivent.

   Si les objectifs sont fondamentaux, on ne peut précisément les identifier ni les atteindre si les moyens et les capacités cognitives et techniques n’ont pas été définis. Étrangement, la plupart des traités de stratégie d’entreprise ‘modernes’ omettent l’un des aspects les plus criants des échecs économiques : les qualités et les capacités humaines des entrepreneurs à s’engager personnellement en fonction de l’ambition du projet à atteindre.

Marketing & Stratégie : Une redéfinition culturelle

   Du grec stratos – Στρατηγός ou στραταγός : ‘armée’ et agein : ‘conduire’, un stratège est avant toute fonction militaire de Chef d’armée, un membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque. Dans le monde hellénistique et l’Empire Byzantin, le terme a également été utilisé pour décrire un gouverneur militaire. La ‘stratégie’ est ainsi historiquement avant tout une fonction martiale compétente en matière de coordination de forces impliquées dans un ‘conflit’ et en vue de forcer une victoire par la force brute. Voilà pour les militaires.

   En matière économique, elle se définit par des actions nécessaires à optimiser la compétitivité de l’entreprise et à lui permettre d’exploiter durablement un marché de manière rentable. Dans les faits, ces deux aspects – militaires et économiques – se matérialisent par une planification ‘stratégique’ rationnelle adaptée à l’entreprise. La formulation moderne encore en vogue chez certains procèdent des travaux du Boston Consulting Group à partir des années cinquante. La plupart des pays européens tarderont à intégrer les notions pragmatiques et les méthodes proposées par les modèles et les process étasuniens – trop ‘froids’ dans leurs applications méthodiques – dont la culture des affaires tranche sensiblement avec une vision plus latine et humaniste de nos ‘vieilles’ civilisations.

USA, 1946 : Comment ‘moderniser’ le modèle économique d’avant-guerre ?

Intelligence et marketing stratégique

   Outre l’appel des affaires et la gestation d’une future société exclusivement basée sur sa capacité de consommation, la reconversion de l’incroyable machine militaro-industrielle américaine vers des applications civiles justifiaient quelques sérieuses études de marché…

   L’application de la science du ‘marketing’ prenait alors tout son sens dans la mesure ou celle-ci répondait parfaitement à trois impératifs de conquête : identifier les nouveaux besoins, connaître et comprendre la concurrence et protéger ses conquêtes commerciales. Ces principes de bon sens sont immémoriaux, intemporels et procèdent de notre condition humaine principale : la survie. Le marketing se résume par la définition la plus universelle suivante : « un ensemble de techniques qui a pour objet la stratégie commerciale et notamment les études de marché. »

   Il n’est pas simplement question à cette époque de développer les bases d’une nouvelle théorie économique qui consisterait à imposer le dogme du ‘grandir ou périr’, mais bien de comprendre le marché ciblé en s’assurant de ses besoins et ses capacités à les assouvir. Il s’agit donc moins ici de saturer aveuglément les marchés de biens de toutes sortes mais bien d‘identifier les besoins exploitables – ou les ‘espaces vides’ – pour conquérir efficacement les marchés les plus captifs, quitte à réadapter ses outils de production et ses services.

Années 70, l’avènement publicitaire : une lente digression du stratégique en affaire de ‘communicants’.

le marketing est mort, vive la communication !

   Le marketing est mort ! Vive la communication ! –  Pourtant, au cours des années 70 pour des raisons liées entre autres à une rupture générationnelle, la définition initiale se trouva amputée de sa doctrine la plus élémentaire : le renseignement économique, pour devenir, selon l’American Marketing Association : « une activité, un ensemble d’institutions et de processus de création, de communication, de diffusion et d’échange d’offres qui ont de la valeur pour les clients, les partenaires et la société en général. »

   Le ver est déjà dans le fruit… Alors que le stratégique disparaît dans les limbes de la deuxième guerre mondiale, le ‘marketing‘ fait à son tour les frais de cette même incompréhension culturelle et sera retranscrit dans ses fondamentaux pour être relégué en un tour de passe-passe sémantique à une simple activité de ‘communication’… une fatale erreur sémantique qui a conduit nombre de sociétés européennes à se priver d’une cellule d’informations qualifiées de leurs propres marchés ; car, le marketing dans ses fondamentaux historiques, est la colonne vertébrale du renseignement économique d’une entreprise… Incompréhension sémantique tardivement retranscrite en intelligence économique ou ‘stratégique’ : le même marketing stratégique d’avant avec une extension d‘activité aux méthodes plus offensives. Les retards linguistiques des uns et l’anglophobie génétique des autres n’y seraient apparemment pour rien… Le marketing stratégique n’est plus, vive la com’ !

   Le creuset d’incompréhension n’a depuis cessé de s’élargir pour fragiliser encore plus nos industries et voir nos meilleurs savoir-faire se volatiliser dans les nombreux tourbillons de la mondialisation ; mondialisation qui, rappelons-le est une autre forme de guerre : économique celle-là. Ces 40 dernières années ont donc vu fleurir une nouvelle génération de managers et ‘d’experts’ marketing plus souvent portés par la communication du contenant que la composition du contenu…

« La stratégie, c’est pour la guerre ; la ‘com’ c’est pour les affaires… »

Déficience stratégique et Déni marketing : un cocktail explosif

   L’expansion et l’accessibilité des moyens de communications virtuels par le plus grand nombre jouent en la faveur de communicants. Les aspects visuels et esthétiques que sont le design et la communication ont progressivement phagocyté les plus gros budgets de fonctionnement des entreprises au détriment de leur surveillance des marchés.

  Pour les entreprises les plus importantes, ces choix esthétiques plutôt que pratiques n’ont pas été immédiatement perçus comme des causes d’échecs. Les coupables par contre, sont désignés d’avance : le manque de budget publicitaire couplé à des ‘errements’ de choix dans le positionnement auprès de supports/relais médias ; mais jamais à l’impréparation stratégique…

   Ainsi, il n’en va que trop rarement des véritables raisons liées à une mauvaise segmentation de marché ; du manque d’anticipation de la survenance d’une crise politique ou économique ; d’un affaiblissement du pouvoir d’achat ; d’une concurrence mieux implantée (réseaux de distribution ou référencement internet) et plus réactive ; de changements réglementaires conséquents ; de ruptures technologiques prévisibles… La plupart du temps, des signaux pourtant ‘forts’, quand on veut les voir !

   Si chaque année les meilleurs ‘flops marketing’ s’alignent avec autant d’entrain sur les blogs d’experts de la chose ‘mercatique’, les raisons ‘techniques’ invoquées ne doivent pas occulter le manque de pragmatisme et les déficiences constatées dans la compréhension du terrain à occuper. Il est vrai que la digitalisation de nos moyens de communication a certes, porté un coup sérieux au marketing dit ‘traditionnel’ – plus ‘grégaire’ et moins sexy -, mais il n’empêche que le bon sens en matière d’affaires – par la pratique (à temps plein) de veilles et d’analyses -, ne peut que mieux renforcer le poids d’influence et la pérennité d’un acteur économique sur son terrain de prédilection.

Manager en ‘stratégie’ : redéfinir son écosystème marketing

Analyse PESTEL en intelligence stratégique

   Le macro-environnement marketing d’une entreprise consiste en une variété de facteurs externes qui se manifestent sur une grande échelle (ou macro). Une méthode courante d’évaluation du ‘macro-environnement’ d’une entreprise consiste à effectuer une analyse ‘PESTEL’. Les analyses de marché macro-économiques comprennent un ensemble de points vitaux que sont les aspects politiques, économiques, sociaux, technologiques, juridiques (réglementaires) et écologiques. Dans le cadre d’une analyse de marché, une entreprise analysera donc : les questions de politiques nationales, de réglementation, de culture et le climat des affaires, les tendances économiques et les évolutions comportementales et sociétales. Viendront ensuite l’adaptation des processus commerciaux en interne puis en dernier ressort, la politique de communication [d’influence] la mieux adaptée.

Analyse PESTEL en intelligence stratégique

   Dans le cadre des entreprises et des institutions financières, l’analyse ‘macro’ porte exclusivement sur l’environnement des risques, leurs natures, leurs probabilités et l’analyse des impacts réels et sérieux dans le cas de leurs survenances. Comprendre son écosystème devient ainsi une subtile combinaison méthodique afin d’identifier les nouvelles opportunités mais aussi les nouveaux risques inhérents.

   En cela le Sun Tzu nous rappelle :

« Une réalisation ne dépasse celle du commun que par la capacité d’anticipation, de prévision. Le recueil d’informations préalables ou prévisions n’est ni le fruit de quelconques conjectures divinatoires ni celui de prédictions tirées d’analogies trompeuses de précédents historiques. La capacité de prévision ne provient uniquement que des hommes renseignés connaissant la situation de l’adversaire qui, par leurs rapports fidèles vous informent des dispositions de celui-ci. »

   En cette période inédite, il est capital de réapprendre nos bases perdues : Celles qui nous enseignent à écouter le marché pour être mieux entendu. Il est tout aussi capital pour nos entreprises de réviser certains acquis trompeurs.Réévaluer ses stratégies

   En conclusion :

« Un grand général doit savoir l’art des changements. S’il s’en tient à une connaissance vague de certains principes ; à une application routinière des règles de l’art et une certaine connaissance de la topographie ; si ses méthodes de commandement sont dépourvues de souplesse, s’il examine les situations conformément à quelques schémas, s’il prend ses résolutions d’une manière mécanique, il ne mérite pas de commander. »

« Un stratège doit connaître parfaitement le terrain et sa topographie avant d’y conduire son armée ; afin d’en tirer parti au mieux il recourt aux services de guides locaux et d’éclaireurs. Qui néglige un seul de ces points, n’est pas digne de conduire une armée. »

   À bon éclaireur, … Bon entendeur !

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Le Prince et le troisième Tengu

Sun Tzu Jérôme Gabriel Blog Dirigeant Stratège

 

  Peut-être les avez-vous croisés sur ces chemins boisés au cœur de ces forêts denses et sombres qui caractérisent certaines régions montagneuses. C’est dans ces mondes clairs obscurs que les arbres convoitent depuis la nuit des temps que se trouvent les Tengu.

Les Tengu

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David Thatcher – Katsui Koubou – Japanese Samurai Armour Studio

  Esprits aussi maléfiques que bienveillants des mythes bouddhistes, ils ne peuvent pas tomber en enfer – lieu inexistant dans cette religion -, et étant donné leurs mauvaises actions de leur vivant, ils ne peuvent accéder au nirvana. Fantômes de prêtres, de nonnes, d’hommes et de femmes ordinaires, ils sont les damnés de ce purgatoire – errants éternels dans ce royaume des ombres.

De leurs vies peu vertueuses, ils sont devenus Tengu par leur vanité et leur arrogance, leur malveillance et leur ignorance, le déni ou la cupidité.

  Emprisonnés d’entre ces deux mondes – redevenus esprits -, certains apprennent les pouvoirs des démons perturbateurs – de ceux qui agissent dans les détails pour saboter les plans ; d’autres, plus puissants et cultivés, possèdent la maîtrise des forces de la nature et provoquent les grands malheurs et les catastrophes. Il est dit de ces derniers, qu’ils tombent avec le bruit de tonnerre et apporte les fléaux et les guerres.

De ces deux premiers démons, il en existe pourtant une troisième sorte De tous, il est le plus redoutable. Sage et Démon à la fois, il est le grand Tengu : le Daitengu.

 

Le Prince et le Daitengu

  Gouverner est un art difficile mais les élus célestes ont droit à consulter le Daitengu quand les oracles peinent à comprendre les signes divinatoires. Cette nuit-là, accompagné de ses Prétoriens, le Prince de Wu quitte le Palais et son royaume au son du martèlement des fers de ses meilleurs chevaux. Affaibli et isolé, contraint par les événements qui pourraient conduire la Nation au péril, ses meilleurs alliés retournés et leurs armées aux frontières, il se débat mentalement entre l’envie de fuir ou lutter, faillir ou assaillir.

  Après une chevauchée de plusieurs heures, le petit groupe parvient à la lisière des forêts du nord que les superstitions locales ont désignées forêts des enfers car nul ne les traverse indemnes et la plupart n’en reviennent jamais. À l’approche des lieux, les hommes sont saisis par une indéfinissable crainte mêlée d’angoisse. Parvenus à l’entrée du sentier, les chevaux se cabrent et refusent d’avancer plus avant. Interdite aux hommes en arme, Le Prince contemple le sentier tortueux qui s’étire dans les ténèbres et sait qu’une fois encore il sera seul face au destin. Rien ne lui inspire confiance, mais il n’a plus d’autres espoirs. Peut-être que ce soir, au milieu des ténèbres une lueur lui sera propice.

 Le cercle des jugesSun Tzu Jérôme Gabriel Blog Dirigeant Stratège

  Au centre de cette forêt se trouve un immense espace circulaire qu’aucun arbre n’a jamais conquis. Sorte de Forum encerclé d’un mur végétal au milieu duquel se trouve un rocher de la taille d’un promontoire. Afin de préparer le Prince, les oracles lui ont transmis les prières de circonstance afin d’appeler les esprits dans les meilleurs augures et se préparer à ce qui ressemble déjà à un tribunal.

  Après plusieurs minutes d’invocations, transit de froid et de peur, des lueurs argentées apparaissent d’entre les arbres. Sans bruit, les esprits prennent leurs formes caractéristiques et se rapprochent par détachements effrayants du centre de la trouée.

Sun Tzu Jérôme Gabriel Blog Dirigeant StratègeLe Prince n’a plus de souffle, son cœur martèle sa poitrine par saccades incontrôlables et ses dernières énergies vitales semblent le quitter. Il tente une dernière inspiration et tombe inanimé sur le flanc du rocher. Alors que le détachement de Tengu à becs d’oiseaux se saisissent de son corps évanoui, le grand Tengu – le Daitengu – sonde son âme tourmentée.

Le lendemain…

  La nuit passée, le Prince sera retrouvé par un détachement de sa garde le lendemain matin à la lisière de la forêt. Réveillé par les secousses et les voix de ses hommes, le Prince gémit puis réveillé, réalisant sa situation, esquisse un étrange sourire. Tel un revenant des abysses après avoir surmonté sa dernière épreuve, il contemple ses derniers compagnons et leur dit : Je connais enfin le secret du grand Tengu. Dans les souvenirs de ses rêves, il revoit la tête d’un aigle lui adresser la parole.

Le troisième Tengu

  Le Prince se remémore alors le réquisitoire du grand Tengu :

  Les deux premiers esprits maléfiques incarnent la longue pérégrination de l’espèce humaine dans son Histoire chaotique. Pensant progresser dans le temps, les Hommes se parent d’artifices toujours plus sophistiqués et illusoires pour se divertir laissant les deux premiers esprits frapper toujours plus fort avec toujours moins d’efforts.Sun Tzu Jérôme Gabriel Blog Dirigeant Stratège

Le premier Tengu se cache dans les détails. Il se nourrit de votre ignorance et de votre incompétence. De l’égoïsme de vos sophistiques politiciennes, il profite de chacune de vos contradictions pour renforcer les divisions et déstabiliser les nations.

Le deuxième Tengu se nourrit de votre négligence et du déni d’arrogance. Il agit dans les moments propices pour mettre à terre vos plus beaux ‘progrès’ construits par la vanité de ceux qui croient maîtriser la nature ; maître du Ciel et de la Terre, il agite les terres et les volcans, augmente les mers et assèche les rivières, propage les souffles malsains des grandes pandémies.

Et moi, dit enfin le Daïtengu, je suis le plus dangereux de tous et pourtant je ne détruis rien et je ne mens jamais. Contrairement aux deux premiers, je crée toutes les conditions favorables à vos bonheurs artificiels et vos replis égoïstes, car ni les machines ni leurs concepteurs n’ont jamais renforcé les esprits des Hommes.

Mon Art suprême ? Votre amnésie.

Favoriser l’œuvre des deux premiers Tengu en vous ménageant un paradis artificiel grâce à votre plus grande défaillance : votre défaut de mémoire collective.

Et vous cher Prince, où se trouve votre école de la mémoire ?

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L’Art de la guerre économique selon Alain Juillet – Timeline de l’interview de ‘ThinkerView’ (Avril 2018)

Quand les maîtres parlent aux dirigeants

     Ce blog se devait un très amical salut à toute l’équipe de ThinkerView (Captainfact.io) et son animateur ‘Sky’ pour la qualité des restitutions ‘intelligentes’ et ‘alternatives’ accessibles sur la chaîne Youtube du même nom.

L’interview d’Alain Juillet est accessible en cliquant sur l’image ci-dessous

#renseignement #affaires #économique #intelligence
Alain Juillet sur ThinkerView : sans filtre

     La majorité des transcriptions économiques relatives aux citations de Sun Tzu trouvent ici leurs sens réels dans les propos ‘renseignés’ d’Alain Juillet.

Un timeline didactique détaillé par mot clef

     L’interview dure plus de 2 heures. Une excellent entrée en matière pour les novices en intelligence économique ; un rappel des enjeux pour les plus curieux et une évidence pour les dirigeants stratèges.

     Le décryptage de l’émission a pour but de vous repérer de manière chirurgicale parmi les nombreux sujets abordés dans cette interview. Chaque étape ‘chronologique’ est ponctuée par mots clés et références pour chacun en fonction de son niveau de connaissance des sujets traités.

     Novices, apprentis ou experts en Intelligence économique y trouveront, je l’espère, leurs sujets de prédilection. En vous souhaitant une excellente ‘contre-lecture’ des signaux contradictoires ou auto-censurés des ‘mainstream medias’ !

Décryptage intégral de l’émission

Timeline de l’interview – durée 2h 17mn 14s

(Timeline) 00:00:29

Marc Ullmann (référence) : journaliste français né à Sainte-Adresse (Seine-Maritime) le 21 septembre 1930, et décédé le 7 juin 2014. Il est d’abord journaliste à l’Agence économique et financière. En 1972, il rejoint l’émission Italiques, produite par Marc Gilbert à l’ORTF. En outre, il a dirigé la rédaction du journal Les Échos et commenté la politique étrangère sur FR3 et pour Paris Match.

Il est le fondateur, en 1999, du Club des Vigilants, où il commente notamment l’actualité iranienne. Il a participé au Club Jean Moulin et à la Fondation Saint-Simon.

Club des Vigilants : https://www.clubdesvigilants.com/auteur/marc-ullmann

Bibliographie

De Gaulle et Israël, S.A. Presse-Union, 1969, 4 p.

(en) Security Aspects in French Foreign Policy, The Atlantic Community quarterly, 1974

Quatre ans pour changer le monde, volume 24 de Libertés 2000, Robert Laffont, 1977, 200 p. – (en) Four Years to Change the World, Monterey Institute of Foreign Studies, 1978 – (es) Quatro anos para mudar o mundo, Difel, 1977, 164 p.

L’État, c’est nous, Calmann-Lévy, 1994, 262 p. (ISBN 2702123651 et 9782702123652)

(en collaboration avec Jacques Andréani et Guillaume Demuth), Devenirs iraniens, Commentaire, No 120, hiver 2007-2008

*En savoir plus :

Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Ullmann)

 

Robert Guillaumot : Pionnier en France de l’intelligence économique en 1992 avec Jacques Villain, Philippe Baumard, Amiral Pierre Lacoste, Henri Dou, François Jakobiak et Vahé Zartaria, il est aussi le cofondateur de SCIP France avec Yves-Michel Marti, Bruno Martinet et Jean-Pierre Bernat. Cette association réunit 400 membres en France et 6 000 dans une cinquantaine de pays.

Secrétaire général de l’Académie de l’IE , fondateur du Groupe Inforama (1968). Initiateur du mouvement de l’intelligence économique en France (SCIP 1992) et fondateur de l’Académie de l’IE (1993).

SCIP (1992) : l’intelligence économique est officiellement introduite en France en avril 1992 par la création de la branche française de SCIP France à l’initiative de Robert Guillaumot, Yves-Michel Marti, Bruno Martinet et Jean-Pierre Bernat. Cette association réunit 400 membres en France et 6 000 dans une cinquantaine de pays. En 1993, in fonde l’Académie de l’IE.

Fondateur et Administrateur honoraire de Syntec-Informatique (1972-1999). Président de l’Association européenne de l’industrie du logiciel et des services informatiques (EISA 1997-1999). Vice-Président de l’organisation mondiale du logiciel (WITSA 1995-2000). Robert Guillaumot est Administrateur-Fondateur et Trésorier du Club des Vigilants.

Il nous a quittés le 19 décembre 2015.

*En savoir plus :

Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_économique

Veillemag : https://www.veillemag.com/Hommage-a-Monsieur-Guillaumot-L-homme-qui-aimait-l-Intelligence-economique_a2907.html

 

Philippe Caduc : né en 1965 à Paris, il est spécialiste de l’intelligence économique. Il est, depuis 1994, président-directeur général de l’ADIT (Agence pour la Diffusion de l’Information Technologique), entreprise française leader sur son marché, dont le capital est détenu par l’État français. Avec le préfet de Basse-Normandie Rémy Pautrat, ex-directeur de la DST, il organise à Caen les premières assises régionales de l’intelligence économique (29 mai 1997).

Il est l’auteur de nombreux rapports sur les thèmes de la compétitivité et de la sécurité économique et intervient sur ce sujet pour le compte des plus grandes entreprises françaises.

Depuis 2008, Philippe Caduc préside le Conseil de surveillance de Sofred Consultants, entreprise acquise par l’ADIT.

*en savoir plus :

Ecole de Guerre économique : https://www.ege.fr/index.php/lecole/les-parrains-de-promotion/caduc.html

Portail de l’ADIT : www.adit.fr/

00:1:07

Affaire Skripal : manipulation et désinformation

00:2:25

Irak : armes de destruction massive ? (nucléaire, chimique) : Arabie saoudite ,pétrole, euros

00:05:45

1er RCP, SDEC, Service Action, DGSE, Intelligence économique

00:07:17

Bernard Esambert est un ingénieur, financier et travailleur français du secteur humanitaire, né à Paris le 7 juillet 19341.

Polytechnicien (1954) et ingénieur du corps des mines, il occupe différents postes au ministère de l’Industrie puis rejoint le cabinet de Georges Pompidou, alors Premier ministre (1967-1968), puis celui de Maurice Couve de Murville (1968-1969) et enfin, à nouveau, celui de Georges Pompidou devenu président de la République (1969-1974).

En 1971, il invente le concept de “guerre économique” dans un article publié par la revue “les informations” et décline ce thème dans deux ouvrages (“Le 3° conflit mondial ” (Plon, 1977), “La Guerre économique mondiale” (Olivier Orban, 1991)), et dans de nombreux articles. Il présidera plus tard l’académie de l’intelligence économique.

En décembre 2012, il est nommé président d’honneur du club des Vigilants après l’avoir présidé depuis sa création en 1999.

Bernard Esambert a reçu le 1er septembre 2013 le Prix Saint-Simon pour son dernier ouvrage Une vie d’influence – dans les coulisses de la Ve République (Flammarion).

*En savoir plus :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Esambert

 

00:07:56

DGSE : Une logique géopolitique dénuée de notions [développement] économiques…

Conflits de puissance

00:09:00

Informations et réseaux d’informateurs

00:09:56

Russie Vs Angleterre : offensives diplomatiques et risques d’escalade

00:11:17

Theresa May : l’instrumentalisation Skripal et le ‘Brexit’

00:13:30

Affaire Farewell – Echanges d’espions Monnaie d’échange

00:14:55

Opérations sous ‘faux drapeaux’ – Faux passeports – (Rainbow Warrior)

00:15:35

Moustache’ : Christophe de Margerie (ex-PDG du groupe Total) est décédé dans un accident d’avion le 20 Octobre 2014 en Russie.

00:16:50

Révolutions arabes : Tunisie, Egypte, Turquie, USA, Frères Musulman, Islamistes,

Théorie de contre-influence : USA Vs Europe en Méditerranée

00:22:09

Flux migratoires : Accords Méditerranéen de Nice : Guerre ‘prétorienne’ européenne et flux migratoire – La Libye de Kadhafi et Bernard Henri Lévy (BHL)

00:24:46

Guerre des Balkans : OTAN et Serbie, Bosnie, Albanie, Croatie.

00:26:35

Fake news, désinformation (propagande) et manipulations : Timisoara, propragande russe

Birmanie et ‘génocide’ des Rohingyas, Total en Birmanie,

00:31:50

Journalisme (agences de presse) intoxication et renseignement : les contraintes d‘un métier et les réseaux d’informations – La fin de l’esprit critique ?

00:35:46

Renseignement : chaine de commandement des services de renseignement face au pouvoir politique (iraq)

Honorables ‘contributeurs’ (agent/ correspondant)

00:38:20

Syrie, démocratie et Pipeline gazier (Iran-Qatar)

00:40:07

Tartus (Syrie) et Poutine : Syrie et la base navale russe en Méditerranée

00:42:58

Armements défensifs russes (un arsenal redoutable) : S 300, S 400, S 500

00:44:04

Israël (et Palestine) : histoire, stratégie militaire et géopolitique régionale

00:47:08

Turquie : influence et géopolitique (USA, OTAN, Russie, Erdogan et les frères musulmans, Kurdistan), Jordanie

00:52:00

Daesh (ISIS), Arabie Saoudite, Qatar, Irak : pétrole, coton, antiquités

00:56:30

Lafarge, Daesh et la DGSE

00:57:54

HUMINT : Gestion et sécurisation des sources de renseignements humains

Ambassade Française en Syrie

1:00:05

« Le renseignement est un métier de voyou fait par des seigneurs » Vs « métier de roi fait par des truands »

Alexandre de Marenches (comte)

1:01:10

État du renseignement Français : technique Vs renseignement humain

argent, idéologie, torture

1:02:40

USA, prisons secrètes et pratique de la torture

1:04:10

écoutes américaines en Europe (affaire Thomson Brésil)

Technologies : Montres connectés et géolocalisation d’agents

1:08:20

Intelligence économique : la fin des devises : Dollars Vs Euros ?

La fin de la référence dollars : pays émergents et contre influence Chinoise

1:10:00

USA Vs la nouvelle première puissance mondiale: la Chine

USA, Europe Vs le poids économique et financier Chinois (Yuan)

1:12:44

Secret des affaires : la nouvelle circulaire européenne

Ne pas dire n’est pas mentir. Les vérités à ne pas dire…

Journalistes d’investigations, enquêtes et lanceurs d’alertes

1:16:29

L’État et la justice française (la ‘sur-conformité’)

1:17:45

J. Assange – E. Snowden

Les vérités qui dérangent : croire et comprendre.

Accueillir et protéger les lanceurs d’alertes (DGSI)

1:21:44

Alstom : opération économique et perte de souveraineté (gouvernance)

France : « Puissance de moyenne impuissance » (Pierre Conesa)

1:24:33

Gouvernance, gestion et le pouvoir politique français

État, naïveté, consanguinité (écoles)…

1:27:28

Réseaux ‘Gladio’ et guerre froide

1:31:24

Résilience, prospective, ‘court-termisme’ et investigation/ analyse

1:34:35

Analyse : Enseignement par la pensée unique Vs. mode ‘out of the box’

Enseignement et la ‘référence à l’histoire’

1:37:17

L’état de la franc-maçonnerie : histoire et valeurs

1:42:20

Francs CFA et Afrique

1:43:31

Cryptomonaies – Bitcoins

1:45:30

Hackers et cyberespace : pirates ou corsaires ?

1:50:18

Sur les salaires de la fonction public Vs. privé

1:52:24

DGSE et recrutement issu de l’immigration

1:53:16

Entreprise privé et recrutement d’anciens DGSE/ Min. DEF

Enseignement : Spécialisation ou polyvalence des compétences

1:56:10

Sur le recrutement des ‘autistes’ – télépathes

1:59:25

Yemen, pétrole Syrien, Jordanie, plateau du Golan (eau)

2:00:48

DGSE, DST et Algérie

2:01:50

France : Radicalisation, terrorisme et réseaux islamistes

Mohamed Merah

2:04:18

Conseil pour les jeunes générations sur l’avenir et pour les services de renseignement

Guerre économique, stratégie : (amis) Vs. partenaires

Avenir et prolongation du système de création de valeur pour les actionnaires

2:10:19

Comment s’informer et décrypter l’actualité géopolitique

2:11:56

OTAN en Europe Vs. Russie : manipulation et manœuvres militaires ?

Budgets militaires : USA, Russie, Chinois, Saoudiens.

2:15:24

Collapsologie’ : effondrement, catastrophes et fin du monde.

2:17:14

Fin de l’émission

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D’autres interviews sur des thématiques similaires sont disponibles dans ce même format dont celles (entre autre) : Lise Lucet ; Idriss Aberkane ; Delamarche, Gave & Sabatier.

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