Election au Conseil des Etats: 2e tour VD

Complémentarité contre neutralisation : l’enjeu du 2e tour au Conseil des Etats en terres vaudoises

Deux femmes. Un homme. Trois possibilités. Dans dix jours, les Vaudois.es éliront leurs deux représentant.e.s au Conseil des Etats. Sur la ligne de départ, un sortant : Olivier Français (PLR, 64 ans) et deux challengers conseillères nationales : Ada Marra (PS, 46 ans) et Adèle Thorens (Les Vert.e.s, 47 ans). Plus si challengers que ça, puisqu’au 1ertour, les deux candidates totalisaient 19 000 voix d’avance sur Olivier Français (Adèle Thorens et Ada Marra se situant dans un mouchoir de poche, puisque la première ne totalisait que 400 voix d’avance sur sa colistière).

Un coup d’œil sur le profil Smartvote des candidat.e.s livre un aperçu de l’étendue des divergences entre Olivier Français d’une part, et Ada Marra et Adèle Thorens, d’autre part.

Il est pour :

  • l’augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans
  • la hausse du montant des franchises d’assurance maladie
  • la libéralisation complète du marché de l’électricité
  • la libéralisation complète des horaires d’ouverture des commerces (sans CCT).

Elles sont opposées à ces mesures, mais sont pour :

  • la construction de logements d’utilité publique
  • l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre produit en Suisse
  • le renoncement aux pesticides de synthèse et la limitation de l’utilisation des antibiotiques
  • un salaire minimum de CHF 4000.- bruts pour un 100%

… que lui combat.

Neutralisation ?

Répété à l’envi par les huiles de l’UDC, l’argument d’une « représentation équilibrée » serait le meilleur argument pour inciter son électorat à voter Français au second tour. Mais que pèse cet argument, quand sur la plupart des sujets, une représentation prétendument « équilibrée » aboutirait à ce que les votes contraires des représentant.e.s vaudois.es s’annulent ?

Ou complémentarité ?

Une dynamique est en cours dans le canton de Vaud. Elle repose sur la prise de conscience que l’action collective contre le réchauffement climatique doit redoubler d’intensité et que nos habitudes de consommation doivent être repensées en profondeur pour des raisons écologiques, comme pour notre santé. Ce mouvement repose aussi sur la prise de responsabilités des femmes dans la société dans son ensemble, jusque dans les fonctions politiques les plus en vue. Dans un Parlement majoritairement conservateur, il reste de l’espace pour une représentation vaudoise au Conseil des Etats prête aux changements nécessaires pour relever les défis qui s’imposent à nous pour plus de cohésion sociale et plus d’attention à notre environnement. Dans le canton de Vaud, cette complémentarité est incarnée par Ada Marra par sa fibre sociale et Adèle Thorens pour sa sensibilité écologique.

Jeunes et politique : À vous de jouer (épisode 4/4)

Quelque chose me dit que vous êtes encore nombreux.euses à ne pas avoir voté. Vous avez reçu votre enveloppe de vote depuis plus d’une semaine. Est-elle enfouie sous la pile de votre courrier à traiter ou sous une pile de facture ? Commencez par remettre la main dessus.

Comme Jeunes, vous êtes à la pointe de la mobilisation pour le climat et pour les droits des Femmes*. Voici trois occasions manquées de changer les choses au Conseil national et autant de raisons de voter le 20.10 pour obtenir de nouvelles majorités.

  1. Êtes-vous favorables à l’introduction d’un congé parental ? 60 OUI vs 131 NON (11.09.2019)

Toutes les propositions de congé parental de 28 ou 38 semaines (demandes de Mathias Reynard PS/VS) – la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) est de 54 semaines – ont été rejetées dans les mêmes proportions.

  1. Êtes-vous favorable à l’interdiction du glyphosate au moins jusqu’en 2022 ? 59 OUI vs 119 NON (26.09.2019)

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classifié le glyphosate comme « cancérigène probable ». L’Allemagne déploie une stratégie de réduction progressive de l’utilisation de glyphosate, avant de l’interdire complètement en 2024. Malgré les propriétés cancérogènes du glyphosate, le Conseil national a rejeté cette motion de Balthasar Glättli (Verts/ZH).

  1. L’Etat doit-il s’engager pour offrir davantage de logements abordables ? 54 OUI vs 143 NON (22.03.2019)

Avec 40% de propriétaires (30% dans le canton de Vaud), les Suisses.esses restent majoritairement des locataires. L’initiative de l’Association suisse des locataires (ASLOCA) demande 10% de logements à loyers abordables (logements d’utilité publique) sur les nouvelles constructions.

Les décisions qui seront prises ces quatre prochaines années seront essentielles pour les employé.e.s, pour le climat ou encore pour le logement. Remettez la main sur votre enveloppe de vote. Faites mentir l’abstention des Jeunes. À vous de jouer !

Ø Pour savoir comment voter, consultez le tutoriel youtube de Ch.ch

Ø Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

Ø Vous pouvez aussi (re)lire les épisodes précédents de ma série sur les Jeunes et la politique

Episode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil »

Episode 2 du 13.08.2019 « Jeunes et politique : Un rendez-vous manqué ? »

Episode 3 du 18.08.2019 « Jeunes et politique: Faire son choix »

Jeunes et politique : Faire son choix (épisode 3/4)

Plus de 4000 candidat.e.s sont dans les starting-blocks pour les élections fédérales du 20.10. 377 Candidat.e.s se lancent au Conseil national rien que pour le canton de Vaud. Des nombres records qui peuvent être décourageants pour les électeur.trice.s et les plus jeunes notamment qui n’ont pas toujours le temps, ni l’envie de comparer les propositions des différents partis et les profils des uns et des autres. Plusieurs moyens existent pourtant pour vous aider à faire votre choix.

Approchez les candidat.e.s

En Suisse, les élus au Parlement sont des miliciens et non des professionnels. Ce statut les rend – pour la plupart – beaucoup plus accessibles que dans les autres pays. Sur internet, vous trouverez facilement leur e-mail, assez souvent même leur numéro de téléphone. Vous pouvez les croiser dans le train et ils n’ont pas de voiture de fonction. Vous avez une question, une demande, une attente particulière : écrivez-leur, appelez-les, interpellez-les. Plus j’avance dans mon parcours politique, plus les sujets me sont suggéré par des personnes qui m’ont sensibilisé à un enjeu qui m’avait échappé. Et si un.e candidat.e vous reçoit mal ou vous ignore, c’est qu’il ne mérite pas votre confiance.

Aides à la décision

Comme candidat au Conseil national, j’ai déjà répondu à 15 questionnaires allant d’Animaux Parlement à Ecorating en passant par un baromètre numérique. Plusieurs de ces organisations vous renseignent sur les résultats des différents partis et candidat.e.s. En répondant à quelques questions (30 pour la version courte et 75 pour la version longue), Smartvote (accessible aux électeurs.trices dès le 20.08) ou Vimentis (dès le 26.08) vous renseignent sur votre profil politique en générant votre « smartspider » (voici la mienne, à titre d’exemple) et sur les candidat.e.s les plus proches de vos idées. Ces plateformes comportent aussi des limites. Tout d’abord, Smartvote ou Vimentis (même si cette seconde plateforme permet de hiérarchiser l’importance des questions) ne vous renseigneront pas sur la personnalité ou la sensibilité des candidat.e.s. Ensuite, l’approche retenue par ces plateformes comporte aussi certains biais. La différence entre un « Oui » ou un « Plutôt oui » à une question x ou y, ou la définition des algorithmes peuvent avoir des conséquences importantes sur la définition de votre profil politique. Ces plateformes vous donneront un repère, mais ne reflètent pas toutes les aspérités qui font la vie politique. Rien ne vaut le contact humain. La politique ne se résume pas à un algorithme.

Listes jeunes

Enfin, il faut se réjouir de tous ces jeunes candidat.e.s, qui malgré leurs faibles chances d’être élu, sortent de leur zone de confort et affrontent leurs inhibitions pour porter les valeurs qui leur tiennent à cœur. Si le taux d’abstention chez les jeunes a atteint des niveaux records aux dernières élections en 2015 et 2011, le nombre de listes jeunes pour les élections fédérales du 20.10 prochain atteint des niveaux rarement atteints auparavant. En se portant candidat, ces jeunes montrent à leurs semblables qu’il est possible de se lancer. Ces listes sont aussi pour les jeunes électeurs.trices une incitation à participer avec l’espoir que leurs préoccupations seront relayées par des candidat.e.s de leur génération. Ces jeunes méritent notre bienveillance et notre considération.

À suivre le 04.10.2019 : « Jeunes et politique : À vous de jouer (épisode 4/4) »

-Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

-Vous pouvez aussi (re)lire l’épisode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil » et l’épisode 2 du 13.08.2019 « Jeunes et politique : un rendez-vous manqué ? »

Déconnexion : un droit à conquérir

Vous vous apprêtez peut-être à partir ou à rentrer de vacances. Vous êtes-vous senti.e obligé.e de relever vos courriels professionnels provoquant une soudaine montée de stress, alors que vous étiez tranquillement assis à siroter un café glacé sur une terrasse ombragée ? Avez-vous répondu au téléphone de votre chef.fe qui avait oublié que vous étiez en vacances ? Le temps de vacances est protégé par la loi. Il a pour but de se reposer, d’occuper son temps différemment afin de reprendre le travail.

Contre la semaine de 67 heures

Seulement voilà à l’ère de l’ultra-connexion, nous sommes passés d’une période où nous allions surinternet à une période où nous sommes dansinternet. La frontière entre vie professionnelle et vie privée s’estompe, d’où l’importance de protéger notre temps libre. Les tentatives d’affaiblir la loi sur le travail sont déjà bien avancées. En Suisse, la durée maximale du travail est déjà l’une des plus élevées en Europe, pouvant aller jusqu’à 45 heures, voire 50 heures/semaine. Tout récemment,pourtant,deux initiatives des partis bourgeois ont obtenu une nette majorité au sein de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats. La première consiste à introduire l’annualisation du temps de travail, permettant d’augmenter le temps de travail jusqu’à 67 heures/semaine, en réduisant le temps de repos entre deux journées de travail de 11 heures à 9 heures plusieurs fois/semaine (terminer lundi à 22 heures, pour reprendre mardi matin à 7 heures). La seconde veut supprimer l’enregistrement du temps de travail, qui a précisément pour objectif d’éviter le cumul d’heures supplémentaires. Ces régressions affecteraient les travailleurs exerçant une fonction de supérieur.e.s ou les spécialistes disposant d’un pouvoir de décision important dans leur domaine, soit jusqu’à 38% des employé.e.s.Ces velléités de dérèglementation rendent d’autant plus nécessaire la reconnaissance d’un droit à la déconnexion garantissant à tout.e employé.e le droit de ne pas lire ses courriels professionnels ou de répondre au téléphone pendant ses vacances et son temps libre. Un droit qui souffre naturellement quelques exceptions pour certaines fonctions dirigeantes élevées, vu leur niveau de responsabilités.

Solutions techniques

Le droit à la déconnexion a été reconnu dans plusieurs pays. En Allemagne, à la demande du syndicat IG-Metall, certaines entreprises, comme Mercedes ou VW font en sorte que les courriels reçus en dehors des heures de travail ne soient pas déviés sur le portable de leurs employé.e.s. Un procédé utile pour éviter une concurrence malsaine orchestrée par des employeurs pas toujours bien intentionnés, visant à tester la réactivité des salarié.e.s jusque sur leur temps libre.

En attendant

En Suisse, malgré quelques tentatives, nos autorités ne souhaitent pas inscrire ce droit dans la loi. En attendant la conquête de cedroit, prenez bien soin d’activer vos notifications d’absence à votre départ en vacances, en précisant bien que vos courriels ne seront lus qu’à votre retour au travail et en orientant vos destinataires vers votre secrétariat ou vers un collègue disponible en votre absence.

-Pour en savoir plus, consultez le post publié le 28.07.2019 sur mon site internet « Droit à la déconnexion : pourquoi et comment »

-Voir aussi, le débat RTS Forum du 27.06.2019 – Déconnexion : faut-il une loi ?

Avec Jean Tschopp, candidat PS au Conseil national, député et juriste chez Unia,

Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie,

Pierre Imhof, chef du Service du développement territorial du canton de Vaud, et

Catherine Vasey, psychologue du travail