Rouler à vélo l'hiver

Cyclisme hivernal

L’hiver n’est a priori pas la saison la plus adaptée à la pratique sportive du vélo. Elle est néanmoins possible et procure tout autant de plaisir et de bienfait que le reste de l’année, voire plus. Voici quelques conseils pour s’y mettre.

Avant toute chose, le but de ce post n’est pas de dire qu’un cycliste doit rouler l’hiver mais d’aider ceux qui le veulent à s’y mettre et l’apprécier. Si vous ne le voulez pas, si vous préférez vous concentrer sur d’autres sports ou si vous vivez dans des régions trop hostiles pour la pratique hivernale du vélo, il n’y a pas de mal à le ranger pendant quelques semaines ou mois. J’avais d’ailleurs pour habitude de ne pas rouler entre novembre et avril, pour faire uniquement du ski et de la randonnée. Puis il y a une dizaine d’années, j’ai découvert les plaisirs de rouler toute l’année, hiver y compris.

Mais pourquoi rouler l’hiver ?!

Le vélo est mon sport, celui qui me procure le plus de bien, autant physiquement que psychologiquement. Le fait de pouvoir en faire toute l’année me permet de ne pas couper et d’en profiter de manière continue, je garde ainsi la forme toute l’année. Le cyclisme est pour moi un sport avec un excellent “retour sur investissement” en terme de temps. Contrairement au ski par exemple, pas besoin de le charger dans la voiture, de faire des dizaines de kilomètres, avec souvent des bouchons, pour enfin pouvoir en profiter. Le vélo me procure ce que je cherche, à partir du premier coup de pédale en bas de chez moi. Ainsi il permet de s’intégrer assez facilement dans un agenda professionnel et familial chargé. Je pourrais aussi faire du home trainer, avec Zwift ou autre gadget, j’ai essayé, mais ce n’est pas pour moi, j’aime trop mon sport et tout ce qu’il me procure en dehors de l’unique effort.

“Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais vêtements” — proverbe nordique

Évidemment, il existe des contraintes à rouler l’hiver et le frein principal est la météo. Personnellement, je me suis fixé une limite, ne pas rouler dans des conditions humides l’hiver. J’ai déjà vécu une grosse chute à vélo donc je veux éviter les risques de tomber à cause du verglas ou de la neige. Par contre pas de soucis pour rouler par température froide voire très froide quand la route est sèche. L’hiver à Lausanne et dans le Lavaux, les températures sont souvent comprises entre 0 et 5° et j’ai roulé au plus froid par -5°. La solution pour ne pas souffrir du froid est d’avoir des tenues adaptées. Les habits de vélo ont fait de grands progrès ces dernières années, inspirés par les techniques du ski, avec des soft shell et des couches en laine mérinos. De mon côté, j’ai des tenues adaptées par tranches de 5 degrés, 10-5°, 5-0° puis températures négatives. Je roule en Rapha, en mélangeant les gammes Pro Team et Brevet. Je ne ferai pas de guide habillement mais je rappelle l’importance de protéger les extrémités, pieds avec surchaussures thermiques, mains avec gants proches de ceux utilisés à ski, cou et oreille avec cagoule ou tour de cou. Chaque personne étant sensible au froid à sa manière, il vous faudra faire des essais avec différentes couches lors du premier hiver, pour au final trouver ce qui vous convient au mieux. Il faudra aussi bien regarder la météo, pour adapter la tenue en fonction et savoir quand il est plus sage de ne pas sortir. Je me rappelle m’être fait surprendre par une averse de neige au milieu de mon tour et avoir dû rentrer en train, transi de froid ! Rouler par températures négatives est possible mais il faudra s’habituer à respirer de l’air glacé, comme en ski de fond.
Cycliste d'hiver

Restez visible

Au niveau du matériel, j’utilise mon vélo de route habituel, sans changement particulier. La seule chose qu’il ne faut pas oublier est d’installer de bonnes lumières. L’obscurité tombant plus tôt, il faut rester visible sur la route. Là encore, la technologie des lumières pour vélo a fait des progrès exceptionnels ces dernières années avec la généralisation des LEDs. A l’avant, privilégiez les lampes puissantes pour voir arriver les obstacles sur la route, comme les nids-de-poule, les pierres ou les morceaux de bois. J’aime les produits de la marque Lezyne, qui propose des lampes allant jusqu’à 1800 lumens tout en restant assez légers. A l’arrière, choisissez des lampes flash puissantes pour être vus par les automobilistes. Là encore de nombreux choix, j’ai choisi une lumière avec le mode alerte, qui se renforce au freinage.

Adaptez vos parcours

Une fois que vous aurez trouvé votre matériel, reste à adapter vos itinéraires. J’ai trouvé que par températures froides, même avec d’excellents habits, la sensation de froid finit tout de même par arriver avec la durée. Ainsi j’ai choisi de limiter la durée de mes entraînements en ne dépassant pas la plupart du temps 50 km par sortie. Je privilégie ainsi les sorties courtes, près de chez moi (dans le Lavaux), que j’essaie de pratiquer de manière explosive pour rester rechauffé et en profiter au maximum. L’hiver vous fait changer votre référentiel. Une sortie de 30 km qui aurait pu être frustrante en été est souvent amplement suffisante en hiver. Elle me procure ma dose d’activité sportive quotidienne, me permet de me changer les idées et de prendre l’air (vivifiant !).
Pour ceux qui veulent en faire un peu plus, il existe un certain nombre d’événements cyclistes pendant l’hiver, comme le Festive 500 lancé par Rapha en 2009. Ce défi festif à vélo propose aux cyclistes du monde entier de rouler 500 km entre Noël et le jour de l’an. Sinon un groupe de cyclistes romands a pris pour habitude de faire un tour du lac Léman le jour du 1er janvier !
Rouler en groupe est effectivement toujours plus motivant, surtout en hiver. Donc essayez de vous trouver quelques amis cyclistes avec qui rouler l’hiver, ou rejoignez-moi sur Strava pour faire quelques kilomètres ensemble autour de Lausanne !

Jérôme Bailly

Pour Jérôme Bailly, le cyclisme est un mode de vie. Dans les cols alpins le week-end ou en ville la semaine, le vélo l'accompagne dans son temps libre ou entre ses rendez-vous. Puisque «cycling is the new golf», il a créé le Lavaux Business Cycle Club pour networker en roulant. Sur ce blog, il vous fera découvrir d'autres facettes du cyclisme, mélange de tendances sociales, de technologies et de business.

8 réponses à “Cyclisme hivernal

  1. Excellente idée ! En plus les paysages sont magnifiques hors de la ville.
    J’essaye de convaincre mes amis politiciens Verts de Lausanne de faire tout en vélo même l’hiver, mais aucun ne veut le faire car trop froid, trop mouillé, trop glissant etc… Donc ils prennent leur bagnole qu’ils cachent dans un parking avant Lausanne et se donne bonne conscience sur les derniers kilomètres en TL…

    1. Rouler à vélo l’hiver en ville pour des déplacements est différent de rouler pour le sport. Les contraintes dépendent de beaucoup de facteurs personnels (distances à parcourir, type de vélo, besoin de porter un costume ou non,…). Pour ma part, j’utilise tout autant mon vélo en ville l’hiver que les autres saisons. Je gagne tellement de temps dans mes déplacements avec le vélo que c’est presque impossible de remonter dans un bus après, et je ne parle même pas de la voiture… Du coup, je m’accommode d’avoir un peu froid ! Et no comment pour vos amis 😉

  2. Merci pour cette opinion à laquelle j’adhère totalement. Je roule toute l’année moi-même. La seule chose que je conseillerais en plus serait de changer de pneus, pour avoir plus de résistance aux crevaisons, style Conti 4 Seasons. J’utilise même un autre paire de roues moins « haut de gamme » pour éviter les dégâts du sel.
    Bonne route !!! 🙂

    1. Effectivement c’est plutôt une bonne idée de protéger les roues du sel, surtout si vous faites beaucoup de kilomètres l’hiver. Pour ce qui est des pneus, je suis impressionné par mes Continental Grand Prix 5000 (et précédemment 4000 S2) avec lesquels je n’ai encore jamais crevé, sur plus de 15’000 km (avec plusieurs paires) !

  3. Regarde dame Nature : elle se repose l’hiver et laisse la sève au garage (un bon exemple à suivre). Le vélo sur nos routes glissantes et froides c’est…dangereux ! Parole de vieux (cycliste)

  4. Tout à fait d’accord! Perso, j’utilise le Garmin Varia pour l’arrière qui fait également office de radar. Jamais essayé Rapha mais effectivement, avec les habits appropriés, rouler toute l’année n’est pas un problème pour moi – je sors à peine plus tard pour éviter le verglas du petit matin et des sorties un peu plus courtes 🚴‍♂️🚴‍♂️

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