Le vol de vélos, ce fléau urbain

Chaque année, plus de 40’000 vélos sont volés en Suisse et à peine 2% sont retrouvés. Après avoir subi deux vols en moins d’un mois, quelques conseils et réflexions sur ce délit qui ne doit pas être banalisé.

Voilà plus de 10 ans que nos vélos nous accompagnent au quotidien. Nous avons pris l’habitude de nous déplacer en ville en vélo lorsque nous avons décidé d’abandonner notre voiture. Pour moi c’est le moyen le plus rapide pour me rendre au travail. Je mets au défi de mettre moins de 20 minutes porte à porte pour faire Lausanne centre – EPFL. Pour ma femme, c’est le moyen le plus pratique pour réussir à jongler entre rendez-vous professionnels et vie de famille. Le vélo est rapidement devenu pour nous bien plus qu’un moyen de transport, c’est aussi une autre manière de bouger, d’être à l’air libre, de vivre la ville.

Dans ce contexte, le vol d’un vélo peut être vécu comme un choc. Il n’y a finalement pas d’objet plus personnel qu’un vélo utilisé régulièrement. On le connait par coeur, on s’en occupe avec attention, on fait corps avec lui. Le vol est vécu comme un enlèvement. Il nous sépare de cet objet avec lequel on interagissait avec notre environnement. On se retrouve tout d’un coup comme amputé. Tout commence par le doute lors des premières minutes après le vol. On se dit que ce n’est pas possible, qu’on a dû laisser le vélo à un autre endroit. Les heures qui suivent laissent place à la colère, l’incompréhension d’un tel geste. Les jours suivant sont marqués par la recherche du vélo, dans le quartier, en ville, via les réseaux sociaux,…

C’est justement en commençant à en parler autour de soi qu’on se rend compte qu’on n’est pas seul à avoir été victime d’un vol de vélo. Car oui, ce fléau sévit aussi en Suisse où près de 40’000 vélos sont volés chaque année ! Le boom actuel du vélo a donc aussi créé son propre problème. Il y a de plus en plus de demande, donc un marché pour les voleurs. Après avoir subi ces deux vols consécutifs, voici un petit bilan de ce que j’ai appris pour éviter de me retrouver à nouveau dans cette situation.

Un cadenas de qualité, tout le temps
Le risque est partout. Dans un lieu de fort passage, une petite rue ou bien même chez soi. Je me suis effectivement fait voler mon vélo sur mon palier, à un mètre de ma porte d’entrée. Attachez donc votre vélo partout, il n’est à l’abri nul part. Optez pour un cadenas de qualité. Oubliez les petits cadenas de notre jeunesse, même les cadenas milieu de gamme peuvent être ouvert en quelques secondes avec le bon outil. Choisissez donc un antivol en U ou une grosse chaîne. Il vous en coutera au minimum 60 CHF et pourra monter jusqu’à près de 200 CHF ! Votre investissement devra être indexé sur la valeur de votre vélo. Pour les adeptes de vélos légers, à noter que cette protection vous ajoutera plusieurs centaines de grammes voire plusieurs kilos.

Une puce pour traquer votre vélo volé
En complément de l’antivol, vous pouvez également ajouter une puce permettant de traquer votre vélo volé. La technologie proposé par la société Trakyv est intéressante, bien que limitée à quelques villes de Suisse. Par contre, une fois cachée dans votre vélo, la puce n’a pas besoin d’être rechargée, fonctionne 10 ans et peut-être repérée directement par des véhicules de la police. Une autre technologie de tracking est également disponible et utilise le GPS. De la même manière que vous pouvez retrouver votre smartphone perdu grâce à son application GPS, des puces proposent désormais d’être utilisées pour retrouver des vélos volés. C’est par exemple ce que propose la société italienne Sherlock qui annonce une précision de 5 mètres et un tracking simple via leur app mobile. La contrainte de ce système est qu’il ne fonctionne qu’à l’air libre (impossible de capter le GPS si votre vélo a été caché dans une cave par exemple) et que la batterie devra être rechargée tous les 7 jours. Ces technologies vont surement s’améliorer dans les années à venir mais c’est déjà une solution supplémentaire pour sécuriser son vélo.

Assurer ce qui vous tient à coeur
Enfin, en complément de ces méthodes de sécurisation, je vous conseille également d’assurer votre vélo pour pouvoir vous le faire rembourser. Si la plupart des assureurs proposent des couvertures spécifiques pour vélos, celles-ci sont très souvent d’un coût élevé. Pour être couvert aussi bien mais pour moins cher, il suffit d’augmenter le montant limite pour le vol à l’extérieur du domicile de votre assurance ménage. Votre prime n’augmentera que très légèrement mais vous pourrez obtenir un remboursement sur la valeur à neuf du vélo.

Empêcher le recèle de vélos volés
Pour limiter les vols, une solution pourrait être de prendre le problème à la source en empêchant / limitant le recèle. Le projet Bicycode est le plus avancé. Lancé en France mais proposé en Suisse pour l’instant uniquement par Pro Velo Genève, le système fonctionne avec un numéro unique gravé sur le cadre du vélo, qui est ensuite répertorié dans une base de données. Il existe également des initiatives Suisses plus confidentielles comme Velofinder le registre vélo de Veloplus, Suisse Velo ou encore Veloregister. Pour être efficaces, ces projets devraient être unifiés ou à défaut connectés et qu’une revente de vélo non enregistré soit rendue impossible.

Utiliser les réseaux sociaux… et un médium !
En cas de vol, pas besoin de vous rappeler de faire jouer le réseau en postant l’information sur Facebook, Twitter, Instagram,… C’est d’ailleurs suite à une annonce sur une de ces plateformes que nous avons réussi à identifier notre deuxième vélo volé, quelques jours après le délit.

Dernier conseil, plus original, vous y croyez ou non, nous avons aussi fait appel à un médium. Si ce n’est pas lui qui nous a permis de retrouver le vélo, son message reçu le lendemain du vol était déroutant a posteriori : « votre vélo a été laissé au bord d’un cours d’eau, j’entends le bruit de la rivière et je vois de la nature ». Le vélo a été retrouvé à quelque mètres de la Lutrive, la rivière qui traverse Lutry, et à côté des jardins familiaux de la ville…

Jérôme Bailly

Jérôme Bailly

Pour Jérôme Bailly, le cyclisme est un mode de vie. Dans les cols alpins le week-end ou en ville la semaine, le vélo l'accompagne dans son temps libre ou entre ses rendez-vous. Puisque «cycling is the new golf», il a créé le Lavaux Business Cycle Club pour networker en roulant. Sur ce blog, il vous fera découvrir d'autres facettes du cyclisme, mélange de tendances sociales, de technologies et de business.

7 réponses à “Le vol de vélos, ce fléau urbain

  1. C’est le résultat un simple calcul profit/risque.
    Le risque de se faire attraper se confond avec zéro. Combinez cela avec des conséquences négligeables en terme pénal ou d’amende et vous obtenez la situation actuelle. En résumé, c’est tout bénèf!
    Le vol de vélos ne doit pas être considéré comme une nuisance exogène, comme peuvent l’être la grêle ou les moustiques, ce n’est pas une situation normale.
    Bougez le curseur des paramètres de l’équation et les cadenas de notre jeunesse pourraient redevenir à la mode 😉

  2. En fait concernant l’antivol composé de chaînes, peu importe si elles sont grosses ou petites ou qu’il y ait un tube en plastique autour : on trouve très facilement des pinces dans le commerce qui découpe l’acier. Le meilleur antivol est celui en U comme vous l’avez mentionné. Un kryptonite coûte cher mais il faut une scie circulaire pour la découper, donc pas de risque de se faire voler son vélo.

      1. je viens d me faire voler mon vélo avec un kryptonite très gros en U… en pleine journée dans le 17 ième, les grosses boules !!! ;-(

        1. Désolé d’apprendre ça Luca… Un ami parisien m’a effectivement dit que les voleurs de vélo se baladent avec des scies circulaires là-bas… Bon courage.

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