Bientôt des vélos solaires à Lausanne

Le vélo n’en finit décidément pas de se réinventer ! Après le développement du vélo à assistance électrique, la prochaine évolution sera-t-elle celle du solaire ? C’est le parti pris du rallye de vélos solaires “The Sun Trip”, créé en 2013 et dont une édition régionale fera étape à Lausanne le 17 juillet prochain. Le Sun Trip Tour 2017, qui partira de Clermont Ferrand pour arriver à Lyon, fera sa seule étape Suisse à Lausanne après avoir franchi les pentes du col du Grand Saint Bernard. Cet événement supporté par les Services Industriels de Lausanne sera l’occasion de faire un focus inédit sur le développement du solaire adapté au vélo. Une quarantaine d’engins seront présentés place de la Navigation et un film d’aventure solaire projeté en plein air à la Jetée de la Compagnie.

A l’instar des projets suisses “Solar Impulse” (avion), “Solar Planet” (bateau) ou encore “Solar Stratos” (vol spatial), le Sun Trip veut promouvoir l’utilisation de l’énergie solaire pour les vélos. Le principe est simple : utiliser une énergie renouvelable pour charger les batteries des vélos électriques et ainsi obtenir un engin hybride fonctionnant autant à la force du mollet que des rayons du soleil. Et ça marche !

The Sun Trip

 

Le mouvement a été lancé il y a une dizaine d’année déjà, avec en 2010 un premier grand projet porté par Florian Bailly (mon frère) entre la France et le Japon. Il a parcouru en solitaire ces 10’000 km en 4 mois grâce à un vélo solaire fabriqué “dans son garage” avec l’aide de quelques ingénieurs. A son retour le jeune Français a voulu faire de cette réussite individuelle une vraie dynamique collective, en lançant le rallye solaire The Sun Trip.

La première édition du Sun Trip a réuni 30 participants sur un parcours en liberté de 8’000 km entre la France et Astana, la capitale du Kazakhstan, perdue au milieu des steppes d’Asie centrale. Mixant aventure humaine et défi technologique cette première édition du Sun Trip prouvait, une fois de plus, qu’on peut aller loin et vite avec le solaire. Les premiers participants ont couvert le parcours en moins de 35 jours, avec une moyenne quotidienne de plus de 200 km, sans assistance et en se jouant des pièges de la steppe Kazakh…

The Sun Trip

 

En 2015 le Sun Trip proposait une deuxième édition, avec cette fois un parcours en aller-retour entre Milan et la Cappadoce en Turquie. Une boucle de 7’500 km avalée en 25 jours par le vainqueur à bord de son vélo couché à la toiture solaire de 500W aussi spectaculaire qu’efficace, avec un moteur bridé à 600Wc conçu en lien avec la société Suisse Ezee Bike. Cette fusée solaire permettait à Bernard Cauquil de tenir une moyenne journalière de 280 km et de pousser le record à 380 km sur seule une journée !

Mais au-delà des exploits, les vélos solaires du Sun Trip c’est aussi une dimension sociétale forte, l’assistance électro-solaire permettant de mettre dans l’aventure un public éloigné du sport et de l’esprit de compétition. Ainsi Adalberto, un italien de 75 ans retrouvait les jambes de sa jeunesses sur la route de la Turquie, en réalisant les 7’500 km en solitaire avec des pointes à 240 par jour ! Thomas, un français paraplégique suite à un accident de voiture, qui adaptait son hand-bike et participait aux aventures 2013 et 2015, au même titre que les valides. Béatrice, une française de 55 ans souffrant d’un cancer incurable, qui a vu dans le Sun Trip 2015 une opportunité de vie à saisir. Grâce à l’assistance électro-solaire le rêve d’un grand voyage à vélo était venu, et malgré la maladie (et ses traitements…) Béatrice réalisait la boucle à plus de 140 km par jours de moyenne !

The Sun Trip

 

Car après les destinations lointaines, le Sun Trip veut se développer au niveau régional et utiliser la beauté des Alpes pour prouver que le vélo solaire à toute sa place sur nos routes.

Le “Sun Trip Tour 2017” proposera ainsi une boucle de 1’200 km (et 20’000 m de dénivelés positifs !) en partant du centre de la France (Auvergne) pour visiter quelque uns des plus beaux paysages alpins avant de finir à Lyon. Lausanne sera une des 4 étapes majeures de ce rallye solaire, en accueillant le peloton sur la place de la Riponne le 17 juillet 2017. Un partenariat porté par les SIL de la Ville de Lausanne, faisant suite à l’accueil du rallye de voitures électriques WAVE, en mars dernier, dans une ville où la place du vélo électrique est grandissante. Le passage du Sun Trip Tour en Suisse commencera en beauté avec le passage du col du Grand Saint Bernard, puis se poursuivra en direction des montagnes du Jura.  

Composé d’une quarantaine de vélos solaires en tout genre, le Sun Trip Tour sera une nouvelle démonstration que le vélo assisté séduit un public de plus en plus large, la moyenne d’âge des inscrits dépassant les 45 ans. Si le concept du vélo solaire peut plaire à un étudiant de l’EPFL pour son côté technologique, il peut aussi toucher le public des nouveaux retraités, leur permettant à la fois d’avoir un effort assisté et de promouvoir les nouvelles formes de mobilité.

The Sun Trip

 

Avec le nombre croissant de vélos électriques circulant sur les routes des villes ou en montagne, le vélo solaire a certainement un bel avenir devant lui. Néanmoins, son développement est pour l’heure freiné par le coup de l’engin. Car en plus du prix du vélo électrique, il faut compter quelques milliers de francs supplémentaires pour le système solaire, une production industrielle de ces engins n’existant pas. A noter toutefois que des solutions nouvelles se développent, comme la remorque solaire la Sun Travel, adaptable à un grand nombre de vélo électrique et qui proposera bientôt une formule complète intégrant un moteur dans la roue la remorque.

En attendant les inscriptions au Sun Trip Tour 2017 restent possible, avis aux amateurs de défis novateurs : http://thesuntrip.com/st-tour-2017-fr

 

Cycling is the new golf

Le Tour de France vient de s’élancer pour trois semaines de course. Plus de 10 millions de spectateurs vont assister au passage des coureurs le long des 3 519 km du parcours. Quand on pense Tour de France, on pense à la ferveur qu’il génère avec ses foules frénétiques, ses innombrables camping-cars, sa caravane publicitaire tintamarresque et toute son histoire plus que centenaire qui en font un événement populaire.

Un public branché
Mais au milieu de cette cohue vous pourrez peut-être remarquer un public nouveau au bord des routes du Tour. Vous les repérerez par leur tenue de cycliste stylée, leur vélo ultrasophistiqué (car oui, ils sont venus en vélo et ont sûrement fait l’étape au petit matin avant le peloton), leur smartphone connecté sur Strava (le réseau social qui rend les cyclistes accros). Ils parleront anglais et auront peut-être traversé la moitié de la planète pour vivre le Tour de l’intérieur. Une fois la voiture-balai passée, ils partiront dans leur hôtel où les attend masseur et mécano, services proposés par le tour operator spécialisé qui leur a organisé ces vacances sportives haut-de-gamme.

L’endurance, nouvel eldorado du sport-business
Depuis quelques années, le cyclisme n’est plus seulement synonyme de sport populaire. Il attire désormais des managers et entrepreneurs, urbains, jeunes et connectés. Traditionnellement ces profils auraient choisi le golf, la voile, le tennis ou l’équitation pour allier sport et business. Désormais c’est plutôt vers des sports d’endurance qu’ils se tournent, comme le running, le trail ou le triathlon. L’endurance sportive résonne avec l’endurance professionnelle. La performance, le dépassement de soi, la résilience sont autant de valeurs qui parlent aux managers.
Le cyclisme ajoute d’autres dimensions supplémentaires qui attirent cette nouvelle génération.

Ventoux

 

La mécanique de pointe
Un vélo d’aujourd’hui c’est un cadre en carbone, des dérailleurs électroniques, des freins à disque, des accessoires optimisés pour économiser le moindre gramme. La passion pour ces belles mécaniques remplace celle pour les voitures, que ces jeunes urbains ne possèdent souvent plus.

Embarcadère CGN

 

Quantify Self
Ces vélos sont bardés de capteurs – de vitesse, de puissance, de fréquence de pédalage, de rythme cardiaque, … Ces experts du smart data savent analyser ces données pour optimiser leurs performances et les partager via Strava, l’app de référence du cycliste 2.0.

Strava_map

 

L’évasion cycliste, soupape du manager
Le cyclisme est aussi une soupape utilisée pour atténuer la pression professionnelle, se changer les idées et voir du pays. Pendant un after work de deux heures, ils pourront parcourir une cinquantaine de kilomètres explorant leur environnement proche. Ce cycliste nouvelle génération peut aussi très souvent dépasser les frontières avec son vélo. Il organise ses vacances auprès de sociétés spécialisés qui lui feront découvrir un événement comme le Tour de France ou bien une région mythique du cyclisme. Ces séjours pour passionnés sont le plus souvent haut de gamme, en adéquation avec les standards de ces clients au fort pouvoir d’achat. Si ces premières sociétés spécialisées ont été créés dans les pays anglo-saxons comme La Fuga ou In Gamba, on en trouve désormais également en Suisse comme Grand Tours Project, Ride Switzerland ou Brevet.

LBCC_riviere

 

Le networking sur selle
Le golf a ses clubs, le cyclisme aussi. Pour partager sa passion avec ses pairs, ces “executive cyclists” se retrouvent dans des réseaux qui commencent à se créer dans la région. Ceux qui privilégient la performance et la compétition se réunissent autour des sorties organisées par The Bike à Pully. Ceux qui visent les Gran Fondo – les courses longues distances – rejoindront plutôt les sorties matinales organisées par Haute Route. Pour networker en roulant, le Lavaux Business Cycle Club réunit déjà un petite centaine de membres et organise des after work rides depuis Lausanne ou Vevey. Le Rapha Cycling Club réunit lui aussi de plus en plus de membres dans la région, regroupements organisés par Rapha, la prestigieuse marque londonienne de vêtement de cycliste, signe distinctif de cette nouvelle génération.
Pas d’elevator pitch lors de ces sorties en groupe, on parle plutôt de matériel, des dernières courses et de son prochain objectif. La relation de confiance se noue sur le vélo et se développe ensuite dans un bureau.

Si le cyclisme est le nouveau sport de prédilection de ces professionnels, c’est parce que, pour beaucoup d’entre eux, c’est une passion et un mode de vie. Et quoi de mieux qu’une passion partagée pour initier une relation ?